Sermon du vendredi 16 février 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Celui qui affirme sa foi en Dieu ne doit jamais oublier qu’Allah nous a créés afin que nous L’adorions, tout comme Il l’affirme [dans le verset suivant] :

وَمَا خَلَقْتُ الْجِنَّ وَالْإِنْسَ إِلَّا لِيَعْبُدُونِ

C’est-à-dire, J’ai créé le Djinns et les hommes pour qu’ils M’adorent. Allah nous enseigne aussi les moyens pour Lui rendre culte dont des mouvements physiques ainsi que des formules de prières, qui font partie du dhikr (l’évocation d’Allah). La Salat englobe ces deux composants : les mouvements physiques ainsi que la récitation de dhikr et de prières.

Or, le croyant doit aussi se souvenir de Dieu et L’implorer en dehors de la Salat. Dans le Saint Coran, Allah nous enseigne diverses prières en référence à différents prophètes. Ce sont autant d’invocations que nous pouvons réciter au cours de nos Salats et tout en vaquant à nos occupations.

D’aucuns, dans leurs lettres m’informent qu’ils rencontrent telles ou telles difficultés ou qu’ils sont accablés de soucis et me demandent de leur prescrire une prière ou un dhikr à lire afin de se sortir d’affaire. Généralement je leur conseille d’être assidus dans leurs Salats, de supplier Dieu lors de leurs prosternations, d’implorer le secours divin. Cependant, aujourd’hui j’évoquerai un dhikr tiré de la sounnah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : il s’agit des supplications révélées par Dieu. En méditant sur leurs significations, l’on comprend le sens de l’unicité divine et l’on jouit aussi de la protection d’Allah contre tout type de maux. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) récitait ces prières toutes les nuits avant de s’endormir et encourageait ses compagnons d’en faire de même. De nombreux récits évoquent l’importance et les avantages de ces supplications et de ces versets.

Selon un hadith, avant de s’endormir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) récitait l’Ayat-ul-Kursi ainsi que les trois dernières sourates du Coran, notamment la sourate Al-Ikhlas, la sourate Al-Falaq et la sourate Al-Nas. Il les récitait à trois reprises, soufflait dans ses mains, les passait le long du corps en commençant par la tête et en les étendant jusqu’où il le pouvait. C’était là une pratique régulière du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et sa sunnah : il incombe à tout musulman de suivre son exemple.

Le Messie Promis (a.s.) nous a guidés, nous les ahmadis, davantage à propos de la sounnah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : il nous incombe de faire des efforts particuliers afin d’appliquer ce conseil. Cela est d’autant plus important en raison des situations par lesquelles nous traversons. Il faut se consacrer aux supplications et aux différents types de dhikr non seulement pour combler ses besoins personnels, spirituels et matériels, mais aussi pour se prémunir des troubles [pouvant affecter] la Jama’at et les complots des jaloux et des ennemis. Il nous faudra être vigilants à cet égard et considérer cela comme une obligation d’une grande importance.

Je vous présente d’autres hadiths à propos de ce dhikr et de ces versets. Deux vendredis auparavant j’avais souligné [l’importance de] l’Ayat-ul-Kursi. Aujourd’hui je présenterai des hadiths sur les trois derniers chapitres du Coran. À maintes reprises, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a encouragé ces compagnons à réciter ces sourates. Dans un récit, Aisha (r.a.) relate : « Toutes les nuits, quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se mettait au lit, il joignait ses deux paumes, soufflait dessus et récitait les sourates Al-Ikhlas, Al-Falaq et Al-Nas. Ensuite il passait ses mains le long du corps, les étendant jusqu’où il le pouvait. Il commençait par se toucher la tête et le visage des deux mains, ensuite le reste du corps dans la mesure du possible. Il répétait cet exercice à trois reprises.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) accomplissait régulièrement cet exercice tant et si bien que lors de sa dernière maladie, Aisha (r.a.) récitait ces prières, soufflait ensuite dans les mains du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et les passait sur son corps. Aisha (r.a.) relate qu’elle accomplit cet exercice lorsque la maladie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’aggrava, espérant profiter des bénédictions de ses mains bénies. Aisha (r.a.) eut cette idée en raison de la régularité avec laquelle le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) accomplissait cet exercice et elle en avait compris l’importance.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) expliqua à ces compagnons les bénédictions de ces sourates et leur importance. Uqba Bin Amir relate qu’il rencontra le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci s’avança et, lui attrapant la main, lui dit : « Cher Uqba ! Souhaites-tu que je te présente les trois meilleures sourates jamais révélées dans la Torah, les Évangiles, les Psaumes et le Glorieux Coran ? » Uqba répondit : « Certainement ! Qu’Allah fasse que je vous sois fidèle ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui récita les trois derniers chapitres du Coran, Al-Ikhlas, Al-Falaq et An-Nas et lui conseilla : « Ne les oublie jamais et récite-les sans faute chaque nuit. » Uqba raconte qu’il ne les oublia jamais depuis ce conseil du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et les récitait toutes les nuits.

Le fait que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) insiste qu’il ne doit pas oublier ces trois sourates et qu’il doit le réciter toutes les nuits sans exception prouve que Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les récitaient régulièrement. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était d’ailleurs le plus respectueux des commandements divins et le plus régulier à réciter ces supplications. C’est ainsi qu’il avait pu conseiller autrui à cet égard.

Abu Sa‘id al-Khudri évoque l’importance de la sourate Al-Ikhlas dans un hadith. Il raconte que quelqu’un entendit une personne réciter et répéter ce court chapitre [à maintes reprises]. Considérant ce dernier comme inférieur, il alla s’en plaindre au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) le lendemain. L’Envoyé d’Allah déclara : « Je jure par Celui qui détient ma vie entre Ses mains ! La sourate Al-Ikhlas équivaut à un tiers du Coran. »

Dans un autre hadith, Abu Sa‘id al-Khudri (r.a.) en fournit des détails supplémentaires. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda à ses compagnons : « Seriez-vous capables de réciter un tiers du Coran en une nuit ? » Tout troublés les compagnons demandèrent : « O Prophète d’Allah ! Qui des nôtres sera capable d’accomplir cette prouesse ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « La sourate Al-Ikhlas équivaut à un tiers du Coran ! »

Selon le recueil Sahih Muslim, Abu Hurairah relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda à ses compagnons de se réunir dans la mosquée afin de leur enseigner un tiers du Coran. Une fois réunis, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sortit de sa maison, leur récita la sourate Al-Ikhlas et rentra. Un des compagnons suggéra que l’Envoyé d’Allah était rentré parce qu’il venait de recevoir une révélation. Il ressortit de nouveau et déclara : « Je disais que je vous enseignerai un tiers du Coran : sachez que la sourate Al-Ikhlas en est l’équivalent. »

Pourquoi le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait-il conféré ce statut à cette sourate ? Tout simplement parce que le Saint Coran avait été révélé pour prouver l’unicité divine et pour l’établir sur terre. Cette sourate évoque ce thème en des termes clairs et concis. En méditant sur ses paroles et en les traduisant dans la pratique, le croyant arrive à suivre le Tawhid véritable. C’est en considérant le Coran comme la parole du Dieu unique lorsqu’on appliqus ces préceptes que l’on prouve que l’on a compris le sens véritable du Tawhid et que l’on est fermement établi dessus. Ce faisant, l’on arrivera ensuite à appliquer tous les préceptes du Coran.

Cela dit, il ne faut pas croire qu’on a lu un tiers du Coran rien qu’en récitant la sourate Al-Ikhlas. Ce hadith signifie qu’il faut la réciter, se cramponner au Tawhid et appliquer [ses préceptes].

Selon d’autres récits, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) affirme que tel ou tel verset équivaut à une partie ou un quart du Coran. En les prenant au sens littéral, d’aucuns diront qu’en récitant ces quelques versets l’on aura complété une lecture entière du Coran. Or, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sous-entendait que celui qui applique les préceptes de ces versets, qui médite sur le Coran et qui tente d’établir le Tawhid sera, en réalité, celui qui aura lu Coran.

Le Coran a été révélé pour instaurer le Tawhid : d’ailleurs chacun des nôtres doit s’évertuer et prier en ce sens. ‘Aisha (r.a) relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nomma quelqu’un chef d’une armée et l’envoya livrer bataille. Le chef dirigeait la prière et il terminait ses récitations avec la sourate Al-Ikhlas. Au retour de l’expédition, les compagnons relatèrent au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sa pratique. Celui leur conseilla de lui en demander la raison. L’autre expliqua : « Cette sourate évoque les attributs d’Ar-Rahman. C’est pour cette raison que j’aime la réciter. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dit à ses compagnons de l’informer qu’Allah l’aime aussi.

Anas (r.a.) rapporte ceci dans un hadith du Sahih Bukhari : « Un Ansari officiait comme imam dans la mosquée de Quba. Lors de la Salat, il récitait dans chaque rak’a la sourate Al-Ikhlas avant de réciter tout autre verset du Coran. Ses compagnons lui demandèrent la raison de sa pratique et lui suggérèrent de réciter uniquement la sourate Al-Ikhlas dans chaque rak’a ou de la laisser pour réciter toute autre sourate du Coran. L’imam répondit : « Jamais je n’abandonnerai cette pratique. Si vous le souhaitez je peux continuer à officier comme votre imam, mais je n’abandonnerai pas cette pratique. Si vous ne l’appréciez pas, je céderai ma place à un autre ! En tout cas je ne cesserai pas de réciter la sourate Al-Ikhlas. » Les fidèles le considéraient comme le meilleur d’entre eux et ne souhaitaient pas choisir un autre imam. Il relata toute l’affaire au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui lui demanda : « Pourquoi n’acceptes-tu pas la suggestion de tes amis ? » C’est-à-dire de réciter uniquement la sourate Al-Ikhlas ou une autre sourate exclusivement. « Pourquoi la récites-tu dans chaque rak’a ? » L’autre expliqua : « J’aime beaucoup cette sourate. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ajouta : « Cet amour te mènera au Paradis ! »

Ubayy Bin Ka’ab relate que les polythéistes demandèrent au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de leur décrire l’arbre généalogique de Dieu. Sur ce Allah l’Exalté lui révéla la sourate Al-Ikhlas. As-Samad, est celui qui est ni le père ni le fils de personne, car toute chose créée connaîtra la mort. Quiconque meurt laisse derrière lui un héritier. Or, Allah le Magnifique et le Glorieux ne connaîtra pas le trépas ; d’ailleurs Il n’a pas d’héritier non plus. La sourate affirme aussi qu’il n’existe personne de semblable ou d’égal à Dieu.

Abu Hurairah rapporte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) disait que d’aucuns demandent qui a créé Dieu, si Celui-ci est le Créateur de toute chose. Cette question, souvent posée aujourd’hui, a été soulevée même à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a répondu : « Récitez la sourate Al-Ikhlas jusqu’à la fin à ceux qui posent ces questions. » C’est-à-dire qu’en méditant la sourate Al-Ikhlas l’on comprendra que personne n’a créé Dieu, qu’Il est Eternel, qu’Il existe depuis toujours et qu’Il existera pour l’éternité.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ajouta : « Il doit aussi demander la protection d’Allah contre Satan afin d’être à l’abri de ses méfaits. »

Abu Hurairah rapporte qu’il était en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) quand il entendit quelqu’un réciter la sourate Al-Ikhlas. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara : « Il le mérite ! » Abu Hurairah demanda : « Il mérite quoi ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Le paradis, en raison de la sincérité de sa lecture. »  

Suhail Bin Sa’ad rapporte qu’une personne se présenta au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et se plaignit de sa pauvreté. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui conseilla ceci : « Quand tu rentres à la maison, présente les salutations de paix à ceux présents. S’il n’y a personne, envoie sur toi-même la paix. Tu recevras la réponse : « Was-Salam ! » Récite aussi la sourate Al-Ikhlas. La personne suivit ce conseil tant et si bien que ses voisins profitèrent par la suite de ses richesses. C’est-à-dire qu’Allah avait béni amplement ses provisions. Lui qui, naguère, vivait dans le dénuement était dans une aisance telle qu’il venait en aide à ses voisins. Quand le croyant comprend ce qu’est l’unicité divine, qu’il applique ses préceptes et qu’il considère Dieu comme source de toute puissance, Celui-ci lui accorde d’innombrables faveurs.

Dans d’autres versets Allah affirme qu’Il pourvoit aux besoins du Muttaqi de là où il ne s’y attend pas.

Selon Anas bin Malik, une personne informa le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qu’elle aimait la sourate Qul Huw-Allahou Ahad. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) commenta : « Cet amour que tu lui voues te fera mériter le paradis. »

Jabir relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Celui qui récite la sourate Al-Ikhlas 50 fois par jour sera invité à sortir de sa tombe et d’entrer au paradis le jour de la résurrection. »

Ibn Dailimi était le fils de la sœur du Négus [d’Abyssinie] et était au service du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il rapporte que l’Envoyé d’Allah a déclaré : « Allah protégera assurément du feu de l’enfer celui qui récite la sourate Al-Ikhlas une centaine de fois, lors de la Salat ou en d’autres occasions. »

Ceci démontre l’importance de la sourate Al-Ikhlas. Quand nous la réciterons la nuit nous devons tenir en compte l’unicité divine. En affirmant qu’Allah est unique, il faudra aussi se rappeler qu’Il est As-Samad. Cet attribut signifie qu’Il n’a besoin de personne et qu’Il ne périra jamais.

Le Messie Promis (a.s.) explique ce sujet en ces termes : « As-Samad signifie qu’hormis Allah toute chose est créée et est vouée à disparaître. »

Les gens croient qu’As-Samad indique qu’Il est tout simplement indépendant. Son indépendance signifie qu’Il ne périra pas et qu’Il n’existe pas de personnes similaires à Lui. Voilà notre Dieu qui existe depuis toujours et qui vivra pour toujours.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Dieu est unique dans Sa personne, Ses attributs et Sa gloire. Il n’a pas de partenaire et tout le monde a besoin de Lui. Chaque particule existe grâce à Lui. Il est la source de toute faveur en ce monde et ne dépend, quant à Lui, des faveurs de personne. Il n’est ni le père ni le fils de personne ; personne n’est égal à Lui. Le Coran présente en maints endroits les excellences et la grandeur de Dieu, affirmant qu’Il est Celui qui séduit les cœurs. Il n’est pas un dieu mort, faible, manquant de miséricorde et de puissance. »

‘Uqbah bin Amir relate qu’après la révélation des sourates Al-Ikhlas, Al-Falaq et An-Nas le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Cette nuit Dieu m’a révélé des versets jamais lus auparavant. Il s’agit de :

قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ

Les hadiths évoquent aussi l’importance de la récitation de ces trois chapitres. ‘Uqbah Bin Amir Jahni relate qu’il marchait avec les rênes de la monture du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans la main lors d’une expédition militaire. L’Envoyé d’Allah lui dit : « Lis, ‘Uqbah ! ». « J’ai tendu l’oreille vers le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) afin de pouvoir entendre ce que je devais réciter », raconte ‘Uqbah. Après quelques instants le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) réitéra son ordre, une deuxième puis une troisième fois. Je lui demandai quoi réciter dans les deux cas. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « La sourate Al-Ikhlas. » Il récita cette sourate, ainsi que les sourates Al-Falaq et An-Nas jusqu’à la fin pour ensuite commenter : « Ces paroles accordent une protection divine sans pareille à celui qui les récite. » C’est-à-dire, que cette personne ne connaîtra pas la ruine et sera à l’abri de tout mal. Il n’y a pas de meilleur moyen pour jouir de la protection divine.

‘Uqbah bin Amir relate un autre récit sur les sourates Al-Falaq et An-Nas. « Lors d’un voyage, tandis que je tenais dans la main les rênes de la monture du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il me conseilla : « Veux-tu que je t’enseigne deux sourates dont la récitation te sera des plus avantageuses ? » J’ai répondu : « Oui ! Certainement ! » « Il s’agit des sourates Al-Falaq et An-Nas. » Lors de la prière du matin le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) récita ces deux sourates et me demanda après la Salat : « Qu’en penses-tu ? », croyant peut-être que je me disais qu’elles étaient très courtes. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ajouta : « Ces sourates renferment tous [les sujets]. » 

Abu Sa‘id relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait l’habitude d’implorer la protection divine contre le regard des Jinns et des hommes. Il remplaça ces prières par les deux derniers chapitres du Coran quand ces derniers furent révélés.

Ibn ‘Abbas relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui conseilla ceci : « Veux-tu que je t’enseigne la meilleure méthode pour implorer la protection divine ? » Je dis : « Certainement, ô Envoyé d’Allah. » Il répondit : « Il s’agit des sourates Al-Falaq et An-Nas. »

Ensuite, en mentionnant l’importance des deux dernières sourates, un compagnon relate : « Nous étions une fois en voyage en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il y avait peu de montures ; de ce fait les gens y montaient à tour de rôle. À un moment, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et moi devions descendre de nos montures. Le Saint Prophète vint de derrière, s’approcha de moi, et posant ses mains sur mes épaules, me dit : « Lis A’ûdhu bi-Rabb-il-Falaq. » Je le fis. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) récita l’intégralité de la sourate, je la récitai donc avec lui. De même, il me demanda de lire A’ûdhu bi-Rabb-in-Nâs, et il récita l’intégralité de cette sourate, que je récitai également. Il me dit ensuite : « Récite ces deux sourates pendant la prière. »

‘Uqbah Bin Amir Jahni rapporte : « J’étais en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors d’un voyage. Lorsqu’il fut l’heure de la prière de Fajr, il lança l’appel à la prière, dit l’iqamah, et ensuite il me demanda de me mettre à sa droite, puis récita les deux derniers chapitres du Coran. Lorsqu’il termina de prier, il dit : « Qu’en penses-tu ? » (C’est assez similaire au hadith rapporté précédemment). Je répondis : « O Prophète de Dieu, j’ai compris. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Prends l’habitude de réciter ces deux sourates avant de dormir et au réveil. »

Telle est l’importance de ces sourates. Il est encore plus important de les réciter à cette époque [présente], à la fois sur le plan personnel pour notre progrès spirituel, et pour nous protéger des attaques de Satan, mais également pour la Jama’at, afin de se protéger des attaques menées à l’encontre de l’islam. Aujourd’hui d’une part les forces opposantes à l’islam sont en train d’œuvrer avec une grande perspicacité contre cette religion, et d’autre part, les soi-disant oulémas et les dirigeants musulmans ont créé une situation de chaos. En opposant le commun des musulmans contre le Messie Promis (a.s.), les oulémas islamiques sont en train de contribuer à la consolidation des forces sataniques.

L’athéisme est également à son apogée aujourd’hui. En se référant à la sourate Al-Falaq, le Messie Promis (a.s.) déclare : « Lorsque vous deviendrez la cible des ennemis du Messie Promis, priez de cette façon : « Je me réfugie auprès d’Allah qui est Le maître de l’Aube, c’est-à-dire de la lumière, contre le mal des créatures, qu’elles soient des ennemis intérieurs ou extérieurs. » C’est Lui qui a le pouvoir de manifester cette lumière ; il s’agit d’une lumière spirituelle qui s’est manifestée avec l’arrivée du Messie Promis. « Je cherche refuge auprès d’Allah contre le mal de la nuit ténébreuse, qui est la nuit du chaos associé au refus du Messie Promis. » »

Parmi ceux qui incarnent ce mal il y a les ennemis de l’Islam, qui soulèvent des objections contre ses enseignements. Il y a aussi les oulémas de l’Islam qui ne veulent pas sortir de leurs erreurs, et qui passent leur temps à soulever les gens contre le Messie Promis ; et nous voyons que dans cette entreprise les oulémas du Pakistan sont en première ligne. Dans ces circonstances, les ahmadis du Pakistan doivent particulièrement perpétuer cette tradition. Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Le verset de la sourate Al-Falaq, [Min] Sharri Ghâsiqin Idhâ Waqab, comporte la prière pour se protéger de cette nuit ténébreuse. Ghâsiq signifie la nuit et Waqab, l’étendue de l’obscurité et des ténèbres. Le chaos de cette nuit ténébreuse est semblable au chaos du rejet du Messie Promis, et on demande refuge contre cela. » 

Il est regrettable de voir la situation actuelle des musulmans. Allah l’Exalté leur a enseigné une prière afin de se protéger de l’obscurité et des ténèbres après que la lumière soit descendue. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous a enjoints de réciter quotidiennement ces prières afin de rester ferme sur l’unicité de Dieu et de se protéger du chaos de l’obscurité et des ténèbres, mais les musulmans ne s’en sont guère souciés. Les musulmans sont en train de s’empêtrer dans le chaos, donnant ainsi aux non-musulmans l’occasion de soulever des objections contre eux.

L’état des musulmans nous encourage à lire ces sourates de manière attentive afin que nous puissions nous protéger de ces ténèbres.

وَمِنْ شَرِّ النَّفَّاثَاتِ فِي الْعُقَدِ  (Wa min Sharrin-naffâthâti fil-‘Uqad) permet de demander refuge à Allah l’Exalté contre les maux et les nœuds de l’âme. C’est à dire contre ceux qui sont en train de semer le trouble très méthodiquement dans le cœur de gens contre l’Islam et l’Ahmadiyya. Comme je l’ai mentionné, parmi ces gens il y a des non-musulmans et les prétendus oulémas. En raison de leur opposition à la religion, ils sont en train d’œuvrer dans ce sens. Les non-musulmans opposés à l’Islam sont à pied d’œuvre ; et les autres, au nom de la religion, sont en train d’opposer des gens contre l’envoyé de Dieu, et sont à pied d’œuvre également. Ces deux groupes sont désignés par le verset وَمِنْ شَرِّ النَّفَّاثَاتِ فِي الْعُقَدِ .

Ensuite la sourate An-Nas affirme qu’Allah est le Seigneur ; il évoque Sa souveraineté, et le fait qu’Il soit le seul digne d’être véritablement adoré. Elle nous enseigne aussi la prière pour chercher refuge auprès de Lui, et se protéger des tentations de Satan. Aujourd’hui, l’athéisme et le matérialisme ont le vent en poupe. Le matérialisme a une telle emprise sur la société que certains de nos jeunes se laissent influencer. Lorsque nous soufflons ces prières sur nous, nous devons également le faire sur nos enfants, afin que notre descendance puisse être protégée de tout type de maux, et qu’elle soit attachée à la religion, et qu’elle comprenne l’essence de l’unicité de Dieu.

Qu’Allah fasse que chacun de nous, comprenant le thème de ces sourates, puisse suivre la tradition du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), que nous puissions comprendre l’unicité de Dieu, et que nous ne nous prosternions devant personne d’autre excepté Lui, que nous Le considérions comme la source de toutes les forces, et pas seulement dans nos cœurs : que nous puissions également manifester à travers nos actes qu’Allah l’Exalté est la source de toute puissance, la source de toute lumière, et qu’Il est le Pourvoyeur de tout bien. Afin de se protéger du mal de Ses créatures, nous devons nous prosterner devant Allah l’Exalté, au lieu de placer nos espoirs en Ses créatures.

Nous avons été éclairés d’une lumière en acceptant le Messie Promis (a.s.), qui est le véritable reflet du rayonnement lumineux du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; prions Allah le Très-Haut qu’Il nous maintienne toujours ferme sur celle-ci, et que nous n’errions jamais dans les ténèbres et l’obscurité, et que parmi les faveurs d’Allah l’Exalté, nous restions toujours attachés à cette faveur du Califat qu’Il nous a accordée. Qu’Allah nous protège de toute personne souhaitant nous causer du tort, que ce soit sur le plan religieux ou sur le plan mondain. Qu’Allah nous protège de la convoitise de toute personne envieuse, et de ses conséquences néfastes. En considérant toujours Dieu l’Exalté comme notre Seigneur et comme notre Nourricier, que nous puissions trouver refuge auprès de Lui. Que nous considérions Dieu comme le plus Grand de tous les souverains, que nous puissions avoir une foi ferme en Sa souveraineté, et être à la hauteur de l’adoration du seul qui mérite d’être adoré. Que nous essayions toujours de chercher refuge auprès de Lui, et que nous puissions être protégés du mal de ceux qui créent des tentations, et ainsi trouver refuge auprès d’Allah le Sublime. Et que nous puissions purifier nos cœurs de toute tentation, et toujours chercher la protection d’Allah le Très-Haut contre cela. Qu’Allah nous permette de faire tout cela, et que conformément à la directive du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), qu’Il nous permette de lire régulièrement ces prières avant de dormir, et de les souffler sur nous-mêmes. Qu’Allah nous en accorde l’occasion.


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