Sermon du vendredi 13 janvier 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Certaines personnes estiment que la religion leur refuse leur liberté et leur impose des restrictions. Or, Allah dans le Saint Coran déclare :

وَمَا جَعَلَ عَلَيْكُمْ فِي الدِّينِ مِنْ حَرَجٍ

C’est-à-dire qu’Allah ne vous a imposé aucune difficulté en matière de religion. Le but de la Shariah est d’alléger le fardeau de l’homme, voire de le protéger des malheurs et des dangers. Dans cette déclaration, Allah explique que l’Islam – religion révélée pour l’humanité – ne contient aucun commandement nuisible à celle-ci. Tous les commandements – du plus petit au plus grand – sont porteurs de grâce et de bénédictions.

L’opinion de l’homme est erronée, mais pas la parole d’Allah. Si, en tant que créatures d’Allah, nous refusons de suivre ses commandements, nous nuirons à nos personnes. Si l’homme n’use point de son intelligence, Satan – qui dès le premier jour a promis d’égarer l’humanité – le jettera dans le gouffre de la destruction. Si nous voulons nous prémunir de ses attaques, il faudra accepter les commandements d’Allah l’Exalté.

La négligence de certains commandements que l’on considère comme insignifiants, engendre, avec le passage du temps des conséquences extrêmement désastreuses. Le croyant ne doit jamais mépriser aucun commandement divin. Nous constatons aujourd’hui que la majorité des gens se sont écartés de la religion : d’où leur norme sans cesse changeante du bien et du mal. À titre d’exemple, nous constatons aujourd’hui que les hommes et les femmes se dénudent au nom de la liberté et de la mode. Le signe du progrès est de se vautrer dans l’indécence au grand jour. La pudeur est quasi non existante. Évidemment pareil environnement influe sur nos garçons et nos filles résidant ici parmi ces gens. D’ailleurs, dans une certaine mesure, ils sont en train de subir cette influence.

Certaines filles atteignant l’adolescence m’écrivent pour me demander pourquoi l’Islam préconise le port du voile islamique [et des vêtements modestes]. « Pourquoi ne pouvons-nous pas sortir sans burqa, sans voile, sans manteau et rien qu’en portant des jeans serrés et une blouse ? Pourquoi ne pouvons-nous pas nous vêtir comme les filles libres d’Europe ? », demandent-elles.

Premièrement, sachons que nous devrons appliquer les préceptes de la religion si nous souhaitons nous y cramponner. Si nous annonçons que nous sommes musulmans et que nous nous cramponnons aux préceptes religieux, nous allons devoir respecter ces derniers et appliquer les commandements d’Allah l’Exalté et de son Prophète (s.a.w.).

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « La pudeur fait partie de la foi. »

Ainsi le port des vêtements modestes et la ségrégation [entre hommes et femmes] sont autant de moyens pour protéger notre foi.

S’étant écartées très loin de la religion [les populations] des pays développés ont mis fin à la pudeur au nom de la liberté et du progrès. Une jeune femme ahmadie promet de préférer la foi à ce monde en acceptant le Messie Promis (a.s.). Il en est de même dans le cas de tout jeune, tout homme ou toute femme ahmadis. Or, l’on pourra accorder cette préséance à la foi lorsqu’on conformera sa conduite à ses préceptes.

Nous sommes chanceux que le Messie Promis (a.s.) nous a tout expliqué en détail. En évoquant le sujet de l’impudeur et de l’indécence, il déclare dans un endroit :

« À l’instar de [la société] européenne, on insiste [ici] à vouloir abolir toute forme de décence. Or, ceci n’est point approprié. Cette liberté accordée aux femmes est la racine de la débauche et de la dissipation. Voyez un tant soit peu l’état moral de ces pays où règne cette liberté. J’admettrai que je suis en tort si cette licence et cette impudicité ont accru leur chasteté et leur pureté. Or, il est évident que de grands dangers guettent les jeunes hommes et les jeunes femmes se côtoyant dans un environnement libre et mixte. On est disposé à lancer des regards lascifs et à être emporté par ses passions charnelles. En dépit du port du voile l’on commet transgression et actes de débauche : que se passerait-il si on accordait la liberté ?

Les hommes [d’aujourd’hui] sont à l’instar des chevaux débridés : ils ne craignent pas Dieu, ne croient pas à [l’existence de la vie dans] l’Au-delà et ont fait de leurs plaisirs matériels leurs dieux. Il faut en premier rectifier l’état moral avant d’accorder cette liberté et de permettre cette mixité. L’on pourra débattre sur la nécessité ou non du port du voile et [de la séparation entre les hommes et les femmes], si l’on arrive, en premier, à rectifier l’état moral des hommes et si ces derniers arrivent, au minimum, à maîtriser leurs pulsions charnelles. Insister, dans le climat actuel, sur la liberté et une relaxe [des règles] de la modestie, reviendra à placer des chèvres devant des lions. Pourquoi ces gens ne réfléchissent-ils pas sur cette question ? Qu’ils usent, tout au moins, de leur conscience : les hommes se sont-ils à ce point réformés pour qu’on place devant eux des femmes dévoilées ? »

Les maux qui gangrènent la société d’aujourd’hui attestent de la pertinence de chaque parole du Messie Promis (a.s.). Il incombe à tout garçon et fille, tout homme et femme ahmadis de rehausser le niveau de leur pudeur et de tenter de se protéger des bassesses de la société au lieu de questionner la nécessité des règles de la modestie islamique ou d’être victime de complexe d’infériorité à cet égard. Ou de demander, [dans le cas des jeunes femmes] : « Pourquoi ne pouvons-nous pas porter des jeans serrés et des blouses ? » Il incombe aux parents, et en particulier à la mère, d’informer leurs enfants, dès leur jeune âge, à propos des enseignements de l’Islam et des fléaux qui sévissent dans la société. Ce faisant nos générations futures respecteront les préceptes de la religion et seront à l’abri du poison de ces sociétés prétendues développées.

Vivant dans ces sociétés, les parents doivent accomplir un grand jihad afin de lier leurs enfants à la religion et de protéger [leur] chasteté. Pour ce faire les parents doivent servir d’exemples.

Une jeune femme m’a m’informer récemment qu’elle a fait de grandes études et qu’elle espère trouver un emploi dans une banque. Elle m’a demandé : « Pourrais-je travailler dans cette banque, même s’il y est interdit de porter le voile, de se vêtir selon les règles islamiques ou de porter un long manteau ? Quand je sortirai du travail je porterai de nouveau le hijab. J’ai aussi entendu que vous aviez dit que les femmes [ahmadies] employées peuvent enlever leur burqa ou hijab sur leur lieu de travail. »

Cette jeune femme a eu tout au moins la décence d’ajouter : « Je n’accepterai pas cet emploi si vous me l’interdisez. »

J’évoque ce sujet car de nombreuses jeunes femmes posent ces questions. En certaines situations les femmes médecins ne peuvent porter la burqa traditionnelle ou le hijab : à titre d’exemple quand elles opèrent, elles portent généralement une coiffe, un masque et des vêtements amples. En sus de cela, les femmes médecins peuvent porter le voile.

La docteure Fahmeedah était une de nos médecins à Rabwah. Nous l’avions toujours vue voilée. La docteure Nusrat Jahan était une femme qui respectait minutieusement le principe du voile. Elle avait terminé une partie de ses études à Londres et y venait tous les ans afin d’accroître ses compétences professionnelles. Elle portait le voile tous les temps et respectait, rigoureusement, le principe du voile.

Personne ne lui a jamais fait des remarques par rapport à son voile ici, ni même durant son travail. Cela n’a eu aucun effet sur ses compétences professionnelles. Elle a aussi participé à de grandes opérations chirurgicales. Si nos intentions sont bonnes, des voies conformes aux principes de notre religion s’ouvriront à nous.

Ainsi, j’avais aussi dit à celles qui sont aptes à faire de la recherche qu’elles ont le droit de porter la tenue exigée dans des laboratoires. Elles peuvent ne pas se voiler, car en des lieux pareils on demande de porter une coiffe de toute manière. Mais dès qu’elles sortent, ces jeunes femmes doivent porter le voile demandé par l’Islam.

Travailler dans une banque n’est pas un métier par le biais duquel nous aidons l’humanité. C’est pour cela qu’il n’est pas autorisé d’enlever le voile pour tout métier ordinaire, encore moins celui dans lequel l’on porte des vêtements de tous les jours en appliquant du maquillage et non une tenue spécifique.

N’oublions jamais qu’afin de préserver sa chasteté il faudra se vêtir modestement et décemment. Porter des vêtements modestes fait partie de la Pardah (c'est-à-dire, les règles de l’Islam régissant le port du voile et de la modestie).

Si nous commençons à être laxistes quant au port du voile, petit à petit nous apporterons des changements dans notre tenue modeste en cherchant des prétextes. Nous nous imprégnerons des couleurs de cette société qui se dirige à grande vitesse vers l’indécence.

Le monde tente déjà d’écarter les croyants de leur religion, en particulier les musulmans. En Suisse, une fille avait intenté un procès pour contester sa participation à des cours de natations mixtes. Elle n’était pas d’accord avec son école qui l’obligeait à le faire. Elle a demandé de participer à des cours de natations exclusivement pour filles. Les juges de la cour [européenne] des droits de l’homme a déclaré : « C’est certainement ton droit de vouloir nager séparément. Mais ce n’est point un problème grave au point que nous rendions un verdict en ta faveur. »

Chaque fois qu’il est question de l’Islam ou de la pudeur des femmes, les organismes de défense des droits de l’homme cherchent des excuses.

Les ahmadis doivent donc être plus vigilants dans de telles situations. Si les écoles obligent les petites filles à participer à des cours de natations mixtes, elles doivent se couvrir, mettre la tenue adéquate – qu’on appelle le burkini afin que dès un jeune âge ces enfants sachent que nous devons porter des vêtements décents. Les parents doivent également expliquer à leurs enfants que garçons et filles doivent nager séparément.

Les forces anti-islamiques remuent ciel et terre afin que les enseignements et les traditions de l’Islam disparaissent parmi les musulmans. Elles tentent de faire disparaître la religion au nom de la liberté d’expression et de la liberté de conscience afin que personne ne les accuse de l’avoir fait sciemment et qu’elles soient considérées comme sympathisantes.

À l’instar de Satan, elles lancent des attaques enrobées de douceur. N’oublions pas qu’à cette époque la tâche de la renaissance de l’Islam a été confiée à la communauté du Messie Promis (as). Nous devons, à cet effet, faire des efforts et être prêts à subir peines et souffrances.

Nous n’allons pas nous battre, mais nous allons agir contre ces forces avec sagesse. Si aujourd’hui nous acceptons une de leurs conditions ayant trait à nos préceptes religieux, peu à peu on va imposer des sanctions sur nombre de nos pratiques et de nos enseignements.

Nous devons mettre beaucoup d’accent sur la prière afin que Dieu nous octroie la force de combattre ces attaques sataniques et qu’Il nous vienne en aide.

Si nous sommes établis sur la vérité – et nous le sommes certainement – notre victoire sera assurée. Les enseignements islamiques auront le dessus dans le monde.

Le Messie Promis (as) déclare à un endroit : « La vérité est accompagnée de courage et de bravoure. Le menteur, quant à lui, est un peureux. Celui qui mène une vie d’impureté et de péché vit toujours dans la peur et ne peut combattre. À l’instar d’un véridique, il ne peut prouver sa véracité et sa chasteté avec bravoure. Réfléchissez un tant soit peu sur les relations d’ici bas : toute personne ayant reçu, de la part de Dieu, quelque statut éminent fait des jaloux. Toute personne jouissant d’un statut élevé se fait des envieux qui se cramponnent à lui. Il en est de même dans le monde spirituel. Satan est l’ennemi de la réforme. L’homme doit donc préserver vierge son casier et être en règle vis-à-vis Dieu. Il faut que Dieu soit satisfait de lui : il ne doit ensuite craindre personne et se soucier de personne d’autre. Protégez-vous des situations susceptibles de vous attirer le courroux [divin]. Or, cela est impossible sans l’aide invisible et la grâce divine. L’effort de l’homme, sans être accompagné de la grâce divine, ne suffit point. L’homme est faible, rempli de défaut, entouré de difficulté. Priez afin que Dieu vous accorde la possibilité d’accomplir de bonnes œuvres et d’être les récipiendaires de Son aide invisible et de Sa grâce. »

Nous avons besoin de convaincre le monde par le biais des supplications : pour cela nous devons établir un lien ferme avec Dieu. N’oublions pas que les autres religions n’étaient pas destinées à être éternelles. Elles ont rempli les exigences de la réforme de leurs époques respectives avant de mourir. Leurs Écritures religieuses ont connu, pour cette raison, beaucoup d’interpolations et de changements.

Or, le Coran a été protégé car l’Islam est une religion éternelle et ses enseignements sont valables jusqu’au jour du jugement. Ainsi, il faut respecter ses enseignements sans être victime d’aucun complexe d’infériorité.

Il faut que nous soyons fermes dans sa pratique et que nous informions les autres que leurs actes sont contraires au désir de Dieu et qu’ils les mènent vers leur destruction. L’Islam n’impose pas des restrictions illégitimes à l’homme. L’enseignement de l’Islam est aussi empreint d’indulgence, là où celle-ci est nécessaire. Par exemple, parfois des médecins hommes doivent examiner des patientes : il n’y a pas de restriction sévère en ce qui concerne le port du voile dans ce contexte. L’objectif principal est de sauver la vie humaine et de l’aider à surmonter ses difficultés. C’est là l’ultime objectif de l’Islam ; tout comme il est autorisé de consommer de la chair d’une charogne et du porc lorsqu’on y est contraint, mais uniquement pour sauver sa vie. De même, l’alcool est utilisé dans certains médicaments. Mais cette force satanique souhaite que nous marchions sur une autre voie, ayant en tête l’objectif de faire disparaître les limites de la religion et de l’oblitérer complément.

C’est à l’encontre de cela, que nous, les ahmadis, devrons faire le Jihad, et cela ne sera possible uniquement que si nous accordons préséance aux enseignements islamiques sur toute chose, et si nous nous prosternons devant Dieu, afin que par l’aide divine nous puissions obtenir le succès. Aucun Jihad avec l’épée ne sera mené à l’époque du Messie. Il y aura, au contraire, un Jihad pour la réforme de notre âme.

Je m’adresse à tous les musulmans ahmadis du monde, en particulier à ceux qui habitent dans les pays développés. Ils doivent tenter d’atteindre de hauts statuts, afin de prouver leur fidélité envers leur pays, de présenter tout sacrifice pour celui-ci et afin de contribuer à son progrès. Lorsqu’on y arrivera on fera taire toutes les puissances sataniques, car elles verront, qu’au lieu de comploter contre le pays, les musulmans sont des exemples pratiques de contribution au progrès de la nation et du peuple. Nous devons convaincre ces gens et les gouvernements que si nous respectons nos enseignements religieux ou nous y conformons nos actes, l’État et les tribunaux n’ont pas à y interférer. Au cas échéant, cela mènera à des tensions et créera une scission entre les autochtones et les immigrés. D’ailleurs, ceux qu’on nomme « des immigrés » sont, pour la plupart, dans ces pays depuis deux, voire trois générations. Certes si certains nuisent à leur pays, s’ils ne sont pas fidèles envers la nation, ou s’ils propagent le mensonge et la haine, l’État a toute la légitimité de les arrêter et les punir. Mais ils n’ont pas le droit d’empêcher [les musulmans] de respecter leurs enseignements religieux, en avançant comme argument qu’ils ne se sont pas intégrés s’ils le font.

En tant qu’ahmadis n’oublions jamais que nous vivons à une époque très dangereuse : Satan lance des attaques puissantes de toutes parts. Si les musulmans, particulièrement les musulmans ahmadis, hommes, femmes, jeunes, ne tentent pas de se cramponner aux enseignements religieux, notre protection ne sera pas garantie. Nous serons encore plus condamnables aux yeux d’Allah, car ayant compris la vérité expliquée par le Messie Promis (a.s.) nous ne l’avons pas suivie. Si nous aspirons au salut nous devons vivre dans ce monde en ayant une confiance ferme en l’enseignement islamique. Ne croyez jamais que le progrès de ces pays développés est le garant du nôtre et de notre vie et qu’en cela se trouve notre salut. Le progrès de ces pays développés est arrivé à son apogée. L’état de leurs mœurs et leurs actions immorales les mènent jusqu’au déclin. D’ailleurs les conséquences se sont déjà manifestées. Ils sont en train de provoquer la colère d’Allah l’Exalté, ainsi que leur destruction. Dans ce contexte, par sympathie pour l’humanité, il nous incombe de les sauver en leur montrant le droit chemin, au lieu de devenir comme eux.

Si leur réforme n’est pas faite – ce qui semble être très difficile au vu de leur arrogance et de leur éloignement de la religion – alors le futur progrès mondain sera entre les mains des peuples qui posséderont de bonnes mœurs et qui auront une considération pour les religions. Comme je l’ai dit précédemment, nous, et en particulier les jeunes, devons prêter attention aux enseignements d’Allah l’Exalté. Au lieu de subir les influences mondaines et de les suivre, il faut inciter le monde à nous suivre.

J’ai commencé à parler du voile et des habits, j’aimerais ajouter à ce sujet, et avec désarroi, que certains se demandent si le respect du port du voile est la seule chose importante pour le progrès de l’Islam et l’Ahmadiyyah. Certains disent que cet enseignement est obsolète et que si nous souhaitons affronter le monde il faut que nous l’abandonnions (qu’Allah nous en protège !). Ces gens doivent savoir que si nous suivons les gens d’ici bas et si nous vivons comme eux, alors au lieu d’affronter le monde, nous allons nous-même devenir comme eux. Nos Salat, peu à peu, seront de pure forme, à l'instar d’autres actions pieuses ou de notre respect des autres enseignements religieux. Il n’en subsistera que la forme, avant qu’ils ne disparaissent.

Il ne faut point considérer comme insignifiant aucun des enseignements d’Allah : c’est quelque chose dont nous devons tous avoir peur. Tous les enseignements d’Allah et de son Messager sont importants pour le progrès de l’Islam.

Les limites imposées par l’Islam au sujet du respect du voile ne concernent pas uniquement les femmes. Les hommes le sont aussi.

Allah l’Exalté a enseigné d’abord aux hommes ce qu’est la pudeur ainsi que la modestie. Il dit à cet effet :

قُلْ لِلْمُؤْمِنِينَ يَغُضُّوا مِنْ أَبْصَارِهِمْ وَيَحْفَظُوا فُرُوجَهُمْ ذَلِكَ أَزْكَى لَهُمْ إِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا يَصْنَعُونَ

« Dis aux croyants de restreindre leurs regards et de préserver leurs parties intimes. Cela est plus pur pour eux. Assurément, Allāh est très conscient de ce qu’ils font. » (Le Saint Coran, chapitre 24, verset 31)

Allah a enseigné tout d’abord aux hommes de restreindre leur regard parce que c’est important pour leur pureté. Si une personne n’est pas chaste elle n’arrivera pas à s’approcher de Dieu. Avant de parler du voile aux femmes, Dieu a demandé aux hommes de se protéger de toute chose qui puisse éveiller leurs pulsions. Le fait de regarder les femmes avec de grands yeux, de se mêler avec elles, regardez des films obscènes, le fait de parler aux femmes qui ne vous sont pas permises via Facebook, des chats en ligne ou par tout autre moyen, tout cela ne permet pas de rester chaste. C’est pour cela que le Messie Promis (a.s.) a prodigué, à maintes reprises, des conseils détaillés. Il a dit :

« Telles sont les paroles de Dieu. Il a, par ses paroles très détaillées, établi des limites spécifiques pour encadrer nos dires, nos actes, nos faits et gestes. Il nous a enseigné comment être respectueux envers l’humanité et comment nous comporter de manière pure. C’est lui qui a mis l’emphase sur le fait de protéger nos yeux, nos oreilles, nos langues et nos autres organes.

C’est-à-dire les croyants doivent restreindre leurs regards et préserver leurs parties intimes des personnes non permises et ne doivent pas regarder ou écouter de mauvaises choses et se prémunir de mauvais actes. Cela leur permettra de se purifier intérieurement, c’est-à-dire qu’ils seront protégés des différentes émotions qui peuvent s’éveiller en eux, car souvent ce sont ces organes qui éveillent les pulsions internes et des instincts sauvages.

Maintenant regardez quelles sont les méthodes enseignées par le Saint Coran pour se protéger des personnes qui ne nous sont pas permises. Il est dit que les gens honnêtes doivent contrôler leurs yeux, leurs oreilles, leurs parties intimes et se prémunir de toutes les voies qui mènent à l’indécence. »

En évoquant le thème de la maîtrise du regard le Messie Promis (a.s.) déclare : « Imposer des limites à son regard et le diriger uniquement vers ce qui est licite, est décrit dans la langue arabe par l’expression Ghadd Al-Basar. Il n’est pas dans l’intérêt d’une personne pieuse qui veut garder son cœur pur, de laisser errer librement son regard dans toutes les directions tel l’animal. Il lui est indispensable de cultiver l’habitude de Ghadd Al-Basar dans ses rapports sociaux. C’est une attitude bénie qui transforme les pulsions naturelles de l’homme en hautes qualités morales sans pour autant le contraindre dans sa vie sociale. Cette qualité est qualifiée de chasteté. »

En expliquant ce sujet davantage dans un autre endroit le Messie Promis (a.s.) déclare : « Dites aux croyants d’éviter d’ouvrir grands les yeux pour regarder directement les visages [des femmes] non permises et pour éviter les situations susceptibles d’attiser la lascivité. Il faudra éviter de regarder librement, lascivement ou non, le visage [d’une personne appartenant à l’autre sexe] : au cas contraire l’on est sûr de connaître la tentation. C’est-à-dire que la pureté absolue n’est point garantie par un regard débridé : tôt ou tard l’on commettra un impair. Le cœur ne sera point pur tant que le regard ne l’est point. L’on ne pourra point atteindre le stade immaculé que doit viser le chercheur de vérité. Ce verset nous apprend qu’il faut aussi préserver tous ces accès corporels par lesquels le mal puisse pénétrer. Ces accès évoqués dans ce verset sont les parties intimes, les oreilles, le nez et la bouche. Voyez la grandeur de cet enseignement : il n’accentue point, de manière illogique, un seul aspect et présente un juste équilibre.

Tout lecteur déduira promptement de la lecture de ce verset qu’il est essentiel de maîtriser le regard afin de ne pas commettre d’impair et afin que les hommes et les femmes ne connaissent point la tentation. »

Les préceptes de l’Islam imposent des restrictions aux hommes en premiers. Il est enjoint aux femmes de se vêtir chastement après avoir pris ces précautions. Comment pouvons nous affirmer que le voile islamique n’est pas nécessaire dans ces sociétés où l’indécence s’étale au grand jour ? Le non-respect du port du voile et les amitiés sont en train de causer de grands torts et nous devons prendre de grandes précautions afin de nous en prémunir.

L’on en déduit que s’il est interdit aux femmes de nager en compagnie des hommes et il aussi interdit aux hommes de nager en compagnie des femmes.

Ces restrictions ne s’appliquent pas uniquement aux femmes : elles concernent aussi les hommes. En demandant aux hommes de baisser leurs regards devant les femmes, on a ainsi protégé l’honneur de ces dernières. Ainsi, chaque précepte de l’Islam est imbu de sagesse et éradique tout mal.

Dans mon discours adressé aux femmes lors de la dernière Jalsa Salana de l’Allemagne, j’ai évoqué la distinction entre les hommes et les femmes, leurs obligations et leurs tâches respectives. J’ai aussi évoqué les droits des femmes. Une Allemande a commenté après avoir écouté le discours dans son intégralité : « Je croyais, auparavant, que l’Islam usurpait les droits des femmes. Mais aujourd’hui après vous avoir entendu, j’ai compris que l’Islam évoque de manière plus détaillée, l’honneur et le respect de la femme et œuvre davantage à cet égard. Ainsi il n’est point nécessaire à aucune fille ou aucun jeune ou homme ahmadi d’être victimes de quelque complexe d’infériorité. Ce sont les préceptes de l’Islam qui établiront la paix dans le monde et qui ramèneront les gens vers Allah.

Un jour le monde comprendra qu’il y n’aura pas d’autre issue que de réfléchir à propos des préceptes de l’Islam et de les suivre.

Après avoir enjoint aux hommes de baisser leur regard et d’honorer les femmes, il est enjoint à ces dernières de baisser leur regard et de se vêtir décemment. Les détails concernant les concernées ont été mentionnés. Allah leur dit qu’elles auront du succès si elles respectent ces injonctions. Le port du voile et la pudeur sont les signes de votre succès, affirme Allah.

Allah déclare :

وَقُلْ لِلْمُؤْمِنَاتِ يَغْضُضْنَ مِنْ أَبْصَارِهِنَّ وَيَحْفَظْنَ فُرُوجَهُنَّ وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا مَا ظَهَرَ مِنْهَا وَلْيَضْرِبْنَ بِخُمُرِهِنَّ عَلَى جُيُوبِهِنَّ وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا لِبُعُولَتِهِنَّ أَوْ آَبَائِهِنَّ أَوْ آَبَاءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوْ أَبْنَائِهِنَّ أَوْ أَبْنَاءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوْ إِخْوَانِهِنَّ أَوْ بَنِي إِخْوَانِهِنَّ أَوْ بَنِي أَخَوَاتِهِنَّ أَوْ نِسَائِهِنَّ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُنَّ أَوِ التَّابِعِينَ غَيْرِ أُولِي الْإِرْبَةِ مِنَ الرِّجَالِ أَوِ الطِّفْلِ الَّذِينَ لَمْ يَظْهَرُوا عَلَى عَوْرَاتِ النِّسَاءِ وَلَا يَضْرِبْنَ بِأَرْجُلِهِنَّ لِيُعْلَمَ مَا يُخْفِينَ مِنْ زِينَتِهِنَّ وَتُوبُوا إِلَى اللَّهِ جَمِيعًا أَيُّهَا الْمُؤْمِنُونَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ

« Et dis aux croyantes qu’elles restreignent leurs yeux et veillent sur leurs parties intimes, et elles ne doivent pas exposer leur beauté naturelle et ses parures, exceptées ce qui en est apparent de soi, et qu’elles tirent sur leurs poitrines leurs voiles dont elles se couvrent la tête, et elles ne doivent pas exposer leur beauté naturelle et ses parures excepté à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou à leurs femmes, ou à ceux que leurs mains droites possèdent, ou à de tels serviteurs mâles qui sont dépourvus de vils désirs, ou aux jeunes enfants qui n’ont pas encore aucune conscience des parties intimes des femmes. Et qu’elles ne marchent pas avec une telle démarche que des aspects de leur beauté qu’elles dissimulent normalement soient révélés. Et tournez-vous vers Allāh tous ensemble avec repentir, ô croyants, afin que vous puissiez réussir. » (Le Saint Coran, chapitre 24, verset 32)

C’est en baissant son regard et en portant le voile que la femme protégera son honneur et sa chasteté.

Hommes et femmes, tout deux, doivent baisser leur regard. Dans les pays développés, la norme de la protection de l’honneur et de la chasteté à changer. Si l’homme et la femme ont des relations avec le consentement de leurs partenaires respectifs, ceci n’est pas qualifié d’adultère. S’ils ont [des aventures extraconjugales] sans le consentement de leurs partenaires ceci est qualifié d’adultère. Face à pareilles bassesses morales, le croyant doit beaucoup prier et faire beaucoup d’efforts afin de jouir de la protection divine. Selon les pourfendeurs de l’Islam, on usurpe les droits de la femme en lui demandant de porter le voile et de vivre dans la modestie. Les filles immatures sont parfois, influencées par de tels propos.

Les règles de la modestie islamiques ne visent pas à emprisonner la femme. Le but n’est pas d’enfermer la femme entre les quatre murs de la maison. Il faut, certes, préserver la chasteté.

Le Messie Promis (a.s.) déclare dans un endroit : « L’on s’attaque aujourd’hui aux [règles] islamiques [régissant] le port du voile [et la pudeur]. Or ces gens ignorent que cela ne signifie point l’emprisonnement. Il s’agit d’une barrière afin que les hommes et les femmes étrangers ne se voient pas. Cette ségrégation permet d’éviter les tentations. Toute personne douée de bon sens admettra que les passions charnelles seront attisées quand les hommes et les femmes étrangers pourront se côtoyer librement. Chez certains peuples il n’est point mal vu qu’un homme et une femme étrangers s’enferment tous seuls dans une maison. Ceci est considéré comme une culture civilisée. La loi de l’Islam a interdit, à cet effet, toute pratique qui puisse engendrer ces tentations. L’Islam déclare à cet effet que Satan est le troisième compagnon de l’homme et de la femme étrangers [qui sont ensembles]. Réfléchissez sur les conséquences malsaines que subit l’Europe suite à ces pratiques libertines. En certains lieux, d’aucunes mènent une vie dévergondée. Tout cela est le résultat de ces préceptes. Quand on souhaite protéger un dépôt on la surveille.

Si l’on n’accorde pas cette protection en croyant que ce sont des gens respectables, sachez que la destruction guette l’objet en question.

Les préceptes de l’Islam sont purs : en séparant l’homme et la femme, il les a protégés de tout impair. Il n’a pas rendu la vie de l’homme impossible et difficile à vivre, au point où l’on voit les problèmes domestiques et les suicides que connaît l’Europe. Le fait que certaines femmes respectables mènent des vies de dévergondées est le résultat de cette permission à regarder [librement] les femmes qui sont interdites aux regards.

Le Messie Promis (a.s.) nous explique la norme de la Pardah, (les règles de l’Islam régissant le port du voile et de la modestie) en ces termes : « Allah demande d’enjoindre aux femmes croyantes d’éviter de regarder les hommes qui ne sont pas ses Mahram. (C’est-à-dire d’éviter de regarder les hommes autres que ceux du cercle familial restreint et qui lui sont interdits). Elles doivent aussi protéger leurs oreilles de tels hommes. C’est-à-dire de ne pas écouter leurs voix lascives. Elles doivent couvrir leurs parties intimes et ne pas dévoiler leur beauté aux hommes étrangers. Elles doivent se voiler en couvrant leur poitrine jusqu’à leur tête : c’est-à-dire de se couvrir le torse, les deux oreilles, la tête et les temples et de ne pas frapper le sol comme des danseurs. Voilà les moyens pour se protéger de toute tentation. »

Certaines femmes disent qu’elles abîmeront leur maquillage si elles se couvrent le visage avec leur niqab. Comment se voiler en de tels cas demandent-elles ?

Tout d’abord il ne faut pas se maquiller dans de tel cas. Le minimum décrit par le Messie Promis (a.s.) est de découvrir le visage et les lèvres. Les autres parties de la tête doivent être voilées. Si l’on veut se maquiller, il faudra en ce cas se couvrir le visage. Ces femmes doivent se demander si elles souhaitent cacher leur beauté en suivant les commandements d’Allah ou si elles veulent montrer au monde leur beauté et leur maquillage ?

Selon l’injonction coranique, il est permis de montrer sa beauté à ses proches parents, ses frères et sœurs, son mari, son père, sa mère, ses enfants. Il n’est pas essentiel de porter le voile devant eux. Elles peuvent se présenter maquillées à eux uniquement et pas aux autres.

Le Coran mentionne tous les proches à qui elles peuvent se présenter. D’ailleurs, il s’agit là de la beauté qui est apparente : c’est-à-dire le visage, la taille, leur apparence etc. Il ne s’agit pas de marcher devant eux avec des jeans serrés, des blouses ou des vêtements qui révèlent les parties du corps. Ces règles de la modestie islamique s’appliquent aussi aux hommes Mahram (c’est-à-dire, à ceux de son cercle familial restreint et auxquels elle ne peut pas se marier selon la sharia).

Je voudrais ajouter un autre point concernant les missionnaires et leurs épouses : ils doivent prendre de grandes précautions concernant leurs vêtements et leurs regards. La djama’at les prend pour exemples. L’épouse d’un missionnaire, d’un Murabbi et d’un Muballigh, est aussi une Murabbi (missionnaire). Elle doit être un modèle exemplaire en tout domaine.

Qu’Allah fasse que nos hommes et nos femmes puissent respecter les plus hautes normes de la chasteté et que chacun d’entre nous puisse respecter chaque aspect des préceptes islamiques.


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