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 Sermon du vendredi 01 janvier 2021, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta'awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Je mentionnais ‘Ali (r.a.) dans mes précédents sermons. Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) évoque en ces termes l’arrière-plan de son martyre : « Les choses ne s’étaient pas encore calmées quand les Kharijites ont décidé d’assassiner les personnalités les plus importantes afin de mettre fin aux troubles. [Trois] audacieux parmi eux ont promis de tuer ‘Ali, Mou’awiyah et ‘Amr Bin al-‘As le même jour et au même moment. L’assassin de Mou’awiyah a tenté de l’attaquer : mais son épée a raté sa cible et Mou’awiyah en est sorti légèrement blessé. L’assassin a été attrapé et tué par la suite. L’assassin d’Amr Bin al-‘As a lui aussi échoué : car ‘Amr, malade, n’était pas venu à la prière. L’assassin a attaqué [l’Imam] le remplaçant et l’a tué. Il a été attrapé et occis sitôt après. L’assassin d’Ali a assailli celui-ci lorsqu’il s’est mis debout pour accomplir la prière du matin. Il a été grièvement blessé. En l’attaquant, l’assassin a lancé : « Ô ‘Ali ! Tu ne mérite pas une obéissance indéfectible. Ce droit revient uniquement à Allah ! »

Or, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait prophétisé le martyre d’Ali. ‘Oubaydoullah relate que l’Envoyé d’Allah (s.a.w) avait dit à ‘Ali : « Ô ‘Ali ! Veux-tu que je t’informe à propos des deux plus grands infortunés parmi les premiers et les derniers ? » Il a répondu : « Allah et son Prophète savent le mieux. » L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a alors dit : « Le plus infâme parmi les premiers est celui qui avait tranché les jarrets de la chamelle de Salih. Ô ‘Ali ! Le plus infâme parmi les derniers sera celui qui te frappera de sa lance. » Et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a indiqué l’endroit où il sera frappé.

Oumm Ja’far, la domestique d’Ali, relate : « Je versais de l’eau dans les mains d’Ali quand il a soulevé sa tête : il a ensuite attrapé sa barbe et l’a soulevée jusqu’à son nez. En s’adressant à sa barbe il a déclaré : « Félicitations à toi ! Tu seras certainement teinte de sang. » Il est tombé en martyr un vendredi. »

Voici un récit de son martyre. Ibn Hanafiyyah relate : « Hassan, Houssayn et moi-même étions dans le hammam quand Ibn Mouljam est passé tout près de nous. Quand il est entré, les deux Hassan ont exprimé leur dégoût à son égard et ils ont dit : « Quel audace de te présenter devant nous ! » Je leur ai dit : « Ne discutez pas avec lui. Par Dieu ! Ses intentions à votre sujet sont des plus épouvantables. » Ibn Mouljam a été fait prisonnier après son attaque contre ‘Ali. Ibn Hanafiyyah a déclaré : « J’avais très bien compris [ses intentions] le jour où il est passé à côté de nous dans le hammam. » ‘Ali a dit à son sujet : « C’est un prisonnier ; traitez-le bien et honorez-le. Si je reste en vie, je le tuerai ou je le pardonnerai. Si je meurs tuez-le pour me venger mais n’outrepassez pas les limites. Certainement, Allah n’aime pas ceux qui outrepassent les limites. »

Qousm, l’esclave affranchi d’Ibn ‘Abbas, relate : « ‘Ali a consigné ceci dans ses dernières volontés à l’intention de mon fils : « Ne frappez pas Ibn Mouljam au ventre ou dans les parties privées avec une lance. »

On raconte que trois noms ont été choisis parmi les Kharijites : « ‘Abd Al-Rahman Bin Mouljam al-Mouradi, appartenant à la tribu des Himir, faisant partie de la tribu de Mourad qui était l’alliée de la famille Qinda des Banou Jabalah ; Bourk Bin ‘Abdillah al-Tamimi ; et ‘Amr Bin Boukayr al-Tamimi. Ces trois [assassins] se sont réunis à La Mecque promettant de tuer ‘Ali Bin Abi Talib, Mou’awiyah Bin Abi Soufyan et ‘Amr Bin al-‘As. » Hazrat Mouslih Maw’oud a évoqué ces trois noms.

« Ils ont promis d’affranchir le peuple de ces trois individus. ‘Abd Al-Rahman Bin Mouljam a déclaré : « Je tuerai ‘Ali Bin Abi Talib. » Bourk a déclaré : « Je tuerai Mou’awiyah. » ‘Amr Bin Boukayr a dit : « Je vous libérerai d’Amr Bin al-‘As. » Par la suite, ils ont fait un serment solennel et se sont promis qu’ils assassineront certainement leur cible. Ils iront jusqu’au bout de leur mission et tueront leur victime ou offriront leur vie et ne retourneront pas. » Ils avaient choisi la nuit du 17e Ramadan pour accomplir cette tâche. Ensuite chacun d’entre eux est parti vers la ville où se trouvait sa victime. » ‘Abd Al-Rahman Bin Mouljam est arrivé à Koufa où il a rencontré ses amis Kharijites : mais il ne leur a pas dévoilé son objectif. Il partait à leur rencontre et ils venaient le voir. Un jour il a vu un groupe de gens appartenant à la tribu Taymour Ribab : il s’y trouvait une femme nommée Qitam Bint Chijna Bin ‘Adi. ‘Ali avait tué son père et son frère lors de la bataille de Naharwan. Cette femme plaisait à Ibn Mouljam et il lui a demandé sa main. Elle lui a répondu : « Je me marierai avec toi quand tu me donneras ta parole. » Ibn Mouljam lui a dit : « Je t’offrirai ce que tu me demanderas. » Elle lui a répondu : « Trois mille [dirhams] et la vie d’Ali Bin Abi Talib. » Ibn Mouljam a dit : « Par Allah ! Je suis venu dans cette ville pour le tuer ! Je t’offrirai certainement ce que tu m’as demandé. » Ensuite Ibn Mouljam est parti à la rencontre de Chabib Bin Bajra al-Achja’i et l’a informé de ses intentions ; et il lui a demandé de rester avec lui. Chabib a accepté. La veille de l’assassinat d’Ali, ‘Abd Al-Rahman Bin Mouljam a passé la nuit à bavarder dans la mosquée d’Ach’ath Bin Qays al-Qindi. Avant l’aube, Ach’ath lui a dit : « Lève-toi, c’est le matin. » ‘Abd Al-Rahman Bin Mouljam et Chabib Bin Bajra al-Achja’i se sont mis debout : ils ont pris leurs épées et se sont positionnés face à la place d’où sortait ‘Ali.

Hassan Bin ‘Ali relate : « Je me suis rendu chez ‘Ali tôt le matin et je me suis assis. Il m’a dit : « J’avais gardé ma famille éveillée toute la nuit. Puis le sommeil s’était emparé de moi tandis que j’étais assis. J’ai vu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans un rêve. Je lui ai dit : « Je suis confronté à une forte malhonnêteté et de grandes discordes au sein de votre Oummah ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Implore Allah contre eux. » ‘Ali a prié : « Ô Allah, offre-moi à leur place ceux qui sont meilleurs qu’eux et offre-leur à ma place ce qui est pire que moi. »

Ibn Nabah, le muezzin, est venu et a dit : « C’est l’heure de la prière. » Hassan relate : « J’ai pris la main d‘Ali (r.a.). Il s’est levé et a commencé à marcher. Ibn Nabah était devant lui et que j’étais derrière lui. Quand ils ont traversé la porte, il a annoncé : « Ô gens ! La Salat ! La Salat ! » Il le faisait tous les jours : un fouet à la main il réveillait les gens en frappant les portes.

Les deux assaillants sont apparus devant lui. L’un des témoins déclare : « J’ai vu l’éclat de l’épée et j’ai entendu quelqu’un dire : « O ‘Ali, le commandement appartient à Allah et pas à toi ! » Ensuite, j’ai vu la deuxième épée. Tous deux l’ont attaqué. L’épée d’Abd al-Rahman bin Mouljam l’a touché au front et a atteint son cerveau. Mais l’épée de Chabib a frappé la porte. J’ai entendu ‘Ali dire : « Ne les laissez pas s’enfuir. » Les gens les ont entourés. Chabib a pu prendre la fuite tandis qu’Abd al-Rahman bin Mouljam a été attrapé et présenté à ‘Ali.

‘Ali a déclaré : « Nourrissez-le bien et donnez-lui un lit moelleux. Si je vis, je serai plus digne de lui pardonner ou de me venger ; et si je meurs, tuez-le et envoyez-le avec moi. Je me querellerai avec lui devant le Seigneur des mondes. »

C’est-à-dire que je présenterai son cas à Dieu.

Quand il était sur le point de mourir, ‘Ali a présenté [ses dernières volontés] dans son testament en ces termes : « Au nom d’Allah, le Gracieux, le Miséricordieux. Telle est la volonté d’Ali ibn Abi Talib. Je témoigne qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah, l’Unique, sans partenaire ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Messager envoyé avec la direction et la religion de la vérité par Dieu, afin qu’Il puisse la faire prévaloir sur toutes les religions, même si cela déplaît aux polythéistes. Certainement ma prière et mon sacrifice et ma vie et ma mort sont consacrés à Allah, le Seigneur des mondes, Celui qui est sans partenaire. Tel est le commandement que j’ai reçu et je suis du nombre des obéissants.

Ô Hassan ! Je t’exhorte, toi, tous mes enfants et toute ma famille, de craindre Allah votre Seigneur et de quitter ce monde dans un état d’islam (de soumission à Dieu). Cramponnez-vous tous à la corde d’Allah et ne soyez pas divisés, car j’ai entendu Aboul-Qasim (s.a.w.) affirmer que rétablir les liens est meilleur que les prières surérogatoires et le jeûne. »

C’est là un point très important qu’il ne faut pas oublier.

« Rétablir les liens est meilleur que les prières facultatives et le jeûne. »

Vivre dans la concorde et rétablir les liens sont des vertus importantes.

Il ajoute : « Vous devriez vous occuper de tous vos proches et les traiter avec bonté. Ce faisant, Allah facilitera le règlement de vos comptes. Craignez Dieu concernant les orphelins : ne les poussez pas à vous demander de l’aide et ne les abandonnez pas à la perdition. Craignez Allah concernant les droits des voisins parce que telle est la volonté de votre Prophète (s.a.w.). Il a toujours mis l’accent sur leurs droits, tant et si bien que nous pensions que le Prophète (s.a.w.) allait les inclure parmi les héritiers. Craignez Allah en ce qui concerne le Coran : mettez ses enseignements en pratique de peur que les autres ne vous dépassent à cet égard. Craignez Allah en ce qui concerne la Salat : c’est un pilier de votre religion. Craignez Allah en ce qui concerne la maison de votre Seigneur, et ne la laissez pas vide tant que vous vivrez, car si elle est laissée vide, vous n’en aurez plus de pareille. Craignez Allah et luttez dans Sa voie avec votre vie et votre richesse. Craignez Allah en ce qui concerne la Zakat parce qu’elle apaise la colère d’Allah. Craignez Allah eu égard à la responsabilité de votre Prophète. Ne lésez personne.

Craignez Allah concernant les compagnons de Son Prophète (s.a.w.) parce qu’il a présenté ses volontés à leur sujet. Soyez attentifs quant à vos devoirs envers les pauvres et les nécessiteux, et faites-leur partager votre nourriture. Craignez Dieu aussi concernant ceux que vos mains droites possèdent. »

C’est-à-dire, craignez Dieu concernant ceux qui sont sous votre responsabilité.

« Protégez la Salat ! Protégez la Salat ! Protégez la Salat ! Pour la cause d’Allah, ne craignez pas que quiconque vous blâme. »

Le plaisir d’Allah Tout-Puissant doit être votre priorité. Cela est très important.

« Allah vous suffira contre celui qui vous veut du mal et se rebelle contre vous. Et parlez avec bonté au peuple, comme Allah vous l’a commandé. N’abandonnez pas l’habitude d’enjoindre le bien et d’interdire du mal, sinon les méchants parmi vous prendront le pouvoir. » Il s’agit d’un point très important : enjoindre le bien et interdire le mal.

« Adhérez toujours à ces principes et ne les abandonnez jamais, sinon les méchants parmi vous deviendront vos dirigeants. » Telle est hélas la condition des pays musulmans aujourd’hui.

« Alors vous prierez mais vos supplications ne seront pas exaucées. Tissez des liens mutuels et servez-vous les uns les autres sans faire de formalités. Attention ! Ne laissez pas croître l’inimitié entre vous : ne brisez pas vos liens et ne semez pas la zizanie. Coopérez dans la bonté et la piété, et ne coopérez pas dans le péché et la désobéissance. Craignez Dieu ! Certainement Allah est sévère en ce qui concerne le mal. Ô membres honorables de la famille du Prophète ! Qu’Allah vous protège et protège votre Prophète (s.a.w.) à travers vous. »

C’est-à-dire : que le Messager d’Allah (s.a.w.) vive à jamais grâce à votre bon exemple.

« Je vous confie à Allah et vous envoie la paix et les bénédictions d’Allah. »

Abou Sinan relate qu’il a visité ‘Ali après l’attentat contre sa personne. Je lui ai dit : « Ô Emir des Croyants ! Nous sommes très inquiets en raison de votre blessure. » ‘Ali a déclaré : « Par Allah ! Je ne me soucie guère de ma personne. Car le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, le véridique, m’a dit que je serai blessé dans tel ou tel endroit. Il a indiqué sa tempe et a dit : « Le sang en coulera, tant et si bien que ta barbe sera colorée. Le plus misérable de cette Oummah commettra cet acte, tout comme le plus misérable du peuple de Thamoud avait tranché les jarrets de la chamelle. »

Selon un récit, ‘Ali a dit à propos de son assassin, Ibn Mouljam : « Si je meurs, tuez-le, mais ne mutilez pas son corps. Si je survis, je déciderai de lui pardonner ou non. »

Hazrat Mouslih Maw’oud explique : « Selon les chroniques, un homme a attaqué le Calife ‘Ali (r.a.) avec un poignard. Il a fendu son abdomen ; et l’assassin a été appréhendé. »

Il écrit ici que l’assassin lui avait ouvert l’abdomen. ‘Ali (r.a.) avait aussi une blessure à la tête. Peut-être qu’il a été blessé à l’abdomen. Ou peut-être que c’était là une expression idiomatique utilisée par le Mouslih Maw’oud (r.a.). En tout cas la plupart des récits évoquent un traumatisme crânien.

« Quand l’assaillant a été capturé, les compagnons ont demandé à ‘Ali ce qu’ils devaient faire de lui. Il a convoqué l’Imam Hassan et lui a dit : « Si je meurs, prenez sa vie pour la mienne. Mais si je survis, ne le tuez pas. »

‘Amr Dhi Mour raconte : « Je me suis présenté à ‘Ali après qu’il ait été blessé par l’épée. Il s’était pansé la tête. J’ai dit : « Ô Commandeur des Fidèles ! Montrez-moi votre blessure. » Il a ouvert le chiffon recouvrant la plaie et j’ai commenté que la blessure était légère. Il a dit : « Je vais vous quitter. » Sur ce, sa fille Oumm Koulthoum s’est mise à pleurer derrière le rideau. Il lui a dit : « Calme-toi ! Si tu voyais ce que je vois, tu ne pleurerais pas. » J’ai demandé : « O Emir des Croyants ! Qu’est-ce que vous voyez ? » Il m’a dit : « Une délégation d’anges et de prophètes. Voici Muhammad (s.a.w.), l’Envoyé d’Allah, qui dit : « O ‘Ali, réjouis-toi car l’endroit où tu te rends est meilleur que celui où tu te trouves. »

Selon un récit, quand ‘Ali a terminé son testament, il a déclaré : « Je vous dis à tous : « Assalamou ‘Alaikoum Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouh ! ». Ensuite il n’a rien dit sauf : « La ilaha ill-Allah. » Et il a rendu l’âme.

Après la mort d’Ali ibn Abou Talib, Hassan ibn ‘Ali s’est tenu sur la chaire et a déclaré : « Ô Gens ! Cette nuit est décédée celui que personne n’a pu dépasser dans le passé. Et personne ne jouira de son statut à l’avenir. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’envoyait en expédition, Gabriel était à sa droite et Michael à sa gauche ; et il ne revenait pas avant qu’Allah ne lui eût accordé la victoire. Il n’a laissé en héritage que sept cents dirhams : il avait l’intention d’acheter un esclave ; et son âme a été prise la même nuit que celle de Jésus est montée au ciel, c’est-à-dire la nuit du vingt-septième du Ramadan. » »

Selon un autre récit ‘Ali est tombé en martyr la nuit du 17 Ramadan en l’an 40 de l’Hégire. C’était l’année 40 de l’Hégire et son califat a duré quatre ans, huit mois et demi.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) relate : « Selon le troisième volume d’Al-Tabaqat d’Ibn Sa’d, l’Imam Hassan a dit à propos du martyre d’Ali (r.a.) : « Ô Gens ! Aujourd’hui nous a quitté celui dont les accomplissements étaient méconnus parmi ses devanciers et le seront parmi ses successeurs. Quand le Prophète (s.a.w.) l’envoyait combattre, Gabriel était à sa droite et Michael à sa gauche. Il ne revenait pas sans la victoire et il n’a légué que sept cents dirhams, avec lesquels il avait l’intention d’acheter un esclave. Et il est mort la nuit durant laquelle l’âme de Jésus fils de Marie a été emmenée au ciel, c’est-à-dire le 27e jour du Ramadan. »

Les deux fils d’Ali et ‘Abdoullah bin Ja’far ont lavé sa dépouille. Son fils, Hassan, a dirigé sa prière funéraire et a énoncé quatre Takbirât. On l’a enseveli dans un linceul composé de trois vêtements sans chemise. Son enterrement a eu lieu à l’aube. On dit qu’Ali disposait d’une partie du musc béni utilisé pour parfumer la dépouille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). ‘Ali souhaitait qu’on utilise ce musc sur la sienne.

Il existe des différends sur son âge au moment de sa mort. Certains disent qu’il avait 57 ans, d’autres 58 ans, 65 ans ou 63 ans. Mais selon la majorité [des savants], les récits évoquant l’âge de 63 ans sont plus authentiques.

La question se pose également de savoir où se trouve la sépulture d’Ali. Il existe divers rapports dans les recueils d’histoire à ce sujet. [Selon un récit] ‘Ali a été enterré à Koufa durant la nuit et son enterrement a été tenu secret. ‘Ali a été enterré dans la Grande Mosquée de Koufa [selon un autre récit]. L’Imam Hassan et Imam Houssayn auraient transféré le corps d’Ali à Médine pour ensuite l’enterrer à Baqi’près de la tombe de Fatimah. Selon un autre récit, tous deux ont placé la dépouille d’Ali dans un coffre et l’ont mise sur un chameau qui s’est égaré et a été capturé par la tribu de Tay. Ils croyaient que la boite contenait quelque butin. Ils l’ont ouvert et n’ont pas reconnu le cadavre. Ils ont enterré le corps avec le cercueil et personne ne sait donc où se trouve la tombe d’Ali.

Selon un autre rapport, Hassan aurait enterré ‘Ali (r.a.) dans une pièce de la famille de Jadah bin Khoubayrah à Koufa. On dit que Jadah était le petit-fils d’Ali.

L’imam Jafar al-Sadiq déclare que les funérailles d’Ali (r.a.) se sont déroulées la nuit et qu’il a été enterré à Koufa ; et que l’emplacement de sa tombe a été tenu secret, mais qu’il était près du palais du gouverneur.

Selon un autre récit, après la mort d’Ali (r.a.), l’Imam Hassan a dirigé ses prières funéraires et il a été enterré à l’extérieur de Koufa et l’emplacement de sa tombe a été tenu secret de peur que les Kharijites et les autres ne la profanent. Certains chiites disent que la sépulture d’Ali (r.a.) se trouve à Najaf à l’endroit qu’on appelle à présent Machhad Al-Najaf. Selon un autre récit ‘Ali (r.a.) est tombé en martyr à Koufa, mais l’emplacement de sa tombe est inconnu. Après la mort d’Ali (r.a.), l’Imam Hassan a dirigé ses prières funéraires et ‘Ali (r.a.) a été enterré au Dar Al-Amara de Koufa, de peur que les Kharijites ne profanent sa dépouille.

Selon ‘Allama Ibn Athir, cette narration est bien connue. Le récit disant que sa dépouille a été placée sur une monture et qu’on ignore où se trouvait l’animal n’est pas correct. Il s’agit là d’une exagération. Ce récit n’est pas avéré : ni l’intelligence ni la charia ne le justifient. La majorité des ignorants qui croient que la sépulture d’Ali (r.a.) se trouve à Machhad Al-Najaf n’en ont aucune preuve. Cela n’est pas vrai : on dit qu’il s’y trouve la tombe de Moughirah bin Chou’bah. Imam Ibn Taymiyyah dit que les savants s’accordent à dire que l’endroit appelé Machhad à Najaf n’accueille pas la tombe d’Ali (r.a.) mais celle de Moughirah bin Chou’bah. Malgré leur règne à Koufa pour plus de trois cents ans les Ahl al-Bayt, les chiites et autres musulmans n’ont jamais mentionné qu’il s’agissait de la tombe d’Ali (r.a.). Trois cents ans après le martyre d’Ali (r.a.), ce lieu a été nommé Machhad ‘Ali. Il est complètement faux d’affirmer que cette tombe appartient à ‘Ali.

‘Allama Ibn Al-Jawhzi dans son recueil d’histoire a présenté divers détails sur la tombe d’Ali (r.a.). Après avoir énuméré les récits mentionnés ci-dessus, il est écrit : « Allah sait le mieux quelle déclaration est la plus exacte. »

Voici la mention des mariages d’Ali (r.a.) et de ses descendants. ‘Ali (r.a.) avait huit épouses à des moments différents dont voici les noms : Fatima fille du Messager d’Allah (s.a.w.), Khawlah bint Ja’far bin Qays, Laylah bint Mas’oud bin Khalid, Oumm Al-Banin bint Houzam bin Khalid, Asmaa bint Oumays, Sahaba Oumm Habib bint Rabi’ah, Oumamah bint’Abil ‘As bin Rabi’– cette dernière était la fille de Zaynab, fille du Prophète, et la petite-fille du Saint Prophète – et Oumm Sa’id bint Urwat bin Mas’oud al-Thaqafi. Allah lui a accordé de nombreux enfants de ces mariages dont le nombre est supérieur à trente : quatorze garçons et dix-neuf filles. Les fils qui ont perpétué sa descendance sont : Hassan, Houssayn, Muhammad bin Hanafiyyah, ‘Abbas bin al-Koulabiyyah et ‘Amr bin al-Toughlabiyyah.

Voici les récits sur les vertus et les qualités d’Ali (r.a.). Ibn ‘Abbas raconte que le Prophète (s.a.w.) a dit : « Je suis la ville du savoir et ‘Ali en est la porte. Quiconque qui souhaite visiter la ville doit passer par la porte. »

Hazrat Mouslih Maw’oud relate qu’Ali (r.a.) a dit : « Abou Bakr (r.a.) était le plus courageux et le plus brave des compagnons. Lors de la bataille de Badr, lorsqu’on a construit une plate-forme séparée pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), la question s’est posée de savoir qui devra assurer la protection du Messager d’Allah (s.a.w.). Abou Bakr s’est immédiatement présenté avec son épée dégainée. Il a courageusement assuré sa protection face à ces grands dangers.

De même, il est rapporté dans les hadiths que le Saint Prophète (s.a.w.) a dit un jour : « Je suis la ville du savoir et ‘Ali en est la porte. » Ainsi, le Prophète (s.a.w.) déclara qu’Ali était l’un des savants, mais au moment le plus critique de la bataille de Khaybar, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui confia le drapeau de l’Islam. Cela démontre que les savants n’étaient pas des lâches à l’époque du Saint Prophète (s.a.w.) mais étaient les plus courageux d’entre tous. Le Mouslih Maw’oud a relaté cet incident en évoquant la bravoure des savants.

‘Ali (r.a.) raconte : « Il fut un temps où j’attachais une pierre sur mon estomac à cause de la faim ; or aujourd’hui mes aumônes, c’est-à-dire ma Zakat, ont atteint quatre mille dinars. » Un autre récit mentionne quarante mille dinars. Abou Bahr raconte par l’un de ses professeurs qu’il avait vu ‘Ali (r.a.) porter un manteau épais. Il a déclaré : « Je l’ai acheté pour cinq dirhams. Je le vendrai à celui qui m’en offrira un dirham de plus. »

Le narrateur relate : « J’ai vu un sac contentant quelques dirhams en la possession de ‘Ali (r.a.). Il a dit : « C’était notre provision restante de la propriété de Yanbou’. »

Yanbou’est un hameau situé à 7 manzils (226 km) de Médine sur la côte. « Allah est le Roi » était inscrit sur l’anneau d’Ali (r.a.).

Joumay Ibn ‘Oumayr raconte : « Je suis parti voir ‘Aïcha en compagnie de ma tante. Elle lui a demandé qui était la personne la plus chère aux yeux du Prophète (s.a.w.). ‘Aïcha a répondu : « Fatimah. » Ensuite, elle lui a demandé : « Et parmi les hommes ? » Elle a répondu : « ‘Ali (r.a.) son mari. »

Tha’labah ibn Abi Malik raconte : « Sa’d ibn ‘Oubadah était le porte-étendard du Saint Prophète (s.a.w.) dans chaque champ de bataille. Mais au moment du combat, ‘Ali ibn Abi Talib tenait le drapeau. »

Un homme de la tribu de Thaqif a déclaré : « ‘Ali (r.a.) m’avait nommé gouverneur de la région de Sabour, (en Perse, située à environ cent miles [160 km] de Shiraz). Il m’a dit : « Ne fouette personne pour réclamer ne serait-ce qu’un dirham d’impôt. Ne cherche pas à prélever la subsistance du peuple. En hiver comme en été, ne cherche pas à prélever leurs vêtements. »

C’est-à-dire, ne leur imposez pas de si lourds impôts qu’ils n’ont plus rien à porter.

« Ne leur réclame pas l’animal qu’ils utilisent pour le travail. Ne réclame pas, à cor et à cri, un dirham. »

C’est-à-dire qu’il ne fallait pas mettre personne en difficulté en lui imposant la jizyah.

J’ai répondu : « Ô Emir des Croyants ! En ce cas, je reviendrai les mains vides comme je pars les mains vides. Je ne trouverai rien. » ‘Ali (r.a.) a dit : « Bonne chance à toi ! Oui, même si tu reviens les mains vides. [Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] nous a ordonné de ne prélever que les excédents des richesses d’autrui. »

Ibn ‘Abbas raconte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit à ‘Ali : « Tu es mon frère et mon compagnon. »

‘Ali ibn Rabi’ah relate : « J’étais présent avec ‘Ali (r.a.) quand on lui a apporté une monture. Quand il a mis son pied dans l’étrier, il a prononcé Bismillah trois fois. Lorsqu’il s’est assis sur le dos, il a dit : « Louange à Allah ! » Puis il a dit : « Louange à Allah ! Gloire à Celui qui nous l’a soumis quand nous n’avons pas pu le faire, et nous retournerons sûrement vers notre Seigneur. » Puis il a dit Alhamdoulillah trois fois et Allahou Akbar trois fois. Puis il a récité la supplication :

سبحانک انی قد ظلمت نفسی فاغفرلی فانہ لا یغفر الذنوب الا انت

C’est-à-dire : « Tu es pur. J’ai sûrement nui à mon âme. Alors pardonne-moi, car personne ne peut pardonner les péchés sauf toi. » Ensuite il a souri.

Le narrateur lui a demandé : « O Emir des croyants ! Pourquoi souriez-vous ? » Il a dit : « J’ai vu le Messager d’Allah en faire de même. » Puis il a souri et je lui ai demandé : « Ô Messager d’Allah, pourquoi avez-vous souri ? » Il a répondu : « Certainement ton Seigneur est très content de Son serviteur lorsqu’il dit : « Ô Mon Seigneur pardonne-moi. Car personne ne peut pardonner les péchés sauf Toi. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a souri pour cette raison.

Yahya ibn Yamour relate : « Une fois ‘Ali ibn Abi Talib s’est adressé au rassemblement. Après avoir loué Allah, il a dit : « Ô peuple, les gens avant vous ont péri uniquement en raison de leurs péchés. Les gens pieux et leurs savants ne leur ont pas interdit le mal : puis, lorsqu’ils ont dépassé les limites dans la transgression, ils ont été saisis de divers châtiments. Alors, enjoignez-le bien et interdisez mal avant qu’un mal similaire ne vous frappe. Rappelez-vous qu’enjoindre le bien et interdire le mal ne réduira pas votre subsistance ni ne vous rapprochera-t-il de la mort. »

Jabir (r.a,) relate : « Une fois nous étions avec le Prophète (s.a.w.) dans la maison d’une femme Ansarie qui l’avait convié pour un repas. Le Prophète (s.a.w.) a dit : « Un homme du Paradis entrera bientôt. » Abou Bakr al-Siddiq (r.a.) est entré et nous l’avons félicité. Puis le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit de nouveau : « Un homme du Paradis entrera. » ‘Oumar est entré et nous l’avons félicité.

Pour la troisième fois il a déclaré : « Un homme du Paradis entrera. »

Le rapporteur commente : « J’ai vu que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait caché sa tête sous un petit dattier tout en priant : « Ô Allah ! Si Tu le souhaites, qu’Ali se présente. » ‘Ali est entré et nous l’avons félicité.

Anas rapporte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Le paradis souhaite accueillir trois hommes : ‘Ali, ‘Ammar et Salman. » Abou ‘Outhman al-Nahdi relate qu’Ali a dit : « Une fois que le Messager d’Allah me tenait la main et nous avons traversé une rue de Médine et avons atteint un jardin. J’ai dit : « Ô Envoyé d’Allah (s.a.w), comme ce jardin est beau ! » Le Prophète (s.a.w.) a dit : « Un jardin encore plus beau t’est réservé au Paradis. »

‘Ammar ibn Yasir raconte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (s.a.w.) dire à ‘Ali : « Ô ‘Ali, Allah t’a accordé la meilleure des vertus qu’Il puisse offrir à Ses serviteurs : le désintérêt pour ce monde. Allah t’a créé de telle façon que tu ne prends rien du monde et que le monde ne t’enlève rien. »

C’est-à-dire que tu ne souhaites rien de ce monde et les gens avides de ce monde ne souhaitent pas se lier avec toi.

« De plus, Allah a insufflé en toi l’amour des pauvres. Ils sont heureux de faire de toi leur Imam et tu es heureux de faire d’eux tes disciples. Bienheureux est celui qui t’aime et dit la vérité sur toi. Détruit soit celui qui te hait et ment sur toi. Ceux qui t’aiment et disent la vérité sur toi seront tes voisins au Paradis et tes compagnons dans ton palais. Quant à ceux qui te haïssent et mentent à ton sujet, Allah a promis de les placer parmi les fieffés menteurs au Jour de la Résurrection. »

Hazrat Mouslih Maw’oud déclare que le Saint Prophète (s.a.w.) a déclaré : « ‘Ali et Fatimah seront au même rang que moi au Paradis. »

‘Ali faisait partie des dix bienheureux compagnons ayant reçu la bonne nouvelle du paradis en ce monde de la bouche bénie du Saint Prophète (s.a.w.).

Sa’id Bin Zayd déclare : « Je témoigne que neuf personnes mériteront le paradis. Je ne serai pas pécheur si je donne le témoignage à propos de la dixième personne. » On lui a demandé comment est-ce possible. Il a répondu : « Nous étions en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sur le mont Hira lorsque ce dernier a tremblé. Sur ce, l’Envoyé d’Allah a déclaré : « Ne bouge pas ô Hira ! Certainement il ne se trouve sur toi un Nabi, un Siddîq et un Chahîd. » On lui a demandé qui étaient ces dix personnes. Sa’id a répondu : « Il y avait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Abou Bakr, ‘Oumar, ‘Outhman, ‘Ali, Talha, Zoubayr, Sa’d et ‘Abd Al-Rahman Bin ‘Awf. » Ils étaient neuf en tout. On lui a demandé : « Qui était le dixième ? » Sa’id Bin Zayd a répondu : « Je suis le dixième. »

J’avais relaté dans le passé le récit suivant. Le Messie Promis (a.s.) en fait mention en expliquant [l’importance de] la maîtrise de soi et de l’élimination de l’égocentrisme : c’est pour cette raison que j’en fais mention de nouveau ici. Le Messie Promis (a.s.) déclare : « ‘Ali (r.a.) était en train de combattre un ennemi et ce uniquement pour l’amour de Dieu. Au final, ‘Ali l’a renversé et s’est placé sur sa poitrine. Mais l’ennemi lui a craché au visage. ‘Ali s’est levé immédiatement et l’a laissé [en lui disant] : « Je ne te combattais que pour l’amour de Dieu. Mais vu que tu m’as craché au visage, une part de mon âme a terni mes intentions. Je ne souhaite pas te tuer pour assouvir [une vengeance] personnelle. »

Il est clair qu’il ne considérait pas l’ennemi de son ego comme le sien. Créez en vous pareille nature et habitude. » Ce sont là les conseils que le Messie Promis (a.s.) prodiguait à la Jama’at.

« Quoi de plus offensant aux yeux de Dieu que de nourrir de l’inimitié à l’égard d’autrui et d’accroître cette hostilité par égoïsme ? »

À une autre occasion, il a expliqué cela en détail : « Il existe une différence entre la colère issue de l’âme et celle vouée à la cause de Dieu. Apprenez cette leçon d’un incident d’Ali. On relate qu’Ali s’est battu contre un combattant infidèle. Le maitrisant à plusieurs reprises, l’ennemi lui échappait à chaque fois : ‘Ali l’a finalement saisi et s’est placé sur sa poitrine. Il était sur le point de lui infliger le coup de grâce avec son poignard quand l’ennemi lui a craché au visage. Sur ce, ‘Ali s’est levé et l’a laissé. L’ennemi lui a demandé tout étonné : « Tu avais réussi à me maîtriser après tant d’efforts. D’ailleurs je suis ton ennemi mortel et assoiffé de ton sang. Pourquoi m’as-tu laissé ? »

‘Ali de répondre : « Je ne nourrissais aucune hostilité personnelle contre toi. Tu méritais d’être tué vu que tu nuisais aux musulmans par ton hostilité contre notre religion. Je te combattais uniquement pour l’amour de la religion, mais quand tu m’as craché au visage et que je me suis mis en colère, j’ai compris que mon âme s’est interposée. Il m’est interdit de [te combattre] afin que mes œuvres ne soient point ternis par les desseins de mon âme. Tout œuvre doit être pour la cause d’Allah. Lorsque mon état changera et que cette colère disparaîtra, je te combattrai de nouveau. »

Le cœur du mécréant en fut si affecté que toute incrédulité disparut de son cœur. « Quelle meilleure religion que celle dont les préceptes accomplissent pareille purification ! » s’est-il dit. Il s’est donc repenti aussitôt et est devenu musulman. »

Ceci est la Taqwa véritable qui apporte aussi ses résultats.

Le Mouslih Maw’oud présente plus ou moins les mêmes points sur cette lutte entre ce Juif et ‘Ali : « ‘Ali combattait un robuste ennemi que peu de gens arrivaient à combattre. Le combat a duré plusieurs heures. En fin de compte, ‘Ali l’a jeté à terre et s’est placé sur sa poitrine avec l’intention de le décapiter avec son poignard. Soudainement, le Juif lui a craché au visage. ‘Ali s’est levé et l’a laissé immédiatement. Le Juif était tout étonné de son acte. « Il m’a maitrisé après plusieurs heures de combats. Mais pourquoi m’a-t-il abandonné ? » Pourquoi pareille sottise de ta part », a-t-il demandé. ‘Ali a répondu : « Ce n’était point de la sottise de ma part ! Quand je t’ai mis à terre et que m’as craché au visage je me suis mis en colère et je me suis dit que je me battais uniquement pour la cause d’Allah. Si je continue le combat et que je te tue maintenant, je le ferai pour assouvir mon ego et pas pour Dieu. Je t’ai laissé afin d’apaiser ma colère et afin que je te combatte pour la cause de Dieu. »

Je mentionnerai le reste la prochaine fois si Dieu le veut.

Ce jour marque le début d’une nouvelle année et en est également le premier vendredi. Nous devons tous prier pour qu’elle soit bénie pour notre communauté et l’humanité tout entière. Puissions-nous nous acquitter de nos devoirs en nous prosternant devant Dieu et en L’adorant bien plus qu’auparavant. Que les gens de ce monde puissent également reconnaître le but de leur création et s’acquitter de leurs devoirs envers Dieu. Au lieu d’usurper les droits d’autrui, qu’ils puissent respecter leurs devoirs mutuels, en suivant les commandements d’Allah. Sinon, Il attirera leur attention vers leurs devoirs à Sa manière. Puissions-nous, et l’ensemble de l’humanité, saisir ce point important, et sécuriser notre avenir en ce monde ainsi que dans l’Au-delà.

Nous faisons face, depuis un an, à une épidémie très dangereuse : chaque pays du monde en a été affecté, certains plus que d’autres. Mais une grande majorité de l’humanité refuse de considérer cette pandémie comme un avertissement divin visant à attirer notre attention vers le respect de nos devoirs mutuels. Personne ne se demande si Dieu ne souhaite pas nous réveiller et nous interpeller.

Quelques mois de cela, j’avais envoyé des lettres à de nombreux dirigeants de ce monde afin de les conscientiser. J’ai tenté de leur expliquer, en faisant référence à l’épidémie du Covid-19 et en citant le Messie Promis (as), que pareilles calamités s’abattent lorsque l’humanité se détourne de Dieu et quand l’injustice atteint son comble. Je les ai invités à réfléchir sur ce point. Certains dirigeants m’ont certes répondu : mais à la manière des gens de ce monde. Ils affirmaient qu’ils souhaitaient, eux aussi, l’amélioration de l’état du monde, mais évitaient d’aborder la question religieuse. Je m’étais appesanti sur la personne de Dieu mais ils l’ont entièrement ignorée, alors qu’ils devaient s’y intéresser. Ils ne semblent pas vouloir prendre des mesures pour changer leurs habitudes, ni ne souhaitent-ils attirer l’attention de leurs peuples sur l’objectif véritable en faisant preuve d’empathie à son égard. Et cela malgré le fait qu’ils savent très bien que les conséquences de cette épidémie seront terribles. Tous les dirigeants de ce monde, toute personne sensée et tous les analystes le savent. En dépit de cela, ils ne s’intéressent pas à la véritable solution. Ils ne se fient qu’aux solutions mondaines.

Financièrement à titre individuel tout le monde s’est affaibli suite à cette pandémie. Certes, la santé des malades du Covid-19 s’est affaiblie également, mais en général tout le monde est touché d’un point de vue économique. Les économies des grands pays sont aussi en train d’en pâtir. Les gens de ce monde ne disposent que d’une seule solution : lorsque leur économie est détruite, ils font main basse sur les ressources des petites nations, tentent de les piéger et usent de prétextes pour prendre possession de leurs richesses. En conséquence, des blocs se formeront : d’ailleurs ils se sont déjà formés. La guerre froide va revoir le jour. Certains disent même qu’elle a déjà débuté. Il est fort possible qu’une guerre armée éclate : elle sera épouvantable. Le monde tombera dans un nouveau gouffre profond. Les pays pauvres sont d’ores et déjà lourdement impactés ; les peuples des pays riches le seront également, et de manière terrifiante. Avant que le monde n’atteigne ce point, nous devons nous acquitter de notre devoir en sensibilisant l’humanité quant à ce danger.

Cette année en sera une de félicitations quand nous nous acquitterons de nos devoirs et conscientiserons le monde. Évidemment, pour mener à bien cette mission nous devons également accomplir notre introspection. Nous qui avons accepté l’Imam de l’époque, le Messie Promis (as) et le Mahdi, respectons-nous nos devoirs envers Allah et envers Ses créatures sincèrement pour Sa cause ? Ou devons-nous encore nous réformer et pousser notre amour mutuel à un niveau extraordinaire ? Chaque ahmadi doit réfléchir : une mission importante lui a été confiée et il pourra l’accomplir lorsque l’amour mutuel sera présent dans notre communauté et lorsque par la suite nous réunirons le monde sous la bannière du Saint Prophète (sa), qui est celle de l’unicité de Dieu. C’est à ce prix que nous atteindrons l’objectif de notre serment d’allégeance. C’est à ce prix que nous respecterons les exigences de notre Bai’ah (serment d’allégeance). C’est à ce prix que nous pourrons mériter les bénédictions de Dieu. Et c’est seulement à ce prix que nous pourrons nous féliciter les uns les autres à l’aube d’une nouvelle année. Qu’Allah nous en accorde l’occasion, et qu’Il permette à chaque Ahmadi, homme et femme, jeune et vieux, de comprendre ce point et d’user de toutes ses facultés pour apporter un changement révolutionnaire dans le monde au cours de cette année. Qu’Allah octroie à chaque ahmadi l’occasion d’agir en ce sens.

Je vous demandais également de prier pour les ahmadis du Pakistan et d’Algérie ces derniers temps. Ne les oubliez pas dans vos prières. Dans certains endroits au Pakistan certains mollahs et fonctionnaires de l’État ne cessent de persécuter [les ahmadis.] Qu’Allah s’occupe dans les plus brefs délais de ceux qui ne se réformeront pas. Il connaît qui le fera et qui ne le fera pas. Qu’Il s’occupe dans les plus brefs délais de ceux qui ne se réformeront pas. Ils persécutent les ahmadis au nom de la loi sur la défense de l’honneur du Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) et ils tentent de restreindre tous les moyens utilisés par les ahmadis pour leur éducation morale et spirituelle. Qu’Allah enlève [ces difficultés] et qu’Il nous libère de ces gens. En réalité, ceux-là souillent la réputation du [Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)], la miséricorde pour tous les mondes. Les ahmadis, quant à eux, sont prêts à sacrifier leur vie pour défendre l’honneur du Saint Prophète Mohammad (s.a.w.). Aujourd’hui, plus que quiconque, les ahmadis tentent de réunir le monde sous la bannière du Saint Prophète Mohammad (s.a.w.). Ce sont les ahmadis qui œuvrent en réalité en ce sens. Je dois plutôt dire que seuls les ahmadis œuvrent en ce sens. Usant de leur pouvoir temporel et de leurs richesses, ces gens avides de ce monde pourront certes nous persécuter : mais qu’ils se souviennent que nous croyons en ce Dieu qui est le Meilleur des protecteurs et le Meilleur des soutiens. Il accorde sans nul doute Son assistance. Lorsqu’elle descend, ces gens avides de ce monde, fiers de leur pouvoir et de leur opulence, sont réduits à néant : leur poussière même vient à disparaître. Il nous incombe d’embellir davantage nos actes d’adoration par nos supplications. C’est ainsi que nous aurons le succès. J’avais dit que tous les ahmadis d’Algérie ont été acquittés. En fait un tribunal a innocenté certains d’entre eux. Un deuxième en a disculpé d’autres en leur imposant une amende légère. Mais certains sont toujours en prison. Priez pour leur prompte libération. Priez aussi pour la libération des prisonniers ahmadis au Pakistan.

Nos joies, au nouvel an ou lors des Aïds, seront réelles lorsque nous ferons flotter partout dans le monde le drapeau de l’unicité de Dieu, drapeau apporté par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Notre joie sera réelle lorsque l’Homme reconnaîtra les véritables valeurs humaines, lorsque la haine mutuelle se transformera en amour. Qu’Allah fasse que nous puissions voir, au plus vite, ces jours de joie. Qu’Allah accorde à l’Oummah de l’Islam le discernement nécessaire pour reconnaître le Messie et le Mahdi Promis. Qu’Allah permette aux hommes de respecter Ses droits et ceux de leurs prochains. Qu’Allah accorde Sa protection à tous les ahmadis du monde. Que cette année soit emplie de grâces et de bénédictions pour tout ahmadi et tout être humain. Qu’Allah nous protège des lacunes et écarts ayant attiré Sa colère et nous ayant privés de Ses récompenses et qu’Il nous accorde Ses faveurs et Sa grâce ; et que nous soyons des véritables croyants. Qu’Allah nous permette de prier en ce sens.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)