Sermon du vendredi 01 mars 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Je vais continuer avec le thème des récits de la vie des compagnons de Badr et j’en évoquerai quelques-uns dans [le sermon] d’aujourd’hui.

Khawli Bin Abi Khawli avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud et à toutes les campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Abou Ma’char et Mohammad Bin ‘Oumar déclarent que Khawli avait participé à la bataille de Badr avec son fils, mais ils n’ont pas mentionné le nom de ce dernier. Mohammad Bin Ishaq, un autre historien, relate que Khawli Bin Abi Khawli y avait participé avec son frère nommé Malik Bin Abi Khawli.

Selon un autre récit, Khawli et ses deux frères, Hilal Bin Abi Khawli et ‘Abdoullah Bin Abi Khawli, y avaient participé. Khawli Bin Abi Khawli est décédé lors du califat d’Oumar.

Le deuxième compagnon se nomme Rafi’ Bin Al-Mou’allah. Il appartenait au clan des Banou Habib de la tribu de Khazraj. Sa mère se nommait Hidam Bint ‘Awf. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Rafi’ et Safwan Bin Bayda. Tous les deux avaient participé à la bataille de Badr. Selon certains récits, ils seraient tombés en martyrs lors de la bataille de Badr. Selon un autre, Safwan Bin Bayda n’était pas tombé en martyr lors de cette bataille. Selon Moussa Bin ‘Ouqbah, Rafi’ et Hilal Bin Mou’allah, son frère, avaient [tous deux] participé à la bataille de Badr. ‘Ikramah Bin Abi Jahal avait tué Rafi’ Bin Mou’allah lors de cette bataille.

Le prochain compagnon se nomme Dhouch-Chimalayn ‘Oumayr Bin ‘Abdi ‘Amr. Son nom d’origine était ‘Oumayr et son nom d’emprunt Abou Mouhammad. Selon Ibn Hicham on le surnommait Dhouch-Chimalayn parce qu’il utilisait davantage sa main gauche. Selon un autre récit il utilisait ses deux mains : c’est pour cette raison qu’on le nommait aussi Dhoul-Yadayn.

Il appartenait à la tribu de Khouza’a : il était l’allié des Banou Zouhra. ‘Oumayr avait quitté La Mecque pour se rendre à Médine où il avait logé chez Sa’d bin Khaysama. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre lui et Yazid Bin Harith. Tous les deux sont tombés en martyr lors de la bataille de Badr.

Ousama al-Jochami avait tué ‘Oumayr : celui-ci avait trente ans lorsqu’il est tombé en martyr. Selon Tabaqat al-Koubra, Abou Ousama al-Jochami l’avait tué.

Le prochain compagnon se nomme Rafi’ Bin Yazid ou Rafi’ Bin Zayd selon un autre récit. Rafi’ Bin Yazid appartenait au clan Banou Za’our Bin ‘Abdil Ach’al de la tribu d’Aws de Médine. La mère de Rafi’ se nommait ‘Aqrab Bint Mou’adh et était la sœur du fameux compagnon Sa’d Bin Mou’adh. Ousayd et ‘Abdour Rahman étaient les deux fils de Rafi’. Leur mère se nommait ‘Aqbrab Bint Salama. Rafi’ avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud. Selon un récit, le jour de la bataille de Badr il était sur le chameau de Sa’id Bin Zayd. Il est tombé en martyr lors de la bataille d’Ouhoud.

Le prochain compagnon se nomme Zaqwan Bin ‘Abdi Qays : Abous-Soubh était son nom d’emprunt. Zaqwan appartenait au clan des Banou Zourayq de la tribu de Khazraj de Médine. Il avait participé à la première et à la deuxième Bai’ah d’Aqabah. Un point intéressant à son sujet est qu’il avait émigré de Médine pour s’établir à La Mecque où demeurait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). On disait de lui qu’il était un « émigrant al-Ansari ». Il a vécu quelque temps à La Mecque auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Il avait participé à la bataille de Badr et celle d’Ouhoud, lors de laquelle il est tombé en martyr. Abou Hakam bin Akhnas l’avait tué.

Zaqwan Bin ‘Abdi Qays était nommé Mouhajir-al-Ansari (émigrant al-Ansari). Dans Tabaqat al-Koubra, ‘Allama Ibn Sa’d déclare : « Les Qouraychites étaient furieux quand les musulmans ont émigré à Médine, en particulier contre les jeunes. Un groupe d’Ansar avait prêté allégeance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de la deuxième bai’ah d’Aqabah. Ils sont ensuite retournés à Médine. Quand les premiers émigrants sont arrivés à Qoubah, ces Ansar sont partis à La Mecque et ont émigré à Médine avec le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses compagnons. C’est pour cette raison qu’on les nommait les « Ansar-Muhajjirine ».

Parmi eux se trouvaient Zaqwan Bin ‘Abdi Qays, ‘Ouqbah Bin Wahab, ‘Abbas Bin ‘Oubadah et Ziyad Bin Labid. Par la suite tous les musulmans sont partis à Médine hormis le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Abou Bakr et ‘Ali, ainsi que ceux qui étaient tourmentés, emprisonnés, malades ou faibles.

Souhail Bin Abi Salih rapporte que lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est sorti pour la bataille d’Ouhoud, il a indiqué dans une direction et a demandé : « Qui ira là-bas ? » Zaqwan Bin ‘Abdi Qays, de la tribu des Banou Zourayq, a déclaré : « Je m’y rendrais, ô Prophète d’Allah ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé : « Qui es-tu ? » Il a répondu : « Zaqwan Bin ‘Abdi Qays. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a enjoint de s’asseoir et il a répété sa question à trois reprises. Ensuite il a dit : « Partez dans telle ou telle direction. » Zaqwan Bin ‘Abdi Qays a demandé : « Certainement, j’irai là-bas. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a commenté : « Celui qui souhaite voir quelqu’un qui marchera sur la verdure du Paradis demain, eh bien qu’il regarde celui-là. » Zaqwan Bin ‘Abdi Qays est parti présenter ses adieux aux membres de sa famille. Sa femme et ses filles lui ont demandé : « Tu nous abandonnes ? » Zaqwan Bin ‘Abdi Qays a tiré son pan de vêtement de leurs mains et s’est éloigné un peu et a dit dans leur direction : « Nous allons nous rencontrer le jour de la résurrection ! » Il est tombé en martyr lors de la bataille d’Ouhoud.

Ce jour-là le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda à ses compagnons : « L’un d’entre vous sait-il où se trouve Zaqwan Bin ‘Abdi Qays ? » ‘Ali répondit : « Ô Envoyé d’Allah ! J’ai vu un cavalier qui poursuivait Zaqwan et quand il s’est rapproché de lui, il lui a lancé : « Si tu as la vie sauve aujourd’hui, la mienne ne le sera pas ! » Le cavalier a tué Zaqwan qui était à pied. « Je suis Ibn Ilaj ! » disait l’assaillant en lançant l’attaque. ‘Ali expliqua qu’il attaqua ce dernier et lui trancha la jambe en deux d’un coup d’épée. Il le fit tomber de son cheval et le tua. Il s’agissait d’Aboul Hikam Bin Akhnath, relata ‘Ali.

Le prochain compagnon se nomme Khawat Bin Joubayr al-Ansari. Son nom d’emprunt était Abdullah et Abou Salih. Il appartenait au clan des Banou Thalaba et il était le frère d’Abdoullah Bin Joubayr, que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait [nommé à la tête] de cinquante archers devant protéger le col de montagne lors de la bataille d’Ouhoud.

Khawat était de taille moyenne et il est décédé en l’an quarante de l’hégire à l’âge de 74 ans selon certains récits, ou 94 ans selon d’autres. Il utilisait du henné ou du Wasma (indigo) pour se teindre [les cheveux]. Khawat Bin Joubayr accompagnait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour la bataille de Badr quand il a été blessé par la pointe d’une pierre. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a renvoyé à Médine mais lui a offert sa part du butin à l’instar des autres combattants. Khawat Bin Joubayr avait participé aux batailles d’Ouhoud et du fossé ainsi qu’à toutes les autres batailles en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Khawat relate : « Nous avions campé une fois à Marra Al-Zahran en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Quand je suis sorti de ma tente j’ai vu quelques femmes qui conversaient. J’en étais curieux : je suis retourné pour revêtir une Joubba (un long manteau) et m’asseoir tout près d’elles. »

En somme, il s’était déguisé pour s’asseoir à côté de ces femmes qui conversaient. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est sorti de sa tente au même moment. Khawat a pris peur en le voyant et lui a dit : « Mon chameau s’est enfui et je suis en train de le chercher ! » Khawat relate : « Je me suis levé tout de suite et j’ai suivi le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; il m’a donné son châle qui flottait au vent pour ensuite se rendre derrière des arbustes. Après s’être soulagé, il a fait ses ablutions et est retourné. Des gouttes d’eau de sa barbe tombaient sur sa poitrine. En plaisantant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a demandé : « Ô Khawat ! Que s’est-il passé avec ton chameau ? » En effet, le chameau ne s’était pas égaré et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait compris que Khawat était assis là-bas pour écouter la conversation, un comportement qui est condamnable. Khawat relate : « Nous sommes partis et chaque fois que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) me rencontrait il me demandait : « Ô Abou ‘Abdillah ! Qu’a fait ce chameau ? » Étant donné que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) me taquinait de temps en temps je me suis caché à Médine et je n’allais plus à la mosquée et ne participais plus aux rencontres du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Quelque temps après, je suis parti à la mosquée et je me suis mis debout pour prier. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est sorti de sa chambre et il a accompli deux Raka’at de prière. J’ai rallongé la mienne espérant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) rentrerait et me laisserait tout seul. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « Ô Abou ‘Abdillah ! Tu peux rallonger ta prière autant que tu le voudras. Je t’attendrai là ! » Je me suis dit : « Par Allah ! Je présenterai mes excuses au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et dissiperai tous ses doutes à mon propos. » Quand j’ai terminé ma prière le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Abou ‘Abdillah ! Que la paix soit sur toi ! Que s’était-il passé avec ce chameau qui avait pris la fuite ? » J’ai répondu : « Je jure par Celui qui vous a envoyé avec la vérité. Ce chameau n’a jamais pris la fuite depuis que j’ai embrassé l’islam ! » À trois reprises le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Qu’Allah ait pitié de toi ! » Par la suite le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne m’a plus jamais parlé à ce propos. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) voulait indiquer que ce n’était pas la peine de lui cacher ces faits et qu’il était condamnable d’accoster les gens pour épier leurs conversations.

Khawat relate : « Je suis tombé une fois malade et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu me rendre visite. Quand je me suis rétabli il m’a conseillé ceci : « Ô Khawat ! Tu t’es rétabli à présent. Respecte la promesse que tu as faite à Allah. » Khawat a répondu : « Je n’en ai fait aucune à Allah. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a expliqué : « Tout malade formule un vœu à Allah ou promet d’accomplir une action. Il promet certainement que si Allah me donne la santé je ferai ceci ou cela. Respecte la promesse que tu as faite à Allah. »

Nous devons tous méditer à ce propos.

Ayant eu connaissance de la traîtrise des Banou Qourayzah, après la bataille du fossé, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur a envoyé une délégation. Mirza Bashir Ahmad Saheb a écrit à ce propos dans son ouvrage Sirat-Khataman-Nabiyine : « Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a eu vent de la traîtrise des Banou Qourayzah, il a envoyé secrètement Zoubayr Bin Al-‘Awam à quelques reprises pour s’en informer. Ensuite il a envoyé Sa’d Bin Mou’adh et Sa’d bin ‘Oubadah, les chefs des tribus d’Aws et Khazraj et d’autres compagnons influents vers les Banou Qourayzah. Il leur a demandé de l’informer, confidentiellement et par signes, s’il y avait quelque danger afin de ne pas causer de la panique. La délégation est partie chez les Banou Qourayzah et ils ont rencontré Ka’b Bin Asad, leur chef, qui s’est comporté orgueilleusement. Sa’d Bin Mou’adh et Sa’d bin ‘Oubadah lui ont rappelé l’engagement [des juifs]. Ka’b et sa tribu ont déclamé : « Partez d’ici ! Nous n’avons pas signé de pacte avec Mohammad (s.a.w.) ! »

La délégation est partie en entendant ces paroles : Sa’d Bin Mou’adh et Sa’d bin ‘Oubadah se sont présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour l’informer, de manière appropriée, à propos de la situation. Khawat Bin Joubayr faisait aussi partie de la délégation.

Selon un récit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait envoyé Khawat Bin Joubayr sur son cheval, nommé Janah, chez les Banou Qourayzah.

Khawat Bin Joubayr relate : « Nous étions partis accomplir le Hajj en compagnie d’Oumar. Abou ‘Oubaydah Bin Jarrah et ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf étaient eux aussi de la compagnie. Darar Bin Khattab était un poète qouraychite ayant embrassé l’islam après la conquête de La Mecque et les gens ont demandé qu’on présentât quelques vers qu’il avait composés. Le Calife ‘Oumar a déclaré : « Laissez Abou ‘Abdillah, c’est-à-dire Khawat, réciter quelques vers des siens. » J’ai récité les miens jusqu’à l’aube quand ‘Oumar m’a demandé de m’arrêter. »

Rabi’a Bin Aqsam est un autre compagnon dont le nom d’emprunt était Abou Yazid. Rabi’a était corpulent et de taille courte : il appartenait au clan d’Asad Bin Khouzaymah. Rabi’a faisait partie des émigrants et il avait logé chez Moubachir Bin ‘Abdil Moundhir avec quelques compagnons. Il avait trente ans lorsqu’il a participé à la bataille de Badr. Il était aussi présent à Ouhoud, à la bataille du fossé, au traité de Houdaibiya et à la bataille de Khaybar lors de laquelle il est tombé en martyr à l’âge de 37 ans entre les mains d’un juif nommé Harith, à Nita, une des forteresses situées à Khaybar.

Le prochain compagnon se nomme Rifa’a Bin ‘Amr Al-Jouhni : certains le nomment aussi Wadi’a Bin ‘Amr. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud. Il était l’allié des Banou Najjar, une tribu des Ansar.

Le prochain compagnon se nomme Zayd Bin Wadi’a : il appartenait à la tribu de Khazraj. Il avait participé à la bai’ah d’Aqabah, à la bataille de Badr et celle d’Ouhoud, lors de laquelle il est tombé en martyr. Sa mère se nommait Oumm Zayd Bint Harith et son épouse Zaynab Bint Sahal. Il avait trois enfants de ce mariage : Sa’d Bin Zayd, Oumamah et Oumm Koulthoum. Son fils Sa’d s’était établi à Aqarqouf, dans les environs de Baghdad, en Iraq à l’époque du califat d’Oumar.

Le prochain compagnon se nomme Rabi’ Bin Rafi’ al-Ansari. Il existe des divergences sur le nom de son grand-père : il s’appelait Harith ou Zayd selon divers récits. Rabi’ Bin Rafi’ appartenait à la tribu des Banou ‘Ajlan : il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud.

Zayd Bin Mouzayn est un autre compagnon. Son père se nommait Mouzayn Bin Qays. On dit aussi que ce compagnon se nommait Zayid Bin Al-Mouzayn. Il appartenait à la tribu de Khazraj. Zayd avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud. Après l’émigration à La Mecque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi un lien de fraternité entre Zayd et Mistah Bin Outhatha. Le fils de Zayd se nommait ‘Amr et sa fille Ramla.

Ayyaz Bin Zouhair est un autre compagnon : son nom d’emprunt est Abou Sa’d et sa mère se nommait Salma Bint ‘Amir. Il appartenait à la tribu de Fahar et il avait participé à la deuxième immigration en Abyssinie. Il est retourné pour se rendre ensuite à Médine où il avait logé chez Koulthoum Bin Al-Hidam. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, et du fossé et à toutes les autres expéditions militaires. Il est décédé en l’an trente de l’hégire à Médine à l’époque du califat d’Outhman. Selon un autre récit il serait décédé en Syrie.

Le prochain compagnon se nomme Rifa’a Bin ‘Amr al-Ansari : son nom d’emprunt était Abou Walid. Il appartenait au clan Banou ‘Awf Bin Khazraj et sa mère se nommait Oumm Rifa’a : il était parmi les soixante-dix compagnons ayant participé à la deuxième bai’ah d’Aqabah. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud et tomba en martyr lors de cette dernière.

Le prochain compagnon se nomme Ziyad Bin ‘Amr : on le nommait aussi Ibn Bichr. Il était l’allié des Ansar. Il avait participé à la bataille de Badr en compagnie de son frère Zamrah. Il appartenait à la tribu de Banou Sa’idah bin Ka’b. Selon un autre récit il serait l’esclave affranchi de la tribu des Banou Sa’idah Bin Ka’b Bin Al-Khazraj.

Le prochain compagnon se nomme Salim Bin ‘Oumayr Bin Thabit. Il appartenait à la tribu des Banou ‘Amr Bin ‘Awf et il avait participé à la bai’ah d’Aqabah. Salim avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, et du fossé et à toutes les campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Avant la bataille de Tabouk, sept compagnons pauvres avaient informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), les yeux en larmes, qu’ils souhaitaient y participer mais qu’ils ne disposaient pas de montures. Salim faisait partie de ces compagnons-là. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur a répondu : « Je n’ai aucune monture à vous offrir. » N’ayant rien à offrir [dans la voie de Dieu], ces compagnons sont retournés tout tristes et les yeux en larmes. Ibn ‘Abbas cite le verset suivant [à cet égard] :

وَلَا عَلَى الَّذِينَ إِذَا مَا أَتَوْكَ لِتَحْمِلَهُمْ قُلْتَ لَا أَجِدُ مَا أَحْمِلُكُمْ عَلَيْهِ تَوَلَّوْا وَأَعْيُنُهُمْ تَفِيضُ مِنَ الدَّمْعِ حَزَنًا أَلَّا يَجِدُوا مَا يُنْفِقُونَ

« Ni à ceux qui, quand ils sont venus à toi te demander de leur donner des montures, tu as répondu : « Je ne vous trouve pas de montures. » Ils s’en sont retournés, les yeux débordant de larmes, désolés de ne pouvoir trouver de quoi dépenser. » (9 : 92)

Ibn ‘Abbas relate que Salim Bin ‘Oumayr et Tha’labah Bin Zayd faisaient partie de ces compagnons. Le deuxième Calife a commenté que ce verset de la sourate At-Tawbah a certes une portée générale, mais s’applique en particulier à sept compagnons modestes qui souhaitaient ardemment accomplir le jihad mais qui n’en n’avaient pas les moyens. Ils s’étaient présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ont déclaré : « Veuillez nous offrir des montures. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Malheureusement je n’ai rien à vous offrir. » Cela les a attristés et ils sont retournés les yeux remplis de larmes. Après leur départ, ‘Outhman a offert trois chameaux et d’autres musulmans en ont présenté quatre. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en a offert un à chacun de ces compagnons.

Hazrat Mouslih Maw’oud relate : « Le Coran a cité cet incident afin de comparer la sincérité de ces pauvres musulmans à ceux qui, malgré leurs richesses et moyens pour entreprendre ce voyage, présentaient des prétextes. Certains tentaient d’éviter ce voyage mais les sentiments de ces pauvres [personnes] étaient tout autres. Ce verset sous-entend aussi que tous ceux qui sont restés à Médine n’étaient pas des hypocrites : il y avait aussi des musulmans sincères qui, faute de moyens, ne pouvaient entreprendre le voyage. On demanda à Abou Moussa, qui était leur chef, quelle requête il avait faite au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il répondit : « Par Allah ! Nous n’avons demandé ni chameau ni chevaux. Nous lui avons tout simplement dit que nous n’avions pas de chaussures et que nos pieds seront blessés si nous entreprenons un si long voyage sans chaussures. Si on nous offrait des chaussures nous les porterons pour se joindre à la bataille en courant derrière nos frères. » Telle était leur état de dénuement et leur passion. Salim Bin ‘Oumayr est décédé à l’époque de l’émir Mou’awiya.

Souraqa Bin Ka’b est un autre compagnon appartenant à la tribu des Banou Najjar. Sa mère se nommait ‘Oumayra Bint Nou’man. Il avait participé à la bataille de Badr, et celles d’Ouhoud, et du fossé ainsi qu’à toutes les expéditions militaires du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Souraqa Bin Ka’b était décédé à l’époque de l’émir Moua’wiya. Selon Kalbi, il serait mort lors de la bataille de Yamama.

Sa’ib Bin Ma’zoune est un autre compagnon : il était le frère d’Outhman Bin Ma’zoune. Il était parmi les premiers à émigrer en Abyssinie et avait participé à la bataille de Badr. Selon certains récits, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait choisi Sa’d Bin Mou’adh ou Sa’ib Bin ‘Outhman comme émir [de Médine] lorsqu’il s’était rendu à la bataille de Bouwat. Selon un autre récit il aurait choisi Sa’ib Bin Ma’zoune comme son suppléant.

Sa’ib Bin Ma’zoune avait fait du commerce avec le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le Sounan Abi Daw’oud relate que Sa’ib Bin Ma’zoune rapporte ceci : « Quand je me suis présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les compagnons m’ont mentionné et ont fait mes éloges. Sur ce le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Je le connais mieux que vous. » J’ai répondu : « Que mes parents soient sacrifiés pour vous ! Vous dites la vérité. J’étais votre partenaire en affaires et vous étiez un très bon collaborateur. Vous ne vous êtes pas opposé à moi ou disputé avec moi. »

Selon la Sirat-Khatamun-Nabiyyine, des caravanes commerciales partaient dans différentes régions : vers le Yémen au sud et vers la Syrie au nord. Il y avait aussi des liens commerciaux avec le Bahreïn. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait visité tous ces pays pour faire du commerce. Il accomplissait ses devoirs avec honnêteté, tact et savoir-faire. Tous ceux avec qui il faisait du commerce à La Mecque l’on loué. On fit les éloges de Sa’ib, le compagnon en question, lorsqu’il s’était présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) après sa conversion à l’islam. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a commenté : « Je le connais mieux que vous. » Sa’ib a répondu : « Oui, ô Envoyé d’Allah ! Que mes parents soient sacrifiés pour vous ! Vous étiez une fois mon partenaire en affaires et vous étiez toujours honnête. »

Le prochain compagnon se nomme ‘Asim Bin Qays : il appartenait à la tribu de Tha’laba Bin ‘Amr et il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud.

Toufayl Bin Malik Bin Khansa’a est un autre compagnon : il appartenait au clan des Banou Oubayb bin Adi de la tribu de Khazraj. Sa mère se nommait ‘Asma Bint Al-Qayn. Toufayl avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud. Il s’était marié à Idam Bint Kurd qui lui a donné deux fils : ‘Abdoullah et Rabi’.

Toufayl Bin Nou’man est un compagnon appartenant à la tribu de Khazraj des Ansar. Sa mère se nommait Khansa’ Bint Riyab : elle était la tante paternelle de Jabir Bin ‘Abdillah. Toufayl avait une fille nommée Roubayi. Il avait participé à la bai’ah d’Aqabah ainsi qu’à la bataille de Badr. Toufayl avait participé à la bataille d’Ouhoud et avait reçu treize blessures. Il était aussi présent lors de la bataille du fossé où il est tombé en martyr entre les mains de Wahchi Bin Harb. Ce dernier avait accepté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) par la suite. Wahchi disait : « Dieu a honoré Hamza et Toufayl par mes mains. Mais Il ne m’a pas déshonoré par les leurs. » C’est-à-dire qu’il n’a pas été tué dans un état d’incroyance.

Dihaq Bin ‘Abd ‘Amr était un compagnon appartenant [au clan] de Dinar Bin Najjar. Son père se nommait ‘Abd ‘Amr et sa mère se nommait Soumayrah Bint Qays. Dihaq Bin ‘Abd ‘Amr avait participé à la bataille de Badr et d’Ouhoud en compagnie de son frère Nou’man Bin ‘Abd ‘Amr. Ce dernier est tombé en martyr lors de la bataille d’Ouhoud. ‘Outbah Bin ‘Abd ‘Amr, un autre de ses frères, était tombé en martyr à Bi’r Ma’ouna.

Douhaq Bin Haritha est un autre compagnon : il appartenait à la tribu de Khazraj. Son père se nommait Haritha et sa mère Hind Bint Malik. Douhaq faisait partie des soixante-dix compagnons ayant participé à la bai’ah d’Aqabah. Il était aussi présent à Badr. Son fils se nommait Yazid, né de sa femme nommée Oumama Bint Mou’arith.

Khallad Bin Souwayd al-Ansari est un autre compagnon. Il appartenait au clan des Banou Harith de la tribu de Khazraj. Sa mère se nommait ‘Amra Bint Sa’d. Sa’ib, un de ses fils, avait aussi connu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le Calife ‘Oumar l’avait nommé gouverneur du Yémen. Son deuxième fils se nommait Hakam Bin Khallad et leur mère s’appelait Layla Bint ‘Oubadah. Khallad avait participé à la bai’ah d’Aqabah, ainsi qu’à la bataille de Badr, et celles d’Ouhoud et du fossé. Une juive nommée Bounanah avait jeté sur Khallad une lourde pierre lors de la bataille des Banou Qourayzah. Khallad en a eu la tête brisée et il est tombé en martyr. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara que Khallad aura la récompense de deux martyrs.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) fit exécuter cette femme en représailles.

Selon la Sirat-Khataman-Nabiyyine, quelques musulmans se reposaient au bas du mur de la forteresse quand une juive nommée Bounanah lança une lourde pierre d’en haut tuant Khallad. Les autres musulmans étaient saufs.

Quand la mère de Khallad a eu connaissance de son martyre, elle est venue en portant son voile recouvrant son visage. On lui demanda pourquoi elle ne l’avait pas enlevé. Elle répondit : « Khallad s’est séparé de moi, mais moi je ne me séparerai pas de ma modestie. »  C'est-à-dire qu’elle ne se lamentera pas en enlevant son voile.

On rapporte que lorsque Khallad tomba en martyr le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara qu’il obtiendra la récompense de deux martyrs, comme mentionné précédemment. On lui demanda : « Ô Messager d’Allah ! Pourquoi sera-t-il doublement récompensé ? » Il répondit : « Car il a été tué par les gens du Livre. » 

Le prochain compagnon se nomme Aws bin Khawli al-Ansari. Son nom d’emprunt était Abou Layla et appartenait à la branche des Banou Salim bin Ghanam bin ‘Auf de la tribu de Khazraj des Ansars. Sa mère s’appelait Jamila bint Oubay, qui était la sœur d’Abdullah bin Oubay bin Saloul. Il avait une fille qui s’appelait Khouthoum. Il a participé aux batailles de Badr, Ouhoud, du fossé ainsi que dans toutes les autres batailles aux côtés du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le Saint Prophète a établi un lien de fraternité avec Shouja’ bin Wahab Al-Asadi. Aws bin Khawli faisait partie des Kamiline. Sous l’ère de l’ignorance et au commencement de l’islam, le Kamil était celui qui savait écrire l’arabe, qui était un bon archer et qui savait nager. Celui qui possédait ces trois qualités était considéré comme une personne aboutie : elles étaient toutes présentes chez Aws bin Khawli.

Najia bin ‘Ajam rapporte : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’appela quand on se plaignit du manque d’eau à Houdaybiya : il sortit une flèche de son carquois et me le remit. Il me demanda de lui apporter de l’eau du puits dans un seau. Je lui apportai l’eau : il fit ses ablutions et ensuite il fit un bain de bouche et remit l’eau de sa bouche dans le sceau. »

On souffrait d’une chaleur torride. Les musulmans ne possédaient qu’un seul puits car les mécréants étaient arrivés en premier à Balda et avaient pris possession des points d’eau. Il ajoute : « Ensuite il m’ordonna : « Renverse ce seau dans le puits asséché et plante y la flèche. » J’ai suivi ses instructions. Je jure au nom de celui qui l’a envoyé avec la vérité, j’ai eu beaucoup de mal à m’extirper du puits car aussitôt l’eau commença à en sortir telle une fontaine. L’eau m’encercla et bouillait comme dans une marmite sur le feu. Elle monta et atteignit la limite des bords du puits. Les gens puisaient l’eau depuis les bords jusqu’à ce que la dernière personne ait pu assouvir sa soif.

Un groupe d’hypocrites se trouvait au niveau du puits parmi lesquels ‘Abdoullah bin Oubay : il était l’oncle maternel d’Aws bin Khawli, qui lui dit : « O Abou Al-Khabaab, que tu sois anéanti ! Rends-toi à l’évidence face à ce miracle sur le lieu duquel tu te trouves à l’instant. Accepte la véracité du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Qu’attends-tu de plus ? » Il répondit : « J’ai déjà vu de nombreux incidents similaires. » Aws bin Khawli lui répondit : « Qu’Allah te réserve une mauvaise fin et qu’il montre au monde que ton avis est infondé ! » ‘Abdoullah bin Oubay se rendit auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), qui lui dit : « Quand dans le passé as-tu vu un incident semblable à celui d’aujourd’hui ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui posa cette question car il avait eu écho de ce qui s’était passé. ‘Abdoullah Bin Oubay lui répondit : « Je n’ai jamais vu pareil événement auparavant. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui demanda : « Pourquoi as-tu donc dit cela ? » ‘Abdoullah bin Oubay répondit : « Qu’Allah me pardonne ! » Son fils, ‘Abdoullah bin ‘Abdillah, déclara : « Ô Messager d’Allah, priez pour son pardon ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pria donc pour son pardon.

‘Ali bin ‘Abdillah bin ‘Abbas rapporte que lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) décida de se rendre à La Mecque pour la ’Oumra, il envoya un message à ‘Abbas des mains d’Aws bin Khawli et Abou Rafi’, lui demandant de marier Maimouna avec lui. En chemin ils perdirent leurs chameaux ; ils restèrent à Rabiq, situé à 10 miles de Jouffa, jusqu’à ce que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne se rendît en personne là-bas. Les deux retrouvèrent leurs chameaux. Ils partirent à la Mecque en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), qui envoya un message à ‘Abbas. Maimouna confia l’affaire entre les mains de ce dernier. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se rendit auprès d’Abbas, qui maria Maimouna avec le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) décéda, Aws bin Khawli dit à ‘Ali bin Talib : « Par Allah, permettez-moi également de participer au service [funéraire] de l’Envoyé d’Allah. » Il le lui permit. Selon un autre récit lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) décéda et qu’on décida de laver sa dépouille, les Ansars déclarèrent : « Par Allah ! Nous sommes les parents maternels du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). L’un des nôtres doit aussi être présent. » Les Ansars sont apparentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) par son grand-père maternel. On demanda aux Ansars de désigner des leurs. Ils choisirent Aws Bin Khawli. Il rentra donc dans la pièce et participa au bain du corps et à l’enterrement.

Il était robuste et portait des grands récipients d’eau. Ibn ‘Abbas rapporte qu’Ali, Fadhl bin ‘Abbas, son frère Qoussoum, l’esclave affranchi du Prophète (s.a.w.) Choukran, et Aws bin Khawli étaient descendus dans la tombe du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) afin d’y déposer sa dépouille.

Aws bin Khawli rapporte qu’il se rendit auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui lui dit : « Ô Aws ! Allah l’Exalté élève le rang de celui qui fait preuve de modestie et de simplicité pour Sa cause et humilie celui qui est arrogant. » 

Ceci est une leçon importante que nous devons toujours garder à l’esprit.

Aws décéda à Médine sous la période de califat d’Outhman. Qu’Allah exalte continuellement le rang de ces saints compagnons.


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