Sermon du vendredi 21 décembre 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Aujourd’hui j’avais l’intention d’évoquer certains compagnons [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] avant de mentionner Moukarram Mirza Anas Saheb qui est décédé quelques jours auparavant. Or ayant reçu beaucoup de lettres à son sujet, j’ai préféré le mentionner [dans le sermon] d’aujourd’hui. Mirza Anas Saheb était le fils aîné du troisième Calife. Il a rendu l’âme quelques jours auparavant à Rabwah à l’âge de quatre-vingt-un ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons.

Il était l’aîné des petits-fils de Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.). Il était aussi le petit-fils de Nawab Mubarika Begum Sahiba et de Nawab Mohammad Ali Khan Saheb. Il était ainsi mon cousin maternel.

Le défunt avait commencé ses études élémentaires à Qadian et les a complétées à Rabwah. Ensuite il a fait sa maîtrise à l’université du Pendjab et il a servi quelque temps là-bas avant de poursuivre ses études à l’Université d’Oxford, ici au Royaume-Uni. Il y a fait une maîtrise. Par la grâce d’Allah, il avait dédié sa vie en 1955 et en 1962 il a commencé à servir la Jama’at. Il a travaillé d’arrache-pied dans différents départements. Travailler dur et avec engouement faisait partie de ses habitudes. Le défunt avait une grande connaissance des hadiths, de la philosophie et de la littérature anglaise. Il était très passionné des hadiths. C’est la raison pour laquelle il avait fait les premières études sur les hadiths auprès de feu Maulvi Khurshid Ahmad Saheb. À la maison il disposait d’une grande bibliothèque contenant des ouvrages très rares. Il était en effet féru de lecture. Le défunt fournissait de très bons renseignements à tous les étudiants qui le consultaient, quelle que soit leur filière. Il disposait des recueils de hadith les plus importants et les plus originaux, qu’il avait collecté de différentes librairies.

Hazrat Mouslih Maw’oud a évoqué le défunt lorsqu’il s’était dédié en 1955 en ces termes : « J’ai demandé [aux membres] de la Jama’at de se dédier et par la suite j’ai reçu trois applications dont celle de mon petit-fils Mirza Anas Ahmad qui est le fils de Mirza Nasir Ahmad. Qu’Allah lui accorde l’opportunité de respecter son vœu. Mirza Anas m’a écrit qu’il souhaitait étudier la loi avant de se dédier. « Or je suis prêt à servir là où vous le souhaitez, a-t-il ajouté. »

Par la grâce d’Allah le défunt à servi pendant 56 ans dans différents départements de la Jama’at. Il a été affecté comme Professeur au tout début à la Talim Ul Islam College. En 1975, il a été nommé Naib Nazir Islah-o-Irshad, ensuite Additionnal Nazir Islah-o-Irshad. Il a aussi servi en tant que secrétaire privé du troisième Calife et du quatrième Calife lors de sa première tournée en Europe. Le défunt a par ailleurs servi en tant qu’administrateur de la Jamia Ahmadiyya. Il a aussi servi comme Nazir Talim pendant quelques années. De plus, le défunt a occupé le poste d’adjoint au Nazir-e-Diwan et occupait le poste de Wakil-ut-Tasnif au sein du Tahrik-e-Jadid. Il occupait auparavant le poste de Wakil-ut-Tasnif jusqu’en 1999 quand il a été nommé Wakil-ul-Ishaat. Il avait atteint l’âge de la retraite en 1997 mais n’a cessé de servir jusqu’à son dernier souffle. Mirza Anas Saheb a aussi servi au sein du [Majlis] Khuddam-ul-Ahmadiyya central et l’Ansarullah central. Il a traduit l’ouvrage Barahin-e-Ahmadiyya et Mahmoud Ki Amine en langue anglaise : ces deux ouvrages ont été d’ores et déjà traduits. Il était en train de réviser la traduction anglaise des ouvrages Surma-Chasm Arya, Izala-e-Awham et le recueil Dur-e-Thamin. Lorsque nos écoles ont été nationalisées, la Jama’at a ouvert ses propres écoles sous l’égide de la Nasir Foundation : le défunt a occupé le poste de président de ladite fondation. Il a été membre du Majlis-e-Iftah et membre du comité de la Noor Foundation qui a été institué afin de publier, au sein de la Jama’at, les recueils de Hadiths ainsi que leur traduction et commentaires. Le défunt traduisait en langue ourdou le recueil Musnad Ahmad Bin Hambal.

Il existe un incident historique démontrant le sens de sacrifice de Hazrat Mouslih Maw’oud après la partition de l’Inde et l’émigration de Qadian. Étant donné que Mirza Anas Saheb est aussi concerné je vous le présente. Hazrat Mouslih Maw’oud relate : « Quand nous sommes arrivés de Qadian j’ai informé les membres de ma famille qu’ils recevront la même quantité de nourriture de la cuisine communale que les autres. » Étant donné que la situation était difficile, la nourriture était rationnée.

Il ajoute : « En raison des difficultés financières j’avais prescrit que chaque individu, ainsi que les membres de ma famille, recevront un seul pain par personne. Un jour mon petit-fils Mirza Anas est venu me voir les yeux en larmes et il m’a dit qu’un seul pain n’apaisait pas sa faim. Or j’allais offrir un seul pain et pas plus. Étant donné qu’un pain ne lui suffisait pas j’ai décidé de lui offrir la moitié de la mienne. Ainsi je me contenterai d’une moitié et lui d’un pain et demi. Quand le rationnement d’un pain par individu sera enlevé, j’augmenterai le nombre de pains offerts aux membres de ma famille. Tant que la restriction sera en place, on offrira la moitié de mon pain à Mirza Anas. » Par la grâce d’Allah la situation s’est rétablie par la suite. On a eu de bonnes récoltes des terres du Sindh et Allah a offert d’autres revenus et ainsi cette restriction a été enlevée.

Mirza Wahid Saheb, le gendre du défunt, raconte : « Je partais un jour pour Boukhara et le Samarkand. Mirza Anas Saheb m’a demandé de visiter la tombe de l’Imam Boukhari, de prier pour lui et de le saluer de sa part. »

C’était là une expression de son amour pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), car l’Imam Boukhari avait réuni tout un trésor de dires et d’incidents de la vie de l’Envoyé divin plusieurs centaines d’années auparavant et nous les avait transmis. Il mérite ainsi nos prières et qu’on lui transmette nos salutations.

Le docteur Noori Saheb raconte : « J’ai eu l’occasion d’observer le défunt pour une longue durée. Il complétait avec dévotion, amour et enthousiasme toute tâche qu’on lui confiait. En dépit de sa faiblesse et de sa maladie, je l’ai vu en train de travailler sur la traduction des livres du Messie Promis (a.s.) sur son ordinateur portable à l’hôpital. Il tapait pendant des heures sur son ordinateur. Son compagnon se tenait à côté de lui avec les références tirées du Coran et des ouvrages du Messie Promis (a.s.). Il disait que son unique souhait était de compléter, avec l’aide d’Allah, la tâche que lui avait confiée le Calife de l’heure. La mémoire du défunt était phénoménale. Il évoquait avec une grande passion et de manière très belle les hadiths ainsi que les incidents tirés de la vie du Messie Promis (a.s.) et des Califes tant et si bien qu’il faisait fondre le cœur de l’auditoire. Il avait les yeux en larmes quand il en faisait mention et sa voix était émue. Le défunt était aussi imbu d’une énorme patience et d’une grande détermination face à toute crise. Il endurait patiemment toute contrainte. En raison de sa maladie, il ne pouvait pas tenir une tasse, ni changer de position sur le lit. Mais en dépit de cela il n’a cessé de travailler, avec passion et un grand sens de responsabilité. Il ne s’était jamais plaint mais était toujours satisfait du décret d’Allah. Il souriait à chaque visiteur : c’était là une de ses plus grandes qualités. Il est venu me rencontrer un jour avant d’être admis à la Tahir Heart Institute. Une grande souffrance se lisait sur son visage en raison de la maladie. Or, en dépit de cela il était souriant et il a déclaré : « Je crois que ma fin est proche et que je pars rencontrer mon Seigneur. »

Le docteur Noori ajoute que le défunt était imbu d’une grande reconnaissance. À deux reprises, avec bienveillance, il m’a dit : « Jamais je ne pourrais vous retourner la sincérité et la compassion avec lesquelles vous m’avez traité. En signe de reconnaissance il m’a offert un journal dans lequel le troisième Calife consignait ses rêves ainsi qu’un manteau du troisième Calife. Il a aussi fait montre de bienveillance à l’égard du personnel médical. »

Le docteur Noori a décrit sa bibliothèque, que j’ai moi-même vue. Les quatre murs étaient couverts d’étagères remplies de livres jusqu’au plafond, sur des thèmes aussi variés que la science et l’économie. Le défunt a d’ailleurs déclaré qu’il les a toutes lues. 

Madame Nudrat, la fille de feu Mir Daud Saheb, relate : « De nombreux souvenirs ont surgi dans mon esprit après avoir entendu la nouvelle de son décès. Cela a ravivé en moi la mémoire du troisième Calife. Avant le mariage de ma fille je suis entrée dans le chapiteau pour vérifier si tout allait bien. Là-bas j’ai vu le frère Anas assis et en larmes. J’ai été étonnée de le voir présent si tôt. Il m’a dit : « Ton père, Mir Daud Saheb, m’est venu en mémoire et c’est pour cette raison que je suis venu ici pour prier pour toi. »

Amir Ahmad, le neveu du défunt, raconte : « Il était présent comme un père dans des moments de joie et de tristesse. Il y a des hauts et des bas dans chaque famille : or le défunt pardonnait [tout impair] comme si rien ne s’était passé. S’il ressentait que ses propos avaient blessé autrui, en dépit de la justesse de ses conseils, il venait s’excuser le lendemain. »

Munir-Ud-Din Shams, l’Additional Wakil-Ut-Tasnif écrit : « J’ai eu plusieurs sessions avec le défunt : il a toujours fait preuve de compassion et de bienveillance. En dépit du fait qu’il fût bien plus âgé que moi jamais il ne l’a laissé transparaître ni n’a-t-il fait montre de son savoir. Il a toujours offert son soutien, il a coopéré et m’a guidé quand nous avons travaillé sur [différents] livres. Il a complété diligemment et passionnément toute tâche qu’on lui avait confiée. Or contraire il exigeait plus de travail afin qu’il puisse travailler davantage durant sa maladie. Il faisait montre d’une grande sincérité et dévouement à l’égard du Califat. Il demandait qu’on salue de sa part le Calife et [s’inquiétait de savoir] si jamais celui-ci n’était pas en colère contre lui. Il était toujours inquiet de s’attirer le déplaisir du Calife. En dépit de sa maladie, le défunt complétait joyeusement et dans les plus brefs délais toute tâche confiée par le Calife. Il a rendu de grands services dans le cadre de la traduction de certains ouvrages du Messie Promis (a.s.). Il a fait une très bonne traduction de certaines parties de l’ouvrage Barahin-e-Ahmadiyya. Notre équipe a aussi tenu en compte son point de vue quand nous avons finalisé la traduction. Quand le Wakil-Ut-Tasnif lui transmettait les directives du Calife et qu’on lui demandait son opinion, il présentait des avis bien étayés. » Il était un grand érudit que la Jama’at a perdu. Qu’Allah en fasse naître d’autres.

Shams Saheb, ainsi que d’autres missionnaires, ont écrit que le défunt avait un grand respect pour les missionnaires et leur présentait ses conseils avisés.

Hafiz Muzaffar Ahmad Saheb, l’Additional Nazir Islah-o-Irshad Muqami de Rabwah déclare : « Mirza Anas Saheb possédait une multitude de qualités. Il était imbu d’une grande crainte divine, d’un profond amour pour Dieu, le Coran et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il était simple et humble, doux et bienveillant. Il respectait à la fois les droits d’Allah et ceux de Ses créatures. Il était très bienveillant envers les indigents. Il ne laissait jamais les nécessiteux partir les mains vides, même s’il devait s’endetter pour ces derniers. Le défunt était un véritable intellectuel. La quête du savoir était sa grande passion. » Il m’a dit, ainsi qu’à Hafiz Muzaffar Saheb, qu’il avait complété sa première lecture des ouvrages du Messie Promis (a.s.) lors de ses vacances, après les examens de BEPC. Il m’avait informé qu’il avait complété cette première lecture à l’âge de quinze ou seize ans.

Hafiz Saheb ajoute : « Le défunt avait un vrai amour pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et c’est pour cette raison qu’il était passionné du savoir ayant trait aux hadiths. Voire ce fut en raison de son amour et de sa passion qu’il avait une bonne maîtrise de la langue arabe, lui permettant ainsi d’étudier les exégèses des hadiths en langue arabe.

Après son BEPC, il a étudié les hadiths d’Al-Boukhari chez Hakim Khurshid Saheb. Lorsqu’il a commencé à enseigner au collège je voyais sa voiture garée, le matin avant la rentrée, devant la maison de Hakim Khurshid Saheb. Il se rendait au travail après avoir étudié chez ce dernier.

Hafiz Saheb ajoute : « Par engouement, il a commencé à étudier d’autres recueils des Sihah Sittah et des Hadiths par la suite. Il a demeuré un étudiant jusqu’à la fin. Il avait collecté un précieux trésor de livres de hadiths dans sa bibliothèque. Il s’y trouvait des ouvrages très utiles et rares. Sa bibliothèque était unique. Le défunt était passionné de tout savoir [ayant trait aux hadiths] : il disposait d’ouvrages sur l’authenticité des narrateurs et les principes des hadiths. Il faisait des études poussées et en faisait mention lors de ses conversations. »

J’ai institué un nouveau comité sous le nom de la Noor Foundation pour travailler sur la traduction des six recueils de hadiths les plus authentiques en langue ourdoue ainsi que le commentaire de certains de ces hadiths. Hafiz Saheb déclare que le défunt était aussi membre de ce comité et en dépit de sa charge de travail au bureau, il traduisait le Musnad Ahmad bin Hanbal, qui était le plus difficile à traduire. C’est un long travail qu’il n’a cessé de poursuivre en dépit de ses occupations et de sa santé précaire. Il avait déjà traduit une partie qui comprenait plusieurs centaines de hadiths. Ce service qu’il a rendu sera inoubliable. Ses Dars sur les hadiths au cours du Ramadan laissent transparaître l’amour qu’il avait pour les hadiths. Il faisait preuve d’une grande application dans ces sessions lors desquelles il évoquait divers aspects de la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il présentait des points précieux et rares à ce propos. Sa voix était empreinte d’une émotion particulière. Ses Dars du Ramadan, que nous avions l’habitude de suivre, étaient empreints d’un cachet et d’une passion particuliers. Ses propos étaient captivants et l’on croyait vivre, pendant quelques brefs moments, à l’époque des premiers musulmans. »

Mirza Anas Saheb avait, pendant plusieurs années, prononcé des discours lors de la Jalsa Salana de Rabwah. Shamim Pervaiz Sahib, le Naib Wakil Waqf-e-Nao, commente : « Le défunt éprouvait un grand amour pour le Califat. Un incident à ce propos reste gravé dans ma mémoire. Au moment de l’élection du quatrième Calife, j’étais le Qaid du district de Jhang. J’étais de faction à l’extérieur de la niche de la mosquée Moubarak. Dès que nous avons entendu la nouvelle de l’élection de feu le quatrième Calife, Mirza Anas Saheb est tombé en prosternation sur le sol de briques, en dépit de la chaleur torride du mois de juin. »

Le docteur Iftikhar Saheb de Londres écrit : « Le défunt était un véritable Waqf-e-Zindagi. Il était toujours présent au bureau et n’a cessé de travailler, jusqu’à son dernier souffle, sur les publications et les traductions. Il travaillait sur les traductions avec grande concentration. Il passait des fois plusieurs jours pour trouver l’expression appropriée et il faisait preuve d’une obéissance exemplaire. »

Khalid Saheb, du bureau russophone de Londres, écrit : « Le défunt était la personnification du Hadith du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui nous recommande de chercher la connaissance du berceau jusqu’à la tombe. Il était passionné de quête du savoir, quel que soit le domaine. Il ne ratait aucune occasion pour acquérir la connaissance. Les hadiths du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), et toute la connaissance y ayant trait, était son sujet de prédilection. Il était aussi passionné de langues et aimait en apprendre. Il avait en outre un grand sens de l’hospitalité. En 2005, Rustom Hammad Wali, le président de la Jama’at de la Russie, qui est aussi un Mou’allim, s’était rendu à Rabwah dans le cadre de la préparation [de la traduction] du Coran en langue russe. J’ai eu l’occasion de travailler avec lui, commente Khalid Saheb. Rustom Saheb logeait ces temps-là dans les résidences du Tahrik-e-Jadid. Un jour, les aliments que Rustom Saheb avait l’habitude de consommer sont venus à manquer. Mian Anas l’a su et il m’a fait venir sur-le-champ et m’a dit : « Rustom Saheb est notre invité de marque et nous devons lui être aux petits soins ; c’est là notre premier devoir. » Il a ensuite tiré de l’argent de sa poche et m’a demandé d’apporter l’aliment concerné tout en ajoutant de l’informer si jamais on avait besoin de quelque chose d’autre. Je l’ai informé que le nécessaire avait été fait et que le produit concerné était disponible. Par la suite, il m’a demandé régulièrement [si tout allait bien.] »

Mohammad Salik, missionnaire de la Birmanie, relate ceci : « Munir Ahmad, du Sri Lanka, étudiait à la Jamia et un incident l’a fort touché. Aujourd’hui il travaille comme missionnaire au Sri Lanka. Il était tombé gravement malade lors de ses études à la Jamia. Mirza Anas Saheb était très inquiet à son sujet et venait à l’internat matin et soir pour s’enquérir à son sujet comme s’il s’agissait d’un proche parent. » Mirza Anas Saheb était à l’époque l’administrateur de la Jamia.

Shamshad Saheb, missionnaire aux États-Unis déclare : « Le défunt tentait d’insuffler dans les missionnaires une passion pour la prédication lors des réunions. Il raffolait de la lecture et demandait aux missionnaires d’en faire de même. Au bureau il avait d’ailleurs toujours un tas de livres. Il étudiait souvent le recueil d’Al-Boukhari et discutait à ce propos avec les missionnaires de passage. »

Shahid Mahmoud, qui est missionnaire au Ghana, déclare : « J’ai travaillé avec Mirza Anas Saheb pendant plus de douze ans au sein de la Wakalat-e-Ishaat sur la version anglaise du mensuel Tahrik-e-Jadid. J’ai appris beaucoup de choses du défunt. Il débordait d’amour pour le Messie Promis (a.s.) et pour le Califat ainsi que d’un grand sens d’obéissance. Il avait souvent les yeux en larmes quand on évoquait le Messie Promis (a.s.). Il me faisait m’asseoir avec lui lorsqu’il travaillait sur des traductions, en particulier celle de Barahin-e-Ahmadyya, de Surma Chashm Arya et de Mahmoud ki Amine. Il m’invitait souvent chez lui dans le cadre de ces traductions. Il ne prenait pas de congé et ne se souciait pas de la fermeture du bureau. Il travaillait jusqu’à tard dans la soirée tout en faisant preuve de la plus grande hospitalité envers moi. Quand on devait accomplir la prière de Zouhr au bureau avec le personnel, il me choisissait comme Imam. Je le voyais accomplir ses Sounnah et autre Salats avec grande passion. Il était très bienveillant envers le personnel du bureau. Un jour je suis venu au bureau en dépit de la maladie. Il m’a contraint de prendre un congé de six jours et de retourner à la maison pour me reposer. Or, il venait quant à lui au bureau en dépit de sa maladie et il travaillait aussi à la maison. »

Ayyaz Mahmood Khan Saheb, missionnaire de la Wakalat-e-Tasnif du Royaume-Uni écrit ceci : « J’ai beaucoup appris du défunt au sujet du travail. Étant donné qu’il traduisait passionnément les ouvrages du Messie Promis (a.s.), il me faisait part des passages difficiles, des solutions qu’il avait trouvées et partageait ses expériences avec moi. Il répétait souvent la phrase suivante : « Quand on traduit, il ne se suffit pas de tirer la traduction littérale d’un mot du dictionnaire. Il faut aussi se demander si le mot en question n’abaisse pas le statut du Messie Promis (a.s.). Si la traduction littérale n’était pas appropriée, il faudra trouver le terme correspondant pour faire passer le message du texte. » Il était si passionné de traduction qu’il ne s’arrêtait même pas lorsqu’il était malade. Il m’a souvent dit que la maladie avait ralenti son rythme de travail et qu’il ne pouvait pas faire autant qu’il le souhaitait. Il s’asseyait quand même pendant six ou sept heures sans s’arrêter. »

Je l’ai moi-même vu travailler pendant 12 ou 13 heures d’affilée.

Ayyaz Saheb ajoute : « Lorsque nous étions partis à Rabwah nous avions eu une classe avec le défunt. Il disait souvent que nous devrions étudier la littérature et lire tout type d’ouvrages et non pas uniquement des livres religieux. Il nous a conseillé de lire les ouvrages sur la philosophie, la littérature et les romans, car cela enrichit la langue et le savoir. Il m’a dit que cela est très important pour moi, car je travaille sur la traduction. Je lui ai demandé la traduction anglaise d’un mot difficile et après avoir réfléchi quelques instants il m’a proposé trois termes. Je lui ai ensuite présenté la traduction faite par Hazrat Chaudhry Mohammad Zafrullah Khan Saheb. Il en a été très satisfait et a déclaré que cette traduction était fort appropriée. Il a ajouté, avec beaucoup de respect et d’admiration, que Chaudhry Saheb avait une bonne maîtrise de la langue et que je devais utiliser le même terme. Le défunt n’accordait aucune importance à son intelligence, sa compréhension et son savoir devant le Calife. Quand on lui citait le Calife, s’il avait une opinion quelconque il la mettait de côté, disait qu’il était dans l’erreur et que le Calife avait raison. Il m’avait ainsi enseigné que rien n’avait de l’importance devant le Calife. L’avis le plus juste était celui du Calife et nous devions nous y conformer. »

Sheikh Nasir Saheb, employé au bureau russophone relate : « J’ai passé seize ans à la Wakalat-e-Isha’at avec Mirza Anas Saheb. J’ai beaucoup appris de lui. Il était comme un ami bienveillant et ne m’a jamais laissé ressentir que j’étais son subalterne. Si mes parents me manquaient, et qu’il le ressentait, il me disait toujours de le prendre pour parent à leur place.

Ensuite il ajoute : « Il faisait preuve d’une gentillesse à l’égard de tous les bénévoles. Si jamais il lui arrivait de hausser légèrement le ton lorsque je commettais une erreur, il s’en souvenait et le lendemain il me demandait si je lui avais bien pardonné cela. Je lui répondais : « Mian Saheb, je ne m’étais même pas rendu compte que vous aviez haussé le ton ! » Lorsqu’il éprouvait de la colère, il se contentait de garder le silence, et nous nous rendions alors compte qu’il était fâché, mais peu après il nous téléphonait dans le cadre du travail, car il n’était pas du tout rancunier. Lorsque le Calife du Messie lui confiait une quelconque responsabilité, il organisait alors une réunion avec ses différents collègues, et décidait du plan d’action ; et il prenait en charge la partie la plus difficile du travail. Lorsqu’il était malade, bien qu’en restant chez lui, il terminait le travail. Lorsqu’il éprouvait des difficultés à se rendre au travail, il invitait ses collègues chez lui, et y recréait l’environnement du bureau. Se reposer et prendre des vacances étaient des concepts qui lui étaient étrangers. Il traduisait même allongé sur son lit, et plusieurs fois il est venu au bureau en s’asseyant avec moi sur mon vélo.

Zahid Mahmood Majeed Saheb, qui travaille dans le département de publication, écrit : « J’ai eu l’occasion de servir aux côtés de Mian Saheb. Il faisait preuve d’un grand amour pour le Califat. Lorsqu’il devait écrire un fax au Calife, il était très ému. Lorsqu’une mission lui était confiée par le Calife, il était impatient de la compléter. Lorsqu’il tombait malade il s’inquiétait grandement. » Mahmood Majeed Saheb continue : « J’avais des calculs rénaux pour lesquels je m’étais fait opérer à l’hôpital Fazl e Umar. Mon père m’a relaté que tant que l’opération ne s’était pas terminée, Mian Saheb faisait les cent pas et priait devant le bloc opératoire. »

Mohammad Din Bhatti Saheb, qui travaille dans le département de la publication, écrit : « J’ai eu l’opportunité de travailler avec le défunt depuis 1995 jusqu’à son décès. Feu Mian Saheb se comportait toujours avec ses subalternes avec grande courtoisie. À chaque fois qu’il m’appelait dans le cadre du travail, il me demandait de prendre une chaise et de m’asseoir avant de discuter. À chaque fois qu’il lui arrivait de se fâcher avec l’un de ses subordonnés, il faisait preuve de gentillesse dans la foulée, et parfois il allait même jusqu’à lui demander pardon. » Il ajoute : « Un jour Mian Saheb me demanda de faire une tâche mais je refusai. Bien que j’étais fautif, il ne m’en avait pas tenu rigueur ; il m’avait juste fait remarquer que je n’aurais pas dû refuser. » Il continue : « En raison de douleurs aux genoux, je ne pouvais arriver à l’heure au bureau. Comme je venais en retard, cela était stipulé sur la feuille de présence, et lorsque quelques retards s’accumulent ils sont transformés en absence. Mais Mian Saheb demanda en personne au Wakil-e-Ala de ne pas comptabiliser mes retards car j’avais des douleurs. » Il ajoute : « Mian Saheb prenait particulièrement soin des étudiants pauvres, des personnes sans emploi, et des veuves. Il offrait des livres et des uniformes aux étudiants, et écrivait des lettres de recommandation pour les personnes sans emploi. »

Ahsanullah Saheb, missionnaire affecté au Ghana, écrit : « J’ai eu l’opportunité de travailler pendant neuf ans avec lui au sein du département de la Wakalat-e-Ishaat. Il avait un grand amour pour le Califat et il insufflait cet amour dans le cœur de son personnel de manière très subtile.

Un jour il m’appela et me demanda de m’asseoir auprès de lui, et me dit : « Je suis en train d’écrire un fax au Calife ; je dois le finir maintenant. » Il commença à écrire le fax. Pendant quelques minutes, il garda ses yeux rivés sur les mots « le cinquième Calife » qu’il venait d’écrire, ensuite avec beaucoup d’émotion il fit part d’anecdotes liées au Califat.

Il faisait preuve d’une extrême gentillesse avec ses subordonnés, il ne laissait jamais personne debout devant lui. Même lorsqu’il était très malade et faible, il était de bonne humeur.

Si jamais il réprimandait quelqu’un un jour, il lui remontait le moral pendant deux jours, au point où cela devenait embarrassant, et tandis qu’il ne montait que parfois légèrement le ton, il n’a jamais utilisé de mot dur, ni de paroles blessantes. Lorsque au bureau il voyait quelqu’un faire preuve de sévérité envers un autre, il faisait part de son déplaisir pour ce genre de comportement. »

Mohammad Talha Saheb, enseignant de hadith à la Jamia au département de spécialisation, écrit : « Lors de ma spécialisation, pendant près d’un an, Sayyed Fahad Saheb qui est Missionnaire et moi-même nous avions eu l’opportunité d’étudier les hadiths avec Mirza Anas Ahmad Saheb. En dépit de toutes ses différentes responsabilités et sa santé fragile il essayait du mieux que possible de donner des cours de Hadiths tous les jours. Une fois il n’a pu venir au bureau car il était très malade, alors il nous appela chez lui pour nous enseigner. »

Asif Owais, missionnaire travaillant dans le département de la Wakalat-e-Ishaat, a écrit : « J’ai été affecté il y a quelque mois de cela dans le département de la Wakalat-e-Ishaat. Ces quelques mois font partie des moments les plus mémorables de ma vie. Il a toujours fait preuve d’une extrême gentillesse à mon égard. Bien que nous ayons 55 ans de différence d’âge, lorsque nous étions ensemble cette différence n’était même pas visible. Nous avions eu des discussions formidables ; il plaisantait souvent pour alléger l’atmosphère des assemblées. Il m’avait confié le travail au sujet du livre Musnad Ahmad bin Hanbal qu’il avait traduit. Malgré son âge très avancé, et son état de santé très détérioré, il continuait à travailler avec beaucoup de courage. Il ne désespérait jamais, et l’idée qu’un travail puisse rester inachevé ne lui traversait jamais l’esprit. »

Un étudiant de la Jamia de Rabwah, Mohammad Kashif écrit : « Je me suis présenté à de nombreuses reprises auprès de lui dans le cadre de ma thèse qui portait sur les secrétaires privés des Califes de l’Ahmadiyya. Par la grâce d’Allah, il m’a donné de son temps précieux avec beaucoup d’amour. Même étant malade, nous avons eu de longs entretiens. Un jour, il dit d’une voix très émue, que les efforts de l’homme ne sont rien. C’est le résumé de ma vie. Tout ce que nous accomplissons dépend de la grâce d’Allah et est lié au Califat. »

Asif Ahmad Zafar de Rabwah commente : « Peu avant son décès, il a été hospitalisé à l’institut de cardiologie Tahir Heart et j’étais venu lui rendre visite. Il souffrait et il portait un masque (probablement un masque à oxygène). Lorsque je me suis présenté, il a enlevé son masque et a commencé la discussion. Sur ce je lui ai dit : « Mian Saheb, Allah vous accordera Sa grâce Insha Allah. » Je lui ai demandé au sujet de son état de santé ; il m’a répondu : « Le fait qu’Allah l’Exalté me rappelle est une grâce en soi. » »

Il ajouta : « En entendant ses paroles, je fus très étonné de voir que même dans cet état il avait grandement confiance en Allah, et il ne se souciait guère de la mort. »

Différentes personnes ont écrit au sujet de sa relation avec le Calife ; il ne s’y trouve aucune exagération. Au contraire il avait une relation encore plus solide que ce qui a été décrit. Il a manifesté cette relation à travers chacun de ses actes et à travers son exemplarité. Lorsque le quatrième Calife m’avait nommé Amir-e-Muqami et Nazir-e-Ala, en raison de son obéissance envers le Califat, il a fait preuve d’une obéissance complète et d’un grand respect, en dépit du fait que je fus 13 ou 14 ans plus jeune que lui. Il avait fait preuve d’une obéissance totale. Il a toujours été fidèle, même après que j’eus été nommé Calife ; il a fait preuve d’une obéissance totale.

Qu’Allah fasse preuve de miséricorde et de pardon à son égard, et qu’il accomplisse son souhait qu’il avait mentionné, celui d’être récipiendaire de la grâce divine. Qu’il le compte parmi Ses bien-aimés, et qu’Il permette également à ses enfants de faire preuve de sincérité envers le Califat.

Lorsque Mirza Ghulam Ahmad Saheb décéda, Mian Anas Saheb fit un rêve que j’avais mentionné dans mon sermon. Il m’avait écrit : « Avant-hier, la nuit, lorsque Mian Saheb décéda, environ à la même heure j’ai vu dans un songe que notre frère Khursheed et Mian Ahmad sont partis à la rencontre d’Allah l’Exalté, et qu’ils sont en train de rencontrer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et le Messie Promis (a.s.). À ce moment, j’ai souhaité qu’Allah fasse que je puisse les rencontrer moi aussi, et j’ai donc dit : « Ô Allah, accorde-moi également Ta proximité. » Sur ce, Allah l’Exalté a répondu : « Avance donc. » »

Ainsi, Allah l’Exalté lui donna une place auprès de lui. Allah l’Exalté lui avait déjà donné la nouvelle de son pardon et de sa miséricorde. Qu’Allah l’Exalté exalte continuellement son rang, et qu’Il permette également à ses enfants de faire preuve de piété.


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