Sermon du vendredi 10 mars 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Par la grâce d’Allah, la Jamia Ahmadiyya a été établie dans plusieurs pays à travers le monde. Des missionnaires en sortent – et ne cessent d’en sortir – après avoir complété leurs études afin de travailler sur le terrain.

Auparavant, ces Jamias n’existaient qu’à Rabwah et à Qadian : elles fournissaient des missionnaires ayant complété le cursus Shahid. Quelques jours auparavant, une cérémonie commune de remise de diplômes s’est tenue ici au Royaume-Uni, afin [de récompenser] les étudiants des Jamias Ahmadiyya du Canada et du Royaume-Uni.

Ceux qui ont reçu leurs diplômes de Shahid et se sont présentés comme missionnaires ont grandi en Occident : ayant complété leurs études dans les écoles occidentales, ils ont ensuite suivi leur formation à la Jamia. Ils ont, d’ailleurs, réussi. La majorité, sinon tous, sont membres du plan Waqf-e-Naw.

Ils se sont dédiés ici en Occident où le matérialisme et l’éclat de ce monde sont à leur apogée. Ils se sont présentés pour faire partie des soldats de la religion de Dieu. Cela prouve certainement qu’ils sont bienheureux et qu’ils ont respecté l’engagement de préférer la foi à ce monde. Cependant, qu’on n’oublie pas que ceci est impossible sans faveurs divines. Il incombe, pour cette raison, à ces missionnaires ainsi qu’aux étudiants des Jamia d’Occident ou d’ailleurs de faire naître en leurs personnes l’humilité et de considérer [leur situation] comme une faveur spéciale d’Allah. Ils doivent se prosterner devant Allah l’Exalté et quémander constamment Ses faveurs.

Lors de la remise de diplôme à la Jamia, j’ai souligné que la Jama’at a besoin de Murabbis et de Mubalighs : cette demande ne cesse de croître, voire elle a accru. D’où l’importance de voir un plus grand nombre de Waqifin-e-Naw étudier à la Jamia.

Les parents doivent y encourager les garçons, dès leur jeune âge, et doivent faire leur éducation de sorte qu’ils souhaitent étudier à la Jamia.

Hormis Rabwah et Qadian, par la grâce d’Allah, la Jamia Ahmadiyya existe au Royaume-Uni et en Allemagne, où peuvent étudier ceux qui habitent en Europe.

La Jamia Ahmadiyya existe aussi au Canada : elle y est [d’ailleurs] reconnue par l’État. Certains étudiants issus d’autres pays sont en train d’y étudier. Une Jamia existe aussi au Ghana : peut-être que la première promotion de Shahidine en sortira [bientôt]. Des étudiants de différents pays y poursuivent leurs études.

Il existe une Jamia Ahmadiyya au Bangladesh. Celle de l’Indonésie offre le cours de Shahid. Ainsi, les jeunes Waqifin-e-Naw doivent tenter d’entrer dans ces Jamias et leurs parents doivent les préparer en ce sens.

Nous devons remplir, tout au moins, toutes les places qu’offrent nos Jamias : c’est là que nous comblerons le besoin concernant les missionnaires.

Pour [le sermon d’aujourd’hui], j’évoquerai certaines questions posées par ces missionnaires travaillant sur le terrain. Ils en font mention ou posent des questions à cet égard.

D’ailleurs, j’évoque [ces sujets] avec les Murabbis et Muballighs et je réponds à leurs questions. Il est important d’en faire mention ici afin que les responsables de l’administration de la djama’at sachent comment œuvrer ensemble dans [un esprit de] coopération : c’est-à-dire la collaboration entre les missionnaires et les responsables, notamment les présidents et les Amirs. La raison en est que parfois des frictions surgissent suite à des malentendus avec les responsables : ils ne coopèrent pas entièrement. Ou une des deux parties concernées croit que la collaboration fait défaut.

Les missionnaires demandent jusqu’à quel point le président de la djama’at peut s’immiscer dans leurs travaux. « Quelles sont nos limites et les leurs ? », demandent-ils.

Parfois, le missionnaire juge un plan propice à l’éducation morale et spirituelle des membres de la djama’at et tente de le mettre en application. Or, le président croit le contraire. Ou en raison du tempérament de certains présidents ou étant donné qu’ils ont occupé ce poste depuis fort longtemps, ils pensent que leurs opinions sont les seules valables et que le missionnaire doit se conformer à leurs souhaits. Parfois, lors d’une rencontre ou devant autrui, ces présidents demandent des comptes au missionnaire et lui parlent sur [un ton] inconvenant. Les jeunes missionnaires s’en inquiètent ou se sentent blessés ou humiliés. Ou ils peuvent même répliquer.

En premier lieu, le missionnaire doit obéir à celui qui lui est administrativement supérieur. Il doit être un modèle d’obéissance et se taire en de telles situations, afin qu’il n’y ait pas d’effet négatif sur les membres de la djama’at et afin d’éviter toute frustration au sein de la communauté. S’il y a injustice, le missionnaire doit en informer l’Amir ou le président national, le centre ou m’écrire.

J’informe les présidents et les Amirs qu’ils ont pour tâche de garantir le respect du missionnaire. Dans toute djama’at, il incombe, en premier, au président de la djama’at et à l’Amir d’honorer le missionnaire, de collaborer avec lui et de travailler d’un commun conseil. De même, les autres responsables – chacun dans son cercle respectif – doivent coopérer avec le missionnaire et ce dernier doit, en faisant preuve d’une humilité parfaite et de Taqwa, offrir son entière coopération au président et à l’Amir.

Notre objectif est le même : l’éducation et l’entraînement moral des membres de la djama’at, garantir le respect de la Nizam-e-djama’at , établir le lien avec le Califat, défendre l’unicité [divine], diffuser le message véritable de l’Islam dans le monde. Il n’est point question ici des limites de certains et des prérogatives des autres. Il faudra œuvrer à l’unisson ; et à cet égard n’oublions pas ce commandement fondamental d’Allah l’Exalté :

وَتَعَاوَنُوا عَلَى الْبِرِّ وَالتَّقْوَى

C’est-à-dire : « entraidez-vous dans la droiture et dans la piété »

Nous savons tous qu’il n’existe de vertu plus grande que de servir la djama’at en quelque qualité que ce soit. La Taqwa est essentielle pour rendre service à la djama’at. Elle permettra de rendre des services véritables à la djama’at, services qui mériteront l’agrément [de Dieu].

Cette œuvre [sera accomplie] en ayant au cœur la crainte d’Allah l’Exalté et [l’intention] de mériter Son plaisir.

Les limites prescrites pour les missionnaires et les responsables sont l’accomplissement de bonnes œuvres et le fait de suivre la voie de la Taqwa, afin d’engendrer un lien mutuel empreint d’amour et de fraternité, pour que ces deux entités jouent leurs rôles respectifs pour le progrès de la communauté dans le domaine du savoir et de la spiritualité.

Le Messie Promis (a.s.) explique que le verset « entraidez-vous dans la droiture et dans la piété » signifie porter le fardeau de ses frères qui sont faibles et « partager » leurs faiblesses qui ont trait à leur condition pratique, à leur foi et leur situation financière. Il s’agit aussi de les guérir physiquement. Or, cela sera possible lorsque les responsables de la djama’at et les missionnaires ressentiront de la sympathie pour les membres de la djama’at et qu’ils travailleront ensemble.

« Partager » leurs faiblesses qui ont trait à leurs conduites ou leur foi ne signifie point sombrer dans les mêmes faiblesses. Cela signifie, que le président de la djama’at, ainsi que les autres responsables, doivent œuvrer dans leurs cercles respectifs afin de [les] débarrasser de [leurs] faiblesses. Ayant une connaissance approfondie de la religion et étant le représentant du Calife dans le domaine de la formation morale, le missionnaire doit, quant à lui, jouer son rôle.

Le Messie Promis (a.s.) nous explique aussi qu’aucune djama’at ne sera considérée comme communauté tant que les forts ne soutiennent pas les faibles.

Ainsi, la Nizam-e-djama’at a été instituée afin de favoriser, à travers différents programmes, le progrès spirituel, intellectuel et physique des membres de la communauté.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Les grands doivent servir les petits et les traiter avec sympathie. »

Ce comportement est très important dans la relation entre les responsables de la djama’at et ses membres. Cela concerne en particulier les présidents et les Amirs. D’autre part, cela est aussi très important dans la relation entre le président de la djama’at et le missionnaire. Suite à leur comportement mutuel imbu de piété et de Taqwa, ils serviront de bons exemples aux membres de la djama’at : ceci est d’ailleurs essentiel pour le progrès de ces membres dans le domaine du savoir et de la spiritualité.

L’on constate que là où subsiste la moindre froideur dans la relation entre le président de la djama’at, les responsables et le missionnaire, ou s’il y a la moindre mésentente entre eux, Satan tente de s’engouffrer dans la brèche et les racines de la vertu et de la Taqwa commencent à s’ébranler.

Certains se posent en sympathisants du missionnaire, lui murmurant ceci : « Le président de la djama’at ne vous a pas bien traité ! » D’autres disent au président : « Le missionnaire n’aurait pas dû se comporter ainsi. »

Ceux que le président de la djama’at et le missionnaire devraient réformer creusent un écart entre eux et tentent de les diviser. En conséquence, cela engendre de la frustration au sein des membres de la djama’at. Le Messie Promis(a.s.) conseille ceci : « Ne pourra subsister comme communauté celle dont les membres s’entre-déchirent et dont quatre membres médisent sur un cinquième, pauvre de son état, cherchant ses défauts. Evitez pareil comportement. Unissez-vous afin qu’il y ait force et unité. Ceci engendrera de l’amour et des bénédictions. »

Le Messie Promis(a.s.) ajoute : « Il faudra étendre les aptitudes morales ; et ceci se fera lorsqu’on témoignera, à l’égard de tout le monde, sympathie, amour, indulgence et bienveillance. La bienveillance et la clémence doivent prédominer sur toutes les qualités. »

La bienveillance et la clémence sont les deux qualités humaines qui doivent prédominer chez les responsables et les missionnaires, [étant donné] leur grande responsabilité.

La bonté, la sympathie et couvrir les défauts d’autrui sont des qualités qui doivent prédominer sur toute autre qualité.

Le Messie Promis(a.s.) déclare : « Il ne faut point, pour des broutilles, émettre de sévères remontrances susceptibles de blesser le cœur [d’autrui] et de l’attrister. »

Je ne fais point référence à ce sujet parce que – qu’Allah nous en préserve – la mésentente est monnaie courante entre les responsables de la djama’at – les présidents en particulier – et le missionnaire ; ceci n’est certainement pas le cas. En effet, pareils incidents sont rarissimes : un ou deux cas sont portés à ma connaissance par an.

J’évoque en détail ce sujet afin que les Sadrs, Amirs et missionnaires sachent qu’ils doivent accomplir un travail colossal tout en se rappelant que nous avons un objectif important. Si jamais – qu’Allah nous en préserve – il y a mésentente entre eux, ils doivent la régler immédiatement. Car l’on constate fréquemment que cette brouille prend de l’ampleur et ne se limite pas uniquement aux parties concernées : elle affecte les membres de la djama’at et Satan, comme je l’ai déjà dit, tente de profiter de la situation. C’est pour cette raison que ces deux groupes de personnes doivent, de tout temps, avoir en tête cet objectif important ; tout deux doivent collaborer pour l’épanouissement du savoir, de la spiritualité ainsi que de l’organisation de la djama’at. C’est là une responsabilité leur incombant à tout deux.

Le Messie Promis(a.s.) explique clairement que la collaboration est essentielle qu’afin d’atteindre des résultats probants. Il a également déclaré que le travail réalisable avec deux mains ne peut être accompli avec une seule. Le chemin parcouru avec deux pieds ne peut être sillonné avec un seul.

« De même, affirme le Messie Promis(a.s.), tout notre succès dans notre vie d’ici-bas et dans l’Au-delà dépend de notre coopération. L’être humain peut-il, tout seul, aboutir à quelque chose, que cette œuvre concerne la religion ou le monde ? Certainement non. Sans coopération, aucune tâche, qu’elle soit religieuse ou mondaine, ne peut se réaliser. »

Le Messie Promis(a.s.) explique que cela concerne en particulier la tâche dont l’objectif est suprême : la coopération est extrêmement importante dans ce domaine. Ainsi, ni le président et ni l’Amir ne doivent tenter d’imposer leurs décisions en s’arrogeant toutes les prérogatives. Les missionnaires ne doivent pas non plus insister que leur opinion est bien fondée et tenter de la mettre en application ou de la faire appliquer. Ils doivent plutôt collaborer. Le missionnaire a pour tâche l’éducation des membres de la djama’at et comme je l’ai déclaré, étant donné qu’il possède d’une plus grande connaissance religieuse, ou qu’en général tel est le cas – et qu’il doit être ainsi – et il doit aussi continuer à accroître sa connaissance ainsi que sa spiritualité : [en bref en raison de son savoir], son niveau de Taqwa doit être plus élevé que les gens ordinaires.

Lorsque les missionnaires comprendront ce point et agiront en conséquence, leur statut sera évident aux yeux des titulaires de poste et des membres de la djama’at. Le président et l’Amir de la djama’at doivent comprendre qu’ils sont les premiers responsables administratifs de la djama’at : ils ont pour tâche de faire tourner à merveille l’administration de la communauté et le Calife a choisi [chacun des deux] en tant que son représentant dans ce domaine. De même, les missionnaires ont pour tâche de faire progresser les membres de la djama’at spirituellement et d’user des moyens disponibles à cet effet. Ils sont les représentants du Calife dans ce domaine.

Ainsi, Amirs, présidents et missionnaires doivent coopérer : après avoir établi un plan ils doivent œuvrer ensemble. C’est là qu’ils pourront renforcer la djama’at administrativement ; c’est là qu’elle progressera, et dans sa spiritualité et dans son savoir.

Je l’ai déjà évoqué auparavant et je le répète : le président, l’Amir ainsi que tous les responsables ont pour devoir, ou c’est plutôt leur responsabilité, de respecter et d’honorer tous les missionnaires et les Waqifin-e-Zindagi et ils doivent faire naître ce respect dans les cœurs des membres de la djama’at. Ils doivent les respecter et doivent faire respecter les missionnaires afin que l’on puisse comprendre le statut du missionnaire, d’un Waqif-e-Zindagi, et afin qu’un plus grand nombre de jeunes puissent se présenter pour servir la djama’at.

On dédie certes sa vie pour être missionnaire afin de gagner le plaisir divin ; or on grandit graduellement dans cette conscience des choses. Les jeunes Waqifin-e-Naw voulant se présenter à ce service ont besoin d’un mouvement externe pour attiser cette ardeur. La nature humaine est ainsi faite : on ne peut le nier.

Afin de saisir la réalité du Waqf ainsi que des bénédictions cachées derrière les services rendus à la djama’at, l’on a besoin initialement d’un mouvement externe. Ensuite lorsqu’on a vraiment compris l’essence du service que l’on rend pour la cause de Dieu, lors du cheminement du Waqf, l’on progressera spirituellement.

Un Waqif-e-Zindagi ne regarde pas le monde ou le comportement des gens mondains ou du moins il ne doit pas le faire. C’est là l’esprit véritable du Waqf.

Ainsi, les présidents, les Amirs ainsi que les titulaires des postes doivent se comporter avec les missionnaires et les Waqifin-e-Zindagi avec une grande humilité ainsi qu’avec un grand [esprit de] coopération, afin que l’on puisse, à l’avenir, disposer facilement de missionnaires. Comme je l’ai dit, il nous faut des missionnaires en grand nombre. Pour cela nous devons faire naître en nos jeunes un penchant à servir comme missionnaires et à dédier leur vie.

Je voudrais également dire ceci aux jeunes Waqifin-e-Naw ainsi qu’aux jeunes missionnaires qui sont sortis sur le terrain : que le monde ait compris ou non votre statut, que le président, l’Amir ou les responsables ou les membres de la djama’at vous honorent ou pas, vous devez, dans tous les cas, honorer, avec sincérité, la promesse de sacrifice que vous avez faite avec Dieu. Vous devez, quant à vous, ne pas oublier que vos parents vous ont dédiés avant même votre naissance et que vous avez renouvelé cette promesse lorsque vous avez grandi. Vous ne devez donc pas vous tourner vers le monde, mais plutôt vers Dieu, vous devez vous soucier plutôt des besoins de la djama’at de Dieu. C’est pour cette unique raison que vous vous présenterez pour étudier à la Jamia. Lorsque vous devenez missionnaire vous vous tournerez uniquement vers Dieu et vous ne vous soucierez en aucun cas du comportement d’autrui.

En d’autres mots, l’on se tourne en général vers Dieu ou du moins c’est ce qu’on doit faire. Mais ici cela signifie qu’il ne faut pas se soucier des déclarations de tel ou tel responsable : s’il y a désaccords ou malentendus et que d’autres problèmes surgissent, au lieu de vous tourner vers autrui faites part de vos ennuis à Dieu. Ne vous souciez pas des gens.

Un Waqif-e-Zindagi a présenté sa vie pour toujours. Il a présenté sa vie afin d’être au service de la religion de Dieu. Un titulaire de poste, quant à lui, est choisi que pour une période limitée. Si le titulaire de poste n’est point avantageux à la djama’at et si, au lieu de coopérer, il engendre des difficultés, il incombe au missionnaire de prier pour que les responsables marchent sur la bonne voie et que Dieu débarrasse la djama’at de tels responsables.

Dieu est le Connaisseur de l’invisible, Il est le Tout-puissant. Si à Ses yeux, il est préférable qu’on se débarrasse de ce responsable, Il le fera Lui-même. Si d’après Lui, il vaut mieux qu’un responsable reste sur son poste en raison de certaines de ses qualités, en dépit de ses faiblesses qui génèrent des problèmes, Dieu le rectifiera en acceptant cette prière. Ceci est l’œuvre de Dieu. Le travail du missionnaire est de coopérer en chaque situation et de prier.

Je voudrais aussi attirer l’attention des responsables et des missionnaires sur ce point : étant donné que nous espérons que les membres de la djama’at ne médiront pas sur les responsables, les présidents, les Amirs ainsi que les missionnaires doivent aussi être vigilants à cet égard : ils ne doivent pas médire sur les uns et les autres chez eux. Certes, ils doivent dire des choses positives les uns à propos des autres afin que parmi les descendants du missionnaire ainsi ceux des responsables, il y ait du respect à l’égard du système de la djama’at, des Waqifin-e-Zindagi et de ceux qui servent la djama’at en quelque qualité que ce soit.

Les titulaires de postes et plus particulièrement les présidents et les Amirs ne doivent pas oublier de faire preuve d’amour à l’égard des membres de la djama’at. Le poste [que vous occupez] n’est pas un droit qui vous a été réservé : c’est une grâce qui vous a été accordée. Il faut donc respecter cet honneur en toute humilité. Le Calife a placé sur vous sa confiance et il vous a nommés afin que vous protégiez cette djama’at adorable : tentez donc de respecter ces engagements.

Les présidents et les responsables doivent faire prendre conscience à tous les membres de la djama’at, grands et petits, qu’ils sont sous des ailes protectrices, à l’instar d’une poule qui protège ses poussins. De même, vous devez traiter tout un chacun avec gentillesse et un visage souriant.

C’est l’humilité, et non l’orgueil, que ce poste doit engendrer en vous.

Les portes de chaque responsable et de chaque missionnaire doivent être ouvertes pour tout le monde. Nous devons toujours avoir l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à l’esprit. Il est rapporté qu’il avait toujours un sourire aux lèvres lorsqu’il rencontrait autrui.

D’aucuns se plaignent que lorsque leur cas est soumis à l’administration de la djama’at ils ignorent, pendant des mois, à propos de l’évolution du dossier – et ce, en dépit du fait que les années précédentes j’aie émis des rappels à ce sujet dans mes sermons. Il faut résoudre les problèmes au plus vite et ne pas laisser traîner ces affaires. Si certains dossiers traînent pour des raisons valables et que l’enquête n’est pas encore terminée, il faut en informer l’intéressé. Ou s’il y a deux parties concernées, il faut les informer que cela prendra du temps : il faut en tout cas accuser la réception de leur lettre. Si l’on rassure les parties concernées, et si les responsables et les présidents sont toujours souriants lorsqu’ils vont à leur rencontre, cela les allégera de la moitié de leur fardeau et de leurs doléances.

Le Saint Prophète Muhammad(s.a.w.) nous a tout expliqué en détail. Il nous a clairement exposé les qualités morales à adopter. Si l’on met cela en pratique, les présidents, les Amirs et les autres responsables qui sont la cible de reproches en raison de leur comportement, ne le seront plus.

Le Saint Prophète Muhammad(s.a.w.) a déclaré au sujet du bon comportement qu’il ne faut pas mépriser la moindre vertu, même si c’est de rencontrer son frère avec un sourire. Dieu récompense toute bonne œuvre. Bien se comporter à l’égard d’autrui est un acte pieux qui s’ajoute à votre compte [de bonnes œuvres].

Chacun d’entre nous doit faire en sorte que la balance de nos actes méritoires soit lourde. Les responsables ne doivent pas oublier que les postes qu’ils occupent au sein de la djama’at ne doivent pas faire naître en eux de l’orgueil. Ces postes sont là afin qu’ils progressent dans l’humilité. Pour toute décision et toute tâche, ils doivent ressentir la crainte de Dieu et faire preuve d’humilité, et doivent respecter les exigences de la justice.

Le Saint Prophète Muhammad(s.a.w.) a averti ceux qui détiennent les rênes du pouvoir et les responsables. Si tout titulaire de poste s’en rappelle, ils rehausseront, de plusieurs degrés, le niveau de leurs œuvres et le respect des principes de justice. A une occasion, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré que si celui que Dieu a appointé comme surveillant ou responsable d’autrui ne respecte pas ses engagements et son devoir, s’il ne veille pas au bien-être d’autrui, Dieu lui interdira le paradis après son décès.

Voyez à quel point cet avertissement est sévère : elle est terrifiante. Si l’on croit fermement en Dieu et au Jour Dernier, tout titulaire de poste accomplira ses tâches avec grande crainte.

Le Saint Prophète Muhammad(s.a.w.) a déclaré : « Au jour du jugement, le dirigeant juste sera parmi ceux qu’Allah aimera le plus et qui sera les plus proches de Lui. Le dirigeant injuste sera du nombre de ceux qu’Allah détestera le plus et qui sera le plus éloigné de Lui. »

Il faut essayer de remplir ses obligations de la façon la plus complète possible. C’est là que l’on pourra respecter les principes de justice.

Le Saint Prophète Muhammad(s.a.w.) avait également déclaré qu’Allah l’Exalté gardera fermées les portes des Cieux pour celui qui garde ses portes fermées pour les nécessiteux, pour les pauvres, lorsqu’il sera dans le besoin.

En partant de l’Amir, jusqu’au responsable d’un petit quartier, il est du devoir de chaque titulaire de poste d’accomplir ses obligations envers le système de la djama’at qui tourne autour du Calife et dont chaque responsable est un représentant. Demandez toujours à Dieu qu’Il répande Sa grâce sur vous.

Les responsables des branches annexes doivent également être conscients de leurs responsabilités. Les organisations auxiliaires doivent également être impliquées à chaque étape, aussi bien les Ansars, les Lajnas, que les Khuddams.

Hadrat Muslih Maw’oud(r.a.) avait établi ces branches annexes afin que chaque couche de la djama’at puisse être active, et que par ce moyen des efforts puissent être entrepris pour le succès de la djama’at par différentes voies, et qu’il soit possible d’atteindre chaque personne de la djama’at, aussi bien les femmes que les enfants, les jeunes et les personnes âgées. Afin que le Calife puisse être au courant de la situation de la djama’at par différents moyens.

Il faut que chaque personne, chaque responsable, serve la religion en considérant ce service comme une faveur octroyée par Allah l’Exalté, et qu’ils s’entraident. La coopération doit foisonner au sein de toute l’administration de la djama’at, entre présidents, Amirs et organisations auxiliaires. S’il y a entraide et si toutes les branches annexes, ainsi que la hiérarchie de la djama’at, sont impliquées, celle-ci pourra progresser bien plus rapidement.

Il faut prendre cela en considération. Chaque responsable doit garder à l’esprit que s’il y a un reproche émis à son égard, s’il en a un écho, ou si quelqu’un le critique en face, il doit avoir la patience pour l’entendre. Les responsables doivent avoir le plus de patience, et au lieu de penser à se venger ils doivent tenter de se réformer en premier, accomplir leur introspection, se demander s’ils possèdent réellement le défaut dont ils sont accusés, si l’accusation est fondée ou non. Cela est également important pour respecter les principes de justice.

Je souhaite dire aux membres de la djama’at qu’ils doivent élever le niveau de leur Taqwa. Ils ont aussi reçu l’ordre de s’entraider dans la piété. Si le niveau de piété et de Taqwa des membres de la djama’at s’élève, ils obtiendront immanquablement des responsables pieux.

Chaque individu doit accomplir son introspection, doit évaluer son niveau de piété, et analyser s’il essaie ou non de l’élever. Chaque membre de la djama’at doit remplir ses devoirs, ce qui lui a été confié dans le cadre de l’obéissance. L’obéissance est un grand devoir qui incombe à chaque membre de la djama’at.

Là où votre obéissance renforcera votre lien avec la djama’at, elle gardera aussi votre descendance attachée à la djama’at. Si le niveau de piété et de Taqwa de votre descendance s’élève, et continue à s’élever, on trouvera toujours des responsables pieux au sein des futures générations.

Il faut imprégner vos cœurs et ceux de votre descendance de cette parole du Saint Prophète Muhammad(s.a.w.), qui nous conseille d’accomplir nos devoirs, dans le malheur comme dans le bonheur, dans la joie comme dans la tristesse, que l’on soit lésé ou privilégié. En toute situation, il faut écouter le dirigeant de l’époque et lui obéir.

Il n’y a aucun dirigeant mondain au sein de la djama’at. Or, l’obéissance envers la hiérarchie de la djama’at doit être faite avec cet esprit que nous devons obéir : peu importe si l’ordre est en notre faveur ou non, nous devons être obéissants et prier. Si jamais vous constatez que le principe de justice est bafoué, vous devez faire remonter l’information auprès du Calife ou bien aux dirigeants supérieurs. Mais il ne doit pas y avoir de rébellion.

Il faut toujours prier qu’en accord avec les paroles du Saint Prophète Muhammad(s.a.w.), nous puissions avoir à la fois sur le plan religieux et mondain des gardiens, des responsables et des dirigeants qui sont tendres envers nous, que nous puissions aimer, qui prient pour nous, et que nous en fassions de même en leur faveur. Il faut qu’on puisse aussi être de ceux à propos desquels le Saint Prophète Muhammad(s.a.w.) avait dit qu’au Jour du Jugement Allah l’Exalté déclarera : « Où sont les personnes qui s’aimaient pour Ma Grandeur et Ma gloire ? Aujourd’hui, il n’y a aucune ombre hormis la Mienne. Je vais leur accorder refuge sous l’ombre de Ma Miséricorde. » Celui qui obtiendra un refuge dans l’ombre de Dieu aura, sans nul doute, gagné les bienfaits des deux mondes.

Qu’Allah fasse que chacune de nos actions soit entreprise dans le but de Le satisfaire, que nous respections les exigences de la communauté de celui qui a été envoyé par Allah l’Exalté, et qui s’était imprégné de l’amour du Saint Prophète Muhammad(s.a.w.), et que nous puissions être à la hauteur des attentes que le Messie Promis(a.s.) avait à l’égard des membres de sa communauté.

A ce sujet le Messie Promis(a.s.) avait une fois dit : « Dieu, le Tout-Puissant, désire que vous deveniez une djama‘at qui offrira l’exemple de la droiture et de la véracité au monde entier. Soyez vigilants et bons, soyez doux et vertueux. »

Votre niveau de véridicité doit être très élevé.

Il ajoute : « Vous ne devez pas vous complaire dans l’impureté, la raillerie ou la dérision dans vos réunions. Marchez sur terre avec des cœurs bons, des tempéraments et des pensées purs. »

Il faut faire preuve de grande humilité. Qu’Allah fasse qu’en mettant en pratique ces recommandations, nous puissions trouver refuge sous l’ombre de Sa Miséricorde.


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