Sermon du vendredi 26 mai 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife cité le verset 56 du chapitre 24 du Coran avant de déclarer :

La traduction de ce verset est comme suit : « Allāh a promis à ceux d’entre vous qui croient, et qui font de bonnes œuvres, qu’Il fera assurément d’eux des Successeurs sur la terre, tout comme Il a fait des Successeurs de parmi ceux qui les ont devancés ; et qu’Il établira assurément pour eux leur religion qu’Il a choisie pour eux ; et qu’Il leur donnera assurément en échange, après leur crainte, sécurité et paix : Ils M’adoreront, et ne M’associeront rien. Puis quiconque sera ingrat après cela, celui-là sera du nombre des rebelles. » (Le Saint Coran, chapitre 24, verset 56)

Comme on l’a compris à la lumière du thème de ce verset, Allah y promet aux musulmans que le Califat perdurera en islam : certes, en accord aux préceptes du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), en raison des actions des musulmans et de leur foi, ils seront privés de cette faveur pour un certain temps. Or, il est aussi dit, qu’en accord aux promesses divines, le système du califat sera établi de nouveau pour ceux qui sont fermes et qui suivent cette dernière religion parfaite. Le Califat, reposant sur les préceptes du prophétat, sera de nouveau établi dans le monde.

A cause de l’opinion erronée des oulémas musulmans à propos des préceptes du Coran, et du fait qu’ils n’ont pas compris la profondeur des dires du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), et en raison de leurs interprétations superficielles, la majorité des musulmans ne comprennent pas comment sera établi le système du califat. Une couche importante de musulman affirme que le califat n’est pas nécessaire et qu’il faut se contenter de suivre son école de pensée et rien de plus. La situation des musulmans et la mauvaise presse que connaît l’islam exige que l’on mène le même train quotidien, disent-ils.

Je connais l’Imam d’une mosquée, responsable d’une institution. Apparemment, il a une connaissance de la religion ; il réside ici en Occident et entretient de bonnes relations avec les Ahmadis et ne nous condamne pas. Il m’a dit ceci : « Les aînés de notre école de pensée nous ont conseillé ceci : « Ne critiquez point la religion d’autrui et n’abandonnez point la vôtre. »

Ceux qui se posent en érudits et qui entretiennent pareilles opinions, enseigneront à  leurs disciples qu’il n’y a aucune nécessité de s’unir sous la bannière d’un seul califat. Cela démontre, que, selon eux, les intérêts personnels et l’école de pensée auquel on appartient ont plus d’importance que les intérêts plus larges de l’Oummah (le peuple de l’islam) et que le fait de s’unir autour d’une seule main.

Quand on ne comprend pas le Saint Coran et qu’on ne réfléchit pas sur les dires du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), on arrive à cette situation. En évoquant le manque de connaissance des oulémas musulmans et leur ignorance, le Messie Promis (a.s.) déclare : « Certains rejettent la portée générale du verset

وَعَدَ اللَّهُ الَّذِينَ آَمَنُوا مِنْكُمْ وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ لَيَسْتَخْلِفَنَّهُمْ فِي الْأَرْضِ كَمَا اسْتَخْلَفَ الَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ

affirmant que Minkum ne s’applique qu’aux compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le Califat Bien-guidé et véridique se limitait à leur époque et il n’y aura plus trace de ce Califat, selon eux, jusqu’au jour dernier. En somme, tel un rêve éphémère, ce califat ne s’étalera que sur une période de trente ans. Ensuite, l’islam connaitra le malheur éternel – qu’Allah nous en préserve. Je leur demande : une personne imbue d’un caractère noble peut-elle croire que les bénédictions de la loi et du califat de Moise ont duré 1400 ans, mais les bénédictions du meilleur des Prophètes, dont la sharia durera jusqu’au jour dernier, seront limitées à son époque ? Dieu n’a-t-Il pas voulu que les exemples de ses bénédictions perdurent pour quelques temps grâce à ses Califes spirituels ? Je tremble quand j’entends pareil propos. Or, ils se disent musulmans, ceux qui énoncent pareils propos, avec ruse et effronterie, à savoir que les bénédictions de l’islam sont arrivées à terme après un certain temps. »

Ailleurs le Messie Promis (a.s.) a déclaré : « Si le Califat devait durer trente ans et que c’était là la durée de vie de l’islam, Allah l’Exalté avait le pouvoir d’accorder 30 ans de plus au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Atteindre l’âge de 93 ans n’est pas une chose extraordinaire. Pourquoi alors le Califat était-il aussi nécessaire ? »

Ainsi, d’aucuns entretiennent pareilles opinions. Le Messie Promis (a.s.) a décrit leur condition. Or, il existe aussi ceux qui, ivres de leur pouvoir, souhaitent établir leur propre Califat. Ils pensent que le Califat pourra être établi par la force. Ceux-là ne comprennent pas l’injonction divine claire stipulant que cette promesse à pour condition la foi et l’accomplissement de bonnes œuvres. Cette promesse a été faite à ceux qui sont les véritables adorateurs de Dieu.

En raison de cette opinion erronée qu’entretiennent les musulmans, les forces anti-islamiques ont pu mettre en place et aider des organisations constituées au nom du Califat afin d’affaiblir le monde musulman. Après avoir atteint leurs objectifs terrestres, ne recevant plus l’aide de leur maître ou ayant atteint le but de ces derniers, ce califat-là commence à péricliter. Trois ans de cela, en Irlande, un journaliste m’a posé la question suivante : « Il y a ce nouveau califat établi dans le monde musulman. Quelle en est la réalité ? Étant donné qu’il prend le l’ampleur, quel danger représente-t-il pour votre califat ? » Je lui ai répondu qu’il ne s’agit pas du califat véritable. Ce n’est qu’un groupe d’extrémistes à l’instar d’autres groupes du passé. Il connaitra la même fin que les autres groupes extrémistes. Ils seront à l’œuvre tant que leurs maîtres d’ici-bas seront satisfaits d’eux. Quand leurs maîtres retireront leur soutien, ils vont s’affaiblir peu à peu. Ils ne sont pas là pour fortifier la foi ou pour établir la paix. L’on a certes constaté qu’ils n’ont fait que détruire la paix dans le monde musulman. Ce n’était qu’un plan des forces anti-islamiques pour affaiblir le monde musulman ; et ils ont atteint leur objectif. Les leaders du monde musulman y ont apporté leur concours : ils ont massacré leur population pour se maintenir au pouvoir.

Jusqu’à présent, au lieu de s’offrir la paix mutuellement, les musulmans se terrorisent les uns les autres. D’ailleurs, ces gens sont en train de détruire la paix dans le monde non-musulman. Quelles qu’en soient les raisons, lorsqu’un musulman empli de compassion constate qu’un « musulman » est responsable du massacre d’innocents et de la destruction, son cœur est fort angoissé.

Quelques jours auparavant il y a eu un attentat ici au Royaume-Uni, plus précisément à Manchester : 22 à 23 personnes ont été tuées sans aucune raison, dont des enfants innocents. C’était là un acte des plus abominables, un acte que l’on ne peut, en aucune manière, attribuer à l’islam. Nous sommes forts désemparés face à pareilles atrocités. Qu’Allah accorde Sa miséricorde à ceux qui ont perdu la vie et qu’Il accorde patience aux membres des familles endeuillées et qu’Il arrête la main de ceux qui commettent ces actions au nom de l’islam et du Califat.

Les massacres, atrocités et actes de barbarie que nous voyons dans le monde musulman ont pour cause l’éloignement de la foi et le rejet des commandements divins.

Plus que les autres, nous les ahmadis, qui avons reconnus les véritables préceptes de l’islam prônant la paix et l’amitié, et qui avons vu notre crainte se transformer en paix en se liant au Califat, sommes les plus peinés face à ces actes contraires à l’islam, et ces atrocités commises en son nom, et face à ces bombardements aveugles et ces meurtres sans distinction que commettent les états musulmans avec l’aide de puissances étrangères. D’entre tous, nous ressentons la plus grande peine.

Cramponnés au Sceau des Califes et saisissant la portée réelle des préceptes du Coran et des dires du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), nous, les ahmadis, comprenons le mieux le sujet de la paix. L’on ne pourra établir le Califat par les moyens d’ici-bas ou en ayant recours à ses subterfuges, ou en réunissant des prétendus oulémas pour qu’ils passent des résolutions, comme ils l’ont fait quelques années de cela, en assemblant des musulmans afin qu’ils choisissent leur calife. Il n’en sera pas ainsi.

Le système du Califat transforme la crainte en sécurité et permet l’acquisition du plaisir divin afin de renforcer la foi : ce califat-là sera établi par le moyen énoncé par Allah l’Exalté et Son Prophète, moyen évoqué dans ce verset de la sourate Al-Jumu’ah :

وَآَخَرِينَ مِنْهُمْ لَمَّا يَلْحَقُوا بِهِمْ

À savoir, qu’Il enverra le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) parmi d’autres des leurs qui ne se sont pas encore joints à eux. Quand ce verset fut révélé, un compagnon qui était dans l’assistance demanda au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Ô envoyé d’Allah ! Qui sont ces personnes qui ne se sont pas encore joints à vos compagnons mais qui jouissent de leur statut ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne répondit pas immédiatement et lorsque le compagnon l’interrogea la troisième fois, il répondit en plaçant sa main sur Salman le Perse : « Si la foi devait monter jusqu’au ciel, certains des leurs la ramèneraient (sur terre) ! »

Au sujet du statut des Akharine le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara à une occasion : « Mon Oummah est bénite. J’ignore si c’est sa première ou sa dernière partie qui est la plus bénite. » 

Ainsi le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a donné la bonne nouvelle que les derniers temps seront glorieux. Pourra-t-on mériter les bénédictions des derniers temps en suivant les oulémas et les souverains d’ici-bas ? Certainement non. Ce sont des gens de ce monde. C’est en suivant celui qui a ramené la foi de nouveau sur terre que l’on pourra mériter ces bénédictions. Aujourd’hui hormis l’organisation instituée par le serviteur parfait du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), qui d’autre est en train de faire l’effort pour ramener la foi de nouveau sur terre ? Qui d’autre est en train de diffuser dans le monde le message de paix, d’amour et d’amitié que prône l’islam et qui est en train d’établir la foi dans le monde ?

En cette période de mécréance et d’athéisme, c’est la tâche qui incombe à la Jama’at du Messie Promis (a.s.) : et d’ailleurs elle est en train de l’accomplir.

Je suis au courant d’innombrables incidents et d’autres personnes en sont aussi au courant. De nombreux invités sont présents lors des conférences sur la paix et les Jalsas. Quand nous présentons notre message, qui est d’ailleurs celui de l’islam véritable, les autres musulmans, les chrétiens voire les athées affirment : « C’est là le message véritable de l’islam que doit connaître le monde. Si vous diffusez ce message de l’islam, tout le monde sera contraint de l’accepter. »

Voilà l’œuvre que nous devrons accomplir. C’est en se liant au Messie Promis (a.s.) et Mahdi Promis (a.s.), le Sceau des Califes que l’on pourra accomplir la tâche du renouveau de l’islam. Le Messie Promis (a.s.) a décrit le lien à établir entre les premiers et les derniers.

« La quintessence de ce verset est que Dieu a envoyé [Son] prophète à une époque où les gens étaient dénués de connaissance et de sagesse. »

« Afin mener le savoir et la sagesse de la foi à leur apogée et afin de reformer l’âme humaine tant en matière de conduite et en matière de connaissance, Il a suscité le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à cette époque. » Ce fut à une époque où toutes ces vertus avaient disparues.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « …les gens [à l’époque] se vautraient dans l’égarement et s’étaient écartés très loin de Dieu et de sa voie droite. Ce fut à cette époque que Dieu suscita Son prophète Ummi (illettré), qui a purifié leurs âmes et leur a accordé la connaissance du livre et la sagesse en abondance. »

« C’est-à-dire, qu’il les a menés vers le stade de la certitude grâce aux signes et aux miracles. »

Il leur a montré la manifestation du pouvoir divin et ils ont tant progressé dans la foi qu’ils ont atteint le stade de la certitude et la lumière de la connaissance divine les a éclairés.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Il est un autre groupe qui apparaitra durant les derniers temps. Dans un premier temps ils se trouveront dans les ténèbres et l’égarement : ils seront loin de la sagesse et de la certitude. Et Allah les vêtira du manteau des Compagnons. C’est-à-dire, qu’ils verront tout ce qu’on a montré aux Compagnons, tant et si bien que leur sincérité et leur certitude ressembleront à celles des Compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

Ainsi, le Messie Promis (a.s.) a fait naître en ses compagnons cette conviction et cette foi, et ces derniers ont consenti à des sacrifices afin qu’ils y atteignent la perfection ; ils sont sortis de ces ténèbres qui les entouraient, de l’égarement qui régnait dans le monde à une époque où les gens oubliaient ce qu’était l’islam. Le Messie Promis (a.s.) a auguré la renaissance de l’islam ; et ses compagnons, et en se cramponnant à lui, ont acquis la lumière de la religion et ont été témoins de centaines voire de milliers de signes, des signes qui ont été mentionnés dans nos livres.

Aujourd’hui encore, ils sont nombreux ceux qui ont vu la lumière en sortant des ténèbres. Ils se sont joints à la Jama’at Ahmadiyya en voyant des signes.

Le Messie Promis (a.s.) a dit à propos de ses disciples : « Grâce aux signes divins et les [incidents de] soutiens récents, ils ont acquis la lumière et la certitude qu’avaient connus les Compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ils ont enduré dans la voie d’Allah persiflages et outrages, railleries et vexations, brimades et ruptures familiales. »

À l’instar des compagnons, leurs proches ont rompu tout lien avec eux. Pareils incidents ne se limitent pas à l’époque du Messie Promis (a.s.) ou à ses compatriotes, à l’Inde et au Pakistan. Étant le serviteur du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), le Messie Promis (a.s.) avait pour tâche de réunir l’humanité sous une seule bannière et d’en faire les adorateurs de Dieu ; c’est pour cette raison que ses disciples, vivant en d’autres pays, ont subi ces souffrances et ces épreuves. Or, ils ont enduré toutes ces peines avec une grande patience et persévérance.

Nous avons devant nous l’exemple la Jama’at de l’Algérie, qui n’est pas très ancienne. Or, en ayant accepté le Messie Promis (a.s.) et s’étant joints aux Akhirine et en prouvant leur obéissance au Califat, par la grâce d’Allah, leur foi touche à présent les sommités. Nous pouvons estimer la foi et la certitude de ces prisonniers [ahmadis] à la lumière d’une lettre que j’ai reçue hier d’un des leurs. Il dit : « Je remercie Dieu des centaines de milliers de fois qui nous a accordé la faveur de l’islam véritable, celui qui a nous a accordé la vie, et nous a transformé en un mur solide soudé au plomb, engendrant entre nous de l’affection mutuelle pour la cause d’Allah et nous unissant sous la main du Calife. »

En s’adressant à moi, il dit : « Après mon incarcération dans la voie de Dieu, les frères ahmadis du pays tout entier sont tout joyeux du soutien divin. »

Il est emprisonné, mais se réjouit des faveurs divines.

Il ajoute : « Je vous transmet leurs salutations emplies d’amour et leurs requêtes de prières. Ils insistent tous pour continuer la tâche de la transmission du message de la vérité et de prier en ce sens. » Quel que soit l’ampleur des persécutions, nous allons continuer à transmettre la vérité, nous allons continuer notre mission et nous allons demander l’aide d’Allah en prière.

Il ajoute : « Cette épreuve a renforcé notre amour mutuel, notre fraternité, notre unité et notre amour pour le Califat. Grâce à cette épreuve nous avons vu de nos propres yeux des exemples de l’exaucement de vos prières. Allah nous a fait voir d’innombrables signes qui ont accru notre foi et notre conviction en la personne du Messie Promis (a.s.), le serviteur parfait du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Les faveurs d’Allah sont en train de pleuvoir sur les faibles ahmadis d’Algérie. »

Quelques prisonniers ont été libérés quelques jours auparavant. Qu’Allah fasse que tous les autres soient libérés dans les plus brefs délais.

Un autre prisonnier a écrit : « Lors de mon incarcération, j’ai été convaincu qu’Allah l’Exalté avait créé cette situation pour un but particulier. » 

C’est-à-dire le fait que nous soyons incarcérés, qu’on nous impose des peines, ou qu’on nous intente des procès.

« Allah nous a voulu nous montrer, grâce à ces épreuves, des miracles et des signes. Nous croyions avoir vu le visage de Dieu grâce aux victoires que nous avions connues quand nous étions libres : nous croyions avoir connu Sa voie. Or, nous avons compris à présent que nous n’avions pas vu grand-chose auparavant. Ayant vu Sa puissance, l’emprisonnement ne m’inquiète guère. Ma seule inquiétude était que j’avais ressenti que je ne m’étais pas acquitté de mes devoirs envers Allah et Son adoration. »

Il continue : « Pendant que j’étais emprisonné j’ai fait de nombreux rêves, qui m’ont grandement réconforté. » Il ajoute : « Je vous ai également rencontré dans mes rêves (en parlant de moi). Vos prières fortifiaient ma foi, et m’accordaient sérénité en prison. Sans aucun doute, ma libération est le fruit de vos prières et celles des personnes sincères de la communauté. » Il ajoute : « Veuillez prier pour ma femme, elle a fait preuve de beaucoup de patience et d’efforts. »

Seule sa femme est ahmadie ; tous les autres membres de sa famille ne sont pas ahmadis. Durant la période où il était en prison, le père de sa femme est décédé, et les frères de celle-ci ont coupé les ponts avec elle après avoir eu vent de son appartenance à l’Ahmadiyya. En effet lorsqu’ils ont su qu’elle était ahmadie ses frères l’ont abandonnée ; et son mari était de surcroît en prison.

Il ajoute : « Pendant que j’étais en prison, elle était également éloignée de ma famille. » Ils n’étaient probablement pas tous ahmadis non plus, elle est restée loin d’eux. Mais des femmes ahmadies sincères ont comblé ce manque par leur amour, et lui ont offert une nouvelle famille. Les siens l’ont abandonnée, mais la communauté Ahmadiyya l’a recueillie. Les hommes et femmes ont fait des sacrifices dans leurs cercles respectifs, et continuent à en faire. Comme l’a déclaré le Messie Promis (a.s.) en parlant de ses disciples : « Ils ont fait face à des difficultés, tout comme les Compagnons auparavant. »

Par la grâce d’Allah, cette nouvelle petite communauté en Algérie traverse solidement les épreuves auxquelles elle a à faire face. Ils font part de leur ressenti à travers ces deux lettres. Ils écrivent également que le système du Califat qui s’est mis en place après le Messie Promis (a.s.) est une source de grand soulagement pour eux. Les opposants ont entrepris des actions pour les intimider, mais Allah le Très-Haut, de par Sa grâce, et en raison du fait qu’ils sont restés attachés au Califat, transforme leurs difficultés en réconfort. Il y a de nombreux exemples illustrant comment Allah accorde le réconfort aux ahmadis.

A titre personnel, ou bien en tant que communauté, il nous arrive de traverser des périodes difficiles, et Allah l’Exalté conformément à Sa promesse accorde la tranquillité et la paix, et cela n’est pas restreint à une période ou à une époque particulière, comme je viens de l’illustrer à travers des exemples.

Allah a promis à ceux qui croient et qui font de bonnes œuvres, qu’il éloignera leurs appréhensions, mais en même temps Il rappelle constamment aux croyants qu’ils doivent L’adorer comme il se le doit. Nous allons sans aucun doute traverser des périodes d’appréhension, mais lorsqu’on adorera Allah comme il se le doit, ces situations de peur, que l’on traversera à titre individuel ou avec la communauté, seront alors transformées en des situations emplies de paix et de tranquillité en raison de notre lien avec le Califat, et avec Allah.

De plus, ces Ahmadis d’Algérie, hormis quelques-uns, n’ont jamais rencontré le Calife, mais en raison de l’intégrité de leur foi, Allah l’Exalté est en train de leur accorder la sérénité tout comme Il l’accordait aux disciples du Messie Promis (a.s.). On le voit également dans l’histoire de la communauté Ahmadiyya : à l’époque du Califat du premier Calife, Allah avait grandement réconforté les ahmadis.  

Grâce aux bénédictions du Califat qui a été mis en place après le Messie Promis (as), on a vu qu’à l’époque du deuxième Calife (ra) la situation était très délicate, mais Allah avait également accordé la tranquillité de cœur aux ahmadis. À l’époque du troisième Calife (ra) la communauté a fait face à des situations très difficiles, le leader du Pakistan déclara qu’il fera en sorte que les Ahmadis viennent à mendier, mais Allah avait de nouveau accordé l’aisance financière aux ahmadis. À l’époque du quatrième Calife (rh), Allah avait également accordé un grand réconfort, et aujourd’hui aussi Il continue à le faire.

Cela ne s’est pas uniquement appliqué à une région délimitée du monde, mais cela s’applique à tous les croyants qui restent fermement attachés au Califat qui a été initié par Dieu. Allah fait en sorte que toutes ces situations se produisent car Il avait promis au Messie Promis (as) qu’Il accomplirait sa mission après lui à travers la seconde manifestation de sa Puissance qu’est le Califat ; et Il fera ainsi de nouveau triompher l’islam, et Il accordera la tranquillité de cœur à ses disciples.

Ainsi, dans son livre Al-Wassiyah, prédisant son départ de ce monde et les progrès qu’obtiendra continuellement sa communauté à travers le Califat, le Messie Promis (as) écrit :

 « Donc, souvenez-vous, mes chers amis, que d’après une loi ancienne Dieu montre deux manifestations de Sa Puissance pour réduire à néant les faux plaisirs des adversaires des prophètes. Il n’est pas possible qu’Il oublie de le faire maintenant. Ne soyez pas affligés, ni tristes de ce que je viens de vous dire… » (Le Messie promis (as) rassure ses compagnons en leur annonçant son départ de ce monde), « …car il est nécessaire que vous assistiez à la deuxième manifestation de la puissance divine. Cela vaut mieux pour vous, car elle durera perpétuellement et sans interruption jusqu’au Jour du Jugement Dernier.  Cependant elle ne peut pas avoir lieu avant mon départ de ce monde, et, quand je serai parti, Dieu la manifestera pour vous pour toujours. C’est ainsi qu’Il me l’avait promis dans le Barahin-e-Ahmadiyya.

Cette promesse ne me concerne pas, mais bien vous. Il a dit : « Et Je ferai ceux qui ont cru en toi prévaloir jusqu’au jour du Jugement sur ceux qui t’ont renié. Il est donc nécessaire que vous voyiez le jour de mon départ, pour que vienne cette époque promise qui doit durer pour toujours. Notre Dieu est un Dieu Vrai et Fidèle ; Il tient Ses promesses, et Il vous fera voir tout ce qu’Il vous a promis.  

Quoique ces jours-ci soient les derniers de ce monde, et que beaucoup sont les afflictions qui doivent le visiter, il est nécessaire qu’il se conserve jusqu’à l’accomplissement de ces prophéties.  Je suis venu comme la puissance de Dieu sur la Terre, et je suis une personnification de la Puissance Divine, et après moi d’autres viendront qui seront la manifestation de Sa Deuxième Puissance. Attendez que cette deuxième manifestation ait lieu en priant tous ensemble. Il est nécessaire que les vertueux de chaque pays prient ensemble pour que le ciel fasse voir cette deuxième manifestation et que vous puissiez réaliser la grandeur du Seigneur, votre Dieu. Considérez votre mort comme étant proche car vous en ignorez l’heure. »

On devra donc faire face à des difficultés et des épreuves, mais in fine c’est notre communauté qui obtiendra la victoire Incha Allah.  

L’institution du Califat qui a été initiée à travers le Messie Promis (as) est une institution authentique, à laquelle sont liés tous les progrès et la paix mondiale. C’est grâce à cette institution que la supériorité de l’islam s’établira.

Par conséquent, le Messie Promis (as) déclare en nous informant de cette domination :

« D’après une ancienne loi divine qui date de la création de l’Homme, Dieu aide Ses Prophètes et Ses Messagers à atteindre l’objectif de leur mission avec succès et les fait prévaloir. Ainsi a-t-Il dit :

كَتَبَ اللَّهُ لَأَغْلِبَنَّ أَنَا وَرُسُلِي

Ici prééminence signifie qu’à l’instar des Prophètes et Messagers qui désirent voir établir sur Terre la Hujjat (preuve indéniable) de Dieu et Sa suprématie incontestée, de même Dieu, par des signes puissants, prouve leur véridicité. La droiture qu’ils répandent sur Terre ressemble à cette graine que Dieu leur donne à semer, mais qu’ils ne voient pas croître en arbre. Dieu les enlève vers Lui à une période incertaine de leur mission où les adversaires ont l’occasion de les railler et de les avilir. Après cette période d’humiliations, Dieu manifeste Sa Puissance en créant des circonstances qui conduisent à la réalisation parfaite de ces mêmes buts qui semblaient d’abord irréalisables.

Ainsi Dieu manifeste-t-Il Sa puissance de deux façons, la première durant la vie même de Ses prophètes, et l’autre après leur mort quand toutes sortes de difficultés entourent leurs mouvements encore naissants, quand leurs adversaires semblent avoir le dessus, sonnent le glas et croient dur comme fer que cette communauté est finie ; quand encore leurs propres disciples sont assaillis de doutes et commencent à perdre patience et courage, et quand enfin beaucoup de malheureux prennent le chemin de l’apostasie.

C’est dans ce moment aussi désespéré que Dieu manifeste la deuxième forme de Sa Puissance et relève le mouvement qui semble s’échouer. Celui qui patientera jusqu’à la fin assistera à ce miracle de Dieu. Il en fut ainsi au temps d’Abu Bakr As-Siddiqra lorsqu’on croyait la mort du Saint Prophètesaw prématurée, quand d’ignares bédouins du désert abjurèrent l’islam, tandis que les Compagnons étaient terrassés par la douleur. À ce moment là, Dieu éleva Hadrat Abu Bakr As-Siddiqra et manifesta Sa puissance une deuxième fois ; Il releva l’islam qui semblait s’écrouler et accomplit la promesse qu’Il fit, à savoir :

وَلَيُمَكِّنَنَّ لَهُمْ دِينَهُمُ الَّذِي ارْتَضَى لَهُمْ وَلَيُبَدِّلَنَّهُمْ مِنْ بَعْدِ خَوْفِهِمْ أَمْنًا

C'est-à-dire Nous les rétablirons après leur crainte. »

Certes le décès du Messie Promis (as) était un choc ; Allah de part Sa grâce a consolé la Jama’at grâce au premier calife. Si quelqu’un avait l’intention de causer des troubles il a été maitrisé tout de suite. Ensuite, après le décès du premier Calife, la Jama’at était de nouveau dans un état de choc ; certaines personnes à la tête de la Jama’at l’ont quittée et ont même rejeté le califat. En bref on passait par une période difficile et il y a beaucoup à dire à ce sujet mais qu’en fut le résultat ? Finalement c’est le califat qui a connu le succès, qui continue à marcher sur les voies du triomphe et qui ne cesse de parcourir les étapes.

Ensuite, nous arrivons à l’époque du troisième calife ; on a encore une fois observé une période difficile mais malgré cela Dieu nous a béni de par Sa grâce. Le gouvernement avait des plans dangereux mais il n’a pu faire obstacle au succès de la Jama’at. À l’époque du quatrième calife, le gouvernement pakistanais s’est montré encore plus dur mais encore une fois dans toutes ces difficultés, Dieu a réconforté les ahmadis. La Jama’at a continuellement progressé, de nouvelles voies se sont ouvertes pour le tabligh et grâce au satellite le message de l’islam a commencé à se propager à travers le monde entier. Ensuite, à l’époque du cinquième Calife de nombreuses voies se sont ouvertes pour la transmission du message.

Le message de l’Ahmadiyya fut ainsi transmis à des millions de personnes. L’opposition de la Jama’at n’est plus maintenant limitée à un ou deux pays : elle affecte plusieurs pays. C’est là l’un des signes de la véracité de l’Ahmadiyya et une preuve que la Jama’at est en train de progresser. Des efforts constants sont entrepris pour éloigner les gens de la Jama’at mais malgré cela Dieu, conforme à Sa promesse, continue à accorder le succès à la Jama’at. Toutes ces choses prouvent que peu importe les obstacles placés par nos ennemis, l’islam connaitra du succès grâce au Messie Promis (a.s.) et grâce à l’institution du califat établi après lui. Les opposants peuvent remuer ciel et terre, mais ils sont destinés à ne connaître que des échecs. Qu’Allah nous donne la possibilité de renforcer notre foi, de faire de bonnes œuvres et qu’Il nous aide afin que nos adorations atteignent de haut stade afin que nous fassions partie de ce progrès !

Après la prière du vendredi je vais diriger la prière funéraire de Chaudhry Hamid Ahmad Sahib fils de Chaudhry Muhammad Sulaiman Akhtar Sahib. Il résidait ici depuis environs sept ou huit ans. Il fut atteint du cancer et est décédé le 20 mai 2017 à l’âge de 42 ans.

Inna lillahi wa inna ilaihi raji‘oun.

Il était l’arrière-petit-fils d’un Compagnon du Messie Promis (as), Hazrat Chaudhary Maula Bakhsh Sahib. Il avait émigré accompagné de sa famille en Allemagne en 1990, où il a rendu de grands services à la Jama’at.

Il a occupé le poste de secrétaire de Tabligh ainsi que celui de Qaid Majlis au niveau local. Il a aussi eu la chance de servir en tant que secrétaire des affaires étrangères dans l’administration régionale. Il a eu l’occasion de servir dans le Majlis Khuddamul Ahmadiyya ainsi que dans l’administration régionale. Il a aussi eu l’opportunité de participer à la conférence annuelle de la Bosnie en tant que représentant de la communauté Ahmadiyya d’Allemagne. Il était passionné par le sport ainsi que par les étalages de Tabligh, un travail qu’il faisait avec rigueur et détermination. S’il n’y avait personne disponible pour l’aider il se débrouillait tout seul pour la tenue de ces étalages de tabligh.

En 2009, il a déménagé au Royaume-Uni. Il a servi ici en tant que Nazim Régional de Ta‘lim des Atfals ce qui a fait que les Atfals ont atteint un haut niveau . Comme je l’ai déjà mentionné, il était passionné par le Tabligh. Il a aussi occupé des postes au sein du Khuddamul Ahmadiyya et de l’Ansarullah.

Il servait bénévolement de manière permanente dans le bureau du secrétaire privé et nous a beaucoup aidé pour le tri du courrier. Il travaillait aussi dans la sécurité en tant que Khadim et moi j’ai parfois pensé qu’il n’effectuait pas d’autre travail. Toute la journée il restait près de la mosquée, mais il avait aussi son propre emploi. Il accordait du temps pour ce travail et consacrait des heures et des heures au bureau du secrétaire privé. Ainsi, il a aussi beaucoup servi au sein du Khuddamul Ahmadiyya.

Il était Moussi et il laisse derrière lui sa femme, une fille et quatre garçons. Son père est encore en vie. Son père, Salman Akhtar Sahib, écrit : « Mon fils était très fidèle envers moi. Il servait au sein de la Jama’at depuis son tout jeune âge. Il était constamment animé par le désir ardent de servir la religion. Il a profité au maximum de toutes les opportunités qui lui ont été accordées pour servir la religion.

Il accompagnait les enfants afin d’accomplir les prières en congrégation, à un tel point qu’à chaque fois qu’il se sentait mieux il le reprenait. Il a supporté avec grand courage sa maladie en phase terminale et a continué à travailler de son domicile en tant que secrétaire Waqf-e-Naw. Sa femme a aussi écrit qu’il avait une relation d’amis avec ses enfants et s’était toujours préoccupé de la bonne éducation des enfants. Elle écrit que depuis ces quinze années de mariage il n’a jamais parlé d’une voix haute.

Le Mohtamim du Royaume-Uni écrit : « Le défunt éprouvait un grand amour envers le Califat et l’administration de la Jama’at. Il mettait toujours en avant l’intérêt de la Jama’at. »

Il a été admis à l’hôpital deux ou trois fois, mais dès qu’il se sentait mieux il revenait travailler. Parfois on ne se rendait pas compte qu’il était malade. Durant la phase terminale de sa maladie il disait : Je regrette le plus de ne pas pouvoir aller à la mosquée pour prier.

L’un de ses amis écrit : « Il était un chauffeur de taxi comme moi. Un jour nous étions à la station de taxi et il était en première position de la file d’attente pour les clients, tandis que moi j’étais en deuxième position. C’était l’heure de la Salat et il est parti pour faire la prière alors quoi je suis resté là-bas dans l’espoir que je trouverais un client. Mais il est revenu en faisant la prière et c’est lui qui a eu le premier client après quoi j’ai appris une leçon qu’il faut sacrifier ses affaires mondaines pour la religion. » L’adoration de Dieu est essentielle, il faut la préférer sur toute chose. Il éduquait donc de ce fait ses compagnons de manière implicite. L’une de ses qualités particulières était qu’il venait en aide à tout le monde. L’un de ses amis écrit que même si on lui demandait de rendre un service à 2 heures du matin il disait qu’il le ferait.

Ataul Mujeeb Rashid Sahib écrit à propos des étalages de tabligh : « Le défunt était régulier dans ce travail avec un sourire au visage et en saluant tout le monde. » Il écrit : « Une fois j’ai demandé à propos de sa santé à un ami ; celui-ci m’a dit qu’il se sentait mieux aujourd’hui, car il est sorti pour faire le Tabligh. »

Qu’Allah lui accorde un haut rang au paradis et qu’Il lui accorde Sa miséricorde et qu’Allah fasse que ses enfants soient pieux et vertueux et qu’ils soient toujours attachés à l’institution du Califat.

Comme je l’ai déjà dit, je dirigerais la prière funéraire après la prière. Je sortirais afin de la diriger et vous devez former les rangées dans la mosquée.


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