Sermon du vendredi 22 septembre 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

En ce monde, il existe diverses catégories d’assemblée ; des rencontres sont organisées dans la poursuite d’objectifs divers. Il y a des assemblées consultatives dans lesquelles l’on délibère sur des affaires d’intérêt matériel : cela peut concerner la gestion des affaires de l’État ou une rencontre consultative entre politiciens, ou celle de businessmen, ou encore pour discuter sur le sport et le divertissement. On organise aussi des rencontres prétendument savantes et des comités délibèrent à propos [de sujets intellectuels]. Pour ce qui est des divertissements, les gens se réunissent et tiennent des conseils. Ainsi, toutes ces assemblées, ces comités et ces rencontres, sont organisés pour des objectifs mondains. Ils ne sont pas tenus pour la cause de Dieu, pour la quête de Son plaisir ou pour se rapprocher de Lui. S’il y a des rencontres où l’on délibère sur l’amélioration de la condition humaine, elles ont des buts temporels. En somme, l’objectif n’est pas la quête du plaisir divin.

Cependant, il existe aussi des rencontres à vocation religieuse, où l’on se souvient de Dieu, où l’on délibère sur les moyens de rapprocher l’homme de Dieu ou de progresser dans la spiritualité. L’on y participe afin de mériter le plaisir divin. Ainsi, ces assemblées et rencontres ont pour but l’acquisition du plaisir divin et le fait d’éviter les futilités. Pareilles rencontres plaisent à Allah. L’on voit les résultats (de telles rencontres d’ici-bas) sur terre et ceux qui y participent sont récompensés par Allah après leur décès.

Ainsi, qu’il s’agisse d’une rencontre à la maison, avec sa femme et ses enfants, ou à l’extérieur, le croyant doit, en tout lieu, s’évertuer à chercher le plaisir divin et à protéger et à améliorer sa condition spirituelle. Il doit améliorer sa condition et celle des croyants.

L’assemblée du croyant, même si elle concerne en apparence ce bas monde, n’est pas exempte du souvenir de Dieu. Même en œuvrant en ce monde, il tente d’éviter les futilités d’ici-bas. Même s’il s’affaire en ce bas monde, son cœur n’oublie pas Dieu. Dans les réunions d’ici-bas, le croyant ne confère pas pour tromper autrui ou usurper ses droits, même s’il œuvre en ce bas monde. En effet, c’est ce que nous constatons ces temps-ci dans ses assemblées politiques et ses rencontres d’ici-bas. La crainte de Dieu et la Taqwa sont les objectifs de ces réunions. Voilà ce que l’on attend du croyant, notamment qu’il soit à tout instant vigilant à cet égard.

Dans le Saint Coran, Allah le Très-Haut a donné des directives concernant les rencontres des croyants. Plus précisément, qu’elles soient exemptes de toute rébellion, de tout péché, et de toute désobéissance du Prophète (s.a.) ; et qu’elles favorisent la Taqwa. Mais malheureusement, la majorité des réunions des musulmans sont contraires à ces nobles objectifs. Ces musulmans, d’ailleurs, s’entre-tuent et complotent à cet effet. Allah déclare :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا إِذَا تَنَاجَيْتُمْ فَلَا تَتَنَاجَوْا بِالْإِثْمِ وَالْعُدْوَانِ وَمَعْصِيَةِ الرَّسُولِ وَتَنَاجَوْا بِالْبِرِّ وَالتَّقْوَى وَاتَّقُوا اللَّهَ الَّذِي إِلَيْهِ تُحْشَرُونَ

Ô vous qui croyez ! Lorsque vous conférez en secret, ne conférez donc pas pour commettre le péché et la transgression, et pour la désobéissance au Messager, mais conférez pour atteindre la vertu et la piété, et craignez Allāh auprès de Qui vous serez tous rassemblés. (Le Saint Coran, chapitre 58, verset 9)

Mais, tout comme je l’ai dit, les musulmans ont oublié ce commandement. Leur dissension a atteint son comble. Allah présente, en ces termes, un des signes des croyants :

رُحَمَاءُ بَيْنَهُمْ

À savoir, qu’ils éprouvent de l’amour et de l’affection mutuels. Mais dans la réalité, les musulmans [d’aujourd’hui] sont à l’image des mécréants, que Dieu a décrits comme suit :

قُلُوبُهُمْ شَتَّى

C’est-à-dire que leurs cœurs sont divisés. Dans leurs consultations entre eux et les autres, dans leurs délibérations secrètes, ils désobéissent à Allah et à son Prophète (s.a.) et s’éloignent de la Taqwa. La crainte de Dieu est inexistante chez eux. Dieu conseille : « Craignez Allah auprès de Qui vous serez rassemblés. » Dans l’Au-delà, le pouvoir, la souveraineté, les richesses et le soutien des puissances occidentales, ne vous seront d’aucun recours. Aucune grande puissance ne pourra vous protéger du châtiment découlant de la désobéissance de Dieu et de Son Prophète (s.a.) et de votre éloignement de la Taqwa. En somme, ceux qui se disent musulmans, pour ensuite faire du monde leur objectif et courir derrière lui, prouvent que la foi et la certitude en Dieu sont, chez eux, inexistantes. Sinon, si on entretenait la moindre foi et la moindre certitude en Dieu, ni les hommes politiques ni les leaders musulmans ni les prétendus oulémas ne seraient dans la situation dans laquelle nous les trouvons aujourd’hui.

Ainsi, à notre époque, il nous incombe de nous débarrasser de pareilles idées et d’accroître la crainte d’Allah l’Exalté et la Taqwa. D’autre part, il nous incombe d’expliquer aux musulmans non-ahmadis et à nos relations dans nos cercles respectifs que non seulement vont-ils s’asservir aux non-musulmans dans la condition dans laquelle ils se trouvent à présent, mais de surcroît ils s’attireront la colère divine. Ils vont perdre ce monde derrière lequel ils sont en train de courir, après avoir abandonné la foi. Il est grand temps à présent qu’ils fassent naître en eux-mêmes la crainte et la Taqwa d’Allah, sinon ils perdront tout.

Parmi les rassemblements du monde, il y a celle des Nations Unies, qui avait tenu son assemblée générale quelques jours de cela, lors de laquelle le président des États-Unis avait prononcé un discours. Les analystes occidentaux ont opiné que ce discours favorise davantage les conflits et la discorde que la paix. Ils ont déclaré ouvertement que peut-être que ce discours plairait à l’Arabie Saoudite et à quelques pays musulmans, sinon il était des plus pessimistes et avait pour vocation d’attiser les flammes de la guerre et des conflits.

Or, les États musulmans ont pour devoir de respecter les injonctions divines et d’éviter dissensions et conflits.

En tout cas, je n’ai fait là que brosser le tableau de la situation du monde musulman en général. Nous devrons, nous aussi, analyser constamment notre situation, car Satan ne tolérera jamais que la Jama’at progresse. Satan, de par sa nature, tentera de faire naître en nous la frustration et de semer la zizanie.

Certaines personnes se réunissent souvent et parlent contre les responsables de leur Jama’at locale, régionale ou nationale. Ces personnes sont, sans nul doute, influencées par Satan. La mission de Satan est de vous attaquer en se posant en votre ami. C’est pourquoi souvent ceux qui participent à des rassemblements de ce genre ne sont pas en réalité contre le système de la Jama’at, mais tout en se préoccupant de la Jama’at, ils pensent que celui qui fait part de son opinion ou celui qui évoque son inquiétude est en train de dire la vérité et qu’il y a un besoin véritable de réforme. Tandis que s’il y avait vraiment besoin de réforme, il fallait informer l’instance supérieure du pays concerné ou le Calife de l’époque à propos du problème en question. Il n’est point correct de parler à ce sujet à droite et à gauche en groupes, et d’en discuter comme si l’on est en train de parler de faits très confidentiels et très importants, ou parce qu’on se préoccupe beaucoup de la Jama’at. Cette manière de faire est un signe de transgression, de désobéissance à l’égard du Prophète (s.a.) et de l’éloignement de la Taqwa.

Allah demande au croyant d’être très vigilant à l’égard de tels rassemblements et de les éviter. Si vous avez des doléances envers un titulaire de poste ou l’Amir, il faut se plaindre auprès du Centre ou du Calife de l’époque : là s'arrête la tâche des membres de la Jama’at. C’est le travail du Calife de l’époque de voir comment gérer ce problème ou comment le résoudre. Il est vrai qu’il ne faut pas oublier de prier ; chaque ahmadi doit prier en ressentant une réelle inquiétude pour la Jama’at. Qu’Allah dissipe tout mal de la Jama’at et qu’Il continue à accorder des gens pieux pour le service de la Jama’at.

Il ne faut donc pas oublier cette chose très importante. Plus la Jama’at va grandir, plus Satan va lancer ses assauts. Satan avait, dès le premier jour, déclaré et même pris la permission de tromper l'humanité et [en particulier] les croyants. Les adversaires de la Jama’at font certes montre de leur opposition ouvertement et ils comploteront encore à l’avenir ; d’autre part, au nom de la sympathie, ils utilisent les simples d’esprit et ceux qui sont faibles dans leur foi comme instruments pour fomenter des troubles. Chaque ahmadi doit donc être vigilant à cet égard. Qu’Allah protège la Jama’at de toute dissension interne et externe. Qu’Il accorde à tous la possibilité d’assister à des rassemblements où l’on évoque la vertu et la Taqwa et non à des rassemblements d’incroyants, de ceux qui désobéissent au Prophète (s.a.) et qui sont loin de la Taqwa.

Je vais à présent mentionner des hadiths du Saint Prophète Muhammad (s.a.) et quelques écrits du Messie Promis (a.s.), son serviteur parfait, expliquant les différents types de rassemblements. Le Messie Promis (a.s.) déclare, en décrivant l’assemblé dans laquelle doit participer un croyant et l’exemple qu’il doit montrer lorsque l’assemblée n’est pas à la hauteur du statut d’un croyant : « Ma religion me dicte – et tel est l’exemple que doit suivre tout croyant – que s’il fait une promesse, il doit l’accomplir, sinon il doit se taire. Lorsque vous observez que dans une assemblée on est en train de se moquer d’Allah et de Son Prophète (s.a.), vous devez vous en écarter afin que vous ne soyez pas comptés parmi ceux-là. Sinon il faudra que vous leur répondiez ouvertement et clairement. » Voilà donc les deux réactions qui incombent au véritable croyant : il doit soit leur répondre strictement, soit ne rien dire et abandonner pareille assemblée.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « La troisième réaction n’est qu’hypocrisie. En d’autres termes rester assis avec eux, en faisant semblant d’approuver leur propos et exprimer son opinion à mi-voix et discrètement. »

C’est-à-dire rester assis dans cette assemblée, approuver les propos énoncés par couardise ou par peur, tout en disant à mi-voix qu'il n’en est pas ainsi et que ce n’est pas vrai. Ne pas exprimer ouvertement son opinion, c’est de l’hypocrisie. Pareil comportement n’est pas digne d’un croyant. Voilà la réaction que doit montrer un croyant lorsqu’il est confronté à une assemblée où l’on se moque de la religion ou l’on est en train de comploter contre la religion ou encore à un rassemblement où, de façon rusée, l’on fait naître des doutes dans les cœurs.

Le vrai croyant doit adopter un ton sévère envers ceux qui critiquent Dieu, son Prophète (s.a.) ou l’organisation de la Jama’at qu’Il a établie. Il doit aussi informer ces critiqueurs que si leurs opinions sont avérées, ils doivent faire parvenir leurs doléances au Calife ou au Nizam. Il ne leur est pas autorisé de parler de cette manière. Si l’on reste assis dans de telles assemblées et l’on ne répond que sur un ton sans grande conviction ou discrètement, ce sera de l’hypocrisie comme l’affirme le Messie Promis (a.s.) ; et un croyant doit s’en préserver et il ne doit pas faire preuve de lâcheté à l’égard de la religion ou l’organisation de la Jama’at. Vous pouvez faire montre de votre sens de l’honneur par deux façons : soit vous répondez ouvertement, soit vous délaissez une telle assemblée. C’est ce que Dieu nous demande de faire également et cela nous a été expliqué en détail par le Saint Prophète (s.a.).

Il est rapporté qu’un compagnon est venu voir le Saint Prophète (s.a.) et lui a demandé de lui prodiguer quelques conseils. Le Saint Prophète (s.a.) a dit : « Adopte la Taqwa et lorsque tu assistes à une réunion où l’on parle de choses qui sont conformes à ton tempérament alors restes-y… » En d’autres termes, si l’on y évoque la vertu et non des choses futiles ou qui sèment le désordre, on peut alors y rester.

« Mais si l’on y parle de choses que tu n’apprécies pas, tu dois quitter cette assemblée. » Le Saint Prophète (s.a.) a donc clairement décrit les rencontres qu’un croyant ne doit pas apprécier. Il ne parle pas ici d’une préférence personnelle mais plutôt des faits qu’il ne faut pas apprécier à l’égard du Nizam et de la Jama’at. Il a donc déclaré qu’il faut quitter de telles assemblées.

En ce qui concerne les assemblées qui ne doivent pas être appréciées, Abdullah Bin Abbas (ra) rapporte que quelqu’un demanda au Prophète (s.a.) à propos des assemblées auxquelles il doit participer. Le Saint Prophète (s.a.) a déclaré : « Passe ton temps avec ceux qui te rappellent Dieu, ceux dont les discussions accroissent ta connaissance religieuse et ceux dont les actions te rappellent l’Au-delà. »

Voilà les principes qu’un croyant ne doit jamais oublier avant de participer à des assemblées. L’on doit préférer les assemblées où l’on mentionne Dieu et la gloire de Sa religion, celles qui nous permettent d’augmenter notre connaissance religieuse. De nos jours, il est primordial pour chaque ahmadi d’acquérir de la connaissance religieuse. C’est surtout important pour ceux qui font le Tabligh – pour ceux qui invitent vers Dieu – ainsi que pour la réforme morale et spirituelle. Ces actions nous rappellent aussi le jour du Jugement Dernier et nous apprennent que l’éclat de ce monde ne doit pas être le centre de toute attention. Les richesses et les plaisirs de ce monde ne sont pas une fin en soi. Au contraire, le plaisir de Dieu est le véritable but pour tout croyant.

Il est clair, d’après le premier hadith, qu’un croyant ne doit pas se complaire dans les assemblés des matérialistes : il doit [au contraire] quitter de telles réunions immédiatement. Si l’on prête attention à cela, les adultes ainsi que les jeunes parmi nous pourront se préserver de beaucoup de péchés et de maux.

Il y a aussi d’autres types de rassemblements dans lesquels les jeunes sont impliqués au nom de l’amusement où ils se divertissent. Certains de nos jeunes y sont impliqués en raison de l’influence de la société occidentale. Ils pensent qu’ils doivent participer à de telles rencontres. Or un jeune croyant doit toujours avoir à l’esprit qu’il doit éviter de participer à de telles assemblées, et qu’il ne doit pas outrepasser certaines limites.

Dans la Jama’at on constate qu’il y a de tels incidents [qui ont lieu]. Certains de nos jeunes, influencés par des regroupements de mauvaise influence, commettent des actes qui causent du tort à autrui, aux voisins, ou bien à un passant dans la rue, ou bien s’ils vont quelque part ils causent du tort à quelqu’un là-bas par méchanceté. Lorsqu’on apprend qu’il s’agit d’un membre de la Jama’at cela contribue à ternir l’image de celle-ci. Les parents doivent veiller à l’entourage et aux influences de leurs enfants ; et ce, afin que nos jeunes, dès leur adolescence, puissent être protégés des mauvaises influences et de tout environnement nuisible. Ils doivent créer chez eux un environnement pieux qui puisse leur conférer une excellente éducation.

Le Saint Prophète (s.a.) avait une fois déclaré : « Lorsqu’un groupe de personnes siège dans la mosquée afin d’y réciter le livre d’Allah, et afin de s’échanger des conseils et des paroles pieuses, Allah les récompense d’une sérénité, la miséricorde d’Allah les enveloppe, et les anges les prennent sous leurs ailes. »

Par la grâce d’Allah, au sein de la Jama’at on a souvent de telles opportunités. À travers le monde, de nombreuses Jama’ats organisent des Jalsas, des Ijtema’s. Lors de ces évènements, il y a également des programmes de Tarbiyyah, des programmes qui nous permettent d’augmenter notre connaissance, qui nous permettent de nous souvenir d’Allah. Par exemple, aujourd’hui commence l’ijtema’ des membres de la Lajna.

Les membres de la Lajna doivent garder à l’esprit que la plus grande partie de leurs programmes doit être consacrée à des programmes religieux qui permettent d’augmenter la connaissance, et les femmes qui y participent doivent également garder à l’esprit qu’elles ne viennent pas participer à une foire. Elles doivent remplir l’objectif de leur participation à leur Ijtema’s, et il faut qu’elles organisent régulièrement des assemblées religieuses qui permettent d’augmenter leur savoir. Même en dehors de tels programmes, au lieu de discuter de choses d’ici et là, et de s’adonner à des conversations futiles, elles doivent avoir des discussions constructives et toujours se protéger de propos futiles, et éviter ainsi de perdre leur temps.

Le Saint Prophète (s.a.) a déclaré : « Si des personnes siègent dans une assemblée, et ne se souviennent pas d’Allah, au Jour du Jugement ils regarderont cette assemblée avec affliction. » Les personnes qui viennent participer à l’Ijtema doivent garder à l’esprit qu’elles ont pour devoir d’atteindre l’objectif de leur participation, et qu’au lieu de perdre leur temps dans le rire, la moquerie et des discussions futiles, il leur faut passer la grande partie de leur temps à se souvenir d’Allah, à discuter de choses pieuses, et à écouter des paroles pieuses, afin que lors du Jour du Jugement, nos assemblées n’en soient pas de celles qui sont regardées avec grande détresse.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.) nous a conseillé de marcher sur la voie de la Taqwa et de rester en compagnie de gens qui le font. Il est rapporté que le Saint Prophète Muhammad (s.a.) a déclaré : « Ne restez pas en compagnie d’autres personnes que les croyants et que personne ne mange vos repas excepté les Muttaqine. »

Nous restons en contact avec différentes personnes en ce monde. Nous sommes également amenés à les rencontrer. Nous fréquentons également des non-musulmans ; il n’est pas possible d’éviter complètement la compagnie des non-croyants. Le Saint Prophète (s.a.) voulait simplement dire que nos amitiés les plus fortes, que nos fréquentations les plus courantes, que la majorité de notre temps et que nos assemblées doivent se faire le plus souvent en compagnie des personnes qui ont une foi ferme, qui marchent sur la voie de la Taqwa, afin que nous puissions également avancer sur la voie de la Taqwa.

Le Messie Promis (a.s.) déclara : « L’une des voies indiquées par Allah le Très-Haut permettant la réforme de l’âme est que l’on doit partager la compagnie des véridiques. » C’est-à-dire qu’il faut rester en la compagnie de ceux qui sont fermement établis sur la vérité, à la fois dans leurs actes et dans leurs propos ; en d’autres termes, en la compagnie de personnes dont les paroles et actes sont basés sur la vérité : des êtres desquels émane la vérité, et qui sont pieux.

Il ajoute : « Avant ceci il a été dit :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ

C’est-à-dire : « O vous les croyants, adoptez la Taqwa par rapport à Allah. » Cela signifie qu’il faut d’abord avoir la foi ; ensuite il faut éviter les endroits où règne le mal ; et enfin, il faut rester en la compagnie des véridiques. Les fréquentations ont une grande influence, et celle-ci se manifeste intérieurement. Si un homme va tous les jours auprès de prostituées, et qu’il affirme ensuite qu’il ne commet pas de fornication, il faut lui répondre qu’il finira tôt ou tard par le faire, qu’il finira par commettre la fornication. Car une mauvaise compagnie a une mauvaise influence. Les fréquentations ont un réel effet. De même, si une personne fréquente un bar, elle a beau prendre toutes les précautions et dire qu’elle ne boit pas, mais un jour elle finira par boire. Il faut donc toujours éviter la mauvaise compagnie. »

Dans les affaires quotidiennes, nous sommes amenés à rencontrer des gens, comme je l’ai dit ; mais nos contacts avec des non-musulmans nonobstant, il ne faut pas dépasser certaines limites dans ces relations. Il ne faut pas commencer à assister à leurs assemblées [de nature] futile, car de nombreux maux trouvent leur origine dans ces rassemblements.

Des femmes anglaises ont fait part du fait que leurs maris étaient de bonne nature. Mais à cause de certains de leurs amis, ils ont pris de mauvaises habitudes, et ont commencé à participer à des regroupements futiles voire indécents. [Quand on constate que] même ces personnes qui, bien que n’étant pas musulmanes, commencent à s’alarmer de tout cela, il nous incombe [quant à nous] de nous en inquiéter encore plus.

Afin d’éviter cela, le Saint Prophète (s.a.) a déclaré que le fait de trop fréquenter les athées et de trop manger avec eux vous éloignera de la religion et de la Taqwa. Il faut certes établir des contacts pour le Tabligh ou pour partager des paroles pieuses ; sans cela il n’est pas possible de faire le Tabligh. Mais afin de remplir cet objectif, il faut [au contraire] les inviter dans nos assemblées, car ces assemblées pieuses auront un impact sur eux. De très nombreuses personnes étrangères qui participent à nos Jalsas et à nos évènements, disent qu’en y participant ils ont ressenti un réel changement en eux.

En détaillant l’influence que peut avoir le milieu, le Messie Promis (a.s.) déclare : « Lorsqu’une personne s’assoit à côté d’une personne pieuse et véridique, elle est influencée par cette piété ; mais la personne qui abandonne la compagnie des véridiques et préfère les mauvaises fréquentations, est influencée par le mal. C’est pour cette raison que les hadiths et le Saint Coran recommandent d’éviter les mauvaises influences, et il y est écrit qu’il faut immédiatement quitter les assemblées où Allah et son Prophète (s.a.) sont moqués, car celui qui ne quitte pas une telle assemblée après avoir entendu les moqueries sera compté parmi ceux qui en sont coupables. »

Ensuite le Messie Promis (a.s.) déclare : « La personne qui reste parmi les véridiques et les pieux sera comptée parmi eux. Il est donc très important d’agir conformément à cette injonction, à savoir de toujours partager la compagnie des justes. »

Il ajoute : « Il est rapporté dans les hadiths qu’Allah envoie des anges dans le monde : ils viennent assister aux assemblées des gens purs ; et lorsqu’ils repartent, Allah l’Exalté leur demande : « Qu’avez-vous vu ? » Ils répondent : « Nous avons vu une assemblée où les gens se souvenaient de Toi, mais il se trouvait une personne qui ne faisait pas Ton dhikr assise parmi eux. » Allah l’Exalté leur répondra : « Elle sera également comptée parmi eux car Je les ai tellement bénis que tous ceux qui se trouvent en leur compagnie ne partiront pas sans en tirer bénéfice. » 

L’on en déduit facilement que partager la compagnie des justes est des plus avantageux. Il est [du nombre] des plus malchanceux celui qui ne partage pas la compagnie des justes. »

Ainsi, ceux qui partagent la compagnie des croyants méritent les faveurs d’Allah le Très-Haut et ce sont ces assemblées qui débordent du souvenir d’Allah.

Ensuite le Messie Promis (a.s.) déclare : « Beaucoup affirment croire en Dieu du bout des lèvres, or quand on les scrute on constate qu’ils regorgent d’athéisme, car lorsqu’ils s’affairent en ce bas monde, ils oublient complément la colère et la grandeur divine. C’est la raison pour laquelle il vous incombe de supplier à Dieu de vous accorder la connaissance de Sa personne. Sans cette gnose, il vous sera impossible d’atteindre la certitude parfaite. On en possédera quand on comprendra que couper toute relation avec Allah l’Exalté est synonyme de mort.

Priez afin que vous soyez à l’abri du péché ; cependant ne délaissez pas les moyens et fuyez toutes ces rencontres et ces assemblées qui incitent aux péchés. De plus, ne cessez pas de prier et sachez que l’on ne pourra se libérer des calamités (qui, selon le décret divin, accompagnent l’homme), sans l’aide de Dieu. Dans la Salat prescrite cinq fois par jour se trouve l’indication suivante : si elle ne protège pas des passions charnelles et des idées qui en découlent, elle ne sera pas une Salat véritable. La Salat ne signifie pas se cogner le front et d’accomplir des actes rituels.

La Salat est un acte que ressent le cœur et qui fait fondre l’âme devant le seuil divin dans une grande détresse. Dans la mesure du possible, faites naître en vous cette détresse ; implorez Dieu en toute humilité, afin que vous puissiez vous débarrasser de l’orgueil et du péché que recèle l’âme. Voilà le type de Salat qui est bénite. Si le croyant reste constant sur cette voie, il constatera que matin et soir son cœur sera baigné d’une lumière ; et l’ardeur de l’âme qui incite au mal diminuera. En l’âme qui incite au mal existe un poison mortel, à l’instar de celui que comprend le venin du serpent. Or, Celui Qui l’a créé en détient l’antidote. »

C’est-à-dire, que Dieu le Très-Haut, possède le remède pour le mal. C’est pour cette raison qu’il faudra se prosterner devant Lui et implorer son soutien, afin d’être à l’abri, pour toujours, des influences néfastes du monde, et de la mauvaise compagnie et ses effets.

Selon un rapport, lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.) clôturait une assemblée et s’en allait, il priait en ces termes : « Saint es-Tu, ô Allah ! Je jure qu’il n’y a pas de dieu autre que Toi ! J’implore Ton pardon et je me tourne vers Toi. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.) a aussi déclaré : « En récitant à trois reprises la formule suivante quand on quitte une assemblée, l’on sera, par la grâce de Dieu, à l’abri de tout péché commis lors de cette rencontre. Si l’on a participé dans une rencontre vertueuse et qu’on s’est consacré au souvenir de Dieu, on scellera cette rencontre grâce à cette formule. La supplication en question se lit ainsi :

سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ وَبِحَمْدِكَ لاَ إِلَهَ إِلاَّ أَنْتَ أَسْتَغْفِرُكَ وَأَتُوبُ إِلَيْكَ

« Saint es-Tu ô Allah dans toutes Tes louanges. Il n’y a pas de dieu hormis Toi. J’implore Ton pardon. Et je retourne vers Toi. » Et « Protège-moi des mauvaises conséquences des actions déplaisantes de ma part. » »

Grâce à cette prière, l’on sera à l’abri des mauvaises conséquences de ses actions. Et l’on profitera dans une plus grande mesure des bénédictions découlant des assemblées vertueuses. Tout comme l’explique le Messie Promis (a.s.), sans l’aide de Dieu l’on ne sera pas à l’abri des mauvaises conséquences [de ses actions]. C’est pour cette raison qu’il faudra constamment implorer le soutien divin.

Qu’Allah fasse que nous soyons continuellement à l’abri de toute mauvaise assemblée. Si jamais l’on y a participé par ignorance, que l’on soit néanmoins à l’abri de ses mauvaises conséquences. Que nous soyons toujours en quête d’assemblées vertueuses et que nous y participions ; que nous puissions profiter de leur pureté et des faveurs divines [qui en découlent]. Que nous soyons pour toujours à l’abri des assauts de Satan ; qu’Allah nous accorde Sa miséricorde et Son pardon ; et que nous soyons pour toujours attachés à la Nizam-i-Jama’at (l’administration de la Jama’at) et au Califat, à l’abri des méfaits de tout fauteur de troubles.

Après la Salat de Jumu’ah, je dirigerai la prière funéraire in absentia de feu Bilal Abdus Salam, ahmadi d’origine africaine qui résidait à Philadelphie aux États-Unis. Il est décédé le 13 septembre dernier. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il était présent pour la Jalsa Salana (Réunion Annuelle Ahmadiyya) du Royaume-Uni cette année-ci. Le premier jour, lors de la rencontre de l’association panafricaine dans la soirée, il a eu soudainement une attaque paralytique : son état s’était détérioré et il a été transporté à l’hôpital où il est resté sous traitement pendant quelques jours. Sa santé s’était, en apparence, rétablie et je l’ai rencontré à deux reprises. Il avait l’air d’aller mieux et il est rentré aux États-Unis par la suite.

Le défunt était né à Philadelphie en 1934 et il a perdu ses deux parents à l’âge de six ans. À l’âge de huit ans il est parti en internat où il a étudié la Bible. Par la suite, il a trouvé différents emplois et a servi pendant quelques temps dans l’armée. Il a servi comme prêtre évangélique à partir de 1957. Il n’acceptait pas pour autant certaines croyances de la doctrine chrétienne.

En 1960, il a rencontré un musulman sunnite qui lui a remis un exemplaire du Saint Coran publié par la Jama’at. Le défunt lui a demandé qui étaient ceux qui avaient publié ce Coran : le sunni a répondu qu’ils ne sont pas musulmans mais que leurs ouvrages sont très bons. Grâce à cet individu, il a eu l’adresse du magasin d’un ahmadi. Là-bas il a vu la photo du Messie Promis (a.s.) et de l’Imam Al-Mahdi. On l’a informé à propos de son identité. Par la suite M. Bilal a embrassé l’Ahmadiyya et a prêché son message à Philadelphie en compagnie d’autres ahmadis.

Bilal Abdus Salam avait aussi l’ardent désir d’apprendre le Coran. Il voyageait pendant quatre heures tous les deuxièmes dimanches afin de partir à Pittsburgh pour accroître son savoir. Il a servi en tant que président de la Jama’at de Philadelphie et secrétaire Waqf-e-Jadid et pour l’éducation des nouveaux convertis au sein du comité central. Il avait aussi dédié sa vie et a travaillé à Baltimore pendant quelques temps en tant que missionnaire honoraire. Par la suite, il n’a cessé de prêcher le message de l’Ahmadiyya.

Il avait un amour sans bornes pour le Califat. Il était respectueux de la Nizam-i-Jama’at et faisait montre d’une obéissance indéfectible. Il avait toujours les yeux en larmes quand on évoquait les Califes.

Il a pu participer à la Jalsa Salana de Qadian en 1975.

La mosquée de Philadelphie est en construction ; il avait de grands espoirs à ce propos et il a aussi beaucoup entrepris en ce sens. Durant la construction, quotidiennement, il passait toute la journée dans la cabine sur le site. Il priait et il faisait de son mieux pour que la construction se termine dans les plus brefs délais.

On espère qu’Incha Allah sa construction sera complète. Son épouse était pasteur et n’était pas ahmadie. Or, ils étaient toujours en bons termes. Le défunt laisse derrière lui deux fils et deux filles. Un de ses fils, Umar Abdus Salam, a embrassé l’Ahmadiyya en 1993. Ses autres enfants ne sont pas ahmadis.

Abdullah Diba travaille comme missionnaire aux États-Unis. Il relate à propos du défunt : « Il était un membre très actif de la Jama’at des États-Unis. Il était d’une grande courtoisie, apprécié de tous, aimant et sincère. Il aidait tout le monde et était en tête de liste parmi ceux qui œuvraient pour la Jama’at. Il avait une relation spéciale avec les jeunes. Il faisait tout pour leur éducation morale et spirituelle et pour les protéger des maux de la société. Il a pu apporter des changements profonds dans la vie de plusieurs jeunes et les encourageait à suivre la bonne voie. Un nombre important de ces jeunes sont devenus des membres actifs de la Jama’at et de la société, grâce à l’éducation du défunt. » Lors de son hospitalisation il demandait qu’une copie du Coran soit toujours à son chevet. Quand il était tombé malade ici, il disait qu’Allah lui avait accordé une nouvelle vie et qu’il souhaitait compléter quelques-uns de ses tâches.

Tout comme je l’ai souligné, il avait un lien profond avec le Califat. Quand il venait me rencontrer, il avait un sourire merveilleux sur ses lèvres et de la sincérité et du dévouement brillaient de ses yeux.

Qu’Allah exalte son rang et qu’Il lui accorde son pardon et qu’Il permette à ses autres enfants d’embrasser l’Ahmadiyya.


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