Sermon du vendredi 05 décembre 2014, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul Futuh à Londres. Après le Taouz, tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, il a cité le verset suivant :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا أَطِيعُوا اللَّهَ وَأَطِيعُوا الرَّسُولَ وَأُولِي الْأَمْرِ مِنْكُمْ فَإِنْ تَنَازَعْتُمْ فِي شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى اللَّهِ وَالرَّسُولِ إِنْ كُنْتُمْ تُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآَخِرِ ذَلِكَ خَيْرٌ وَأَحْسَنُ تَأْوِيلًا

Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allāh et obéissez au Messager, et à ceux qui ont de l’autorité sur vous ; et si vous êtes en litige sur n’importe quelle question, référez-la à Allāh et au Messager, si vous croyez en Allāh et au Jour Dernier. Cela vaut mieux et est excellent par rapport au résultat. (Le Saint Coran, chapitre 4, verset 60)

Ce verset énonce un principe fondamental que doit respecter le croyant sincère : il doit briller par son obéissance, qu’il s’agisse de celle à l’égard de Dieu, de Son Prophète (s.a.w.) ou des autorités [de son pays]. Si l’Etat exige de sa part des actions contraires aux ordres explicites de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.), il devra, en ce cas, accorder prééminence aux ordres de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.). Mais si l’Etat, qu’il soit islamique ou pas, ne se mêle pas de ses pratiques religieuses, il lui doit obéissance.

Le Messie Promis (a.s.) déclare :

Le Saint Coran affirme : « Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allāh et obéissez au Messager, et à ceux qui ont de l’autorité sur vous » Cette injonction est claire : l’on doit obéissance à ceux qui sont en autorité. Affirmer que minkum ne s’applique pas à l’Etat est une grande erreur. Tout ordre émit par l’Etat et conforme à la shariah tombe dans la catégorie de Minkum. Celui qui ne s’oppose pas à nous est des nôtres. […] L’on peut déduire du Saint Coran que l’on doit obéir à l’Etat. »

Le Hakm et le Adl de notre époque (c'est-à-dire le Messie Promis (a.s.)) affirme en des termes sans équivoques qu’il incombe au croyant de respecter toutes les lois du pays sauf quand elles contredissent de manière flagrante les ordres de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.). Si les musulmans d’aujourd’hui adoptaient ce principe d’or, notamment qu’ils ne se rebelleront pas contre l’Etat c’est la paix et non le chaos qui régnera dans nombre de pays.

Je n’ai point l’intention m’attarder sur le degré de culpabilité des Etats ou des groupes [rebelles dans ces conflits] et de leurs effets sur la Oumma de l’Islam. Je présente ici-bas un long extrait des dires du Messie Promis (a.s.) dans lequel il évoque la norme [requise] dans l’obéissance, son importance et son rôle dans la diffusion du message de l’Islam, ainsi que les dommages qu’engendrent la désobéissance. Aujourd’hui, hormis les ahmadis, personne ne pourra faire montre de ces qualités ou d’une obéissance parfaite. Ils sont les seuls à même de pouvoir établir la dignité des musulmans. En tout cas on doit en premier montrer l’exemple et rehausser la norme de son obéissance.

Le Messie Promis (a.s.) affirme : « [ce verset stipule] : « Obéissez à Allah, au Prophète et à l’Etat. » Si l’obéissance est sincère, elle engendra une lumière dans le cœur ; l’âme, quant à elle, en tirera un grand délice et sera illuminée. Les efforts ne sont pas aussi nécessaires que l’obéissance. Mais celle-ci doit être sincère : pareille vertu est difficile à mettre en œuvre. L’obéissance exige l’immolation des désirs de son âme, sinon obéissance il n’y en aura pas. Ces désirs de l’âme se transforment en idoles même dans les cœurs de grands Muwahid.

Voyez la quantité de faveurs qu’avaient reçues les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; voyez à quel point ils s’étaient immolés dans leur obéissance envers lui. Aucun peuple ne sera considéré comme tel et l’esprit de communauté et de l’unité ne sera point insufflé en ses membres tant qu’ils ne sont pas obéissants.

Si les différences d’opinions et la dissension perdurent elles seront les précurseurs du déclin. Ces dissensions et luttes intestines ont été les facteurs, parmi tant d’autres, de la faiblesse et du déclin des musulmans.

Mettez de côté vos divergences d’opinion et obéissez à celui qu’Allah vous ordonne d’obéir : vous pourrez, par la suite, accomplir ce que vous désirez. La main d’Allah est sur la djama’at (la communauté unie des croyants) : voilà le secret. Allah aime la Tawhid et cette unité n’existera point s’il n’y pas d’obéissance.

A l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ses compagnons étaient de grands conseillers : Dieu les avait doués d’un sens aigu des principes de la politique. La gestion hors pair et efficace des affaires de l’Etat par Abu Bakr (r.a.), ‘Umar (r.a.) et d’autres compagnons au cour de leurs califats respectifs démontre qu’ils étaient de habiles conseillers. Mais face à la décision du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ils ont dédaigné leurs opinions et leur jugement. Toute parole du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) devenait pour eux ordre à mettre en exécution. Ils étaient si épris d’obéissance à l’égard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qu’ils cherchaient des bénédictions dans l’eau restante avec laquelle il avait fait ses ablutions. Les lèvres du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) étaient pour eux source de bénédiction. S’il n’y avait pas, de leur part, pareille obéissance et soumission, s’ils avaient privilégié leurs opinions, il y aurait eu dissension et ils n’auraient pas mérité d’aussi éminents statuts. Selon moi un seul argument suffirait pour mettre fin à tout conflits entre sunnites et chiites : il n’y avait pas de dissension ou d’animosité entre les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Car leur progrès et leur succès prouvent qu’ils étaient tous unis et qu’il n’y avait pas une once d’hostilité entre eux. Les ennemis, dans leur fourvoiement, affirment que l’Islam s’est répandu par la force de l’épée : c’est, selon moi, un grand mensonge.

Les veines de leurs cœurs regorgeaient de l’eau de l’obéissance, une eau qui a coulé en abondance. C’est grâce à cette soumission et cette unité qu’ils ont pu conquérir les cœurs des autres. Ils ont pris l’épée dans le seul but de se défendre. Même s’ils ne l’avaient pas fait ils auraient certainement conquis le monde avec leurs langues.

La parole qui vient du cœur touche sans nul doute le cœur. Ils ont accepté, le cœur sincère, une vérité qui s’offrait à eux. Il n’y avait point de leur part artifice ou ostentation. Leur sincérité était la raison de leur succès ; le véridique a recours à l’épée de sa véridicité. La lumière de la confiance en Dieu resplendissait sur le visage du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), une lumière parée de la gloire et de la beauté de divine, qui attirait inéluctablement les cœurs vers lui par son envoûtement et sa puissance. Les compagnons ont voué une obéissance exemplaire au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et dans leur obéissance ils ont fait preuve d’une constance si prodigieuse que ceux qui les voyaient étaient instinctivement attirés vers eux.

Aujourd’hui encore nous avons besoin de l’exemple et de l’unité des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) car Dieu a lié cette djama’at – qu’Il a fondée par l’entremise du Messie Promis (a.s.) – à celle du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). La communauté progresse grâce à l’exemple de pareilles personnes : vous qui dites appartenir à la djama’at du Messie Promis (a.s.) et qui désirez rencontrer celle des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), vous devez vous parer des couleurs de ces derniers. Vous devez faire preuve d’une obéissance, d’une affection, et d’une fraternité similaires. Vous devez, en somme, vous enrichir de toutes les qualités et vertus des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

Le Messie Promis (a.s.) nous explique nombre de choses dans cet énoncé. Premièrement qu’il faut obéir à Dieu, à son Prophète (s.a.w.), et aux oulil amr, c'est-à-dire à ceux qui détiennent les rênes du pouvoir. Cela concerne ici l’autorité de l’Etat et celle de la djama’at. L’obéissance envers le Calife prédomine sur les deux, car le Califat a pour but d’établir l’autorité de Dieu et de Son Prophète (s.a.w). La Nizam-i-djama’at est, quant à elle, soumise à l’autorité du Califat. Si jamais il y a des différends entre les responsables de la djama’at et les ahmadis le Calife est là pour les résoudre : c’est là une des beauté du Califat. J’ai bien dit que l’obéissance due au Calife à prééminence sur celle due à l’Etat ; qu’il n’y ait pas de malentendu à ce propos. Sachez que le Calife de l’époque respecte, plus que tout autre individu, les lois du pays : d’ailleurs Il pousse aussi les autres à le faire.

Le Messie Promis (a.s.) affirme : « Oulil Amr signifie, physiquement, le souverain et, spirituellement, l’Imam de l’époque. Ainsi un régime spirituel peut fonctionner à l’intérieur du régime temporel de l’Etat. » Nous sommes chanceux d’appartenir à ce régime spirituel et Dieu a institué le système du Califat pour l’avancement de l’organisation de l’Imam de l’époque, qui tente d’établir la souveraineté de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.) dans les cœurs des gens. Le Calife tranche les litiges à la lumière des préceptes divins et du Prophète (s.a.w.). Voilà une autre faveur du système du Califat. Chaque faction au sein de l’Islam et chaque exégète présente son interprétation de la consigne qui stipule que l’on doit s’en remettre à Allah et à Son Prophète. D’ailleurs certaines de ces interprétations embrouillent davantage ces litiges au lieu de les résoudre. Des opinions divergentes sur les relations à entretenir avec l’Etat peuvent aussi engendrer d’autres difficultés. C’est dans la soumission au Califat que se trouve le consensus et la solution à ces différends : les ahmadis ne pourront jamais assez remercier Dieu pour cette faveur. Ils ne pourront prouver leur gratitude qu’en faisant preuve d’une obéissance parfaite à l’égard du Califat.

Le Messie Promis (a.s.) affirme aussi que si l’obéissance est sincère elle générera une lumière dans le cœur et l’âme en tirera un grand délice. Cela s’applique certainement à l’obéissance à une autorité spirituelle. Chacun d’entre nous doit jauger son obéissance à cette échelle : une lumière a-t-elle pris naissance en son cœur ? Son âme se délecte-t-elle de cette obéissance ? Chacun d’entre nous pourra jauger la portée de son obéissance à la lumière de ces préceptes. Jusqu’à quel point sommes-nous obéissant à Dieu et à Son Prophète (s.a.w.) et au Califat établi par le Messie Promis (a.s.) ? Si après avoir obéit à Dieu et à Son Prophète (s.a.w.) il n’acquiert aucune lumière, selon le Messie Promis (a.s.) cette obéissance ne lui sera d’aucune utilité. L’on pourra certes instaurer la paix et la tranquillité en obéissant au pouvoir en place, cependant la lumière spirituelle et le plaisir qui en découle se trouvent, quant à eux, dans l’obéissance à l’autorité spirituelle.

Le Messie Promis (a.s.) affirme aussi que les efforts ne sont pas aussi nécessaires que l’obéissance. S’il n’y pas d’obéissance de la part de l’homme ses efforts ne lui feront profiter d’aucun plaisir ou de lumière spirituelle ni ne pourra-t-il trouver la paix. Ceux qui sont fiers de leurs prières et de leurs actes d’adorations sans pour autant être obéissants ne profiteront point des faveurs divines.

Le Messie Promis (a.s.) nous explique aussi que l’obéissance exige le sacrifice de son ego : il faut immoler son orgueil, égorger son égocentrisme, calquer ses désirs sur le plaisir de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.). Voilà comment atteindre la norme requise dans l’obéissance.

Le Messie Promis (a.s.) indique aussi que des idoles prennent naissance dans les cœurs de grands mowahid, ceux qui disent croire en l’existence d’un seul Dieu et qui prétendent se souvenir de Lui à tout instant. Ils peuvent clamer haut et fort qu’ils adorent un seul Dieu, mais la vanité, la fierté sont autant d’idoles qui naissent dans leurs cœurs et qui les mènent vers la désobéissance, même quand il s’agit des faits mineurs.

Le Messie Promis (a.s.) nous explique aussi que les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’ont profité des bénéfices de leur ibadah qu’après avoir fait preuve d’une obéissance des plus sincères. Ces compagnons sont pour nous autant d’exemples.

Dans un hadith le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous enjoint d’obéir à notre Amir même s’il s’agit d’un esclave abyssinien ou d’un individu à la cervelle de la taille d’un raisin sec.

Le Messie Promis (a.s.) lie le progrès de la nation avec l’obéissance expliquant qu’aucune nation ne sera considérée comme telle et l’esprit de la solidarité et de l’unité ne sera point insufflé en ses membres tant qu’ils n’adoptent pas les principes de l’obéissance.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) affirme aussi que le progrès [du musulman] dépend de sa relation avec la djama’at, de l'observance des préceptes de l’Imam de l’époque et dans l’obéissance. Si les musulmans d’aujourd’hui comprenaient ce grand principe ils seront si puissants que personne au monde ne s’opposera à eux. Il incombe, de ce fait, à nous ahmadis de nous évertuer à atteindre les normes les plus excellentes dans l’obéissance.

Dieu énonce que l’obéissance engendre des résultats excellents pour les communautés spirituelles : toute révolution est le fruit de l’obéissance. Celle-ci, d’ailleurs, a accompli des prodiges dans des régimes de ce monde.

L’histoire nous apprend que Napoléon est arrivé au pouvoir quand la France était dans une phase de déclin. Il a fait comprendre à son peuple que la discorde n’était point propice au progrès. « Cultivez l’obéissance et vous serez victorieux, vous progresserez et vos aurez le statut [que vous mériter] », a-t-il dit à son peuple. Ceux qui souhaitaient le progrès de la nation l’ont soutenu, l’ont choisi comme chef et lui obéissait au doigt et à l’œil. Ils ont été si exemplaires dans ce domaine que Napoléon lui même s’en est retrouvé changé.

Or Napoléon a été vaincu lors d’une guerre décisive et il a été banni sur une île italienne. Il a pu, avec l’aide de quelques partisans, retrouver la liberté et il est retourner en France où un nouveau régime était au pouvoir. Le Roi avait exigé que les généraux et les soldats jurent, la main sur la Bible, fidélité et soumission au nouveau régime, car il savait fort bien que Napoléon avait insufflé un tel esprit d’obéissance en son peuple que s’il réapparaissait il aura de nouveau son soutien.

Une fois en France, Napoléon s’est entouré de paysans et de ceux qui lui étaient encore fidèles dans la population. Ils n’étaient point des soldats émérites ni n’avaient-ils d’armes. Quand le roi a eu vent de ce mouvement il a envoyé un général à la tête d’une armée afin de mater la rébellion. Les deux troupes se sont rencontrées dans un passage étroit. Napoléon a demandé à ses fidèles d’avancer : les soldats du régime les ont criblés de balles.

Napoléon a envoyé des émissaires pour demander soldats du régime de leur ouvrir le passage. Ces derniers ont répliqué par une volée de balles, affirmant qu’ils avaient juré de ne point obéir à Napoléon. Ne croyant pas ses oreilles celui-ci est parti en personne se disant que « ses soldats » n’avaient pas pu oublié de si tôt l’obéissance qu’il leur avait inculqué. S’adressant aux soldats du nouveau régime il leur dit : « Si vous avez oublié ce que je vous ai enseignés, me voilà devant vous. Celui d’entre vous qui le désire peut tuer son roi, car roi je le suis encore. » Ces paroles ont ranimé la fidélité et l’obéissance que lui vouaient ces soldats et ils se sont rejoints à lui, certains pleurant comme des enfants. Quand le général qui avançait avec le gros des troupes a entendu la voix de Napoléon, ils ont tous oublié leur serment au nouveau régime et ont respecté le premier. Voilà comment Napoléon a insufflé cet esprit d’obéissance en France en dépit de la discorde qui y régnait.

Le deuxième Calife explique que Napoléon ou les leaders de ce monde de sa catégorie ne jouissait pas du soutien divin qui accompagne la vraie religion. Mais ils ont quand même su apporter des révolutions. Mais la condition de ceux qui font la bai’ah est tout autre : la bai’ah signifie s’immoler en l’obéissance [que l’on doit à Dieu]. Ce concept est si exalté qu’il ne peut y avoir de comparaison entre celui-ci et l’obéissance aux autorités de ce monde. Il affirme qu’aucune nation – qu’elle soit liée à la vraie religion ou pas – ne progressera tant qu’elle ne respecte pas la formule « obéissez à Allāh et obéissez au Messager, et à ceux qui ont de l’autorité sur vous ».

Souvenez-vous à tout instant de ces directives du Messie Promis (a.s.) : l’unité et l’obéissance sont primordiales pour forger une nation, sans elles c’est le déclin. Il y a à ce propos un autre verset du Coran qui stipule :

وَاعْتَصِمُوا بِحَبْلِ اللَّهِ جَمِيعًا وَلَا تَفَرَّقُوا وَاذْكُرُوا نِعْمَةَ اللَّهِ عَلَيْكُمْ إِذْ كُنْتُمْ أَعْدَاءً فَأَلَّفَ بَيْنَ قُلُوبِكُمْ فَأَصْبَحْتُمْ بِنِعْمَتِهِ إِخْوَانًا وَكُنْتُمْ عَلَى شَفَا حُفْرَةٍ مِنَ النَّارِ فَأَنْقَذَكُمْ مِنْهَا كَذَلِكَ يُبَيِّنُ اللَّهُ لَكُمْ آَيَاتِهِ لَعَلَّكُمْ تَهْتَدُونَ

« Et cramponnez-vous ensemble à la corde d’Allāh et ne soyez pas divisés; et souvenez-vous de la grâce d’Allāh sur vous quand vous étiez ennemis, alors Il a réconcilié vos cœurs dans l’amour, de sorte que par Sa grâce vous êtes devenus frères. Et vous étiez au bord d’un gouffre de feu, et Il vous en a sauvés. C’est ainsi qu’Allāh vous explique Ses commandements afin que vous soyez guidés. » (Saint Coran, chapitre 3, verset 104)

C’est là une directive très claire que nous donne Dieu : mais en dépit de cela la discorde qui règne chez les musulmans a atteint son paroxysme et ils ont oublié les faveurs qu’ils ont reçues de la part de Dieu et sont en train de toucher le fond. Cette situation existait à l’époque du Messie Promis (a.s.) et s’est empiré aujourd’hui : mais les musulmans ne veulent rien comprendre.

Le Messie Promis (a.s.) affirme que si les musulmans mettent fin à leurs discordes et s’ils obéissaient à l’Imam de l’époque, le serviteur du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), chacune de leur œuvre sera amplement bénie. Qu’Allah leur accorde le discernement. Il nous rappelle aussi que la main de Dieu est sur la djama’at tout comme l’affirme le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Tant qu’il n’y pas cette unité, l’on ne rencontrera pas Dieu et il n’y aura pas de succès.

hadrat-khalifatul-massih-al-khamis

Nous ne devons point nous satisfaire du fait que nous avons prêté allégeance au Messie Promis (a.s.). Il est aussi important d’atteindre le niveau requis dans le serment d’allégeance : pour ce faire il faudra se vendre, car c’est vers ce sens que nous renvoie le terme bai’ah. C’est en agissant ainsi que nous mériteront les faveurs divines.

Le Messie Promis (a.s.) a cité l’exemple de Sayyedina Abu Bakr (r.a.w), de ‘Umar (r.a.) et d’autres compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) affirmant qu’ils étaient de grands conseillers et qu’ils étaient très au courant des affaires de ce monde et de la politique. Quand le moment est venu leurs qualités se sont dévoilées au grand jour et leur gestion des affaires de l’Etat était hors pair. Mais à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) on eu aurait dit qu’ils ignoraient tout. Faisant preuve d’une obéissance et d’une fidélité indéfectible à l’égard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), ils n'accordaient pas la moindre importance à leurs propres opinions et jugements et ce n’est que bien plus tard que l’on a vu la grandeur de leur leadership. C’est l’entraînement du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui a laissé ces grands exemples d’unité parmi les musulmans à l’époque des Califes bien guidés.

Abu Obeida (r.a.) était un compagnon reconnu pour sa clairvoyance et son abnégation. Lors d’une bataille il a reçu une lettre du Calife ‘Umar (r.a.) dans laquelle celui-ci lui annonçait le décès du Calife Abu Bakr (r.a.), ainsi que la destitution de Khalid Bin Walid comme chef de l’Armée [en Syrie] et de son remplacement par Abu Obeida (r.a.). Celui-ci n’en a pas informé Khalid Bin Walid tant que les musulmans n’avaient pas conclu de pacte avec la population de Damas. Abu Obeida (r.a.) a fait signé ledit pacte par Khalid Bin Walid. Quand celui-ci a su qu’il avait été remplacé bien avant la trêve il a émit des réserves [sur la légitimité de sa signature sur le pacte]. Mais Abu Obeida (r.a.) a repoussé ses protestations en louant ses services et l'a rassuré. Le valeureux Khalid Bin Walid, grand général de l’Islam, a fait preuve d’une obéissance exemplaire à l’égard du Califat et a déclaré : « Le garant de cette nation a été nommé comme votre dirigeant ! » En effet le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait conféré le titre d’Amin à Abu Obeida (r.a.). En réponse celui-ci a rappelé que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) disait de Khalid Bin Walid qu’il était l’une des épées de Dieu et le meilleur des jeunes hommes de [sa] tribu.

Il a accepté la décision du Calife de gaieté de cœur. Par la grâce de Dieu la djama’at fait montre de pareille obéissance [à l’égard] du Califat. Mais d’aucuns, lorsqu’ils sont écartés de leurs postes en demandent la raison et s’il y avait des lacunes de leur part. Si ces exemples que présente l’histoire sont constamment à l’esprit l’on ne posera pas pareilles questions.

Le Coran qui est en notre possession le même [que celui des compagnons] et renferment les mêmes préceptes divins. Nous suivons aussi le même Prophète (s.a.w.) : les recueils de hadiths nous présentent sa pratique. Mais quelle est la situation des musulmans d’aujourd’hui ? Ils sont, soit, en train de s’entre-tuer ou quémander l’aide des autres. Selon le Messie Promis (a.s.) la désobéissance est la raison de toute cette division et de ces discordes entre chiites et sunnites, qui d’ailleurs aujourd’hui se sont divisés en une plus grande multitude de factions. Voilà la raison de leur déclin. S’ils s’unissaient aujourd’hui, les ennemis n’oseront plus affirmer que l’Islam s’est répandu par les armes. L’unité et l’obéissance des compagnons étaient telles qu’ils ont conquis les cœurs de autres. C’est cette unité qu’a besoin la djama’at du Messie Promis (a.s.) : il demande à ses disciples d’être à l’exemple des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) afin qu’ils puissent trancher leurs ennemis avec l’épée de leur véridicité. Ceci arrivera lorsque chacun d’entre nous fera preuve d’une obéissance et d’une fidélité indéfectible. Grâce à la soumission à Dieu et à Son Prophète (s.a.w.) l’on profitera de la lumière apportée par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Ayant prêté allégeance au Messie Promis (a.s.) il incombe à tout ahmadi d’être exemplaire dans son obéissance envers Dieu, Son Prophète et les autorités, tant et si bien qu’il doit attirer l’attention des autres. C’est par ce moyen que nous pourrons conquérir les cœurs des Hommes et les placer aux pieds de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.) ; c’est par ce moyen que nous pourrons guider l’humanité et mettre fin à ces troubles. Comme je l’ai dit plus haut, nous avons à notre disposition les préceptes d’Allah sous la forme du Coran. Nous leur devons obéissance et nous devons aussi les mettre en pratique. L’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est aussi disponible et il nous incombe de lui obéir. L’autorité spirituelle qui nous rappelle les ordres de Dieu et de son Prophète (s.a.w.) est aussi présente parmi nous. Il n’y a donc aucune raison qui nous empêche de nous distinguer clairement des autres [musulmans]. Qu’Allah nous accorde à nous tous la possibilité d’œuvrer en ce sens et que nous soyons toujours à la hauteur des espoirs qu’avait le Messie Promis (a.s.) en nous.


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