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 Sermon du vendredi 17 juillet 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Dans mon précédent sermon j’évoquais Sa’d Bin Mou’adh. Dans son ouvrage Sirat-Khataman-Nabiyyine, Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb écrit à propos de Sa’d Bin Mou’adh et de la bataille d’Al-Ahzab : « Les musulmans n’avaient pas perdu beaucoup de vies lors de cette bataille : seuls cinq ou six d’entre eux étaient tombés en martyrs. Sa’d bin Mou’adh, le chef de la tribu des Aus, a subi une blessure grave dont il n’a pas pu se remettre. Cette perte des musulmans n’a pu être comblée. Seuls trois hommes de l’armée des mécréants ont été tués. Cependant, par cette bataille, les Qouraychites ont subi un tel coup qu’ils n’ont plus jamais eu le courage de rassembler un groupe aussi important et pour sortir de nouveau, ou attaquer Médine. La prophétie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est accomplie à la lettre. »

Comme je l’avais mentionné dans mon précédent sermon, il avait déclaré que les mécréants n’auraient pas le courage de lancer de nouvelles attaques contre les musulmans.

Sa’d Bin Mou’adh a été blessé au poignet lors de la bataille du fossé et il est tombé en martyr. ‘Aïcha relate : « J’étais sortie lors de la bataille du fossé et je suivais les pas des gens quand j’ai entendu un son derrière moi. Je me suis retournée pour voir Sa’d Bin Mou’adh en compagnie de son neveu, Harith Bin Aus, portant leurs boucliers. Je me suis assise : Sa’d Bin Mou’adh est passé à coté de moi en citant les couplets suivants : « Attends un peu jusqu’au moment de l’attaque. La mort est bienséante lorsqu’elle arrive à l’heure désignée. »

‘Aïcha (r.a.) relate : « Sa’d Bin Mou’adh portait une cotte de mailles dont les deux côtés pendaient, (en raison du fait qu’il était corpulent). J’avais peur qu’il se blesserait sur ses flancs, car son armure s’y pendait et ils étaient exposés. Sa’d Bin Mou’adh était grand et bien bâti. Ibn Arika l’a blessé : Ibn Arika était aussi connu comme Habban Bin ‘Abd Manaf. Il appartenait à la tribu d’Amir Bin Louwiyy. Son père se nommait Arika. »

Jabir relate : « Une flèche a blessé Sa’d Bin Mou’adh à la veine du bras. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a retiré la pointe de la flèche avec ses mains. Ensuite il a ouvert la blessure avec la pointe de la flèche et l’a pansée. Elle s’est enflée. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a ouverte de nouveau et l’a pansée. Il a ouvert la blessure avec la pointe de la flèche et l’a refermée.

‘Aïcha (r.a.) relate : « Ibn Arika a frappé Sa’d Bin Mou’adh avec une flèche en disant : « Prends cela ! Je suis le fils d’Arika ! » Sa’d a reçu cette flèche à la veine du bras. Après être blessé Sa’d a prié : « Ô Allah ! Ne me donne pas la mort tant que ne m’accordes pas satisfaction concernant les Banou Qouraydhah. »

‘Aïcha (r.a.) relate : « Sa’d était blessé le jour de la bataille du fossé. Habban Bin Arika, un des Qouraychites, l’a frappé au poignet avec une flèche. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a fait placer une tente pour lui dans la mosquée afin qu’il soit proche de lui et pour qu’il puisse le visiter aisément. »

‘Aïcha (r.a.) relate : « La blessure de Sa’d avait commencé à sécher et guérir. Il a prié : « Ô Allah ! Tu sais que le djihad contre ce peuple qui a rejeté ton Prophète et qui l’a expulsé est l’œuvre que j’aime le plus. Ô Allah ! Je pense que Tu as mis fin à la guerre entre nous. Si d’autres batailles contre les Qouraychites auront lieu, maintiens moi vivant afin que je les combatte, afin que je puisse accomplir le djihad contre eux dans Ta voie. Si tu as mis fin à la guerre entre nous, comme je l’ai compris, ouvre ma veine et fais de cette blessure la cause de mon martyre. » »

‘Aïcha (r.a.) ajoute : « La blessure s’est rouverte la nuit même et il a saigné. Les Banou Ghaffar logeaient dans des tentes dans la mosquée Nabawi. Ils étaient tout apeurés en voyant le sang. Les gens ont demandé : « Ô vous dans les tentes ! D’où vient ce sang coulant vers nous de votre côté ? » C’est là qu’on a constaté que la blessure de Sa’d saignait et il en est décédé. »

Ibn ‘Abbas relate : « Quand Sa’d a commencé à saigner le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est parti le voir et il l’a cramponné. Le sang enduisait le visage et la barbe du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Autant les gens tentaient de protéger le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) du sang de Sa’d autant il se rapprochait de Sa’d jusqu’au moment où il a rendu l’âme. »

Selon un autre récit quand la blessure de Sa’d s’est rouverte et que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a su, il s’est rendu auprès de lui. Il a posé sa tête sur ses cuisses et l’a couvert d’un drap blanc. Ensuite il a prié pour lui : « Ô Allah ! Sa’d a accompli le djihad dans ta voie. Il a témoigné de la véridicité de ton Prophète et il a assumé ses responsabilités. Accueille son âme avec la bienséance que Tu réserves aux âmes [pures]. » Sa’d était toujours conscient, quoiqu’il était proche de la mort : quand il a entendu les paroles du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) il a ouvert les yeux et a déclaré : « Ô Prophète d’Allah ! Que la paix soit sur vous ! Je témoigne que vous êtes le Prophète d’Allah ! » Les proches de Sa’d étaient tout inquiets lorsqu’ils ont vu la tête de Sa’d sur les cuisses du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Quand on en a fait mention au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il a déclaré : « Je demande à Dieu d’envoyer à la mort de Sa’d un plus grand nombre d’anges que le nombre de ses proches présents. »

C’est ainsi qu’il a prié pour lui.

Anas (r.a.) relate : « On a offert à l’Envoyé un manteau de soie fine. Il interdisait le port de ce tissu. Les gens s’étonnaient [de la qualité] de cette soie. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Je jure par Celui qui détient ma vie entre ses mains, le mouchoir de Sa’d au paradis doit être encore plus beau. »

Ceci est un récit tiré d’Al-Boukhari. En voyant ce tissu dans la main du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), ils croyaient peut-être qu’il l’utiliserait, tandis qu’il interdisait son utilisation. En tout cas, il l’a montré aux autres qui en étaient tout impressionnés comme le laisse entendre le récit suivant du recueil de Mouslim.

Barâ’ relate : « On a offert un manteau de soie en cadeau au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ses compagnons l’ont touché et ont été impressionnés par sa douceur. Sur ce le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Vous vous étonnez de sa douceur. Certainement le mouchoir de Sa’d Bin Mou’adh au paradis est meilleur et plus doux. »

Jabir (r.a.) relate : « J’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclaré : « Le trône [de Dieu] a tremblé à la mort de Sa’d Bin Mou’adh. » Ceci est un récit d’Al-Boukhari.

Selon le récit de Mouslim, Anas Bin Malik (r.a.) a déclaré : « Le trône d’Ar–Rahman a frémi lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déposé la dépouille de Sa’d Bin Mou’adh. »

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb a expliqué cela davantage. « La blessure que Sa’d bin Mou’adh, chef de la tribu des Aus, avait subie au poignet à l’occasion de la bataille du fossé, n’a pas guéri complètement malgré des soins inlassables. Sa blessure se rouvrait après avoir guéri un peu. Il était un compagnon exceptionnellement sincère et le Saint Prophète était particulièrement préoccupé par ses soins : de ce fait, de retour de la bataille du fossé, le Saint Prophète a ordonné qu’il soit logé dans une tente dans la cour de la mosquée, afin qu’il puisse vérifier facilement ses progrès. Sa’d a été confié aux soins d’une musulmane du nom de Roufaidah, qui était experte en soins médicaux. On l’avait placé dans une tente situé dans la cours de la mosquée et réservée aux musulmans blessés. Cependant, malgré cette attention particulière, l’état de Sa’d ne s’est pas amélioré et l’incident des Banou Qouraydhah a eu lieu au cours de cette période : et il a dû endurer de l’inconfort et une fatigue extrêmes et son état s’est aggravé. Au cours de ces mêmes jours, une nuit, Sa’d a prié avec une grande émotion : « Ô mon Seigneur ! Tu connais bien le désir intense dans mon cœur de participer au Jihad pour défendre Ta religion face à cette nation qui a rejeté Ton messager et l’a expulsé de sa patrie. Ô mon Maître ! Je constate que la guerre a pris fin entre les Qouraych et nous-mêmes. Cependant, si selon Toi, d’autres conflits sont à venir, accorde-moi du répit pour accomplir le djihad contre eux. Mais si nos combats ont pris fin, je ne désire plus vivre, laisse-moi mourir en martyr. » On raconte que la même nuit, la blessure de Sa’d s’est ouverte : il a perdu beaucoup de sang qui coulait même hors de la tente. Lorsque les gens se sont précipités dans la tente tout inquiets, la situation de Sa’d s’était gravement détériorée. Il est décédé dans cet état.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a été profondément attristé par la disparition de Sa’d. Sans aucun doute, compte tenu des circonstances de cette époque, le décès de Sa’d était une perte irremplaçable. Sa’d jouissait presque du même statut parmi les Ansar qu’Abou Bakr al-Siddiq possédait parmi les Mouhajirin. Sa sincérité, son sacrifice, son service de l’islam, son amour pour le Saint Prophète, étaient d’un niveau élevé qu’avait atteint très peu de gens. Chacune de ses actions prouvait que l’amour pour l’islam et le fondateur de l’islam était la nourriture de son âme. Puisqu’il était le chef de sa tribu, son exemple a eu une influence très profonde et pratique sur les Ansar. Il était naturel que le Saint Prophète se sentît attristé par la disparition d’un fils spirituel aussi digne. Cependant, il a fait montre d’une grande patience et s’est incliné devant la volonté divine avec obéissance et soumission.

Lorsque le cortège funèbre de Sa’d a été conduit au cimetière, en raison de son amour, sa mère âgée s’est lamentée sur son sort d’une voix un peu forte. Dans son élégie, selon la coutume de cette époque, elle a mentionné diverses qualités de Sa’d. Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a entendu cette lamentation, bien qu’il n’approuvait pas cette coutume, il a déclaré : « Les femmes qui se lamentent mentent souvent : mais tous les propos de la mère de Sa’d sont vrais », c’est-à-dire que toutes les qualités attribuées à Sa’d sont vraies. Ensuite le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dirigé sa prière funéraire et a accompagné le cortège pour l’enterrement. Le Saint Prophète est resté là-bas jusqu’à la fin de l’enterrement et est finalement rentré après avoir prié sur la tombe.

C’est peut-être à cette époque que le Saint Prophète aurait dit : « À la mort de Sa’d, le trône du Dieu Gracieux a frémi. »

Selon les autres récits également le trône de Dieu avait tremblé.

Mais, ici, Hazrat Mirza Bashir Ahmad commente en disant que le trône de Dieu a frémi [de joie] : c’est-à-dire que la miséricorde de Dieu a accueilli avec joie l’âme de Sa’d dans l’au-delà.

À une occasion, le Saint Prophète a reçu quelques morceaux de soie en cadeau : les compagnons étaient impressionnés par sa douceur et la disait extraordinaire. Le Saint Prophète a répondu : « Vous vous émerveillez de sa douceur ? Par Dieu, les capes de Sa’d au paradis sont beaucoup plus doux et précieux que ceux-ci. »

Dans les hadiths d’Al-Boukhari et de Mouslim l’on trouve mention de mouchoir. Ici, Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb a traduit cela par capes. En tout cas en arabe l’on trouve mention de tissus.

Accablée de tristesse, la mère de Sa’d a récité ces vers :

« La mère de Sa’d s’attriste de la séparation d’avec celui qui était la personnification de l’intelligence, de la bravoure et de la bonté. Que dire de sa dignité, lui qui a comblé tous les vides ! »

Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Toutes celles qui se lamentent mentent, hormis la mère de Sa’d ! » Ce récit est tiré de Tabaqat al-Koubra.

Sa’d était corpulent. Or, quand on portait sa dépouille les hypocrites ont déclaré qu’ils n’ont jamais vu de dépouille aussi légère que la sienne. Ils ont ajouté qu’il en fut ainsi en raison de son traitement des Banou Qouraydhah. C’est-à-dire qu’ils le critiquaient. Lorsqu’on en a informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) il a déclaré : « Je jure par celui qui détient ma vie entre ses mains : la dépouille de Sa’d était légère parce des anges le portaient. »

Selon un autre récit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré que soixante-dix mille anges étaient présents pour l’enterrement de Sa’d. Autant d’anges ne sont jamais descendus sur terre jusqu’à ce jour. »

‘Aïcha (r.a.) relate : « J’ai vu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) marcher à l’avant du cortège funèbre de Sa’d. »

Abou Sa’id al-Khoudri relate : « J’étais de ceux qui avaient creusé la tombe de Sa’d dans la Jannat al-Baqi’. En creusant, l’ont sentait le parfum de musc jusqu’au fond. Une fois la tombe creusée, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est présenté : on a déposé la dépouille de Sa’d à côté de la tombe. L’Envoyé d’Allah a ensuite dirigé la prière funéraire. Le rapporteur déclare que le cimetière Jannat al-Baqi’ était bondé de monde. »

‘Abdour Rahman Bin Jabir relate de son père : « Harith Bin Aus, Ousayd bin Houdhair, Abou Naila Silqan Bin Salama et Salama Bin Salama Bin Waqch sont descendus dans la tombe de Sa’d. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était à côté des pieds de Sa’d : quand on l’a descendu dans la tombe le teint du visage du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a changé. Il a dit « Soubhan Allah ! » à trois reprises. Tous les compagnons en on fait de même à trois reprises, tant et si bien que leur voix résonnait dans la Jannat al-Baqi’. Ensuite le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit « Allahou Akbar ! » à trois reprises. Tous les compagnons en ont fait de même à trois reprises tant et si bien que leurs voix résonnaient dans toute la Jannat al-Baqi’.

On a demandé à l’Envoyé d’Allah : « Ô Prophète d’Allah, nous avons vu le changement sur votre visage. Vous avez dit « Soubhan Allah ! » à trois reprises. Quelle en est la raison ? » Il a répondu : « La tombe de Sa’d était exiguë pour lui. Et on l’a pressé. Si cela pouvait offrir le salut à quelqu’un, Sa’d en aurait certainement bénéficié. C’est ainsi qu’Allah a élargie sa tombe pour lui. »

Miswar Bin Rifa’ al-Qouradhi relate : « La mère de Sa’d bin Mou’adh s’est présentée lorsqu’on le déposait dans la tombe. Mais les gens l’ont renvoyée. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé qu’on la laisse s’approcher. Elle est venue et elle a vu Sa’d avant qu’on ne ferme la tombe. Elle a dit : « Je suis certaine que tu es auprès d’Allah ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a présenté ses condoléances à la mère de Sa’d et il s’est assis dans un coin. Les musulmans ont comblé la tombe de terre, l’ont aplanie et l’ont aspergée d’eau. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est approché de la tombe ; il a attendu quelques temps et ensuite il a prié. Puis, il est rentré. »

‘Aïcha relate : « En sus du décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), d’Abou Bakr et d’Oumar, la disparition de Sa’d était l’un des décès qui avait le plus attristé les musulmans. Sa’d Bin Mou’adh est décédé à l’âge de trente-sept ans. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit à sa mère : « Ta tristesse ne va-t-elle pas disparaître ? Tes larmes ne cesseront-elles pas de couler ? Ton fils est le premier en faveur duquel Allah a souri et pour qui le trône de Dieu a frémi. »

En retournant de l’enterrement de Sa’d, les larmes coulaient sur la barbe du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Sa’d avait déclaré : « Je suis certes faible mais je suis très ferme sur trois pratiques. Premièrement, j’accepte comme vérité toute parole que j’entends du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Je n’ai jamais eu de doute à ce propos. Deuxièmement, au cours de la Salat, je ne me concentrais sur rien d’autre que la prière jusqu’à la fin. Troisièmement lors de chaque enterrement je me plaçais à la place du défunt et réfléchissais sur les questions qu’on lui posait et les réponses qu’il donnait, comme si c’était moi qu’on interrogeait. » Il se souciait de l’au-delà.

‘Aïcha relate : « Hormis le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), trois individus appartenant tous au Banou ‘Abdil Ach’al, étaient les plus estimés [parmi les musulmans]. Il s’agit de Sa’d Bin Mou’adh, Ousayd bin Houdhair et ‘Abbad Bin Bichr. »

Le prochain compagnon que j’évoquerai se nomme Sa’d bin Abi Waqqas : Abou Ishaq était son nom d’emprunt. Son père se nommait Malik Bin Ouhayb. Selon certains récits il se nommerait Malik bin Ouhayb. Il était plus connu par son nom d’emprunt Abou Waqqas : c’est pour cette raison que ce compagnon était nommé Sa’d Bin Abi Waqqas.

Sa mère se nommait Hammana Bint Soufyan. Sa’d Bin Abi Waqqas appartenait à la tribu des Banou Zouhra des Qouraychites . Il faisait partie de ces dix compagnons auxquels le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait donné la bonne nouvelle du paradis au cours de leur vivant. Ils étaient connus comme les dix bien-heureux. Sa’d Bin Abi Waqqas était celui qui était décédé en dernier parmi eux. Tous ces compagnons étaient des Mouhajirin. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était satisfait d’eux au moment de son décès.

Sa’d Bin Abi Waqqas relate ceci à propos de sa conversion : « Personne n’a embrassé l’islam le jour que je l’ai fait. J’ai attendu sept jours : j’étais moi-même un tiers des musulmans. » C’est-à-dire qu’il n’y avait que trois musulmans. J’étais musulman avant que la Salat ne fût rendue obligatoire. »

Sa fille relate sa conversion. Sa’d Bin Abi Waqqas déclare : « Dans un songe, je me suis vu dans l’obscurité. Je ne voyais rien. Soudainement j’ai vu la lune qui s’est levée et j’ai marché dans sa direction. J’ai vu que Zayd Bin Haritha, Ali et Abou Bakr me devançaient vers la lune. Je leur ai demandé quand ils étaient arrivés là. Ils m’ont répondu qu’ils venaient d’arriver. Ils m’ont répondu qu’ils venaient d’arriver. Je savais que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) invitait les gens secrètement vers l’islam. Je l’ai rencontré dans la vallée d’Ajyad, un lieu contigu au mont Safa à La Mecque : le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) y faisait paître ses chèvres. Je suis arrivé au moment où il avait terminé la prière d’Asr. Je lui ai prêté allégeance et je suis devenu musulman. »

‘Aïcha Bint Sa’d, la fille de Sa’d Bin Abi Waqqas relate qu’il a déclaré : « J’avais dix-sept ans quand je suis devenu musulman. » Selon d’autres récits il avait dix-neuf ans lorsqu’il est devenu musulman. Abou Bakr avait prêché le message de l’islam à cinq individus qui étaient parmi les premiers musulmans et les compagnons les plus illustres. Le troisième d’entre eux était Sa’d Bin Abi Waqqas. Ceci est tiré de la Sirat-Khatamun-Nabiyyine.

Il était jeune à l’époque et avait dix-neuf ans. Il appartenait à la tribu des Banou Zouhra et il était très brave. C’était lui qui avait conquis l’Irak au cours du califat d’Oumar. Il est décédé à l’époque de l’Emir Mou’awiyya.

Sa’d Bin Abi Waqqas a relaté de nombreux récits du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Son fils, Mous’ab, relate : « Mon père m’a raconté que sa mère avait juré de ne jamais lui adresser la parole tant qu’il ne répudirait pas l’islam. Elle avait cessé de manger et de boire. Elle aurait dit à Sa’d : « Tu dis que ta religion t’enjoint la bienveillance à l’égard de tes parents. Je suis ta mère, et je t’ordonne d’abandonner cette religion ! » Elle n’a rien mangé pendant trois jours tant et si bien qu’elle s’est évanouie. Son fils, ‘Oumara, lui a donné de l’eau à boire. Lorsqu’elle a repris connaissance elle a commencé à maudire Sa’d Bin Abi Waqqas. Sur ce, Allah a révélé ce verset dans le Coran :

وَوَصَّيْنَا الْإِنْسَانَ بِوَالِدَيْهِ حُسْنًا

« Et Nous avons enjoint à l’homme la bonté envers ses parents… » (29 : 9)

Dans la sourate Louqman, Allah déclare :

وَإِنْ جَاهَدَاكَ عَلى أَنْ تُشْرِكَ بِي مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ فَلَا تُطِعْهُمَا وَصَاحِبْهُمَا فِي الدُّنْيَا مَعْرُوفًا

« Et s’ils discutent avec toi pour te faire associer des égaux à Moi, ce dont tu n’as aucune connaissance, ne leur obéis pas. Mais sois un compagnon pour eux dans ce monde de façon convenable. » (31:16)

S’il discute avec toi concernant l’attribution de partenaires à Dieu : ne leur obéis pas en ce cas mais maintiens les relations avec eux dans le cadre des affaires de ce monde et sois bienveillant envers eux.

Le premier récit était tiré de Mouslim. Selon la Sirah, Sa’d Bin Abi Waqqas relate qu’il aimait beaucoup sa mère. Lorsqu’il a embrassé l’islam elle lui a dit : « Ô Sa’d qu’elle est cette religion que tu as acceptée ? Abandonne-la sinon je cesserai de manger et de boire, jusqu’à en mourir ! »

Sa’d lui a répondu : « Ô ma mère, ne fais pas cela, car je n’abandonnerai pas ma religion. » Alors, elle n’a rien mangé pendant un jour et une nuit. Son état s’est détérioré. Je lui ai dit : « Par Allah ! Si tu possèdes mille vies et que tu perds chacune d’entre elle, je n’abandonnerai pas pour autant ma religion pour aucune d’entre elles ! »

Quand sa mère a vu sa détermination elle a commencé à manger et à boire. Sur ce, Allah a révélé ce verset :

وَإِنْ جَاهَدَاكَ عَلى أَنْ تُشْرِكَ بِي مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ فَلَا تُطِعْهُمَا وَصَاحِبْهُمَا فِي الدُّنْيَا مَعْرُوفًا

« Et s’ils discutent avec toi pour te faire associer des égaux à Moi, ce dont tu n’as aucune connaissance, ne leur obéis pas. Mais sois un compagnon pour eux dans ce monde de façon convenable. » (31:16)

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) disait de Sa’d qu’il était son oncle maternel. Un jour Sa’d venait dans sa direction. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a dit : « C’est mon oncle. Montrez-moi le vôtre si vous avez un oncle comme le mien ! »

L’Imam Tirmidhi explique que la mère du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) appartenait à la tribu des Banou Zouhra. Sa’d Bin Abi Waqqas appartenait à la même tribu.

Abou Hourayra relate le Saint Prophète était sur le mont Hira lorsque celui-ci a tremblé. Alors, il a dit : « Ô Hira ! Cesse de trembler ! Hormis un Nabi, un Siddîq et un Chahîd, il n’y a personne sur toi ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Abou Bakr, ‘Oumar, ‘Outhman, ‘Ali, Talha Bin ‘Oubaydillah, Zoubayr Bin ‘Awwam et Sa’d bin Abi Waqqas étaient sur le mont.

Ce récit est tiré du recueil de Mouslim.

Au début de l’islam, les musulmans priaient en cachette. Un jour, des polythéistes ont vu Sa’d prier secrètement avec d’autres compagnons ; ils se sont moqués d’eux et ont critiqué leur religion tant et si bien qu’ils ont commencé à se battre. Sa’d a frappé durement un polythéiste avec un os de chameau, le blessant à la tête. C’était la première blessure causée pour l’islam.

Les mécréants avaient boycotté les musulmans à La Mecque et les avaient exilés dans la vallée d’Abou Talib. Sa’d Bin Abi Waqqas faisait partie de ces musulmans qui avaient été persécutés.

Hazrat Sahibzada Mirza Bashir Ahmad Saheb en fait mention dans son ouvrage Sirat-Khatamun-Nabiyyin : « Lire les difficultés et la persécution que les exilés étaient obligés de supporter fait trembler le corps. Les compagnons du Saint Prophète racontent que parfois ils ont survécu en mangeant les feuilles des arbres sauvages comme des animaux. Sa’d bin Abi Waqqas déclare qu’une fois, pendant la nuit, son pied a écrasé quelque chose qui d’humide et de mou (c’était peut-être un morceau de datte). Il avait tellement faim qu’il l’a immédiatement pris et avalé. Il a déclaré qu’il ignorait ce que c’était jusqu’à ce jour. À une autre occasion, en raison d’une faim extrême, il a trouvé un morceau de peau sèche sur le sol, il l’a pris, adouci et nettoyé avec de l’eau, puis il l’a cuit et l’a mangé. Il a passé trois jours dans cet état d’hospitalité divine. »

Quand Allah a ordonné aux musulmans d’émigrer, Sa’d est parti lui aussi à Médine où il a logé chez ‘Outbah Bin Abi Waqqas, son frère polythéiste. ‘Outbah avait commis un crime à La Mecque ; c’est pour cette raison qu’il avait élu domicile à Médine.

 Sa’d était parmi les premiers émigrants. Il était venu à Médine avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne s’y rendît.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi un lien de fraternité entre Sa’d Bin Abi Waqqas et Mous’ab Bin ‘Oumayr. Selon un autre récit, il avait établi ce lien avec Sa’d Bin Mou’adh.

Une explication sur cette différence présentée par le Mawlana Ghulam Ali Saif est que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi ce lien avec Mous’ab Bin ‘Oumayr à La Mecque et avec Sa’d Bin Moua’dh à Médine.

Sa’d Bin Abi Waqqas faisait partie des cavaliers courageux parmi les Qouraychites . Il était parmi les compagnons qui assuraient la sécurité du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et qui le protégeaient lors des batailles.

Abou Ishaq relate que quatre compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) étaient des plus féroces attaquants : ‘Oumar, ‘Ali, Zoubayr et Sa’d.

Après l’émigration à Médine les musulmans vivaient dans la peur d’une attaque de la part des mécréants. C’est la raison pour laquelle les musulmans passaient des nuits blanches au tout début à Médine. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en faisait de même. ‘Aïcha relate à ce propos : « Une nuit après son arrivée à Médine le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’a pas pu s’endormir. Il a déclaré : « Si seulement un de mes pieux compagnons pouvait venir assurer ma sécurité. » Bientôt, nous avons entendu le cliquetis d’une armure. « Qu’est-ce que c’est ? », a demandé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). « C’est Sa’d bin Abi Waqqas (r.a). » « Pourquoi es tu venu là ? » lui a demandé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). « Je m’étais inquiété du Prophète d’Allah. C’est pour cette raison que je me suis présenté pour monter la garde pour vous », a répondu Sa’d. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a prié pour lui et s’est endormi.

Les recueils de Boukhari et de Mouslim n’évoquent pas les prières du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Mais dans les récits de Sa’d compilés par l’Imam Tirmidhi, Qays, le fils de Sa’d, relate : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait prié pour lui : « Ô Allah ! Exauce la prière de Sa’d lorsqu’il T’implore ! »

Dans Ikmal Fi Asma’ ir-Rijal, il est dit que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait ainsi prié pour lui : « Ô Allah, fais que ses flèches atteignent leurs cibles et exauce ses prières ! »

C’est en raison de ces supplications du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que Sa’d était connu pour l’exaucement de ses prières.

En effets, les prières de Sa’d Bin Abi Waqqas étaient promptement exaucées. Une personne avait menti à son propos. Il a prié contre lui : « Ô Allah ! S’il ment à mon sujet, fais-lui perdre la vue, accorde-lui une longue vie et fais-lui passer des épreuves. » Cette personne a été frappée de tous ces malheurs.

Qays Bin Abi Hazim relate : « J’étais dans le marché de Médine quand j’ai vu une foule entourant un individu monté sur un animal et qui insultait ‘Ali. Sa’d Bin Abi Waqqas s’est présenté sur les lieux et a demandé : « Que ce passe-t-il ? » On lui a dit que l’autre insultait ‘Ali. Sa’d a avancé et on lui a fait un passage. Il s’est mis devant l’individu et lui a demandé : « Pourquoi insultes-tu Ali ? N’était-il pas le premier à embrasser l’islam ? N’était-il pas le premier à accomplir la Salat en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ? N’est-il pas le plus Mouttaqi parmi les gens ? N’est-il pas le plus savant ? » Sa’d a continué à énumérer ses qualités, jusqu’à dire : « Le Saint Prophète (s.a.w.) ne lui avait-il pas donné la main de sa fille pour en faire son gendre ? N’était-il pas celui qui portait l’étendard lors des batailles aux côtés du Saint Prophète (s.a.w.) ? » Le rapporteur a ajouté : « Sa’d s’est ensuite tourné vers la Qibla, et a levé ses mains pour supplier : « Ô Allah, s’il a insulté l’un de tes amis (c.à-d. Ali), manifeste un signe de Ta puissance avant que cette assemblée ne se disperse. » Ce récit est du Moustadrak. Le rapporteur, Qais, a ajouté : « Je jure au nom d’Allah, qu’avant même que nous ayons eu le temps de nous disperser, la monture de cette personne l’a projeté au sol, et a écrasé sa tête contre la pierre avec ses sabots, le tuant. »

Sa’d avait assuré la protection du Saint Prophète (s.a.w.) la nuit qui a suivi l’Hégire du Saint Prophète (s.a.w.) à Médine, nous trouvons un récit similaire dans l’histoire lors de la bataille du fossé.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) relate à ce propos : « Aïcha (r.a.) a déclaré : « Le Saint Prophète (s.a.w.) se fatiguait en faisant les rondes. » Il faisait les rondes comme les autres compagnons, jusqu’à être épuisé par le froid. Elle a ajouté : « Il venait ensuite s’allonger quelques instants avec moi sous la couverture, et dès que son corps se réchauffait il repartait de nouveau protéger le fossé. Ainsi à force de rester continuellement éveillé, un jour il était extrêmement épuisé et le soir il a dit : « Si seulement je pouvais compter à cet instant sur un musulman sincère, afin que je puisse m’endormir sereinement !, » A cet instant, à l’extérieur la voix de Sa’d bin Abi Waqaas s’est faite entendre. Le Saint Prophète (s.a.w.) lui a demandé la raison de sa visite, ce à quoi il a répondu : « Je suis venu pour assurer votre sécurité. » Le Saint Prophète (s.a.w.) a dit : « Je n’ai pas besoin de protection. Rends-toi à tel endroit, où l’un des bords de la tranchée s’est affaissé, fais-y une ronde afin que les musulmans puissent être protégés. »

Sa’d s’y était donc rendu pour faire sa ronde. Le Saint Prophète (s.a.w.) a ainsi pu dormir un peu. »

J’évoquerai d’autres récits sur Sa’d bin Abi Waqqas la prochaine fois Incha Allah.

Aujourd’hui je dirigerai également deux ou trois prières funéraires en l’absence des corps et je mentionnerai les défunts.

Le premier est Maître Abdus Sami Khan Kathigri qui est décédé le 6 juillet dernier à Rabwah.

Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Il est né en 1937 à Qadian. Son père Abdur Rahim Kathigri fait partie des anciens serviteurs du mouvement. Son grand-père Hazrat Chaudhary Abdus Salam Khan Kathigri avait eu l’opportunité de faire la Bai’ah sur la main du Messie Promis (a.s.) en 1903, dont il était un compagnon. Le défunt a étudié à l’école élémentaire à Qadian. Plus tard, suite à la partition du pays, il a passé son brevet des collèges à Rabwah. Il a un fils et une fille. Sa femme est décédée il y a trois ou quatre ans de cela. En 1960 il a obtenu sa licence et la même année il a commencé à enseigner provisoirement au Lycée Talim-ul-Islam. En 1962, il a obtenu son diplôme de licence en enseignement et a été nommé enseignant titulaire. En 1969, il a obtenu son diplôme de master en enseignement de l’université du Pendjab à Lahore, et a été nommé enseignant senior. En 1972, il a été nommé directeur du lycée Talim-ul-Islam de Rabwah. Ce lycée a été nationalisé en 1970 : suite à quoi il a été muté. Comme ce lycée a été nationalisé, le gouvernement l’a transféré dans une autre de ses écoles. Il a ensuite enseigné dans différentes écoles. De 2005 à 2009, il a servi en tant que Za’im Ansarullah, et de 2013 à 2016 il a servi en tant que président de la communauté du quartier Darul Rahmat Sharqi de Rabwah. Je l’ai également eu comme enseignant ; il enseignait d’une très belle façon, la douceur se lisait toujours sur son visage et il était très pédagogue. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard, qu’Il exalte son rang, et qu’Il permette à ses enfants de rester attachés à la communauté et au Califat.

Le deuxième défunt est Sayyed Mojibullah Sadiq qui est décédé le 28 mai à l’âge de 83 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il était le fils de Sayyed Sadiq Ali et de Sayyeda Salma Begum, fille de Sayyed Mahboub Alim Bihari. Il est né et a grandi dans le village béni et pur de Qadian. Son père Sayyed Sadiq Ali de Saharanpour avait eu l’opportunité de faire la Bai’ah sur la main du premier Calife (r.a.). Suite à la partition, le 19 septembre 1947, son grand-père maternel, Hazrat Sayyed Mahboob Alim du Bihar, a été la cible d’une balle d’un opposant à Qadian et il est tombé en martyr. Le frère de son grand-père maternel Sayyed Mahboub Alim, était auditeur du Sadar Anjuman Ahmadiyya, et il avait également eu cette opportunité de venir à pied du Bihar à Qadian pour faire la Bai’ah. Ici au Royaume-Uni, où il résidait, le défunt a eu l’opportunité de servir en tant que président de la communauté d’Earlsfield. Ensuite, une fois à la retraite, il a eu la chance de servir de façon bénévole au sein du bureau de l’Amir du Royaume-Uni pendant seize ans. Il a servi avec grand dévouement. Sa douceur transparaissait toujours sur son visage. Il appréciait l’humour, il travaillait avec grande attention, et il n’était un fardeau ou source d’inquiétude pour personne. Il essayait aussi de faire les tâches des autres autant que possible.

Il s’est marié en 1968 à Rabwah avec Aisha Sadiq, fille de Babou Mohammad Alim, ancien chef de gare retraité. Sa femme avait également eu l’opportunité de servir à Rabwah dans différents départements des Lajnas. Il a deux fils et deux filles. Son fils, le Dr Kaleem ullah Sadiq, travaille souvent bénévolement pour la MTA. Par la grâce d’Allah il faisait régulièrement la prière de Tahajjud. Il a également eu l’opportunité de faire la ’Oumra alors qu’il avait une douleur importante aux genoux. Sa femme a relaté que malgré le fait qu’on lui avait apporté une chaise roulante, il l’avait refusée en disant : « Je souhaite profiter des bienfaits de la ’Oumra : je vais donc marcher. » Il était également très soucieux à propos de ses cotisations. Ses enfants ainsi que de nombreuses autres personnes m’ont écrit, et m’ont fait part de ses qualités. Les enfants vantent naturellement les qualités de leurs parents ; ses enfants sont Macha Allah très liés avec la communauté, cela montre qu’il leur a inculqué l’amour du califat et de la communauté, et leur a prodigué une éducation de grande qualité. Comme l’a mentionné le Saint Prophète (s.a.w.), les voisins et les connaissances d’une personne, fournissent les véritables témoignages au sujet de sa piété, de sa personnalité, et attestent de sa piété. Cela se confirme pleinement dans le cas de Mojibullah Sadiq. Il servait ses voisins, qui ne sont pas musulmans et demandait également à ses enfants de les servir. Ils étaient très attristés par la nouvelle de son décès. De même, tous ses collègues de bureau ont fait mention de sa bonne humeur, de la passion avec laquelle il travaillait et de son sérieux, ainsi que de sa volonté de servir ses collègues. Il travaillait et aidait ses collègues. S’il souhaitait offrir un thé à quelqu’un, il le préparait lui-même.

Lorsque j’ai déménagé à Islamabad l’année dernière, il m’avait fait part de son inquiétude lors d’une Moulaqat (audience privée), il m’a dit : « Comment allons-nous pouvoir faire la prière du vendredi derrière vous chaque semaine ? » Je l’avais rassuré en lui disant que la majorité des sermons se feraient à Bait-ul-Futuh, et lorsqu’ils auraient lieu à Islamabad, il pourra s’y rendre. En entendant cela, son visage s’était illuminé. Suite à l’émigration du quatrième Calife, il avait acheté une maison près de la mosquée Fazl afin de garder ses enfants près de la mosquée, et se rendait quotidiennement sur son lieu de travail qui se situait à une heure de là. Il l’a fait afin que ses enfants restent attachés à la mosquée. Il avait cette même inquiétude maintenant, il se demandait comment il serait possible de faire la prière du vendredi si le Calife s’en allait loin d’ici. C’était une personne très sincère et pieuse. Il a passé toute une vie sous l’égide de la fidélité, qu’il a également essayé d’inculquer à ses enfants. Qu’Allah fasse preuve de pardon et miséricorde à son égard et qu’Il exalte son rang, et qu’en accord avec son souhait, Il permette à ses enfants de rester attachés au califat et à la communauté, et même bien plus que ce qu’il espérait. Qu’Allah garde également son épouse sous l’aile de Sa protection, et qu’Il lui accorde la tranquillité et la paix.

Le troisième défunt est notre serviteur de longue date Rana Naeem-ud-Din, qui fut emprisonné pour la cause d’Allah : je l’avais déjà mentionné mais que je ne l’avais pas inclus dans les prières funéraires du vendredi dernier. Sa prière funéraire fera Incha Allah partie des prières funéraires que je vais diriger après la prière de la Joumou’ah. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard d’eux tous.


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