Sermon du vendredi 19 décembre 2014, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul Futuh à Londres. Après le Taouz, tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, il a cité le verset suivant :

On ne commet pas, en apparence, dans le monde non musulman autant d’actes cruels et barbares perpétrés dans les pays dit « musulmans ». Si jamais des atrocités sont commises dans les pays développés ou non musulmans celles-ci sont suivies de vives condamnations, que les auteurs soient des fonctionnaires, des groupuscules ou des particuliers. D’ailleurs un incident qui s’est produit récemment aux Etats-Unis a été suivi de vives protestations.

Autant l’Islam prône l’affection, l’amour et la fraternité, autant les états musulmans, ces groupes ou organisations qui se revendiquent de l’Islam commettent des atrocités afin d’assouvir leurs ambitions personnelles : ou ils le font au nom de la paix ou de l’Islam. En somme leurs actions contredisent les enseignements de l’Islam. Aujourd’hui toute une multitude d’organisations extrémistes s’est formée au nom de cette religion ou pour l’application de la shariah, des organismes qui commettent des exactions si abominables qu’on se demande si ces sont des hommes ou des bêtes pires que des animaux et d’apparence humaine qui en sont coupables.

Quelques jours de cela on a commis une atrocité, voire c’est un acte qui mérite d’être qualifié du pire exemple de la barbarie et de la sauvagerie [à Peshawar au Pakistan]. C’est une abomination qui nous dressent les cheveux sur la tête, qui émeut l’humanité en nous, qui consterne toute personne ayant la moindre once d’humanité et qui la bouleverse. Il y a de cela un peu plus de quatre ans déjà, ces mêmes types de personne avaient commis pareils actes sanguinaires dans nos mosquées à Lahore. Une chaîne de télévision du Royaume-Uni, probablement la BBC, a cité les cinq pires attaques terroristes perpétrées ces dernières années au Pakistan : cette liste comprenait aussi les attentats contre nos mosquées à Lahore. Le gouvernement pakistanais ne s’est point senti concerné par notre profonde tristesse et par cette atrocité commise à notre encontre. Il n’a point trouvé nécessaire d’exprimer sa sympathie [à notre égard] ou sa consternation. D’ailleurs la grande majorité de la population – par peur des mollahs peut être – ne l’a pas fait non plus.

Nous ahmadis nous ressentons une grande compassion pour l’humanité et la souffrance humaine nous bouleverse. D’ailleurs [les victimes de l’attaque de Peshawar] étaient nos compatriotes et peut être qu’elles étaient tous des musulmans pour lesquels nos cœurs débordent de compassion. L’attaque contre cette école au Pakistan nous a fort tourmentée et nous ressentons une grande compassion pour les victimes étant donné qu’ils étaient des musulmanes et des compatriotes, pour nous les Pakistanais.

La barbarie a atteint son comble dans cet attentat : la plupart des victimes étaient des enfants innocents, dont certains avaient entre 5 et 13 ans. Il s’agissait d’enfants de 5 ou 6 ans qui ignoraient peut être tout du terrorisme, ou de la différence entre musulmans et non musulmans : mais on a pris leur vie de la manière la plus atroce. Qu’Allah leur accorde Son pardon et Sa miséricorde, patience et persévérance à leurs parents. Ces enfants ont été victimes de cette atrocité tout simplement parce que des soi-disant défenseurs de la shariah voulaient se venger de l’armée du Pakistan. Quel est cet Islam et quelle est cette shariah ? Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a strictement interdit de tuer les enfants et les femmes des non musulmans au cours des batailles. Quand il a réprimandé un de ces compagnons pour la mort d’un enfant juif lors d’un conflit le compagnon en question a répondu : « O Prophète d’Allah ! C’était l’enfant d’un juif. Il a été tué par mégarde et ce n’est point là quelque chose de grave. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répliqué : « Est-ce qu’il n’était pas l’enfant innocent d’un homme [comme toi] ? »

C’est là en somme le degré du respect de la sainteté de la vie humaine que nous enseigne le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Voilà d’une part le modèle parfait du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et d’autre part les œuvres de ceux qui commettent ces infamies au nom de l’Islam. En tout cas tout le monde a condamné cette barbarie, que l’on soit musulman ou pas. L’église anglicane vient d’ordonner sa première évêque femme ici au Royaume-Uni. Avant la cérémonie cette dernière a exprimé sa profonde tristesse à la mémoire des victimes de cet attentat et a observé une minute de silence et ils ont prié à leur manière. Ainsi cet attentat a meurtri toute personne, quelque soit sa religion. Mais ces prétendus musulmans annonçaient fièrement qu’ils en étaient les auteurs affirmant que 3 ou 4 groupes avaient mené cette abomination de concert et qu’ils n’en ressentaient pas le moindre remords.

Toute personne imbue d’une once d’humanité a exprimé sa profonde consternation et comme je l’ai dit le cœur d’un ahmadi déborde de sympathie à l’égard de l’humanité. Nous sommes, à tout instant, prêts à faire montre de sympathie à l’égard de l’humanité. Le moindre attentat nous meurtri le cœur. Dans les lettres que j’ai reçues récemment d’aucuns disaient que cet attentat les a bouleversé et troublé pendant toute la journée. C’est là une vérité. Moi-même j’en ai été profondément affecté pendant toute la journée ; et quand on passe par pareilles émotions l’on ne peut que prier pour la destruction de ces infâmes. Qu’Allah débarrasse au plus vite ce pays de ces barbares et de ces infâmes, qu’Il en débarrasse tout le monde musulman. Cette sauvagerie ravive les blessures des atrocités commises contre les ahmadis ; nous sommes tout aussi profondément triste pour ces enfants innocents. Qu’Allah accorde patience et persévérance à ceux d’entre eux qui ont perdus leurs parents et qu’Il soit leur soutien. Comme je l’ai expliqué la plupart des pays musulmans sont dans la tourmente de l’extrémisme et sont le théâtre de ces atrocités. Cela ne se limite pas qu’au Pakistan. On est en train d’en commettre en Iraq, en Syrie, en Libye. Le plus grand crime est que l’on commet toutes ces horreurs au nom de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.). Selon un récent rapport le conflit entre l’état syrien et les rebelles sunnites a coûté la vie à environs 130 000 personnes en Syrie, dont 6 600 enfants. Plus d’un tiers étaient des civils.

L’état islamique (ou Daesh) a tué des milliers de gens. Ils ont exécuté des centaines de femmes et de jeunes filles pour la simple raison qu’elles refusaient de se marier avec eux. Selon d’autres rapports le nombre de victimes est encore plus important. Toutes ces horreurs donnent le vertige à celui qui connaît la réalité de l’Islam : pourquoi toutes ces atrocités commises au nom de l’Islam ? Cela le bouleverse, il se demande au nom de quel précepte de l’Islam on est en train de commettre ces actes ? Est-ce au nom du Dieu Gracieux, Compatissant et Miséricordieux, Celui dont la compassion dépasse l’imagination de l’homme ? Est-ce au nom de ce Prophète (s.a.w.) à qui Dieu a conféré le titre de miséricorde pour l’humanité ? Est-ce au nom de cette shariah qui préconise la justice, même à l’égard de l’ennemi ? Allah déclare en effet :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا كُونُوا قَوَّامِينَ لِلَّهِ شُهَدَاءَ بِالْقِسْطِ وَلَا يَجْرِمَنَّكُمْ شَنَآَنُ قَوْمٍ عَلَى أَلَّا تَعْدِلُوا اعْدِلُوا هُوَ أَقْرَبُ لِلتَّقْوَى وَاتَّقُوا اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا تَعْمَلُونَ

« Ô vous qui croyez ! Soyez fermes dans la cause d’Allāh en portant témoignage avec justice. Et ne laissez pas l’hostilité d’un peuple vous inciter à agir autrement qu’avec justice. Soyez toujours équitables, car l’équité est plus près de la piété. Et craignez Allāh. Assurément, Allāh est Très Conscient de ce que vous faites. » (Saint Coran, chapitre 5, verset 9)

Dans ce verset Allah a élevé la norme de la justice dont doit faire preuve le croyant. L’hostilité d’un peuple ne doit pas vous pousser à être injuste ; s’il en ainsi il n’y aura aucune foi en vous. Soyez un tel exemple de justice qui montrera aux autres les beaux enseignements de l’Islam. Votre exemple de justice et de vertu doit témoigner en faveur des beaux enseignements de l’Islam, afin que personne n’ose pointer du doigt cette religion.

Si seulement les soi-disant musulmans pouvaient accomplir leur introspection et se demander si leurs exemples attirent les non musulmans vers les préceptes de l’Islam. Or nous constatons que leurs actions n’ont cesse de repousser leurs coreligionnaires de l’Islam. Les enfants qui ont vu leurs amis mourir sous les balles des terroristes considéreront-ils ces derniers comme des musulmans ? S’ils le font ils se demanderont si c’est cela l’Islam qu’ils ont accepté. Ainsi ces infâmes ne se contentent pas de commettre des actes de barbarie et des atrocités : ils sont aussi en train de détruire les générations futures et les éloigner de l’Islam. Si seulement ces prétendus oulémas qui ont engendré ces groupes terroristes au nom du Jihad et du sectarisme pouvaient changer de direction et présenter aux nouvelles générations l’Islam véritable ; si seulement ils pouvaient user des véritables armes de l’Islam afin d’exterminer ces groupes extrémistes. Cela sera possible uniquement quand on acceptera l’Imam de l’époque et quand on mettra en pratique soi-même les véritables enseignements de cette religion et que l’on poussera les autres aussi à en faire de même. Le Messie Promis (a.s.), dévoué serviteur du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), a attiré l’attention des mollahs sur leur réforme en ces termes. Il dit :

« Les mollahs de l’Islam accorderont une faveur immense à la nation s’ils pouvaient s’unir afin de débarrasser les cœurs des musulmans ignares de ces concepts erronés [que sont l’extrémisme et ce djihad tronqué]. D’autre part ils révéleront aux autres les excellences et les beautés de l’Islam et effaceront du même coup toute aversion ressentie par ceux qui sont hostiles l’égard de l’Islam pour des raisons religieuses, aversion qui n’est que le fruit des errements [de ces mollahs]. »

C’est là le désir que ressentait le Messie Promis (a.s.) quant à la diffusion des vrais valeurs de l’Islam, chose pour laquelle il a fait un appel aux mollahs : il leur demande d’abandonner, pour la cause de Dieu, toute chose qui prônent l’extrémisme et de faire foisonner l’amour et l’affection. Ces prétendus érudits sont-ils prêts à accepter ses conseils ? Leur but n’est point d’établir la souveraineté de l’Islam : ils ne cherchent qu’à assouvir leur ambitions politiques et personnelles. D’après mon analyse les oulémas n’ont point condamné avec vigueur l’attentat contre cette école. Peut être que certains l’on fait aujourd’hui lors de la prière du vendredi. Qu’ils se souviennent de ce commandement divin : « Et craignez Allāh. Assurément, Allāh est Très Conscient de ce que vous faites. » Allah ne se contente pas de prendre connaissance des actes des uns et des autres : Il juge le destin de chaque personne à la lumière de ses actions. Ceux qui commettent ces atrocités connaîtront certainement une mauvaise fin.

Si l’on désire embellir sa vie ici-bas et dans l’Au-delà, il faudra dans le respect des commandements divins, être équitables envers l’ennemi. Allah affirme concernant les musulmans qu’ils sont bienveillants les uns envers les autres. Il n’y avait point de compassion lors de cet attentat au Pakistan : ces « musulmans » ont été plus impitoyables envers leurs coreligionnaires qu’envers leurs ennemis. Ces cents, cent cinquante ou deux cent milles victimes du conflit [en Syrie] appartenaient à la même nation ; il en est de même de ces enfants qui ont été massacrés à l’école. Tout cela est le comble des atrocités. Ceux qui commettent ces infamies, croient-ils qu’ils n’auront point de compte à rendre ? Certainement non. Allah déclare :

وَمَنْ يَقْتُلْ مُؤْمِنًا مُتَعَمِّدًا فَجَزَاؤُهُ جَهَنَّمُ خَالِدًا فِيهَا وَغَضِبَ اللَّهُ عَلَيْهِ وَلَعَنَهُ وَأَعَدَّ لَهُ عَذَابًا عَظِيمًا

Et quiconque tue un croyant à dessein recevra l’Enfer comme récompense, où il demeurera longtemps. Allāh sera courroucé contre lui, le maudira et préparera à son intention un très grand châtiment. (Saint Coran, chapitre 4, verset 94)

Dans un autre verset Allah nous explique à qui s’applique le titre de « croyant » :

وَلَا تَقُولُوا لِمَنْ أَلْقَى إِلَيْكُمُ السَّلَامَ لَسْتَ مُؤْمِنًا

« …et ne dites pas à celui qui vous adressera le salut de paix, « Tu n’es pas un croyant. » » (Saint Coran, chapitre 4, verset 95)

C’est ainsi que l’Islam a établi le caractère sacré de la fraternité. Celui qui profanera ce lien et qui tue un musulman finira certainement en enfer et sera, pour l’éternité, sous le coup de la malédiction divine. Ceux qui se sont fait explosés lors de ces attaques suicides ou qui ont été tués au combat croient – à la lumière des inepties de leurs mollahs – qu’ils ont mérités le plaisir de Dieu. Qu’ils sachent, que tuer un croyant, selon les dires de Dieu, ne fait pas mériter Son plaisir mais Sa malédiction ainsi qu’une place éternelle en enfer. Allah affirme que vous n’avez pas le droit de tuer les croyants qui vous transmettent les salutations de paix. Quelle était donc la faute de ces enfants innocents ? Ils étaient partis s’instruire à l’école afin qu’ils soient des citoyens modèles, la richesse de leur nation et afin de répandre la paix dans le pays. Il est d’autant plus étonnant d’entendre les paroles de ces soi-disant oulémas qui préconisent la violence en dépit de ces belles valeurs de l’Islam. Leurs paroles impressionnent les ignares qu’ils poussent à commettre des actes qui ne prouvent rien d’autre que [leur] barbarie. Comme l’affirme Allah l’enfer sera la suite logique de toutes ces œuvres. Mais peut être qu’à leurs yeux l’enfer n’est que légende, qu’ils ne croient pas en Dieu, que ces avertissements les laissent de marbre et que c’est pour cela qu’ils s’entretuent. Si l’Au-delà est pour eux une chimère, qu’ils soient conscient de la mauvaise fin qu’Allah leur réserve ici-bas. S’ils tentent de violer la sainteté qui existe entre frères ils ne profiteront point de toutes des faveurs d’ici-bas.

Ils n’auront rien de ce monde pour lequel ils sont en de perpétré toutes ces infamies. A cet effet Allah déclare :

وَأَطِيعُوا اللَّهَ وَرَسُولَهُ وَلَا تَنَازَعُوا فَتَفْشَلُوا وَتَذْهَبَ رِيحُكُمْ وَاصْبِرُوا إِنَّ اللَّهَ مَعَ الصَّابِرِينَ

« Et obéissez à Allāh et à Son Messager et ne vous disputez pas entre vous afin de ne pas flancher et perdre votre force. Et soyez constants ; sûrement, Allāh est avec les cons­tants. » (Saint Coran, chapitre 8, verset 47)

Cette parole divine s’applique entièrement à la situation des musulmans d’aujourd’hui : leurs disputes leur ont fait perdre leur force. L’existence d’une multitude de groupes extrémistes a transformé tous ces pays en champs de batailles. Ailleurs les musulmans sont en train de mendier aux puissances occidentales. Certes il existe l’organisation des états islamiques, mais celle-ci n’a aucune importance : les rênes de tous ces pays se trouvent entre les mains des grandes puissances. Si le président, le premier ministre, ou le chef de l’armée d’un pays musulmans visite un pays occidental, qu’il ait une audience avec le chef de l’Etat de ce pays ou si les occidentaux leur déroule le tapis rouge, ils croient, ces musulmans, qu’ils ont reçu toutes les faveurs du monde. Ils ne connaissent rien de Dieu ; ils l’ont abandonné pour se prosterner devant les hommes de ce monde et les considère comme la source de leur salut. On ne sait plus quoi mentionner de ces choses qui mènent les pays musulmans vers la destruction. Quand on y commet une atrocité, l’effet de celle-ci perdure sur la population pour quelques jours : il y a des protestations mais ensuite ils redeviennent tous de nouveau les pions entre les mains de ces infâmes. Tant qu’ils n’accepteront pas le décret de Dieu, tant qu’ils ne seront pas justes envers leurs ennemis, tant qu’ils n’accorderont pas la paix à tous ceux qui leur présentent les salutations de paix, tant qu’ils ne respecteront pas les exigences de la fraternité, tant que l’Etat ne subviendra pas aux besoins de la population et tant que cette dernière n’obéira pas aux autorités, tant que la crainte de Dieu n’existera pas dans les cœurs, l’on commettra toujours ces actes abominables. Si seulement nos leaders, les prétendus oulémas et les populations pouvaient comprendre cela. La souffrance de l’Oumma nous peine, parce qu’ils se disent les disciples de notre Maître Bien-Aimé. L’Imam de l’époque nous a enseigné la compassion et l’amour pour ceux qui se disent musulmans. Il nous dit dans un vers en persan : « O cœur qui est mien ! Aie de la compassion pour les amoureux de mon Prophète. »

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Cela nous peine quand on commet des exactions à notre encontre : nous prions pour les auteurs, nous ne nous vengeons pas. Nous demandons à Allah de leur purifier le cœur afin qu’ils comprennent la vérité suivante : ce sont les ahmadis qui ressentent une vraie sympathie et une vraie compassion à l’égard de l’Oummah, autant de sentiments que le Messie Promis (a.s.) a fait naître en nous. A la lumière des préceptes de l’Islam il nous a demande de faire preuve de compassion à l’égard des musulmans et envers ceux qui ne le sont pas. Il dit : « Nous devons être indulgents et bienveillants à l’égard des croyants et des musulmans. Tout individu doit se demander jusqu'à quel point il est soucieux à ce propos et jusqu’à quel point il est bienveillant à l’égard de ses frères. »

« Le but de l’avènement de tous les prophètes était le même : d’établir un lien d’affection sincère avec Dieu et d’engendrer un élan de sympathie particulière à l’égard de l’humanité. Tant que ces vertus seront inexistantes toute autre action ne sera que vaine formalité. »

Le Messie Promis (a.s.) dit : « Soyez bienveillants envers les créatures de Dieu. Ne nuisez à personne par vos langues, vos mains ou vos complots. Et faites tout pour le bien-être du peuple. Ne soyez point arrogants à l’égard d’autrui. N’insultez personne même si on vous insulte. Soyez humbles, indulgents, bien-intentionnés et pleine de compassion pour autrui afin que vous soyez acceptés par Dieu. »

« Que désire Dieu de votre part ? Que vous soyez juste à l’égard de humanité toute entière. En outre Il vous demande d’être bienveillant à l’égard de celui qui ne vous a accordé aucune faveur. Et plus encore, d’éprouver pour l’humanité une compassion telle comme si vous aviez avec elle des liens de sang, à l’instar de la compassion qu’éprouve une mère pour ses enfants. Le stade le plus élevé de la vertu n’est autre que cette compassion naturelle. »

Nous allons ressentir la souffrance de l’autre quand nous allons la mettre en pratique ces préceptes. La majorité d’entre nous par la grâce de Dieu éprouve cette sympathie pour l’humanité.

Nous éprouvons pareille compassion pour l’humanité en général et une plus grande sympathie pour les musulmans. Nous sommes fort peinés par toute atrocité dont est victime les musulmans et certainement nous avons grandement souffert suite à cette horreur commise au Pakistan. Toute atrocité commise dans les pays musulmans nous bouleverse profondément. Cette souffrance s’accentue davantage quand le monde [rejette] notre appel à accepter le Messie de Dieu envoyé pour mettre fin à ces exactions, aux guerres pour les remplacer par l’affection et l’amour. Nous leur demandons de l’écouter afin que l’on puisse mettre en pratique les véritables enseignements de l’Islam. Mais en dépit de cet appel les prétendus oulémas sont des plus hostiles à notre égard. Pareil comportement fait perdre tout sens de justice et de compassion et engendre des troubles dans la société, on commence à tuer des innocents. Voilà en somme la réalité. Si seulement les soi-disant oulémas pouvaient saisir ce point et qu’ils puissent faire foisonner la paix, l’amour et l’affection dans les cœurs des musulmans au lieu les détruire en attisant le sectarisme.

Si seulement ils pouvaient, comme l’avait conseillé le Messie Promis (a.s.), dissiper les mauvaises impressions des non musulmans à l’égard de l’Islam, notamment le fait que l’Islam prône l’extrémisme et la violence. Qu’Allah leur accorde de la perspicacité. Priez beaucoup pour le Pakistan et pour le monde musulman. Qu’Allah établisse la paix dans tous ces pays, que les gouvernants et les populations puissent saisir les véritables valeurs de l’Islam. Qu’Allah fasse que nous puissions en être de véritables exemples. Les ahmadis souffrent de cette situation en Syrie, en Iraq et en Libye en tant que citoyens de ces pays et en tant qu’ahmadis. Il faut beaucoup prier pour eux. Qu’Allah les libèrent de leurs malheurs. Certains dorment à la belle étoile dans le plus grand dénuement. Les deux belligérants sont tous deux hostiles à leur égard et en pareille situation nous ne pouvons pas les atteindre pour leur fournir de l’aide. Qu’Allah leur accorde Sa grâce et qu’Il mette fin à ces jours de souffrance.

Après la prière de Jummah je dirigerai la prière funéraire de Mubarak Ahmad Bajwa Saheb qui est tombé en martyr. Il était le fils de Mokarram Amir Ahmad Bajwa et originaire de la région de Tuba Teik Singh. Innallilahi Wa inna ilaihi Rajioune. Des inconnus l’avaient kidnappé le 26 octobre 2009 et on était sans nouvelles de lui jusqu’à présent. Des terroristes récemment arrêtés dans le Gujrat ont avoué l’avoir tué sous prétexte qu’il avait blasphémé contre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Innallilahi Wa inna ilaihi Rajioune. Ces criminels se croient maintenant permis d’émettre des fatwas. Mokarram Pir Mohammad Saheb, le grand-père du défunt, était le premier ahmadi de sa famille. Il était très proche de la djama’at et d’ailleurs la famille du défunt est très pieuse. Le martyr était ahmadi de naissance et est né en 1953. Après ses études primaires il s’était consacré à l’agriculture. Il était d’une grande honnêteté, très pieux, bienveillant et amical. Amir Ahmad Bajwa, le père du martyr ainsi que le frère de ce dernier ont tout deux occupé le poste de président de la djama’at de Khatwali. Un de ses fils, Zahoor Ahmad est le Qaid Majlis. Le martyr laisse derrière lui son épouse, quatre fils, deux frères et une sœur.

Mubarak Ahmad Bajwa et son employé Sikander Mahmood ont été kidnappés dans la nuit du 26 au 27 octobre en 2009. Les ravisseurs ont relâchés le jeune employé en lui confiant un téléphone portable sur laquelle ils ont appelé pour leur demande de rançon : ils avaient exigé 20 millions de roupies au début pour à la fin se contenter de la somme d’un million. Ils ont demandé qu’on apporte à la rançon à Kohat ou Parachanar. On n’a plus eu de nouvelle des ravisseurs par la suite et la police n’a rien pu faire non plus. L’Amir Saheb de la province de Tuba Teik Singh rapporte que le commissaire de police a demandé au frère du martyr de contacter la police de Gurjat qui a des informations sur son frère.

La police avait arrêté des individus appartenant à une faction des Talibans pakistanais. Un certain Wajid a avoué avoir égorgé Ahmad Bajwa Saheb et de l’avoir enterré. Un certain Ahmad, qui connaissait le martyr et qui habitait dans le village voisin du sien, aurait dit que le défunt avait outragé la mémoire du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Cet individu était chrétien et s’était converti à l’Islam pour ensuite se joindre aux Talibans. Son père était l’employé de la famille Bajwa. Les ravisseurs ont avoué avoir enchaîné le martyr dans une mosquée, de l’avoir égorgé après la prière d’Isha, pour ensuite le démembrer et l’enterrer dans un trou. La police a demandé au criminel la raison de cet assassinat. Il a répondu : « Notre commandant nous en a donné l’ordre, affirmant que ces personnes blasphèment contre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et qu’ils méritent la mort. Nous devons obéissance à notre commandant. »

Qu’Allah exalte le statut du martyr et qu’Il accorde patience et persévérance aux membres de la famille endeuillée.

Sa Sainteté le Calife a aussi dirigé la prière funéraire de Madame Amina Sahiba de Kababir, elle est décédée le 12 décembre 2014. Elle était Ahmadi de naissance et avait servi au sein de la Lajna Imaillah en tant que présidente et secrétaire générale. Elle était très dévouée à l’égard du Califat et suivait les sermons du vendredi avec passion et était toujours prête à obéir à toute instruction du Calife. Elle contribuait généreusement dans les fonds de la djama’at en dépit de ses maigres revenus de couturière. La défunte était la tante de M. Sharif Odeh, l’Amir de la djama’at en Terre Sainte, et de M. Munir Odeh, directeur de production, à la MTA. Ses dernières paroles étaient : « Nul ne est digne d'adoration sauf Allah. » Avant de mourir, elle avait demandé que tous ses biens soient offerts à la Jama'at.
Sa Sainteté le Calife a aussi évoqué le décès de Ibrahim Abdul Rahman Bukhari Sahib de l'Egypte qui est décédé le 13 décembre à l'âge de 63 ans. Il avait accepté l’Ahmadiyya à l’âge de dix-huit ans et a connu l’époque de trois Califat. Il a du faire face à une hostilité des plus farouches de la part de sa famille et après avoir accepté l'Ahmadiyya mais il était ferme dans sa foi. Il a également fait face à de nombreux obstacles dans son travail en raison de sa foi et tout cela l’avait affecté psychologiquement. Sa femme a accepté l’Ahmadiyya en ayant été impressionné par les qualités du défunt.

Il a enseigné l'arabe dans une école au Nigeria pour deux ans et demi. Il était régulier dans ses prières et dans ses contributions financières. Il venait pour les prières du vendredi même durant ses derniers jours, en dépit de la maladie. Il laisse derrière lui sa veuve, une fille et trois fils. Qu’Allah exalte le statut de toutes ces personnes et qu’Il leur accorde Son pardon et Sa miséricorde. Qu’Il accorde aussi patience et persévérance aux membres de la famille endeuillée.


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