Sermon du vendredi 23 novembre 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Pour [le sermon] d’aujourd’hui j’évoquerai, de nouveau, les compagnons [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] ayant participé à la bataille de Badr.

Le premier s’appelle Sinân Bin Abi Sinân et appartenait au clan des Banou Asad ; il était l’allié des Banou ‘Abd Shams. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, du Fossé, à Houdaibiyya et à toutes les batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il existe des divergences concernant la toute première personne à avoir prêté allégeance à Ridwân. Selon certains, il s’agissait d’Abdullah Bin ‘Oumar, ou Salama Bin Al-Aqwa selon d’autres. Mais selon Waqidi, Sinân Bin Abi Sinân était le tout premier à prêter allégeance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; selon d’autres son père était le tout premier.

Quoi qu’il en soit, l’histoire relate que lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a accepté l’allégeance de ses compagnons lors de la Bai’ah de Ridwân, Sinân Bin Abi Sinân a étendu sa main et a demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) d’accepter la sienne.

Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé : « Pourquoi prêtes-tu serment ? » Sinân a répondu : « Pour les raisons que vous avez au cœur. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé : « Connais-tu les sentiments de mon cœur ? » Or, les compagnons avaient subi l’influence du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; il a donc répondu : « Triompher ou tomber en martyr. » Les autres compagnons ont déclaré : « Nous allons prêter allégeance pour les mêmes raisons que Sinân. »

Sinân Bin Abi Sinân faisait partie des plus grands compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Quand Tulayha Bin Khuwaylid s’était proclamé prophète, Sinân, le gouverneur des Banou Malik, était le premier à en informer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) par écrit.

Le deuxième compagnon [d’aujourd’hui] est Mahja, qui était l’esclave d’Oumar. Son père s’appelait Salih. Il était le premier martyr de Badr. Il était originaire du Yémen. Il avait été fait prisonnier et présenté à Oumar au tout début. Ce dernier l’a affranchi par compassion. Mahja était aussi parmi les tout premiers émigrants. Il avait participé à Badr où il fut le tout premier martyr de l’armée musulmane. Mahja se trouvait entre deux rangs quand il fut atteint mortellement par une flèche lancée par Amir Bin Hazrami.

Sa’id bin Musayab relate qu’en tombant en martyr, Mahja a prononcé ces paroles : « Je suis Mahja et je retourne vers mon Seigneur. »

Mahja fait partie de ceux à propos de qui le verset suivant a été révélé :

وَلَا تَطْرُدِ الَّذِينَ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ

« Et ne repousse pas ceux qui font appel à leur Seigneur matin et soir, à la recherche de Son plaisir. » (6 : 53)

Les compagnons ici-bas faisaient partie de ceux concernés : Bilal, Suhaib, Ammar, Khabbab, Utbah Bin Razwan, Aws Bin Khawli, Amir Bin Furayha.

Cela ne signifie pas – qu’Allah nous en préserve – que ce verset indique que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) repoussait les pauvres. En effet, l’amour, le respect et la compassion qu’il démontrait à l’égard des indigents étaient sans pareil. C’est ce que nous apprenons des hadiths et des récits de ces derniers.

Ce verset répond en fait à ces notables et riches qui souhaitaient qu’on leur montrât un plus grand respect. Sur ce, Allah a déclaré : « J’ai dit au Prophète que les indigents qui se consacrent au dhikr et à l’adoration d’Allah ont plus d’importance aux yeux d’Allah que vos richesses et vos honneurs familiaux. »

L’Envoyé d’Allah suit les commandements divins. Ce verset est la réponse à ces nantis qui se croyaient supérieurs : l’Envoyé d’Allah n’accorde aucune importance à vos honneurs et richesses. Il préfère les indigents.

Amir Bin Mukhallad est un autre compagnon dont la mère se nommait ‘Oumr Bint Khansa : elle était du clan des Banou Malik Bin Najjar de la tribu des Khazraj. Il avait participé à la bataille de Badr et d’Ouhoud : il est tombé en martyr lors de cette dernière.

Hatib Bin ‘Amr Bin ‘Abdi Qays Bin ‘Abdi Shams est un autre compagnon. Il était connu sous le nom d’Abou Hatib. Il appartenait au clan des Banou ‘Amir Bin Louwi. Sa mère s’appelait Asma Bint Haris Bin Nawfal et appartenait au clan des Banou Asha’a. Souhail Bin Amr, Salid Bin Amr et Sakran Bin Amr étaient ses frères. Hatib Bin ‘Amr a laissé pour enfant ‘Amr Bin Hatib, dont la mère s’appelait Rayta Bint Al-Qama.

Hatib avait embrassé l’islam par l’entremise d’Abou Bakr As-Siddiq avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne se rendît à Dar al-Arqam. Il avait émigré à deux reprises en Abyssinie ; et selon un récit il était le tout premier immigrant musulman en Abyssinie.

À Médine, il a logé chez Rifa Bin ‘Abdil Mounzir, qui était le frère d’Abou Loubaba Bin ‘Abdil Mounzir. Il avait participé à la bataille de Badr en compagnie de son frère Salid Bin ‘Amr et il avait aussi participé à la bataille d’Ouhoud.

Salid Bin ‘Amr avait conclu le mariage entre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et Sawdah Bint Zam‘ah. Selon d’autres Abou Hatib était celui qui avait négocié ce mariage : la dote était de 400 dirhams.

Les détails concernant ce mariage ont été évoqués dans l’ouvrage Tabaqat al-Kubra. Il y est dit que le premier époux de Sawdah s’appelait Sakran Bin ‘Amr : il était le frère de Hatib Bin ‘Amr et il avait rendu l’âme à La Mecque après son retour d’Abyssinie. Lorsque la période d’attente [de veuvage] de Sawdah expira le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda sa main en mariage. Sawdah répondit qu’elle confiait toute l’affaire entre ses mains. Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui demanda de choisir un homme de son clan qui arrangerait le mariage entre eux. Sawdah choisit Hatib Bin ‘Amr à cet effet. C’est ainsi que Hatib organisa le mariage entre Sawdah et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Après Khadidja, Sawdah était la première femme avec laquelle le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’était marié. [Salid Bin ‘Amr] était aussi présent à Houdaybiya pour la Bai’ah de Ridwân.

Abou Houzaymah Bin ‘Aws était un autre compagnon, dont la mère s’appelait Amrah Bint Mas’oud. Il était le frère de Mas’oud Bin ‘Aws, qui avait aussi participé à la bataille de Badr. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, du Fossé et en fait à toutes les batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il est décédé au cours du califat d’Outhman.

Tamim Mawla Kharash, un autre compagnon était l’esclave affranchi de Tamim Al-Kharash. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre lui est l’esclave affranchi de Khabbab Bin Outbah Bin Ridwan. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud.

Moundhir Bin Qudama appartenait à la tribu des Banou Ghanam. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud. Selon Allama Al-Waqidi, il était responsable des prisonniers de la tribu des Banou Qaynouqa’.

Harith Bin Hatib, un autre compagnon de Badr, avait pour nom d’emprunt Abou ‘Abdillah. Sa mère s’appelait Amama Bint Samit et il appartenait à la tribu des Aws des Ansâr. Il était le frère de Tha’laba Bint Hatib. Harith Bin Hatib et Abou Loubaba Bin ‘Abdil Moundhir avait accompagné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour la bataille de Badr. Arrivé à l’endroit dit Rawaha, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) renvoya Abou Loubaba Bin ‘Abdil Moundhir à Médine pour servir de gouverneur et Harith Bin Hatib comme Emir de la tribu des Banou Amr Bin Awf. Mais ces deux compagnons sont comptés parmi les combattants de Badr et ils ont eu leur part de butin. Harith Bin Hatib avait participé, en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), aux batailles de Badr, d’Ouhoud, du Fossé, à la Bai’ah de Ridwân. Étant donné qu’ils s’étaient préparés pour se rendre à Badr et qu’ils avaient l’intention d’y participer, en dépit du fait que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les eût renvoyés et nommés émirs, il les a comptés parmi les combattants de Badr. Harith Bin Hatib fut tué par une flèche lancée par un juif du haut de la forteresse lors de la bataille de Khaybar.

Tha’laba Bin Zayd est un autre compagnon : il appartenait à la tribu des Banou Khazraj des Ansâr. Il avait participé à la bataille de Badr et il était le père de Thabit Bin Al-Jidh. Tha’laba Bin Zayd avait pour nom d’emprunt Al-Jidh’i, en raison de son opiniâtreté et de sa détermination. Jidh’ signifie un tronc d’arbre solide ou le pilier principal ou la poutre maîtresse d’un toit. En tout cas il était ferme et déterminé, c’est pour cette raison qu’il portait le titre d’Al-Jidh’i. Il n’y a aucun autre récit concernant Tha’laba Bin Zayd.

‘Ouqbah Bin Wahab, aussi connu comme Ibn Abi Wahab était un autre compagnon. Il était l’allié d’Abd Monaf au sein de la tribu des Banou ‘Abd Shams. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, du Fossé, en somme à toutes les batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Une délégation de juifs était venue à la rencontre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à Médine. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur a présenté le message [de l’islam] qu’ils ont rejeté catégoriquement. ‘Ouqbah Bin Wahab était l’un des compagnons qui les a condamnés.

L’on raconte que Noum’an Bin ‘Ada, Bahri Bin ‘Amr et Sha’ath bin ‘Adi se présentèrent au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci conversa avec eux et les invita vers Allah et l’islam et les avertit concernant le châtiment divin. Ils répondirent : « Ô Muhammad (s.a.w.) ! Pourquoi nous avertis-tu quand nous sommes les fils d’Allah et Ses bien-aimés ? » répétant ainsi les propos des chrétiens. Sur ce, Allah révéla le verset suivant :

وَقَالَتِ الْيَهُودُ وَالنَّصَارَى نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ قُلْ فَلِمَ يُعَذِّبُكُمْ بِذُنُوبِكُمْ بَلْ أَنْتُمْ بَشَرٌ مِمَّنْ خَلَقَ يَغْفِرُ لِمَنْ يَشَاءُ وَيُعَذِّبُ مَنْ يَشَاءُ وَلِلَّهِ مُلْكُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَمَا بَيْنَهُمَا وَإِلَيْهِ الْمَصِيرُ

Les juifs et les chrétiens disent : « Nous sommes les fils d’Allah et Ses bien-aimés. » Dis : « Pourquoi donc vous fait-Il expier vos péchés ? Mais non, vous n’êtes que des êtres humains d’entre ceux qu’Il a créés. » Il pardonne à qui Il veut et Il punit qui Il veut. Et c’est à Allah qu’appartient le royaume des cieux et de la terre et de ce qui est entre eux, et c’est vers Lui que sera la destination finale. »

Selon Ibn Ishaq, lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a invité les juifs à accepter l’islam, et qu’il les a avertis contre le châtiment divin [s’ils se vouaient à d’autres] dieux hormis Allah, ils ont renié à la fois le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et les enseignements qu’il avait apportés. Mu’adh Bin Jabal, Sa’ad Bin Obadah et ‘Ouqbah Bin Wahab ont déclaré : « Ô juifs ! Craignez Allah ! Vous savez très bien qu’il est le Prophète d’Allah ! Vous aviez l’habitude d’annoncer son avènement avant son apparition et décriviez ses caractéristiques. »

Rafi’ Bin Harimla et Wahab Bin Yahudha ont répondu : « Jamais n’avons-nous évoqué ce sujet avec vous. D’ailleurs, Allah n’a pas l’intention de révéler d’autres livres après Moise et d’envoyer un porteur de bonnes nouvelles ou un avertisseur après lui. »

Ils étaient coupables d’une fourberie éclatante, tandis que des prophéties étaient consignées dans la Torah.

Les oulémas musulmans d’aujourd’hui, qui rejettent le Messie Promis (a.s.), agissent de la même sorte : ils affirment que personne ne viendra tandis qu’ils prédisaient son avènement dans le passé.

Habib Bin Aswad Bin Sa’d est un autre compagnon : il était l’esclave affranchi de la tribu des Banou Haram des Ansâr. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud et n’avait pas laissé d’enfant. On le nommait aussi Khoubayb.

Houthayma al-Ansâri était un autre compagnon : il appartenait à la tribu des Banou Ashja’a et il était l’allié des Banou Ghanam Bin Malik Bin Najjar. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, du Fossé et à toutes les [autres] batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il est décédé à l’époque de Mu’awiya Bin Abi Soufyan.

Rafi’ Bin Harith Bin Aswad est un autre compagnon, appartenant au clan des Banou Najjar des Ansâr. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, du Fossé et à toutes les [autres] batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il est décédé à l’époque du Calife ‘Outhman. Un de ses fils se nommait Harith.

Roukhayla Bin Tha’laba al-Ansâri était un compagnon de Badr. Il existe des divergences concernant son nom : certains le nomment Roukhayla, d’autres Roujayla ou Rouhayla. Son père se nommait Tha’laba Bin Khalid et avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud. Il appartenait au clan des Banou Bayada de la tribu des Khazraj et il avait accompagné ‘Ali lors de la bataille de Siffîn.

Jabir Bin ‘Abdillah Bin Riyab était un autre compagnon : il était l’un des six tout premiers Ansâr ayant accepté l’islam à La Mecque. Jabir avait participé aux batailles, notamment de Badr, d’Ouhoud, et du Fossé, ainsi qu’à toutes les campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a rapporté plusieurs hadiths du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il était le tout premier des Ansâr ayant accepté l’islam lors de la première Bai’ah d’Aqabah. Quelques Ansâr avaient rencontré le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) cette nuit-là. Il leur demanda à quelle tribu ils appartenaient. Ils se présentèrent. Ils étaient six appartenant au clan des Banou Najjar : Asad Bin Darara, ‘Awf Bin Harith Bin Rafi’ Bin Afra, Rafi’ Bin Malik Bin ‘Ajlan, Qutbah Bin ‘Amir bin Hadidah et ‘Ouqban Bin ‘Amir Bin Nabi Bin Zayd et Jabir Bin ‘Abdillah Bin Riyab. Ils avaient tous embrassé l’islam. Une fois retournés à Médine, ils ont évoqué [l’avènement] du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et y ont ainsi prêché [son] message.

Thabit Bin Akram Bin Tha’laba Bin Adi Bin ‘Ajlan est un autre compagnon de Badr. Il était l’allié de la tribu Banou Amr Bin Awf des Ansârs. Il avait participé à la bataille de Badr et en fait à toutes les batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu à Médine, il a offert à ‘Asim Bin Adi la mosquée pour qu’il le transforme en demeure. Asim déclara : « Ô Envoyé d’Allah ! Je ne transformerai pas cette mosquée en maison dans laquelle est descendu [la révélation] divine. Offrez-la à Thabit Bin Akram qui ne possède aucune demeure. » C’est ainsi que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a offert ce terrain à Thabit Bin Akram, qui n’avait d’ailleurs pas d’enfants. Il se peut qu’il s’agissait d’une partie de la mosquée ou d’un endroit proche qu’on utilisait pour prier. 

Je pense, cependant, que les traducteurs n’ont pas fait un bon travail ; certains faits méritent des éclaircissements. La cellule de recherche qui m’envoie ces notes doit entreprendre des recherches et présenter ces faits plus clairement. Ils ne doivent pas se contenter de traduire comme des écoliers.

Thabit Bin Akram porta l’étendard de l’islam après le martyre d’Abdoullah Bin Rawaha lors de la bataille de Mawta. Il annonça : « Ô musulmans ! Élisez votre commandant ! » Ils répondirent : « Nous vous choisissons. » Thabit Bin Akram répondit : « Je suis incapable d’assumer ce rôle. » Sur ce, les musulmans choisirent Khalid Bin al-Walid. Ceci a été mentionné dans la Sîrah (biographie) du Prophète d’Ibn Hisham. Selon l’histoire, lorsque les musulmans virent l’armée ennemie lors de la bataille de Mawta, son nombre et son équipement, ils se sont dits qu’ils n’étaient pas de taille. Abou Houraira relate : « J’avais participé à la bataille de Mawta. Lorsque l’armée ennemie s’est avancée, nous nous sommes dits que personne ne pourra la combattre vu son nombre, ses armes, ces chevaux et ses richesses. J’en étais bouche-bée. Sur ce Thabit Bin Haram m’adressa : « Abou Houraira ! On dirait que tu as vu une armée gigantesque ! »

Abou Houraira répondit : « C’est certainement le cas. »

Thabit ajouta : « Tu n’étais pas avec nous à Badr. Nous n’avions pas remporté la victoire en raison de notre nombre, mais par la [pure] grâce d’Allah ; et il en sera aussi le cas ici. »

Thabit Bin Haram accompagna Khalid Bin al-Walid au cours du Califat d’Abou Bakr afin de [combattre] les rebelles. Si Khalid entendait l’appel à la prière il ne lançait pas d’assaut. S’il n’entendait pas l’Adhan il lançait l’attaque. Quand il se rapprocha de la tribu [concernée] dans la région de Boudakha, il envoya Okasha Bin Mihsan et Thabit Bin Akram en éclaireurs pour l’informer à propos de l’ennemi. Ils étaient tous deux à cheval. Celui d’Okasha se nommait Al-Zaram et celui de Thabit se nommait Al-Mahbir. Tulayha et son frère Salama les confrontèrent. Ceux-ci étaient des éclaireurs ennemis envoyés au-devant de leur armée. Tulayha combattit Okasha tandis que Salama se lança contre Thabit. Les deux frères tuèrent les deux compagnons.

Abou Waqid al-Laysaoui relate : « Nous avancions au-devant d’une armée de deux cent soldats. Zayd Bin al-Khattab était notre Emir. Thabit et Okasha nous avaient devancés. Nous fûmes fort tristes de voir leurs dépouilles. Khalid et les autres musulmans étaient encore derrière. Nous nous sommes arrêtés à côté des martyrs. Quand Khalid est venu, il nous a demandé d’enterrer les martyrs dans leurs vêtements ensanglantés. »

Quand Tulayha embrassa l’islam, le Calife ‘Oumar lui dit : « Je ne t’aimerai pas. Tu es la cause du martyre d’Okasha et de Thabit Bin Akram. »

Tulayha expliqua : « Ô Emir des Croyants ! Allah les a honorés par mon entremise. »

Thabit n’avait pas d’enfant. Mohammad Bin ‘Amr déclare que Tulayha a tué Thabit en l’an douze de l’hégire à Boudakha.

Salama bin Salamah était lui aussi un compagnon de Badr. Il appartenait à la famille des Banou Ashja’a de la tribu des Aws. Il fut l’un des premiers à accepter le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à Médine lorsque la nouvelle de son avènement y fut annoncée. Il était présent lors de la première et la deuxième Bai’ahs d’Aqabah et avait participé à toutes les batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), de Badr jusqu’à la dernière. Le Calife ‘Oumar l’avait choisi comme gouverneur de Yamama.

‘Amr Bin Qatada relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Salama Bin Salamah et Abou Sabrah Bin Abi Raham. Mais selon Ibn Ishaq ce lien fut établi entre Salama Bin Salamah et Zoubayr Bin Al-‘Awam.

Salama Bin Salamah raconte : « Tout enfant, j’étais un jour assis en compagnie des membres de ma famille quand un érudit juif passa par là. Il évoqua le jour de la résurrection, le règlement des comptes, la balance, le paradis et l’enfer. Il ajouta que les polythéistes et les idolâtres iraient en enfer. »

La famille de Salama Bin Salamah ignorait tout de la résurrection étant donné qu’ils étaient des idolâtres. Ils demandèrent à l’érudit juif : « Serons-nous réellement ramenés à la vie après notre mort et devrons-nous rendre compte de nos actes ? » Le juif répondit à l’affirmatif. Ils lui demandèrent un signe. Sur quoi le juif montra l’étendue entre La Mecque et le Yémen et déclara : « Un prophète apparaîtra ici. » Les autres demandèrent : « Quand viendra-t-il ? » Il indiqua dans la direction de Salama Bin Salamah, qui était encore tout petit, et dit : « Si cet enfant atteint l’âge adulte il verra certainement ce prophète. »

Salama Bin Salamah commente : « Quelques années après cet incident, nous avons eu connaissance de l’avènement du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Nous tous, idolâtres ou adorateurs de feu, avons cru en lui. Le savant juif était toujours vivant, mais n’avait pas cru en le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en raison de sa jalousie. Nous lui avons rappelé qu’il prédisait l’avènement du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) mais qu’il ne l’avait pas accepté. À cela, il répondit que celui-ci n’était pas le prophète qu’il prédisait. C’est ainsi qu’il mourut mécréant. »

Quand des conflits éclatèrent à l’époque du Calife ‘Outhman, Salama Bin Salamah partit en retraite pour se consacrer à l’adoration de Dieu. Il existe des divergences concernant la date de son décès : certains présentent l’an 34 de l’hégire et d’autres l’an 45 de l’hégire. Il est décédé à Médine à l’âge de 74 ans.

Jabbar Bin ‘Atiq est un autre compagnon. Il avait accompagné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de la bataille de Badr et de toutes les autres qu’il a menées. Il vivait à Médine et y demeura jusqu’à la mort du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Son nom d’emprunt était ‘Abdoullah et il avait deux fils, ‘Atiq et ‘Abdoullah et une fille nommée Umm Thabit. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Jabar Bin ‘Atiq et Khabbab Bin Al Arat. Lors de la conquête de La Mecque il portait l’étendard du clan Banou Mu’awiya Bin Malik. Jabar Bin ‘Atiq décéda à l’âge de 71 ans en l’an 61 de l’hégire lors du règne de Yazid Bin Mu’awiya.

Thabit Bin Tha‘laba, aussi connu comme Thabit Bin Jazar, faisait partie de soixante-dix Ansâr présents lors de la deuxième Bai’ah d’Aqabah. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, et du Fossé, ainsi qu’à Houdaibiyya, à la bataille de Khaybar, la conquête de La Mecque et la bataille de Taïf en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il tomba en martyr à Taïf. Thabit avait accompagné son père, Tha‘laba, à la bataille de Badr.

Souhail Bin Wahab Bin Rabi’a Bin ‘Amr Bin ‘Amir al-Qurayshi est un autre compagnon. Sa mère s’appelait Dad, mais était plus connue sous le nom de Bayda. C’est ainsi que Souhail Bin Wahab était connu sous le nom d’emprunt d’Ibn Bayda. Selon les annales il était aussi connu comme Souhail Bin Bayda. Il appartenait au clan des Banou Fahr de la tribu des Qurayshites. Il accepta l’islam au tout début et émigra en Abyssinie où il vécut pendant quelque temps. Il est retourné à La Mecque lorsqu’on a commencé à prêcher le message de l’islam ouvertement. Il s’est établi à Médine après le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Safwan Bin Bayda, le frère de Souhail, avait lui aussi participé à la bataille de Badr. Souhail avait 34 ans à l’époque. Il avait participé à la bataille d’Ouhoud, du Fossé et à toutes les [autres] batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Son troisième frère, nommé Sahal, avait participé à la bataille de Badr du côté des polythéistes.

‘Allama Ibn Hajar al-Asqalani déclare : « Sahal avait accepté l’islam à La Mecque mais n’avait fait part de sa conversion à personne. Les Qurayshites l’ont pris avec eux pour la bataille de Badr et il a été fait prisonnier. Ibn Mas’oud a témoigné en sa faveur, disant qu’il l’avait vu prier à La Mecque. Il a donc été libéré et il est décédé à Médine. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dirigé la prière funéraire de Souhail et de Sahal dans la mosquée.

Souhail Bin Bayda raconte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’avait placé derrière lui sur sa monture en partance pour la bataille de Tabouk. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a appelé à trois reprises : « Ô Souhail ! » À chaque fois Souhail a répondu : « Présent, ô Envoyé d’Allah ! » Sur ce, les autres ont compris que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’adressait aussi à eux. Ceux qui étaient devant et derrière se sont approchés de lui. »

C’était là une manière d’attirer l’attention des gens. Quand ils étaient près de lui, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Allah interdira le feu [de l’enfer] à celui qui témoigne qu’il n’y a pas d’autre dieu hormis Allah, et qu’Il est unique et sans partenaire. »

Cette définition du musulman est consignée dans les annales de l'histoire lues par les musulmans [aujourd’hui]. Or, leurs actions et leurs fatwas contredisent ces faits.

Anas relate : « La seule liqueur dont nous disposions était celle que vous appeliez Fazikh, une boisson enivrante faite de dattes. J’étais en train d’en servir à Abou Talha et à d’autres personnes quand quelqu’un est venu nous informer que l’alcool était désormais interdit. » Sur ce, ceux qui en buvaient ont demandé à Anas de jeter le vin. Ils ont reçu un ordre, et ont l’obéi sur-le-champ, ignorant délibérément [désormais] le vin.

Selon un récit, Abou Talha buvait du vin en compagnie d’Abou Doujana et de Souhail bin Bayda.

Souhail est décédé en l’an neuf de l’hégire, de retour de la bataille de Tabouk. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dirigé sa prière funéraire dans sa mosquée. Souhail n’avait pas laissé d’enfant.

‘Oubadah Bin ‘Abdillah Bin Zoubayr relate : « ‘Aïcha (r.a.) avait demandé qu’on amène la dépouille de Sa’d Bin Abi Waqqas dans la mosquée afin qu’elle puisse, elle aussi, accomplir sa prière funéraire. Certains ont trouvé étrange sa requête. Sur quoi, elle a expliqué : « Les gens ont la mémoire courte. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait dirigé la prière funéraire de Souhail Bin Bayda dans la mosquée. »

Les gens croyaient qu’il faillait accomplir la prière funéraire au grand air. ‘Aïcha les a corrigés en disant qu’on pouvait l’accomplir à l’intérieur de la mosquée.

Toufayl bin Harith était également un compagnon. Avec son frère ‘Oubayda, et Hassib, Toufayl participa aux batailles de Badr, d’Ouhoud et du Fossé, et dans toutes les autres batailles aux côtés du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Toufayl bin Harith avec Mounzir bin Muhammad, et selon certaines traditions avec Soufian bin Nasr. Toufayl décéda à l’âge de 70 ans, en l’an 32 de l’hégire.

Abou Salid Ousayra bin ‘Amr était également un compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il s’appelait Ousayra bin ‘Amr, et son nom d’emprunt était Abou Salid ; il est d’ailleurs plus connu sous le nom d’Abou Salid. Son père, ‘Amr, était plus connu sous le nom d’Abou Kharija : il était aux côtés du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors des différentes batailles. Il fait partie de la branche Adi bin Najjar des Khazraj. Son père, Abou Kharja ‘Amr bin Qays, était également un compagnon. Il avait participé à la bataille de Badr. Son fils, ‘Abdoullah, a relaté l’une des paroles de son père : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) venait d’interdire la consommation de la viande d’âne. Au même moment des marmites étaient sur le feu dans lesquelles cuisait cette viande. Nous les avons renversées. »

Salba bin Hatib al-Ansâri était également un compagnon, il appartenait à la tribu des Banou ‘Amr bin ‘Awf. Il avait participé dans les batailles de Badr et d’Ouhoud. Comme je viens de le mentionner, il appartenait à la branche Banou ‘Amr bin ‘Auf de la tribu des Aws. Il est rapporté qu’il avait participé dans la bataille de Badr et dans les autres batailles. Oumama al-Bahli relate : « Se présentant auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Salba bin Hatib al-Ansâri dit : « Que la paix soit sur vous, ô Prophète de Dieu ! Priez Allah de m’accorder de l’argent. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Il est regrettable que peu de gens sont reconnaissants, et que les gens n’ont pas la capacité de gérer leur argent. » Il ne fit pas de supplication. Peu de temps après [Salba] revint et demanda de nouveau des supplications pour qu’il puisse avoir de l’argent. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Mon exemple ne te suffit-il pas ? Pourquoi souhaites-tu avoir de l’argent ? » Il ajouta : « Je jure au nom de Celui qui détient ma vie entre Ses mains, si j’ordonne aux montagnes de se transformer en or et en argent pour moi, elles le feront, mais je ne le fais pas ; il ne faut pas être trop attaché aux richesses. » Il revint une troisième fois auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui dit : « Priez Allah l’Exalté, qui vous a envoyé avec la vérité, de m’accorder des richesses. » Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pria Dieu qu’il accorde de l’argent à Salba. Les rapporteurs relatent qu’il n’avait que quelques brebis, mais que grâce à ces bénédictions, elles se sont multipliées à foison comme des insectes. Ses troupeaux l’occupaient tellement qu’il ne participait plus aux prières de Zuhr et ‘Asr. Il faisait les prières seul chez lui. Il eut encore plus de brebis par la suite, et ne venait même plus aux prières de Jumu’ah.

Le jour du vendredi le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait pour coutume de s’enquérir au sujet des gens, et il s’enquerra également au sujet de Salba. Les gens dirent qu’il avait autant de brebis pour recouvrir toute la vallée et s’en occuper lui prenait beaucoup de temps, et que c’est pour cette raison qu’il ne venait plus [à la mosquée]. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) exprima son regret à trois reprises en entendant cela. Lorsque les versets au sujet de la Zakat furent révélés, il envoya deux personnes pour la récolter. Lorsqu’elles arrivèrent auprès de Salba, il inventa un prétexte et ne paya pas la Zakat. Il leur dit : « Il me semble que vous allez récolter la Zakat auprès d’autres personnes, revenez me voir quand vous aurez fini de faire votre tour. » Les collecteurs se rendirent chez d’autres personnes : l’une offrit un de ses meilleurs chameaux en Zakat. Les collecteurs lui dirent qu’ils n’avaient pas demandé autant. Il répondit : « Cela me fait plaisir. » Il s’agit d’un long récit. Salba ne paya pas la Zakat. Quand ces collecteurs de la Zakat vinrent rendre compte de cela au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les versets 75 à 77 de la sourate Tawbah furent révélés.

À ce moment, un proche de Salba qui était assis auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) il partit voir le concerné et lui dit : « C’est très regrettable ! Tel et tel versets ont été révélés à ton sujet. » Salba se rendit auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et demanda que sa Zakat soit acceptée. Il répondit : « Allah l’Exalté m’a interdit de récolter la Zakat de ta part. » Salba repartit abattu. À l’époque d’Abou Bakr il tenta de donner de nouveau la Zakat, mais le Calife refusa également. Il essaya également à l’époque d’Oumar, mais celui-ci refusa également disant : « Comment puis-je accepter ce que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait refusé ? » Lorsque Outhman devint Calife il lui demanda également d’accepter sa Zakat, mais il ne l’accepta pas. Salba décéda durant le Califat d’Outhman. 

D’une part il est dit que les compagnons ayant participé à la bataille de Badr iront au Paradis, mais d’autre part on trouve un récit de non-acceptation de la Zakat de la part d’un des leurs. J’avais également eu cette impression de contradiction en lisant ce récit. Il est possible que vous ayez également le même ressenti. Il est possible que ce récit soit erroné. ‘Allama Ibn Hajar al-‘Asqalani en a fait mention. En donnant son avis il dit : « Si ce récit de non-acceptation de la Zakat de la part d’un compagnon est vraie, je ne pense pas qu’il s’agit de Salba, car il avait pris part à la bataille de Badr, et Allah l’Exalté a fait part de Son pardon à l’égard des compagnons de Badr. Ils ne peuvent pas être coupables d’hypocrisie ou de faiblesse. »

‘Allama Ibn Hajar al-‘Asqalani ajoute : « Selon une tradition rapportée par Ibn Qalbi, ce Salba, vétéran de Badr, était tombé en martyr à Ouhoud. Ce récit est confirmé par le commentaire de ces versets par Ibn Mardiya sur l’autorité d’un récit d’Ibn ‘Abbas rapporté par ‘Attiya.

Il relate dans son exégèse qu’il y avait un homme qui s’appelait Salba bin abi Hatib ; il faisait partie des Ansâr. Lors d’une assemblée du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) il dit : « Qu’Allah répande Sa grâce sur nous. » (Il mentionna ensuite tout le récit.)

Il s’agit ici de Salba bin abi Hatib. Le consensus est que celui qui avait participé à la bataille de Badr était Salba bin Hatib, et il est avéré que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait dit qu’aucun des musulmans ayant participé à la bataille de Badr et de Houdaybiyya n’ira en enfer. Selon un hadith qoudsi, Allah l’Exalté a déclaré aux participants de la bataille de Badr : « Peu importe vos actions, Je vous ai pardonnés. » Il ajoute : « Allah n’accordera pas ce statut à celui qui possède une trace d’hypocrisie dans le cœur. »

S’il existe de l’hypocrisie dans le cœur, il est impossible de recevoir la bonne nouvelle de mériter le Paradis.

Il ajoute : « Comment est-il possible que cela soit révélé en faveur des hypocrites ? Ceci démontre que cette personne n’est pas Salba. »

Salba était tombé en martyr avant cet incident. Celui qui est mentionné dans le récit se nomme Salba bin Abi Hatib. Les noms se ressemblent, d’où cette confusion. Salba bin Hatib et Salba bin Abi Hatib sont deux personnes différentes. Il n’est pas possible d’entretenir cette confusion au sujet d’un compagnon ayant participé à la bataille de Badr. Qu’Allah récompense ‘Allama Ibn Hajar al-‘Asqalani, car il a bien expliqué ce point, et à l’aide de ses références historiques il a permis de laver le compagnon de Badr de l’accusation portée contre lui.

Sa’d bin ‘Outhman bin Khaldan al-Ansâri était lui aussi un compagnon ; pour certains il s’appelle Sa’id bin ‘Outhman. Il participa à la bataille de Badr, il fait partie de ces personnes qui avaient battu en retraite lors de la bataille d’Ouhoud ; ensuite Allah l’Exalté fit part de Son pardon à leur égard dans le Saint Coran. Il était le frère d’Ouqba. Un jour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se rendit sur le lieu-dit Hirah auprès du puits d’Irha, dont Sa’d était le propriétaire à cette époque ; il y avait laissé son fils ‘Oubadah, afin qu’il puisse offrir de l’eau aux gens.

‘Oubadah, le fils cadet de Sa’d n’avait pas reconnu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Par la suite lorsque Sa’d revint, ‘Oubadah lui décrivit le visiteur à son père qui lui dit : « Il s'agissait du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Tu ne l’as pas reconnu ! Va tout de suite et rattrape-le afin de te présenter. » Il rejoignit donc le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), qui passa sa main sur sa tête et fit des supplications pour lui. Sa’d bin ‘Outhman était âgé de 80 ans lorsqu’il décéda.

‘Amir bin Oumayya, était le père de Hashim bin ‘Amir ; il avait participé à la bataille de Badr, et tomba en martyr lors de la bataille d’Ouhoud. Il faisait partie de la tribu des Banou Adi bin Najjaar. Hashham bin ‘Amir rapporte qu’une question fut posée au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) au sujet de l’enterrement des martyrs tombés lors de la bataille d’Ouhoud ; il répondit : « Creusez de grandes tombes, enterrez deux ou trois personnes par fosse, et mettez-y en premier celui qui a une meilleure connaissance du Saint Coran. » Hashsham bin ‘Amir relate : « Le corps de mon père ‘Amir bin Oumayya fut descendu dans la tombe avant celui de deux autres martyrs. » Le fils d’Amir, Hashsham bin ‘Amir, se rendit un jour auprès d’Aïcha, et elle lui dit : « Il était une très bonne personne. » Hashsham n’a pas eu de progéniture.

‘Amr bin Abi Sarah était également un compagnon, et selon Al-Waqidi il s’appelait Ma’mur bin Abi Sarah. Il faisait partie de la tribu des Banou al-Harith bin Fahr ; son nom d'emprunt était Abou Sa’ïd. Il décéda en l’an 30 de l’hégire, sous le règne du Califat d’Outhman. Son frère, Wahab bin Abi Sarah, faisait partie des émigrants de l’Abyssinie. Les deux frères avaient participé à la bataille de Badr. Ils étaient aux côtés du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors des batailles d’Ouhoud et du Fossé et lors de diverses campagnes. Ils n’ont pas laissé de progéniture. Lors de l’hégire de La Mecque vers Médine, il résida chez Koulthoum bin Haddam.

Asma bin Hussain était également un compagnon qui faisait partie de la tribu des Banou ‘Awf bin Khazraj. Son frère Khoubayl bin Wabra, et lui sont connus par le nom de leur grand-père, Wabra. Il avait participé à la bataille de Badr ; or certaines personnes ne sont pas d’accord sur ce fait. Mais d’autres affirment qu’il y avait pris part.

 Khalifa bin ‘Adi était également un compagnon : les avis divergent au sujet de son nom. Certains disent qu’il s’appelle Khalifa bin ‘Adi, et d’autres l’ont écrit Khulayfa bin ‘Adi. Il a participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud. Khalifa bin ‘Adi bin ‘Amr bin Malik bin ‘Ali bin Biadah faisait partie des compagnons ayant pris part à la bataille de Badr. Il avait accepté l’islam ; et en participant à la première bataille de Badr il eut l’honneur de compter parmi ses vétérans. Par la suite, il a également participé à la bataille d’Ouhoud. Suite à la bataille d’Ouhoud, son nom a disparu des annales de l'histoire ; on n’a pas plus d’informations à son sujet, mais son nom fait de nouveau apparition lors du califat d’Ali. On n’a pas trouvé de mention de son prénom pendant une très longue période. Il participa à toutes les batailles lors du califat d’Ali, à ses côtés. On ne trouve aucune information au sujet de son décès dans les livres.

Mu’adh bin Ma’is tomba en martyr lors de l’incident de Bi’r Ma’ouna. On dit que son père s’appelait aussi Na’is. Il appartenait au clan Zarki de la tribu Khazraj. Selon certaines traditions il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud, et il tomba en martyr lors à Bi’r Ma’ouna.

Selon une tradition, il fut blessé lors de la bataille de Badr, et quelque temps après il décéda en raison de cette blessure. Son frère, Aidh bin Ma’is, avait également participé à la bataille de Badr.

Après le pacte de Houdaybiya, Ouayna bin Hassan attaqua les chamelles qui faisaient partie du cortège du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), lors de la bataille avec la tribu des Ghasfan. Il tua la personne qui était en charge de la surveillance des chamelles, et les emporta avec lui, et il enleva également la femme du martyr. Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) eut écho de cela, il envoya huit cavaliers pour poursuivre l’ennemi, parmi lesquels il y avait Mu’adh bin Ma’is. Selon une tradition, Abou ‘Ayyash faisait partie de ces huit cavaliers. Avant de l’expédier, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda à ‘Ayyash de donner son cheval à un meilleur cavalier que lui. Abou ‘Ayyash répondit au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « O Messager d’Allah, je suis meilleur cavalier qu’eux tous. » Il raconte : « Après ces propos, je n’avais parcouru que quelques mètres lorsque mon cheval me jeta à terre ; j’étais fort inquiet car le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait dit qu’il fallait offrir mon cheval à un autre cavalier, alors que je disais être le meilleur d’entre tous. »

Selon les Banou Zariq, suite à cet incident, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda à Mu’adh bin Ma’is ou Aith bin Mu’adh de monter sur le cheval d’Ayyash.

Sa’d bin Zaid ‘Ala Al-Ash’ari était également un compagnon. Il faisait partie de la tribu des Ansâr, les Banou Abd Ash‘ar. Il avait participé à la bataille de Badr. Certains rapportent qu’il avait également participé à la bai’ah d’Aqabah. Il a participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, du Fossé, et dans toutes les [autres] batailles aux côtés du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui avait envoyé des prisonniers de parmi les Banou Quraiza, et en échange, il avait acheté des chevaux et des armes du Nejd.

On rapporte que Sa’d bin Zaid avait offert une épée du Najran au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), qu’il avait remise à Mohammad bin Muslama, lui disant : « Accomplis le Jihad dans la voie d’Allah avec cette épée. Mais si jamais des dissensions devaient éclater, frappe un rocher de cette épée et rentre chez toi. » C'est-à-dire de ne prendre aucune part à ces troubles.

Qu’Allah fasse que les musulmans d’aujourd’hui, qui sont en train de s’entre-tuer, puissent également mettre ce conseil en pratique, afin que la paix soit établie dans le monde.

Qu’Allah exalte continuellement le rang de ces compagnons, et qu’Il nous permette également de faire preuve de piété, de faire des sacrifices, et de faire preuve de sincérité et de fidélité.


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