Sermon du vendredi 11 mai 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Le premier compagnon que j’évoquerai aujourd’hui s’appelle ‘Abdullah Bin Jahash. Sa mère s’appelait Umayma : elle était la fille d’Abdul Muttalib et la tante paternelle du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ainsi, ‘Abdullah Bin Jahash était le cousin du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

‘Abdullah Bin Jahash avait embrassé l’islam avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne se rende à Dar al-Arqam. Celle-ci était la maison appartenant à Arqam Bin Arqam : elle servait de centre où les musulmans se réunissaient. Cette maison se trouvait à l’extérieur de La Mecque et les musulmans s’y rendaient pour accroître leur connaissance religieuse et pour rendre culte à Dieu. Cette maison était aussi appelée Dar us-Salam : elle a été utilisée pendant trois ans comme centre. Les musulmans s’y rendaient discrètement pour leur culte et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) y tenait ses réunions. Ensuite quand ‘Umar (r.a.) embrasa l’islam, les musulmans se montrèrent plus ouvertement. Selon les récits,  ‘Umar (r.a.) était le dernier à embrasser l’islam dans ce centre.

‘Abdullah Bin Jahash avait accepté l’islam avant qu’on établisse le centre de Dar al-Arqam. Selon les récits, la famille d’Abdoullah Bin Jahash n’était pas à l’abri des persécutions infligées par les mécréants. ‘Abdullah Bin Jahash, accompagné de ses frères Abou Ahmad et ‘Ubeidullah, et ses sœurs, Zaynab Bint Jahash, Umm Habiba et Hamna, s’était exilé en Abyssinie à deux reprises. ‘Ubeidullah, le frère d’Abdullah Bin Jahash, s’était converti au christianisme en Abyssinie et il y est décédé chrétien. Umm Habiba, la fille d’Abu Sufyan et la veuve d’Ubeidullah était encore en Abyssinie quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait prononcé son Nikah avec elle.

‘Abdullah Bin Jahash est passé par La Mecque avant de se rendre à Médine. Les Banu Ghanam, sa tribu, avaient déjà embrassé l’islam : ils l’ont accompagné à Médine. Ainsi tous les proches d‘Abdullah Bin Jahash ont vidé leur quartier à La Mecque et nombre de leurs maisons ont été scellées.

[Parenthèse] Aujourd’hui certains villages du Pakistan où vivaient jadis les ahmadis ont été dépeuplés.

Selon Ibn Ishaq lorsque la tribu des Banu Jahash a quitté La Mecque, Abu Sufyan Bin Harb a vendu leurs maisons à Amr Bin Al-Qama. Quand ‘Abdullah Bin Jahash l’a su à Médine, il en a informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci lui de dire : « N’es-tu pas satisfait qu’Allah t’accorde en retour un palais au Paradis ? ‘Abdullah a répondu : « Certainement, ô Envoyé d’Allah ! J’en suis satisfait ! » « Alors, ce palais t’appartient. », dit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

C’est-à-dire qu’en guise de compensation pour ces maisons que tu as laissées, tu auras un palais au Paradis. 

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) envoya ‘Abdullah Bin Jahash à une expédition dans la vallée de Nakhla. Selon les récits, après la prière d’Isha le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda à ‘Abdullah Bin Jahash de se présenter à lui le lendemain matin avec ses armes, car il souhaitait l’envoyer quelque part. Après la prière de Fajr, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) vit ‘Abdullah Bin Jahash armé de ses flèches de son carquois, de sa lance et de son bouclier, devant sa maison. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) fit mander Ubayy Bin Ka‘b et lui fit écrire une lettre, puism la confiant à ‘Abdullah Bin Jahash, lui dit : « Je te choisis comme chef de cette expédition. »

Ubayda Bin al-Harith fut le premier chef choisi par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Mais avant le départ, ses enfants vinrent plaider auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), les yeux en larmes. C’est là que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) choisit ‘Abdullah Bin Jahash comme chef de l’expédition.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui donna le titre d’Amir ul Mu’minin, selon la Sirah Halbiyyah. C’est ainsi qu’Abdullah Bin Jahash fut le premier en islam à porter ce titre. Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) a évoqué cet incident en commentant sur le verset :

يَسْأَلُونَكَ عَنِ الشَّهْرِ الْحَرَامِ قِتَالٍ فِيهِ

Il dit : « Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) quitta La Mecque pour s’établir à Médine, la colère des mécréants ne s'apaisa point ; voire ils commencèrent à menacer les habitants de Médine en disant : « Étant donné que vous avez accordé asile à nos concitoyens vous n’avez qu’une seule alternative : de tous les tuer ou de les expulser de Médine. Sinon nous allons nous attaquer à Médine, vous tuer tous et prendre vos femmes. » Ils ne se contentèrent pas de simples menaces, ils se préparèrent même à lancer leur assaut. Durant cette période le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) passait souvent des nuits blanches. De même les Compagnons dormaient leurs armes à portée de la main, afin de ne pas être surpris par une attaque ennemie en plein milieu de la nuit.

En raison de ce climat, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait signé des pactes avec les tribus vivant aux alentours de Médine, dans lesquels elles promettaient de soutenir les musulmans en cas d’attaque. D’autre part, suite aux nouvelles des préparatifs des Koraïchites, en l’an deux de l’hégire, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) envoya ‘Abdullah Bin Jahash à la tête d’une expédition de douze personnes à Nakhla en lui confiant la lettre qu’il devait ouvrir deux jours après. ‘Abdullah Bin Jahash l’ouvrit après le délai stipulé. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui ordonna de camper à Nakhla et de l’informer à propos des mouvements des Koraïchites. Par hasard, une petite caravane commerciale des Koraïchites retournait de la Syrie. ‘Abdullah Bin Jahash, de son initiative personnelle, lança une attaque contre elle. Amr Bin al-Hazrami, un mécréant, décéda et deux autres furent emprisonnés ; les musulmans prirent les butins. Quand ils retournèrent à Médine et en informèrent le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il fut fort courroucé. Il lui dit : « Je ne t’avais pas permis de livrer bataille ! » Et il refusa d’accepter le butin.

Ibn Jarir relate qu’Abdoullah Bin Jahash et ses compagnons commirent cette erreur en croyant que le mois [sacré] de Rajab n’avait pas encore commencé tandis que c’était le cas. Ils croyaient qu’ils étaient le 30 du mois Jamadi al-Thani. En tout cas les polythéistes firent grand bruit quand les musulmans tuèrent Amr Bin al-Hazrami : ils ne respectent même pas les mois sacrés pendant lesquels toutes les batailles sont interdites, se disaient-ils.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) explique : « Allah répond à cette objection dans ce verset en affirmant qu’il est certes détestable de livrer bataille au cours de ces mois et c’est un péché à Ses yeux. Or empêcher les gens de suivre la voie d’Allah, rejeter Son unicité, profaner la sainteté de la mosquée sacrée, et en expulser ses ayants droit injustement et parce qu’ils croient en Dieu l’unique sont plus odieux selon Lui.

Vous avez sauté sur une occasion, oubliant tous vos crimes graves. Rejeter Allah et Son prophète, profaner la sainteté de la mosquée sacrée et en expulser ses habitants sont des actes odieux. Comment donc osez-vous critiquer les musulmans ? Ils ont tout simplement commis une erreur innocente ; or vous avez commis tous ces crimes sciemment.

Zainul-‘Abidin Waliullah Shah a commenté sur un hadith du recueil de Boukhari expliquant les résultats positifs de l’expédition menée par ‘Abdullah Bin Jahash. Il explique que celle-ci a été un grand succès au vu de ses objectifs. Grâce aux prisonniers ils ont pu connaître les intentions des Koraïchites et leurs mouvements. L’incident concernant la caravane de Hazrami était d’ordre secondaire et un simple accident. Il serait faux d’affirmer, à l’instar de certains historiens, que certains membres de l’expédition souhaitaient compenser les biens spoliés des Emigrés grâce aux butins de la caravane.  En effet, son unique objectif était de connaître les intentions de la caravane de Hazrami envoyée sous la tutelle d’Abu Sufyan bin Harb et les préparatifs de guerre des Koraïchites. C’était là leur mission secrète. C’est pour cette raison qu’ils n’ont pas laissé partir cette petite caravane. Il serait erroné d’affirmer qu’ils se sont contentés de délester la caravane quand ils ont été envoyés pour se renseigner sur les préparatifs de guerre des Koraïchites avant de retourner vers le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

‘Abdullah Bin Jahash était un illustre compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ainsi que son cousin. Il l’avait choisi pour cette expédition car il était digne de confiance et discret. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) eut vent des préparatifs militaires des Koraïchites, il commença les siens dans la plus grande discrétion. Certes les récits sur ces faits guerriers évoquent la colère du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à l’égard d’Abdullah Bin Jahash et de ses compagnons ; mais sa colère était justifiée car la tournure qu’avait prise l’expédition pouvait potentiellement faire exploser la situation. Mais souvent, certaines « erreurs » sont commises sous le décret divin : des incidents mineurs produisent ainsi des résultats spectaculaires. Si on n’avait pas envoyé la troupe d’Abdoullah Bin Jahash, s’il n’y avait pas eu cet incident, si la caravane sous la direction d’Abu Sufyan était retournée saine et sauve, le Koraïchites auraient peut-être profité [des revenus] du voyage pour faire de grandes préparatifs et lancer contre les musulmans peu nombreux et mal équipés une attaque contre laquelle il eût été impossible pour eux de se défendre. Or, l’aventure d’Abdullah Bin Jahash enflamma les orgueilleux chefs de La Mecque, qui, tout irrités, sont partis précipitamment à Badr avec mille soldats armés afin de sauver leur caravane. Ils ignoraient cependant que la mort les y attendait. Certains compagnons auraient peut-être hésité de sortir s’ils savaient qu’ils allaient confronter une armée redoutable. Ainsi la discrétion a eu l’effet d’un camouflage, comme on l’aurait dit dans la langue militaire moderne. »

L’histoire explique que l’amour pour Dieu et Son prophète avait extirpé du cœur de ces gens-là tout intérêt pour ce monde. Leur unique souhait était d’offrir leur vie à Dieu. Leur désir a été réalisé : « celui dont l’oreille a été coupée dans la voie d’Allah » était devenu leur titre distinctif.

Les récits évoquent l’exaucement de la prière d’Abdullah Bin Jahash à cet égard. Ishaq Bin Sa’ad Bin Abi Waqqas relate l’incident suivant : « Lors de la campagne d’Uhud, ‘Abdullah Bin Jahash dit à mon père Sa‘d : « Viens nous allons supplier Dieu ! » Ils se sont mis dans un coin et Sa‘d a prié en ces termes : « ô Allah ! Demain, lors de la bataille contre l’ennemi, fais que je combatte un vaillant soldat inspirant la crainte. Fais que je puisse le combattre et le tuer dans ta voie et que je puisse prendre ses armes. » Abdullah Bin Jahash a dit « Amine ! » avant d’entamer sa prière, qui se lisait ainsi : « Ô Allah ! Fais que je combatte demain pour ta cause un vaillant soldat, inspirant la crainte et qu’il me tue pour ensuite me trancher le nez et les oreilles. Quand je me présenterai à Toi, Tu me demanderas : « ô Abdullah ! Pour qui ton nez et tes oreilles ont-ils été tranchés ? » Je répondrai : « Ils l’ont été pour Ta cause et celle de Ton envoyé ! » Dieu répondra : « Tu dis vrai ! »

Sa‘d explique : « La supplication d’Abdullah Bin Jahash était meilleure que la mienne. Jusqu’au dernier jour j’ai vu enfiler dans une ficelle son nez et ses deux oreilles. » Ils furent en effet percés et transformés en collier. »  

Certains musulmans extrémistes d’aujourd’hui commettent au nom de l’islam ces horreurs perpétrées par les mécréants d’alors.

Muttalib Bin ‘Abdullah Bin Hantab relate : « En partance pour la bataille d’Uhud le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’arrêta à Shaikhain, dans les alentours de Médine. Il y passa une nuit et Umm Salama lui apporta un repas ainsi que’une boisson faite de fruits pressés qu’il consomma. Quelqu’un prit le récipient contenant le jus et il en but. ‘Abdullah Bin Jahash en consomma le reste. Un autre dit : « Donne-m’en un peu ! Sais-tu où tu iras demain ? » ‘Abdullah Bin Jahash répondit : « Oui ! Je le sais. Je souhaite rencontrer Dieu étant rassasié au lieu de me présenter à Lui tout assoiffé. » »

Ainsi l’amour de ces compagnons à l’égard de Dieu et les préparatifs qu’ils faisaient à ce propos sont des plus sublimes.

‘Abdullah Bin Jahash et Hamza Bin ‘Abd al-Muttalib furent enterrés dans la même tombe. Hamza Bin ‘Abd al-Muttalib était l’oncle paternel d’Abdullah Bin Jahash et il avait un peu plus que quarante-ans lorsqu’il est tombé en martyr. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) devint le gestionnaire de ses affaires et acheta des biens de Khaybar pour son fils. ‘Abdullah Bin Jahash était aussi un bon conseiller : il était parmi les compagnons consultés par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à propos de la bataille de Badr.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) évoque un incident relaté par la sœur d’Abdullah Bin Jahash qui démontre la patience et les hautes qualités morales du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de la bataille d’Uhud, ainsi que sa sympathie à l’égard des autres et la façon dont il les a consolés. L’on découvre par ailleurs au cours de cette bataille les sacrifices hors pair des compagnons.

Cet incident eut lieu quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) retournait de la bataille d’Uhud. Les femmes musulmanes, naguère fort troublées en entendant la nouvelle de la mort supposée du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), étaient sorties de Médine pour l’accueillir, ayant su qu’il y retournait [sain et sauf]. Parmi se trouvait Zaynab Bint Jahash la belle-sœur [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] qui avait perdu trois de ses proches lors de la bataille. En la voyant, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui dit : « Fait le deuil de tes proches ! » C’était là une expression arabe signifiant « Je t’informe que tu as perdu des parents. » Zaynab Bint Jahash de répondre : « Je dois faire le deuil de qui, ô Envoyé d’Allah ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Ton oncle maternel, Hamza est tombé en martyr. » En entendant cette nouvelle Zaynab Bint Jahash dit : « C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Qu’Allah exalte son statut ! Il est décédé d’une belle mort ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui dit : « Fais le deuil d’un autre proche. » Zaynab Bint Jahash répondit : « De qui ô Envoyé d’Allah ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Ton frère, ‘Abdullah Bin Jahash est lui aussi tombé en martyr. » Zaynab Bint Jahash ajouta : « « C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Alhamdulillah ! Il est mort d’une belle mort ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ajouta : « Zaynab ! Fais le deuil d’un autre proche. » Elle demanda : « Celui de qui, ô Envoyé d’Allah ? » Il répondit : « Ton mari est tombé en martyr. » En entendant cela une larme coula des yeux de Zaynab et elle poussa un soupir attristé.

En voyant cela le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) commenta : « Voyez à quel point les femmes sont proches de leurs maris. Quand je lui ai annoncé la nouvelle du martyre de son oncle, elle a répondu : « C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. » Et elle a dit la même chose quand je lui ai annoncé le décès de son frère. Or quand je lui ai annoncé la mort de son mari, elle poussa un soupir attristé, elle n’a pas pu retenir ses larmes et a été toute troublée. En pareilles circonstances la femme oublie ses proches et ses parents, mais pas un mari aimant. » Il demanda à Zaynab : « Pourquoi avait-tu poussé ce soupir quand tu as entendu la nouvelle de la mort de ton mari ? »

Elle répondit : « ô Envoyé d’Allah ! Je me suis souvenu de notre fils ! Qui va s’occuper de lui à présent ? »

L’amour du mari avait certainement son importance. Certes cette femme se souvenait du mari qui l’aimait ; mais ici elle s’est inquiétée de ses enfants.  Il s’y trouve ici des leçons pour les hommes d’aujourd’hui et pour les femmes aussi : les hommes doivent être des maris aimants et les femmes, celles qui se soucient de leurs enfants. Pour être des maris aimants, il est important de s’acquitter de ses devoirs envers sa femme et ses enfants. Ces jours-ci, l’on reçoit de grandes doléances à ce sujet.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) fit par la suite une belle déclaration à l’endroit de Zaynab : « Je prierai, dit-il, qu’Allah t’accorde quelqu’un qui sera un meilleur soutien pour tes enfants que ton défunt mari. » Suite à cette prière Zaynab se maria avec Talha. Muhammad Bin Talha naquit de cette union. Or l’histoire révèle que Talha avait pour les premiers enfants de Zaynab une plus grande affection qu’à l’endroit de son propre fils. Les gens disaient que personne d’autre, hormis Talha, aimait à ce point les enfants d’un autre. C’était là le fruit des supplications du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Ka‘b bin Zayd bin Qays Bin Malik était un autre compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).  Il appartenait à la tribu des Banu Najjar et avait participé à Badr et tomba en martyr lors de la bataille du fossé. On dit qu’il fut touché par la flèche lancée par Ummaya Bin Rabi‘a. Ka‘b bin Zayd faisait partie des compagnons de Bi’r Ma‘ouna qui tombèrent tous en martyr sauf lui. Suite à la requête d’une tribu, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait envoyé soixante-dix de ses compagnons comptant de nombreux Hafidhs et Qaris à Bi’r Ma‘ouna. [Les gens de] cette tribu les trompèrent et les tuèrent tous sauf Ka‘b bin Zayd, qui s’était réfugié sur un mont. Selon certains récits, les mécréants s’étaient attaqués à lui et l’ayant grièvement blessé, l’avaient laissé pour mort. Or, il put retourner vivant à Médine après quelques jours.

Le troisième compagnon s’appelait Salih.  Shukrân était le surnom par lequel il était connu. Salih Shukrân était un esclave abyssinien appartenant à ‘Abdullah Bin ‘Awf. Ses services plaisaient au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui l’acheta à ‘Abdullah Bin Awf. Selon certains récits ce dernier l’offrit en cadeau au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Salih Shukrân avait participé à la bataille de Badr, mais étant donné qu’il n’était pas libre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne lui avait pas accordé une part du butin, mais lui avait confié la tâche de surveiller les prisonniers. Les proches de ces derniers remettaient à Salih Shukrân les rançons pour les libérer. C’est ainsi que Salih amassa une plus grosse fortune qu’il aurait tirée de sa part du butin, s’il en avait reçu une. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’affranchit après la bataille de Badr.

Ja’afar bin Muhammad al-Sadiq affirme que Shukrân était membre des As-hâb al-Suffa, ces compagnons qui étaient toujours en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Shukrân eut l’honneur de laver la dépouille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et de participer à son enterrement. Selon Ibn ‘Abbas, il avait lavé la dépouille de l’envoyé divin dans sa chemise : Ali, Fadl Bin ‘Abbas, Kulthum Bin ‘Abbas, Shukrân et ‘Aws bin Khawli étaient tous trois descendus dans la tombe du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Shukrân relate à ce propos : « Je jure par Dieu que c’était moi qui avait placé sous le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sa couverture de velours. » Selon un récit de Muslim, celle-ci était de couleur rouge.

Salih Shukrân ajoute : « Je ne souhaitais point qu’un autre porte cette couverture après le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : il l’utilisait pour se draper ou pour s’asseoir dessus. »

Lors de l’expédition d’al-Muraysi le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) confia à Salih Shukrân la responsabilité de surveiller les prisonniers ainsi que les biens, les armes et les animaux saisis. Il était donc digne d’une grande confiance.

Le Calife ‘Umar écrivit ceci à Abou Moussa al-Ash‘ari : « Je t’envoie ‘Abdour Rahman, un homme juste, fils de Salih Shukrân, l’esclave affranchi du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Réserve-lui un traitement à la hauteur du statut que son père avait aux yeux du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

C’est là le statut que l’islam conféra aux esclaves : il ne s’est pas contenté de leur accorder la liberté, mais a aussi inculqué le respect de leurs enfants. Selon un récit, Salih Shukrân résidait à Médine et il avait aussi une maison à Basra. Il est décédé lors du Califat de ‘Umar.

Malik Bin Douhsham appartenait à la famille Banu Ghanam Bin ‘Awf de la tribu des Khazraj. Il avait une fille nommée Fariya. Les oulémas divergent quant à la conversion de Malik Bin Douhsham à ‘Uqbah. Selon Ibn Ishaq et Musa Bin ‘Utbah, il avait participé au serment d’allégeance à ‘Uqbah. En tout cas, ces débats entre les érudits ne cessent jamais. Malik Bin Douhsham avait participé à la bataille de Badr, d’Uhud, du Fossé et de toute autre expédition en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Souhail Bin ‘Amr était un illustre chef des Koraïchites. Il avait participé à la bataille de Badr du côté des polythéistes et il a été fait prisonnier par Malik Bin Douhsham.

Amir Bin Sa‘d relate que Sa‘d bin Abi Waqqas, son père, a raconté ceci : « Lors de la bataille de Badr, j’ai atteint Souhail Bin ‘Amr avec une flèche qui lui a tranché une veine. J’ai suivi les traces de sang qu’il a laissées par terre et j’ai découvert que Malik Bin Douhsham l’avait empoigné par les cheveux du front. J’ai dit : « C’est mon prisonnier. Je l’ai touché avec ma flèche ! » Mais Malik Bin Douhsham a répliqué : « C’est le mien ! C’est moi qui l’ai attrapé ! » Tous deux se sont présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui leur a retiré la garde du prisonnier. Or, Souhail Bin ‘Amr avait réussi à se soustraire à Malik Bin Douhsham à Rawha.

Malik Bin Douhsham a lancé l’alerte et il est parti à sa recherche. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a annoncé que celui qui l’attrapera devra le mettre à mort. En effet, Souhail était venu faire la guerre et avait combattu les musulmans. S’étant échappé après avoir été fait prisonnier, il pouvait de nouveau être un danger. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a ordonné qu’il soit rattrapé, mais sa vie était destinée à être sauvée. Ainsi c’est le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en personne qui a retrouvé Souhail bin ‘Amr et il ne l’a pas tué. S’il était tombé entre les mains d’un compagnon, il l’aurait sûrement été. Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a épargné sa vie. C’est une réponse exemplaire à tous ces injustes accusant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) d’avoir eu recours à l’oppression, et d’avoir perpétré des meurtres. Lorsqu’il a vu ce condamné à mort, pour lequel le jugement avait déjà été annoncé, il ne l’a pas tué. Selon le récit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait retrouvé Souhail caché entre des arbres d’acacia. Il a ordonné qu’on l’attrape, ses mains ont été ligotées à son cou et il a été ainsi emprisonné.

Selon un autre récit du recueil du Sahih al-Bukhari, ‘Utban bin Malik, un des Ansar ayant participé à la bataille de Badr, dit au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Ma vue s’affaiblit et je suis l’imam de ma tribu. Lorsqu’il pleut, le fossé qui me sépare d’eux s’inonde, de ce fait je ne peux pas me rendre à la mosquée afin de diriger la prière. O Prophète, je désire que vous veniez chez moi, et que vous fassiez la prière au sein de ma maison, et que j’en fasse ainsi une mosquée. »  Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Incha Allah je viendrai. » Il rapporta que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et Abu Bakr vinrent un matin chez lui, au lever du jour. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui demanda la permission d’entrer et il le lui autorisa. L’Envoyé d’Allah ne s’assit pas et demanda : « Où souhaites-tu que je fasse la prière dans ta maison ? » Désignant une partie de la maison il dit : « Je souhaite que vous la fassiez là. » Le Saint Prophète se plaça à l’endroit indiqué et commença la prière par Allahou Akbar : les autres se joignirent à lui en formant un rang. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) accomplit deux raka’ats [unités de prière] et ensuite termina par le Salam. De la viande et du pain furent présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). D’autres musulmans du quartier étaient également présents à cette occasion. Lorsqu’ils se rassemblèrent une personne demanda : « Où est Malik Bin Douhsham ? » Une autre répondit : « C’est un hypocrite ! Il n’aime ni Allah ni Son Prophète ! » Peut être que les gens disaient cela parce qu’il n’était pas venu en dépit d’être du quartier. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) proclama : « Ne dites pas cela ! N’êtes vous pas témoins qu’il a affirmé qu’il n’y a d’autre Dieu qu’Allah ? Par cette déclaration il ne recherchait que le plaisir d’Allah. » L’accusateur répondit : « Allah et Son Prophète savent mieux ! Mais nous voyons qu’il ne se soucie que des hypocrites et qu’il ne souhaite que leur bien. »

En raison de sa nature douce il est fort probable qu’il souhaitait également transmettre le message aux hypocrites afin de les attirer, car il devait avoir beaucoup d’empathie pour l’islam. Ces raisons peuvent expliquer pourquoi les compagnons ont pu porter un mauvais jugement sur lui.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)  déclara : « Allah préservera certainement du feu celui qui affirme La ilaha illallah, à condition qu’il cherche le plaisir d’Allah par cette déclaration. »

Il s’agit là d’une réponse à ces soi-disant savants qui lancent des fatwas de mécréance et qui ainsi oppriment les ahmadis. Ces fatwas de ces soi-disant savants ont détruit la paix dans les pays musulmans. Au Pakistan, ces jours-ci un mouvement au nom de Labaik Ya Rassoul-oullah a été fondé. Ses adeptes lancent des slogans, mais s’ils marchaient vraiment sur les pas du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ils auraient respecté son injonction de ne pas traiter de non-musulman celui qui fait la profession de foi. Ils doivent savoir qu’Allah a interdit au feu de toucher celui souhaitant plaire à Dieu par sa proclamation.

Les gens appartenant à ce mouvement osent déclarer pour ainsi dire qu’ils ne cherchent pas le contentement d’Allah en faisant cette proclamation. Ils estiment mieux que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) connaître l’état du cœur d’autrui. Qu’Allah préserve le peuple de ces gens-là.

Selon un autre récit, ‘Utban bin Malik avait dit au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que Malik Bin Douhsham était hypocrite ; sur ce il avait répondu : « Ne proclame-t-il pas la profession de foi ? » ‘Utban a répondu : « Certes, mais il n’y a aucun témoignage à ce sujet. » Le Saint Prophètesa lui a demandé : « Ne fait-il pas les prières ? » Il a répondu : « Certes, mais elles ne sont pas dignes d’être qualifiées comme telles. » Probablement certaines personnes à cette époque étaient également dures, comme certains Maulvis d’aujourd’hui. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Allah l’Exalté m’a interdit de juger ces personnes. » Lui seul connaît l’état de leurs cœurs. 

Allah l’Exalté avait interdit cette pratique au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ces « savants », s’arrogent le droit de commettre toutes les atrocités imaginables au nom d’Allah. Cela concerne en particulier ceux du Pakistan.

Anas bin Malik rapporte que des gens médisaient au sujet de Malik bin Douhsham devant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sur ce, il répondit : « Ne parlez pas en mal de mes compagnons. »

En retournant de la bataille de Tabouk, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’arrêta à Dhu’l-‘Awân, non loin de Médine : il y reçut la révélation au sujet de la mosquée Dirâr (le centre d’une rébellion). Il convoqua Malik Bin Douhsham et Ma’an bin ‘Adi, et il leur ordonna de se rendre à la mosquée Dirâr. Malik Bin Douhsham et Ma’an bin Adi se dirigèrent rapidement vers la tribu des Banu Salim, qui était la tribu du premier. Il dit à Ma’an bin ‘Adi de lui donner quelques instants afin qu’il prenne de chez lui de quoi faire du feu. Il partit et retourna avec quelques branches sèches de dattier enflammées. Ensuite ils partirent vers la mosquée Dirâr entre l’heure de Maghrib et d’Isha, selon un récit. Ils y mirent le feu et la réduisirent en cendres.

En raison d’un quelconque malentendu des compagnons – nous ne pouvons pas non plus émettre des doutes à leur sujet – ils pensaient que Malik Bin Douhsham avait pris un mauvais chemin, et ils l’accusèrent d’hypocrisie. Or, cette même personne, sur ordre divin, a détruit le centre des hypocrites.

Qu’Allah exalte le rang de ses compagnons, et qu’Il nous permettre d’accomplir notre introspection, afin que nous sachions jusqu’à quel degré nous sommes en train d’appliquer les commandements divins.


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