Sermons 2021

Nobles qualités d’Abou Bakr

Dans son sermon du 10 décembre 2021, Sa Sainteté le Calife a évoqué le devoir du musulman de couvrir les défauts de son frère et de se consacrer au repentir.

Sermon du vendredi 10 décembre 2021, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta’awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquais l’acceptation de l’islam par Abou Bakr (r.a.). Je vais présenter d’autres récits à ce propos. Certains points seront étalés sous différents angles : je vais les présenter, [même] si l’on a l’impression qu’il s’agit du même incident [réitéré].

L’Ousd Al-Ghâbah évoque ainsi la conversion d’Abou Bakr (r.a.) à l’islam. ‘Abdoullah Ibn Mas’oud relate : « Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.) a raconté : « Avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne se proclamât prophète, j’étais allé une fois au Yémen. Là-bas, j’ai logé chez un vieillard de la tribu d’Azit. Il était un savant ayant étudié les textes sacrés et il était expert en généalogie. Il a déclaré, quand il m’a vu : « Je pense que tu habites à La Mecque. » J’ai répondu : « Oui. J’en suis un habitant. » Ensuite il a déclaré : « Je pense que tu es un Qouraychite. » J’ai répondu : « Oui. J’appartiens à la tribu des Qouraych. » Ensuite il a déclaré : « Je pense que tu appartiens au clan des Banou Taym. » J’ai répondu : « Oui. J’appartiens au clan de Taym Ibn Mourrah. Je suis ‘Abdoullah Ibn ‘Outhman et un des descendants de Ka’b Ibn Taym Ibn Mourrah. »

Il a déclaré : « Il ne me reste qu’un seul point [à confirmer] à ton sujet. »

Ici [Abou Bakr (r.a.)] a déclaré qu’il se nommait ‘Abdoullah Ibn ‘Outhman. Je crois que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne l’avait pas encore nommé ‘Abdoullah. Mais en tout cas, c’est ce qui est rapporté dans ce récit.

Le vieillard a déclaré : « Il ne me reste qu’un seul point [à confirmer] à ton sujet. » J’ai demandé : « Qu’est-ce que c’est ? » Il a dit : « Enlève tes vêtements et montre-moi ton abdomen. » J’ai répondu : « Je ne le ferai pas à moins que tu m’en informes de la raison. »

Il a déclaré : « Suite au savoir véridique que je détiens, j’ai compris qu’un prophète sera envoyé au Haram (à La Mecque). Un jeune homme et un vieil homme l’aideront dans sa mission. Le jeune homme, foncera au cœur des difficultés et mettra fin aux soucis. Le plus âgé sera de teint blanc et au corps élancé : il aura un grain de beauté sur le ventre et un signe sur la cuisse gauche. Il n’est pas nécessaire que tu me montres ce que je t’ai demandé. Tous les autres attributs en toi ont été accomplis pour moi, sauf ce qui m’est caché. »

Abou Bakr (r.a.) a dit : « Alors j’ai écarté le vêtement sur mon abdomen. Il a vu un grain de beauté noir au dessus de mon nombril et a dit : « Par le Seigneur de la Ka’bah, c’est toi ! Je vais te présenter un cas. Sois prudent à ce propos. Abou Bakr (r.a.) a demandé : « Qu’est-ce donc ? » Il a répondu : « Ne t’écarte pas des conseils du Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et tiens-toi fermement sur la voie idéale et meilleure. Crains Dieu concernant la richesse qu’Il t’accordera. »

Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.) relate : « J’ai terminé mon travail au Yémen, puis je suis venu voir ce vieil homme pour lui souhaiter adieu et il a dit : « Vas-tu mémoriser les vers que j’ai composés en l’honneur de ce prophète ? » « Oui », ai-je répondu. Il a récité quelques vers. Abou Bakr (r.a.) déclare : « Lorsque je suis arrivé à La Mecque, le Saint Prophète (s.a.w.) s’était déjà proclamé prophète. Ensuite ‘Outbah Ibn Abi Mou’ayt, Chaybah, Rabi’ah, Abou Jahl, Abou Al-Bakhtari et d’autres chefs des Qouraychites sont venus me voir. Je leur ai demandé : « Quel malheur vous a-t-il frappé ? Que s’est-il passé ? Pourquoi êtes vous venus me voir tous ensemble ? » Ils ont répondu : « Abou Bakr, un grand événement a eu lieu ! L’orphelin d’Abou Talib prétend être prophète. Si cela ne te concernait pas nous n’aurions pas attendu. Étant donné que tu es retourné, nous te confions l’affaire – et tu nous suffis. »

Abou Bakr (r.a.) a dit : « Je me suis soustrait à leur requête avec bienséance et quand j’ai demandé à propos du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), on m’a informé qu’il était dans la maison de Khadijah. Je suis allé frapper à sa porte. Il est sorti et j’ai dit : « Ô Muhammad (s.a.w.) ! Vous avez quitté la maison de vos parents et abandonné la religion de vos aïeux. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Ô Abou Bakr ! Je suis le Messager d’Allah envoyé vers toi et tout le monde. Crois en Allah ! » J’ai demandé : « Quel est votre argument à ce sujet ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Le vieil homme que tu as rencontré au Yémen. » J’ai dit : « J’avais rencontré beaucoup de vieillards au Yémen. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « Je parle du vieillard qui t’a récité des vers. » J’ai dit : « Mon bien-aimé, qui vous en a informé ? »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit :

« Le même grand ange qui avait l’habitude de visiter les Prophètes avant moi. » Abou Bakr (r.a.) ajoute : « J’ai dit : Donnez-moi votre main. Je témoigne qu’il n’y a d’autre Dieu qu’Allah et que vous êtes le Messager d’Allah. » » Abou Bakr (r.a.) déclare : « Je suis rentré ; et à cause de ma conversion à l’islam, il n’y avait personne de plus heureux entre les deux montagnes de La Mecque que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

Ceci est une citation d’Ousd Al-Ghâbah. Il se peut qu’il y ait certaines exagérations pour rendre l’histoire intéressante, mais il est probable [tout de même] que nombre de points soient vrais.

L’histoire de la conversion d’Abou Bakr (r.a.) à l’islam est consignée comme suit dans le recueil Riyad Al-Nadhrah. Oumm Salamah, la mère des croyantes, relate : « Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.) était un ami proche et sincère du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Quand celui-ci s’est proclamé prophète, les Qouraychites sont venus voir Abou Bakr (r.a.) et lui ont dit : « Ô Abou Bakr (r.a.) ! Ton compagnon est devenu fou ! » (Qu’Allah nous en préserve !) Abou Bakr (r.a.) a déclaré : « Que s’est-il donc passé ? » Ils ont répondu : « Il invite les gens vers l’unicité de Dieu dans la Mosquée Sacrée et il se dit prophète. » Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.) a demandé : « A-t-il dit cela ? » Les gens ont répondu : « Oui. Il annonce cela dans la Mosquée Sacrée. » Sur ce, Abou Bakr est parti voir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et a frappé à sa porte en l’invitant à sortir. Quand il est sorti, Abou Bakr (r.a.) a déclaré : « Ô Aboul-Qasim ! Qu’est-ce donc que j’entends à votre sujet ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé : « Ô Abou Bakr ! Qu’as-tu entendu à mon sujet ? » Abou Bakr (r.a.) de dire : « J’ai entendu que vous invitez vers l’unicité d’Allah et que vous vous dites Messager d’Allah. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Oui, ô Abou Bakr ! Certainement, mon Seigneur a fait de moi un héraut et un avertisseur. Et il a fait de moi [la personnification de] la supplication d’Ibrahim et m’a envoyé à toute l’humanité. » Abou Bakr (r.a.) a dit au Saint Prophète : « Par Allah ! Je ne vous ai jamais vu mentir. Vous avez sûrement davantage droit à la prophétie en raison de votre grande honnêteté, de votre respect des liens de parenté et de vos bonnes actions. Tendez votre main afin que je puisse vous prêter serment d’allégeance. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a tendu la main et Abou Bakr (r.a.) lui a juré allégeance. Il a témoigné en sa faveur et a déclaré qu’il a apporté la vérité. Ainsi, par Allah, Abou Bakr (r.a.) ne s’est pas arrêté ou n’a pas hésité lorsque l’Envoyé d’Allah (s.a.w) l’a invité vers l’islam. »

Selon un récit, l’Envoyé d’Allah (s.a.w) a déclaré : « Tout ceux que j’ai invités à l’islam ont trébuché, hésité et attendu, sauf Abou Bakr (r.a.). Quand je lui ai parlé de l’islam, il n’a pas reculé et n’a pas hésité. »

L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a déclaré : « Ô gens ! Allah m’a envoyé vers vous et vous m’avez traité de menteur tandis qu’Abou Bakr m’a accepté comme véridique. Il m’a soutenu avec sa vie et ses biens. » Ceci est un récit tiré d’Al-Boukhari. Le Mouslih Maw’oud (r.a.) relate ainsi l’histoire de la conversion de Abou Bakr (r.a.) à l’islam :

« Lorsque l’Envoyé d’Allah (s.a.w) s’est annoncé prophète, Abou Bakr (r.a.) était sorti. Quand il est revenu, l’une de ses domestiques lui a dit : « Votre ami est devenu fou ! (Qu’Allah nous en préserve ! » Il dit des choses étranges et déclare que les anges descendent du ciel sur lui. »

Abou Bakr (r.a.) s’est levé immédiatement et s’est rendu chez le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). IL a frappé à sa porte. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) est sorti. Abou Bakr (r.a.) a déclaré : « Je suis venu vous demander une seule chose : avez-vous déclaré que les anges de Dieu descendent sur vous et vous parlent ? » L’Envoyé d’Allah (s.a.w) s’est dit qu’il devait s’expliquer de peur qu’Abou Bakr (r.a.) ne se trompe. »

Généralement, ce sont ces faits que nous relatons dans nos récits historiques.

« Mais Abou Bakr (r.a.) a déclaré : « Ne fournissez aucune explication. Dites-moi tout simplement si vous avez dit cela ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est dit qu’Abou Bakr (r.a.) lui demandera peut-être à quoi ressemblent les anges et comment ils descendent et qu’il devrait dire quelque chose en guise de prélude, mais Abou Bakr (r.a.) a déclaré : « Non, non ! Dites-moi tout simplement si c’est vrai ! » Il a alors répondu : « Oui, c’est vrai ! » Abou Bakr a déclaré : « Je crois en vous. »

Puis, il dit : « Ô Messager d’Allah ! J’ai évité de demander des arguments uniquement parce que je voulais que ma foi soit basée sur mon observation et non sur des arguments ; car vous ayant accepté comme véridique et honnête, je n’ai besoin d’aucun argument. » Abou Bakr (r.a.) a clairement indiqué par ses actions ce que les habitants de La Mecque avaient caché. »

Le Mouslih Maw’oud (r.a.) a relaté l’incident de la conversion d’Abou Bakr (r.a.) à l’islam dans un autre endroit. Vu qu’il s’agit d’un autre contexte, il l’explique de cette manière : « La conversion d’Abou Bakr (r.a.) était des plus sublimes. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a reçu la révélation et s’est proclamé prophète, Abou Bakr (r.a.) était assis dans la maison d’un chef de La Mecque. La domestique de ce dernier s’est présentée et a dit : « J’ignore ce qui se passe avec Khadija. Elle dit que son mari est un prophète à l’instar de Moïse. » Les gens ont commencé à rire en entendant cette nouvelle et l’ont traité de fou, mais Abou Bakr (r.a.), qui avait pleine connaissance de la situation du Saint Prophète (s.a.w.), est immédiatement parti frapper à la porte du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui a demandé : « Avez-vous fait quelque déclaration ? » Il a répondu : « Oui. Allah m’a suscité pour la réforme du monde et m’a ordonné d’éradiquer le polythéisme. » Sans poser de question, Abou Bakr (r.a.) a déclaré : « Je jure par mon père et ma mère ! Vous n’avez jamais menti. Je ne peux pas croire que vous mentiez au sujet de Dieu. Je crois qu’il n’y a de dieu hormis Allah et que vous êtes un Messager de Dieu. » Suite à cela, Abou Bakr (r.a.) a rassemblé des jeunes qui étaient convaincus de sa bonté et de sa piété – c’est-à-dire de la bonté et de la piété d’Abou Bakr (r.a.) – a commencé à leur expliquer [l’islam] et sept hommes ont accepté le Saint Prophète (s.a.w.). Ils étaient tous des jeunes âgés entre 12 et 25 ans. »

Dans un autre endroit Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a raconté cette épisode en ces termes : « Abou Bakr (r.a.) a accepté le Saint Prophète (s.a.w.) suite à un seul argument. À aucun moment n’avait-il eu le moindre soupçon à son sujet. »

Il vais présenter ici le même argument mais les événements sont un peu différents.

« L’argument est qu’il avait connu l’Envoyé d’Allah (s.a.w) depuis son enfance et il savait qu’il n’avait jamais menti, qu’il n’avait jamais fait de mal et qu’aucune parole impure n’était jamais sortie de sa bouche. C’est tout ce qu’il savait. Il ne connaissant pas d’autre Charia que celle-là pour jauger, selon ses normes, la véridicité du Saint Prophète (s.a.w.) et il ne suivait aucune loi. Il ne savait pas ce qu’était un prophète de Dieu et quels étaient les arguments prouvant son authenticité. Il savait tout simplement que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’avait jamais menti. Il était parti en voyage ; et lors de son chemin de retour, quelqu’un lui a dit : « Ton ami Muhammad (la paix soit sur lui) prétend être un prophète de Dieu. » Abou Bakr (r.a.) lui a demandé si Muhammad (s.a.w.) l’avait dit. L’autre a répondu : « Oui. » Abou Bakr (r.a.) a déclaré : « En ce cas, il ne ment pas. Il dit la vérité. Étant donné qu’il n’a jamais menti sur les hommes, pourquoi va-t-il mentir à propos de Dieu ? Vu qu’il n’a jamais été malhonnête envers les êtres humains, comment peut-il commettre une si grande malhonnêteté, au point de détruire son âme ? »

Ceci était l’unique argument ayant poussé Abou Bakr (r.a.) à croire dans le Saint Prophète (s.a.w.) et c’est ce qu’Allah (s.a.w.) a cité.

Il déclare [dans le Coran] : « Annonce aux hommes :

فَقَدْ لَبِثْتُ فِيكُمْ عُمُرًا مِنْ قَبْلِهِ أَفَلَا تَعْقِلُونَ

Avant ceci, j’ai certainement passé toute une vie parmi vous. [C’est-à-dire examinez ma vie] et vous verrez que je n’ai jamais été coupable de traitrise envers vous. Pourquoi serai-je coupable à l’endroit de Dieu ? (10 : 17)

Abou Bakr a cité le même argument. Il a déclaré : « S’il se dit prophète de Dieu, il est certainement véridique et je l’accepte. » Par la suite, Abou Bakr (r.a.) n’a jamais eu de soupçon à l’endroit du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et il n’a jamais flanché. Il a enduré de grandes épreuves. Il a été contraint d’abandonner ses biens et sa patrie et de tuer ses proches, mais il n’a jamais mis en doute l’authenticité du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

Le Mouslih Maw’oud (r.a.) avait expliqué cela en donnant des instructions à ceux qui lui avaient prêté allégeance. Il leur avait cité [l’exemple] de l’acceptation du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) par Abou Bakr (r.a.).

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a conféré le titre de Siddîq à Abou Bakr (r.a.). Allah sait le mieux quelles étaient les qualités qu’il possédait. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a également déclaré qu’Abou Bakr (r.a.) a mérité ce statut en raison des qualités de son cœur. Si l’on examine la question attentivement l’on ne trouvera pas d’exemple similaire à la véridicité démontrée par Abou Bakr (r.a.). En vérité, tous ceux qui à chaque époque s’efforceront d’atteindre les perfections du Siddiq, devront s’évertuer à faire naître en leur personne le caractère et la nature d’Abou Bakr tout en ayant recours à la prière. Tant que l’on ne projette pas sur sa personne l’ombre d’Abou Bakr et tant que l’on ne se pare pas de sa couleur, l’on ne pourra atteindre les perfections du Siddiq.

Quelle est la nature d’Abou Bakr ? Ce n’est pas le moment d’entrer dans les détails ici car cela prendra beaucoup de temps à élaborer. Je me contenterai de relater un bref incident. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est proclamé prophète, Abou Bakr (r.a.) s’était rendu en Syrie pour des affaires. Il a rencontré quelqu’un en cours de route lors de son voyage retour et l’a interrogé sur la situation à La Mecque lui demandant les dernières nouvelles. Généralement lorsqu’on revient d’un voyage et qu’on rencontre un compatriote en chemin, on lui demande des nouvelles du pays. L’autre a répondu : « La nouvelle est que ton ami Muhammad (s.a.w.) s’est dit prophète. » En entendant cela, Abou Bakr (r.a.) a déclaré : « S’il a fait cette affirmation, il dit sans aucun doute la vérité. » Grâce à cet incident, l’on comprendra à quel point il avait une bonne opinion du Saint Prophète (s.a.w.). Il n’a même pas eu besoin d’un miracle. D’ailleurs, on exige des miracles quand on n’est pas familier avec les circonstances du prophète, quand on ne le connaît pas et qu’on a besoin davantage d’assurances. Mais celui qui est pleinement conscient des circonstances [du Prophète] n’a pas besoin d’un miracle. Abou Bakr (r.a.) a cru après avoir entendu à propos de la déclaration de l’Envoyé d’Allah (s.a.w) en cours de route. Lorsqu’il est arrivé à La Mecque, il s’est rendu chez le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui a demandé : « Avez-vous revendiqué être prophète ? » L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a répondu : « Oui, c’est exact. » Sur ce, Abou Bakr (r.a.) a dit : « Témoignez que je suis le premier qui croit en vous. » Ce n’était pas une simple déclaration de sa part : Abou Bakr (r.a.) l’a prouvé par ses œuvres et a respecté [cet engagement] jusqu’à la mort et ne l’a pas quitté, même après sa mort. »

Le Messie Promis (a.s.) a commenté sur le verset [suivant] de la sourate Ar-Rahman :

وَلِمَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ جَنَّتَانِ

« Mais pour celui qui redoute le rang élevé de son Seigneur, il y a deux Jardins. » (55 : 47)

En citant l’exemple d’Abou Bakr (r.a.), il a déclaré : « Il suffit de regarder Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.). Lorsqu’il rentrait de la Syrie, il a rencontré quelqu’un en chemin. Il lui a demandé les nouvelles [du pays]. L’autre a répondu : « Il n’y a rien, sauf que ton ami Muhammad (que la paix soit sur lui) s’est dit prophète. » En entendant cela, Abou Bakr (r.a.) lui a répondu : « Il dit la vérité s’il s’est dit prophète. Il ne mentira jamais. » Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.) s’est rendu directement chez le Saint Prophète (s.a.w.) et lui a dit : « Soyez témoin que je suis le premier à croire en vous. » Abou Bakr (r.a.) n’a pas demandé de miracle au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a cru en lui en premier grâce à la bénédiction de sa connaissance [de la personne du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)]. Ceux qui n’en n’ont pas connaissance exigent des miracles. Les circonstances précédentes sont des miracles pour celui qui est un ami de longue date. Par la suite, Abou Bakr (r.a.) a dû endurer de grandes difficultés et de grandes souffrances.

Il était celui qu’on avait le plus tourmenté et persécuté et il était également le premier à être placé sur le trône de la Noubouwwah (le prophétat). » Allah l’a récompensé ici-bas et dans l’autre monde il méritera le Paradis.

Lui qui errait çà et là pour son commerce a été nommé premier calife après le Prophète (s.a.w.). »

Ailleurs, le Messie Promis (a.s.) déclare : « Il existe deux catégories de gens : les chanceux qui acceptent le prophète en premier. Ces gens sont clairvoyants et perspicaces à l’instar d’Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.). La deuxième catégorie comprend les sots : ils agissent uniquement quand un malheur les frappe. »

Ils commencent à réfléchir s’ils doivent ou non accepter [le Prophète] uniquement lorsqu’ils ont des ennuis.

Il y a aussi un débat sur qui a été le premier à accepter le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Les historiens diffèrent sur qui parmi les premiers hommes a cru en lui en premier : Abou Bakr (r.a.) ou ‘Ali (r.a.) ou Zayd Ibn Haritha. Certains suggèrent la solution suivante en disant qu’Ali était le premier parmi les enfants, Abou Bakr le premier parmi les adultes et Zayd était le premier parmi les esclaves.

En conciliant ces différents récits, le ‘Allamah Ahmad Ibn ‘Abdillah déclare : « Khadija Bint Khouwaylid a été la première à se convertir à l’islam. ‘Ali était le premier parmi les hommes alors qu’il était encore enfant : il était âgé de dix ans et avait caché sa conversion à l’islam. Abou Bakr Ibn Abi Qahafa était le premier Arabe adulte à se convertir et qui l’avait annoncé au monde. Zayd Ibn Haritha était le premier parmi les esclaves affranchis à se convertir à l’islam. Il y consensus sur cette question : aucun désaccord n’existe à ce propos.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad dit à ce propos : « Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lança sa mission de prédication, la première personne qui accepta l’islam était Khadija qui n’a pas hésité un seul instant. Il y a des avis divergents au sujet de qui était le premier homme à avoir accepté l’islam après Khadija. D’aucuns disent qu’il s’agirait d’Abou Bakr ‘Abdoullah Abi Qahafa ; d’autres disent qu’il s’agirait d’Ali ou de Zayd Ibn Haritha. Mais selon nous, ce débat est inutile. ‘Ali et Zayd Ibn Haritha étaient des membres du foyer du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et vivaient avec lui, tels ses propres enfants. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’avait qu’à s’exprimer et ils croyaient aussitôt ce qu’il disait. »

Étant des enfants, ils acceptaient tout ce que disait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il se peut qu’ils aient cru en lui de cette manière.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb ajoute : « Hormis ces deux enfants, Abou Bakr (r.a.) est unanimement accepté comme le premier et le plus important dans son acceptation de l’islam. Hassân Ibn Thâbit Al-Ansâri, le poète du Saint Prophète (s.a.w.), dit à propos d’Abou Bakr (r.a.) :

« Chaque fois que le doux souvenir de l’un de vos nobles frères s’élève dans votre cœur, souvenez-vous également de votre frère Abou Bakr, en raison de ses vertus dignes d’évocation. Après le Saint Prophète (s.a.w.), il était le plus Mouttaqi et le plus juste de tous les hommes et celui qui s’acquittait le mieux des responsabilités qu’il avait endossées. En effet, c’était Abou Bakr (r.a.) qui était le deuxième avec le Saint Prophète (s.a.w.) dans la Caverne de Thawr, qui s’était effacé dans l’obéissance du Prophète (s.a.w.). Quelle que soit la tâche qu’il entreprenait, il l’embellissait et il était le premier à croire au Messager. »

Les Qouraychites honoraient et respectaient grandement Abou Bakr (r.a.) en raison de sa noblesse et de ses aptitudes. Au sein de l’islam, il a acquis un statut qu’aucun autre compagnon n’a atteint. Abou Bakr (r.a.) n’a pas, même pour un instant, douté du prophétat du Saint Prophète (s.a.w.) : il l’a accepté instantanément. Ensuite, il a consacré toute son attention, toute sa vie et toute sa richesse au service de la religion apportée par le Saint Prophète (s.a.w.). Celui-ci tenait Abou Bakr (r.a.) le plus cher parmi ses compagnons. Après la mort du Saint Prophète (s.a.w.), il est devenu son premier Calife. À l’époque de son califat, il a fourni la preuve de ses capacités inégalées. Sprenger, un orientaliste européen renommé, écrit ceci concernant Abou Bakr (r.a.) :

« La foi d’Abou Bakr est, à mon avis, la plus grande garantie de la sincérité de Muhammad au début de sa carrière. Même si Muhammad (s.a.w.) aurait pu se tromper, il n’a pas trompé les autres. Il se croyait sincèrement être l’Envoyé de Dieu. »

Sir William Muir est également en parfait accord avec son point de vue, commente Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb.

Abou Bakr (r.a.) a dû traverser plusieurs épreuves suite à la prédication de l’islam.

L’Ousd Al-Ghâbah écrit à propos d’Abou Bakr (r.a.) : « Il était le premier à embrasser l’islam lors de son avènement. Tout un groupe de personnes acceptèrent l’islam par son entremise en raison de l’amour qu’ils avaient pour Abou Bakr (r.a.) et en raison de l’inclination qu’ils avaient pour lui. Cinq des dix bienheureux compagnons ont accepté l’islam entre ses mains. ‘Outhman Ibn ‘Affan, Zoubayr Ibn Al-‘Awwam, ‘Abdour Rahman Ibn ‘Awf, Sa’d Ibn Abi Waqqas et Talha Ibn ‘Oubaydillah faisaient partie de ceux qui se sont convertis à l’islam grâce à la prédication d’Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.).

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb écrit ce qui suit à ce propos dans son ouvrage Sirat-Khatam-Un-Nabiyyine : « Après Khadījah, Abou Bakr, ‘Ali et Zayd Ibn Haritha, cinq autres individus ont accepté l’islam, grâce à la prédication d’Abou Bakr (r.a.). Tous ces individus ont acquis une telle éminence et dignité en Islam, qu’ils sont considérés comme les plus grands des compagnons. Voici leurs noms :

Le premier était ‘Outhman Ibn ‘Affan qui appartenait à la famille des Banou Umayyah. Il avait environ 30 ans quand il a embrassé l’islam. Après ‘Oumar, il devint le troisième Calife du Saint Prophète (s.a.w.). ‘Outhman était remarquablement modeste, loyal, doux, bienfaisant et riche. Par conséquent, il a servi l’islam financièrement à plusieurs reprises. L’amour du Saint Prophète (s.a.w.) pour ‘Outhman peut être mesuré par le fait qu’il lui a offert deux de ses filles en mariage, l’une après l’autre : c’est pour cette raison qu’il était connu sous le nom de Dhoun Nourayn.

Le deuxième était ‘Abdour-Rahman Ibn ‘Awf qui appartenait à la famille des Banou Zouhra à laquelle appartenait la mère du Saint Prophète (s.a.w.). Il était un homme d’une compréhension et d’une expérience extraordinaires. C’est lui qui a réglé la question du Califat d’Outhman. Il avait environ 30 ans quand il a embrassé l’islam. Il mourut sous le règne du Calife ‘Outhman.

Le troisième était Sa’d Ibn Abi Waqqaṣ qui, à cette époque, était dans la fleur de l’âge, c’est-à-dire âgé de 19 ans. Il était également membre des Banou Zouhra et était très brave et courageux. Il avait conquis l’Irak sous le règne d’Oumar. Il mourut à l’époque de l’Emir Mou’awiyah.

Le quatrième était Zoubayr Ibn Al-’Awwam, qui était un cousin du Saint Prophète (s.a.w). Il était le fils de Safiyyah Bint ‘Abdil-Mouttalib et devint plus tard le gendre d’Abou Bakr (r.a.). Il appartenait aux Banou Asad et il n’avait que 15 ans lorsqu’il a embrassé l’islam. A l’occasion de la Bataille du Fossé, le Saint Prophète (s.a.w.) lui a conféré le titre de Hawari en raison d’un service exceptionnel qu’il avait rendu. Il tomba en martyr sous le règne d’Ali lors de la bataille d’Al-Jamal.

Le cinquième était Talhah Ibn ‘Abdillah qui était originaire des Banou Taym, la tribu d’Abou Bakr (r.a.). A cette époque, il était dans la fleur de l’âge. Talhah était également parmi les fidèles de l’islam. Il est tombé en martyr au cours du califat d’Ali lors de la bataille d’Al-Jamal.

Tous ces cinq compagnons sont parmi les Al-‘Achrah al-Moubach-charah, c’est-à-dire parmi ces dix compagnons ayant reçu la bonne nouvelle du paradis de la langue bénie du Saint Prophète (s.a.w.) lui-même, et qui ont été considérés ses plus intimes compagnons et conseillers. »

Les mécréants de La Mecque ont infligé diverses atrocités aux convertis à l’islam. Les musulmans faibles et asservis n’étaient pas les seules victimes de leur oppression : l’Envoyé d’Allah (s.a.w) et Abou Bakr (r.a.) n’étaient pas à l’abri des atrocités des polythéistes de La Mecque. L’histoire témoigne du fait qu’ils ont subi diverses formes de persécution : c’est-à-dire le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et Abou Bakr (r.a.).

Al-Sîrah Al-Halabiyyah relate l’incident suivant. Quand Abou Bakr et Talhah ont tous deux embrassés l’islam, Nawfal Ibn Al-‘Adawiyyah les a attrapés tous les deux. Cet homme était nommé le lion des Qouraych. Il les a attachés tous les deux avec une corde. Leur tribu, les Banou Taym, ne les a pas sauvés. C’est pour cette raison qu’Abou Bakr et Talhah étaient nommés Al-Qarinayn, c’est-à-dire, les deux compagnons liés ensembles. En raison du pouvoir de Nawfal Ibn Al-‘Adawiyyah et de sa tyrannie, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait l’habitude de dire : « Ô Allah ! Protège-nous contre le mal d’Ibn Al-‘Adawiyyah. » ‘Ourwah Ibn Zoubayr relate : « J’ai demandé à ‘Abdoullah Ibn ‘Amr Ibn Al-‘Âs de m’informer du pire traitement que les polythéistes avaient infligé au Saint Prophète (sws). Il a relaté qu’une fois que l’Envoyé d’Allah (s.a.w) priait dans l’enceinte du Masjid al-Harâm quand ‘Ouqbah Ibn Abi Mou’îd est venu et lui a mis un tissu autour du cou et s’est mis à lerétranglé. C’est alors qu’Abou Bakr (r.a.) est arrivé : il a attrapé l’épaule d’Ouqbah et l’a écarté du Saint Prophète (s.a.w.) et ensuite, il a déclaré :

أَتَقْتُلُونَ رَجُلًا أَنْ يَقُولَ رَبِّيَ اللَّهُ

« Tuez-vous une personne parce qu’il dit :« Mon Seigneur est Allah » ? »

On rapporte qu’une fois les polythéistes ont demandé au Messager d’Allah (s.a.w.) : « Est-ce que tu ne [condamnes] pas nos dieux ? »

L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a répondu : « Certainement ! » Sur ce, les gens l’ont entouré et quelqu’un a demandé à Abou Bakr (r.a.) d’aller prendre les nouvelles de son ami. Abou Bakr (r.a.) est sorti et s’est rendu dans l’enceinte de la Mosquée Sacrée. Là-bas, il a constaté que les gens étaient rassemblés autour de l’Envoyé d’Allah (s.a.w). Il a dit : « Malheur à vous !

أَتَقْتُلُونَ رَجُلًا أَنْ يَقُولَ رَبِّيَ اللَّهُ وَقَدْ جَاءَكُمْ بِالْبَيِّنَاتِ مِنْ رَبِّكُمْ

Allez-vous tuer un homme simplement parce qu’il dit : « Mon Seigneur est Allah » et qu’il est venu à vous avec des preuves claires de la part de votre Seigneur ? » Sur ce, ils ont laissé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et se sont lancés sur Abou Bakr et ont commencé à le rouer de coups.

Asma, la fille d’Abou Bakr relate : « Il est venu vers nous avec ses cheveux dans les mains et il disait : « Béni sois-tu, ô noble et honorable Seigneur. »

Selon un récit les persécuteurs ont tiré la tête bénie du Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et sa barbe bénie avec une telle force que la plupart de ses cheveux bénis sont tombés. Abou Bakr s’est levé pour le sauver et il a dit :

أَتَقْتُلُونَ رَجُلًا أَنْ يَقُولَ رَبِّيَ اللَّهُ

Allez-vous tuer un homme simplement parce qu’il dit : « Mon Seigneur est Allah » ?

Abou Bakr pleurait. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a dit : « Ô Abou Bakr ! Laisse-les tranquilles. Par Celui qui détient mon âme entre ses mains, j’ai été envoyé vers eux pour que je sois sacrifié. »

Sur ce, les mécréants ont laissé le Messager d’Allah (s.a.w.).

‘Ali (r.a.) avait demandé un jour à l’assistance : « O gens ! Qui est le plus brave ? » On lui a répondu : « Ô Emir des Croyants ! Vous êtes le plus brave ! »

‘Ali a répondu : « En ce qui me concerne, j’ai tué tous ceux qui m’ont combattu. Abou Bakr était le plus brave. Avant la bataille de Badr, nous avons avions érigé un dais pour Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Et nous nous sommes demandé qui assurera la sécurité du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de peur qu’un polythéiste ne l’attaque. Par Dieu, aucun des nôtres ne s’est porté volontaire. Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.) s’est tenu à côté du Messager d’Allah (s.a.w.) avec son épée nue à la main. En somme, aucun polythéiste ne pourra s’approcher du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sans combattre en premier Abou Bakr (r.a.). C’est pour cette raison qu’Abou Bakr était le plus courageux. »

‘Ali (r.a.) a relaté : « Une fois, j’ai vu que les Qouraychites avaient attrapé le Saint Prophète (s.a.w.) ; une personne déversait toute sa colère sur lui, tandis qu’une autre le tourmentait. Ils disaient : « Tu dis qu’il n’y a qu’un seul Dieu et tu abandonnes tous les autres. » Par Allah, Abou Bakr (r.a.) frappait et repoussait quiconque s’approchait du Saint Prophète (s.a.w.) ou il lui faisait des reproches et l’éloignait. Il disait : « Que vous soyez ruinés !

أَتَقْتُلُونَ رَجُلًا أَنْ يَقُولَ رَبِّيَ اللَّهُ

Souhaitez-vous tuer un homme simplement parce qu’il dit : « Mon Seigneur est Allah » ?

‘Ali (r.a.) a enlevé son manteau et a pleuré si abondamment que sa barbe était trempée. ‘Ali (r.a.) a ajouté : « Je vous demande au nom de Dieu ! Le croyant parmi le peuple de Pharaon était-il meilleur ou Abou Bakr ? » Peut-être qu’Ali (r.a.) faisait référence au croyant du peuple de Pharaon parce que ce verset du Coran évoque cette personne ayant dissimulé sa foi et qui proclamait dans la cour de Pharaon :

أَتَقْتُلُونَ رَجُلًا أَنْ يَقُولَ رَبِّيَ اللَّهُ

Sur ce, tout le monde s’est tu. ‘Ali (r.a.) a dit : « Par Allah ! Une heure d’Abou Bakr est meilleure que tous les actes vertueux terrestres du croyant du peuple de Pharaon, car cet individu dissimulait sa foi tandis qu’Abou Bakr (r.a.) l’annonçait au grand jour. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a déclaré : « En réfléchissant aux incidents de la vie du Saint Prophète (s.a.w.), il [nous] est évident qu’il nourrissait une grande affection et sympathie pour l’humanité et nous pouvons en voir les preuves à chaque étape. Pendant des années, le Saint Prophète (s.a.w.) a enduré une persécution sans fin, afin de transmettre le message du Dieu unique. Un jour, alors qu’il était dans l’enceinte de la Ka’ba, les mécréants ont attaché une ceinture autour de son cou et l’ont serrée si fort que ses yeux sont devenus rouges et sortaient de leurs orbites. Quand Abou Bakr (r.a.) l’a su, il s’est accouru et avait les larmes aux yeux en voyant le Saint Prophète (s.a.w.) dans cet état. Repoussant les mécréants, il disait : « Craignez Allah ! Persécutez-vous quelqu’un simplement parce qu’il dit qu’Allah est son Seigneur ? ».

Le Messie Promis (a.s.) a déclaré : « Une fois, les ennemis ont trouvé le Saint Prophète (s.a.w.) seul et ont mis une ceinture autour de son cou et ont commencé à la serrer. Il était sur le point de mourir quand, par coïncidence, Abou Bakr (r.a.) est arrivé et a réussi à le libérer au prix de grandes difficultés. Sur ce, Abou Bakr (r.a.) a été battu si sévèrement qu’il est tombé à terre, évanoui. »

Il existe plusieurs récits sur la libération des esclaves par Abou Bakr (r.a.). On rapporte qu’il possédait 40,000 dirhams quand il a embrassé l’islam. Il les a dépensés dans la voie d’Allah et a libéré sept personnes qui étaient persécutées en raison de leur croyance en Allah. Les esclaves libérés étaient : Bilal, ‘Amir Ibn Fouhayrah, Zounayrah, Mahdiyyah et sa fille – une femme esclave, Bani Mou’mal – et Oumm Ouways.

Bilal (r.a.) était l’esclave de la tribu des Banou Joumah et Oumayyah Ibn Khalaf le persécutait sévèrement. Selon un récit, lorsque Bilal (r.a.) a accepté l’islam, ses propriétaires l’ont allongé sur le sol et ont placé des pierres et une peau de vache sur lui. Ils lui ont dit : « Tes seigneurs sont Lât et ‘Ouzzah. » Cependant, Bilal (r.a.) ne disait que : « Ahad ! Ahad ! (L’unique ! L’unique !) ». Abou Bakr (r.a.) est venu les voir et leur a demandé : « Pendant combien de temps encore allez-vous le persécuter ? » Le narrateur affirme qu’Abou Bakr (r.a.) a acheté Bilal (r.a.) pour sept Ouqiyah et l’a libéré. Un Ouqiyah vaut 40 dirhams : il a été acheté au prix de 280 dirhams. Abou Bakr (r.a.) a ensuite informé le Saint Prophète (s.a.w.) de cet incident. Celui-ci a commenté : « Ô Abou Bakr ! Inclue-moi également dans cette transaction. » Abou Bakr (r.a.) a répondu : « Ô Messager d’Allah (s.a.w.) ! Je l’ai déjà libéré. »

‘Amir Ibn Fouhayrah (r.a.) était un esclave d’origine africaine. Il était l’esclave de Toufayl Ibn ‘Abdillah Ibn Sakhbarah, qui était le demi-frère d’Aïcha (r.a.) du côté de sa mère.

‘Amir est compté parmi les premiers musulmans. Il a été persécuté dans la voie d’Allah. Abou Bakr (r.a.) l’a acheté et l’a libéré. Zounayrah Al-Roumiyyah était parmi les premières femmes musulmanes et a accepté l’islam dès le début. Les idolâtres la persécutaient. Elle était l’esclave des Banou Makhzoum et Abou Jahl la persécutait. On rapporte qu’elle était l’esclave des Banou ‘Abd Al-Dar. Elle a perdu la vue lorsqu’elle a accepté l’islam. Les idolâtres disaient que Lat et ‘Ouzzah avaient fait perdre la vue à Zounayrah parce qu’elle les avait rejetées. Sur ce, Zounayrah a répondu : « Lat et ‘Ouzzah ne savent même pas qui les vénère, comment pourraient-elles me priver de la vue ? Elles sont elles-mêmes aveugles, que pourront-elles faire ? Cela vient des cieux et c’est Allah qui a décrété que je perde la vue. Mon Seigneur peut rétablir ma vue de nouveau. » Telle était sa réponse aux mécréants. Le lendemain matin, lorsqu’elle s’est réveillée, Allah lui a rendu la vue et elle a été capable de voir à nouveau. Sur ce, les Qouraychites ont dit : « C’est à cause de la sorcellerie de Muhammad ! » Lorsqu’Abou Bakr (r.a.) a été témoin de sa souffrance et sa tourmente, il l’a achetée et l’a libérée.

Je mentionnerai d’autres récits la prochaine fois, Incha Allah, sur la libération [des esclaves].


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)

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