Sermon du vendredi 24 octobre 2014, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres :

Deux jours auparavant j’ai lu, dans le dernier numéro du journal Al-Fazl, une partie d’un discours prononcé en 1937 par le deuxième Calife de la Communauté Islamique Ahmadiyya, discours dans lequel il attirait l’attention [des ahmadis] quant au fait que nombre de compagnons du Messie Promis (a.s.) étaient toujours en vie à l’époque. Il recommandait que l’on consigne leurs souvenirs du Messie Promis (a.s.), car, disait-il ces récits permettraient à l’avenir de répondre à certaines questions.

Le deuxième Calife (r.a.) cita l’exemple d’un jeune compagnon qui ne se souvenait que d’une seule rencontre avec le Messie Promis (a.s.) : tout petit, il attrapa un jour la main de celui-ci et se tint à coté de lui pour quelques instants. Après quelques temps, le Messie Promis (a.s.) enleva sa main et s’employa à une tâche quelconque. De prime abord, c’est un fait insignifiant, mais le deuxième Calife (r.a.) dit que l’on peut en tirer de grandes leçons. L’on comprend par exemple que de jeunes enfants ont la permission de se joindre aux réunions des grands. [Quoique le Messie Promis (a.s.) avait pris la main de l’enfant] quand se fit sentir, il l’a enlevé avec affection afin que cela ne n’affecte pas l’enfant.

Ainsi tout récit, même ceux qui peuvent paraître anodins, concernant le Messie Promis (a.s.) et relaté par les compagnons regorgent de grandes leçons. J’ai cité auparavant des récits des compagnons du Messie Promis (a.s.). Le deuxième Calife a relaté, dans ses discours et ses sermons et dans son style particulier des incidents dont il a été le témoin. Certains de ces récits ont été publiés. Il s’y trouve des leçons, des conseils, des faits historiques ainsi que divers aspects de la vie et du trait de caractère du Messie Promis (a.s.). Ce sont autant de faits qui jouent un rôle positif dans notre vie et qui nous permettent de l’embellir.

M. Habibur Rahman, un Waqf-e-Zindagi, est en train de réunir tous ces comptes-rendus. C’est là un effort louable de sa part, mais certains faits ne sont pas compréhensibles hors contexte. M. Rahman s’est contenté, quant à lui, de les collecter tous. [Afin de mener à bien ce travail] il faudra établir des principes et des méthodes [précis]. Ceci dit j’espère que ces récits seront une addition de plus dans notre littérature quand ils seront publiés dans la forme voulue.

Je citerai aujourd’hui certains récits rapportés par le deuxième Calife (r.a.) ou ce qu’il avait entendu des autres. Ils ne concernent pas un thème particulier. A l’avenir, quand l’occasion se présentera, j’en mentionnerai d’autres insha Allah. Je profite de mes sermons pour le faire, car le sermon du vendredi est l’émission la plus regardée sur la MTA du moins dans le monde de la djama’at Ahmadiyya. D’ailleurs, comme évoqué plus haut, ces récits nous permettent de répondre à certaines questions, d’où l’importance de les transmettre à tous les ahmadis : et le sermon du vendredi est le moyen le plus efficace pour ce faire.

Hazrat Mousley Ma’oud (r.a.) raconte ceci : « Un jour un chien s’arrêta devant le seuil de notre maison. J’étais debout devant la porte et à l’intérieur se trouvait le Messie Promis (a.s.) et personne d’autre. Je pointai du doigt le chien et j’exclamai « Tipu ! Tipu ! ». Le Messie Promis (a.s.) sortit de la chambre tout courroucé et il dit : « N’as-tu pas honte ? Les Anglais appellent leurs chiens « Tipu », du nom d’un musulman sincère, en raison de leur inimitié à son égard. Tu oses les imiter et tu appelles ce chien « Tipu » ? Gares à toi ! Ne fais plus jamais ça ! »

Le deuxième Calife (r.a.) continue : « J’avais environs 8 ou 9 ans. Ce jour-là l’affection pour le Sultan Tipu naquit en moi. Et je compris que le sacrifice de sa vie n’était pas vain ; Allah bénit son nom tant et si bien que le prophète de l’époque ressentait de l’affection pour lui. Ce récit nous apprend d’une part que l’indulgence ne signifie pas que l’on doit tolérer toutes les gamineries d’un enfant ; d’autre part l’on comprend aussi le sens de l’honneur que ressentait le Messie Promis (a.s.) pour sa foi et sa nation. Ce même enfant avait, auparavant, brûlé en une seconde des manuscrits qu’il avait dû composer au prix de grands efforts, pendant Dieu sait combien d’heures. Le Messie Promis (a.s.) toléra cette bévue et ne se soucia pas de l’effort qu’il dû entreprendre pour réécrire ce qu’il avait composé. »

L’incident des manuscrits se passa ainsi : un jour, alors qu’il était tout enfant, Hazrat Mousley Ma’oud (r.a.) était en train de jouer avec ceux de son âge pendant que le Messie Promis (a.s.) écrivait un livre. Profitant de l’inattention de celui-ci le deuxième Calife (r.a.) prit ses manuscrits et les réduisit en cendres. Mais le Messie Promis (a.s.) ne le réprimanda point.

Ainsi, raconte-t-il, le Messie Promis (a.s.) lui pardonna cet acte en dépit de tout l’effort qui lui fut nécessaire pour écrire ce manuscrit. Mais il n’endura point que l’on outrage la mémoire d’un leader. Ce Sultan musulman tomba en martyr pour sa nation et le Messie Promis (a.s.) avait pour seule relation avec lui le fait qu’ils étaient tous deux musulmans. Il n’endura pas qu’un enfant, même par ignorance, puisse porter atteinte à sa mémoire. Ce récit répond à ceux qui ont l’audace d’accuser le Messie Promis (a.s.) d’être l’agent des Anglais. Son cœur était emplie de sympathie pour sa nation et il honorait le Sultan Fateh Ali Tipu pour la seule raison qu’il préféra donner sa vie au lieu de se baisser sa tête devant les Anglais. Comment oser accuser quelqu’un qui soit aussi fier de sa nation d’être l’agent des étrangers ? »

Dans un autre de ses récits le deuxième Calife déclare : « Selon moi il n’y pas pires ennemis que ces parents qui ne donnent pas l’habitude à leurs enfants d’accomplir la prière en congrégation. Je me souviens d’un incident à cet effet. Un vendredi le Messie Promis (a.s.) ne partit pas pour la prière de Jummah en raison de sa maladie. Etant encore enfant, je n’étais pas lié par les injonctions [religieuses] qui s’appliquent à un adulte. En cours de route vers la mosquée je rencontrai quelqu’un dont je ne me souviens pas du visage en raison de mon jeune âge. Mais cet incident eu un tel effet sur moi que je me souviens de son état : il s’agit d’un certain Muhammad Baksh, qui habite à Qadian. Je lui demandai la raison pour laquelle il retournait de la mosquée et si la prière était terminée. Il répondit : « Je retourne parce qu’il n’y a plus de place dans la mosquée. » Sur ce je rebroussai chemin et je priai à la maison.

Le Messie Promis (a.s.) me vit et me demanda : « Pourquoi n’es-tu pas parti à la mosquée pour la prière ? » C’est là une faveur divine que je respectais le Messie Promis (a.s.) en tant que prophète depuis ma tendre enfance. Il avait posé sa question sur un ton sévère et il y avait de la colère sur son visage. Tout cela eu un profond effet sur moi. Je répondis : « J’y suis parti. Mais je suis retourné parce qu’il n’y avait pas assez de place. » Après avoir entendu ma réponse le Messie Promis (a.s.) se tut. Mais dès que Maulvi Abdul Karim vint prendre de ses nouvelles, il lui posa sur le champ la question suivante : « Est-ce qu’il y avait beaucoup de monde à la mosquée aujourd’hui ? » Je ressentis une peur terrible en entendant sa question, car je n’y étais pas parti en personne. Je ne savais pas si celui qui m’avait informé s’était trompé ou qu’il y a eu incompréhension de ma part. Mon seul souci était que s’il y avait malentendu de ma part ou de la part de l’autre je serais accusé [d’avoir menti]. Maulvi Abdul Karim répondit : « Oui, il y avait grand monde aujourd’hui à la mosquée. » Je ne sais, jusqu’aujourd’hui de ce qu’il en fut dans la réalité. Dieu avait créé cette situation afin de m’innocenter, tant et si bien qu’Il fit témoigner Maulvi Abdul Karim [en ma faveur] ou peut être que ce jour la mosquée était réellement bondée. En tout cas cet incident me marqua profondément. Grâce à cela l’on comprend à quel point la prière en congrégation avait d’importance pour le Messie Promis (a.s.). »

Le deuxième Calife (r.a.) a relaté un incident amusant à propos de ses études. Il dit : « Le premier Calife (r.a.) est celui qui fut le plus bienveillant à mon égard concernant mes études. Etant médecin il savait que ma santé ne me permettait pas de faire de la lecture pendant longtemps. Il avait pour méthode de me mettre à côté de lui et il me disait : « Mian, je vais lire et toi tu vas m’écouter. » Durant mon enfance une infection bactérienne nommé trachome entrava sérieusement mes études. Mes yeux étaient malades pendant trois à quatre ans de suite. L’infection était si grave que les médecins prédisaient que j’allais perdre la vue. Sur ce le Messie Promis (a.s.) fit des prières spéciales et jeûna pour ma santé. Je ne me souviens pas du nombre de jours qu’il jeûna pour moi, ce fut entre trois et sept jours selon ma mémoire. Le dernier jour dès qu’il rompit son jeûne, j’ouvris les yeux et je commençai à voir. Mais en raison de la gravité de la maladie et de ses attaques successives je perdis la vue de l’œil gauche. J’arrive à discerner mon chemin mais la lecture m’est difficile. Si une personne que je connais est assise à environs un mètre de moi je pourrai la reconnaître, mais si c’est un étranger, je n’arrive pas à discerner son visage. Quoique je vois de l’œil droit celui-ci aussi fut touché par la maladie. L’infection était si grave que je passai plusieurs nuits blanches. [Face à cette situation] le Messie Promis (a.s.) avait dit à mes instituteurs que mon enseignement se fera à mon rythme. »

Le deuxième Calife (r.a.) nous fait comprendre ici qu’en dépit de sa maladie Dieu avait promis qu’Il allait lui accorder un trésor de connaissance séculière et religieuse. Nous sommes témoins de la réalisation de cette promesse.

Le deuxième Calife (r.a.) relate aussi qu’il a lu des centaines de milliers de livres et qu’il le faisait très rapidement. En tout cas il raconte que le Messie Promis (a.s.) ne le forçait pas à étudier, parce que sa santé ne le lui permettait pas.

Il raconte : « Le Messie Promis (a.s.) me conseilla ceci : « Contente-toi d’apprendre la traduction du Coran et les hadiths du recueil Bukhari de Maulvi Nouroudine, le premier Calife. Il me conseilla aussi d’apprendre la médecine, car c’était un art pratiqué dans la famille du Messie Promis (a.s.). Maître Faquirullah – qui a maintenant 80 ans, et qui s’était joint aux Lahoris pour quelques temps avant de venir nous rejoindre – nous enseignait le calcul. Pour ce faire il avait recours à son tableau mais ma vision étant faible je ne voyais pas grand-chose. Plus le tableau était éloigné moins je voyais. D’ailleurs je ne pouvais pas fixer du regard le tableau pendant longtemps, car mes yeux se fatiguaient vite. C’est pour cette raison que je me disais qu’il était inutile pour moi de suivre ses cours de calculs : j’y partais quand je le voulais. Le maître Faqirullah s’en alla un jour se plaindre au Messie Promis (a.s.), disant que j’apprenais rien et que je venais à l’école quand je le voulais. Terrifié, je m’étais caché quand maître Faqirullah faisait ses commentaires à mon propos, car j’ignorais à quel point le Messie Promis (a.s.) serait en colère. Ayant écouté le maître de calcul Messie Promis (a.s.) lui répondit : « Je vous remercie pour l’attention que vous portez à l’éducation de mon fils. Je suis ravi de vous entendre dire qu’il part quand même, de temps en temps, à l’école. C’est là un fait très positif, vu que selon moi sa santé ne le permet point de poursuivre des études. » En riant il ajouta : « Croyez vous qu’il doit apprendre le calcul parce qu’il va tenir une épicerie ? Qu’il sache faire des calculs ou pas, cela n’est d’aucune importance. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses compagnons avaient-ils appris le calcul ? C’est bien s’il va à l’école, sinon il ne faut pas le forcer à le faire. »

Pour ce qui est du calcul sachez aussi que par la suite le deuxième Calife (r.a.) était si fort dans ce domaine qu’il multipliait et divisait des chiffres importants pendant qu’il prononçait ses discours.

Le deuxième Calife raconte : « Maître Faqirullah retourna après avoir entendu cette réponse. Quant à moi je profitai encore plus de cette indulgence à mon égard et je cessai tout bonnement de partir à l’école. J’y partais une ou deux fois par mois. Voilà en somme comment se passa mes années d’étudiants : en tout cas je n’y pouvais rien, car hormis cette infection oculaire dont je souffrais depuis l’enfance, mon foie aussi était malade, et je devais consommer l’eau de cuisson de l’ambérique verte (un type d’haricot) ou l’eau de cuisson d’épinard – ces deux cures sont très bénéfiques pour ceux qui souffrent de maux de foie. D’ailleurs je souffrais aussi de la rate. Le trachome s’était aggravé, et s’accompagnait de fièvre qui durait des fois six mois ou plus. Mes aînés avaient décidé que j’allais étudier selon mon rythme et qu’on n’allait pas me forcer à faire davantage. L’on peut, face à ce constat, se faire une idée de mes compétences dans les études.

Un jour, mon grand-père maternel, Mir Nasir Nawab (r.a.), voulut tester mes aptitudes en langue ourdou. J’ai une très mauvaise écriture jusqu’à présent, mais à l’époque c’était encore pire, et l’on ne pouvait deviner ce que j’écrivais. Mir Nasir Nawab (r.a.) s’échina à comprendre ce que j’avais griffonné mais ce fut sans succès. Nous avions peur de Mir Nasir Nawab (r.a.) en raison de son caractère et parce qu’il se mettait en colère pour un rien. J’avais encore plus peur quand il partit voir le Messie Promis (a.s.) car j’ignorais quel serait le dénouement de cette affaire. Mir Nasir Nawab (r.a.) dit au Messie Promis (a.s.) : « Vous ne vous souciez guère de l’éducation de Mahmud. Je viens à l’instant de mettre à l’épreuve ses compétences en ourdou, voyez un peu ce qu’il a écrit. Il a une si mauvaise écriture que personne ne pourra le lire. » Hors de lui il ajouta à l’endroit du Messie Promis (a.s.) : « Vous négligez complètement ses études et il est en train de gaspiller sa jeunesse. »

Quand le Messie Promis (a.s.) voyait Mir Nasir Nawab (r.a.) dans cet état il faisait mandé Maulvi Nouroudine. Il le faisait venir toutes les fois qu’il était face à un problème. D’ailleurs le Premier Calife m’aimait beaucoup : il entra et il se tint dans un coin la tête baissée, comme à l’accoutumée. Il ne levait jamais la tête pour regarder en face le Messie Promis (a.s.). Celui-ci dit en s’adressant à lui : « Maulvi Saheb, je vous ai fait venir parce que Mir Nasir Nawab soutien qu’il n’arrive pas à lire l’écriture de Mahmood. Je veux le tester et nous allons voir. » Sur ce le Messie Promis (a.s.) prit une plume et un papier, écrivit un paragraphe de deux ou trois lignes et me demanda de le recopier. Je le fis avec grand soin et beaucoup d’attention. Tout d’abord le texte était court et deuxièmement je devais me contenter de le copier, chose facile quand on a devant les yeux l’original. Je copiai lentement le texte en question, en formant avec soin les lettres de l’alphabet. Après avoir lu mon texte le Messie Promis (a.s.) commenta : « J’étais très inquiet après ce qu’avait dit Mir Nasir Nawab (r.a.). Mais voyez ! Son écriture ressemble de près à la mienne ! » Le premier Calife (r.a.), qui avait toujours un faible pour moi, répondit : « Mir Nasir s’est mis en colère pour rien. Quant au texte, il est bien écrit. »

Après le décès du Messie Promis (a.s.) le premier Calife (r.a.) m’encouragea à venir étudier auprès de lui les hadiths du recueil Bukhari. D’ailleurs le Messie Promis (a.s.) m’avait encouragé à le faire. Ces études avaient débuté à l’époque du Messie Promis (a.s.) quoiqu’il y avaient de pauses au milieu. Et suite aux directives du Messie Promis (a.s.) j’étudiai aussi la médecine.

Durant sa jeunesse le deuxième Calife (r.a.) avait lancé un journal intitulé Tashhiz-Ul-Azhan. Il relate en ces termes la réaction du premier Calife à cet égards : « J’avais lancé le journal Tashhiz-Ul-Azhan avec quelques amis et [dans le premier numéro] j’avais écris un article pour faire connaître le but de ce journal. Le Premier Calife fit grands éloges du premier article au Messie Promis (a.s.), ajoutant qu’il devait certainement le lire. Le Messie Promis (a.s.) fit apporter une copie à la mosquée Mubarak et demanda peut-être à Maulvi Muhammad Ali de lui en faire la lecture. Il était lui aussi content de ce que j’avais écris. Mais quand je rencontrai le Premier Calife il dit : « Mian ! Ton article était certes très bon mais je ne suis pas satisfait. Tu n’as pas fait honneur à un dicton de notre pays. » Ne maîtrisant pas assez bien la langue pendjabi je ne compris pas le dicton en question et voyant ma surprise il ajouta : « Peut-être que tu n’as pas compris ce que je voulais dire. On dit chez nous qu’il y avait quelqu’un qui voulait vendre un chameau, ainsi que le petit du chameau. A un acheteur qui lui en demanda le prix il répondit : « Le chameau coûte 40 roupies mais le petit du chameau vaut 42 roupies. » L’autre, surpris, lui en demanda la raison. Le vendeur répliqua : « Le petit du chameau est à la fois chameau et l’enfant du chameau. » S’adressant à moi le premier Calife ajouta : « Tu avais devant les yeux les écrits du Messie Promis (a.s.). Il y avait Barahine-Ahmadiyya, ouvrage qu’il avait écrit quand il n’avait aucune littérature islamique à sa disposition. Mais toi tu les avais devant toi et j’avais espoir que tu allais écrire quelque chose de plus grandiose. »

Le deuxième Calife (r.a.) dit à cet effet : « Qui peux présenter plus grand savoir que celui d’un envoyé de Dieu, hormis le fait que l’on présente certaines parties du trésor caché du prophète ? Le premier Calife voulait dire que la tâche des générations futures est d’élever les fondations posées par leurs prédécesseurs. C’est ainsi que les générations futures profiteront et feront profiter à leurs nations les faveurs et les bénédictions divines. Mais l’on doit aussi tenter de dépasser ses aïeuls en de bonnes choses. Cela ne veut pas dire que l’enfant d’un voleur doit lui aussi commencé à voler. Il sied de ce fait à l’enfant d’un fervent adorateur de Dieu de dépasser son père. »

Evoquant l’importance du Coran le deuxième Calife (r.a.) raconte : « Je me souviens de certains faits relevant de mon ignorance alors que j’étais tout enfant. Quand des ennemis s’en prenait au Messie Promis (a.s.) il répondait par des phrases toutes simples. Je me disais des fois que peut être que le Messie Promis (a.s.) était incapable de répondre aux ruses de ses adversaires. Mais quand l’hostilité de l’ennemi prenait de l’ampleur, on eu aurait dit qu’une puissance céleste portait le Messie Promis (a.s.) et il répondait avec une telle vigueur que l’assistance toute entière était abasourdie. D’aucuns disent qu’on ne doit pas évoquer les critiques à l’encontre du Saint Coran au risque de perdre sa foi. C’est là une pure sottise de leur part. »

Parmi ceux qui ont accepté l’Ahmadiyya, ils sont nombreux à raconter que les mollahs leur disaient qu’ils valaient mieux pour eux de se taire au lieu de poser des questions qu’ils ne pouvaient comprendre.

Le deuxième Calife dit : « Pareille réaction n’est point productif. Face aux critiques contre le Coran ils auraient dû présenter des réponses convaincantes aux ennemis au lieu d’empêcher les autres de poser des questions et au lieu de laisser foisonner le doute dans leurs cœurs. Je me souviens très bien d’une parole répétée maintes fois par le Messie Promis (a.s.). Il disait que si tous les hommes étaient de la stature de Sayyedena Abu Bakr, ils n’auraient pas eu besoin d’un si grand Coran. La lettre « ba » de la basmallah leur aurait suffit. Le Coran, qui regorge de savoir, a été révélé pour des personnes à l’instar d’Abu Jahl. S’il n’y avait pas des hommes comme lui on n’aurait pas eu besoin d’un Coran aussi bien détaillé. Ainsi le Coran est la parole d’Allah, autant l’on critiquera le Coran autant ses beautés monteront à la surface. C’est Satan qui vous insinue que l’objection soulevée est si puissante que vous n’aurez pas de réponses à offrir. Est-ce notre foi qui a besoin de la protection de la parole d’Allah ou est-ce cette dernière qui nécessite de la protection de notre foi ?

La parole qui a besoin de la protection des hommes est fausse et mérite qu’on l’abandonne : elle ne nous servira à rien. Nous sera utile le Coran qui n’a besoin de la protection d’aucun homme. Dieu est Son Protecteur : Il répond à toute objection soulever à son encontre et c’est Lui qui prouve sa grandeur. Voilà notre Coran à nous. »

Le deuxième Calife (r.a.) nous explique aussi comment sonder nos faiblesses personnelles en citant un incident tiré de la vie du Messie Promis (a.s.). C’est un récit qui nous encourage à faire preuve de self-control. Un jour, alors qu’il marchait dans les rues de Lahore quelqu’un bouscula le Messie Promis (a.s.) et le fit tomber. Les compagnons du Messie Promis (a.s.) étaient tous fort en colère et étaient sur le point de tabasser le malotru. Le Messie Promis (a.s.) commenta : « Laissez-le. Il a aidé la cause de la vérité en exprimant ainsi son hostilité [à mon égard]. Ne lui dites rien. »

Ainsi les prophètes ne réagissent pas quand c’est leur personne qui est en jeu. Ils ne prennent la parole que pour établir la grandeur de Dieu. Il serait tout à fait erroné de croire qu’un prophète se conduit comme un homme ordinaire : la différence entre les deux est énorme. Les prophètes n’agissent que pour la cause de Dieu et les hommes ordinaires que pour leurs personnes.

Le Messie Promis (a.s.) disait qu’un jour Hadrat Muawiyya rata sa prière du matin. Cependant ce manquement ne causa point sa perte, bien au contraire il le mena vers les sommets du progrès [car il s’était repenti]. Celui qui est conscient de ses péchés arrive à s’en prémunir. Quand l’homme n’est plus conscient du péché, il se vautre dans la turpitude. Le croyant doit méditer sur la prière : « Guides-nous sur le droit chemin » et doit comprendre qu’il n’est jamais à l’abri du danger. Il ne le sera qu’au moment où Dieu l’appellera à Lui. Il incombe ainsi à l’homme d’examiner ses faiblesses. Les voies de la spiritualité sont ouvertes à ceux qui agissent ainsi ; elles sont fermées pour les autres et ces derniers sont coupables de péchés.

L’hostilité à l’encontre de la communauté du Prophète et à l’encontre de ce dernier est un moyen de progresser. »

Le deuxième Calife (r.a.) ajoute que le Messie Promis (a.s.) racontait : « Quand les ennemis nous insultent et s’opposent à nous, nous avons espoir que des âmes pieuses qui se trouvent en leur compagnie se joindront à nous.

Et nous sommes forts anxieux quand les autres ne nous insultent pas et ne s’opposent pas à nous. »

Le Messie Promis (a.s.) disait que le prophète est à l’exemple de cette vieille femme que l’on disait un peu folle et que les enfants de la ville aimaient taquiner. La vieille quant à elle les insultaient et les maudissaient. Les parents des enfants voulurent mettre fin aux méchancetés de leurs enfants mais ce fut sans succès. Face à cet échec ils décidèrent d’enfermer leurs enfants à la maison. Après quelques jours, ne voyant personne la harceler la vieille frappa à la porte de toutes les demeures pour prendre les nouvelles des enfants. A certains elle demandait si l’enfant a été mordu par un serpent, à d’autres s’ils sont décédé des suite du choléra ou s’ils sont tombés du toit ou frappé de la foudre. Les parents se sont dits que s'ils la laissaient faire elle proférera encore plus d’insultes, lancera encore plus d’imprécations et qu’il est inutile d’enfermer les enfants. Le Messie Promis (a.s.) disait que l’état du prophète ressemble de près à celle de vieille femme. Il souffre quand l’hostilité prend de l’ampleur et il souffre aussi quand il n’y en a plus. Car sans hostilité les gens ne se tournent point vers les communautés divines. Le prophète n’insulte point autrui, au contraire il prie pour tout le monde en toute situation. Et quand l’hostilité bat son plein il prie aussi pour ses ennemis afin que les bonnes âmes parmi ces derniers puissent accepter la vérité. »

Sur le même sujet de l’hostilité le deuxième Calife (r.a.) raconte qu’un jour un mollah, qui était aussi un grand poète et un lettré de grand renom, vint voir le Messie Promis (a.s.). Le Nabab de Rampur lui avait confié la tâche de rédiger un lexique d’expressions usuelles de la langue ourdou. Le Messie Promis (a.s.) lui demanda : « Il existe une farouche hostilité à mon encontre à Rampur d’où vous êtes originaire. Comment m’avez-vous accepté ? » Il répondit : « J’ai lu votre recueil de poème intitulé Durr Thamin. Etant moi-même poète je fus fort impressionné par vos vers, qui regorgent de paroles d’affection à l’égard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Un jour le Mollah Sanaullah visita notre ville et raconta que Mirza Saheb est farouche ennemi de l’Islam et qu’il outrage la mémoire du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sur ce je me suis dit que Mirza Saheb (le Messie Promis (a.s.)) est certainement véridique sinon pourquoi ce mollah oserait-il proférer pareil mensonge à son encontre ? Ce mollah est certainement un menteur et celui qu’il accuse d’avoir blasphémé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est certainement véridique. Sinon pourquoi pareils mensonges de sa part ? Il aurait pu dire que Mirza Saheb avait peut être fait les éloges de Dieu et du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans son recueil Durr Thamin, mais qu’il n’était pas sincère et qu’il est en train de mentir. S’il avait dit pareille chose cela aurait été acceptable. Mais le Mollah Sanaullah a sciemment menti en disant que Mirza Saheb insulte Dieu et Son Prophète (s.a.w.). J’ai compris sur le champ que vous êtes véridique et je suis venu vous prêter allégeance. » Ainsi l’ennemi tente des fois de soulever les autres contre les croyants. Cependant cette hostilité est en faveur des croyants.

Il est aussi un incident similaire du début de l’histoire de la communauté. Il y avait des frères qui habitaient un village nommé Bhao Ghastpur de la province du Gujrat tout près de Chak Sikander. C’étaient des gens forts sincères. Je me souviens que durant mon enfance ils venaient souvent voir le Messie Promis (a.s.) et qu’ils tiraient grand plaisir de sa compagnie. Le Messie Promis (a.s.) avait un beau-frère nommé Ali Sher : il était le frère de sa première épouse. Etant donné que le Messie Promis (a.s.) s’était marié une deuxième fois les parents de cette dernière lui étaient forts hostiles. La première épouse du Messie Promis (a.s.) était, quant à elle, une femme fort pieuse. Elle nous aimait plus que notre mère selon certains, dit le deuxième Calife. D’ailleurs durant notre enfance nous en étions tous convaincus. Ainsi il est tout à fait erroné de dire qu’il n’y avait pas de lien entre la première épouse du Messie Promis (a.s.) et [ses enfants nés de sa deuxième épouse].

A l’époque où notre sœur aînée est décédée, les membres de la famille du Messie Promis (a.s.) avaient publié un pamphlet à l’encontre de celui-ci suite à sa prophétie sur Mohammadi Begum. Suite à cette hostilité le Messie Promis (a.s.) avait fait fermer la porte qui jouxtait notre maison à celle des membres de sa famille.

Quand Ismat, la fille de la deuxième épouse du Messie Promis (a.s.), tomba gravement malade elle se tordait comme un poulet qu’on égorge et elle disait : « Faites venir ma mère ! Faites venir ma mère ! » c’est-à-dire la première épouse du Messie Promis (a.s.). Sur ce le Messie Promis (a.s.) la fit mander et quand elle attrapa la main d’Ismat celle-ci se calma et rendit l’âme. En somme, la première épouse du Messie Promis (a.s.) était une femme pieuse, elle ressentait une grande affection pour les enfants de sa co-épouse. Elle aimait le Messie Promis (a.s.) et vouait à son égard un grand respect et elle ne pouvait entendre de mauvaise parole à son encontre. Mais son frère, quant à lui, était très hostile contre le Messie Promis (a.s.). Il tentait de détourner les ahmadis en leur disant qu’il était le [beau]-frère du Messie Promis (a.s.) et son parent. Il disait que le Messie Promis (a.s.) voulait tout simplement se faire de l’argent qu’il se disait prophète afin de tromper les simples d’esprits et les faibles. Ceux dont la foi était chancelante tombaient dans son piège.

Un jour les cinq frères évoqués plus haut vinrent à Qadian. La Bahishti Maqbara n’existait pas à l’époque et les ahmadis qui venaient à Qadian visitaient [d’autres] lieux saints, ils partaient à la mosquée Moubarak, assistaient aux sessions [d’études] du premier Calife ou partaient dans le jardin de notre grand-père. Ils se disaient que c’était un lieu saint étant donné qu’il appartenait au père du Messie Promis (a.s.). Il s’y trouvait dans les alentours un terrain qui appartenait à Ali Sher, le frère de la première épouse du Messie Promis (a.s.), et qu’il utilisait comme potager. Il gardait à la main une longue broche, portait une longue barbe, et était un farouche ennemi de la communauté. Il était toujours à l’affût des ahmadis afin de les égarer. Les cinq frères voulurent visiter un jour le jardin du Messie Promis (a.s.). Un des cinq avait devancé les autres et Mirza Ali Sher, sachant que c’était un étranger, l’appela et lui demanda la raison de sa visite à Qadian. Il répondit : « Mirza Ghulam Ahmad Saheb s’est dit Mahdi et Messie et nous sommes venu le visiter parce que nous croyons qu’il est véridique. » Mirza Ali Sher répondit : « Vous vous êtes trompés à son propos. Il se dit Messie et Mahdi afin de se remplir les poches. C’est mon [beau]-frère et je le connais très bien. Vous n'êtes pas d'ici et vous ignorez tout de lui. Ne vous leurrez point à son égard, sinon vous subirez de grandes pertes. »

L’ahmadi s’avança allégrement et lui dit : « Serrez moi au moins la main ! ». Le beau-frère du Messie Promis (a.s.) croyait qu’il avait pu le convaincre l’autre et que ce dernier était impressionné par sa piété car Mirza Ali Sher ponctuait toutes ses phrases de Subhanallah et d’ Astaghfirullah. Mirza Ali Sher envoya joyeusement sa main ; l’autre la serra vigoureusement et appela ses autres frères leur disant qu’il y avait urgence. Mirza Ali Sher était très content et pensait que sa ruse avait marché. Quand tous les cinq frères étaient réunis le premier dit : « Nous lisions dans le Coran et les Hadith que Satan existe en ce monde. Mais nous ne l’avons jamais rencontré. Aujourd’hui le hasard a fait que nos chemins se sont croisés et nous avons pu rencontrer Satan qui tente de nous égarer. »

Le deuxième Calife (r.a.) ajoute : « Il n’y pas de doute que les faveurs divines sont à l’instar d’un fleuve. En prendre une goutte ne fera aucune différence. Mais l’homme malheureusement se prive de son propre chef des faveurs divines et se détourne de son Créateur. Quand Dieu envoie un prophète on le rejette.

Les parents de Baba Nanak (le fondateur du Sikhisme) traitaient ce dernier avec mépris, ils disaient qu’il avait détruit le commerce et que leur enfant était un bon à rien. Si ses parents retournaient sur terre aujourd’hui ce qu’ils verront les surprendra. Cet enfant qu’ils méprisaient a des centaines de milliers de fidèles, qui sont prêts à donner leur vie pour lui et parmi lesquels se trouvent des multimillionnaires. Mais les gens croyaient que Baba Nanak était un homme insignifiant et que l’accepter ne leur était d’aucun avantage. Mais Allah envoie des messagers qui sont apparemment ordinaires : après quelques temps des centaines de milliers de personnes sont prêtes à offrir leur vie pour lui. C’est ainsi que Dieu a envoyé le Messie Promis (a.s.) à Qadian où il n’y avait ni gare ni bureau de poste ni aucune école religieuse ou séculière. Le Messie Promis (a.s.) ne jouissait d’aucune distinction en ce monde. Apparemment l’éducation qu’il avait reçue était ordinaire. Quand il s’est dit Messie et Mahdi les gens l’on traité d’ignorant (qu’Allah nous en préserve). Il ont dit : « Comment peut-il être le Mahdi ? Comment un prophète pouvait-il apparaître dans ce tout petit village ? Si un prophète devait venir il allait apparaître à Lahore ou à Amritsar. Ainsi débuta une tempête d’opposition contre le Messie Promis (a.s.) et on empêchait les gens de partir le rencontrer. Même si on ne pouvait les en empêcher on les tourmentaient par diverses manières. Mais en dépit de tout cela il avait reçu les révélations suivantes : « Un avertisseur est venu mais le monde ne l’a pas accepté. Dieu l’a accepté et prouvera sa véridicité par des assauts terribles. » Il reçut cette révélation quand il était tout seul. Il reçut aussi la suivante : « Je transmettrai ton message jusqu’aux confins de la terre. »

A l’époque de cette tempête d’opposition, le Messie Promis (a.s.) avait un domestique nommé Pira : il était si sot qu’il mélangeait son repas avec du kérosène. Le Messie Promis (a.s.) l’envoyait de temps en temps à Batala pour quelque besogne. Pira y rencontra un jour le Maulvi Mohammad Hussein, leader de grand renom des Ahle Hadith. Ce dernier s’était pris pour vocation d’empêcher les gens de partir à Qadian rencontrer le Messie Promis (a.s.). Mais ses efforts étaient vains. Un jour le Mollah ne trouva pas proie à ses griffes et tomba sur Pira. Il lui dit : « Pira ! Abandonne cet homme ! Pourquoi es-tu en train de nuire à ta foi ? »

Le domestique répondit : « Mon cher Mollah ! Je suis un ignare. Je n’ai rien compris de ce que vous avez dit si ce n’est que, selon vous, que Mirza Saheb est méchant homme. Mais j’ai aussi compris autre chose. Je vous vois faire des va-et-vient tous les jours à Batala et vous empêchez les gens d’ici et d’ailleurs de partir à Qadian et vous tentez de les égarer. Je suis entièrement convaincu que Dieu est avec Mirza Ghulam Ahmad (a.s.) et qu’Il n’est pas avec vous, car en dépit de tous vos efforts des centaines de personnes partent à pied le rencontrer à Qadian, mais personne ne vient vous rencontrer.

hadrat-khalifatul-massih-al-khamis

Ainsi les envoyés de Dieu ne jouissent d’aucune importance au début de leur mission et sont méprisés par les gens d’ici bas. Il en fut de même dans le cas du Messie Promis (a.s.). Mais aujourd’hui dit le deuxième Calife (r.a.), notre djama’at est composée de centaines de milliers de personnes et s’est établie dans les quatre coins du monde. Lors de la dernière Jalsa du Messie Promis (a.s.) il n’y avait que 700 personnes et aujourd’hui, dit le deuxième Calife il y a plus de 4000 personnes pour la prière de Jummah à la mosquée Aqsa »

Et en ce jour du 24 octobre 2014 au Royaume-Uni cinq à six milles personnes sont en train d’écouter le sermon.

Le deuxième Calife (r.a.) dit : « Toutes les nations de l’Inde s’étaient soulevées contre le Messie Promis (a.s.) et lui étaient farouchement hostiles. Mais en dépit de toute cette opposition notre jama’at s’est répandu en Inde et s’est établi dans d’autres pays. Nous avons ouvert des missions : en Angleterre, aux Etats-Unis, en Afrique, en Chine au Japon, en Indonésie. Nous avons des missions dans tous les pays d’Europe, et nous sommes en train de prêcher notre message. Nous avons ouvert des écoles en Afrique et ceux qui, naguère commettaient, le shirk (le polythéisme) en Europe et en Amérique sont en train d’embrasser l’Islam en grand nombre. Cela est en train de se faire pour la simple raison que Dieu a insufflé une nouvelle foi dans nos cœurs par l’entremise de Son envoyé, foi dont les autres sont privés.

Un illustre personnage de notre communauté, Sahibzada Abdul Latif Shaheed était venu rencontrer le Messie Promis (a.s.) dès qu’il entendit parler de celui-ci. Il avait quitté l’Afghanistan pour partir accomplir le Hajj : mais en cours de route il s’arrêta à Qadian où il prêta allégeance au Messie Promis (a.s.). De retour chez lui en Afghanistan, le roi le condamna à mort par lapidation pour avoir accepté le Messie Promis (a.s.). On a tenté en vain de le convaincre à abandonner sa foi : mais il avait compris la vérité. Le roi le fit enterré [jusqu’à la taille] et le fit lapidé : Abdul Latif Shahid tomba en martyre après avoir subit un traitement impitoyable. Mais il ne s’est pas plaint un instant et offrit sa vie dans le chemin de Dieu.

Avant la lapidation un ministre le supplia en ces termes : « Entretiens en ton cœur la croyance que tu voudras. Tu n’as qu’à répudier verbalement Mirza Ghulam Ahmad. » Le martyr répliqua : « Je ne mentirai point. » Peu après son décès une virulente épidémie de choléra frappa l’Afghanistan et coûta la vie à des milliers de personnes. » Aujourd’hui encore la destruction ne cesse de croître dans ce pays.

Quand en Inde l’hostilité contre le Messie Promis (a.s.) avait pris de l’ampleur une virulente épidémie de peste frappa. Des milliers de gens perdirent la vie, mais en dépit du fait que la peste était un signe de sa véracité, le Messie Promis (a.s.) étant la compassion personnifiée, le cœur meurtri supplia Dieu d’éloigner cette calamité. Maulvi Abdul Karim, qui habitait au dessus de la mosquée Mubarak, raconte qu’un jour il entendit des gémissements qui ressemblaient fort à des douleurs d’enfantement. « Quand j’ai tendu l’oreille, dit-il j’ai entendu, le Messie Promis (a.s.) qui implorait Dieu en larmes : « O Seigneur ! Si tous Tes serviteurs meurent qui va T’adorer ? » C’est là un grand signe de la véracité du Messie Promis (a.s.). Dieu avait envoyé la peste afin de prouver sa véridicité : mais lui qui ressentait une grande compassion à l’égard de l’Humanité, ne cessa de prier pour elle. Voilà la pitié que ressentent les prophètes. »

Qu’Allah fasse naître en tous les ahmadis un grand sens de l’honneur pour la foi. Qu’ils établissent un lien vivant avec Dieu, qu’ils fassent preuve de patience et de persévérance. Que Dieu nous accorde l’occasion de prier pour le salut de l’humanité. Que Dieu nous permette de faire primer notre humilité sur notre ego et que nous puissions suivre à la perfection la voie qui mène à Son plaisir. Que nous puissions jouer notre rôle dans la diffusion du message du Messie Promis (a.s.) et que nous puissions répondre à ses attentes et être à la hauteur de ses espoirs.


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