Sermon du vendredi 12 mai 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a cité le verset 154 du chapitre 2 du Coran.

« Ô vous qui croyez, cherchez le secours avec patience et avec la Prière ; assurément, Allāh est avec ceux qui persévèrent patiemment. » (Chapitre 2, verset 154)

Ensuite Sa Sainteté le Calife a déclaré :

L’homme fait face à beaucoup de difficultés durant sa vie. Au niveau personnel, il passe par plusieurs formes d’épreuves dans ce monde. Il fait face à des situations devant lesquelles il ne peut que faire montre de patience et rien d’autre. Il subit des pertes de biens et de vies. Parmi ceux qui sont attachés au monde, il y en a qui endurent tant bien que mal les tribulations de ce bas monde, mais la majorité n’y arrivent pas. Car ils endurent ces épreuves comme un matérialiste : il leur arrive de prononcer des paroles aux relents de mécréance et des reproches à l’endroit d’Allah. Certaines personnes matérialistes, ne font que lamenter sur ces pertes, allant des fois jusqu’à perdre leur raison.

Mais il y a aussi des hommes de Dieu qui subissent des pertes de biens et de vies, des tortures mentales ou des persécutions physiques pour la seule et unique raison qu’ils ont, conformément à l’ordre de Dieu, cru en un messager et envoyé divin. En d’autres termes, ils subissent des pertes de biens et de vies uniquement pour la cause de Dieu ; mais ils font face à ces épreuves sans aucun reproche ou plainte.

Mais certes ils prient à Dieu en ces mots : « Ô Allah ! Nous sommes en train de subir ces épreuves parce que nous avons accepté Ton messager ! Accorde-nous de pouvoir faire montre davantage de patience et viens nous en aide et sauve-nous des mains de ces oppresseurs. Raffermis nos pas sur ce chemin d’épreuves parcouru pour Ta cause ! »

Le monde étudie ou écoute l’histoire des prophètes. Les autres musulmans lisent et écoutent les histoires des prophètes et de leurs suivants dans le Saint Coran. Ils étudient ou écoutent de la bouche de leur oulémas les récits des premiers musulmans et comment ils ont enduré des épreuves. Or, les musulmans ahmadis sont ceux qui, grâce à l’acceptation du Messie et du serviteur véritable du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), à savoir, celui qui allait faire revivre l’islam, sont en train de passer par ces mêmes épreuves, alors que pour les autres, se faire persécuter pour une quelconque appartenance religieuse n’est qu’une histoire du passé.

D’autres groupes ou sectes peuvent aussi dire : « Nous sommes en train de subir des persécutions au nom de la religion également et nous sommes aussi en train de faire face à des ennemis. » Or, ces derniers ne ratent pas une occasion pour se venger et persécutent les autres tout comme ils ont été persécutés. Les ahmadis, quant à eux, en montrant le véritable exemple d’un croyant, ne prennent pas la loi entre leurs mains, et font montre de patience face aux persécutions ; ils se prosternent devant Dieu et demandent Son aide. C’est là une grande distinction entre les ahmadis et les autres groupes.

Étant donné que nous avons accepté le Messie Promis (a.s.), nous ne cessons et ne cesserons pas d'être patients et ne délaisserons pas notre foi suite aux épreuves ici-bas. Nous avons cette conviction que seul Dieu peut soulager nos peines.

Lorsque nous passons par des épreuves, nous n’allons pas nous tourner vers le monde, mais plutôt vers le Tout-Puissant Dieu à qui nous allons demander Son aide. C’est Lui qui, en raison de notre patience et de nos prières nous sauvera de ces tribulations. Incha  Allah.

Il ne laisse pas aller en vain les actions de ses serviteurs sincères. Ceux qui consentent à des sacrifices pour Sa cause et pour Sa Jama’at, Il les récompense pleinement. Nous acceptons et comprenons la parole suivante du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en laquelle nous avons une conviction ferme, à savoir : « Le croyant a une destinée étonnante ! Tout ce qui lui advient est bénéfique et cela n’est réservé qu’à lui seul. En effet, lorsqu’un bien lui échoit, il remercie Dieu et se prosterne devant Lui et ceci est bien pour lui. S’il est victime d’un malheur, il se montre patient et cela est aussi bien pour lui. »

Faire face à des difficultés dans le chemin d’Allah tout en faisant preuve de patience, et prier, sont aussi bien pour lui. Or, Dieu est un grand donateur ; Il récompense le croyant même s’il est touché par une affliction minime et ne laisse pas celle-ci aller en vain.

En mentionnant ce point, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclare : « Tout mal qui atteint le musulman, qu’il s’agisse d’une lassitude, d’une maladie ou d’une angoisse, voire même d’une piqûre d’épine, lui vaut de la part de Dieu une rémission de ses péchés. »

Voilà donc notre Dieu Gracieux et Miséricordieux qui récompense le croyant pour toute chose. Dieu n’a donc que des bonnes nouvelles pour celui qui fait preuve de patience et qui se prosterne devant Lui. Dans un autre endroit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré, en mentionnant l’importance de la patience et de la prière et du comportement de Dieu à cet égard, que : « La goutte de sang versée sur le chemin de Dieu et la larme versée la nuit durant les Nawafil (prières surérogatoires) en émoi devant la grandeur divine sont celles que Dieu apprécie le plus. Et la gorgée de tristesse qu’Il apprécie le plus est celle de la patience. »

C’est-à-dire, qu’Allah apprécie la patience que l’on démontre pour Sa cause suite à la tristesse causée par un malheur subi.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ajoute : « La gorgée de colère qu’Allah apprécie le plus est celle que l’homme avale lorsqu’il apaise son courroux. » Il y a beaucoup d’occasions où l’homme contrôle sa colère et fait preuve de patience et il fait cela uniquement pour Dieu : cette action lui permet de gagner le plaisir de Dieu.

Donc que ce soit des soucis individuels causés par autrui ou des problèmes liés à la Jama’at, si l’on veut mériter le plaisir divin ainsi que son amour, il faudra suivre le principe énoncé par le Saint Prophète (saw) : se prosterner devant Dieu et être patient dans Sa voie. Ce comportement nous rapproche de Dieu.

Il est aussi rapporté que Dieu a un très grand sens de l’honneur à l’endroit de Ses serviteurs choisis : Il saisit les ennemis qui affligent ces derniers.

Si Dieu a pris cette responsabilité entre Ses mains, l’homme n’a nul besoin de le faire. Dieu ne se contente pas de punir les ennemis de ceux qui se tournent vers Lui et sont patients. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclare : « Si le serviteur de Dieu se fait persécuter et fait preuve de patience, Dieu en retour lui accorde de l’honneur. »

Que souhaiter de plus que de mériter l’honneur conféré par Dieu ?

Les ahmadis subissant persécutions, tourments et difficultés dans certains pays doivent donc être patients et implorer Son aide tout en se prosternant devant Lui. Plus que n’importe qui, c’est Lui qui pourra arrêter les leaders de l’incroyance et qui nous protégera de leurs complots et de leurs conspirations.

C’est ce que nous observons dans l’histoire de la Jama’at, à savoir que les ennemis ont toujours échoué dans leurs tentatives en dépit de tous leurs moyens. La Jama’at n’a cessé de connaître le succès. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses compagnons ont dû passer eux aussi par des épreuves après lesquelles ils ont connu du succès : alors qui sommes-nous pour connaître le succès sans endurer des difficultés ?

En mentionnant cette période de tourments qu’a vécue le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), le Messie Promis (a.s.) déclare :  « Treize années n’est pas une courte période. Il n’est pas facile de mentionner les souffrances endurées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le peuple a fait tout ce qu’il pouvait pour le tourmenter. »

Il ajoute : « D’autre part, Allah l’Exalté conseillait la patience et la persévérance. » D’une part son peuple le tourmentait et d’autre part Allah lui enjoignait la patience et la constance.  

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « À chaque fois il recevait le commandement que, tout comme les prophètes du passé étaient constants, il devait lui aussi faire preuve de patience. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a enduré ces difficultés avec une patience exemplaire. Il ne flanchait pas dans la transmission du message : au contraire il avançait. »

Il ajoute : « En somme, la patience du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne ressemblait pas à celle des prophètes d’antan, car ces derniers n’ont été envoyés que pour un peuple déterminé. Leurs difficultés étaient limitées à cette période. En comparaison, la patience du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était nettement plus importante, car premièrement son propre peuple s’est opposé à lui et l’a fait souffrir. Par la suite les chrétiens sont devenus ses ennemis. »

Si nous avons prêté allégeance à celui qui est venu pour la renaissance de l’islam, en s’étant asservi au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), et qui est venu prouver la supériorité de l’islam sur toutes les autres religions, et qui est venu mettre fin au sectarisme chez les musulmans afin de les unir et de faire d’eux une seule communauté, en ce cas nous allons devoir faire face aux oppositions de la part des musulmans et des autres. À cette époque, dans la majorité des pays, les non-musulmans ne s’opposent pas ouvertement et ne persécutent pas de la même manière qu’ont été persécutés les musulmans dans la première ère de l’islam. Au contraire, ces nations non-musulmanes s’opposent de manière très subtile et réfléchie. Elles usent de telles méthodes pour attaquer l’islam de sorte qu’elles puissent dirent au final qu’elles n’ont persécuté personne. Or, leur hostilité est bien présente.

Nous devons également défendre (l’islam) contre ces personnes en usant de leurs méthodes. C’est pour cette raison que le Messie Promis (as) a dit que nous devons utiliser les mêmes armes qu’utilisent les opposants à l’islam pour l’éradiquer. Ces armes sont celles de la littérature et de le Tabligh.

Lorsque l’islam commencera à se propager dans le monde non-musulman, les pays non-musulmans commenceront également à exprimer une opposition à l’égard de la communauté, notamment lorsqu’ils verront que les autochtones sont en train d’accepter l’islam. À certains endroits cela est déjà arrivé, où on a vu que dans un premier temps des églises nous permettaient de bon cœur d’organiser nos évènements dans leurs enceintes, mais lorsqu’elles ont vu que les gens montraient un grand intérêt, elles ont commencé à s’y opposer, et ont refusé l’organisation des évènements. Ils voient que le véritable islam, celui vers lequel invite la communauté Ahmadiyya et qu’elle est en train de propager, peut devenir prédominant en peu de temps. Ce véritable islam est en effet destiné à être propagé par la Communauté Ahmadiyya.

À notre époque les mollahs des musulmans, de peur de voir leurs suivants les quitter, sont très avancés dans l’opposition. Ils mettent en œuvre les mêmes persécutions que celles subies jadis par les religions. Les politiciens, de peur de perdre les voix de ceux qui suivent ces mollahs, et pour avoir une certaine popularité, les suivent, alors que ces gens ne connaissent même pas le b.a.-ba de la religion. La plupart ne font probablement même pas la prière, ils font même rarement la prière du vendredi ou celle de l’Aïd, mais au nom de la fierté de l’islam ils persécutent les ahmadis, ou bien essaient de faire voter des lois (anti-Ahmadiyya) au parlement.

Ces jours-ci au parlement du Cachemire pakistanais, les mollahs et les politiciens de la région influencés par les mollahs du Pakistan, sont en train d’essayer de déclarer les ahmadis non-musulmans. Ils ont déjà présenté une motion.

Ces gens peuvent faire tout ce qu’ils veulent. Qu’a donc obtenu le Parlement pakistanais après avoir statué sur la non-musulmanité des ahmadis ? Le progrès de la communauté ne s’est pas arrêté pour autant ! Par la grâce d’Allah la Communauté grandit de plus en plus, mais les membres de la communauté doivent toujours se remémorer le fait qu’il incombe à chaque ahmadi d'être encore plus patient, d’accomplir des supplications pour mériter l’aide divine. Il faut se prosterner devant Lui, et être constant dans la prière et dans l’adoration : tout cela permettra d’hériter davantage des grâces divines.

Comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises dans les précédents sermons, il y a une opposition en Algérie ; de nombreuses personnes sont emprisonnées du fait qu’elles sont ahmadies. Elles ont été condamnées à des peines allant d’un an à trois ans. L’annonce de la condamnation de nombreux ahmadis vient d’être faite. Ils n’ont pas encore été mis en prison, mais à tout moment ils peuvent l’être. Ils sont sujets à de nombreuses restrictions, car là-bas aussi le progrès de l’Ahmadiyya dérange les oulémas, et ces derniers n’arrivent à pas à l’accepter.

De même, au Bangladesh nous devons faire face à une opposition constante, ainsi qu’en Indonésie, et dans les pays arabes. Dernièrement au Bangladesh, dans un village nommé Shubhai, dans le district de Mymensingh, notre mosquée a été attaquée par les Mollahs. Ils ont gravement blessé notre missionnaire, Mustafiz-ur-Rahman, à coups de couteau et poignards. Les coups portés par ces couteaux ou par ces poignards étaient si nombreux que l’ensemble de son corps a été entaillé. Les coups ont été portés à de tels endroits dans l’abdomen que son rein en sortait. Il a été blessé au cou : toutefois sa veine jugulaire a été épargnée. Il a pu être sauvé, mais les témoins racontent que des flots de sang jaillissaient de tout son corps. La police est arrivée au moment des faits, ils l’ont pris et l’ont emmené à l’hôpital. Les membres de la communauté sont également partis à l’hôpital. Les Khuddam sont rapidement arrivés et ont fait don de leur sang. Par la grâce d’Allah, l’aide médicale est venue sur place ; il est arrivé à l’hôpital où il y avait des médecins compétents, et il a pu bénéficier de bons soins. L’opération a duré plusieurs heures.  D’après les nouvelles reçues hier, il est stable, mais n’est pas hors de danger. Il a repris légèrement connaissance, mais il n’arrive pas à encore parler. Néanmoins, il a pris un stylo et une feuille et y a écrit ses inquiétudes au sujet des autres, malgré le fait qu’il ait beaucoup souffert, reflétant l’attitude authentique d’un croyant. Il a écrit qu’il faut protéger tel autre Murabbi (missionnaire) car il est aussi en danger ; il a également fait part de son inquiétude pour ses parents. Qu’Allah lui accorde une longue vie pleine de santé et de sérénité, et qu’Il lui accorde une guérison complète et rapide.

Le Messie Promis (a.s.) nous avait déjà mis en garde contre ces persécutions, nous disant que si nous avons accepté l’Ahmadiyya nous allons alors également faire face à ces persécutions.

Faisant mention de cela, le Messie Promis (as) de déclarer : « Notre communauté doit aussi faire face aux mêmes difficultés auxquelles les musulmans étaient confrontés à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). La première difficulté que rencontre une personne lorsqu’elle intègre la communauté est le fait que ses amis, sa famille, et son entourage la quitte, au point ou parfois même les parents et les frères et sœurs deviennent leurs ennemis, et ne leur disent même plus Assalamou ‘Alaikoum, et ne participent même pas à leur prière funéraire. Et il survient de nombreuses difficultés similaires. » Il continue : « Je sais qu’il y a des personnes qui sont faibles de nature, et que lorsqu’elles font  face à de telles difficultés elles sont saisies d’inquiétude ; mais sachez qu’il est important de rencontrer de telles difficultés. Vous n’êtes pas supérieurs aux Prophètes et aux Messagers : ils ont traversé de telles épreuves, et la finalité de celles-ci est de renforcer la foi en Dieu, et d’avoir l’opportunité de se réformer pieusement. Soyez constants dans vos supplications. Il est important que vous suiviez les Prophètes et les Messagers, et que vous fassiez preuve de patience. Vous ne subirez aucune perte. L’ami qui vous délaisse parce que vous avez accepté la vérité n’est pas un véritable ami ; ne vous inquiétez pas à cause de lui, car il n’est pas un ami sincère, sinon il serait encore à vos côtés. Ne vous querellez pas avec les gens qui vous abandonnent et vous quittent uniquement parce que vous êtes entrés dans le mouvement dont la fondation a été posée par Dieu ; au contraire priez pour eux en secret. »

Telle est notre pratique. Les autres nourrissent de l’inimité et nous devons quant à nous prier pour eux, qu’Allah leur accorde le discernement et la connaissance qu’Il nous a accordée de par Sa Grâce. De par votre exemplarité et comportement, montrez que vous avez choisi la bonne voie :  que vous n’avez commis aucun mal, aucun péché que vous ne vous êtes aucunement sali en acceptant l’Ahmadiyya, et que tout au contraire vous avez suivi une bonne voie.

Voici la réaction que nous devons avoir après ces attaques, et nous devons la mettre en pratique. Certes nous entamons des procédures judiciaires, nous faisons des supplications pour leur réforme, mais nous entamons également des procédures judiciaires à l’encontre des criminels, et nous le ferons, c’est également un commandement d’Allah, mais nous n’avons jamais perdu patience, et nous ne perdrons jamais patience, et ni ne voulons-nous la perdre. Nous nous prosternons devant Allah le Très-Haut face à toute épreuve et difficulté, et nous continuerons à nous prosterner devant Lui, Incha  Allah.

Parfois je reçois des doléances au sujet de certaines personnes : elles ne font pas face à de grandes difficultés, vivant ici [en Occident] ; elles ont également l’opportunité de transmettre le message, des fois face à face et parfois sur les réseaux sociaux. Lorsqu’ils prêchent aux Mollahs ou lorsqu’ils s’engagent dans des débats avec eux, ils ont recours à un langage dur, qui ne sied pas à un ahmadi. D’aucuns m’informent qu’ils sont forts inquiets d’entendre de la bouche des ahmadis des insultes aussi grossières ou d’entendre pareils propos adressés par ces ahmadis à l’endroit de leurs détracteurs, des mollahs non-ahmadis, ou de ceux avec qui ils discutent. En tout cas pareil comportement ne sied pas à un ahmadi. Allah seul sait jusqu’où ces accusations sont fondées : je n’ai pas vu en personne cette vidéo : la personne qui m’a informé relate que lors de ces conversations, le langage utilisé par les non-ahmadis est plus courtois que celui des ahmadis. Si cette accusation est fondée, je demande à ces ahmadis de ne pas faire le Tabligh. Au lieu de les rapprocher d’Allah l’Exalté, pareille prédication leur attirera Son courroux.

Tout comme l’affirme le hadith cité plus haut, d’Allah l’Exalté aime celui qui est patient et qui refrène sa colère. Nous annonçons d’ailleurs que seuls ceux qui ne disposent pas d’arguments se mettent en colère. Étant donné que nous en disposons, il n’y a aucune raison de s’emporter. Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Écoutez ! J’ai été chargé de vous conseiller constamment d’éviter toutes les occasions de disputes et de troubles. Soyez patients même si vous entendez des injures. Répondez au mal par le bien.

Si vous rencontrez des désaccords, éclipsez-vous de la situation et répondez avec des mots gentils. En de nombreuses occasions, d’aucuns manifestent une vive hostilité, désirant semer le trouble et provoquer leur adversaire. Mais lorsqu’ils reçoivent en retour une réponse courtoise et qu’on ne leur répond pas avec des insultes, ils sont pris de remords. »

Notre précepte est de répondre avec gentillesse aux invectives. Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « L’adversaire sera lui-même fort embarrassé, il regrettera ses actions et sera troublé. »

En de nombreuses occasions, des adversaires sont pétris de remords en raison de leur nature noble.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Je vous conseille de ne pas abandonner la patience. Celle-ci est plus efficace que des canons. La patience conquiert les cœurs. Je ne suis pas content lorsque j’apprends qu’untel s’est querellé en dépit du fait d’être un membre de ma Jama’at. Allah, le Tout-Puissant, n’aime pas que la Jama’at destinée à devenir un modèle pour l’humanité adopte des voies contraires à la Taqwa. Certainement, je vous dis qu’Allah, le Tout-Puissant, a tellement mis l’accent dessus que si quelqu’un qui se dit être membre de ma Jama’at mais ne démontre pas de la patience et de la persévérance, il n’appartient pas à cette Jama’at. Le sommet des provocations que vous pourriez subir serait d’entendre des gens m’injurier. Laissez cette affaire entre les mains de Dieu. Vous ne pouvez pas en juger. Laissez mon cas entre les mains d’Allah. Vous devez être patients même devant de telles injures. Ignorez toutes les insultes que j’ai dû entendre de la bouche de ces personnes. Je reçois de leur part des lettres et des cartes postales remplies d’injures. Certaines sont sans timbres et je dois en payer les frais postaux : elles sont noires d'injures, d’insultes si grossières que je suis sûr qu’aucun prophète n’en a reçu de la sorte. Je ne crois même pas qu’Abu Jahl ait eu le courage de proférer pareilles invectives. Mais on est obligé entendre tout cela : étant donné que je suis patient, il vous incombe d’en faire de même. La branche n’est pas plus importante que l’arbre. Jusqu’à quand vont-ils proférer ces outrages ? En fin de compte ils vont se lasser : leurs invectives, leurs méchancetés et leurs complots ne pourront point m’accabler. Si je n’étais pas venu de la part d’Allah, leurs offenses m’auraient troublé. Or, je suis convaincu que Dieu m’a envoyé : pourquoi donc devrais-je me soucier de ces futilités ? Il n’en sera point ainsi. Réfléchissez : leurs injures ont-elles nui à ma personne ou à la leur ? Leur nombre a diminué et le mien a augmenté. Ces insultes n’ont pas été des obstacles, car ma Jama'at comprend plus de deux cent mille individus. » Le Messie Promis (a.s.) parlait de son époque. Aujourd’hui, en dépit de ces insultes, la Jama'at par la grâce d’Allah est établie dans 209 pays.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « [Ceux qui m’ont rejoint] sont issus de leurs rangs : ils ne viennent pas d’ailleurs. »

Ceux qui insultaient naguère la Jama’at l’ont rejointe.

« Ils ont décrété que je suis un incroyant : or, ces décrets n’ont fait qu’accroître la Jama'at. Si cette communauté était une imposture [de ma part], ces fatwas auraient certainement eu de l’effet. »

Mais ce n’en fut pas le cas.

« Cette fatwa d’incroyance aurait été un sérieux obstacle dans ma voie : or, l’homme n’est pas destiné à réduire à néant l’action d’Allah l’Exalté. Les complots ourdis contre ma personne ne nuisent qu’à ceux qui en sont les auteurs. Ceux qui s’opposent à moi, ne font en fait que placer leur main face au torrent impétueux d’un grand fleuve, désirant ainsi l'arrêter. Or, il est évident qu’ils ne pourront pas le faire. Ils tentent de l'arrêter grâce à leurs insultes ; mais qu’ils sachent qu’ils ne pourront pas le faire. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Il ne sied pas aux personnes de nature noble de proférer des insultes. Je suis fort consterné : sont-ils musulmans ceux qui profèrent pareils sacrilèges ? Je jure par Dieu que je n’ai jamais entendu pareilles grossièretés de la bouche d’un ramasseur d’ordures, à celles proférées par ceux qui se disent musulmans. Leurs imprécations mettent en exergue leur condition et prouvent qu’ils sont de fieffés pécheurs. Qu’Allah leur ouvre les yeux et qu’Il ait pitié d’eux ! »

 Si certains ahmadis s’irritent sur les réseaux sociaux et qu’ils répondent de manière inappropriée et durement à [nos] détracteurs, ils sont, en ce cas, coupables d’un acte condamnable. Ils ne sont pas coupables d’un simple péché :  par ces actions, nous sommes en train d’éloigner la nouvelle génération de l’Ahmadiyya. Certains jeunes pensent que nous n’avons pas d’arguments et que c’est pour cette raison que nous répliquons aussi violemment, tandis que c’est tout à fait faux. Les coupables doivent immédiatement réviser leur conduite.

Répondre aux insultes par la pareille signifie qu’on est à court d'arguments. À maintes reprises et sous différents angles le Messie Promis (a.s.) nous a expliqué qu’il ne faut pas abandonner la patience. Je vous présente de nouveau un autre extrait du Messie Promis (a.s.) à cet égard afin que tout le monde comprenne ses préceptes.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « On m’insulte, mais je ne m’en soucie guère et je n’en suis point affligé, car ces gens ont perdu la bataille : ne pouvant cacher leur défaite, ils ont recours aux insultes. »

À court d'arguments et battus à plate couture, ils ont recours aux invectives.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Ils ont lancé des fatwas me qualifiant de mécréant ; ils m’ont intenté de faux procès ; ils m’ont diffamé et calomnié à outrance.

Qu’ils remuent ciel et terre dans leur combat contre moi et qu’ils voient en faveur de qui sera le jugement final. Si je devais me soucier de leurs invectives, l’œuvre que Dieu m’a confiée resterait inaccomplie. Étant donné que leurs insultent ne m’exaspèrent aucunement, je conseille à ma Jama’at de les tolérer sans broncher. Ne répliquez pas aux insultes par la pareille, sinon les bénédictions diminueront. Que mes disciples fassent montre de patience, tolérance et valeurs les plus nobles. N’oubliez jamais qu’il existe entre l’intelligence et la colère une inimitié farouche. Quiconque s’emporte et se laisse dominer par la rage, celui-là devient inepte et obtus. Celui qui est patient et tolérant reçoit une lumière qui octroie à son intelligence et sa perspicacité un nouvel éclat. La lumière engendre la lumière. Quand on est furieux et colérique, un voile noir recouvre le cœur et l'esprit : les ténèbres engendrent d’autres ténèbres. »

Si nous souhaitons affiner notre intelligence et notre perspicacité et si nous voulons éclairer notre cœur et notre esprit, il nous incombe de refréner notre colère en toute situation : c’est là que nous mériterons davantage de faveurs divines. Le progrès de la Jama’at Ahmadiyya n’est pas le fruit de l’expression de la colère. Ce progrès est tributaire de la promesse de victoire faite par d’Allah l’Exalté en faveur du Messie Promis (a.s.). Étant donné qu’Il accordera le triomphe, c’est Lui qui bénira les œuvres que nous accomplissons dans le domaine du Tabligh ainsi que dans d’autres domaines. En ce cas, nous devrons tenter de mériter le plaisir divin. Nous devrons conformer notre vie à ce conseil du Messie Promis (a.s.), dans lequel il affirme : « Les gens de ce monde placent leur confiance dans les moyens matériels, or Allah le Très-Haut n’est pas contraint, quant à Lui, d’y avoir recours. S’il le souhaite, Il peut sans le recours aux moyens, accomplir l’œuvre de Son bien-aimé ; parfois Il fait naître les moyens, parfois Il réduit à néant ceux qui existent déjà. Purifiez donc vos œuvres, souvenez-vous d’Allah l’Exalté, ne soyez point négligents. La proie en fuite qui ralentit  moindrement tombera entre les griffes du prédateur. De même, celui qui néglige le souvenir d’Allah l’Exalté, devient la proie de Satan. »

N’oubliez pas cet exemple :  si la proie qui fuit le prédateur se relâche, elle tombera entre ses griffes. De même, si l’on néglige ses actes d’adoration, ses prières et l’appel au soutien divin, l’on deviendra la proie de Satan.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Ne laissez jamais mourir la repentance. Accomplissez l’istighfar à foison. Le membre qui est utilisé reste actif : le membre qui est inactif s’atrophie pour toujours. De même, accomplissez régulièrement la Tawbah (repentir) afin qu’elle ne tombe pas en désuétude. La Tawbah qui n’est pas accomplie avec sincérité ressemble à la graine jetée sur la pierre. Si c’est une Tawbah sincère, elle ressemblera à la graine semée dans une terre fertile, qui rapportera ses fruits au moment venu. »

En prodiguant des conseils à des personnes qui visitaient Qadian, le Messie Promis (a.s.) déclare : « De nombreuses difficultés entravent la voie de cette Tawbah. Quand vous partirez d'ici vous entendrez beaucoup de la bouche des autres : notamment que vous avez prêté allégeance à un fou, un mécréant, l’Antéchrist. Ne soyez point furieux devant de telles gens. J’ai été envoyé par Dieu afin d’enseigner la patience : c’est pour cette raison que vous devez prier pour eux, afin qu’Allah les guide. Abandonnez-les si vous constatez qu’ils n’accepteront jamais vos arguments. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Les armes de notre victoire résident dans l’Istighfar, la Tawbah, la connaissance de la religion et de la grandeur de Dieu, et l’accomplissement des cinq prières quotidiennes. La Salat est la clé de l’exaucement de la prière. Quand vous l’accomplissez suppliez Dieu ; ne soyez pas négligents, et évitez tout mal, qu’il concerne les droits d’Allah ou de Ses serviteurs. »

Ainsi, il nous incombe de créer un lien avec Allah le Très-Haut et de tenter de suivre Ses commandements ; et d’endurer, patiemment les sacrifices que l’on consent dans Sa voie. Qu’Allah fasse que nous puissions marcher sur la voie de Son plaisir avec patience et dans la prière. Que nous récoltions, pour toujours Ses faveurs et Ses récompenses.

Après la prière de Jumu’ah je dirigerai la prière funéraire M. Nazim ud Din, de Pangadi, province de Kerala, en Inde. Il est décédé le 3 mai, suite à un accident ferroviaire. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il était en voiture quand il y a eu cet accident. Il retournait d’une réunion sur une exposition du Coran quand il a été impliqué dans cet incident. Le défunt était quelqu’un de très sincère : il accordait prééminence à la foi sur le monde ; il participait régulièrement aux Ijtémas, Jalsas et Shouras organisés à Qadian. Il était un membre très actif et servait en tant que secrétaire des finances de ce district. Au moment de son décès il servait aussi en tant que président adjoint de l’Ansarullah de l’Inde.

Le défunt a vécu pendant longtemps à Dubaï où il a aussi servi en tant que premier Amir de la Jama'at. Il avait un très grand cercle de contacts qu’il a toujours utilisé en faveur de la Jama'at. Il avait énormément de respect pour le Nizam (l’administration) de la Jama’at et insufflait le même respect en ses compagnons.

Il était régulier dans ses actes d’adoration, dans sa lecture du Saint Coran ; c’était quelqu’un de très humble, toujours prêt à venir en aide à autrui. Il avait accordé à ses enfants une très bonne éducation, leur encourageant à toujours faire le bien et à rester attacher au Califat.

Le défunt était Mousi. Sa fille habite au Royaume-Uni et son fils à Dubaï. Qu’Allah exalte le statut du défunt ; qu’Il fasse que ses enfants puissent perpétuer ses bonnes œuvres et qu’ils soient attachés au Califat et à la Jama’at. 


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