Sermon du vendredi 07 octobre, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, lors de l'ouverture de la Jalsa Salana du Canada. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Aujourd’hui par la grâce d’Allah, débute la Jalsa Salana de la djama’at Ahmadiyya du Canada. Par la grâce de Dieu, tous les ans, les différentes djama’at organisent la Jalsa dans leurs pays respectifs, car le Messie Promis (a.s.) l’avait lancé après en avoir reçu la permission de la part d’Allah. Nous ne nous réunissons pas durant ces trois jours afin de participer à une fête, pour nous amuser ou des pour objectifs mondains. Notre objectif est d’accroître notre savoir religieux et de progresser dans la Ma’rifah. La Ma’rifah signifie connaître un sujet en profondeur.

Le Messie Promis (a.s.) ne souhaitait pas que nous annoncions, de manière superficielle, que nous sommes musulmans. Ou que nous récitions la Kalimah La Ilaha Illaha Muhammadur Rasullah de manière superficielle. Il désirait que nous progressions dans notre foi, après notre acceptation de l’Islam.

Le Messie Promis (a.s.) nous demandait de connaître Allah le Très-Haut et de savoir ce qu’Il désirait de notre part. Quels sont les droits d’Allah et comment devrons-nous nous en acquitter ? Comment comprendre les commandements divins et comment les traduire dans la pratique ?

Nous avons accepté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en tant qu’envoyé d’Allah et en tant que Sceau des Prophètes : il nous incombe de connaître ses préceptes, sa sounnah et de trouver les moyens pour le mettre en pratique. Quelle vie le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait-il menée ?

La réponse d’Aisha (r.a.) surpasse tous les commentaires à cet effet. Quelqu’un lui avait demandé de décrire la vie et du comportement du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Elle lui a répondu : « N’as-tu pas lu le Coran ? » Le Coran est la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et l’exégèse de chacune de ses actions.

Tout croyant doit s’évertuer à acquérir cette connaissance de la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : pour se faire il faudra lire et comprendre le Coran.

Le Messie Promis (a.s.) nous explique que le progrès spirituel est le but même de la Jalsa. Cette connaissance acquise ne doit pas se limiter à un plaisir intellectuel. Il faudra en faire un moyen pour progresser dans sa spiritualité et sa conduite. Sans progrès spirituel, la participation à la Jalsa est futile. Le Messie Promis (a.s.) en évoque un autre avantage : tous ceux présents doivent grandir dans leur affection à l’égard d’autrui. Or, ne nouez pas des relations temporaires à l’instar des gens de ce bas monde. Tout ahmadi doit grandir dans l’affection et la fraternité à l’égard de l’autre. Aucune action ne doit porter atteinte à cette relation.

Ensuite le Messie Promis (a.s.) nous encourage à progresser dans la Taqwa. C’est là un objectif très important de la Jalsa. Sans la Taqwa aucun croyant ne sera considéré comme tel. La Taqwa signifie rendre permanents la connaissance acquise, les degrés de spiritualité acquis, l’amour éprouvé à l’égard de Dieu et de Son Prophète, l’entente qui existe dans nos relations. Toutes ces vertus doivent faire partie intégrante de notre vie.

Le Messie Promis (a.s.) avait lancé la Jalsa afin [que nous atteignons] ces objectifs précis. Il a déclaré : « Tous les ans, les ahmadis doivent se réunir à Qadian pour ces objectifs. » Ces Jalsa dans lesquelles le Messie Promis (a.s.) était présent en personne et durant lesquelles il prodiguait des conseils directement à la Jama’at étaient certainement bénites. Il y faisait la reforme morale et spirituelle des membres de la Jama’at et étanchait leur soif spirituelle. L’on ne peut plus vivre ces moments après le décès du Messie Promis (a.s.). Le Prophète jouit d’un statut particulier. Celui qui est venu en accord aux prophéties du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et aux promesses divines, celui qu’Allah a envoyé pour la renaissance de la foi en s’étant asservi au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), jouit certainement d’un statut particulier. Or, il est une autre grâce divine : le Messie Promis (a.s.) nous informe de l’apparition de la deuxième manifestation de la puissance divine, à savoir le système du Califat. Ce Califat a été institué. Et Califat de la Jama’at Ahmadiyya est en train de parachever l’œuvre du Messie Promis (a.s.). D’ailleurs, l’organisation de ces Jalsa est un maillon dans toute cette chaîne.

Le système du Califat a été institué à Qadian après le décès du Messie Promis (a.s.) : et la Jalsa Salana y a été organisée pendant environs 40 ans en présence du Calife. Après l’immigration du Califat au Pakistan, la Jalsa Salana a été organisée à Rabwah et la djama’at n’a cessé de progresser dans chaque pays. Les missions étrangères avaient, d’ores et déjà, été établies avant l’émigration du Califat de Qadian : de grandes djama’at bien établies se trouvaient en Afrique. Or les missions à l’extérieur du Pakistan n’ont cessé de prendre de l’ampleur chaque jour, chaque mois et chaque année. Face au progrès de la djama’at, l’ennemi a passé une loi des plus injustes contre les ahmadis au Pakistan par l’entremise de l’État. Cette loi a contraint le Calife à quitter le Pakistan et un grand nombre d’ahmadis l’on fait dans la même foulée.

Après l’immigration du quatrième Calife à Londres, la Jalsa [du Royaume-Uni] a pris un nouveau tournant et une nouvelle ampleur. D’autre part, les Jalsa des autres pays ont pris un nouvel éclat et n’ont cessé de progresser de jour en jour. Aujourd’hui, les Jalsa ont pris une nouvelle forme dans chaque pays.

Il est impossible qu’un grand nombre d’Ahmadis se rendent à Qadian pour la Jalsa. Il est impossible d’ailleurs, à un grand nombre d’Ahmadis de participer à la Jalsa à laquelle est présent le Calife de l’époque. Vu l’expansion et le progrès de la Jama’at dans le monde, il était essentiel d’organiser la Jalsa Salana de la manière dont elle se tenait à l’époque du Messie Promis (a.s.).

Ainsi, vous êtes réunis ici aujourd’hui afin d’atteindre l’objectif énoncé par le Messie Promis (a.s.). Vous vous réunissez tous les ans et vous êtes réunis ici cette année en particulier, car la djama’at célèbre son cinquantenaire [au Canada]. Certains ont peut-être une autre opinion à cet égard : cependant il faudra trouver quelque point de référence. La djama’at du Canada existe depuis cinquante ans si l’on prend en considération la date [officielle] de son enregistrement. Des ahmadis résidaient ici bien avant cette date. L’on dit que le premier est arrivé ici en 1919. En tout cas, la djama’at du Canada célèbre, cette année-ci, son cinquantième anniversaire. C’est pour cette raison que l’Amir Saheb a insisté pour que je sois présent. Différents événements seront organisés dans le cadre de ce cinquantenaire et on espère aussi que cette Jalsa sera importante. Les gens viennent en plus grand nombre à la Jalsa lorsque le Calife est présent. En raison de ma présence ici, il y a un plus grand nombre d’invités de l’extérieur et d’autres vont venir.

Les ahmadis du Canada sont en train d’accorder une grande importance à cette année. Or, que tout Ahmadi sache que cette année jouira de quelque importance lorsque tout Ahmadi du Canada tentera de respecter l’allégeance prêter au Messie Promis (a.s.). Sinon cinquante ans, voire plus, ne feront aucune différence. En raison de la situation au Pakistan, nombre d’Ahmadis se sont établis ailleurs. Vous avez immigré au Canada afin d’avoir la liberté de culte. L’État canadien vous a accordé la citoyenneté canadienne afin que vous puissiez, en toute liberté, pratiquer vos préceptes religieux. En sus de promettre de préférer la foi à ce monde, tout Ahmadi d’ici a une grande responsabilité : atteindre l’objectif pour lequel vous vous êtes établis dans ce pays. Informez vos descendants à propos de votre situation au Pakistan. La situation dans laquelle nous nous trouvons exige que nous soyons sincèrement reconnaissants envers Allah et que nous mettions en pratique Ses préceptes. Nous devons respecter l’engagement que nous avons pris au Messie Promis (a.s.) : nous avons promis, entre autres, de nous soumettre entièrement à l’autorité du Saint Coran.

À notre époque, le Messie Promis (a.s.) nous a présenté ces conseils d’une manière concise : il faudra les étudier, car personne d’autre hormis lui peut mieux saisir les paroles d’Allah et de Son Prophète (s.a.w.). Il faudra suivre la direction qu’il nous a montrée et réfléchir davantage sur les commandements divins afin d’éclairer nos esprits et renforcer notre foi.

Le Messie Promis (a.s.) nous a prodigué d’innombrables conseils à ce sujet, conseils importants afin de renforcer notre connaissance et notre conduite. Après avoir accepté notre allégeance, il souhaitait que nous atteignions une certaine norme ; et l’objectif de la Jalsa est d’atteindre cette norme. Tout Ahmadi doit avoir ce point en tête. Certains sont présents pour la Jalsa, mais ne sont peut-être pas en train d’écouter attentivement. D’aucuns sont peut-être fatigués en raison du voyage, peut-être qu’ils sont en train de somnoler. Je leur demande à tous d’écouter attentivement les conseils que je vais prodiguer et de tenter de maintenir leur concentration. Il n’est pas difficile de patienter pendant une demi-heure ou quarante minutes. Et d’ailleurs vous atteindrez l’objectif de la Jalsa en m’écoutant, en suivant attentivement les autres orateurs et en tentant de traduire leurs conseils dans la pratique. Nombre de ces conseils renforcent la foi et accentuent le progrès spirituel. Il ne faut point se contenter de lancer des slogans pour en tirer un plaisir temporaire : faites en sorte que ces conseils fassent partie intégrante de votre vie.

Je présenterai quelques conseils dans les paroles du Messie Promis (a.s.), afin que ses propos pénètrent dans les oreilles directement et pour qu’ils atteignent les cœurs et les esprits, afin d’augurer des changements spirituels qu’il souhaitait voir en nous.

Le Messie Promis (a.s.) déclare dans un endroit : « À maintes reprises, j’ai conseillé aux membres de ma djama’at de ne pas se contenter des simples paroles de la bai’ah. Le salut ne vous est pas assuré tant que vous n’en saisissez pas la réalité. Celui qui se contente de l’écorce est privé du noyau. »

L’intelligent tente d’avoir le fruit et ne se contente pas de l’écorce.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Si le disciple n’est pas actif, la sainteté de son maître ne lui sera d’aucun avantage. »

C’est-à-dire, si vous avez fait la bai’ah et que vous n’avez pas reformé votre conduite, [il ne faut point] se réjouir d’avoir accepté l’envoyé d’Allah. Certes la sainteté de l’envoyé divin est avérée. Or, son disciple en tirera des avantages lorsque ses actions en seront conformes, lorsqu’il suivra ses conseils.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Si le malade oublie dans un coin la prescription du médecin, il n’en tirera aucun avantage. Les bénéfices découleront de l’observance de cette prescription. Or, celui-là a pris la prescription, mais il en a été privé, (en raison du manque d’action), ou parce qu’il n’a pas utilisé ce médicament. […] Lisez à maintes reprises l’ouvrage « L’arche de Noé » et conformez-y vos actions. »

Le Messie Promis (a.s.) déclare :

قَدْ أَفْلَحَ مَنْ تَزَكَّى

C’est-à-dire, celui qui dont la Taqwa a pris son envol connaît le succès.

Il est des milliers de voleurs, d’adultères, de pécheurs, d’ivrognes et de malfaiteurs qui se disent membres de la Ummah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Or, est-ce qu’ils en font partie en réalité ? Certainement non. Un Ummati (membre de la Oummah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)) est celui qui applique tous ses préceptes. »

En évoquant la norme qu’il sied d’atteindre [après la bai’ah], le Messie Promis (a.s.) déclare : « Celui qui affirme avoir fait la bai’ah et se dit croyant doit se demander : « Suis-je l’écorce ou le noyau ? » Tant que le noyau n’existe pas, la foi, l’amour, l’obéissance, la bai’ah, se proclamer disciple [d’un maître] ou suivant de l’Islam, seront autant de vaines déclarations. Sachez qu’auprès d’Allah, c’est le noyau et non l’écorce qui compte. Sachez que la mort peut frapper à tout moment. Or, il est certain qu’elle frappera. Ainsi, il ne faut pas se contenter de simples déclarations. Elles ne seront d’aucun avantage tant que l’on ne subit pas plusieurs morts : tant que l’on ne subit pas maintes transformations et révolutions, l’on n’atteindra pas l’objectif même de l’Humanité. »

Quelles sont ces morts ? C’est de préférer la foi à ce monde et à son éclat. A chaque pas, dans ces pays en particulier, il existe des biens terrestres qui tentent de nous écarter de la voie d’Allah. Il faudra s’en prémunir.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Étudiez la condition du monde : notre bien-aimé Prophète (s.a.w.) a prouvé, par ses œuvres, que sa mort et sa vie, ont toutes deux été consacrées à Dieu. Demandez à un musulman quelle est sa foi et il répondra : « Alhamdollilah ! Je suis musulman ! » Celui qui récite la Kalimah doit mener une vie en accord aux principes divins. Or, il vit et meurt pour ce monde, jusqu’au moment où il est pris par les affres de l’agonie.

Il ne sied pas au sage de se réjouir d’un titre. Un musulman demanda un jour à un juif d’embrasser l’Islam. Le juif répondit : « Ne te contente pas de te dire musulman. J’ai nommé mon fils Khalid. Or, je l’ai enterré avant l’après-midi. »

Porter le nom « Khalid » (l’éternel) cela ne signifiait pas qu’il vivra pour l’éternité. Le pauvre enfant est mort dans l’après-midi et son père l’a enterré.

Ainsi, dit le Messie Promis (a.s.), cherchez la réalité. Ne vous contentez point d’un simple titre. Quelle disgrâce de se dire membre de l’Oummah de ce Grand Prophète (s.a.w.) pour ensuite mener la vie d’un impie. Que votre existence soit conforme à l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

A une occasion quelques personnes se sont présentées au Messie Promis (a.s.) afin de lui prêter allégeance. Après la bai’ah, le Messie Promis (a.s.) leur a prodigué ces conseils. Il a déclaré : « Après la bai’ah, ne vous contentez pas d’accepter que cette communauté est vraie : ne croyez point que pareille foi sera porteuse de bénédictions. « Soyez pieux, muttaqui et consacrez votre temps à la prière. »

En prodiguant d’autres conseils le Messie Promis (a.s.) déclare : « Dieu dans le Saint Coran a lié la foi à l’accomplissement de bonnes œuvres. Est considérée comme telle toute action exempte de la moindre trace de corruption. Sachez que des voleurs sont toujours à l’affût des actions de l’homme. Qui sont-ils ? Ils se prénomment ostentation – ou le fait d’étaler ses propres actions – et la vanité ou l’autosatisfaction, c’est-à-dire le fait de tirer plaisir d’une œuvre accomplie. Ainsi, [en nombre de situation] l’homme est coupable de maints forfaits et péchés qui réduisent à néant ses bonnes œuvres.

Les œuvres méritoires sont, quant à elles, exemptes de toute iniquité, vanité, ostentation, orgueil et de toute intention de nuire aux intérêts d’autrui. Les bonnes œuvres sauveront l’homme ici-bas tout comme elles le feront dans l’Au-delà. S’il existe au sein d’un foyer un seul individu dont la conduite est exemplaire, sa maison tout entière sera sauvée. Sachez que sans bonnes œuvres votre déclaration de foi à elle seule ne vaut pas grand-chose.

Un médecin donne une prescription au malade afin que ce dernier prenne les médicaments prescrits. S’il ne consomme pas ces médicaments et s’il met de côté cette prescription, celle-ci ne lui sera d’aucun avantage.

Vous vous êtes repentis. Allah désirera voir à quel point vous vous êtes purifiés après ce repentir. À notre époque, Allah souhaite distinguer [les uns et les autres] par le biais de la Taqwa. Nombre de personnes émettent des doléances à propos de Dieu sans s’examiner. C’est l’homme en personne qui nuit à son âme : sinon Dieu est Gracieux et Miséricordieux. »

Si l’homme subit des pertes, c’est en raison de son âme. Il nuit à son âme. Allah, quant à Lui, ne nuit à personne. Il est très gracieux, miséricordieux. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : Certaines personnes sont conscientes du péché alors que d’autres ne le sont pas. Par conséquent, Allah a rendu obligatoire pour toujours l’istighfar. »

Ainsi il faut accomplir l’istighfar, en particulier durant ces jours, quand vous êtes en train de prier. L’atmosphère de la Jalsa est propice aux supplications. Tout en faisant le Daroud, accomplissez aussi l’istighfar.

« Par conséquent, Allah a rendu obligatoire pour toujours l’istighfar, pour que l’on puisse rechercher la protection d’Allah de tout péché – manifeste ou caché, connu ou inconnu, qu’il soit commis par la main, les pieds, la langue, le nez, ou les yeux. Ces jours-ci, la prière d’Adam devrait être particulièrement récitée :

رَبَّنَا ظَلَمْنَا أَنْفُسَنَا وَإِنْ لَمْ تَغْفِرْ لَنَا وَتَرْحَمْنَا لَنَكُونَنَّ مِنَ الْخَاسِرِينَ

« Notre Seigneur, nous avons agi injustement envers nous-mêmes ; et si Tu ne nous pardonnes pas, et si Tu ne nous fais pas miséricorde, nous serons assurément du nombre des perdants. » (7 : 24)

Cette prière a déjà été acceptée. Ne menez pas une vie de négligence. Quiconque s’abstient d’une vie négligente ne sera probablement jamais affligé de grandes calamités, car de tels malheurs n’arrivent jamais sans la permission divine. À ce propos, j’ai reçu la prière suivante en révélation :

رَبِّ کُلُّ شَیْءٍ خَا دِمُکَ رَبِّ فَا حْفَظْنِی وَانْصُرْنیِ وَارْحَمْنِی

Il faut souvent réciter cette prière. »

Lors d’une rencontre Hadrat Mauvli Abdul Karim a demandé au Messie Promis (a.s.) : « Huzur dites nous quelque chose sur l’entente et l’unité. »

Le Messie Promis (a.s.) a prodigué quelques conseils que j’évoquerai ici. Il a déclaré : « Je suis venu avec deux objectifs. Premièrement afin que [vous] acceptiez l’unicité de Dieu, deuxièmement afin que vous fassiez montre d’affection et de sympathie les uns à l’égard des autres, afin que ce soit là un miracle pour autrui. C’est là l’argument présenté par les compagnons.

كُنْتُمْ أَعْدَاءً فَأَلَّفَ بَيْنَ قُلُوبِكُمْ

« Vous étiez ennemis et Il a réuni vos cœurs. » La réconciliation est, en soi, un miracle. Tant que chacun d’entre vous n’aime pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même, il ne sera pas dans ma djama’at. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « N’oubliez pas que la fin de l’inimitié est un signe du Mahdi. Ce signe ne s’est-il pas accompli ? »

C’est-à-dire qu’avec l’avènement du Mahdi toute rancune et inimitié disparaîtront.

« Certainement ce signe s’est accompli. Pourquoi n’êtes-vous pas patients ? Selon la médecine, tant que l’on n’enlève pas certains maux, la maladie ne disparaît point. Une djama’at de personne vertueuse naîtra par mon entremise, insha Allah. Quelles sont les raisons de l’inimitié ? C’est l’avarice, l’orgueil, l’autosatisfaction. Ceux qui ne maîtrisent pas leurs émotions et qui ne peuvent coexister dans l’affection et la fraternité ne seront que des invités de quelques jours tant qu’ils ne seront pas de bons exemples. Je ne veux point prendre sur moi des reproches à cause d’un autre. Celui qui se joint à ma communauté, mais dont la conduite n’est pas à la hauteur de mes attentes ressemble à une branche sèche. Si le jardinier ne la taille pas, elle absorbera l’eau à l’instar des branches vertes sans pour autant retrouver sa vivacité ; au contraire elle asséchera les autres branches. Celui qui ne se réforme pas doit vivre dans la crainte, car il ne sera point en ma compagnie. »

Ainsi, ceux qui sont emplis de rancunes doivent s’inquiéter beaucoup. Étant donné que nous avons accepté celui qui est venu nous réformer, nous devons aussi nous évertuer en ce sens et mettre en pratique ses conseils.

Le Messie Promis (a.s.) nous explique ce qu’est l’humanité ainsi que la norme à atteindre dans ce domaine, et l’humanité dont doit faire montre un croyant.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Le terme Insan (être humain) est tiré [des termes] انس (Uns) et آن (Aan) (deux affections). [Insan] signifie celui qui fait montre de ces deux affections : il est en relation avec Dieu, d’une part, et fait montre de sympathie à l’égard de la création d’autre part. Ayant possédé ces deux qualités, [l’homme] mérite le titre de Insan. Ces deux relations sont la quintessence de l’humanité. »

Tout d’abord il doit établir cette relation avec Allah le Très-Haut et il doit aussi respecter ses devoirs envers autrui.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « C’est en atteignant ce stade que l’homme sera doué de discernement. Sinon, il n’aura aucune valeur. Il peut faire de grandes déclarations : or il n’aura aucune valeur aux yeux d’Allah, de Son Prophète (s.a.w.) et auprès de Ses anges.

Le Messie Promis (a.s.) nous explique qu’Allah ne nous interdit pas de travailler ou de faire du commerce ; au contraire, Il nous ordonne d’éviter l’oisiveté. Or, l’objectif ne doit pas être ce bas monde : il ne faut pas oublier le plaisir d’Allah. Tout en essayant d’acquérir les biens de ce monde, il faudra aussi s’évertuer à acquérir les biens de l’Au-delà. En expliquant ce sujet le Messie Promis (a.s.) déclare dans un endroit : « Allah nous a enseigné cette prière :

رَبَّنَا آَتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآَخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ

Dans cette prière « le monde » a été mentionné en premier. Mais de quel monde s’agit-il ? Des biens de ce monde, dont seront tributaires les biens de l’Au-delà. Grâce à cette prière l’on comprend que le croyant doit se soucier des biens de l’Au-delà, dans sa quête des biens d’ici-bas. L’énoncé « les biens d’ici-bas » comprend tous les meilleurs moyens pour acquérir les biens, moyens qu’il incombe au croyant d’utiliser. Il faudra acquérir les biens de ce monde en usant de tous les moyens qui seront sources de bonheur. »

Ainsi, il n’est pas interdit d’acquérir les biens d’ici bas, mais il faut les faire par ces moyens qui seront sources de bien et pas nuisibles à autrui. Il ne faut point [dans l’acquisition de ces biens] usurper les droits d’autrui et spolier ses biens.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Il ne faut pas adopter une méthode qui nuira à autrui ou qui sera source de peine ou d’embarras. Pareils biens terrestres engendreront les biens de l’Au-delà. »

Si vous usez de ces moyens pour acquérir les biens d’ici-bas, vous allez acquérir, par ces moyens, les biens de l’Au-delà, car ceux qui agissent de la sorte dépensent dans la voie d’Allah, de Ses créatures et de la foi.

Ensuite le Messie Promis (a.s.) déclare : « Celui qui fait de mes enseignements les principes directeurs de sa vie et qui s’évertue à les mettre en pratique est celui qui adhère [en réalité] à ma djama’at. Celui qui se contente de consigner son nom sans conformer sa conduite aux préceptes énoncés doit savoir qu’Allah souhaite que cette Jama’at soit une communauté spéciale. Celui qui n’est pas de cette djama’at n’en fera pas partie rien qu’en consignant son nom. Tôt ou tard, il sera séparé de la djama’at : ainsi, il faudra, dans la mesure du possible conformer ses actions aux préceptes énoncés. Les actions sont comme des ailes. Et sans actions, l’on ne pourra gravir les échelons de la spiritualité. Sans actions l’on ne pourra atteindre les hauts objectifs que Dieu a préservés sous ces œuvres. Les oiseaux sont doués de discernement : s’ils n’en usent pas, ils ne pourront accomplir les œuvres qui leur incombent. Si l’abeille, à titre d’exemple, n’était pas douée de compréhension, elle n’aurait pas pu produire de miel. Il en est de même des pigeons. On entraîne les pigeons pour qu’ils transportent des messages d’un lieu à un autre. Ces pigeons doivent user de leur discernement et ils parcourent de grandes distances.

Ainsi l’homme doit, de prime abord, user de sa compréhension et se demander : « Est-ce que l’œuvre que je suis en train d’accomplir est conforme aux préceptes divins ou pas ? Est-ce que je suis en train de le faire pour son plaisir ou pas ?

Quand il s’assure de cela, et qu’il travaille avec intelligence, ensuite il est important de mettre la main à la pâte. Il ne faut pas être paresseux. Certes il faut regarder si les préceptes sont adéquats. Il arrive que même si les enseignements sont adéquats, qu’une personne tombe dans l’erreur, en raison de sa naïveté ou par méconnaissance, ou en raison d’un complot ou d’un faux témoignage rendu par une tierce personne. Il faut donc étudier une affaire en étant neutre. »

Au sujet de l’importance de la Taqwa, le Messie Promis dit : « Le but pour lequel j’ai été envoyé est que le champ de la Taqwa est vide. Il faut faire des efforts pour acquérir la Taqwa au lieu de prendre l’épée, car cela est prohibé. Si vous faites preuve de Taqwa alors le monde entier sera avec vous. Les gens qui consomment de l’alcool, ou dont la religion considère que l’alcool est très important n’ont aucun lien avec la Taqwa. Ils sont en guerre contre la piété. Si Allah l’Exalté donne un destin rayonnant à notre Communauté, et nous permette de faire la guerre contre les péchés, et de prospérer sur les terrains de la Taqwa et de la pureté, c’est cela le grand triomphe, et on ne peut obtenir mieux que cela. Regardez toutes les religions du monde à notre époque, elles ont oublié la Taqwa et ont fait des causes mondaines des égales à Dieu. Le vrai Dieu n’est pas respecté. Maintenant Dieu veut que ces personnes Le reconnaissent par eux-mêmes, et que le monde Le reconnaisse, les gens qui élèvent le monde en l’égal de Dieu ne peuvent placer leur confiance en Lui. »

Il dit : « Un grand châtiment s’abattra bientôt. Il va distinguer l’impur du pur. Il vous accordera le discernement quand Il verra qu’il ne reste aucun mal dans votre cœur.
Si quelqu’un est sous le serment de la Bai’ah, il proclame qu’il donnera prépondérance à la religion sur le monde. Mais si par ses actes il ne le manifeste pas, alors pourquoi Dieu se souciera-t-Il d’une telle personne ?
Si pas une, mais même cent personnes de telle sorte, meurt alors je dirai que c’est en raison du fait qu’elles n’ont amené aucun changement en elles. Et de telles personnes se sont éloignées de la lumière de la vérité et de la reconnaissance de Dieu, qui éloigne de l’obscurité, et qui procure la certitude et le plaisir, et c’est pour cette raison qu’elles ont été anéanties.
L’état actuel du monde engendre cette même inquiétude et soulève cette question : « Quel sera le devenir de ce monde ? »
Lors de ces précédents jours, quelqu’un a observé : « Le monde est en train de se diriger très rapidement vers la destruction, qu’adviendra a-t-il de nous ? » Le Messie Promis (as) avait répondu à cela de façon détaillée dans un de ses poèmes, où il dit :

Il y a un feu, mais ils seront tous protégés de ce feu
Ceux qui nourrissent de l’amour pour Dieu

Donc nous devons renforcer notre relation avec Allah, respecter les droits d’Allah, ainsi que les droits des hommes.
Nous devons essayer de mériter les récompenses qui sont accordées à ceux qui respectent les principes établis par Allah, et nous devons essayer de nous protéger des péchés.

Après avoir accepté le Messie Promis (as) nous devons essayer de nous améliorer au niveau de nos doctrines et de nos actes. Ces actions nous mèneront vers le salut et sont appréciées par Allah. Sans ces réformes, les 50, 75 ou même 100 ans d’une communauté n’ont aucun sens. Les gens de ce monde se réjouissent de cela, mais pas les communautés divines. Si nous nous réjouissions parce que nous avons progressé dans le respect des enseignements de Dieu et que, par la suite, nous feront encore plus d’effort, dans ce cas cette joie est un remerciement à Allah et elle est légitime. Mais si au lieu d’avancer vers toutes bonnes actions, nous nous arrêtons et que nous reculons, notre situation, en ce cas, sera très inquiétante. Nous devons, en nous basant sur les paroles du Messie Promis (a.s.), suivre les commandements d’Allah et de Son Prophète, et nous devons toujours analyser.

Lorsque les 75 ans de la communauté arriveront insha Allah, il faut que nous puissions dire que nous avons rempli notre promesse de donner prépondérance à la religion sur le monde, et nous avons même progressé en cela. Qu’Allah nous permette à tous de le faire. Ameen.

Priez beaucoup pendant ces trois jours de la Jalsa Salana. Le but de la Jalsa est de suivre les discours, il faut que vous les écoutiez attentivement.

Qu’Allah nous le permette à tous. Ameen.


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