Sermon du vendredi 26 septembre 2014, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Maryam à Galway en Irlande. Après la Tashahud et la sourate Al-Fatiha Sa Sainteté le Calife a cité le verset 18 du chapitre 9 du Saint Coran :

إِنَّمَا يَعْمُرُ مَسَاجِدَ اللَّهِ مَنْ آَمَنَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآَخِرِ وَأَقَامَ الصَّلَاةَ وَآَتَى الزَّكَاةَ وَلَمْ يَخْشَ إِلَّا اللَّهَ فَعَسَى أُولَئِكَ أَنْ يَكُونُوا مِنَ الْمُهْتَدِينَ

« Assurément, celui-là seul est digne de maintenir les Mosquées d’Allāh qui croit en Allāh et au Jour Dernier, et observe la Prière, et paie la Zakāt, et qui ne craint nul autre qu’Allāh. Voilà donc ceux qui ont bien plus de chances d’être comptés parmi les bien-guidés. » (Saint Coran, chapitre 9, verset 18)

Par la grâce d’Allah nous avons aujourd’hui l’occasion d’accomplir la prière de vendredi dans la toute première mosquée de la djama’at islamique Ahmadiyya d’Irlande. Qu’Allah bénisse cet édifice et son maintien. La mosquée est certes toute petite mais elle annonce que d’entre ses murs les disciples du Messie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) proclamerons cinq fois par jour l’unicité de Dieu et qu’ils s’y présenteront quotidiennement afin de lui rendre culte. Ils proclameront de cette mosquée que ces lieux ont pour vocation de faire respecter les droits de Dieu et ceux des hommes ; ils ne sont point les terreaux pour fomenter troubles et autre exactions. Ces mosquées sont bâties pour l’adoration de Dieu, le Maître de tous les mondes ; Celui qui a manifesté Rububiyya (Sa providence universelle) à toute époque et en faveur de tous les hommes. Celui qui, dans le passé, a manifesté Sa providence afin de subvenir aux besoins matériels et spirituels de l’homme, tout comme Il le fait à présent et le fera à l’avenir. Sa Rububiyya (Sa providence universelle) n’est pas limitée à un peuple en particulier : elle embrasse l’univers tout entier. Ainsi les mosquées des disciples du Messie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) annoncent que si l’on désire profiter de la providence spirituelle de Dieu il faudra se joindre à leur communauté, car elle seule en profite.

Nous bâtissons ces mosquées afin d’inviter ceux qui souhaitent mettre fin aux troubles qui secouent le monde à méditer sur les enseignements sublimes de l’Islam, enseignements qui prônent l’amour, l’affection, la réconciliation et la paix. Ces mosquées sont là pour annoncer que le monde a besoin de ces valeurs et non de guerre, de batailles, d’épée ou d’obus. Ces mosquées que nous bâtissons annoncent que ceux qui viennent y prier ne nourrissent dans leur cœur aucune iniquité, ni aucune intention d’usurper les droits d’autrui. Ces mosquées sont des balises et des centres qui proclament que ceux qui viennent y prier sont prêts à consentir à tout sacrifice afin de s’acquitter de leurs devoirs envers les autres.

Mosquée Maryam - Irlande

Pour se faire ils ressentent une grande compassion à l’égard de ceux qui appartiennent à leur communauté ; toutefois l’hostilité de leur ennemi ne les empêche pas pour autant d’être équitables. Ces mosquées que nous bâtissons annoncent que le plus grand défenseur de la liberté de culte est l’Islam ; et pour ce faire les portes de nos mosquées sont grandes ouvertes pour tout un chacun. Tous ceux qui rendent culte à Dieu, musulman ou pas, peuvent y accomplir leurs actes d’adoration. Nos mosquées et tout ahmadi qui s’y présente annoncent que selon les préceptes du Coran tout véritable musulman à pour responsabilité de protéger les lieux de culte de toute religion. Il doit assumer cette responsabilité à l’égard des autres lieux de cultes avec la même diligence qu’il démontrera à l’égard de sa mosquée. Nos mosquées nous rappellent aussi qu’être fidèle envers sa patrie fait partie de la foi du croyant. Ce dernier ne pourra être considéré comme tel tant qu’il n’est pas fidèle envers son pays et son peuple. La mosquée attend beaucoup de la part de celui qui s’y attache sincèrement ; il pourra respecter ses exigences quand il s’acquittera sincèrement de ses obligations envers Dieu et envers ses serviteurs, obligations évoquées dans le Saint Coran.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), notre maître et précepteur nous a fait des rappels à ce sujet : en servant d’exemple il s’est acquitté de ses devoirs envers Dieu et envers les hommes. Il a aussi laissé son exemple eu égard à l’établissement des valeurs humaines, de l’affection et de la paix. Ce ne sont pas là de vaines paroles ; l’histoire témoigne qu’un jour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a permis à des chrétiens de rendre culte à Dieu dans sa mosquée. Le Messie Promis (a.s.), le dévoué serviteur du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), nous a ordonné à notre époque de mettre en pratique ces véritables enseignements de l’Islam, dont je viens de vous présenter quelques exemples. Nous avons reçu l’ordre de traduire et de répandre ces préceptes. L’Imam de l’époque a placé sur nous cet espoir et il nous informe que si nous bâtissons des mosquées en étant animés de ces sentiments, nous aurons maintes occasions pour faire connaître l’Islam et pour prêcher notre message. L’Islam intéressera davantage les gens : ses beaux préceptes charmeront les autres et augmenterons notre nombre.

Nous devons bâtir, et nous bâtissons d’ailleurs, nos mosquées avec ces sentiments au cœur. Cela suscitera certainement l’intérêt des autres – qu’ils soient hommes ordinaires ou de pouvoir – quand ils verront d’une part des extrémistes qui commettent massacres et d’autre part une communauté qui prône l’amour, l’affection, la paix, et qui travaille en ce sens. Cela attisera leur curiosité quand ils verront des mosquées d’où sortent insultes et invectives au nom de Dieu et de son Prophète et d’autres où l’on ne parle que de paix, de réconciliation et d’où sortent la devise « amour pour tous et haine pour personne ». Ils seront curieux de savoir le pourquoi de cette différence entre ces deux catégories de musulmans. Cette curiosité de leur part les poussera à mieux connaître la djama’at Ahmadiyya en ayant recours aux nouveaux médias et à Internet.

Avant-hier j’ai rencontré quelques membres du parlement irlandais à Dublin, dont l’un m’a informé qu’il est au courant que la djama’at Ahmadiyya œuvre en faveur de l’établissement des valeurs humaines et de la paix, chose que les autres musulmans ne font pas. Il a tiré cette conclusion après avoir fait une étude poussée sur la djama’at. Face à ce constat il désire à présent que la djama’at bâtisse dans les plus brefs délai une mosquée à Dublin, sa ville, afin d’y répandre ce message d’amour et de nobles valeurs.

Dieu explique ainsi aux hommes qu’ils ne doivent pas – en regardant une seule face de la médaille – se faire une mauvaise opinion de l’Islam. Il leur demande de regarder aussi l’autre face, la face véritable, celle que présente aujourd’hui la communauté du dévoué serviteur du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Ne vous contentez pas d’avoir pu bâtir ici une mosquée et de l’avoir montré au monde par le biais de la MTA. Ne croyez pas que vous pouvez dire aux autres que vous avez une mosquée et que cela suffit. Ce soir lors de la réception Insha Allah des personnes de la haute société auront l’occasion de la voir ; ils feront peut être ses éloges ou peut être qu’ils ont déjà commencé à le faire. A l’avenir des gens d’ici et d’ailleurs viendront la visiter, vous allez vous réjouir de leur nombre et vous croirez peut être que vous avez atteint l’objectif de sa construction. Cela ne sera pas le cas car en ayant bâti cette mosquée vous déclarez beaucoup de choses et vos épaules auront de très lourdes responsabilités à porter. Tous les ahmadis qui habitent ici doivent en être vigilants et assumer au mieux leurs obligations.

Je viens de vous expliquer le rôle de la mosquée, ce qu’elle proclame au monde, ainsi que nos devoirs envers Dieu et envers ses créatures. Si nous n’assumons pas ces responsabilités nos déclarations ne seront que vaines clameurs et tromperies. Peut être que nos belles paroles et notre propagande plairont aux gens d’ici bas, mais nous ne serons point attentifs quant à l’objectif réel de notre vie, qui est de plaire à Dieu et de calquer notre conduite sur Ses désirs.

Dans le verset cité au tout début Dieu évoque les qualités de ceux qui viennent prier dans ces mosquées. Les sens de ce verset s’appliquent à la Ka’aba pour s’étendre à toutes ces mosquées dans lesquelles prient ceux qui possèdent les vertus évoqués plsu haut.

Décrivant leur foi dans le Saint Coran Allah affirme qu’ils vouent la plus grande affection à Son égard. Aucune chose au monde n’a prééminence sur cet amour pour le Très-Haut. Ils passent leur vie dans la quête cet amour, amour qu’ils ne négligent point dans leur quête des avantages de ce monde. L’amour pour Dieu exige que l’on respecte Ses préceptes, qu’on Lui voue culte, que l’on n’oublie pas la salat en prétextant que l’on était pris par ses affaires ; cet amour proscrit aussi le recours au mensonge pour avoir quelque avantage matériel. S’il l’on commet pareilles infamies l’on doit se demander si l’amour que l’on voue à Dieu est plus grand que celui l’on a pour ce monde. Si les affaires d’ici-bas nous éloignent des préceptes divins en ce cas c’est l’attrait de ce monde qui plus important à nos yeux.

Le Messie Promis (a.s.) dit : « Sachez que l’amour jaloux et intime de Dieu interdit au croyant de Lui associer quiconque. La foi – le trésor le plus cher à nous – sera sauf tant que nous éviteront d’associer quiconque à l’amour que nous vouons au Très-Haut. »

Ce point mérite amples réflexions de notre part. Tout musulman clamera haut et fort qu’il aime Dieu et Son Prophète (s.a.w.), voire il est prêt à mourir et à tuer pour cette cause. Jamais aucun musulman ne dira qu’il n’aime pas Dieu ou Son Prophète (s.a.w.). Mais combien sont-ils à mettre en pratique ce qu’ils préconisent ?

Prenons à titre d’exemple la Salat (les cinq prières quotidiennes) : respectons-nous toutes ses exigences ? Beaucoup avoueront qu’ils ne prient que 3 ou 4 fois par jour. Beaucoup accomplissent leurs prières avec la hâte de celui qui veut à tout prix se délester d’un fardeau encombrant. La salat est un moyen pour se rapprocher de Dieu et pour exprimer l’amour que nous éprouvons à son égard. Nous ne respecterons point ses exigences sans l’embellir lorsque nous l’accomplissons. Allah dit des croyants qu’ils répondent « nous avons entendu et nous obéissons » quand Dieu et son Prophète (s.a.w.) prennent une décision ou quand ils leur ordonnent de faire quelque chose. A chacun de jauger s’il est à la hauteur de cette norme : cette analyse personnelle révélera l’état de notre for intérieur.

Le Saint Coran regorge de préceptes qui, selon le Messie Promis (a.s.), sont au nombre de sept cents. Celui qui en néglige un seul est fort éloigné de lui et n’a aucune relation avec le Messie Promis (a.s.). Notre foi en Dieu sera parfaite quand nous suivrons les préceptes de Dieu.

Nous disons aussi croire dans l’Au-delà : mais pour beaucoup ce ne sont là que vaines déclarations. Celui dont la foi en l’Au-delà est parfait se préserva de nombreux maux, il évitera d’usurper les droits d’autrui. Par peur de se faire attraper par la loi de ce monde nous évitons de commettre nombre de péchés. Nous obéissons aussi à nos supérieurs parce que nous avons peur d’eux. Mais beaucoup parmi nous sont coupables de péchés en dépit de notre supposée croyance en l’Au-delà. Beaucoup d’entre nous accomplissent la Salat – d’aucuns de le font même avec beaucoup d’humilité – mais pour des buts personnels et des avantages mondains.

D’aucuns viennent à la mosquée parce qu’ils ont peur d’affronter le regard des autres s’ils n’y sont pas allés depuis longtemps. Allah déclare que ceux qui remplissent les mosquées viennent y prier pour la cause de Dieu. Ils y accomplissent leur salat en congrégation, aux heures prescrites, afin de mériter le plaisir de Dieu. Leurs ibadah et leurs sacrifices financiers ont pour seul objectif l’acquisition du plaisir divin. Ils n’ont peur de personne d’autre hormis Allah. Allah affirme que ceux-là ne se contentent pas de proclamer leur foi ; ils jouissent à tout instant de Son soutien et de Son aide. Ils sont guidés vers de nouvelles voies à chaque pas. Sur chaque voie de nouvelles portes leur offrant le salut et le succès s’ouvrent à eux.

Une faveur accordée par Dieu à la djama’at Ahmadiyya est qu’il s’y trouvent des croyants qui ne se contentent pas d’en porter l’étiquette mais qui cherche le plaisir de Dieu. Voilà le secret du progrès qu’est en train d’accomplir la djama’at en tant que communauté. A tout instant, il incombe à chacun d’entre nous de s’analyser afin de mériter ces faveurs et afin de s’acquitter de ses devoirs envers la mosquée ; afin qu’aucun homme ou femme ahmadi ne se prive des bénédictions de ce progrès et des faveurs divines.

Bannissons toute peur de ce monde ; la seule crainte que nous devons avoir est de déplaire à Dieu : cette peur-là est aussi mêlée d’amour. Ainsi après la construction de cette mosquée, étant donné que tous les regards se tourneront vers nous il nous incombe, plus qu’auparavant, de respecter les exigences de la foi et d’accomplir notre analyse de conscience. Plus qu’auparavant il nous incombe de faire plus d’efforts afin que notre conduite soit conforme aux enseignements de l’Islam. C’est ainsi que nous pourrons guider ceux qui se tournent vers nous grâce à cette mosquée.

Tout comme je l’ai dit, après l’ouverture d’une mosquée de nouvelles voies s’ouvrent pour le Tabligh (prédication du message de l’Islam / l’Ahmadiyya). Là où nous construisons des mosquées dans le monde nous recevons des visiteurs, des groupes d’écoliers. Ces temps-ci le monde scrutent de très près les musulmans en raison de l’action de certains d’entre eux. Cette curiosité de leur part prendra de l’ampleur et il se doit que notre conduite leur présente la face véritable de l’Islam.

Après la construction de cette mosquée, vos responsabilités à vous les ahmadis des alentours prendront de l’ampleur. Vous n’êtes plus à l’abri des regards comme dans le passé. Naguère la djama’at de l’Irlande était petite et méconnue. Inconnus vous ne l’êtes plus désormais : le bel édifice de la mosquée, son haut minaret annonceront votre présence tous les jours. Des non musulmans et des non ahmadis seront présents lors de la réception de ce soir et vous présenterez à toutes les couches de la société irlandaise. Certains journaux ont publié des articles à propos de la mosquée et d’autres le feront Insha Allah : ceci présentera la djama’at Ahmadiyya ainsi que l’Islam véritable aux Irlandais. Cette mosquée n’attirera pas que l’attention des habitants de Galway. Ceux des villes avoisinantes vont vous connaître et viendront visiter la mosquée quand ils en auront l’occasion.

C’est là l’expérience que nous avons faite ailleurs : les voies pour le Tabligh ne cesseront de s’élargir pour vous. Pour ce faire il incombe à tout ahmadi d’accroître sa connaissance de la religion afin qu’il puisse offrir des réponses appropriées. Il lui incombe aussi de rehausser sa conduite afin qu’il soit à la hauteur des attentes qu’avait le Messie Promis (a.s.) son égard. La norme à respecter est de suivre tous les préceptes du Saint Coran et de servir d’exemple afin que les autres viennent vers nous de leur propre chef.

Pour ce qui est de la religion les Irlandais sont très pratiquants. En Europe c’est le seul pays où, jusqu’à présent, les nantis et les moins fortunés se disent chrétiens et pratiquants. Le christianisme est, selon eux, la religion qui leur offrira le salut par l’entremise de Jésus. Nous devons leur informer que selon nos préceptes, Hadrat Isa (Jésus-Christ) était un vrai prophète de Dieu et qu’il s’est acquitté au mieux de la tâche confiée par Dieu pour ensuite quitter ce monde. Le Toute Puissant et Seigneur de tous les mondes est Dieu l’Unique, qu’adoraient Jésus et Marie, sa mère. Et en accord aux prophéties des prophètes d’antan Dieu a transmis par l’entremise du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) la dernière et parfaite loi divine, la seule qui est salutaire, celle qui rapprochera l’homme de Dieu et qui lui permettra de profiter du vrai bonheur ici-bas et dans l’Au-delà. [Cependant] l’on ne pourra atteindre ces objectifs par de vaines déclarations : pour se faire il faudra traduire dans la pratique les énoncés de cette loi.

Informez-leur que le signe que l’Islam est la vraie religion est que le Messie Promis est apparu dans le sillage du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ils nous ont [tout deux] fait rencontrer Dieu, Celui qui entend nos prières, qui les exauce, Celui qui suite à ses promesses nous montre des signes. Le salut de l’humanité est lié, à présent, à l’acceptation de ce Messie Promis. L’on pourra établir une relation vivante avec Dieu en se plaçant dans le giron de ce Messie.

Mais pouvons-nous, sans aucune hésitation, inviter les autres en ces termes ? Ou devons nous nous demander si nous sommes à la hauteur de pareilles affirmations ? [Ou devons nous au préalable nous poser les questions suivantes] : « Si l’autre me demande de prouver que mes prières ont été exaucées, suis-je à même de relever son défi ? Est-ce que j’entretiens avec Dieu une relation vivante ? Suis-je, en train de mettre en pratique les préceptes de Dieu tout en le craignant et tout en éprouvant de l’amour pour Lui ? Si toutes ces réponses sont négatives, comment, en tant qu’ahmadi, pourrais-je inviter le monde sans assumer en premier mes responsabilités ? Comment pourrais-je annoncer au monde : « Mes amis ! Le Messie que vous attendez tant est venu ! »

L’autre ne va-t-il pas me demander : « Quel changement ce Messie a-t-il apporté en toi, toi qui m’invite à l’accepter afin que je puisse me réformer ? Quelle relation as-tu avec ton Dieu, toi qui, en me demandant d’accepter ce Messie, tu me fait convoiter cette relation ? Ta religion t’enseigne que tu dois t’acquitter de tes obligations envers Dieu en Lui rendant culte ; voire, ton Coran t’enseigne que le but de la création de l’Homme est l’adoration de Dieu. Combien de fois viens-tu prier en congrégation à la mosquée ? Tu as certes bâtie une belle mosquée : mais la beauté de celle-ci se trouve dans la condition de ses fidèles. Est-ce que vous venez y prier cinq fois par jour ? Etes-vous en train de respecter vos obligations envers les hommes ? Le Saint Coran affirme que vous, les musulmans, vous êtes le meilleur des peuples, créé pour le bien de l’Humanité, que vous enjoignez le bien et interdissez le mal. Mais atteindrez vous votre objectif en vous contentant de prodiguer des conseils ? S’il n’en n’est pas ainsi, alors demandez-vous si vous êtes en train de pratiquer ce que vous prêcher.

Vous parlez de compassion à l’égards des proches et des autres ; êtes-vous, en premier, en train de pratiquer ce que vous prêchez ? Vous parlez du respect des engagements et des promesses : respectez-vous, à cent pour cent, les vôtres ? Vous parlez de sacrifice et d’humilité : toutes vos paroles et actions font-elles montre de ces qualités ? Vous dites que l’Islam préconise la confiance en l’autre : dans vos relations quotidiennes faites vous montre de cette qualité ? Vous dites que le Saint Coran préconise, avec vigueur, de dire la vérité en toute occasion : mais moi, à maintes occasions, je vous ai vu mentir pour quelque avantage de ce monde (la personne pourra faire pareille accusation si elle connaît de près votre conduite).

Elle pourrait dire : « Vous dites que l’Islam vous encourage à réprimer votre colère et à être indulgent à l’égard d’autrui. Ce sont là des préceptes forts louables certes mais les pratiquez vous au quotidien ? Vous dites que l’Islam préconise la justice en toute situation tant est si bien que l’hostilité de votre ennemi ne doit pas vous en détourner ou vous inciter à le priver de ses droits. Mais faites vous au moins l’effort de pardonner aux autres et êtes vous équitables ?

Tous ces préceptes que vous tirez du Saint Coran sont forts louables et beaux : mais êtes vous en train de les mettre en pratique ? Vous dites des autres musulmans qu’ils sont dans un piteux état en raison de leur rejet du Messie Promis (a.s.), vous dites qu’ils s’entre-tuent, qu’ils n’ont point de compassion pour les autres musulmans. Mais vous qui avez accepté le Messie Promis (a.s.), votre conduite doit refléter les préceptes du Coran ; sinon vers quelle révolution spirituelle et morale vous nous invitez ? Nous sommes pareils vous et nous. Qu’est-ce qui nous distingue ? »

Souvenez-vous de ce point : là où un ahmadi est connu pour son appartenance à la communauté Ahmadiyya il y aura de lourdes responsabilités. Il n’est pas qu’un simple ahmadi : il est le représentant du Messie Promis (a.s.). C’est aussi pour cette raison que celui-ci a demandé à ses disciples de ne point le déshonorer en se disant membre de sa communauté [pour ensuite commettre des actes répréhensibles].

L’effet du tort commis par un ahmadi ne se limite pas à sa personne : il atteindra le Messie Promis (a.s.). C’est en respectant ces consignes que tout ahmadi sera un véritable ambassadeur de l’Ahmadiyya. Là où il partira sa renommée prendra l’ampleur en raison de son appartenance à la djama’at Ahmadiyya et il se fera le représentant du Messie Promis (a.s.), et il accomplira son devoir de prédication, et offrira l’occasion aux gens de ce monde d’embellir leur vie ici-bas et dans l’au-delà tout en s’attirant les faveurs divines. Il nous faut d’atteindre ces objectifs, accomplir nos cinq prières quotidiennes en les embellissant, nous acquitter de nos devoirs envers la mosquée et établir, grâce aux prières obligatoires et surérogatoires, une relation avec Dieu. Nous devons aussi être très vigilants quant à nos devoirs envers autrui. Ainsi tous les ahmadis doivent comprendre leurs responsabilités.

Etant donné que les Irlandais vouent un grand respect pour Marie, nous leur annonçons avec grand plaisir que cette mosquée porte son nom. Ils éprouvent cette affection pour elle parce qu’elle était la mère de Jésus ; nous l’aimons quant à nous pour d’autres raisons. Selon nous elle a été récipiendaire de l’amour divin en raison de ses vertus et de sa Taqwa. D’ailleurs, [dans le Saint Coran] Dieu demande aux croyants d’engendrer en eux les qualités de Marie. Cette dernière avait préservé sa chasteté par amour pour Dieu et en raison de la crainte qu’elle éprouvait à son égard. Elle a fait preuve d’une grande obéissance envers Lui, elle était juste et vertueuse.

Allah demande à tout véritable croyant, homme ou femme, de se parer de ces qualités. Que les jeunes filles et dames ahmadies d’Irlande sachent que les gens d’ici se contentent d’honorer Marie et ne tentent pas de suivre son exemple. C’est là une faiblesse de leur part. Quant au véritable croyant, qu’il soit homme ou femme, il lui incombe de faire preuve d’une obéissance indéfectible envers Dieu, à l’instar de Marie, et de s’évertuer à respecter les commandements divins. Parmi ces préceptes il y a la chasteté et les règles de la modestie. Ainsi tout en adorant Dieu il vous incombe de faire preuve de pudeur et de porter des vêtements modestes.

Qu’Allah fasse que nous puissions nous tous mener une vie de vrai croyant et que nous respections toutes les exigences de l’Ibadah au lieu de nous empêtrer dans les affaires de ce monde. Et que nous accomplissions nos devoirs les uns envers les autres :

Le Messie Promis (a.s.) nous prodigue les conseils suivants :

« Je le dis en toute vérité que [l’avènement du Messie] est une opportunité offerte par Dieu aux bienheureux. Béni est celui qui en profite. Vous qui avez établi cette relation avec moi ne devez point vous enorgueillir, croyant que vous avez acquis tout ce que vous deviez acquérir. Certes vous êtes plus au près de la félicité comparés à [ceux qui m’ont] rejeté et qui, en raison de leur farouche opposition et calomnies, se sont attirés le courroux divin.

Il est aussi vrai que s’étant fait une opinion favorable [de ma personne] vous vous êtes évertué à vous protéger de la colère divine, mais en réalité vous vous êtes contenté de vous rapprocher de la fontaine de vie éternelle créé par Dieu en cette ère. A vous maintenant d’en consommer l’eau : implorez de ce fait la grâce et la faveur de Dieu afin qu’Il vous en fasse boire à satiété, car rien ne se fait sans l’apport du Très-Haut. C’est Lui qui offre l’occasion [pour accomplir quelque œuvre]. J’ai la ferme conviction que celui qui boira de cette fontaine ne connaîtra point l’anéantissement, car son eau offre la vie, elle protège de la mort et des assauts de satan. Comment se désaltérer à cette source ? Pour ce faire il faudra s’acquitter au mieux des deux obligations que Dieu vous a prescrites : celle que vous avez envers Lui et celle que vous avez envers Sa création. »

Qu’Allah nous fasse que nous puissions tout le temps remplir ces deux obligations et que nous ne cessions de profiter de cette fontaine et en faire profiter les autres.

En ce qui concerne la mosquée j’ai fait la pose de la première pierre en septembre 2010. Elle est située sur un terrain de 2400 mètres carrés, acheté en 2009 au prix de 515,000 euros. 110 000 euros ont été dépensés sur les travaux de construction. La mosquée et la salle principale peuvent accueillir 200 fidèles. Deux bureaux lui sont annexés. L’aire de stationnement peut accueillir 17 voitures. Le site est très bien situé : il est un proche d’un hippodrome dont les courses sont assistées par 40 000 personnes, parmi lesquelles de nombreuses personnalités. La mosquée est visible de l’hippodrome et cela ne fera qu’accroître sa renommée. Elle se trouve dans un quartier très animé où passent des centaines de personnes quotidiennement : il y a tout près un logement d’étudiants et l’aéroport de Galway est à dix minutes. Deux propriétés avoisinantes ont été achetées par la djama’at et sont bien aménagées. Qu’Allah bénisse ce complexe et qu’Il permette aux [ahmadis] d’ici de remplir leurs obligations envers la mosquée.


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