Sermon du vendredi 20 janvier 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Qui parmi nous ignore que la Salat est obligatoire pour tout musulman ? Le Saint Coran attire notre attention à ce sujet en maints endroits et sous différents angles. Selon le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) la Salat est le noyau de l’adoration de Dieu. Il a même déclaré que l’abandon de cette pratique cultuelle rapproche l’homme de la mécréance et de l’idolâtrie. En soulignant l’importance de l’office des cinq prières quotidiennes, il a déclaré qu’au jour du jugement les premiers comptes demandés aux musulmans concerneraient la Salat. Si les comptes sont bons à cet égard on connaîtra le succès et méritera le salut. Au cas contraire on sera perdant.

Le Saint Prophète (saw) conseille aux parents d’encourager les enfants à accomplir la Salat. Quand l’enfant atteint l’âge de sept ans, il faut l’exhorter à respecter cette obligation et à l’âge de dix ans il ne faut pas hésiter à être stricte afin qu’ils accomplissent la Salat.

Or, si les parents en premiers ne sont pas constants dans leurs prières comment encourageront-ils leurs enfants à le faire ?

Si les enfants entendent ce hadith du Saint Prophète (saw) durant une réunion ou par d’autres moyens mais qu’ils constatent que leurs pères n’accomplissent pas régulièrement la Salat à la maison, quel effet ce hadith aurait-il eux ? Certainement les enfants de tels pères croiront que ce commandement n’a aucune importance. En ignorant l’importance d’un précepte tous les autres enseignements islamiques n’auront plus aucun effet sur eux. Ces gens-là ne sont pas les seuls perdants d’après le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : ils causent également la perte de leurs enfants.

Les parents se soucient beaucoup du bonheur matériel de leurs enfants ainsi que de leurs succès ici-bas. Or, ils ne se préoccupent pas de cette pratique essentielle.

La Salat [en soit] n’est pas l’unique moyen permettant au croyant sincère de se purifier spirituellement. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a expliqué ceci en présentant une analogie : « Si une rivière coulait devant la maison d’un des vôtres et qu’il s’y baigne cinq fois par jour, est qu’il subsistera sur sa personne une trace de saleté ? », avait-il demandé. Les compagnons ont répondu : « Certainement pas ! » Le Saint Prophète (saw) d’ajouter : « Ceci est l’exemple des cinq prières. Par l’entremise de celles-ci, Dieu pardonne les péchés et éloigne les faiblesses. »

L’âme de celui qui prie cinq fois par jour est débarrassée de toute impureté. Voilà l’importance de la Salat mentionnée par le Saint Prophète (saw) à travers ce bel exemple.

Or, comme je l’ai souligné il ne suffit pas d’accomplir la Salat : le croyant sincère a été éclairé au sujet de sa purification de manière plus détaillée.

Le Saint Prophète (saw) a déclaré : « Celui qui accompli ses ablutions à la maison, puis se dirige vers la maison d’Allah (la mosquée) pour y accomplir l’une de ses prières obligatoires, de tous ses pas qu’il a faits vers la mosquée, l’un le soulage d’un péché et l’autre l’élève d’un degré. »

C’est-à-dire chacun de ses pas lui fait mériter une récompense.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a mentionné l’importance de la prière en congrégation en ces termes : « Ne voulez-vous pas que je vous informe d’un acte grâce auquel Allah pardonne les péchés et élève les rangs ? » Les compagnons (r.a.), qui à tout instant cherchaient l’occasion de plaire à Dieu, de trouver les voies menant à son plaisir, d’atteindre sa proximité et d’effacer leurs péchés ont déclaré : « Oui Envoyé d’Allah ! Dites-le nous, s’il vous plaît ! »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Accomplir ses ablutions de manière excellente quand on n’en a pas envie, marcher vers la mosquée d’un lieu éloigné et attendre une Salat après l’autre sont autant d’actes qui effacent vos péchés. »

Il ajoute que la Salat est similaire à la protection qu’assurent les avant-postes placés aux frontières. Les avant-postes servent à défendre le pays des attaques ennemies et à repousser toute offensive.

Satan représente le plus grand danger pour le croyant : il doit se méfier de lui et se protéger en plaçant des avant-postes. Satan attaque en suscitant des désirs ayant trait à ce bas monde. Afin de se protéger, il faudra se munir de la prière en congrégation qui fait office d’avant-postes placés aux frontières. La Salat est la brigade de protection qui défend contre des attaques sataniques, qui protège l’homme des péchés et qui l’encourage à accomplir de bonnes œuvres.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous informe également que la Salat en congrégation comporte 27 fois plus de récompenses que celles accomplies individuellement.

Le Messie Promis (a.s.) souligne l’importance de la Salat en congrégation en ces termes : « Des récompenses sont liées à la prière en congrégation. Le but de cette pratique est de favoriser l’unité. Pour ce faire nous avons reçu l’ordre de placer nos talons sur une même ligne et de nous toucher [les épaules] quand nous nous tenons en rang pour la Salat. L’image présentée est celle d’une seule personne. »

Quand on sera en ligne on formera un seul corps et cela générera une seule force.

« [Le but est de transmettre] la lumière d’un fidèle à un autre. Si vous êtes unis vous transmettrez, les uns aux autres, la lumière de votre spiritualité. Ainsi, la division qui naît de l’égoïsme disparaîtra. »

C’est-à-dire tout le monde, riche et pauvre, sera aligné ensemble sur les mêmes rangs : ceci fera disparaître l’égoïsme et l’arrogance que les gens peuvent ressentir.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Sachez que l’homme est capable d’absorber la lumière de l’autre… »

Certains sont plus enclins à accomplir des actes pieux, ils sont plus avancés et influencent autrui. La prière en congrégation est donc très bénéfique afin d’accepter les effets des actions pieuses.

La Salat en congrégation est aussi l’expression de l’unité que Dieu souhaite voir au sein de l’Oummah musulmane et cela permet aussi d’accepter les effets des vertus d’autrui.

Quand des gens pieux et avancés dans la spiritualité ainsi que des faibles se tiendront dans une même rangée, les pieux auront de l’effet sur les faibles. Ils seront ainsi encouragés à accomplir des bonnes œuvres, à marcher vers la voie du succès et à progresser dans la spiritualité. Lorsqu’une telle unité sera créée et quand cette spiritualité prendra de l’ampleur, les forces sataniques s’affaibliront. À notre époque, Allah l’Exalté a envoyé le serviteur parfait du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour nous expliquer la portée réelle de l’Ibadah et des Salat.

Si, d’une part, nous annonçons que nous avons accepté le Messie Promis (a.s.), le serviteur parfait du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) afin d’améliorer notre condition spirituelle et d’établir l’unité, mais que d’autre part nous négligeons la Salat – qui nous permet d’atteindre le but de notre création – comment pourrons-nous affirmer que nous avons progressé spirituellement et que nous respectons l’ordre divin et que nous avons répondu à l’appel du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en acceptant le Messie Promis (a.s.) ?

Comme je l’ai mentionné le Saint Coran, en maints endroits, a évoqué l’obligation et l’importance des cinq prières quotidiennes. Les dires du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que j’ai cités sont très clairs. Ces Salat sont obligatoires pour tout ahmadi. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a aussi mis l’accent sur l’importance de la salat en congrégation et le fait qu’elle est obligatoire à tout homme adulte doué de bon sens et d’intelligence. Or, nous constatons que l’on ne respecte pas entièrement ce commandement et l’on est négligent à cet égard.

Certes la Salat est obligatoire pour un véritable croyant et il doit être vigilant à cet égard. Or, il existe aussi l’organisation de la djama’at. Celle-ci doit faire des rappels à ce sujet et en expliquer les réalités.

J’attire l’attention [des membres] à ce sujet dans chaque deuxième ou troisième sermon que je prononce. Sous un angle ou un autre, j’accentue [souvent] l’importance de la Salat. Or, il incombe aux missionnaires ainsi qu’à l’organisation de la djama’at de diffuser ce message aux autres. Constamment, tout membre de la djama’at doit recevoir le message sur l’importance de la Salat. En réalité nous pourrons nous acquitter de notre devoir en tant qu’Ahmadis quand nous protégerons nos Salat et en tirerons un plaisir spirituel. Quand on commencera à ressentir ce délice et cette félicité spirituelle, l’on sera, automatiquement, vigilant concernant l’accomplissement de la Salat.

Comme je l’ai souligné tout Ahmadi, de son propre chef, doit être attentif à ce sujet : à savoir comment accomplir la Salat afin d’en tirer du plaisir spirituel.

Le Messie Promis (a.s.) cite une analogie pour souligner l’importance de la Salat et pour qu’on puisse en tirer ce délice. « Un ivrogne avalera verre après verre afin de connaître l’ivresse. Le perspicace et le sage tire profit de cet exemple notamment qu’il doit persévérer dans ses actes d’adorations, implorer Dieu et être régulier dans ses Salat, jusqu’à ce qu’il en tire plaisir. »

Le plaisir de l’ivresse est l’objectif principal de l’ivrogne. Lorsqu’il consomme de l’alcool, il se fixe un seuil de plaisir à atteindre. De même, le croyant imbu de spiritualité doit se fixer un but à atteindre par rapport à sa Salat. Il doit faire des efforts constants et c’est là qu’il ressentira ce plaisir.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « L’esprit et toutes les aptitudes [du croyant] doivent être consacrés à la Salat et à l’acquisition de ce plaisir. »

Quand l’adorateur prie, il doit avoir à l’esprit cet objectif et user de toute sa concentration et de toutes ses aptitudes afin de profiter de cette félicité. Pour se faire il faudra affiner sa détermination. S’il est déterminé, il sera aussi constant.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Animé de sincérité et d’ardeur, on doit ressentir, tout au moins, une détresse et une peine ressemblant à celle de l’ivrogne pour que naisse la supplique [adressée à Dieu lui demandant] d’accorder ce plaisir. Certainement l’on en tirera du plaisir suite à des efforts incessants en ce sens. »

Quand l’on sera animé de cette détresse et de cette douleur à vouloir tirer du plaisir de la Salat et lorsqu’on exprimera, à maintes reprises, cette anxiété lors de la Salat, selon le Messie Promis (a.s.), l’on goûtera certainement à ce délice.

Le Messie Promis (a.s.) nous explique aussi que selon Allah l’Exalté, la Salat protège de toute indécence et du mal. Or, nous constatons que certains commettent des péchés malgré leur Salat. D’ailleurs, d’aucuns soulèvent des questions à ce sujet. La réponse, selon le Messie Promis (a.s.), est que ces personnes n’accomplissent pas la Salat en étant animées de l’esprit nécessaire et en étant imbu de vérité. Ces gens se cognent le front [au sol] par tradition et habitude. N’oublions pas qu’Allah affirme que la Salat protège du mal. C’est une vérité indéniable et la parole de Dieu n’est point fausse. Ceux qui ne se débarrassent pas de leurs défauts en dépit de leurs salats accomplissent une salat de forme sans en saisir l’essence. C’est là une situation inquiétante qui doit pousser chacun d’entre nous à analyser sa situation.

Si nous tirons du plaisir de la Salat ou si nous sommes fermement déterminés à en tirer plaisir, comment est-il possible que certains d’entre nous négligent cette pratique ?

Chacun tire, à un moment ou un autre, plaisir de sa Salat. Quand on est en difficulté ou inquiet on pleure au cours de la Salat. Tout en marchant l’on implore Allah l’Exalté et l’on se tourne vers Lui. Et c’est pour cette raison que l’on se consacre à l’adoration de Dieu. Ces sentiments naissent dans le cœur de la personne en détresse et son attention se tourne dans cette direction : d’où sa constante attention sur la prière.

Or, lorsque les désirs sont assouvis et que les malheurs disparaissent, les supplications de beaucoup ne sont plus empreintes d’humilité.

Que nous soyons dans le bonheur ou le malheur, dans l’aisance ou l’adversité nous devons constamment avoir pour objectif ce délice de la Salat qui mène à l’ivresse. Nous devons nous évertuer en ce sens. Or, cela ne doit pas concerner que notre personne. La situation générale de la société doit aussi engendrer cette douleur dans le croyant. Quand l’on ressentira cette inquiétude, des supplications empreintes de douleur sortiront de nos cœurs.

La situation de la djama’at est très difficile au Pakistan. On lance, de toutes parts, des flèches de haine contre les Ahmadis.

Par peur des mollahs ou en raison des malentendus qu’ils engendrent, des anciennes connaissances non-ahmadis se montrent de plus en plus hostiles à l’égard de la djama’at. En général, ces persécutions sont arrivées à leur apogée.

En pareille situation, tous les ahmadis du Pakistan doivent tenter de tirer du plaisir de leur Salat et ils doivent aussi faire en sorte à ce que leurs mosquées soient remplies.

Récemment, j’ai reçu, de la part de la Khuddam Ul Ahmadiyya du Pakistan, un rapport sur la mise en application des décisions de la Shoura. Ils disaient qu’ils avaient atteint le nombre de participants escompté dans des [programmes concernant] la réforme morale et spirituelle. Ce progrès est tout à fait louable.

Un des points du rapport faisait ressortir que tant milliers de Khuddam écoutent mon sermon du vendredi. Or, le constat inquiétant est que ceux qui accomplissent la prière en congrégation correspondent au tiers de ceux qui écoutent mon sermon. Ou peut être un peu plus. De plus, le nombre de khuddam qui accomplit la Salat régulièrement était bien inférieur au nombre de ceux qui écoutent le sermon. À quoi bon écouter le sermon si nous ne sommes pas attirés vers Dieu et vers cette obligation fondamentale et très importante ?

Comme je l’ai déclaré, j’attire souvent l’attention des gens vers la prière en congrégation ainsi que vers l’adoration dans mes sermons. Si cela n’a aucun effet, il ne sert à rien de remplir des cases de chiffres. Si la [présente] situation [déplorable] des ahmadis au Pakistan, telle que je l’ai mentionnée, ne nous pousse pas à nous tourner vers Dieu, quand le ferons-nous ? Voulons-nous – que Dieu nous en préserve – éprouver Allah, en disant que nous ne changerons pas et qu’il incombe à Dieu de changer nos situations ? Si vous entretenez pareilles opinions vous n’avez aucun droit d’émettre des reproches à l’égard d’Allah. Dieu a nulle part déclaré : « Étant donné que vous avez accepté le Messie Promis (a.s.), je vous accorderai du succès peu importe vos actions, que vous respectiez vos devoirs envers Moi ou pas. » Afin de connaître le succès il faudra se transformer en fonction des désirs de Dieu.

Je viens de mentionner un rapport de la Khuddam ul Ahmdiyya. Cela ne signifie point que cette faiblesse existe uniquement chez les Khuddams. Les Ansars sont dans le même lot. Tous les Ahmadis du Pakistan doivent donc y prêter une attention particulière. Vous n’obtiendrez pas de succès en dormant ou en étant insouciant. Vous l’obtiendrez en plaçant des chevaux et des avant-postes à vos frontières. Ceux qui ont quitté le Pakistan, ceux qui vivent dans les pays développés et ailleurs dans le monde sont dans la même condition. Nous ne pouvons affirmer qu’en s’établissant à l’extérieur du Pakistan ils sont constants dans la Salat.

Si on analyse l’état des djama’at nous verrons qu’il y a beaucoup de manquements à l’égard de la prière. Si, dans chaque pays, les organisations auxiliaires font une juste évaluation de leur situation, les résultats seront évidents. Mais ceux qui ont émigré du Pakistan doivent en particulier, avoir à l’esprit qu’Allah l’Exalté a répandu Ses grâces sur eux, qu’ils doivent L’en remercier.

Dans certaines djama’at, la participation aux Salat est bonne. Or certains manquent quelques prières et d’autres omettent même d’accomplir l’une des cinq. L’une des raisons est que la djama’at n’attire pas leur attention à ce sujet. L’organisation de la djama’at a aussi d’autres priorités.

Premièrement mes sermons ne sont pas écoutés par tout le monde. Il est faux d’affirmer que 100 % des personnes les écoutent. Même si les membres écoutent ces sermons, il incombe à l’organisation de la djama’at faire des rappels de manière constante. C’est pour cela qu’une organisation existe au sein de la djama’at : elle a pour vocation de s’occuper de l’éducation morale et spirituelle des membres.

Ces derniers jours j’ai rencontré la Majlis-e-Amla d’une djama’at locale, dont le président m’a dit que depuis son élection il avait mis beaucoup d’emphase sur les finances et qu’ils avaient ainsi très rapidement progressé dans ce domaine. Je lui ai dit : « Vous avez certes accompli des avancées en cette matière, mais qu’avez-vous entrepris pour ce qui est essentiel et obligatoire pour un croyant, à savoir la Salat ? » Il est resté silencieux. Lorsque j’ai demandé des détails et des précisions au sujet de la participation aux prières de Fajr et d’Isha, les statistiques avancées étaient certes nettement meilleures, mais cela n’était pas dû aux efforts de la Nizam. Si plus de personnes prennent du plaisir à prier, les finances s’amélioreront d’elles-mêmes : lorsque le degré de piété augmente, on consent naturellement à davantage de sacrifices financiers.

De plus, les affaires de l’Umur-e-Ama et de la Qada se régleront en grande partie. Si tout le monde commence à prier comme il se le doit, les autres départements seront également plus actifs. Ces jours-ci, le risque d’une guerre et d’une destruction [à grande échelle] s’accroît très rapidement non seulement au Pakistan, mais également dans le monde entier. Les gouvernements ont commencé à exprimer leurs inquiétudes à ce sujet et ils commencent à prendre certaines mesures.

Par les temps qui courent, seule la protection d’Allah nous sauvera. De nombreuses personnes m’écrivent et me demandent : « Que devrons-nous faire quand la guerre débutera ? » Je leur réponds que s’ils veulent se prémunir de ces dangers il faut aimer Dieu, Celui qui fait des merveilles, comme l’a dit le Messie Promis (as). Il n’y a qu’une manière de L’aimer : c’est d’accomplir nos actes d’adorations conformément à Ses commandements, en essayant d’y prendre du plaisir.

La majorité des gens oublient Dieu en voyant les richesses de ce monde lorsqu’ils viennent dans ces pays. Ils croient que leurs habitants ont obtenu ces richesses grâce au développement de ces pays. Ils se disent que ces gens sont très avancés et ont eu du succès sans accomplir de bonnes œuvres ou des actes d’adoration. D’aucuns pensent être bien meilleurs que les Occidentaux parce que sur cinq prières obligatoires ils en accomplissent au moins deux ou trois. N’oublions pas qu’un châtiment est prévu dans l’Au-Delà pour ceux qui oublient Dieu. Il ne faut pas les suivre. Si nous souhaitons nous préserver du châtiment d’Allah l’Exalté et protéger notre progéniture, ne nous attardons pas sur leur apparence superficielle. Suivons plutôt l’enseignement divin que nous avons reçu.

Après avoir ordonné de croire en Lui, Allah nous enjoint d’accomplir la Salat. Tout Ahmadi, homme et femme, doit être très vigilant quant à l’observance de la Salat. Les hommes doivent être particulièrement vigilants au sujet de la Salat en congrégation. À cette époque, le Messie Promis (as) nous a éclairés de manière très claire au sujet de l’importance de la prière, de la manière de l’accomplir, sur sa philosophie. Par Sa grâce, Allah nous a permis de l’accepter, mais si malgré cela nous ne mettons pas en pratique ce qui est le plus essentiel, et si comme les autres musulmans nous nous contentons d’accomplir deux ou trois prières, cette bai’ah n’a aucun intérêt.

Je présente quelques paroles du Messie Promis (as) dans lesquelles il nous explique, sous différents angles, le niveau qu’il souhaitait que nous atteignions dans la Salat.

Le croyant proclame l’Unicité de Dieu en énonçant la formuleLa Illaaha Ilallah. Mais qu’est-ce que l’Unicité d’Allah (la Tauheed) ?

Le Messie Promis (as) explique : « Ayez toujours à l’esprit et n’oubliez pas, qu’adorer quelque chose d’autre qu’Allah met un terme à notre relation avec Lui.

Il ajoute : « Quel que soit l’état de la prière ou de l’unicité de Dieu, l’application pratique de la Tauheed est la Salat. Elle ne comporte aucune bénédiction et s’avère inutile tant qu’il n’y a pas l’annihilation de soi, l’humilité et un cœur qui se prosterne devant Dieu. Écoutez bien ! La déclaration divine : « Appelez-moi et je vous répondrai » exige une âme pure. Sans véritable dévotion et humilité ces paroles de prières ne valent pas mieux que le jacassement d’un perroquet. Il faut s’évertuer à purifier son âme. Il faut s’humilier, sinon il n’y a aucun intérêt. »

Comme mentionné précédemment, Allah l’Exalté accepte les supplications faites avec humilité. Le Messie Promis (a.s.) explique ensuite que la Salat est composée de postures diverses. La position debout, la génuflexion, la prosternation, manifestent un état de détresse et d’anxiété. L’humilité qui se manifeste à travers ces postures « doit produire une ardeur dans le cœur et une détresse. Lorsque nous atteindrons cet état, que l’on soit en prosternation, debout, ou incliné nous allons ressentir du plaisir. »

Le Messie Promis (a.s.) explique que la prière permet l’adoration et provoque une véritable humilité, effaçant ainsi les péchés. Il déclare : « Lorsque l’âme d’une personne s’annihile (c’est-à-dire qu’à chaque instant elle est humble, et n’a aucune estime pour elle) alors elle coule vers Dieu telle une source. Et mis à part Allah, elle se coupe de toute autre chose. Sur ce l’amour d’Allah l’embrasse. »

Lorsqu’une personne, après avoir réalisé des efforts et méritée la grâce d’Allah, rompt toutes ses relations exceptées celle avec Allah, elle est inondée par l’amour d’Allah. Lorsque cet amour divin s’abat sur une personne, il efface ses péchés et l’intéressé ressent un réel plaisir dans ses prières.

Au lieu de faire des reproches et au lieu de penser que nous n’arrivons pas à ressentir du plaisir dans nos Salat, nous devons tenter d’établir cette relation particulière avec Allah l’Exalté. Analysez votre situation, voyez si vous bâclez la Salat ou si vous respectez ses exigences.

Le Messie Promis (a.s.) nous explique la manière de ressentir du plaisir et d’acquérir la lumière pendant la prière. « Il est très important d’être constant dans la Salat, afin qu’elle devienne une habitude ancrée et que l’attention soit tournée vers Dieu. Peu à peu cela se concrétisera. Elle se transformera en une vraie habitude. Peu à peu viendra le moment où l’homme coupera toutes ses relations exceptées celle avec Dieu. Il ressentira du plaisir, acquerra de la lumière et se coupera du monde. »

Il consacrera son attention à Allah l’Exalté et commencera à ressentir du plaisir dans la prière.

Ainsi, tout d’abord il est essentiel de faire naître en soit l’habitude d’accomplir la Salat. Il faudra s’astreindre à respecter l’office des cinq prières quotidiennes, que l’on constate ou pas au cours de son vécu les avantages de la Salat. L’on doit accomplir en tout cas la Salat car elle est obligatoire. Il est essentiel d’avoir constamment à l’esprit que l’on doit se tourner vers Allah l’Exalté pour chacun de nos besoins. C’est à lui qu’il faudra demander. Si cette constance perdure, tôt ou tard, l’on respectera toutes les exigences de la Salat, l’on tirera du plaisir de la Salat.

Quand on vous questionnera à ce sujet, vous n’allez point répondre comme certains : « Je fais des efforts pour accomplir la Salat, mais je suis paresseux. »

Le Messie Promis (a.s.) a déclaré que la paresse surgit quand on ignore l’importance de la Salat et quand l’homme accorde plus d’importance à tout autre qu’Allah. Si l’on place une confiance absolue en Allah l’Exalté, il est impossible d’être paresseux.

Afin de se prémunir des effets néfastes de la situation que connaît le monde ces temps-ci et d’en protéger aussi ses générations futures, il est très important de se tourner vers Allah l’Exalté en toute sincérité. L’accomplissement de la Salat et sa protection sont les meilleurs moyens que nous ont enseignés Allah, Son Prophète et le Messie Promis (a.s.).

Le Messie Promis (a.s.) déclare dans un endroit : « Sachez que le but de se joindre à cette communauté n’est pas d’acquérir les [biens] de ce monde, mais le plaisir de Dieu le Très Haut, car ce monde est éphémère. Tôt ou tard il prendra fin, tout comme il est dit dans un vers en persan :

« Que la nuit soit fraîche ou torride, elle passera. »

C’est-à-dire que la situation soit bonne ou mauvaise, elle passera.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Abandonnez entièrement le monde et ses objectifs et ne les mêlez point à la foi, car le monde est éphémère. La foi et ses fruits, quant à eux, subsisteront. La vie ici-bas est très courte. À tout instant, des milliers de gens rendent l’âme. Épidémies et maladies en tout genre ravagent le monde : parfois le choléra sème la destruction et à présent c’est la peste (cette épidémie sévissait à son époque). Qui sait qui vivra pour combien de temps ? Étant donné que l’on ignore quand frappera la mort, être insouciant à son égard est le comble du fourvoiement et de la sottise. D’où la raison de se soucier de la vie dans l’Au-delà. Allah sera miséricordieux à l’égard de celui qui se soucie de sa vie future. Allah promet de distinguer l’homme des autres s’il devient un croyant accompli. D’où la raison de se faire croyant en premier lieu : a cet effet il ne faudra point mêler les objectifs mondains aux buts réels de la bai’ah que sont la crainte divine et la Taqwa.

Soyez constants dans la prière et consacrez-vous au repentir et à l’istighfar. Protégez les droits des êtres humains et ne lésez personne. Progresser dans la droiture et la pureté : c’est là qu’Allah vous accordera tout type de faveur. Conseillez vos femmes à la maison d’accomplir la Salat avec constance, empêchez-les de se plaindre et de s’adonner à la médisance. Enseignez-leur la pureté et la droiture. Mon but est uniquement de conseiller. Vous avez, quant à vous, la tâche de traduire mes conseils dans la pratique. »

Avant de conseiller les non musulmans et les non ahmadis, les femmes et les enfants, il faudra, soit même être un exemple de pureté et de droiture.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Faites vos supplications à Dieu durant les cinq offices quotidiens de la Salat. Il ne vous est pas interdit de prier Dieu dans votre langue maternelle. La Salat ne peut être pratiquée correctement que si l’adorateur y concentre toute son attention ; et pour réaliser cela, il doit obligatoirement se faire humble, et pour se faire humble il doit comprendre ce qu’il est en train de réciter. Il en découle donc, que si l’on prie Dieu dans sa propre langue, cela engendrera plus de ferveur et l’âme y sera davantage absorbée.

Cependant, cela ne veut aucunement dire que vous devriez délaisser les prières prescrites, et faire la Salat dans votre propre langue. Assurément, tel n’est pas mon propos. Ce que je veux dire, c’est qu’après avoir récité les prières prescrites, vous devriez également prier Dieu dans votre propre langue. Des bénédictions particulières sont rattachées aux prières prescrites. La Salat signifie la prière. Priez donc Dieu au cours de la Salat pour qu’Il vous délivre des calamités de ce monde et de l’autre, pour qu’Il vous accorde un heureux sort et pour que vos œuvres soient en accord à son plaisir. Priez également pour vos épouses et vos enfants. Soyez bons et défaites-vous de tout ce qui est malsain. (Malfouzat, vol. VI, p. 146.)

Qu’Allah fasse que nous puissions protéger nos Salat, que nous soyons réguliers à cet égard, que nous les accomplissions uniquement afin de mériter le plaisir divin, que nous goûtions au plaisir et au délice de nos Salats. Que nous ne soyons jamais négligents à cet égard. Comprenons ce point : nous serons à l’abri des calamités et les malheurs de ce monde quand nous respecterons toutes les exigences de l’adoration d’Allah l’Exalté. Qu’Allah nous en accorde la possibilité !


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