Sermon du vendredi 26 avril 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’avais terminé mon précédent sermon en disant qu’Outhman Bin Maz’oun était la première personne enterrée à la Jannat-oul-Baqî’.

Voici les détails concernant l’établissement [du cimetière]  Jannat-oul-Baqî’ et ses débuts. Au moment de la venue du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à Médine, il y existait de nombreux cimetières. Les juifs et les différentes tribus arabes disposaient des leurs. La ville bénite de Médine était divisée en plusieurs lieux, c’est pour cette raison que chaque tribu enterrait ses morts dans l'endroit ouvert dont il disposait. Qouba disposait de son cimetière qui était le plus connu quoiqu’il y avait aussi d’autres petits cimetières dans l'endroit. La tribu des Banou Zaffar disposait de son cimetière et les Banou Salama du leur. Les Banou Sa’ada avait leur cimetière, où par la suite l’on a bâti la mosquée du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sous les dattiers, il y avait quelques tombes des polythéistes.

Le cimetière Baqî’ al-Gharqad était celui qui était le plus connu de tous parmi tous ces cimetières. Depuis que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a choisi comme cimetière des musulmans jusqu’aujourd’hui, ce cimetière jouit d’un statut particulier qui perdurera pour toujours.

‘Oubaydoullah Bin Abi Rafi’ relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) cherchait un endroit où seront enterrés uniquement les musulmans. Pour ce faire, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait visité plusieurs endroits. Baqî’ al-Gharqad a eu l’honneur d'être choisi. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré qu’il avait reçu l’ordre [divin] de choisir ce lieu. On le nommait aussi Baqî’ al-Khab-khaba : il s’y trouvait d'innombrables arbustes [appelés] Gharqad et d’autres buissons encore. L’endroit grouillait de moustiques et autres insectes. Lorsque les moustiques s'envolaient on aurait dit des nuages.

‘Outhman Bin Maz’oun était le tout premier à y être enterré. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a posé une pierre à la tête de sa tombe comme signe et il a déclaré : « Il est notre avant-coureur. » Quand quelqu’un décédait on demandait au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) où l'enterrer. Il répondait : « Tout près de notre avant-coureur ‘Outhman Bin Maz’oun. »

Baqî’ en arabe est utilisé pour le lieu où abonde des arbres. À Médine ce lieu était connu comme Baqî’ al-Gharqad car il s’y trouvait de nombreux arbustes de Gharqad. Il s’y trouvait aussi des buissons du désert en grand nombre. On nommait le lieu Jannat-oul-Baqî’. En arabe Jannah signifie jardin ou paradis. L’endroit était plus connu des non-arabes sous le nom de Jannat-oul-Baqî’. Ce commentaire a été présenté par Abdul Hamid Qadiri.

N’oublions pas que généralement les Arabes nommaient leur cimetière Jannah. Par contre, ce cimetière était plus connu chez les Arabes du désert et de la campagne comme Maqarib-oul-Baqî’.

Salim Bin ‘Abdillah déclare que son père racontait que lorsqu’une personne rendait l’âme, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) disait : « Envoyez-le chez nos amis qui nous ont devancés. ‘Outhman Bin Maz’oun est un très bon avant-coureur de mon Oummah (ma nation). »

Ibn ‘Abbas relate : « Après le décès d’Outhman Bin Maz’oun le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est présenté devant sa dépouille et il s’est penché à trois reprises. Il a relevé sa tête et il a déclaré à haute voix : « Ô Abou Sa’ib ! Qu’Allah te pardonne ! Tu as quitté le monde sans être souillé par les choses d’ici-bas ! »

‘Aïcha raconte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a embrassé la dépouille d’Outhman Bin Maz’oun tout en pleurant abondamment tant et ses larmes tombaient sur la joue d’Outhman Bin Maz’oun tant elles étaient abondantes.

Quand Ibrahim, le fils du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), est décédé il a déclaré : « Vas à la rencontre de notre pieux avant-coureur, ‘Outhman Bin Maz’oun. »

‘Outhman Bin ‘Affan a déclaré que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dirigé la prière funéraire d’Outhman Bin Maz’oun et il a récité les Takbirât à quatre reprises. D’aucuns affirment qu’il ne peut y avoir plus de trois Takbirât : or quatre aussi sont permises.

Al-Mouttalib déclare qu’après le décès d’Outhman Bin Maz’oun, sa dépouille a été sortie de sa maison et il a été enterré. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a ordonné à quelqu’un d’apporter une pierre, qu’il n’a pas pu porter car elle était trop lourde. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est mis à sa place et il a retroussé ses manches. Al-Mouttalib, qui a rapporté l’incident, déclare qu’il pouvait [au moment du récit] voir la blancheur des bras du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ensuite le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a soulevé la pierre et il l’a placé à la tête de [la tombe] d’Outhman Bin Maz’oun ; puis il a déclaré : « Je vais reconnaître la tombe de mon frère grâce à ce signe. J’enterrerai les membres de ma famille qui décéderont à ses côtés. »

Ce récit est tiré du recueil du Sounan d’Abi Dawoud. Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb a écrit quelques détails sur la mort d’Outhman Bin Maz’oun que je présente ici.

Il évoque les incidents de l’an deux de l’Hégire en disant que vers la fin de cette année, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a choisi un cimetière pour ses compagnons à Médine. Le cimetière a été nommé Jannat-oul-Baqî’. Les compagnons y étaient généralement enterrés. 

Le tout premier était ‘Outhman Bin Maz’oun. Il était un des premiers musulmans. C’était quelqu’un de très vertueux : il était un fervent adorateur de Dieu et avait le tempérament soufi. Après avoir embrassé l’islam, il a demandé la permission au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) d’abandonner le monde entièrement et de quitter sa femme et ses enfants afin de consacrer sa vie entièrement au culte de Dieu. Or, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne lui en a pas accordé la permission. J’avais évoqué quelques détails à ce sujet dans mon précédent sermon.

Mirza Bashir Ahmad Saheb ajoute que le décès d’Outhman Bin Maz’oun peina beaucoup le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Selon les récits, après son décès, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) embrassa son front, les larmes aux yeux. Après son enterrement, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a placé une pierre comme signe à la tête de sa tombe et il se rendait de temps à autre au [cimetière] Jannat-oul-Baqî’ pour prier en sa faveur. ‘Outhman Bin Maz’oun était le premier des émigrants à rendre l’âme à Médine.

Après le décès d’Outhman Bin Maz’oun, son épouse composa l’élégie suivante :

« Mes chers yeux ! Ne tarissez point vos larmes après le trépas d’Outhman, qui du matin jusqu’au soir, cherchait le plaisir divin.

Un homme exemplaire a été enterré. Le Baqî’ et les Gharqads ont été purifiés par cet habitant ; la terre de Baqî’ brille depuis son inhumation.

La tristesse de son trépas m’accompagnera jusqu’à la fin de mes jours ; je vivrai à jamais dans cet état. »

C’était là l’expression des sentiments de son épouse.

Oumm ‘Ala était une femme des Ansâr qui avait prêté allégeance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Elle rapporte qu’on avait tiré au sort [pour déterminer] le logement des Emigrants et qu’Outhman Bin Maz’oun fut choisi pour résider chez elle. Oumm ‘Ala relate : « Lorsque ‘Outhman Bin Maz’oun est tombé malade chez nous, nous avons pris soin de lui et lorsqu’il est décédé nous l’avons enseveli dans ses vêtements. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous a visités et j’ai prié : « Ô Abou Sa’ib ! Que la grâce d’Allah soit sur toi ! » Abou Sa’ib était le nom d’emprunt d’Outhman Bin Maz’oun.

Oumm ‘Ala a ajouté devant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Je témoigne qu’Allah t’a certainement honoré. » En entendant ces paroles le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a demandé : « Comment sais-tu qu’Allah l’a certainement honoré ? » J’ai répondu : « Que mes parents vous soient sacrifiés, ô Envoyé d’Allah ! Je l’ignore. C’étaient là mes sentiments que j’ai ainsi exprimés. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a expliqué : « ‘Outhman est désormais mort et je souhaite le bien pour lui, notamment qu’Allah l'honorera certainement. Mais, par Allah, j’ignore moi-même le traitement qui lui est réservé. Je prierai certainement pour lui. Mais je ne peux annoncer avec assurance qu’il sera certainement honoré, en dépit du fait que je sois le Prophète d’Allah. »

En entendant cela, Oumm ‘Ala a déclaré : « Par Allah ! Jamais à l’avenir je ne qualifierai quiconque de pur. Je ne répéterai jamais qu’untel sera certainement pardonné. Or cela m’avait certainement attristé. Je me suis endormie avec cette tristesse au cœur (en raison de cette relation empreinte d’émotion). Dans un songe, la nuit, on m’a montré une source appartenant à ‘Outhman, qui coulait à flot. Je me suis rendue par la suite auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui ayant raconté le rêve, il m’a expliqué que cette source représentait les actions d’Outhman et qu’Allah m’avait montré qu’il était au Paradis. Ses actions coulaient telle une source. »

C’était là une manière du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) d’éduquer [ses suivants] notamment qu’ils ne devaient pas, avec certitude, témoigner en faveur de la clémence d’Allah. Or, quand Oumm ‘Ala a vu dans ce songe les œuvres éminentes d’Outhman Bin Maz’oun dans la forme d’une source, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les a confirmées. D’ailleurs, il savait qu’Outhman Bin Maz’oun était un des compagnons de Badr qui avait acquis le plaisir d’Allah ; et de surcroit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait prié en sa faveur. Il avait d’ailleurs exprimé ses sentiments à son égard et il était convaincu qu’Allah exaucerait ses prières et qu’Outhman Bin Maz’oun jouirait de la proximité divine. Néanmoins, il a aussi expliqué que l’on ne peut porter pareil témoignage [de façon catégorique] en faveur de personne.

Cet incident est aussi rapporté dans le Mousnad Ahmad Bin Hanbal. Kharija Bin Zayd relate que sa mère a déclaré après le décès d’Outhman Bin Maz’oun : « Abou Sa’ib ! Tu es pur ! Tu avais vécu de très bons jours. » En entendant ces propos, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Qui est-ce ? » [Oumm ‘Ala] a répondu : « C’est moi. » L’Envoyé d’Allah m’a demandé : « Comment en es-tu aussi certaine ? » J’ai répondu : « Les œuvres et le culte d’Outhman Bin Maz’oun me prouvaient qu’il avait certainement mérité la clémence d’Allah. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Certainement je n’ai vu que le bien en la personne d’Outhman Bin Maz’oun. Et sache aussi que je suis le prophète d’Allah. Mais par Allah ! J’ignore moi-même le traitement qui m’est réservé ! »

Il n’existe pas de plus grand adorateur de Dieu que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; il était d’ailleurs Son bien-aimé. Or l’indépendance d’Allah et la crainte qu’Il inspirait étaient telles que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré qu’il ignorait lui-même comment il serait traité.

Ceci doit nous secouer et susciter en nous de l’inquiétude : nous ne devons pas nous enorgueillir de nos bonnes œuvres ou de nos actes cultuels. Au contraire, nous devons toujours faire montre d’humilité et quémander la miséricorde et la grâce divine constamment afin qu’Il nous accorde Sa clémence.

Selon un autre récit de Mousnad Ahmad Bin Hambal, Oum ‘Ala relate : « Outhman Bin Maz’oun est tombé malade quand il séjournait chez nous. Nous avons pris soin de lui jusqu’à son décès. Nous avons revêtu sa dépouille de ses vêtements et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu chez nous. J’ai déclaré : « Ô Abou Sa’ib ! Qu’Allah te soit miséricordieux ! Je témoigne qu’Allah t’a amplement honoré ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a demandé : « Comment sais-tu qu’Allah l’a honoré ? » J’ai répondu : « Je l’ignore, ô Envoyé d’Allah ! Que mes parents soient sacrifiés pour vous. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a expliqué : « Certainement l’appel ultime, c’est-à-dire la mort, lui est venu de la part de son Seigneur. Je souhaite qu’Allah le traitera avec grâce. Or, en dépit d'être le prophète d’Allah, j’ignore moi-même le traitement qui m’est réservé. »

Oumm ‘Ala déclare : « Désormais, je ne qualifierai plus personne de pur. Tout ceci m’avait tout simplement attristé. » Ensuite elle a relaté son rêve au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Ce récit a été mentionné dans deux différents recueils de hadiths.

Allah a exalté son statut et il était d’ailleurs accompagné des prières du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Qu’Allah ne cesse d'accroître son rang et que nous puissions faire naître en nous son pieux exemple.

Le prochain compagnon se nomme Wahb Bin Sa’d Bin Abi Sarh. Son père se nommait Sa’d et il appartenait à la tribu des Banou Amir Bin Lou’ayy. Il était le frère d’Abdoullah Bin Sa’d Bin Abi Sarh et sa mère se nommait Mahana Bint Jabir et appartenait à la tribu des Ash’ari. ‘Abdoullah Bin Sa’d Bin Abi Sarh, le frère de Wahb, était le scribe qui consignait les révélations et qui plus tard est devenu apostat.

Hazrat Mouslih Maw’oud explique ceci à son sujet. « Un des scribes qui consignaient les révélations reçues par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se nommait Abdoullah Bin Sa’d Bin Abi Sarh. Selon la Sirat Al-Halbiyya, il était le frère de lait d’Outhman Bin ‘Affan. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) le faisait venir quand il recevait des révélations. Un jour, il lui a demandé de consigner les versets 14 et 15 de la sourate Al-Mou’minoun. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est arrivé à la partie « Nous l’avons développé en une autre création », le scribe s’est exprimé spontanément : « Aussi, Béni est Allah, le Meilleur des Créateurs ! »

Or, il s’agit justement là du verset quinze de la sourate Al-Mou’minoun. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit au scribe que la révélation se terminait justement par la phrase [qu’il avait énoncée] et qu’il devait la consigner.

Le malheureux n’avait pas compris que telle était la conclusion naturelle dans cette suite de versets. Il s’est dit que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) venait de qualifier de révélation la parole qui était sortie de sa bouche et qu’il se peut donc que le Coran tout entier ne soit que les paroles du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), qu’Allah nous en préserve.

Il est ainsi devenu un apostat et il est retourné à La Mecque. Après la conquête de La Mecque, ‘Abdoullah Bin Sa’d Bin Abi Sarh faisait partie de ceux que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait condamné à mort ; mais ‘Outhman Bin Affan lui avait accordé sa protection, dont voici les détails.

Après la conquête de La Mecque, quand ‘Abdoullah Bin Sa’d Bin Abi Sarh a su que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’avait condamné à mort, il s’est rendu chez Outhman Bin ‘Affan qui était son frère de lait pour lui demander sa protection. Il lui a dit : « Mon frère ! Quémande la clémence du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en ma faveur avant qu’il ne me fasse tuer. »

Ce récit est consigné dans la Sirat al-Halbiyya. Hazrat Mouslih Maw’oud explique qu’Abdoullah Bin Sa’d Bin Abi Sarh s’est caché quelques jours dans la maison d’Outhman Bin ‘Affan. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) acceptait l'allégeance des Mecquois, Outhman Bin ‘Affan a présenté Abdoullah Bin Sa’d Bin Abi Sarh au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui a demandé d’accepter son allégeance. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a réfléchi quelques instants avant d’accepter son allégeance. C’est ainsi qu’il a embrassé l’islam de nouveau. Or, sa condamnation à mort était motivée par d’autres raisons : il avait fomenté des troubles et la sédition entre autres. Il n’a pas été condamné à mort pour la simple raison qu’il été devenu un apostat.

‘Asim bin ‘Oumar relate qu’après avoir quitté La Mecque pour se rendre à Médine, Wahb avait logé chez Koulthoum Bin Hidam. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Wahb et Sou’ayd Bin ‘Amr. Et tout deux sont tombés en martyrs lors de la bataille de Mou’ta.

Wahb avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, et du fossé, au traité de Houdaybiyya et à la bataille de Khaybar. Il est tombé en martyr aux cours du mois de Jamadil-Oula en l’an 8 de l’Hégire. Il avait 40 ans lorsqu’il est tombé en martyr.

Quelles étaient les raisons de la bataille de Mou’ta ? On en trouve mention dans le recueil Tabaqât al-Koubra. Cette bataille à eu lieu au cours du mois de Jamadil-Oula en l’an 8 de l’Hégire. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait envoyé Harith Bin ‘Oumayr comme émissaire au roi de Basrah afin de lui remettre une lettre. Quand il est arrivé à Mou’ta, Shahrabil Bin ‘Amr al-Ghassani, qui était un des gouverneurs de l’empereur byzantin en Syrie, l’a arrêté et l’a fait tuer, selon la Sirat al-Halbiyya. Harith Bin ‘Oumayr était l’unique émissaire du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui a été tué. Cet incident a fort attristé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a invité les musulmans à prendre les armes : ils étaient trois milles. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait choisi Zayd Bin Harith comme commandant de cette armée et lui a confié un drapeau blanc ; il lui a conseillé de se rendre là où Harith Bin ‘Oumayr est tombé en martyr et d’inviter les gens de là-bas vers l’islam. S’ils embrassaient l’islam, ils seraient laissés en paix, sinon Zayd Bin Harith devait implorer l’aide de Dieu et livrer bataille contre eux. Wahb faisait aussi partie de cette armée.

Je vous présente d’autres détails à propos de cette bataille. ‘Abdoullah Bin ‘Amr relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait choisi Zayd Bin Harith comme commandant à la tête de l’expédition de Mou’ta. Il a aussi déclaré que si Zayd tombait en martyr, il serait remplacé par Ja’far. Si ce dernier tombait lui aussi en martyr, ‘Abdoullah Bin Rawaha serait le chef de l’armée. Cette armée était aussi connue comme la Jaysh al-Oumara. Hazrat Mouslih Maw’oud explique que, selon un récit, un juif était présent lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) donnait ces directives. Le juif s’est rendu auprès de Zayd et lui a dit ceci : « Si Muhammad est véridique, aucun de vous trois ne retournera vivant. » Zayd a répondu : « Peu importe si je retourne vivant ou pas. En tout cas, je suis certain que Muhammad est un vrai messager et un vrai prophète. »

Allah avait informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à propos des martyrs de cette bataille. Anas Bin Malik relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Zayd a pris le drapeau et il est tombé en martyr. Ensuite Ja’far a pris le drapeau et il est lui aussi tombé en martyr. ‘Abdoullah Bin Rawaha l’a pris et il est lui aussi tombé en martyr. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait les larmes aux yeux lorsqu’il donnait ces nouvelles. N’ayant plus de chef, Khalid Bin Walid a pris le drapeau et il a remporté la victoire. Qu’Allah exalte continuellement le rang de ces compagnons. Après ces observations à leur sujet, je voudrais mentionner quelques personnes récemment décédées et dont je dirigerai la prière funéraire.

Le premier se nomme Malik Muhammad Akram Sahib : il était missionnaire et il est décédé hier, le 25 [avril] à Manchester. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Sa dépouille est ici présente et je dirigerai sa prière funéraire à l'extérieur après la Salat, Incha Allah. Il est né le 2 février 1947 à Malikwal dans le district du Gujerat. Il avait fait la bai’ah de son propre chef en 1961. Son frère aîné, Master Azam Saheb, était déjà ahmadi et avait fait la bai’ah. Le défunt l’a fait par son entremise. Je me souviens d’un article écrit par Malik Muhammad Akram Sahib, le défunt, dans lequel il expliquait qu’il était venu étudier à Rabwah. Il a fait la bai’ah par la suite car il a été touché par l'atmosphère de Rabwah.

En tout cas, après sa bai’ah en 1962, il a dédié sa vie pour servir la Jama’at. Après sa licence, il a eu ses diplômes de Shahid et de Fadil en arabe. Il a été affecté comme missionnaire en 1971. Le troisième Calife avait célébré son Nikah avec Amatul Karim Sahiba, la fille de Maulvi Abdul Basharat Abdul Ghaffur en 1970.

Le défunt a servi comme missionnaire dans différents endroits au Pakistan et à l’extérieur. Au Royaume-Uni, il a travaillé à Oxford, Manchester, Glasgow et Cardiff pendant environ 30 ans. Il a servi pendant 48 ans en tout.

Au Royaume-Uni, il a servi pendant plusieurs années en tant qu’adjoint à l’Afsar Jalsa Gah. De 1972 à 1973, il a travaillé dans plusieurs endroits au Pakistan. De 1973 à 1977, il a servi en Gambie. De 1977 jusqu’à 1979 il a servi à Karachi. Ensuite de 1979 jusqu’en 1980 il a travaillé à la Wakalat-Tabshir à Rabwah. De 1980 jusqu’à 1983, il a servi en tant que principal du collège des missionnaires à Ilaro au Nigeria. Il est ensuite retourné et a séjourné à Rabwah jusqu’en 1989. De 1989 jusqu’en 2018, il était affecté au Royaume-Uni. En février 2007, il avait pris sa retraite en raison de son âge. Il a été réembauché par la suite et il a servi jusqu’en 2018. Il était certes un Waqif-e-Zindagi, mais en raison de sa santé il n’a pas pu continuer à travailler. Il avait aussi pris sa retraite. Mais il n’a été hors service que pour quelques mois. Ainsi, il a rendu l’âme en servant la communauté.

L’Amir Saheb du Royaume-Uni relate que le défunt était un travailleur infatigable et qu’il faisait preuve d’une grande obéissance. Il était quelqu’un de très calme et il accomplissait diligemment et honnêtement toute tâche qu’on lui confiait. Il envoyait immédiatement ses rapports. La mosquée Dar ul Aman a été construite lors de son affectation à Manchester. Le défunt était très actif dans la collecte des fonds pour la mosquée.

Ata-Ul-Mujeeb Rashed Saheb écrit ceci : « Akram Saheb possédait de nombreuses qualités nobles et louables. Il était vertueux, honnête, très sincère et un fidèle ahmadi. Il était un missionnaire enthousiaste et accomplissait sa mission avec une énorme passion. Il faisait preuve d’une grande obéissance à l’égard du Califat et il était un éminent serviteur de la communauté. »

Majid Sialkoti Saheb écrit : « Malik Saheb possédait d'innombrables qualités. Être un serviteur fidèle du Califat était une de ses qualités les plus notables. Il était passionné de Tabligh. Durant nos études, il a visité notre village au cours des vacances : il avait encouragé [les autres] à prêcher le message [de l’Ahmadiyya]. D’ailleurs il se consacrait lui-même à la prédication. Il consacrait ses vacances à servir sous l’égide des Khouddam et des Ansar. Il a fait preuve, durant toute sa vie, d’une grande obéissance. »

Aslam Khalid, qui travaille dans le bureau du secrétaire privé à Londres, écrit que le défunt lui était apparenté. En effet, de par son mariage, le défunt était de sa belle-famille. Il commente que le défunt a conquis les cœurs des membres de la Jama’at là où il a été affecté. En dépit de sa maladie, là où il a été affecté, les gens ont de très bon souvenir de lui, en particulier à Manchester.

Il était très bienveillant envers les enfants et les jeunes de la Jama’at.

Khalid Saheb relate : « Le défunt a raconté qu’un jeune, qui s’était marié, a téléphoné au défunt vers deux heures et demie ou trois heures du matin pour l’informer de la naissance de son premier enfant. Akram Saheb, le défunt, s’est dit qu’il aurait pu l’en informé durant la matinée au lieu de l’appeler en plein milieu de la nuit. Or la phrase suivante de ce jeune, qui éprouvait de l'affection pour le missionnaire qui s’occupait de sa formation, l’a laissé bouche-bée. Le jeune a déclaré : « Mourabbi Saheb ! Je m’étais promis de vous informer en premier lorsqu’Allah m’accorderait un enfant ! Étant donné que je vous ai informé, je peux à présent téléphoner à mon père. »

Telle était l’affection des gens à l’égard du défunt et la sienne à l’égard des membres de la Jama’at. Qu’Allah exalte son rang et qu’Il lui accorde Son pardon ; et qu’Il accorde la patience aux membres de la famille endeuillée.

Je dirigerai sa prière funéraire en présence de sa dépouille à l’extérieur après la Salat.

La deuxième prière funéraire sera celle de Chaudhry Abdush Shakoor, qui a servi comme missionnaire. Il était le fils de Chaudhry Abdul Aziz Saheb Sialkoti. Il est décédé le 12 avril dernier : c’est à Allah que nous appartenons et c’est à lui que nous retournerons. Chaudhry Abdush Shakoor est né le 10 novembre 1935 dans une famille ahmadie. Son grand-père avait fait la bai’ah en 1901. Chaudhry Abdush Shakoor a passé ses examens de Shahid et de Fadil après son BAC et il a dédié sa vie en juin 1956. Il avait travaillé comme dactylographe dans le département des chemins de fer, avant de passer son examen de Fadil en 1962 et de Shahid à la Jami’a Ahmadiyya en 1963. Il a été affecté dans le bureau de la Wakalat ul Mal Thani en juillet 1963 et il a ensuite servi dans différents bureaux à Rabwah.

Le défunt a été affecté en Sierra Leone en 1964 pour la prédication du message de l’islam. Il y est resté jusqu’en novembre 1968. Il a servi au Ghana de décembre 1970 jusqu’en décembre 1973 et en Gambie de 1975 jusqu’en 1978. Il a servi au Libéria de février 1980 jusqu’en avril 1986.

Le défunt a servi comme Amir et Missionnaire en Charge dans ces différents pays. En 1990, il a été nommé l’adjoint du Wakil Ut Tabshir. Il a aussi servi en tant que l’adjoint du Wakil Ul Mal Thalith, secrétaire du comité sur les habitations et l’adjoint du Wakil Ul Mal Thani. En 1995, il a pris sa retraite et il a été rembauché par la suite. Il a repris sa retraite en 2004 en raison de son glaucome.

Son fils, le Dr Abdul Saboor Saheb qui se trouve aux Etats-Unis, a écrit : « Mon père était une personne simple et travailleur. Nous avons eu l’occasion de le voir à l’œuvre en train de transmettre le message et de s’occuper de la formation au Libéria où il a servi en tant qu’Amir et Missionnaire en Chef. Il s’investissait beaucoup dans la préparation de ses sermons. Il faisait d’excellents sermons qui comportaient des références coraniques, des hadiths, des extraits des livres de la communauté ainsi que des références bibliques. Il transmettait le message aux chrétiens et aux musulmans en se basant sur des arguments, et il parlait d’une façon très aimable. »

Ensuite il ajoute : « Il s’est lui-même occupé entièrement des dépenses liées à l’éducation de ses enfants et ce en dépit de son maigre salaire. Il nous a permis à tous de faire de grandes études. »

Mahmood Tahir Saheb qui est Qaid Amoomi Ansarullah au Pakistan, écrit : « Il rendait des services en silence. Il n’interférait pas inopinément dans les affaires des autres et était toujours de bon conseil. »

L’adjoint du Wakil-ut-Tabshir  écrit : « C’était une personne qui était très simple, décente et de nature pure. Il avait une relation de grande fidélité envers le Califat et la communauté. »

Haidar Ali Zafar, l’Amir-adjoint actuel de l’Allemagne, écrit : « Abdul Shakoor Saheb possédait de nombreuses qualités : c’était une personne sincère, simple, travailleuse. Il dépensait les biens de la Jama’at avec parcimonie. Il était une personne pieuse et qui avait des principes. Il a dirigé à merveille la librairie de la Jama’at au Libéria, et à l’aide des revenus générés, il a fait construire une mosquée et une maison pour le missionnaire. Il a fait bâtir un petit complexe sur un terrain étroit, qui comportait une bibliothèque, une maison d’hôte, et une mosquée avec une partie pour les hommes et une autre pour les femmes. Il y avait également une maison pour le missionnaire et au cours de la construction de la mosquée il aidait également les ouvriers. » Il a généré lui-même des revenus, a fait construire une mosquée, un complexe, et travaillait également avec les ouvriers durant la construction.  Haidar Ali Saheb ajoute : « En 1986, je l’ai succédé et j’ai mentionné lors des adieux la construction de la mosquée et de la maison de missionnaire, soulignant qu’il avait fait de grands efforts pour cela, et que cela a été grandement apprécié ; le défunt a répondu en toute humilité : « Avant moi, un missionnaire a eu l’opportunité d’acheter ce terrain, et Allah l’Exalté m’a donné l’opportunité que la mosquée soit construite en ma présence. Maintenant vous pouvez y organiser des activités de Tabligh ; nous avons eu l’opportunité de faire tout cela uniquement par la grâce d’Allah. » Le défunt faisait partie du système de Wassiyyah. Il laisse derrière lui sa femme, deux filles et trois fils. Qu’Allah exalte son rang.

La troisième prière funéraire, en l’absence du corps, sera celle de Mohammad Saleh Mohammad Saheb, Mou’allim Waqf-e-Jadid. Il décéda le 21 avril 2019. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Son arrière-grand-père maternel Nana Malik Ullah Bakhsh Saheb était un compagnon du Messie Promisas qui après avoir été témoin du signe des éclipses lunaires et solaires, vint à Qadian à pied depuis Lodhran et eut l’opportunité de faire la Bai’ah sur la main du Messie Promisas. Son père, Ghulam Mohammad Saheb, faisait partie des premiers Mou’allimine de la communauté. Son père était également Mou’allim. Il naquit en 1959, en 1976 il a essayé d’intégrer la Jami’a Ahmadiyya, mais du fait qu’il avait dépassé l’âge limite d’éligibilité, il n’a pu être admis. Il a donc travaillé dans une usine à Kotri.

Son fils écrit : « Mon grand-père Malik Ghulam Mohammad Saheb, qui était Mou’allim, est venu le visiter à Kotri et il n’a pas apprécié l’environnement. Il lui a conseillé aussitôt de démissionner, et de dédier sa vie en tant que Mou’allim dans le département du Waqf-e-Jadid. Le défunt a démissionné et a dédié sa vie. Il était déjà marié. Lorsqu’il était employé il gagnait 450 roupies, ensuite il a rejoint l’école des Mou’allimine et une fois diplômé il avait une rémunération de 135 roupies, et malgré cela il trouvait que le fait de servir la religion était en soi une très grande récompense qu’Allah lui a accordée.

Il a débuté sa vie de dédié avec une rémunération équivalente à 1/4, ou disons 1/3, de ce qu’il gagnait avant ; mais avant il ne gagnait que des biens mondains.

Il a été affecté en 1989 à Nagar Parkar, où régnait des conditions très difficiles. Son fils, qui est lui-même missionnaire, ajoute : « Ma mère m’a raconté : Lorsqu’il a été affecté à Nagar Parkar dans un village, en raison du fait qu’une maison pour Mou’allim était abandonnée depuis un long moment, et s’était affaissée ; durant la journée ton père allait très loin pour chercher de l’eau et de la terre, et le soir ton père et moi faisions des briques en terre, et une fois que les briques faites, nous avions nous-mêmes reconstruit la demeure. »

Il n’y avait aucun endroit où habiter ; les premiers Mou’allimine qui sont arrivés dans la région du Sindh ont fait preuve de grands sacrifices. Le défunt est allé chercher de l’eau de très loin, il a rassemblé de la terre ; puis, il a fabriqué des briques et a construit lui-même sa demeure. Il n’a rien demandé à la Jama’at.

Son fils ajoute : « Il n’y avait pas beaucoup de commodités à Nagar Pakar, donc lorsqu’il assistait à des réunions, il profitait de l’occasion pour prendre des vivres, des médicaments homéopathiques, et diverses choses pour un mois, car il habitait dans un endroit très reculé. Un jour il vint assister à une réunion, et il s’égara sur le chemin du retour : c’était un désert, les gens avaient pour habitude de suivre des traces de pas laissés dans le sable pour se guider. Il n’a pu reconnaître les pas et se trompa de route, et entre-temps il fut à court d’eau. Au Sindh il fait très chaud, et en raison de la fatigue il s’évanouit et tomba. Deux personnes montées sur des chameaux passèrent par-là, et virent qu’un homme était allongé sur le sable, et lorsqu’ils s’approchèrent ils virent qu’il s’agissait de [celui appelé] « Docteur », comme il avait pour coutume de prescrire des médicaments homéopathiques aux gens à Nagar Pakar. Ces deux hommes faisaient partis de ses patients. Ils prirent une gourde et lui donnèrent à boire et l’amenèrent dans leur village, où il passa la nuit. Le lendemain ils l’amenèrent jusqu’au centre. »

Son fils ajoute : « Il enjoignait à ses enfants de faire la prière ; il faisait régulièrement la prière de Tahajjoud. Le jour où il décéda aussi, il avait fait la prière de Tahajjoud, et il avait également réveillé ma mère. C’était une personne très joviale qui était aimante envers les gens. Même si une personne se comportait mal envers lui, il faisait toujours preuve de patience, il ne répondait à personne. Il excellait dans le fait de créer des liens avec les gens ; il était très connu. En raison de son honnêteté, les gens laissaient leurs biens auprès de lui. Dès qu’il y avait un conflit au sein d’une famille, il essayait d’en concilier les membres. »

Le défunt faisait partie du système de Wassiyyah. Il laisse derrière lui sa femme, trois fils et trois filles. L’un de ses fils, Mubarak Ahmad Muneer Saheb, est en train de servir au Burkina Faso en tant que Missionnaire, et en raison de cela il n’a pu se rendre au Pakistan pour les funérailles de son père. Qu’Allah exalte continuellement son rang, et qu’Il fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard, et qu’Il permette également à ses enfants de servir la religion avec ce même enthousiasme et faisant ces mêmes sacrifices.

La quatrième prière funéraire sera celle de Mawaishey Jumah Saheb, qui résidait en Tanzanie. Il décéda le 13 mars. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Il naquit en 1933-34 dans la région Morogoro de Tanzanie. Il rejoint la Jama’at en 1967. Voici le récit de son acceptation de l’Ahmadiyya.

Il y existait une tradition chez les oulémas sunnites ; ils faisaient faire des cérémonies en mémoire aux personnes décédées et les Aqiqah des enfants décédés à un même endroit. Le défunt s’opposait à cette pratique. Il se demandait à quoi rimait le fait de faire cette cérémonie en hommage à l’enfant décédé et de faire [de surcroît] son Aqiqah. Il ajouta que certains oulémas sunnites accomplissaient l’Aqiqah des enfants décédés sous peu et pas de ceux qui étaient vivants. [D’autres] faisaient la cérémonie pour l’enfant défunt et son Aqiqah pour avoir le plus d’occasion possible de participer à des festins. Il n’avait jamais rien vu de tel dans les enseignements islamiques qui justifiaient ce que les Mollahs faisaient. Le défunt était très contrarié et déçu de voir cet état des musulmans. Il priait Allah l’Exalté de faire descendre Isaas afin qu’il donne une nouvelle vie à l’islam. Le missionnaire en chef écrit : « Selon ses dires, lorsqu’il rencontra un missionnaire de l’époque, qui s’appelait Jamil-ur-Rahman Rafiq Saheb, qui est actuellement Wakil ul Isha‘at au Pakistan, celui-ci lui dit qu’il y a un hadith du Saint Prophètesa qui dit que celui qui n’a pas accepté l’Imam de son époque, mourra une mort d’ignorance. Le défunt réfléchit et s’était dit : « Je n’ai pas encore accepté l’Imam de cette époque c’est pour cette raison que je ne suis pas un véritable musulman. » Sans perdre plus de temps il fit aussitôt la Bai’ah. Après avoir fait la Bai’ah il retourna à son village et y transmit le message à ses frères et sœurs, à sa famille, à ses amis, et les réunissant tous il leur transmit le message du Messie Promisas ; la même année son frère, feu Aidi Solayman, accepta l’Ahmadiyya. La femme de Jumah Saheb l’avait accepté aussitôt après avoir écouté son message. Le défunt a dû faire face à une vive opposition. Mais peu à peu les gens ont rejoint la communauté. En plus de son village de Makiouni, la Jama’at s’est propagée dans tous les villages avoisinants. »

Le missionaire en chef ajoute : « La Jama’at de Makiouni est une Jama’at exemplaire de la région de Morogoro, et elle a été établie par l’intermédiaire de ses efforts.

Depuis le moment où il a rejoint la Jama’at jusqu’à sa mort, chacun de ses actes reflétait son amour pour le Califat, il respectait grandement les missionnaires et les officiers de la Jama’at. Il respectait la hiérarchie de la Jama’at. Il appréciait grandement le fait de transmettre le message, et le faisait constamment, et ne laissait passer aucune occasion de le faire. Il faisait partie des premiers à payer ses cotisations ; il était dans le souci permanent de payer ses cotisations sur tout revenu qu’il percevait, et avait pour coutume de dire que ce monde éphémère ne vaut rien. Il faisait partie du système de Wassiyyah, et il enjoignait les gens à faire partie de ce système béni. Il était exemplaire également en ce qui concerne les prières. Il accomplissait régulièrement les cinq prières quotidiennes. Il conseillait également ses enfants et petits-enfants à les faire. Il prenait grand plaisir à faire la prière de Tahajjoud. Il avait mémorisé de nombreuses prières du Saint Prophètesa. Il avait grand plaisir à lire les livres du Messie Promisas.

Son fils Shamoun Jumah Saheb, qui enseigne à la Jami’a Ahmadiyya de Tanzanie, écrit : « De 1987 à 1990, mes deux frères et moi étions étudiants à la Jami’a de Tanzanie (qui offrait un cursus Moubashir). Je me souviens qu’une fois, lors des vacances, nous avions décidé entre frères que l’un de nous quitterait le cursus et reviendrait aider les parents dans leurs tâches quotidiennes. Nous avions fait part de cela à notre père ; celui-ci en fut très contrarié. » Son fils Shamoun Jumah Saheb ajoute : « Je ne peux oublier ce jour : mon père était très en colère, et il nous enjoignit d’avoir confiance en Allah l’Exalté et de continuer notre cursus à la Jami’a, de ne jamais quitter ce cursus. » Il a insufflé un enthousiasme à servir la religion chez ses trois enfants.

Qu’Allah fasse preuve de miséricorde et de pardon à son égard, qu’Il élève son rang, et qu’Il permette également à sa descendance de devenir de véritables serviteurs de la religion, de l’islam. Comme je l’ai mentionné, après la prière [du vendredi], je dirigerai la prière funéraire de ces personnes. Il y aura une prière en présence du corps qui sera celle de Malik Akram Saheb ; je vais sortir pour ce faire. Je demande aux frères de rester dans la mosquée pour y participer.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)