Sermon du vendredi 23 février 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Durant ces jours [du mois de février], là où la Jama’at est établie, l’on organise des conférences dans le cadre de la prophétie sur le Réformateur Promis. Suite à une révélation divine, le Messie Promis (a.s.) annonça, le 20 février, qu’Allah lui accorderait un fils ; et il édita une annonce à ce propos. Il y évoqua les différentes qualités de ce fils promis et la publia le 20 février 1886. Tout comme je l’ai déclaré, l’on organise la journée du Réformateur Promis le 20 février, quand cela est possible, sinon on le fait quelques jours avant ou après.

On célèbre la journée du Réformateur Promis et on organise de conférences en raison de l’accomplissement de cette prophétie grandiose du Messie Promis (a.s.) et non pour commémorer la naissance de Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad, le deuxième Calife. Je présente cette explication, car d’aucuns — certains jeunes ou ceux qui ne sont pas au courant — demandent pourquoi nous ne célébrons pas la naissance des autres califes étant donné que nous célébrons la journée du Mouslih Maw’oud (r.a). Or, le 20 février n’est pas la date de naissance du Mouslih Maw’oud (r.a) : il est né le 12 janvier 1889.

Après cette explication, j’évoquerai aujourd’hui la prophétie sur le Réformateur Promis. Je citerai les termes de cette prophétie dans les paroles du Messie Promis (a.s.). Selon ses écrits et son opinion, elle s’appliquait à la personne du [futur] deuxième Calife de la communauté, Hadrat Mirza Bashir Ud Din Mahmud Ahmad. De même, le Premier Calife et d’autres aînés pensaient que cette prophétie s’appliquait au deuxième Calife. La prophétie évoque diverses qualités du fils promis. Les membres de la Communauté ainsi que d’autres personnes ont fait part de leurs ressentis à ce propos. J’en présenterai quelques exemples. Tout d’abord je citerai la prophétie dans les paroles du Messie Promis (a.s.). Il dit : « J’annonce, en ce 20 février 1886, soit le 15 Jumada-l-Awwal, quelques paroles de cette prophétie, concernant mon humble personne. J’évoque ici, à titre d’exemple, quelques-unes des paroles reçues en révélation. Les détails à ce propos seront publiés ultérieurement Incha Allah. Dieu le Miséricordieux, le Noble, l’Exalté, le Tout-Puissant, m’a révélé les paroles suivantes : « Suite à tes supplications, Je te confère un signe de Ma Miséricorde. J’ai entendu tes invocations et J’ai gracieusement exaucé tes prières ; de même J’ai béni ton voyage (vers Hoshiarpur et Ludhiana).

Un signe de pouvoir, de miséricorde, de Ma proximité t’est accordé. Je t’octroie un signe de Grâce et de faveur ainsi que la clef du succès et du triomphe. La paix soit sur toi, ô Vainqueur.

Ainsi parle Dieu afin que ceux qui désirent la vie soient enlevés des serres de la mort ; afin que ceux qui sont enfouis dans leurs tombes puissent en sortir ; afin que la suprématie de l’Islam et la noblesse de la parole divine soient évidentes à tout un chacun ; afin que la vérité vienne accompagnée de toutes Ses bénédictions et afin que le mensonge et ses abominations disparaissaient ; et afin que les hommes comprennent que Je suis le Puissant, que Je fais ce que Je veux ; afin qu’ils aient la certitude que Je suis avec toi. Afin aussi que ceux qui ne croient pas en Dieu et qui rejettent Sa religion, Son livre et Son Saint Messager Muhammad (saw) Le Choisi, soient confrontés à un signe évident et afin que la voie des coupables soit manifeste.

Réjouis-toi, car un fils beau et pur te sera accordé. Tu recevras un jeune brillant qui sera de ta semence et de ta progéniture. »

C’est-à-dire qu’il s’agira d’un enfant physique du Messie Promis (a.s.) et son descendant direct.

« Un beau garçon pur sera ton invité. Son nom est Emmanuel et Bashir. Il a été investi d’un esprit saint et sera immaculé. Il est la lumière d’Allah. Béni soit celui qui vient du Ciel ! La grâce l’accompagnera. Grandeur, éminence et richesses seront siens. Il viendra au monde et guérira nombre de leurs maux par ses pouvoirs messianiques et par l’Esprit Saint. Il est la Parole d’Allah, car la miséricorde divine et l’honneur divin l’ont investi de la Parole Majestueuse.

Il sera doué d’une grande intelligence et d’une grande compréhension. Il sera humble et sera pétri de connaissances séculières et spirituelles. Il transformera trois en quatre. C’est un lundi, un lundi béni.

Fils, délice du cœur, de haut rang, noble. Une manifestation du Premier et du Dernier, une manifestation du Vrai et du Très-Haut, comme si Dieu était descendu du Ciel. Sa venue sera bénie à l’ultime degré et sera la manifestation de la majesté divine. Une lumière va poindre bientôt, une lumière imprégnée par Dieu du parfum de Sa grâce.

Nous déverserons sur lui Notre esprit et il sera sous la protection de l’ombre divin. Son prestige prendra rapidement de l’ampleur et grâce à lui ceux qui ont été asservis retrouveront la liberté. Sa renommée se répandra jusqu’au bout de la terre et les peuples seront bénis par son entremise. Il sera ensuite exalté à son rang spirituel au Ciel. Ceci a été décrété. »

C’étaient là les paroles de la prophétie sur le Mouslih Maw’oud. Le Messie Promis (a.s.) évoque la personne de Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad dans le cadre de cette prophétie : « Quand mon premier fils est décédé, des mollahs ignares, leurs amis, les chrétiens et les hindous ont jubilé. Je leur ai expliqué à maintes reprises que la prophétie du 20 février évoquait aussi la mort de certains de [mes] fils. Ainsi, un de mes fils devait nécessairement mourir en bas-âge. Cependant, ils n’ont pas mis fin à leurs critiques. Dieu m’a aussi donné la bonne nouvelle d’un autre fils. Sur la page sept de mon annonce [publiée sur du papier de couleur] verte, se trouve la bonne nouvelle suivante : « Il y aura un deuxième Bashir et son deuxième nom sera Mahmud. Il n’est pas encore né en cette date du 1e septembre 1888, or, en accord avec la promesse divine, il naîtra certainement au cours de la période désignée. Le ciel et la terre peuvent passer, mais pas la promesse divine. »

« Selon les propos stipulés à la page 7 de l’annonce verte, ce fils est né en janvier 1889 : il s’appelle Mahmud ; il est vivant et il a sept ans. »

Les premiers propos du Messie Promis (a.s.) sont tirés d’un de ses écrits et les deuxièmes de l’ouvrage Haqiqa-tul-Wahy. Il en existe d’autres à ce propos ; au lieu d’en donner davantage, je présenterai l’opinion du Premier Calife eu égard au statut du Mouslih Maw’oud.

Six mois avant le décès du Premier Calife, Pir Manzur Mohammad, l’auteur du Qa’idah Yassarnal Qur’an lui a raconté ceci : « En lisant les écrits du Messie Promis (a.s.), j’ai su que la prophétie sur le fils promis s’applique à Mian Saheb » C’est-à-dire à Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad. Le premier Calife a commenté : « Je le savais déjà. Ne vois-tu pas le respect et la déférence que je lui montre ? » Pir Manzur consigna ces propos du Premier Calife en écrit et lui demanda de les certifier. Le Calife écrivit : « Ce sont-là les paroles que j’ai dites à notre frère Pir Manzur Mohammad » et il signa, « Nur-ud-Din, le 10 février, 1913 ».

Pir Manzur Mohammad raconte : « Le 11 septembre 1913, soit le lendemain de cet incident, j’étais en train de masser les pieds du Premier Calife, qui était allongé sur son lit, quand il déclara, sans aucune discussion préalable : « Ne publie pas cela maintenant » Et pour signaler que la prophétie s’applique à Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad, [il ajouta] : « Publie-le quand l’hostilité éclatera [contre lui.] »

Ghulam Hussain Saheb, du quartier Arazi Yaqub de la ville de Sialkot écrivit ceci après que le deuxième Calife eût annoncé qu’il était le Réformateur Promis : « Mon cher guide, votre Sainteté le deuxième Calife et Réformateur Promis (qu’Allah vous vienne en aide). Je loue Dieu après avoir lu le journal Al-Fazl en date du 30 janvier. Le songe que j’avais vu s’est réalisé par la grâce d’Allah. En présence de Shadi Khan de Sialkot à l’époque du Premier Calife je vous avais félicité dans le bureau d’Al-Fazl, car Allah m’avait montré dans un rêve que vous seriez élu Calife après le premier successeur du Messie Promis (a.s.), et que vous auriez du succès et que vous recevriez des révélations. J’avais aussi raconté ce rêve au premier Calife, qui avait joyeusement attesté mes propos en affirmant que c’en était là la raison de cette virulente hostilité contre votre personne. J’avais aussi raconté ce rêve à feu Syed Hamid Shah Saheb. Alhamdoulillah, le Calife s’est bien proclamé être le Mouslih Maw’oud. » (Il l’avait fait en 1944). « Dès l’époque du premier Calife j’étais convaincu que vous seriez le prochain Calife et que vous étiez le Réformateur Promis. »

Sufi Mutiur Rahman Bengali écrivit ceci au deuxième Calife après qu’il se fût proclamé être le Réformateur Promis : « Je souhaite vous relater ici un rêve que j’avais fait environ trente ou peut-être vingt-quatre ans de cela et que je vous avais raconté [dans le passé]. À présent que vous vous êtes proclamé Réformateur Promis, je suis convaincu que ce songe concerne la prophétie. J’y ai vu les gens réunis pour l’Aïd. Le Messie Promis (a.s.) se trouvait à un endroit très élevé. Il portait un manteau vert et il était en train de prononcer son sermon. Après le sermon, quand je me suis approché de lui afin de lui serrer la main, j’ai constaté qu’il ne s’agissait pas du Messie Promis (a.s.) mais du deuxième Calife. J’ai raconté ce rêve au capitaine-docteur Badr-ud-Din et à mon frère Maulvi Zill-ur-Rahman, missionnaire au Bengale. Celui-ci m’a informé que ce rêve s’appliquait à cette partie de la prophétie où il est dit que le Réformateur Promis sera « un signe de grâce et de faveur » octroyé au Messie Promis (a.s.).

Sheikh Mohammad Ismail Sarsawi relate : « À maintes reprises nous avons entendu le Messie Promis (a.s.) dire que la prophétie s’applique à Mian Mahmud. Il disait aussi qu’il priait tout spécialement pour son fils Mian Mahmud en raison de la passion que ce dernier ressentait à l’égard de la religion. »

Hadrat Mouslih Maw’oud (r.a.) ne s’est pas proclamé être le Réformateur Promis tant qu’il n’en avait pas reçu l’autorisation de la part de Dieu. Il le fit uniquement quand il avait reçu la permission de le faire. Il déclara : « Étant donné que plusieurs signes présentés par le Messie Promis (a.s.) à propos de ce fils promis se sont déjà accomplis, nombre de membres de la Jama’at ont affirmé que la prophétie concerne ma personne. Or, j’ai toujours répété que je n’en ferai aucune annonce tant qu’Allah ne me l’ordonne pas de le faire. En fin de compte, le jour est venu quand Dieu en a fait l’annonce par mon entremise. »

Lors de la conférence à Hoshiarpur le deuxième Calife a annoncé : « Je jure au nom d’Allah qu’en accord avec la prophétie du Messie Promis (a.s.) Dieu m’a déclaré être son fils promis, celui qui devait faire connaître sa renommée jusqu’aux confins de la terre. »

Lors de la conférence de Lahore, le deuxième Calife annonça : « Je jure au nom du Dieu Unique et Tout-Puissant – d’ailleurs seuls les maudits oseront mentir en Son nom et ceux qui mentent en Son nom ne pourront se soustraire à Son châtiment – je jure en Son nom qu’Il m’a informé, ici à Lahore, dans la maison de Sheikh Bashir Ahmad, sise au numéro 13 Temple Road, que la prophétie du Réformateur Promis s’applique à moi, grâce auquel le message de l’Islam arrivera aux confins de la Terre et que l’unicité divine sera établie en ce monde. »

Le Messie Promis (a.s.) a évoqué entre 52 à 58 signes qui se manifesteront en faveur du Réformateur Promis. En tout cas, ils ont plus de cinquante. Les membres de la communauté et même ceux qui ne le sont pas en ont vu l’accomplissement en la personne de Hazrat Mouslih Maw’oud. J’en mentionne ici quelques-uns.

Après le décès du deuxième Calife et Réformateur Promis, As-Sayyid Abu’l Faraj Al-Husni de Damas a déclaré : « Nous sommes fort peinés suite au décès de Hadrat Amir-ul-Mu’minin, le deuxième Calife. Cette tristesse a accablé tous les ahmadis. La Jama’at de Damas, en particulier, en est fort attristée car elle fut implantée directement par les mains bénies du deuxième Calife. Il l’a arrosée avec une attention particulière et en puisant de sa spiritualité. Cet arbre a porté ses fruits et ses fleurs. Allah disait vrai en annonçant que des nations entières seraient bénites par son entremise. Nous avons profité de bénédictions divines grâce à ses prières et son attention. À chaque fois que j’ai fait une requête de prière au Calife j’ai vu l’effet de l’exaucement de ses supplications tant au niveau spirituel que matériel. La révélation divine s’est réalisée à la lettre en sa personne « Une lumière va poindre bientôt, une lumière imprégnée par Dieu du parfum de Sa grâce. »

Le journal Al-Fazl en date du 27 juillet 1944 a publié le songe suivant qu’un non-Ahmadi du nom de Mohammad Akram avait vu. Mohammad Mohail, son parent ahmadi l’a relaté au deuxième Calife. Mohammad Akram, qui n’était pas encore ahmadi à l’époque écrit : « En 1936, le Calife séjourna à Nawabshah. La veille de son arrivée, dans un songe, j’ai vu une personne assise sur un tigre, venant du côté de la gare de Nawabshah. Quand il s’est approché de moi, j’ai vu inscrit sur son corps des versets du Coran. J’ai demandé aux autres : Qui est cette personne ? Ils m’ont dit qu’il s’agissait de Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad de Qadian. J’ai aussi demandé quelles étaient ses qualités distinctives ; et on m’a dit qu’il était un grand ami d’Allah. »

Ainsi donc, Allah l’Exalté a prouvé l’authenticité de la prophétie du Messie Promis (a.s.) par le truchement de non-ahmadis. Maulvi Sami’ Ullah Khan Faruqi, un érudit non-ahmadi de grand renom a publié un tract ayant pour titre « La vérité dévoilée » avant la création du Pakistan. « [Hadrat Mirza Ghulam Ahmad] reçut la révélation suivante «…qu’Il suscitera un homme de parmi ma progéniture pour servir ma communauté et qu’Il le favorisera particulièrement de Son intimité et de Ses révélations. La vérité se diffusera par son intermédiaire, et beaucoup de gens la reconnaîtront... ». Lisez et relisez cette prophétie et demandez-vous si elle ne s’est pas accomplie. Lorsqu’elle fut annoncée le calife actuel était encore enfant, et Mirza Ghulam Ahmad Sahib n’avait pas fait de testament concernant l’identité du calife qui devait le succéder après sa mort ; il avait laissé aux membres de sa communauté le choix d’élire leur calife. C’est ainsi que Hakim Nur-Ud-Din fut choisi comme premier calife, et ses adversaires se moquèrent davantage de la prophétie citée plus haut. »

C’est-à-dire, après l’élection du premier Calife, ils se sont moqués de la prophétie affirmant que le fils du Messie Promis (a.s.) ne fut pas élu Calife.

« Mais Mirza Bashir-ud-Din Mahmud Ahmad fut élu calife après le décès de Hakim Nur-Ud-Din ; et il est indéniable que la communauté fit des progrès extraordinaires au cours de son califat. Le nombre d’ahmadis à l’époque de Mirza Ghulam Ahmad Sahib était insignifiant ; et la communauté ne fit pas de grandes avancées au cours du califat de Hakim Nur-Ud-Din non plus. Mais l’Ahmadiyya a atteint presque tous les coins du monde au cours de la période de Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad et le nombre d’ahmadis sera le double comparé au recensement de 1931. Les efforts concertés de la part des adversaires de l’Ahmadiyya pour arrêter son progrès sont tout aussi sans précédents. En accord avec la prophétie, un de ses enfants allait établir la Jama’at et celle-ci a accompli des progrès immenses par son entremise. Ceci est la preuve que la prophétie de Mirza Saheb s’est accomplie à la lettre. »

Arjun Sing un journaliste sikh, éditeur du journal Ragin d’Amristar [de l’Inde] écrivit ceci : « En 1901, Mirza Ghulam Ahmad Sahib publia ceci alors que le Calife actuel Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad était encore enfant :

« Je t’ai donné la bonne nouvelle à propos d’un de tes fils, qui sera un jour Mon bien-aimé :

J’éloignerai les ténèbres de cette lune qu’il est, et je montrerai qu’il a révolutionné tout un monde. 

Quelle est alors cette bonne nouvelle ? C’est un délice pour le cœur.

Saint, donc, est Celui qui avilit mon ennemi. »

« C’est une prédiction des plus étonnantes. En 1901, Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad n’avait pas la stature d’un grand érudit et sa perspicacité dans le domaine de la politique n’était pas avérée non plus. Clamer que Dieu lui accordera un fils aux qualités exceptionnelles est une preuve que Mirza Ghulam Ahmad Sahib possédait quelque force spirituelle. L’on pourrait conjecturer qu’en se proclamant [Messie] Mirza Ghulam Ahmad avait instauré une dynastie héréditaire et qu’il souhaitait être succédé par son fils. Or, cette idée est sans fondement, car il n’avait pas émis de condition selon laquelle son successeur devait nécessairement être de sa descendance et de sa famille. Le premier Calife de la communauté n’était pas apparenté à Mirza Saheb. D’ailleurs, il était fort probable qu’une autre personne soit élue calife après lui. À l’époque, Maulvi Muhammad Ali, l’Emir de la Jama’at de Lahore, prétendait à ce poste, mais la majorité des membres ont soutenu Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad et il a été élu deuxième Calife. Si Mirza Saheb, le père, n’avait pas été animé par une force spirituelle, comment aurait-il pu annoncer qu’il aurait un fils possédant telle ou telle qualité ? Il avait trois fils lorsqu’il fit l’annonce précitée et il priait en faveur de tous les trois. Or, la prophétie concernait un seul des trois et nous constatons qu’elle s’est réalisée : il a en effet apporté une révolution dans le monde. »

La Jama’at ne possédait pas à l’époque les ressources dont elle dispose aujourd’hui. Certes, nous n’avons pas aujourd’hui tous les moyens à notre disposition, mais notre situation est bien meilleure. Cependant, en dépit de ces maigres ressources à l’époque, la Jama’at a été implantée dans plus de cinquante pays et sur tous les grands continents par la grâce d’Allah. Ceci est conforme à la prophétie sur le Réformateur Promis, notamment qu’il favoriserait la diffusion du message de l’Islam et qu’il aurait une grande détermination.

Selon la prophétie le fils promis aura pour tâche d’œuvrer pour établir la suprématie de l’Islam et de rendre évidente la noblesse de la parole divine. Maulvi Zafar Ali Khan, grand leader musulman et poète de renom, l’a admis en des termes sans équivoques dans le journal Zamindar. En s’adressant à ses suivants il dit : « Ouvrez bien vos oreilles et écoutez-moi ! Vous et vos acolytes ne pourront jamais contrer Mirza Mahmud, et ce jusqu’au jour de la résurrection ! Mirza Mahmud possède le Coran et la connaissance du Coran. Quant à vous, qu’avez-vous accompli jusqu’à présent ? Vous n’avez même pas lu le Coran dans vos rêves ! Mirza Mahmud dispose d’une communauté prête à poser à ses pieds, à son moindre souhait, tout ce qu’elle possède. Mirza Mahmud dispose de prédicateurs et d’experts en divers domaines. Il a planté son drapeau dans tous les pays du monde… »

La prophétie disait que le fils promis serait imbu d’une grande détermination et qu’il serait pétri de connaissances séculières et spirituelles. Khwajah Hussain Nizami, soufi de grand renom en Inde, décrit en ces termes le deuxième Calife :

« Il était souvent malade, mais sa maladie n’affectait point ses œuvres. Il travailla dans la plus grande sérénité face à des tempêtes d’hostilité. Il prouva ainsi sa bravoure de Mongol et exerça son autorité de manière apte. Il possédait une grande perspicacité politique, et une fine intelligence concernant en matière de foi. Il maîtrisait de surcroît l’art de la guerre par la plume et par l’esprit. »    

Une autre prédiction concernant le fils promis était que « ceux qui ont été asservis retrouveront la liberté ». Cette prophétie s’est réalisée d’une manière des plus étonnantes. Le mouvement de la libération du Cachemire en est témoin, car son succès dépendait du président du « All India Kashmir Comittee », qui a été fondée suite à l’initiative de Mouslih Maw’oud et suivant les conseils de grands leaders musulmans du sous-continent indien, à l’instar de Sir Zulfiqar Ali Khan, Sir Mohammad Iqbal, Khwajah Hassan Nizami ou Syed Habib, le directeur du journal Siyasat. Ce comité fut fondé le 25 juillet 1931 à Simla, et sa présidence confiée au deuxième Calife. Grâce à son leadership exceptionnel les musulmans du Cachemire, qui furent pendant des décennies privés de leurs droits les plus élémentaires et qui vivaient asservis, retrouvèrent leur liberté en peu de temps. Leurs droits politiques et sociaux furent accordés et ils établirent la première assemblée dans l’État du Cachemire. La liberté d’expression fut garantie et ils choisirent leurs représentants. Les journaux musulmans félicitèrent le deuxième Calife pour ses actions, et déclara que ceux qui, en dépit de leurs divergences de doctrine, le choisirent comme président de ce comité firent le meilleur choix en ces temps où la situation du Cachemire était des plus périlleuses. Si quelqu’un d’autre eût été élu à sa place en raison des divergences doctrinales, ce mouvement aurait échoué lamentablement et la nation musulmane aurait subi des pertes considérables.

Maulana Mohammad Ali Jauhar était un géant parmi les hommes politiques et un érudit de renom. Il a écrit ceci dans son journal Hamdard en date du 26 septembre 1927 : « Ne pas évoquer en ces pages Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad et sa Jama’at bien organisée serait le comble de l’ingratitude de notre part. En dépit des divergences doctrinales, ils ont usé de toute leur attention afin d’œuvrer en faveur du bien-être des musulmans. D’une part, ils s’intéressent à la situation politique des musulmans et œuvrent d’arrache-pied en faveur de l’organisation des musulmans, de leur prédication et leur [situation économique]. Le temps est proche quand cette communauté organisée servira de guide à la majorité des musulmans en général et à ces personnes en particulier, qui, du haut de leurs chaires, lancent de vides slogans, clamant servir l’islam. »

Après de décès de Hadrat Mouslih Maw’oud, Allama Abdul Majid Daryabadi, éditeur du journal Sidq Jadid et exégète de grand renom, a loué dans un obituaire les services qu’il a rendus au Coran : « Tout au long de sa vie, le défunt s’est dédié passionnément et avec détermination à la connaissance du Coran, à sa diffusion dans le monde et à la prédication du message de l’Islam. Qu’Allah lui en accorde récompense. Son exégèse et ses explications des sens profonds du Coran sont hors pair. »

Une fois un prêtre américain vint à Qadian. Il s’agit d’une autre anecdote témoignant qu’il était doué de connaissances manifestes et cachées. C’était en 1914. Il posa quelques questions religieuses cruciales à des ahmadis. Il ajouta également qu’il était venu des États-Unis, et qu’il avait posé ces questions à de nombreux savants mais qu’aucun d’eux n’avait pu lui fournir des réponses convaincantes. Il ajouta qu’il était donc venu poser ces questions au Calife, afin de voir les réponses qu’il lui fournirait. Maulvi Umar Din Shimlavi Saheb relate : « Les questions étaient très difficiles et étranges ; en les entendant je fus persuadé que le jeune Calife, qui n’avait pas étudié formellement la théologie, et qui était de surcroît très jeune, et qui ne connaissait pas beaucoup de monde, ne pourrait jamais répondre à ces questions. Cela conférerait une mauvaise réputation au mouvement Ahmadiyya et l’humilierait. »

Car si le Calife ne réussit pas à répondre aux questions, lorsque ce prêtre américain repartira, il fera la propagande dans le monde entier que le Calife des ahmadis n’a aucune connaissance, qu’il ne peut en aucun cas combattre le christianisme, qu’il ne porte que le titre de Calife et qu’il n’a aucune érudition. Il ajoute : « Cette situation m’inquiétait énormément ; j’ai donc essayé de faire en sorte que le prêtre américain reparte sans rencontrer le Calife, mais en vain. Il souhaitait le rencontrer à tout prix. » Il ajoute : « Je partis auprès du Calife, et je l’informai qu’un prêtre américain était venu et qu’il souhaitait lui poser quelques questions, et je lui demandai ce que nous devions faire. Sur ce le Calife répondit sans hésitation : Amenez-le donc. » Il ajoute : « Je l’amenai donc, et je fis l’interprète entre les deux. » Il continue : « Après quelques discussions de courtoisie, le prêtre américain présenta ses questions au Calife, que je lui traduisis. Le Calife écouta toutes les questions dans une grande sérénité, et il présenta aussitôt des réponses si convaincantes que j’en fus étonné. Je n’avais pas du tout la certitude que le Calife pourrait donner des réponses [à ce point] pétries de savoir et aussi parfaites à ces questions. Lorsque je traduisis ces réponses en anglais pour le prêtre américain, ce dernier en fut également étonné, et il déclara : « Je n’ai jamais entendu de paroles aussi intelligentes et un discours aussi convaincant de la bouche de quiconque. Votre Calife est un très grand érudit, et il a une vision approfondie des questions religieuses. » Après avoir dit cela, il embrassa respectueusement la main du Calife et s’en fut.

En février 1945, le Mouslih Maw'oud prononça un puissant discours à l’auberge Ahmadiyya de Lahore, intitulé : « Le système économique de l’islam ». En effet, il avait également une grande maîtrise des sujets séculiers. Après son discours, le président de la conférence, Lala Ram Chand Muchanda, déclara dans son allocution : « Je me considère très chanceux d’avoir eu l’opportunité d’écouter un très précieux discours, et je suis ravi d’apprendre que le mouvement Ahmadiyya est en train d’accomplir des progrès considérables. Le discours que vous venez d’entendre regorge de perles précieuses et de points très originaux. Il m’a été vraiment profitable, et je pense que vous avez également bénéficié énormément de ces précieuses informations. Je suis également très heureux de voir qu’en plus des musulmans, des non-musulmans ont également participé à cette conférence ; et je suis aussi ravi de constater que les relations entre musulmans et non-musulmans s’améliorent. J’ai régulièrement l’occasion d’échanger avec mes amis de la communauté Ahmadiyya ; cette communauté islamique présente des exégèses de l’islam qui sont très profitables pour ce pays. Auparavant je pensais, à tort, que l’islam ne se préoccupait dans ses lois que des musulmans, et n’avait aucune considération pour les personnes étrangères à cette religion. Mais aujourd’hui, grâce au discours de l’Imam de la Jama’at Ahmadiyya, j’ai appris que l’islam enseigne l’égalité entre tous les êtres humains et vous m’en voyez très heureux de l’entendre. Je dis à mes amis non-musulmans : « Quelle excuse avez-vous pour ne pas respecter un islam pareil ? » Vous avez écouté le discours avec beaucoup de sérénité pendant deux heures et trente minutes ; si un Européen voyait cela il serait étonné de voir à quel point l’Inde est en train de progresser. Je vous remercie d’avoir écouté ce discours de façon calme, et de ma part et de la part de vous tous je remercie mille fois l’Imam de la Jama’at Ahmadiyya de nous avoir fait profiter de son discours empli d’informations très précieuses. »

Akhtar Orainvi Saheb, responsable du département de l’ourdou de l’Université de Patna, relate une anecdote dont il était le témoin au sujet du Professeur Abdul Mannan Baidal Saheb, ancien responsable du département du Persan. Il dit : « J’ai offert un à un quelques volumes de l’exégèse du Saint Coran réalisée par le deuxième Calife au Professeur Abdul Mannan Baidal, l’ancien doyen du département du persan, Patna College, Patna Hall et principal du Shabeen College Patna. Il fut si grandement impressionné par la lecture de cette exégèse, qu’il offrit quelques volumes aux sheikh du madrassa arabe Shams ul Huda, et un jour il les invita et leur demanda leur avis à ce propos. »

Une des prophéties était que le fils promis serait pétri de connaissances du Coran.

« L’un des sheikhs avança qu’on ne trouvait pas d’exégèse semblable dans les écrits persans. Le professeur Abdul Mannan Saheb demanda ce qu’il en était dans les exégèses arabes. Les sheikhs restèrent silencieux. Après quelques instants l’un d’eux dit : « Toutes les exégèses en langue arabe ne sont pas disponibles à Patna. On ne pourra avoir un avis valable sur sujet qu’après une étude de toutes les exégèses disponibles en Egypte et en Syrie. » Le professeur Abdul Mannan Saheb commença à présenter les exégèses en langue arabe, et conclut qu’il n’avait trouvé aucune exégèse dans aucune des langues qui peut arriver à la cheville de celle faite par Mirza Mahmood. Il ajouta : « Vous pouvez commander de nouvelles exégèses depuis l’Egypte et la Syrie, et on peut se parler dans quelques mois. » Les savants de la langue arabe et du persan restèrent bouche bée.

Faisant mention de l’érudition fascinante du Calife, Qureshi Abdul Rahman Saheb dit: « Lors de la visite du Calife à Sukkhur tous les ahmadis amenaient leurs amis rencontrer le Calife. J’amenai un des miens qui se vantait souvent de ses connaissances religieuses. Le Calife était présent dans l’assemblée. Les personnes posaient des questions et le Calife y répondait. Mais mon invité resta silencieux du début à la fin. Après la rencontre, je lui demandai pourquoi il n’avait posé aucune question. Il me répondit spontanément : « Si j’avais ouvert la bouche je me serais mis à nu. » Il était un grand opposant. Il ajouta : « La discussion du Calife était si convaincante que je me disais que si je réussissais à sortir d’ici en préservant ma foi intacte, ce sera déjà en soi une grande victoire ; je ne songeais même pas à poser de question. »

L’éditeur de l’hebdomadaire Paaris, Lala Karam Chand, visita Qadian avec quelques journalistes et il revint après avoir été très impressionné par Sa Sainteté ; il a écrit des articles à ce sujet dans son journal. Il disait : « Nous pensions que Zafrulla Khan était un grand homme (à cette époque il était membre du Conseil Exécutif du Vice-Roi), mais si on le compare à Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad, il est tel un élève du primaire. En tout point il a un meilleur avis que lui. » C’est-à-dire que le statut du deuxième Calife est très grand, et il a les meilleurs avis. Il ajouta : « Il présente les meilleurs arguments. Il possède également de grandes qualités d’administrateur : un tel homme peut facilement porter un royaume jusqu’au sommet. »

Un ami intellectuel participa à la Jalsa de Qadian ; il partagea son impression à propos du Mouslih Maw'oud et de ses disciples. Il relate : « J’ai remarqué une chose : tout le groupe, tout le mouvement et toute la foule obéissaient le Calife au doigt et à l’œil. » Il tira la conclusion que l’Imam de la Jama’at Ahmadiyya était un expert de la plume, un grand orateur et un grand administrateur.

Allama Niaz Fatehpuri Saheb écrit après avoir lu le troisième volume du Tafsir-e-Kabir : « J’ai ces jours-ci devant mes yeux le troisième volume du Tafsir-e-Kabir. Je le lis d’un regard très profond. Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il a abordé le Saint Coran sous un angle sans précédent, et cette exégèse est une première dans sa grandeur, dans laquelle la raison a été merveilleusement conjuguée aux analogies. Sa connaissance, sa grande vision, sa grande perspicacité, son argumentation hors pair se manifestent dans chacun de ses mots, et j’ai le regret d’en avoir été privé tout ce temps. Si seulement je pouvais en lire tous les volumes ! Son exégèse de la sourate Al-Houd et ses points de vue sur le prophète Lot (a.s.) m’ont grandement touché et m’ont poussé à écrire ces lignes. Je n’ai pas de mots pour saluer ses commentaires, en contraste aux autres, sur les filles du prophète Lot. Qu’Allah lui accorde une longue vie ! »

Dans ces avis recueillis on voit qu’après avoir rencontré Hazrat Mouslih Maw'oud, et ses disciples et les personnes étrangères étaient grandement impressionnés par sa personnalité, et sa connaissance étonnait tout le monde.

Tout cela est une manifestation de la véracité de la prophétie. Lors des conférences qu’on organise, là où l’on fait mention de la prophétie ainsi que de toutes les grandes choses qu’il a accomplies, nous devons prier qu’Allah exalte le rang de Hazrat Mouslih Maw'oud. Nous devons également accomplir notre introspection. Pour le plus grand progrès de l’Ahmadiyya, chaque membre de la Jama’at doit faire usage de toutes ses capacités, pour servir l’Ahmadiyya. Si nous le faisons nous serons alors témoins du plus grand progrès de l’Ahmadiyya de notre vivant. Qu’Allah nous le permette.


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