Sa Sainteté le Calife a prononcé son sermon du 24 février 2012 à Feltham, dans l’ouest de Londres dans le cadre de l’ouverture de la plus grande mosquée ahmadie de la région. D’emblée le Calife cité les deux versets suivants tirés du Saint Coran :

وَأَنَّ الْمَسَاجِدَ لِلَّهِ فَلَا تَدْعُوا مَعَ اللَّهِ أَحَدًا

« Et, en vérité, tous les lieux d’adoration appartiennent à Allāh ; n’invoquez donc personne en dehors d’Allāh. » (Le Saint Coran, chapitre 72, verset 19)

قُلْ أَمَرَ رَبِّي بِالْقِسْطِ وَأَقِيمُوا وُجُوهَكُمْ عِنْدَ كُلِّ مَسْجِدٍ وَادْعُوهُ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ كَمَا بَدَأَكُمْ تَعُودُونَ

« Dis : « Mon Seigneur a prescrit la justice. Et concentrez votre attention correctement à chaque heure et lieu d’adoration et invoquez-Le, étant sincères dans votre foi à Son égard. Tout comme Il vous a amenés à l’existence, de même retournerez-vous à Lui. » » (Le Saint Coran, chapitre 7, verset 30)

La communauté musulmane Ahmadiyya bâtit des mosquées pour mieux faire connaître l’Islam et s’efforce de présenter l’image véritable de la foi du Saint Prophète Muhammad (s.a.w).

Selon un Hadith rapporté par Hadrat Aisha (r.a), le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) ordonne aux musulmans de bâtir des mosquées dans leurs quartiers et même dans leur maison. La mosquée de Feltham permettra aux ahmadis de la région de se réunir pour les prières et pour organiser des rencontres. La Jama’at à d’ores et déjà des centres dans la région mais une mosquée aura un autre impact. La semaine prochaine va se faire l’ouverture d’une autre mosquée dans la région de Hayes. Le bâtiment qui abrite la mosquée de Feltham était occupé par des bureaux. Et à Hayes c’est un centre communautaire qui a été converti en mosquée.



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Les versets précédents affirment qu’une mosquée doit être consacrée uniquement à l’adoration de Dieu. Toute parole ayant trait à l’incroyance, au polythéisme ou aux affaires de ce bas monde y est proscrite. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) a aussi interdit que l’on fasse des annonces concernant des objets perdus dans la mosquée. L’on peut néanmoins s’y réunir pour organiser la diffusion du message de l’Islam et pour trouver des moyens pour rapprocher les hommes de Dieu.

Nos mosquées sont certes ouvertes à tous, croyants ou athées, mais elles sont consacrées uniquement à l’adoration de Dieu. Quand nous donnons la permission aux gens de foi différente pour venir y prier c’est pour qu’ils rendent culte à Dieu l’unique ; car le concept de l’existence de Dieu se trouve dans toutes les religions. L’idolâtrie et le polythéisme n’ont pas de place dans nos mosquées. « N’invoquez donc personne en dehors d’Allāh », comme l’affirme le verset précédent, voilà la condition à respecter.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) a pour tâche de proclamer l’unicité de Dieu ; les mosquées sont un moyen pour atteindre ce but et pour répandre la vérité. Nous qui avons accepté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) ainsi que Hadrat Mirza Ghulam Ahmad (a.s), son serviteur parfait, notre seul objectif est d’adorer Dieu en toute sincérité, d’établir une relation vivante avec Lui et de répandre la lumière de la vérité partout dans le monde.

Obéissants aux injonctions du verset de la sourate Al-‘Araf nous annonçons que Dieu nous a prescrit la justice, le respect des droits des autres et d’éviter toute partialité. Seuls ceux qui ont le cœur pur et qui sont enclins vers le bien pourront répondre aux exigences de l’Ibadah. Sans quoi l’on ne pourra pas accomplir ses devoirs ni envers ses semblables ni envers Dieu.

C’est la Taqwa qui maintien la justice et qui fait que l’on se consacre entièrement à Dieu. Si les soucis quotidiens de l’adorateur détournent son attention lors de la prière, lorsqu’on lui fait un rappel il doit se tourner vers Dieu et se dévouer à Lui. Sinon ses ibadah et sa présence à la mosquée ne seront d’aucun avantage.

Dans un des versets précédents il est dit : « Tout comme Il vous a amenés à l’existence, de même retournerez-vous à Lui. » – ainsi l’homme doit se souvenir du fait qu’il aura des comptes à rendre pour ses actions, bonnes ou mauvaises, dans l’Au-delà.

L’épanouissement physique de l’homme est graduel et dans l’Au-delà son âme parcourra elle aussi plusieurs étapes. Et pour que ce développement spirituel se fasse dans les meilleures conditions il doit se soucier de ses actions ici-bas. Au moment de la prière il doit consacrer toute son attention vers Dieu et comprendre qu’il est face à Dieu c’est ainsi qu’il méritera les faveurs divines.

Le Messie Promis (a.s) nous explique que nous devons méditer sur les faveurs de Dieu et se souvenir de Lui en toute sincérité. Les ahmadis qui vivent en Occident ont la liberté de culte et Dieu leur a accordé d’innombrables faveurs. Lors de la Salat nous devons au mieux, voir Dieu, sinon sentir qu’Il est en train de nous voir. L’on doit se débarrasser de toute impureté et avoir en tête la Rububiyya et la grandeur de Dieu. Il faut aussi implorer Son pardon et se repentir ; la mosquée est le lieu le plus propice pour engendrer ces changements.

Le Messie Promis (a.s) déclare que l’ostentation, la vanité et l’arrogance sont en hausse et que les nobles qualités ont disparus. On place davantage sa confiance en les moyens matériels qu’en Dieu. Mais Il a décrété qu’Il va rétablir ces bonnes œuvres par l’entremise du Messie Promis (a.s).

Nous qui disons être ses suivants nous devons nous détourner de l’attrait de ce bas monde, rectifier nos actions et respecter l’engagement que nous avons pris avec le Messie Promis (a.s).

La révolution spirituelle augurée par le Messie Promis (a.s) a créé des centaines de milliers d’Ibadus Swalihine (serviteurs pieux) et quotidiennement des nouveaux venus viennent renforcer leurs rangs.

La majorité des ahmadis du Royaume-Uni sont les descendants de ceux qui avaient accepté le Messie Promis (a.s) en ayant compris le décret de Dieu. Ces derniers se sont acquittés de leurs devoirs envers Dieu et envers leurs semblables. Les nouvelles générations doivent leur emboiter le pas et maintenir une relation vivante avec Dieu. Sinon il n’y aura pas de signe distinctif entre les ahmadis et les autres. En apparence les autres musulmans aussi prient, jeûnent et lisent le Coran. Les ahmadis pourront se distinguer quand chacune de leurs actions sera consacrée à Dieu. Il ne suffit pas d’éviter les péchés et toute forme d’injustice : il faut mener un jihad contre ces fléaux. L’injustice, même envers l’ennemi, est condamnée par le Coran :

وَلَا يَجْرِمَنَّكُمْ شَنَآَنُ قَوْمٍ أَنْ صَدُّوكُمْ عَنِ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ أَنْ تَعْتَدُوا

وَتَعَاوَنُوا عَلَى الْبِرِّوَالتَّقْوَى وَلَا تَعَاوَنُوا عَلَى الْإِثْمِ وَالْعُدْوَانِ

وَاتَّقُوا اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ شَدِيدُ الْعِقَابِ

« …et ne laissez pas l’hostilité d’un peuple, en ce qu’il vous a empêchés d’entrer dans la Sainte Mosquée, vous inciter à transgresser. Et entraidez-vous dans la droiture et dans la piété, mais ne vous aidez pas mutuellement dans le péché et la transgression. Et craignez Allāh. Assurément, Allāh est sévère en punition. » (Le Saint Coran, chapitre 5, verset 3)

L’Islam a aujourd’hui mauvaise presse : on dit qu’il prône l’extrémisme, que c’est une religion de va-t-en-guerre et qu’il s’est imposé sur les autres fois par la force de l’épée. Le verset précédant répond amplement à ces critiques : les serviteurs de Dieu, ceux qui ont pour but Son plaisir, ne sont point injustes, même envers leurs ennemis. Un véritable croyant s’associe aux autres pour accomplir de bonnes œuvres et ne contribue à répandre le mal. Les Salat qui attisent la méchanceté et qui sont dénuées de taqwa ne sont qu’ostentation ; ces prières là n’ont aucune valeur aux yeux de Dieu.

Grâce à la construction de cette mosquée les ahmadis pourront dissiper les appréhensions qu’entretiennent les non-musulmans à propos de l’Islam. Mais l’hostilité des autres musulmans va certainement prendre de l’ampleur car leurs Oulémas ne cessent d’accuser les ahmadis d’avoir rejeté le fait que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) est le sceau des Prophètes, une accusation infondée. D’entre tous les musulmans les ahmadis ont compris le mieux le statut véritable du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Nous devons aussi faire face à l’hostilité de certains dans la population locale, car d’aucuns n’aiment pas les étrangers, comme le prouve les propos [diffamatoires] peints les murs de la mosquée il y a quelques jours de cela.

Les prières en congrégation présente une image d’une communauté unie. Ainsi l’on doit mettre de côté toute aversion et faire épanouir l’amour mutuel. Le Messie Promis (a.s) nous conseille d’aider ceux qui sont faibles : il serait inacceptable que celui qui sait nager laisse noyer son frère. L’on doit soutenir ceux qui sont faibles dans leur foi, ainsi que ceux qui le sont physiquement et financièrement. Une Jama’at n’en serait plus une si l’on ne couvre pas les défauts des uns et des autres. Il a été dit aux compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) de ne pas tourmenter les nouveaux musulmans en raison de leurs défauts. Étant grand il est important de servir les petits et de traiter avec amour et affection des autres. La médisance et le mépris des pauvres sont à proscrire. L’unité au sein d’une communauté génère l’amour et celle-ci est accompagnée de bénédictions. La compassion, la sympathie et l’indulgence doivent prédominer ; l’on ne doit pas se mettre en colère pour des broutilles : ceci blessera les cœurs et engendrera le ressentiment.

Aujourd’hui alors que la course effrénée pour les choses matérielles bat son plein, les ahmadis, quant à eux, doivent se rapprocher de Dieu et transmettre aux autres le vrai message de l’Islam. Par la grâce de Dieu quotidiennement des musulmans et des non-musulmans ne cessent de se joindre l’Ahmadiyya.

Sa Sainteté le Calife a cité l’exemple d’un Uzbek de 68 ans qui a embrassé l’Ahmadiyya en 2008 alors qu’il éprouvait auparavant une haine farouche à l’égard du Messie Promis (a.s). Lui qui était naguère victime d’innovations ressent maintenant un grand amour pour le Messie Promis (a.s) et dit avoir connu l’Islam véritable en l’Ahmadiyya. Prions pour que la prophétie du Messie Promis (a.s) puisse se réaliser et que ses suivants soient aussi nombreux dans les états de l’ex-URSS comme des grains de sable. Dans la plupart de ces pays nous n’avons pas le droit de bâtir des mosquées ou de prêcher ouvertement notre message. Mais Dieu a exaucé les prières du Messie Promis (a.s) et les gens sont en train d’accepter son message.

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Hadrat Mirza Masroor Ahmad
Cinquième Calife
de la Jama'at Ahmadiyya

En dépit de la liberté de culte qu’accorde la loi au Royaume-Uni, les habitants d’une région ont le droit d’interdire la construction d’un bâtiment s’ils le désirent. Ainsi la commune de Feltham avait annulé le permis de construire de la mosquée après l’avoir accordé mais Dieu a exaucé les prières des ahmadis et l’affaire a été jugée en leur faveur au tribunal. Ainsi les ahmadis doivent prouver leur reconnaissance envers le tribunal et envers Dieu et s’acquitter de leur devoir envers Celui-ci.

Dans un hadith cité par Hadrat Abu Huraira (r.a), il est dit que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) a déclaré que les anges supplient Dieu en ces termes pour toute personne en prière: « O Allah pardonne-lui, aie pitié de lui. » Qu’Allah fasse que nous soyons de ceux qui attirent le pardon et la miséricorde de Dieu.

L’achat du bâtiment qui abrite la mosquée ainsi que les travaux ont coûté 900 000 livres sterling. La Jama’at de Hounslow a contribué la majeure partie de cette somme. En tout 600 membres ont participé financièrement et six personnes ont offert à elles seules 280 000 livres sterling. Qu’Allah bénisse tous ceux qui ont fait ces grands sacrifices.

A Hyderabad, en Inde, des musulmans veulent s’emparer de notre mosquée. Puisqu’ils sont en majorité les autorités penchent en leur faveur. Qu’Allah nous protège de leur méchanceté.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce résumé)