par Ravil Bukharaev

Le Califat différencie la Communauté Islamique Ahmadiyya des autres musulmans

L’on nous demande souvent quelles sont les différences entre la Jamā’at Aḥmadiyya et les nombreuses autres communautés musulmanes existantes aujourd’hui dans le monde. Pour une personne qui connaît peu l’Islam, ses principes et son histoire, il y a différentes réponses à cette question centrale, toutes ayant le même point de départ : notre Communauté a été fondée par Allāh, tandis que toutes les autres sont le résultat du travail des hommes. Mais on nous demande tout de suite : quelles sont les preuves irréfutables de cette revendication prétentieuse ?

Encore une fois, nous pourrions présenter de nombreuses preuves tirées des révélations et des prophéties du Saint Prophète Muḥammad Al-Muṣṭafa (s.a.) et du Messie Promis (a.s.). Nous pourrions nous référer à l’accomplissement à notre époque des prophéties du passé et aussi expliquer le dévouement et l’obéissance permanente des membres de la Jamā’at à la volonté d’Allāh. Cette suprême volonté divine, exprimée dans le Saint Coran et les Hadiths, nous est quotidiennement expliquée, et cela de façon claire, par la mission divine du Messie Promis, par ses révélations et par ses commentaires sur les questions importantes de l’Islam.

Nous pouvons donc tirer notre inspiration religieuse non seulement de celle des musulmans de l’histoire glorieuse de l’Islam, mais aussi de son passé récent et de l’Islam d’aujourd’hui et, Inchā’ Allāh, de son éblouissant et magnifique avenir.

Preuve principale de l’origine divine de la Communauté Aḥmadiyya

Cela dit, pour une personne qui connaît l’Islam et son histoire, la preuve principale de l’origine divine de la Communauté Aḥmadiyya peut consister en une seule, mais indéniable, évidence. Il est en effet clair que seule notre Communauté a été gratifiée des bénédictions du Califat, ce Califat qui existe pour chaque musulman prêt à reconnaître la volonté d’Allāh et à se soumettre de tout cœur à celle ci.

Mohammad le Prophète de l'Islam - une courte biographie

Oui, l’institution du Califat, rétabli sur Terre selon la promesse du Coran et les prophéties du Saint Prophète (s.a.), différencie l’Aḥmadiyya de toutes les autres Communautés musulmanes d’une manière importante. Pour nous, les Aḥmadis, le Califat est sans aucun doute la bénédiction principale d’Allāh sur cette Communauté inondée de faveurs divines. C’est le trésor spirituel le plus chéri de notre Communauté.

Donc aujourd’hui, alors que nous sommes de nouveau réunis, étant venus de tous les coins de la Terre pour montrer notre unité et notre dévouement à la cause bénie de l’Aḥmadiyya, il nous incombe de réfléchir profondément sur le sens et le but de l’institution du Califat.


Le Califat est-il nécéssaire?

Ce sujet est, bien sûr, à multiples facettes et il est aussi inépuisable que l’Islam lui-même. La réalité du Califat a une influence directe sur la réalité du Prophétat de telle sorte que le Califat est la plus grande preuve de la véracité de l’Islam et l’argument le plus éloquent de la présence de la lignée prophétique parmi les hommes.

Ce lien naturel entre l’institution du Califat et la présence vivante de l’Apostolat sur terre a été expliqué par le plus grand musulman de tous les temps, le Sceau de tous les Prophètes, Muḥammad Al-Muṣṭafa (s.a.), dans son célèbre Hadith qui traite de l’avenir du Califat.

Dans le recueil « Masnad Aḥmad » comme cité par Mishkāt dans le chapitre Indhār wa Taḥ-dhīr, il est rapporté par Ḥudhaifa que le Saint Prophète (s.a.) a dit :

« Le prophétat (An-Nubuwwah) demeurera parmi vous autant qu’Allah voudra qu’il demeure ; puis Il l’enlèvera lorsqu’Il désirera qu’il soit enlevé. Ensuite il y aura le Califat suivant la voie du prophétat, et celui-ci demeurera autant qu’Allah voudra qu’il demeure ; puis, Il l’enlèvera lorsqu’Il voudra qu’il soit enlevé. Ensuite il y aura une monarchie accablante, et celle-ci demeurera autant qu’Allah voudra qu’elle demeure ; puis Il l’enlèvera lorsqu’Il voudra qu’elle soit enlevée. Après cela, il y aura une monarchie tyrannique, et celle-ci demeurera autant qu’Allah voudra qu’elle demeure ; puis, Il l’enlèvera lorsqu’Il voudra qu’elle soit enlevée. Ensuite, il y aura le Califat suivant la voie du prophétat. » Puis il se tut. (Masnad Ahmad bin Hanbal, Hadith ‘An Nu‘man bin Bashir)

De ce Hadith seul nous pourrions tirer des dizaines de significations dont l’explication la plus évidente de tous les événements ayant eu lieu dans l’Islam entre l’époque bénie du Saint Prophète (s.a.) et des Califes Ar-Rāshidūn, ou Califes vertueux, et l’époque du Califat dans l’Aḥmadiyya dont nous sommes aujourd’hui les témoins.

Nous retournerons plus tard à cette question des deux ères du Califat et de leur connexion intime. Mais posons d’abord la question directe : quel fut et quel est le besoin du Califat sur Terre ? Pourquoi le Califat est-il nécessaire du tout ?

Peut-être qu’en essayant de répondre à cette question, nous nous rapprocherons plus du sens du Califat et nous comprendrons mieux nos propres responsabilités vis-à-vis cette institution divine.


La définition du Khilafat ou Califat en Islam

Dans ses nobles réponses à beaucoup de questions sur le Khilafat, ou Califat, feu le quatrième calife Ḥaḍrat Mirzā Ṭahir Aḥmad, a de nouveau montré que le mot « Khalīfa » apparaît tout d’abord dans le Saint Coran en rapport avec le premier Prophète connu, Adam (a.s.) :

« Et lorsque ton Seigneur dit aux anges : Je vais mettre un Calife sur Terre, ils dirent : Vas-Tu y mettre un tel qui y amènera le désordre, et qui y fera couler le sang ? Et nous Te glorifions avec Ta louange et proclamons Ta Sainteté. Il répondit : Je sais ce que vous ne savez pas. » (Le Coran 2 : 31)

C’est dans ce verset qu’Allāh parle du Califat pour la première fois. La signification de ce titre dans le verset est « un représentant » ou « un Prophète ».

La nécessité d’un tel représentant parmi les hommes a été humblement mise en doute par les anges d’Allāh qui, depuis le moment de leur création, avaient témoigné de l’harmonie dans l’Univers créé par Dieu dans une parfaite unicité. Allāh avait enseigné aux anges tout ce qu’ils savaient. Or, la question qu’ils ont posée nous fait supposer que l’humanité à l’époque de la nomination d’Adam en tant que premier Khalīfa (calife) avait déjà montré tous les signes de la désunion et de la discorde ; autrement comment les anges auraient-ils eu une quelconque connaissance de la discorde et du bain de sang ?

Leur question nous aide à comprendre l’idée principale derrière le Khilāfat d’Adam et de tous les Prophètes après lui, qui ont tous précédé le Sceau des Prophètes, le Saint Prophète Muḥammad (s.a.). En effet, nous voyons qu’un Khalīfa (calife) est envoyé sur Terre pour implanter dans l’esprit de l’homme et de la société humaine l’idée primordiale de l’existence et l’Unicité de Dieu, et pour essayer de créer l’unité au sein de la nation à laquelle il est envoyé.

La création d’Allāh est sans défaut ; nous voyons continuellement autour de nous la perfection dans la création de l’Univers, dont les composantes n’ont pas de volonté propre. C’est seulement l’homme qui a reçu comme cadeau de Dieu la volonté ou le choix, un cadeau qui peut faire de lui la meilleure ou la pire des créatures de Dieu. Ainsi, le fait de créer et maintenir l’unité religieuse parmi les hommes équivaut à établir dans la société humaine le reflet de la parfaite unité de la Nature et de l’Univers.

Même Adam a été de toutes apparences envoyé sur terre pour restaurer l’unité déjà détruite par les hommes et leur matérialisme. En tant que Calife, il dut constamment rappeler le peuple vers Dieu et, par la même, forger l’unité des vertueux. En même temps, Adam, comme tout autre Prophète de Dieu, a dû transmettre le message spirituel d’Unicité exactement comme enseigné par Allāh et résister à toutes les tentatives de changer ce message. Donc, un Calife n’est pas seulement un messager, mais aussi le gardien de ce message. De cette première mention de l’établissement d’un Califat prophétique sur la terre nous pouvons déduire que les principales caractéristiques d’un tel Califat sont une soumission absolue à la volonté de Dieu et la préservation de l’exactitude du message et de l’unité apporté par ce message. Toute personne vertueuse est témoin de l’existence de Dieu et le Khalīfa (calife) est le premier des témoins.

Cependant, il y a un grand fossé entre le Khilāfat d’Adam et de tous les Prophètes successifs et le suprême Califat du Saint Prophète (s.a.), dans le sens que leurs messages n’était pas finaux et n’étaient pas aussi perfectionnés que le message de l’Islam. La sauvegarde de tout message limité ne pouvait pas être, donc, confiée à des gens pieux qui n’avaient pas le statut de Prophète. Les premiers Prophètes ne pouvaient pas établir le Khilāfat parmi leurs successeurs dévoués, parce que leur message était limité selon la volonté d’Allāh.

Ils ont été envoyés à leurs communautés et nations respectives, mais leur message n’était pas universel; ainsi il n’était pas question d’établir une unité universelle qui pourrait parfaitement témoigner de l’Unicité d’Allāh.


Le Califat (Khilafat) en l’Islam

Un tel message universel ne peut être que le message de l’Islam. Le Prophétat en Islam est si puissant et l’enseignement est si parfait que, après le triste décès du Saint Prophète (s.a.), ses Califes justes n’avaient qu’à suivre de près son exemple parfait pour maintenir et sauvegarder l’unité parmi les musulmans.

La continuation du Califat dans l’Islam comme un phénomène universel était d’ailleurs promise aux musulmans par Allāh Lui-même.

Dans le chapitre 24 Dieu dit : « Allāh a promis à ceux d’entre vous qui croient et qui font de bonnes œuvres qu’Il leur fera des Califes sur Terre, tout comme Il avaient fait des Califes de parmi ceux qui les ont précédés; et qu’Il établira assurément pour eux leur religion, celle qu’Il a choisie pour eux; et qu’Il leur donnera certainement en échange de leur crainte, sécurité et paix. Ils M’adoreront, et ils n’associeront rien avec Moi. Puis, quiconque sera ingrat après cela, ce sera eux les rebelles. » (Le Coran 24 : 56)

Nous voyons de ce verset qu’Allāh n’a promis le Califat terrestre qu’aux seuls musulmans ; et Il l’a promis aux justes, parce qu’ils sont les témoins honnêtes non seulement de l’existence de Dieu, mais aussi de Son Unicité.

Ce verset, et le Hadith du Saint Prophète (s.a.) cité précédemment, contiennent la plus merveilleuse prophétie et la plus complète description de l’établissement du Califat dans l’Islam. Du verset il ressort tout d’abord que le Califat est accordé sur le principe de l’Apostolat et sur le seul mérite du Taqwa, c’est à dire, la droiture. Donc, en principe le Califat est promis à n’importe quel musulman qui atteint le plus haut degré de vertu, mais, en même temps, le Califat est une institution spirituelle non héréditaire.

L’on sait de l’histoire des religions et de l’histoire de l’Islam, qu’Allāh accorde Ses bienfaits et Ses offices à qui Il veut. A ceux qui, lorsqu’ils sont élus Calife, pourraient craindre leurs propres imperfections et la limitation de leur compréhension des vérités profondes de leur religion, Allāh promet qu’Il les aidera Lui-même dans l’établissement de leur religion sur Terre. De même, si les Califes et leur communauté de croyants se conduisent selon la volonté d’Allāh et préservent le Califat en assumant honnêtement leurs responsabilités respectives, Allāh leur promet la sécurité et la paix après la crainte.


Le Califat est le garant de l’unité de l’Islam

Mais si l’unité dans l’obéissance à la volonté d’Allāh, qui est le principal trésor et l’objectif principal du Califat, est ruinée, ceux qui la ruinent sont appelés ingrats et rebelles. Le Califat est le moyen céleste de soutenir l’unité de l’Islam et de développer sa force spirituelle. Sur la terre, le Califat est en même temps une preuve sociale de l’existence et de la vérité de Dieu, l’unité dans ce système étant la principale preuve de la véracité du message, cette unité qui relie l’Oummah (la communauté islamique). Au début de l’histoire de l’Islam, nous constatons que l’âge d’or du Khilāfat-Ar-Rāchidah a prospéré tant que l’unité des musulmans et le respect pour l’origine divine du Califat étaient là. Mais dès que l’institution du Khilāfat et l’obéissance sincère au Calife dans tout ce qui est bon ont été mises en doute, l’âge d’or du premier Khilāfat-Ar-Rāchidah en Islam est arrivé à sa fin, comme prophétisé par le Saint Prophète Mohammad (s.a.w).


La fin du Califat bien guidé - Khilafat Rashida

L’on sait que quand des tentatives furent faites de détruire le Califat d’Othmān, ‘Abdallāh bin Salām, un érudit juif qui avait embrassé l’Islam aux mains du Saint Prophète (s.a.) lui-même, avait sévèrement averti les musulmans du désastre qui menaçait les gens rebelles :

« Les anges du ciel ont fait de cette ville du Saint Prophète leur demeure. Craignez Dieu et gardez-vous de créer des ennuis pour ‘Othmān. Si vous êtes enclins à le tuer, prenez garde ! Les anges du ciel abandonneront cette ville et l’épée divine sera dégainée. »

Le vertueux Calife ‘Othmān avait lui aussi prononcé des paroles prophétiques quand les mutins eurent résolu de le tuer : « Si vous réussissez à me tuer, vous ne serez plus jamais unis, ni n’offrirez-vous vos prières ou ferez-vous face à l’ennemi dans l’unité. » (Tabarī, p.482, Volume III)

La fin du premier Khilāfat-Ar-Rāchidah du Saint Prophète (s.a.) donne aux croyants des leçons ô combien tragiques, mais aussi très édifiantes. Cet épisode souligne l’origine divine du Califat en Islam et son rôle vital qui est d’instaurer, de renforcer et de sauvegarder l’unité des musulmans.

Après que le Khilāfat dans l’Islam fût devenu une monarchie héréditaire, ce ne fut plus que la seule puissance du message islamique et de l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) qui pût conduire le monde de l’Islam sur la route du progrès pendant quelques siècles.


La venue de l’Imam Mahdi et le Califat

Mais, selon la prophétie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w), étant donné que le Califat avait cessé d’être le pilier spirituel de l’Islam et était devenu plutôt une institution mondaine et sociale, l’inertie de la civilisation islamique l’épuisa ; désormais, seul le Mahdi et Messie Promis pouvait rétablir la gloire de l’Islam par la volonté d’Allāh.

Les musulmans furent frappés par un autre désastre après la fin du premier Califat bien guidé : l’apparition d’une classe des ‘Ulamā, qui, en l’absence d’un Calife divinement guidé, se sont appropriés, lentement mais sûrement, l’enseignement béni de l’Islam pour ensuite l’utiliser à leurs propres fins matériels. L’intolérance, la bigoterie, le fanatisme et l’ignorance dans les masses musulmanes furent la conséquence directe des Mollahs au pouvoir.

Ce sont ces Mollahs qui ont, à travers leurs actes d’égoïsme, rapproché d’autant plus vite les « Derniers Jours », selon la prophétie. Le temps prophétisé par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) est finalement arrivé. La discorde entre les musulmans est devenue si épouvantablement apparente et une telle obscurité est tombée sur le monde de l’Islam que seule la Main Divine d’Allāh pourrait désormais apporter l’ordre et l’harmonie dans cette situation de chaos et de désunion.

Ce fut donc dans un monde en proie à maintes afflictions qu’a commencé la deuxième phase du Califat Ar-Rāchidah avec l’apparition du Messie Promis et l’Imam Mahdi, Hadrat Mirza Ghulam Ahmad (a.s). Cette seconde ère du Califat, le Califat des Jours Derniers, durera à jamais, Inchā’ Allāh. En effet, le Saint Prophète (s.a.) qui a prophétisé l’arrivée imminente de ce Califat n’a jamais dit mot sur sa fin.

La volonté divine sous-tendant cette pérennité du Califat deviendra apparente si l’on étudie la gamme entière de questions entourant les objectifs de l’apparition du Messie Promis et l’Imam Mahdi ; celui-ci est envoyé par Dieu pour rétablir l’Islam dans sa pureté originelle et pour le ramener à sa gloire, une gloire qui durera jusqu’au Jour du Jugement. Le Messie Promis nous a lui-même donné la bonne nouvelle de l’éternité du Califat du Saint Prophète (s.a.) rétabli par lui.

Dans son livre Al-Waṣṣiyyat, il écrit : « Ne soyez pas peinés par ce que je vous ai dit et ne laissez pas vos coeurs souffrir de l’inquiétude, car il est nécessaire que vous voyiez la Qudrat Ath-Thāniyyah, la Deuxième manifestation du Pouvoir Divin. Or, cette seconde manifestation n’arrivera pas avant mon départ. »

Pour élucider davantage la question du Khilāfat dans l’Aḥmadiyya, il dit : « Puisque ce n’est pas possible qu’un homme vive pour toujours, Dieu a projeté de garder vivants, pour toujours et jusqu’aux jours derniers, Ses Messagers qui portent une marque de distinction au-dessus du reste de Ses créatures. À cette fin, Il a établi le système du Califat pour que le monde ne reste jamais sans la bénédiction du Prophétat. »

Une réflexion sur le Khilāfat nous amènera toujours à la question du rapport profond qui existe entre la réalité sublime du Nubuwwah (Prophétat ou lignée prophétique) et le Khilāfat qui est le moyen de garder le Prophétat vivant au sein des croyants.

Un Calife juste est appelé « juste » parce qu’il ne parle jamais de son propre chef, mais plutôt marche fidèlement dans les pas du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et de son Messie et Imam Mahdi. Ce faisant, il devient le reflet, pour l’Oummah, de la véracité des Califes de la prophétie, et le reflet de la parole et de la responsabilité que Dieu a voulu leur faire porter.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) lui-même a assuré que les deux phases du Califat vrai seraient fondées sur les préceptes du Prophétat ; l’autorité divine des vrais Califes dans l’Aḥmadiyya s’appuie fermement sur l’instruction bien connue du Saint Prophète (s.a.), qu’il formula comme suit : « Suivez dans mes pas et dans les pas des Khulafā-Ar-Rāchidīn (les Califes qui ont été bien guidés). » (Michkāt)


Le Califat dans la Communauté Islamique Aḥmadiyya

Pour résumer les bénédictions du Califat dans l’Aḥmadiyya, l’Islam dans toute sa pureté, nous pouvons dire qu’Allāh nous accorde le Khilāfat comme le moyen et spirituel et social de maintenir la présence du Prophétat sur terre ; cela, pour préserver et favoriser l’unité des croyants dans la réalisation du but suprême de l’Islam : l’établissement du reflet de l’Unicité d’Allāh sur notre planète.

L’on doit dire que le Califat véritable est une indication de la piété de la Communauté, car le Calife de cette nouvelle ère est nommé par Dieu à travers le conseil des justes, ce qui, en soi, reflète le haut niveau de Taqwa dans la Communauté.

Le Calife est le cœur vivant, le centre même de la piété de la Communauté aux yeux d’Allāh, l’exemple à suivre pour toute personne qui, obéissant fidèlement à son Calife, suit le vrai chemin du Saint Prophète Muhammad (s.a.w).

L’institution du Califat est deux fois bénie car elle choisit et distingue les disciples du vrai Islam parmi toutes les religions et prouve de façon convaincante l’Universalité et le caractère définitif du message de l’Islam. Aucune autre religion n’est bénie d’un Khilāfat basé sur les préceptes du Prophétat, la raison étant que le seul Prophétat illimité et éternel est celui du Saint Prophète de l’Islam (s.a.), celui qui confirme la vérité de tous les autres Prophètes de Dieu.

Un tel Califat dans l’Islam est devenu possible seulement parce qu’Allāh a Lui-même promis des rangs spirituels toujours plus élevés aux musulmans luttant dans le chemin du perfectionnement spirituel, par l’énonciation :« Et quiconque obéit à Allāh et au Messager sera du nombre de ceux sur lesquels Allāh a répandu Ses bienfaits, à savoir, les Prophètes, les Véridiques, les Martyrs etles Justes ; ce sont là d’excellents compagnons. » (Le Coran, 4: 70)

Dans ce sens, le Calife est la personne la plus proéminente parmi tous les vrais musulmans, ce qui fait que le fardeau sur ses épaules est énorme. En effet, si un musulman est responsable de ses actes devant Allāh, le Calife, quant à lui, est responsable non seulement pour lui-même, mais pour toute la Jamā’at et pour le niveau général de piété qui y règne. Cela dit, le Calife n’est pas responsable des membres dans le sens individuel de la Communauté, car chacun devra répondre de ses propres actes.


Nos responsabilités envers le Califat

Ici nous venons naturellement à la question de nos propres responsabilités envers le Califat et le Calife. Ces responsabilités naîtront aussi bien de la compréhension juste de la signification de l’institution du Khilāfat que de notre obéissance musulmane à la volonté d’Allāh manifestée dans la réalité quotidienne du Calife.

Le Calife est chargé de la tâche de diriger le cheminement spirituel de la Jamā’at sur la voie droite et de bien gérer les œuvres de la Communauté. Notre soumission et obéissance à ses décrets sont donc dictées par une foi profonde en Dieu ; elles sont le reflet de notre soumission à la volonté de Dieu. Un rapport tel que celui qui lie un musulman Aḥmadi au Khalīfatul Masīḥ est possible seulement grâce à la présence de cette vraie foi qui est quotidiennement manifestée dans les activités de la Communauté. Ce rapport naît de l’amour et de l’affection qu’ont les Ahmadis pour leur Khalīfa (calife), l’Imam de cette époque.

En fait, ce rapport d’amour et d’obéissance filiale commence dès l’initiation dans la Communauté à la main du Calife. L’on peut dire qu’un musulman Aḥmadi n’a aucune autre vision de l’Islam que celle qui se manifeste dans le Califat de l’Aḥmadiyya. Cela est tout à fait naturel, car il n’y a aucune façon de sincèrement accomplir ses devoirs de musulman excepté par la soumission fidèle aux enseignements divinement révélés de l’Islam, en restant dans la structure donnée par Dieu au Califat du Messie Promis (a.s.).

Si un musulman Aḥmadi veut en effet amener l’unité de l’humanité dans l’Islam, il doit d’abord nécessairement renforcer et favoriser l’unité au sein de la Communauté, de laquelle le Calife a été fait responsable par Allāh. Les 10 conditions de Bai’at sont notre serment d’allégeance au Califat dans l’Aḥmadiyya, le vrai Islam. En entrant dans la Bai’at avec le Calife, nous entrons dans la Bai’at avec Allāh. Le Calife Aḥmadi est le chef suprême de la Jamā’at. Le vœu spirituel d’obéissance au Calife ne peut pas être comparé à une obligation sociale ou temporelle quelle qu’elle soit.

L’amélioration constante de notre propre piété est une autre de nos obligations envers le Khilāfat, car aucun Califat ne peut exister sans qu’il n’y ait le Taqwa (la crainte de Dieu et la piété) à la base de la communauté des croyants.


La désunion et le discorde parmi les musulmans : la nécéssité du Califat

Mais, de nos responsabilités, la plus grande (qui, en fait, englobe en soi beaucoup d’autres devoirs) est notre obligation de maintenir l’unité dans la Jamā’at. Cela reste chose impossible sans les conseils et la direction du Khalīfa qui, dans la position qu’il occupe, a une connaissance intime de tout ce qui se passe dans la Communauté. À cet égard, l’obéissance au Calife est le seul moyen de préserver l’unité malgré toutes les disputes auxquelles les êtres humains sont si naturellement enclins.

La prospérité spirituelle et le progrès de la Jamā’at dans l’effort pour amener la victoire finale de l’Islam sur la planète entière sont les prix que l’on reçoit quand on maintient l’unité ; le désespoir de la solitude et la détresse spirituelle sont les vils salaires de la discorde, qui est le plus grave des péchés dans cette nouvelle ère du Khilāfat-Ar-Rāchidah.

Toute personne qui a des doutes sur les bénédictions du Califat, devient un perdant sur le plan spirituel, comme on peut le constater dans l’histoire de l’Islam, y compris dans l’histoire de la Communauté Musulmane Aḥmadiyya.

La triste histoire du premier schisme est devenue une preuve puissante du fait qu’Allāh Se tient aux côtés de Son Califat, car Allāh aime et veut l’unité.

Pour tout observateur impartial, le progrès de l’Aḥmadiyya sous son Khalīfa (calife) bien guidé est manifeste. Prions que ce progrès continue, Incha Allāh, de s’étendre de telle sorte qu’il puisse, dans un avenir non lointain, cerner le monde entier, ce monde assoiffé ayant tant besoin de foi dans le vrai Dieu et de vérité spirituelle !

Au sein du Califat de l’Aḥmadiyya, nous sommes quotidiennement bénis par la vision profonde, la clairvoyance spirituelle, l’encouragement paternel et l’exemple personnel de notre Khalīfa (calife). Si notre devoir envers lui est d’être obéissants à ses ordres, notre privilège est de lui offrir nos pensées et conseils, qu’il peut accepter ou non dans sa sagesse divinement inspirée. S’il les accepte, c’est une bénédiction en soi. Dans le cas contraire, ce sera notre devoir d’accepter sa décision comme étant définitive.

Le Khalīfa (calife) accomplit dans ce monde les devoirs prophétiques qui viennent avec la haute fonction dont il a été investi. Il en découle que notre obéissance envers lui et nos responsabilités envers l’institution de son Califat doivent refléter notre obéissance au Saint Prophète (s.a.) et au Khilāfat-Ar-Rāchidah qu’il a amené.


Le Califat et la prière

Selon moi, l’image la plus vraie, même si elle l’est de façon métaphorique, de la structure spirituelle et de la répartition des responsabilités dans le système du Califat béni dans l’Aḥmadiyya est présentée par la prière de congrégation dirigée par Ḥuḍur (Sa Sainteté le Calife).

Quand nous le suivons dans la prière pour le bien de l’humanité et pour la victoire universelle de l’Islam, nous nous souvenons du fait que dans sa prière il suit les prières du Messie Promis (a.s.) qui, lui, suit les prières du Saint Prophète (s.a.), la source de Miséricorde pour tout l’Univers. C’est ainsi que tout l’Univers, se rangeant derrière le Saint Messager (s.a.) dans une harmonie parfaite, se soumet dans sa prière à Allāh.

Que nos prières et nos actes soient dignes de l’Imam de cette époque ! Ce n’est que par notre amour pour le Calife et par l’obéissance spirituelle que nous lui vouons, et aussi par nos efforts de le suivre sincèrement dans notre Ṣalāt et nos œuvres, que nous pouvons espérer être dignes du message du Saint Prophète (s.a.) et des bénédictions de son Califat Bien Guidé. C’est un Califat qui doit demeurer et prospérer continuellement jusqu’à la fin des temps, Inchā’ Allāh !