Sermon du vendredi 12 février 2021, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta'awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Aujourd’hui j’évoquerai Chaudhry Hameedullah Saheb, un ancien serviteur de la Jama’at Ahmadiyya : il est décédé quelques jours de cela. Il a servi en tant que Wakil-e-A’la du Tahrik-e-Jadid du Pakistan, président du Majlis Tahrik-e-Jadid Anjuman Ahmadiyya et en tant qu’officier de la Jalsa Salana pendant une longue période. Il est décédé le sept février dernier au Tahir Heart Institute à Rabwah, à l’âge de 87 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons.

Le père de Chaudhry Hameedullah Saheb s’appelait Babou Muhammad Bakhsh ; et sa mère se nommait Aisha Bibi Saheba. Ils habitaient dans les alentours de Bhera [en Inde]. Chaudhry Hameedullah Saheb est né en 1934 à Qadian. Son père avait embrassé l’Ahmadiyya environ cinq ans avant sa naissance. Il raconte ainsi sa conversion à l’Ahmadiyya : « Je vais relater le rêve suivant, en prenant Dieu à témoin [que c’est la vérité]. Quand je travaillais dans le département de l’irrigation, j’étais à Bangla Bakhuwala dans la région de Sargodha. Au cours du mois d’octobre 1929, vers deux heures du matin j’ai vu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans un songe. »

Il était peut-être en tournée dans la région et il a passé la nuit là-bas. Il ajoute : « J’ai vu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en songe assis sur un tapis de prière. Il avait les mains sur les cuisses comme s’il faisait le dhikr en utilisant ses doigts [pour compter]. Son visage était tourné vers l’Est. Il m’a dit : « Les joints de la chaise sur laquelle tu es assis se sont lâchés. » Je me suis levé immédiatement et j’ai constaté qu’un des joints s’était en effet lâché. Je l’ai remercié et je lui ai dit qu’il venait là de sauver la vie de son serviteur. Si je tombais vers l’avant ou en arrière, je me briserais la tête. Après quelques instants, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a offert une nouvelle chaise de bureau avec de longs accoudoirs. Il m’a dit : « Assieds-toi sur cette chaise. C’est celle de l’Ahmadiyya. » C’est-à-dire celle de l’islam véritable. Et ensuite, j’ai ouvert les yeux. »

C’était là le moyen par lequel son père a embrassé l’Ahmadiyya.

Chaudhry Hameedullah Saheb a fait ses études élémentaires à Qadian. En 1946 il était en cinquième quand il a répondu à l’appel du Hazrat Mouslih Maw’oud qui [invitait les jeunes] à se dédier [au service de la Jama’at]. Sa mère l’a présenté au Mouslih Maw’oud (r.a.) et lui a dit : « Je souhaite dédier mon fils que voici au service de la religion. » Le Mouslih Maw’oud (r.a.) lui a donné des directives, notamment qu’il devait continuer ses études à l’école. Il a passé son brevet en 1949. Suite aux directives de la Wakalat-e-Diwan, il est venu à Rabwah pour son entretien. Après l’examen écrit, Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) en personne l’a interrogé pour son entretien. Une réunion des Nazirs de l’Anjuman Ahmadiyya était en cours. Le deuxième Calife s’y trouvait lui aussi et il lui a demandé de se présenter avec d’autres jeunes dont Mouslih ud Din Saheb et Samiullah Saheb entre autres. Le deuxième Calife l’a interrogé et lui a conseillé de continuer ses études.

Il a donc complété ses études secondaires et universitaires. Suite aux directives du Calife, il a fait une licence en science : il est sorti deuxième dans toute la province. Ensuite il a fait sa maîtrise en mathématiques à l’université du Pendjab à Lahore. Il a commencé à enseigner au Talim ul Islam College en 1959. Ensuite il a été nommé à la tête du département des mathématiques. Il s’est marié en 1960 à Raziya Khanum Saheba qui était la fille de Jabbar Khan de Sargodha.

Il a continué à enseigner au T. I. College de Rabwah jusqu’en 1974. Après la nationalisation du collège, il a démissionné suite aux directives du troisième Calife. Étant donné qu’il était un Waqf-e-Zindagi et que le collège avait été nationalisé, il n’y avait aucune raison pour lui d’enseigner dans un collège de l’Etat. Le Calife avait [tout de même] demandé à certains Wâqifîn de continuer à travailler au collège en raison des besoins y afférents. Il avait demandé à d’autres de servir la Jama’at. En tout cas, quand il a démissionné, le troisième Calife l’a nommé Nazir du département Ziafat. Ensuite, 1982, le quatrième Calife l’a nommé Wakil-e-A’la et il a aussi servi pendant quelque temps en tant qu’adjoint du président Tahrik-e-Jadid. Ensuite, en 1989, l’année du centenaire de la communauté, il a été nommé président du Majlis Tahrik-e-Jadid. Il a servi à ce poste jusqu’à son décès.

De 1986, et ce jusqu’à son décès, il a servi en tant qu’adjoint du Nazir-e-A’la, responsable de la cellule de crise pour le Sindh. À l’époque du troisième Calife, il a aussi servi en tant qu’Amir Muqami à Rabwah. Il a également servi en différentes capacités au sein du Majlis Khuddam ul Ahmadiyya Muqami de Rabwah et du Majlis Khuddam ul Ahmadiyya central. Ensuite, de 1969 jusqu’en 1973, il a servi en tant que Sadr du Majlis Khuddam ul Ahmadiyya central. À l’époque, le [Majlis] Khuddam ul Ahmadiyya était centralisé et contrôlé à partir du centre. Il n’y avait pas de Sadr dans chaque pays.

En 1969, le troisième Calife a prodigué des conseils importants lorsqu’il l’a nommé Sadr du Majlis Khuddam ul Ahmadiyya Markaziyya. Je citerai certains passages de son discours qui sont certes longs, mais importants et nécessaires à la fois pour les descendants physiques et spirituels du Messie Promis (a.s.). Ceux qui servent la Jama’at doivent mettre en application ces directives et se demander s’ils respectent ces exigences.

Le troisième Calife a déclaré : « Il faut aussi prier pour ce jeune qui a été nommé Sadr et à qui l’on a confié cette responsabilité. Qu’Allah exauce ses efforts et qu’Il lui permette de travailler plus que ses prédécesseurs. Nous ne pouvons stagner. Tout nouvel individu à qui de nouvelles responsabilités sont confiées doit tenter de dépasser ses prédécesseurs, car la Jama’at, par la grâce d’Allah, va se répandre et grandir. Les œuvres de la Jama’at sont en train de prendre de l’ampleur ainsi que ses responsabilités. En somme, je disais que le nouveau responsable du Majlis Khuddam ul Ahmadiyya n’est pas un descendant physique du Messie Promis (a.s.)… »

C’était peut-être Mirza Tahir Ahmad Saheb, feu le quatrième Calife, qui occupait ce poste avant Chaudhry Hameedullah Saheb et il était un descendant physique du Messie Promis (a.s.).

Le troisième Calife déclare : « Chaudhry Hameedullah Saheb n’est pas un descendant physique du Messie Promis (a.s.). Mais en termes de relation spirituelle, toute personne est capable de devenir l’enfant spirituel [du Messie Promis (a.s.)] grâce à son courage et ses efforts, ses prières et son humilité. En fait, il devra tenter de devenir son véritable fils. Beaucoup de gens dépassent les descendants physiques même s’ils appartiennent à la progéniture spirituelle. Le lien de sang est une relation mondaine : il n’a rien à voir avec la religion ou la spiritualité. La véritable relation du Messie Promis (a.s.) avec ses enfants est de nature spirituelle. »

Ceux qui sont liés au Messie Promis (a.s.) par le sang devront s’en souvenir.

« La véritable relation du Messie Promis (a.s.) avec ses enfants est de nature spirituelle. C’est pourquoi il est dit que les prophètes ne sont les héritiers de personne et ne lèguent rien à personne, car la question de l’héritage concerne les liens de sang. Ceci a été nié [dans le cas des prophètes]. Or lorsqu’il s’agit des bienfaits et bénédictions d’ordre spirituel, on retrouve la même vérité et la même sagesse. [Il s’agit de] devenir une progéniture spirituelle par laquelle on accomplit le commandement d’Allah le Tout-Puissant selon Sa Volonté et sous Sa Commande. Chacun obtient sa récompense à la mesure de sa sincérité et son sens d’altruisme. De ce fait, les descendants spirituels sont en réalité la véritable progéniture d’un être spirituel : il n’a pas de progéniture physique. En fait, la progéniture spirituelle du Messie Promis (sa) est sa véritable progéniture. C’est pourquoi il a déclaré à propos de sa progéniture physique : « Allah le Tout-Puissant a accepté ma prière et en a fait des êtres spirituels. » S’il y avait quelque mérite à être de sa progéniture physique, il n’aurait pas eu à faire ces prières et il n’y aurait aucune nécessité à les faire accepter. Il est important que la relation spirituelle soit forte, même s’il n’y a pas de lien physique. Ceux qui pensent qu’avoir un enfant physique est important ont tort. Certains dans l’islam étaient hostiles aux enfants du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) simplement parce qu’ils étaient de sa progéniture physique : mais il est également faux de dire qu’ils ont été honorés parce qu’ils étaient ses enfants physiques. Si quelqu’un leur confère quelque honneur suite à cette relation, il est ignorant. » Ces deux aspects sont vrais. Ceux qui leur sont hostiles parce qu’ils sont sa progéniture physique ont tort. De même ceux qui les respectent et honorent pour la même raison ont tout aussi tort.

Le troisième Calife déclare : « Celui qui agit de la sorte est dénué de spiritualité et d’intelligence. Le véritable lien est celui de la spiritualité. Si cette relation est établie fermement avec la progéniture physique, si celle-ci possède le sens de sacrifice de soi et l’altruisme, Dieu les récompensera également et leur accordera Sa proximité et Son plaisir. »

Si cette relation et cette fermeté ont été établies dans la progéniture physique et qu’elle a profité des bénédictions spirituelles du Prophète, Allah la récompensera et lui accordera Sa proximité et Son plaisir.

«Il serait également faux de dire que l’on ne pourra être honoré par Dieu du [simple] fait de sa non-appartenance à la progéniture physique quand bien même se serait-on comporté comme un véritable enfant [du prophète] aux yeux du monde. En effet, même s’il n’y a pas de lien physique, l’on sera honoré si l’on respecte les exigences de ce lien en devenant un enfant spirituel ; et celui qui affirme le contraire a tort. Ces deux attitudes sont en fait erronées. C’est la Sirât al-Moustaqim (la voie droite) qui est importante : c’est bien celui qui mérite honneur et respect aux yeux d’Allah qui réussit. Il lui est accordé la chance d’accomplir les œuvres de la religion d’Allah selon ses capacités. Allah accepte ses efforts, qu’il ait une relation physique avec le prophète de son temps ou pas. Ceux qui affirment qu’ils doivent être honorés en raison de leur lien physique tiennent là des propos irrationnels. Il est également faux pour les autres de penser qu’ils sont pieux en raison de leur relation physique et parce qu’ils ont hérité le respect. Personne n’obtient honneur et respect en héritage. Il a tort celui qui pense que puisqu’il n’a pas de relation physique, il ne peut obtenir honneur et grandeur.

Pareillement, celui qui pense être honoré en raison de son lien physique [avec le prophète] a tort. En fait, la spiritualité est le nom de l’adoption de la Taqwa : cela signifie créer un amour personnel pour Allah et se sacrifier pour Lui, s’infliger une mort à soi-même, se considérer sans importance, atteindre une vie nouvelle et pure après l’anéantissement du moi. Ceci est la vraie relation : sans elle, il n’y a pas de relation [avec Dieu]. Par la grâce d’Allah, [l’organisme du] Khuddam ul Ahmadiyya a fait des progrès significatifs au cours des trois dernières années. Mais il n’existe pas de sommet unique pour le Khuddam ul Ahmadiyya en atteignant lequel sa mission sera accomplie. C’est une montagne sans sommet : à son apogée Se trouve le Seigneur Gracieux. La distance entre l’homme et Dieu est d’ailleurs infinie.

Nous devons faire des efforts en ce sens : en cela réside notre vie. Il ne faut pas s’arrêter quelque part et croire que nous avons tout acquis. Non, des progrès et des élévations illimitées sont notre destin. Si nous nous efforçons et qu’Allah ressent la sincérité, l’altruisme et l’amour pour Lui dans nos cœurs, Il continuera de nous accorder Sa grâce. L’homme, par conséquent, méritera encore davantage l’amour de Dieu le Tout-Puissant et s’éloignera davantage de son Nafs (ego). »

C’était là les conseils prodigués à Chaudhry Sahib : ils nous sont parvenus grâce à lui. Toute personne ayant dédié sa vie pour servir la Jama’at, tous ceux qui la servent et tout membre de la famille [du Messie Promis (a.s.)] doivent réfléchir sur ces conseils et aussi prier pour [qu’Allah exalte] le rang de Chaudhry Sahib ; car nous avons entendu et compris ces conseils inestimables grâce à lui.

Le troisième Calife (ra) l’a évoqué en ces termes en s’adressant à la réunion de 1970 du Khuddam ul Ahmadiyya Central : « J’ai confié la présidence du Khuddam ul Ahmadiyya à un enfant sincère qui n’a aucun lien physique avec le Messie Promis (a.s.) mais qui bénéficie d’un lien spirituel très fort. Allah lui a accordé la capacité de travailler, Il a béni ses efforts et a accepté nos prières. »

Voici les paroles consignées dans la lettre de remerciement présentée lors de sa cérémonie d’adieu lorsqu’il a terminé son mandat au service du Khuddam ul Ahmadiyya. Tout ce qui y est dit est la vérité et il n’y a aucune exagération.

« Cette cérémonie spéciale est dédiée à Chaudhry Sahib. Sa présidence s’étalant sur quatre ans est un chapitre d’or dans l’histoire du Khuddam ul Ahmadiyya. Grâce à la direction du (troisième Califat), le Khuddam ul Ahmadiyya international a accompli des progrès marquants dans chaque domaine. Grâce à un travail acharné constant, imbu d’altruisme et d’une très grande humilité, Chaudhry Hameedullah Sahib a insufflé en la nouvelle génération ces nobles qualités que sont l’obéissance et la loyauté envers le Califat : celles-ci leur serviront de balises pour leur vie future, Incha Allah. Au cours de sa présidence, selon les vœux de Hazrat Amir-ul-Mou’minine, le troisième Calife, chaque branche du Khuddam ul Ahmadiyya a fait des progrès significatifs. Au cours de sa présidence, les instructions inestimables de Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) ont été publiées sous le nom de Mash’al-e-Rah. Le livret « Les points à retenir » a été publié pour les Atfal. Le système financier général et spécial du Comité central a été renforcé. Avec amour et dévotion, le [président sortant] a toujours respecté le principe suivant : une obéissance indéfectible et sans réserve au Calife et le recours à tous les moyens possibles pour appliquer ses instructions. Avant d’assumer la grande responsabilité de la présidence, Chaudhry Hameedullah a pu siéger en tant que membre du Comité central. »

Le troisième Calife (ra) avait également participé à cette cérémonie d’adieu. Voici un bref extrait du discours qu’il a prononcé. Le troisième Calife a déclaré : « Je prie qu’Allah accorde la meilleure récompense à celui qui part et je prie qu’Allah accorde la possibilité à celui qui le remplace de rendre le meilleur service [à la religion]. Le Majlis Khuddam ul Ahmadiyya a traversé différentes périodes et est arrivé là où le monde le voit aujourd’hui. Au départ, c’était comme une petite graine : à présent il a pris la forme d’un bel arbre sain et florissant. Chaque présidence a accompli deux choses : certaines de manière excellente et d’autres modérée. D’autres ont simplement laissé s’écouler leur temps à certains égards. Mais chaque présidence a accompli deux missions : tenter de maintenir les traditions en place et tenter de faire face aux défis contemporains. »

De nouveaux développements et de nouveaux besoins surgissent : chaque présidence a tenté d’y faire face.

« Ce sont les deux actions que tout être vivant doit accomplir. Les responsabilités du Majlis Khuddam ul Ahmadiyya dureront jusqu’au Jour du Jugement dernier, car cette organisation est liée à la Jama’at du Mahdi du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), qui assumera les responsabilités liées au peuple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et à l’islam jusqu’au dernier jour. Étant donné que la Jama’at Ahmadiyya vivra jusqu’au jour dernier, la vie de toutes les organisations auxiliaires de la Jama’at Ahmadiyya durera jusqu’au jour dernier. À chaque époque, ceux qui se trouvent à la tête de l’organisation centrale ou auxiliaire doivent préserver la beauté de celle-ci et l’embellir davantage. »

Ensuite il ajoute : « Nous ne pouvons pas stagner quelque part car cela équivaut à la mort. C’est un principe de base de la vie. »

Les responsables à tous les niveaux de l’administration de la Jama’at et de chaque organisation auxiliaire doivent se souvenir de ces points : « nous ne pouvons stagner car cela équivaut à la mort : c’est un principe de base de la vie. »

Le troisième Calife ajoute : « Il échoit à chaque nouveau président plus de responsabilités qu’à son prédécesseur : ce dernier avait maintenu la position d’il y a deux ans et le nouveau président doit [la faire] avancer. Le travail prend de l’ampleur. De nouvelles instructions sont émises du centre, à savoir du Califat. Le Calife donne de nouvelles instructions de temps en temps. De nouvelles responsabilités sont imposées en fonction des circonstances nouvelles : les anciennes traditions doivent être maintenues tout en faisant de nouveaux efforts avec une nouvelle détermination pour répondre aux besoins inédits et comprendre les problèmes nouveaux. Qu’Allah récompense notre cher frère Hameedullah Sahib pour l’effort qu’il a accompli en faveur de la Jama’at et la manière dont il a assumé ses responsabilités. Et qu’Il lui permette d’assumer les nouvelles responsabilités d’autres départements qui retomberont sur ses épaules de la même manière jusqu’à la fin. »

Lors de la situation de crise de 1974, Chaudhry Sahib a rendu des services importants dans la cellule d’urgence établie sous la direction du troisième Calife. Après la migration du quatrième Calife à Londres, le défunt est venu ici à la demande du Calife et il y est resté pendant plus d’un an ; et il a également joué un rôle important dans la mise en place du système central. De 1982 à 1999, il a servi en tant que Sadr du Majlis Ansarullah. À l’époque, le mandat n’était pas limité. Il a servi comme Sadr de l’Ansarullah pendant près de 17 ans. Lors de son mandat, le premier volume de Sabeel Al-Rashad contenant les instructions de Hazrat Khalifatul Masih II sur l’Ansarullah a été compilé et publié. Il a accompli un travail important dans l’agrandissement et la construction de la maison d’hôtes. Il a en outre servi comme président du comité de planification du centenaire de la Jama’at en 1989. Il avait occupé le poste de secrétaire du même comité.

En 2005, il a été nommé président du Comité central sur le centenaire du Califat en 2008. Étant donné que les travaux de ce comité sont permanents, il occupait ce poste jusqu’à ce jour : [dans ce cadre] il y a de nouvelles publications qui sont en cours.

En avril 2003, après le décès de Hazrat Khalifatul Masih IV (ra), il a présidé le collège électoral du Califat. Il a visité de nombreux pays, en Afrique et en Europe, en tant que Wakil-e-A’la. Après la mort de Syed Mir Daud Ahmad Sahib en 1973, le troisième Calife (ra) le nomma officier de la Jalsa Salana. Il a continué à servir à ce poste depuis 1973 jusqu’à ce jour. Bien qu’il n’y ait pas eu de Jalsa Salana au Pakistan après 1983, il y avait un système régulier en place et il l’a maintenu. Il a continué à le mettre à jour selon la situation afin que nous puissions nous occuper du nombre maximum d’invités dès qu’Allah le permettra et que la situation s’améliorera. Il possédait les qualités d’un grand gestionnaire et il a travaillé en conséquence. Auparavant, il a servi en différentes capacités lors de la Jalsa Salana. Le quatrième Calife était présent lors de la Jalsa Salana de Qadian en 1989 : il l’avait nommé officier de celle-ci. Feu le Calife l’a ensuite félicité et a déclaré dans son sermon : « Chaudhry Hameedullah Sahib et Mian Ghulam Ahmad Sahib sont venus du Pakistan. Ils ont accompli un travail de titan pour une longue période. Ils se sont rendus à Qadian et ont pu y cerner les problèmes. Ils ont rendu de très bons services dans différents domaines conformément à mes instructions. Sinon, la population ahmadie de Qadian est si petite qu’elle n’aurait pu gérer une si grande rencontre. »

En 1977, il a été nommé Nazir Ziafat en sus de servir d’officier de la Jalsa Salana de Rabwah. Il a servi en tant que Nazir Ziafat de 1977 à 1987. Il laisse derrière lui sa femme Razia Khanum, un fils et deux filles. Son fils, Rashidullah Sahib, vit au Canada. Une de ses filles est ici à Londres : elle est l’épouse de Zaheer Hayat Sahib. Sa deuxième fille est Rizwana Hameed : elle est la belle-fille de Kamal Yusuf Sahib et l’épouse de Nisar Ahmed Sahib de la Suède.

Son épouse déclare : « Nous nous sommes mariés en 1960. Après le mariage, j’ai constaté que dès qu’il recevait son allocation, il cotisait d’abord dans les fonds de la Jama’at et m’encourageait toujours à le faire en premier avant d’effectuer d’autres dépenses. Il m’a aussi encouragé à participer dans le fond d’Al-Wassiyat. Au moment du mariage, le salaire de Chaudhry Saheb était de 80 roupies. »

Aujourd’hui, personne ne peut imaginer [un salaire aussi petit]. Il est vrai aussi que la vie était moins chère à l’époque, mais en dépit de cela 80 roupies était une somme modique.

« Son salaire était de 80 roupies. J’en étais très inquiète à l’idée de pouvoir joindre les deux bouts après avoir déduit nos contributions. Mais grâce aux bénédictions de nos contributions, les jours s’écoulaient sans grande difficulté. »

Il enseignait au collège et je pense que l’allocation salariale du personnel du collège était plus élevée que celui des missionnaires et autres Wâqifîn-e-Zindagi.

Elle ajoute : « Il accomplissait régulièrement la prière de Tahajjoud et faisait ses cinq prières quotidiennes en congrégation à la mosquée ou au bureau. Il les faisait à la maison en cas de maladie. Il prenait des dispositions spéciales pour les prières [congrégationnelles]. Jusqu’à son dernier souffle il accomplissait ses prières de manière complète et à l’heure. J’ai également pris l’habitude d’accomplir des prières de Tahajjoud après l’avoir vu. J’ai tout appris de lui. »

Elle ajoute : « Il a été très gentil envers moi. Il me donnait d’abord [ma part] de tout ce qu’on recevait à la maison et en offrait ensuite aux enfants. Il rentrait souvent tard du bureau. »

Moi-même j’en ai fait le constat.

Elle ajoute : « Il ne me dérangeait pas lorsqu’il rentrait tard à la maison. Il ouvrait la porte extérieure lui-même. Peu importe l’heure tardive, il n’a jamais activé la sonnette et ne m’a jamais réveillée. Je laissais, à la mesure de ses besoins, une quantité de nourriture dans une casserole et plaçais les pains enroulés à côté ; et ensuite je m’endormais. Il rentrait et réchauffait son repas avant de le consommer, sans rien me demander. Il n’a jamais fait de requête que ce soit pour sa nourriture ou ses vêtements. Il consommait de gaîté de cœur ce que je lui offrais et portait de gaieté de cœur ce que je lui donnais. Il n’a jamais émis d’objection. »

Ceci est un principe de base pour maintenir la paix et la tranquillité au sein des foyers. Si nous le respectons, il n’y aura pas de problèmes dans la moitié, voire 80 % des maisons.

Elle ajoute : « Il avait l’habitude d’assister aux funérailles des martyrs, des responsables, des personnalités de la Jama’at, des travailleurs de la Jama’at, de leurs parents et d’autres connaissances. Il restait jusqu’à l’enterrement. Il n’était jamais en colère contre quiconque. Il cachait les manquements d’autrui. Un mari gentil et un père bienveillant pour ses enfants, il ne se mettait jamais en colère contre aucun de ses proches. Il avait l’habitude de prendre l’initiative pour la réconciliation. Il disait souvent : « Tous les honneurs sont pour Allah. » Il prenait grand soin de ses frères, ses sœurs et ses autres parents. Il avait notamment l’habitude de se rendre chez sa sœur à Rabwah tous les jeudis. Chaudhry Sahib a également pris grand soin de ses parents. »

Elle ajoute : « J’avais subi une opération et j’étais restée à l’hôpital dix jours. Étant donné qu’il n’y avait pas d’endroit pour dormir, il se couchait à même le sol dans ma chambre. Il ne s’était jamais plaint de ne pouvoir dormir à même le sol. Il était un mari très bienveillant. Quand je tombais malade et que je retournais au Tahir Heart (Institute), il restait avec moi et prenait soin de moi. »

Sa fille ajoute : « Notre père n’a jamais haussé le ton avec notre mère. Il n’était pas uniquement notre père mais aussi notre ami. Nous pouvions tout partager avec lui. Quand j’étais plus jeune, il accomplissait ses prières de Tahajjoud dans ma chambre. Il répétait souvent cette prière et je m’en souviens jusqu’à présent : « Ô Tout-puissant, sauve-moi des calamités. »

Quand nous étions enfants, il nous racontait des histoires avant de nous coucher. Quand il venait en Suède alors que mes enfants étaient petits, ils leur racontaient à eux aussi des histoires. Notre père était un trésor de prières pour nous. »

Une de ses filles raconte : « Toute sa vie durant il partait au bureau après le petit déjeuner et rentrait à la maison l’après-midi. Il repartait au bureau après l’Asr et rentrait tard après l’Icha. Lorsque nous avions besoin d’aide en mathématiques quand nous étions enfants, il n’avait qu’une heure après le Fajr pour nous l’enseigner.

Une fois, il était assis à côté du troisième Calife lors de la cérémonie d’inspection de la Jalsa Salana. Les ouvriers étaient conviés à un repas à l’occasion. Le troisième Calife lui a dit : « Mangez dans la même assiette que moi. » [À l’époque,] on offrait le repas dans des récipients de terre cuite. Le troisième Calife a dit à Chaudhry Sahib : « Mangez avec moi dans le même récipient. »

Il était un véritable Wâqif-e-Zindagi. En dehors de manger et de dormir, il œuvrait uniquement pour la Jama’at et ne perdait jamais son temps. »

Sa fille ajoute : « Quand j’étais petite, il m’a appris que la main supérieure est meilleure que la main inférieure. J’avais l’habitude de prendre quelque chose en ouvrant ma paume. Il m’indiquait de prendre d’en haut, que ce soit de l’argent ou autre chose. »

Cela aussi est un bon moyen d’éduquer autrui.

« Il n’avait aucun engouement pour les choses de ce monde. Je n’ai jamais vu cette qualité chez autrui. Peu importe l’importance du cadeau qu’on lui faisait, il n’y avait aucune étincelle dans ses yeux. Ses yeux ne s’illuminaient et il ne montrait de l’intérêt que pour les œuvres de la Jama’at. Son téléphone était à côté de son lit 24 heures sur 24 ; il était disponible pour tout le monde au téléphone. »

Sa fille aînée écrit : « Il avait un œil attentif sur ses enfants. Il se souciait beaucoup de leurs sentiments et de leurs émotions. Il n’a jamais mis de fardeau sur nous en raison de sa personne : c’est-à-dire, il ne nous a jamais demandé de faire ceci ou cela [pour lui] : il faisait tout lui-même. Il essayait de nous aider tout le temps. Il s’asseyait également à côté de mes enfants et leur parlait de la communauté, des bénédictions du Waqf et des Califes. Il a raconté des événements inspirant la foi. Chacune de ses paroles avait un objectif et avait sur nous un effet positif. »

Son fils a écrit qu’il mettait toujours l’accent sur deux choses : 1. ne jamais rater les prières et 2. le sermon du Calife de l’époque et suivre toute instruction de celui-ci.

[Il dit :] « Il avait l’habitude de me conseiller : « Essaie d’avoir un impact sur les Canadiens. Une façon de leur prêcher est de leur faire comprendre que tu les respectes et les aimes. » »

Jamil-ur-Rahman Rafiq Sahib, Wakil ut Tasnif du Tahrik-e-Jadid, relate qu’il avait eu une longue relation avec Chaudhry Sahib. Le père de Chaudhry Sahib, Muhammad Bakhsh Sahib, était un homme très pieux et possédait de bonnes qualités. Ces mêmes qualités ont été transférées chez Chaudhry Sahib et ont pris de l’ampleur. Son père, Muhammad Bakhsh Sahib, avait l’habitude de prêcher à Chaudhry Fazal Ahmed Sahib. Ces événements datent d’environ soixante ou soixante-dix ans. Chaudhry Fazal Ahmed Sahib a accepté l’Ahmadiyya par l’entremise du père du défunt. Jamil-ur-Rehman Sahib est devenu le gendre de Chaudhry Fazal Ahmed Sahib, « et c’est ainsi que notre relation s’est affinée davantage, » ajoute-t-il. Le défunt a respecté cette relation. « En outre, le défunt était aussi mon enseignant quand je faisais ma licence. Il venait de compléter sa maîtrise en mathématiques et nous a enseigné pendant un moment. Il enseignait avec beaucoup d’enthousiasme : ceci nous a beaucoup impressionnés. »

Le défunt était très à cheval sur les principes mais était aussi très compatissant et avait l’habitude d’aider les ouvriers en secret. Par la grâce de Dieu, il était un travailleur infatigable. Il était intellectuel et avait notamment une bonne connaissance de l’histoire et de la géographie : il nous encourageait aussi à les étudier. Par la grâce de Dieu, il dépensait très soigneusement les deniers de la Jama’at et disait qu’on doit utiliser la moitié d’une feuille de papier lorsqu’il s’agit d’y inscrire quelques mots au lieu d’utiliser une feuille entière. Il allait au fond de chaque problème. S’il y avait une difficulté, il en examinait les détails et prenait ensuite une décision. Cette vertu était très importante en lui, par la grâce de Dieu. »

Laiq Nasir, le Wakil ud Diwan relate : « Chaudhry Sahib m’a relaté que lorsque le troisième Calife était le président du Khuddam ul Ahmadiyya, il était en service en tant qu’assistant de l’Ijtima. Le troisième Calife (ra) lui a demandé de s’enquérir à propos de la situation au Langar (cuisine communale). Le Langar était à pied d’œuvre lors de l’Ijtima aussi. Le troisième Calife lui a demandé de s’enquérir sur la cuisson des repas. Chaudhry Sahib a déclaré : « J’étais sur le point de partir quand le Sadr (le futur troisième Calife) m’a rappelé et m’a dit que le responsable du Langar est très strict et âgé : il ne me laissera pas entrer. » Je partais sans aucune marque d’autorité et j’étais jeune. Hazrat Sahib a enlevé son insigne de président du Khuddam ul Ahmadiyya et a dit : « Je te confère mon autorité. Informe-le que le Sadr t’a envoyé avec son insigne et demande un rapport. »

J’avais demandé à tous les Nazirs et les Wakils à deux ou trois reprises de partir à la rencontre des gens et de leur transmettre mes salutations. Chaudhry Sahib était également parti à deux reprises. Quelqu’un relate : « J’étais allé en tournée avec lui à deux reprises. La province de Sargodha lui avait été confiée et il y a visité chaque maison. Si quelqu’un n’était pas à la maison et qu’on savait qu’il était au champ ou au travail, nous partions là-bas à sa rencontre. Certains endroits étaient inaccessibles en voiture. En de nombreuses occasions le défunt a parcouru plusieurs kilomètres à pied pour atteindre ces personnes afin de leur transmettre les salutations [du Calife].

Une de ses distinctions particulières était d’obéir et de se conformer à la lettre au message que j’avais donné. Il avait l’habitude de le lire à maintes reprises et disait aux autres de l’informer s’il commettait quelque méprise [en citant] le message [du Calife]. Il était à ce point vigilant. »

Concernant les questions administratives il a toujours indiqué que quelle que soit l’ampleur du problème, ou même si l’on avait fait une erreur, il fallait toujours en informer le Calife et le mettre à jour. De cette manière, on peut recevoir les prières du Calife et l’opportunité de se réformer.

Il avait un niveau de simplicité exceptionnel. Lors de ses visites officielles, il demandait à la Jama’at de ne lui accorder aucun protocole officiel. Au moment du repas, il mangeait là où il se trouvait. Parfois, il mangeait dans la voiture ou s’asseyait au bord d’un champ pendant qu’il visitait les villages. Parfois, lors de ces visites, le Jama’at [locale] lui demandait de prononcer un discours ; mais il refusait en disant que pour l’instant, il s’acquitterait uniquement de la tâche dont il était chargé.

Hazrat Mouslih Maud (ra) avait enjoint aux habitants de Qadian et de Rabwah d’offrir leurs prières dans les mosquées de leurs quartiers. Chaudhry Sahib s’est alors efforcé de respecter cette instruction jusqu’à la fin. Même s’il se rendait à Masjid Moubarak, qui était la mosquée centrale, il offrirait au moins une de ses prières [dans la mosquée locale]. Il partait au bureau même la nuit. Plusieurs fois, il se rendait au bureau le soir quand personne n’était là pour lui ouvrir la porte. Il ouvrait lui-même le bureau et s’occupait de son travail. Il avait pris cette habitude depuis son temps au Talim ul Islam College.

Il y a d’ailleurs un incident intéressant de son temps là-bas quand il travaillait le soir dans la salle des professeurs du Talim-ul-Islam College. Un assistant est venu avec une boîte dans laquelle il y avait de la nourriture. Il l’ouvrit et y trouva du biryani ou du pilaf. La personne l’a informé que le directeur lui avait envoyé ce repas. Le principal à l’époque était le [futur] troisième Calife, Hazrat Mirza Nasir Ahmad (rh). Il ne savait pas qu’il était présent là-bas. Le quatrième Calife lui a dit plus tard qu’il savait quant à lui qu’il y serait et a dit à l’assistant d’offrir le repas à quiconque y était présent.

Chaque fois que quelqu’un lui rendait visite chez lui, il les servait personnellement. Il présentait tout ce qu’il avait à ses collègues et subordonnés. Laiq Abid Sahib a écrit qu’il était très diligent même dans les moindres détails. Il ne signait jamais un document, une facture ou une lettre sans l’avoir lu complètement au préalable. Il s’agit là d’un point très important pour tous les responsables de bureau : ils ne doivent pas apposer leurs signatures sans d’abord les lire attentivement.

Chaudhry Sahib était très ponctuel et cette habitude était si ancrée en lui que c’était comme s’il contrôlait le temps et pouvait l’ajuster à sa guise. Malgré son grand respect de la ponctualité, il accordait beaucoup d’attention aux étiquettes. Chaque fois qu’il se rendait à la mosquée, il se consacrait au souvenir d’Allah et ne regardait pas l’heure, comme on l’observe souvent : généralement les gens commencent à regarder l’horloge quand c’est l’heure et ils spéculent sur les raisons pour lesquelles la prière n’a pas encore commencé. Il accomplissait la Salat lorsque l’Imam se présentait. Il prodiguait des conseils aux missionnaires qui venaient de l’étranger. Généralement, il leur conseillait de lire les livres du Messie Promis (as) et de mettre en application les préceptes qui s’y trouvent. C’est de cette manière qu’ils pourront produire une image unifiée de l’Ahmadiyya dans le monde.

Samiullah Siyal Sahib écrit : « Nous avions terminé notre BEPC ensemble. Après avoir terminé nos études, nous nous sommes présentés à Hazrat Khalifatul Masih II (ra) et lui avons demandé d’accepter notre Waqf. Le Calife l’a gracieusement accepté. J’ai travaillé avec lui en différentes capacités jusqu’à la fin, soit environ 71 ans. Il était un homme exceptionnel. Il était compatissant, déterminé, toujours prêt à servir sa foi et avait un amour sans bornes pour le Califat.

Une autre de ses qualités était qu’il formait de manière merveilleuse tout nouveau Wâqif. C’était en effet une grande qualité de sa part. C’est pourquoi je lui avais confié quelques Wâqifîn pour qu’il les forme. Et il les a formés d’une excellente manière.

Halim Quraishi Sahib ajoute : « Il avait une solide maîtrise de la gestion et des questions financières. Il ne tolérerait aucune mauvaise gestion. Il surveillait de près les affaires financières. Il était toujours à jour concernant les prix des articles. Si une facture comprenait une dépense excédentaire de 10 roupies, il demandait pourquoi avoir dépensé cent dix roupies quand cet article coûtait cent roupies dans tel ou tel magasin.

Amir Muhammad Qaisarani Sahib est ingénieur responsable des machines fabriquant les pains plats lors de la Jalsa Salana. Il déclare : « Chaudhry Sahib accordait une grande importance aux conseils. Avant de prendre une décision, il prenait toujours conseil auprès du responsable ou de l’expert compétent dans ce domaine. Avant de franchir une nouvelle étape, il faisait une évaluation complète et ce n’est qu’après avoir longuement consulté les experts qu’il parvenait à une conclusion.

Le vendredi, lorsque les bureaux sont généralement fermés, il venait tester la machine à préparer les pains plats. De même, le jour de congé supplémentaire de la dernière semaine du mois, il partait souvent au bureau. Il expliquait à ses collègues qu’il a appris du troisième Calife que chaque fois qu’ils rencontrent des soucis ou des difficultés dans leur vie personnelle, ils devraient donner plus de temps aux travaux de la Communauté. De cette manière, Dieu soulagera Lui-même leurs soucis. Il faisait montre d’un grand respect et d’un grand amour à l’égard de tous ceux qu’il rencontrait. Il parlait à tout le monde des sujets qui les intéressaient.

L’ingénieur ajoute : « Avant sa disparition, lors d’une réunion, Chaudhry Sahib a exprimé son mécontentement envers moi et d’autres ingénieurs sur les retards pris sur des travaux de construction. Mais le même jour, après avoir quitté le travail, il m’a téléphoné et m’a parlé d’une manière joviale comme il le faisait toujours. Il s’est excusé pour les paroles dures qu’il aurait pu prononcer lors de la rencontre ; et il a continué à me demander comment je me portais. »

Hafiz Muzaffar Ahmad Sahib écrit : « Suite à ma requête, le quatrième Calife avait accordé son aval pour mettre sur pied une cellule de recherche à Rabwah. Il m’a également ordonné de rencontrer Chaudhry Sahib. Suite à cette instruction du Calife, sur les deux sites proposés, il a construit les bureaux du centre de Recherches à la Jamia. Au cours de la consultation, il a déclaré : « A l’avenir, vous allez rendre des services à la Communauté. Premièrement, nous devons toujours garder à l’esprit les besoins futurs de la Communauté, mais deuxièmement, nous devons également garder à l’esprit les principes de modération et de contentement. Au lieu de désirer de grandes tables de bureau ou des chaises confortables, nous devrions prévoir un mobilier approprié en accord à nos besoins. »

Abdul Majid Tahir Sahib, le Wakil-ut-Tabshir de Londres écrit : « Chaque instant de sa vie a été passé au service de la foi. Chaudhry Sahib appliquait immédiatement et sans délai les instructions administratives du Calife après les avoir reçues. Souvent, ses instructions lui parvenaient la nuit : il partait au bureau pour les mettre en œuvre et rentrait chez lui. En effet, chacun de ses mouvements et chacune de ses paroles étaient conformes aux instructions du Calife de l’époque. Certains estiment que les règles et les règlements de la Communauté remplacent les instructions du Calife et qu’il faut les appliquer [à la lettre]. Chaudhry Sahib leur disait toujours qu’ils devraient agir selon les conseils ou les instructions du Calife : ce sont les règles à suivre. D’ailleurs, il existe une clause de dérogation [dans les statuts].

Mubashir Ayaz Sahib, directeur de Jamia Ahmadiyya de Rabwah, écrit : « Le défunt était une encyclopédie des traditions et de l’histoire de la Jama’at (et ceci est absolument vrai). J’ai remarqué une chose claire quand je l’ai côtoyé : c’était sa compréhension et sa maîtrise du travail qu’il faisait. Je disais souvent à mes collègues que si l’on avait un jour une réunion avec Chaudhry Sahib au sujet de Jamia, il serait en mesure de nous dire combien d’escaliers ou de plantes il y a à la Jamia, ainsi que leurs emplacements et leurs lacunes. Il regardait tout en détail. Quel que soit le sujet d’une réunion, il acquerrait toutes les informations et les moindres détails et il attendait que tous ses collègues en fassent de même. Toute l’histoire de Rabwah était imprimée dans ses yeux, son cœur et son esprit. J’ai rencontré Chaudhry Sahib quelques mois de cela : je lui ai dit qu’il y avait des différences dans les récits de divers anciens sur certains points de repère historiques de Rabwah et je lui ai demandé conseil à ce sujet. Sur ce, il m’a expliqué plusieurs points et m’a dit en détail qu’untel ou untel pouvait me renseigner mais que la mémoire d’untel faiblissait ; et que je devais dresser une liste et la lui envoyer et alors il m’indiquerait ces lieux historiques dont il avait souvenir. Son humilité était telle qu’il préparait en personne du thé pour moi. »

Mubashir Ayaz relate un autre incident eu égard à son humilité. Il dit : « Quelques années de cela nous sommes partis à Qadian pour la Jalsa. L’adjoint du responsable du Langar Khana, Mahfoozur Rahman Sahib, et moi-même conversions quand Chaudhry Sahib est passé à côté de nous. Nous avons échangé nos salutations, après quoi Mahfoozur Rahman Sahib m’a dit avec sincérité que Chaudhry Sahib est une personne très simple. Il relate : « Peu de temps de cela Chaudhry Sahib m’a demandé s’il y avait quelque chose à manger, car il venait de rentrer d’une réunion, en ajoutant que dans environ quinze à vingt minutes, il devait être dans une autre réunion. L’heure du service des repas était terminée : je lui ai dit qu’il y avait de la nourriture dans le réfrigérateur et que je le réchaufferais pour lui : entre-temps il pourrait aller se rafraîchir. Je lui ai réchauffé le repas et quand je suis retourné Chaudhry Sahib [était en train de terminer son repas]. Étant donné qu’il est très ponctuel, il voulait arriver à sa prochaine réunion à l’heure. Il a pensé que s’il tardait pour la nourriture, il serait en retard. Chaudhry Sahib avait déjà rassemblé les morceaux de pain sur la table et avait presque fini de les manger avec les lentilles ou tout autre aliment restant. Ainsi, il s’est rendu à sa réunion à l’heure. Il n’a montré aucun signe de mécontentement pour exprimer pourquoi la nourriture avait été apportée si tard. Il a simplement mangé les restes de pain avec le reste des lentilles dans les récipients avant de repartir.

Chaudhry Sahib a étudié à fond les ouvrages du Messie Promis (as). On aurait dit qu’il étudiait toujours un de ses livres. Il ne se contentait pas de les lire : en fait il ne serait pas faux de dire qu’il a étudié ces livres très méticuleusement. Il avait réfléchi sur chaque mot et y trouvait des solutions à toutes les questions qu’il rencontrait. Il conseillait également aux autres que chaque fois qu’ils lisaient des livres, ils devraient réfléchir à chaque mot et qu’ils devraient essayer de résoudre toute question qu’ils rencontraient. Mubarak Siddiqi Sahib relate : « Quand [Chaudhry Sahib] était venu à Londres, le Calife lui avais donné la permission de tenir une séance avec les [membres du] TI College. Je lui ai présenté les instructions du Calife. Il a assisté à l’événement. Je lui ai dit qu’Allah lui avait permis de servir pendant très longtemps et lui avait accordé de grands honneurs. Quel était le secret de son succès ? Quels conseils pouvait-il nous donner à ce sujet ? Il a répondu qu’il n’y avait qu’un seul secret : ne pas croire que sa propre connaissance et sa compréhension ont quelque valeur, et obéir les yeux fermés au Calife. Cette obéissance doit être telle que votre cœur témoigne que vous avez fait tous les efforts possibles pour respecter les exigences de l’obéissance. »

Mirza Jawad Sahib ajoute : « Il racontait l’incident suivant. Le troisième Calife avait dit à Chaudhry Sahib qu’avant la partition [de l’Inde], les membres affectés aux tâches de la Jalsa durant la semaine précédant la rencontre ne recevaient qu’une tasse de thé par semaine comme collation. Une fois, un jeune en service rapportait joyeusement son thé à sa résidence. Le repas était servi au langar comme d’habitude. Les travailleurs ne recevant qu’une seule tasse thé qu’une par semaine, le bénévole a ramené son thé dans la maison d’hôtes où il logeait. Or, il s’y trouvait un invité qui était dans le lit à côté de lui. Ce dernier, pensant qu’il avait apporté cette tasse de thé pour lui, a demandé au travailleur si le thé était pour lui. Sans donner une indication du contraire, le travailleur lui a offert la tasse de thé. Chaudhry Sahib disait que le troisième Calife (rh) racontait cet incident pour mettre en évidence l’exemple de ces bénévoles et comment ils consentaient à des sacrifices en toutes circonstances et s’occupaient des invités. Chaudhry Sahib disait : « Il fut un temps où une tasse de thé était l’unique collation de la semaine. [Cette personne] l’a sacrifiée au milieu de l’exercice de ses fonctions. Et aujourd’hui, Dieu a tant béni cette Communauté financièrement, qu’il est à présent normal que du thé soit présenté même dans la plus petite des réunions. Ainsi, nous devons être conscients des bénédictions accordées par Dieu et utiliser les fonds de la Communauté de manière responsable en évitant toute dépense inutile. »

En tout cas on peut présenter d’innombrables points. Je n’en ai mentionné qu’une sélection. Je vais m’arrêter ici sinon cela prendra beaucoup de temps. Il n’y a aucune exagération dans ce que l’on a relaté à propos de Chaudhry Sahib. On a écrit beaucoup de choses à son sujet : je n’ai pas pu tout mentionner voire tout lire. Il possédait des aptitudes extraordinaires : il était très humble et travaillait extrêmement dur. J’ai également travaillé avec lui et il me guidait sur la manière de travailler d’une manière très douce et gentille. Quand je suis devenu Nazir-e-A’la ainsi qu’Amir Muqami, son comportement a complètement changé : il a fait preuve d’une grande obéissance pendant tout ce temps.

Ensuite, lorsque je suis devenu Calife, il a rempli tous ses devoirs conformément à son serment d’allégeance avec une loyauté indéfectible, comme ahmadi et comme serviteur de la Jama’at. Il prenait chaque mot et chaque instruction du Calife très au sérieux, et agissait selon ses instructions à la lettre. Il ne présentait jamais ses propres interprétations des instructions. Une fois, j’avais recommandé que la section junior de la Jamia Ahmadiyya, qui était dotée de son propre bâtiment, soit fusionnée avec la section senior de la Jamia Ahmadiyya car c’était un coût supplémentaire et on n’avait plus besoin d’un bâtiment séparé. J’ai sollicité son avis sur la question et, à l’époque, lui et d’autres anciens de la Jama’at avaient émis des réserves. Je lui ai demandé son avis, il a déclaré qu’il fallait le faire. Cependant, plus tard, lorsque j’ai pris ma décision, sans formuler une objection quelconque, il a immédiatement commencé à mettre en œuvre la décision. Je pensais que cela prendrait peut-être quelques jours, mais en 24 heures, il l’a mis en œuvre et m’a soumis le rapport pour m’informer des progrès accomplis. Qu’Allah le Tout-Puissant élève son statut et qu’Il accorde au Califat d’autres aides puissants à l’instar du défunt.

Continuez à prier pour les conditions [des ahmadis] au Pakistan. Qu’Allah améliore rapidement la situation des ahmadis de ce pays et qu’Il leur permette de vivre leur vie en toute liberté.

Je souhaite mentionner un autre point important concernant la pandémie du coronavirus qui sévit dans le monde entier. Les ahmadis ne font pas tout leur possible pour prendre des précautions, ni au Royaume-Uni, ni en Amérique, ni au Pakistan, ni dans aucun autre pays. Toutes les précautions doivent être prises : on doit porter des masques. Certains portent le masque en laissant leur nez exposé bien que le nez doive également être couvert. Certains laissent leurs masques suspendus autour de leur cou : à quoi bon les porter ainsi ?

Ensuite, les gens ne maintiennent pas les distances quand ils se rencontrent et ne respectent pas la distanciation sociale ou d’autres directives émises par les gouvernements. Nous devons prendre toutes ces précautions, sinon cette pandémie ne cessera de se propager. De nos jours, les gens devraient essayer de limiter leurs voyages au minimum et éviter tout déplacement inutile. Ceux qui voyagent d’Europe vers le Pakistan doivent être prudents et, de nos jours, il vaut mieux ne pas s’y rendre du tout.

En tous cas, qu’Allah mette fin rapidement à cette pandémie et accorde la guérison à tous les ahmadis et non-ahmadis qui ont été affectés. Après avoir les prières en congrégation, je dirigerai la prière funéraire de Chaudhry Sahib.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)