Sermon du vendredi 22 janvier 2021, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta'awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

À partir d’aujourd’hui, j’évoquerai ‘Outhman (r.a.) et je le ferai pour plusieurs semaines. Le premier point à son sujet est qu’il n’avait pas participé à la bataille de Badr : il faisait cependant partie de ces huit chanceux compagnons à qui le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait offert des butins de la bataille, les comptant ainsi parmi les combattants [de Badr].

Il se nommait ‘Outhman Bin ‘Affan Bin ‘Abdil ‘As Bin Oummayah Bin ‘Abdi Chams Bin ‘Abdi Manaf Bin Qousay Bin Kilab. Son arbre généalogique [paternel] rejoint celui du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à la cinquième génération [avec pour aïeul commun] ‘Abdi Manaf.

Sa mère se nommait Arwa Bint Kourayz. La grand-mère maternelle d’Outhman se nommait Oumm Hakim Bayda Bint ‘Abdil Mouttalib. Elle était la sœur d’Abdoullah le père du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Selon un récit, ‘Abdoullah, le père du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), et Oumm Hakim Bayda Bint ‘Abdil Mouttalib, la grand-mère maternelle d’Outhman, étaient jumeaux.

Arwa Bint Kourayz, la mère d’Outhman, avait embrassé l’islam après la conquête de Houdaybiyyah. Elle est demeurée à Médine jusqu’à l’époque du Califat de son fils. Le père d’Outhman était décédé à l’époque de l’ignorance.

À l’époque de l’ignorance, dit-on, ‘Outhman portait le nom d’emprunt d’Abou ‘Amr. Après la naissance de son fils, ‘Abdoullah, suite à son mariage avec Rouqayyah, la fille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il fut connu comme Abou ‘Abdillah parmi les musulmans.

D’après Ibn Ishaq, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait marié sa fille Rouqayyah à ‘Outhman. Elle est décédée durant les jours de la bataille de Badr. Alors le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a marié ‘Outhman à Oumm Koulthoum, sa deuxième fille, et la sœur de Rouqayyah. C’est pour cette raison qu’Outhman était connu comme Dhoun-Nourayn (le détenteur de deux lumières).

On dit aussi qu’on le nommait Dhoun-Nourayn parce qu’il récitait longuement le Coran lors de la prière de Tahajjoud. Étant donné que le Coran est lumière ainsi que le Qiyam Al-Layl (la prière de Tahajjoud), c’est pour cette raison [aussi] qu’il était connu comme Dhoun-Nourayn. Il existe en effet un récit à ce propos.

Selon un récit authentique, ‘Outhman serait né six ans après l’année de l’Eléphant à La Mecque. On dit aussi qu’il serait né à Taïf. Il était le cadet du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) d’environ cinq ans.

Yazid Bin Roumman relate qu’Outhman Bin ‘Affan et Talhah Bin ‘Oubaydillah suivaient Zoubayr Bin Al-‘Awwam et ils se sont présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci a présenté à tous deux l’enseignement de l’islam et leur a récité le Coran. Il les a aussi introduits aux droits de l’islam et leur a promis l’honneur de la part d’Allah.

Sur ce, ‘Outhman et Talhah ont embrassé l’islam et ont témoigné en faveur du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ensuite ‘Outhman a demandé : « Ô Prophète d’Allah ! Je reviens de la Syrie. J’avais campé entre Ma’an et Zarqa. Ma’an est une ville au sud de la Jordanie sur la frontière avec le Hedjaz. Zarqa se trouve tout près de Ma’an. » Il ajoute : « J’étais endormi quand j’ai entendu quelqu’un annoncer : « Ô vous qui dormez ! Réveillez-vous ! Ahmad est apparu à La Mecque ! » Quand nous sommes rentrés à La Mecque, nous avons entendu à propos de vous. »

‘Outhman avait embrassé l’islam avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’eût choisi le Dar al-Arqam comme centre ; et il était parmi les tous premiers musulmans. Après son acceptation de l’islam, il a été la cible de persécutions.

Le père de Moussa Bin Mohammad relate que lorsque ‘Outhman Bin ‘Affan a embrassé l’islam, son oncle, Hakam Bin Abil ‘As bin Oummayah, l’a ligoté et lui a dit : « As-tu abandonné la religion de tes aïeux pour embrasser une nouvelle religion ? Par Dieu ! Je ne te libérerai pas tant que tu ne l’abandonnes pas. » Sur ce ‘Outhman a déclaré : « Par Allah ! Jamais je ne rejetterai cette nouvelle confession et jamais je ne me séparerai de cette religion. » Lorsque Hakam a vu sa détermination, il a été contraint de le laisser partir.

Voici le récit de son mariage avec Rouqayyah. On raconte qu’avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne se proclamât Prophète, le mariage de Rouqayyah avait été fixé avec ‘Outbah, le fils d’Abou Lahab. Le mariage d’Oumm Koulthoum, sa sœur, avait été fixé avec ‘Outaybah, le frère d’Outbah.

Quand la sourate Al-Masad (sourate Al-Lahab) a été révélée, Abou Lahab, le père d’Outbah et d’Outaybah leur a dit : « Si vous ne vous séparez pas des filles de Muhammad (s.a.w.), je n’aurai rien à voir avec vous ! Brisez cette relation ! » Tout deux ont divorcé des deux sœurs avant le mariage [officiel]. Par la suite, ‘Outhman Bin ‘Affan a épousé Rouqayyah à La Mecque et a émigré avec elle en Abyssinie. Rouqayyah et ‘Outhman étaient d’une grande beauté. On disait que le plus beau couple était celui de Rouqayyah et d’Outhman.

‘Abd al-Rahman ibn ‘Outhman al-Qourashi rapporte que le Messager d’Allah (s.a.w.) est venu chez sa fille alors qu’elle lavait la tête d’Outhman. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Ma fille ! Soit bienveillante à l’égard d’Abou ‘Abdillah. Certainement il me ressemble le plus en termes de moralité parmi mes compagnons. »

Ibn Ishaq relate ceci à propos de l’émigration. Le Prophète (s.a.w.) avait pris note de l’épreuve auquel était confrontés ses compagnons : il était quant à lui en sécurité grâce à la protection d’Allah et de son oncle Abou Talib. Cependant, il ne disposait pas de moyens pour arrêter la persécution de ses compagnons. Même si le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était en paix dans une certaine mesure, il n’avait pas le pouvoir d’arrêter l’oppression que subissait ses compagnons. Il leur a conseillé : « Partez en Abyssinie : il s’y trouve un roi qui n’opprime personne : il s’agit d’une terre de vérité. [Demeurez-y] jusqu’à ce qu’Allah vous libère de votre épreuve. »

Inquiets des problèmes auxquels ils ont dû faire face en raison de leur foi, ils ont été contraints de fuir pour la cause d’Allah et de se rendre en Abyssinie. Il s’agit là de la première migration en l’islam. Parmi les compagnons qui ont émigré en Abyssinie se trouvaient ‘Outhman et sa femme, Rouqayyah, la fille de l’Envoyé d’Allah. Anas raconte que Rouqayyah, la fille de l’Envoyé d’Allah, avait accompagné ‘Outhman lorsqu’il est parti en Abyssinie. La nouvelle de leur situation tardait à atteindre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il ignorait s’ils avaient migré et quelle était leur situation. Il est sorti et a attendu des nouvelles à leur sujet. Puis une femme est venue l’informer à leur propos. Le Prophète (s.a.w.) a déclaré : « ‘Outhman était la première personne après Lot à émigrer avec sa famille dans la voie d’Allah. »

Sa’d raconte que lorsqu’Outhman bin ‘Affan avait l’intention de migrer en Abyssinie, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a dit d’emmener Rouqayyah avec lui. « Je pense que vous vous soutiendrez l’un l’autre. »

Ensuite, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dit à Asma bint Abou Bakr : « Va et apporte-moi de leurs nouvelles. » Après leur départ, il voulait connaitre leur situation. Quand Asma est revenu, Abou Bakr était en compagnie du Saint Prophète (saw). Elle a dit qu’Outhman avait mis une selle sur un mulet, qu’il y avait fait monter Rouqayyah et qu’ils étaient partis vers la mer. Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « O Abu Bakr, après Lot et Abraham, ils sont les premiers émigrants. »

Voici le récit de leur retour d’Abyssinie. Ibn Ishaq relate que les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui avaient émigré en Abyssinie, ont entendu que le peuple de La Mecque s’était converti à l’islam. Lorsqu’ils sont arrivés près de La Mecque, ils ont découvert que la nouvelle était fausse. Alors ils sont entrés à La Mecque secrètement ou sous la protection de quelqu’un. Certains d’entre eux ont émigré à Médine et ont participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). D’autres ont été arrêtés par les mécréants à La Mecque : ils n’ont pas pu prendre part à la bataille de Badr. Parmi les émigrants d’Abyssinie étant retournés à La Mecque se trouvaient ‘Outhman et sa femme, Rouqayyah, la fille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). ‘Outhman est resté quelques années en Abyssinie selon un recueil de l’histoire.

[Comme je l’ai dit à l’instant], certains compagnons sont retournés à La Mecque après avoir entendu la rumeur de la conversion des Mecquois : ‘Outhman en faisait partie. Mais ils ont su que la nouvelle était fausse : alors, certains sont retournés en Abyssinie. Mais ‘Outhman est demeuré à La Mecque jusqu’à l’émigration à Médine. [Pour rappel], quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait demandé à tous ses compagnons de se rendre à Médine, ‘Outhman aussi s’y était rendu avec les membres de sa famille.

Selon un récit, ‘Outhman aurait de nouveau migré en Abyssinie mais la plupart des recueils de Sirah n’évoquent pas sa seconde migration. En tout cas, les biographes scrupuleux n’acceptent pas tel quel l’arrière-plan des récits de la deuxième migration en Abyssinie évoqués dans les livres de Sirah et de Hadiths, car la teneur de ces récits ne s’y prête pas.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb a effectué des recherches sur cette émigration en Abyssinie. J’en fais mention ici, quoique j’aie évoquée une partie en présentant d’autres compagnons. En tout cas, il sied d’en faire mention ici de nouveau.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb explique : « Quand la souffrance des musulmans a atteint son apogée et que la persécution des Qouraychites a pris de l’ampleur, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé à ceux qui en avaient les moyens de migrer en Abyssinie en ajoutant que son roi est juste et que personne n’est persécuté dans son royaume. Le pays de Habcha, connu comme l’Éthiopie ou l’Abyssinie, est situé au nord-est du continent africain : l’Arabie méridionale se trouve exactement à l’opposé et les deux pays sont séparés par la mer Rouge. Il existait en ce temps-là en Abyssinie un état chrétien fort puissant dont le roi portait le titre de Négus. Ce titre est d’ailleurs en usage jusqu’à présent. (C’est-à-dire à l’époque où l’auteur avait écrit cela.) L’Arabie entretenait des relations commerciales avec l’Abyssinie dont la capitale, à l’époque, était Aksoum situé dans les environs de l’actuelle ville d’Adowa. Jusqu’à ce jour, Aksoum jouit du statut de ville sacrée. En ce temps-là, Aksoum était le chef-lieu d’une royauté puissante. Le nom propre du Négus de l’époque était Achamah, un roi réputé pour son équité, son intelligence et sa puissance. Quand les malheurs des musulmans se sont aggravés, le Saint Prophète a demandé à ceux qui en avaient les moyens de migrer en Abyssinie. Au cours du mois de Rajab en la cinquième année de son prophétat, onze hommes et quatre femmes ont immigré en Abyssinie sous les directives de l’Envoyé divin. Ils se nommaient entre autres : ‘Outhman bin ‘Affan et son épouse Rouqayyah, la fille du Saint Prophète ; ‘Abdour-Rahman bin ‘Auf, Zubayr bin Al-’Awwām, Abou Houdhaifah bin ‘Outbah, ‘Outhmān bin Maz’oun, Mous’ab bin ‘Oumayr, Abou Salamah bin ‘Abdil-Asad et sa femme Oumm Salamah. Fait étrange : la majorité de ces premiers immigrants appartenaient à de puissantes tribus des Qouraychites ; rares étaient ceux issus des couches faibles. Ceci démontre deux choses : premièrement, même ceux qui appartenaient aux puissantes tribus de La Mecque n’étaient pas à l’abri des cruautés des Qouraychites. Deuxièmement, les faibles, à l’instar des esclaves, étaient dans un tel dénuement qu’ils ne pouvaient même pas s’exiler. Les immigrants ont mis le cap vers le sud pour atteindre Cha’ibah, un port d’Arabie à cette époque. Par la grâce d’Allah, ils y ont trouvé un navire de commerce en partance pour l’Abyssinie et s’y sont embarqués en toute sécurité. Les Qouraychites fulminèrent de rage quand ils apprirent que cette « proie » s’était extirpée de leurs griffes.

Ils ont envoyé leurs agents à leur poursuite, mais quand ils sont arrivés à la côte, le bateau avait déjà pris la mer et ils sont retournés déconfits. Une fois en Abyssinie, les musulmans ont vécu dans une grande sérénité ayant prié tout au long de leur voyage pour être à l’abri des cruautés des Qouraychites. »

Mais comme l’ont mentionné certains historiens, après leur arrivée en Abyssinie, une rumeur s’était répandu que tous les Qouraychites avaient accepté l’islam et que la paix régnait désormais à La Mecque.

Ainsi, la plupart des émigrés étaient revenus sans réfléchir. Lorsqu’ils arrivèrent près de La Mecque, ils apprirent qu’il s’agissait en fait d’une rumeur, et que c’était un complot des mécréants afin de faire revenir les musulmans de l’Abyssinie. Ils ont dû ensuite faire face à de grandes difficultés. Certains sont retournés en cours de route : d’autres sont entrés à La Mecque secrètement ou sous la protection d’un notable influent de la ville. Cet incident a eu lieu au cours du mois de Chawwal en l’an 5 de l’Hégire. En d’autres termes, la durée entre le début de la migration et le retour des immigrants n’était que de deux mois et demi à trois mois. Cette rumeur, complètement fausse et infondée, était répandue probablement par les Qouraychites pour faire retourner les immigrés d’Abyssinie et les mettre en difficulté. En fait, à y regarder de plus près, cette rumeur et le récit du retour des immigrés semblent en soi sans fondement. Cependant, s’il est considéré comme vrai, un incident signalé dans divers Ahadith pourrait être caché sous la surface. »

Si l’on dit qu’Outhman est resté en Abyssinie quelques années, ces récits sur le retour [après quelques mois] seraient sans fondement. Si le premier récit est faux, ils seraient retournés après deux ou trois mois. En tout cas, selon Hazrat Mirza Bashir Ahmad, ce deuxième récit est faux.

Il déclare : « Cependant, si le récit [sur le retour après deux ou trois mois] est considéré comme vrai, un incident signalé dans divers Ahadith pourrait être caché sous la surface. Comme mentionné dans le Sahih d’Al-Boukhari, une fois, le Saint Prophète avait récité des versets de la sourate An-Najm dans la cour de la Ka’bah. De nombreux chefs des mécréants étaient également présents, ainsi que des musulmans. Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) termina sa récitation, il tomba en prosternation et avec lui tous les musulmans ainsi que les mécréants. Les hadiths n’évoquent pas la raison de la prosternation des mécréants. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait récité les versets divins de manière à toucher les cœurs. Ces versets évoquaient l’unicité de Dieu, Sa puissance et Sa majesté d’une manière extrêmement éloquente et claire ainsi que Ses faveurs. Ensuite, les Qouraychites ont été avertis d’une manière très majestueuse et impressionnante [de ceci] : s’ils ne s’abstenaient pas de leurs mauvaises actions, ils connaîtraient le même sort que les nations du passé qui avaient rejeté les Messagers de Dieu. Puis, à la fin de ces versets, il fut ordonné de venir se prosterner devant Allah. Après la récitation de ces versets, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et tous les musulmans tombèrent immédiatement dans un état de prosternation. Cette parole et cette scène eurent un effet si envoûtant sur le Qouraychites, qu’ils tombèrent également involontairement en prosternation.

Cela ne devrait pas être surprenant, car en pareilles circonstances, comme cela a été mentionné ci-dessus, le cœur humain est parfois captivé et commet involontairement un acte contre ses principes et sa religion. C’est pourquoi nous avons parfois été témoins du fait qu’au cours d’une violente et brutale calamité, même un athée s’écrie : « Ô Mon Dieu ! » ou « Ô Rām ! » (Une divinité hindoue).

J’ai moi-même posé la question à certains athées et ils l’ont confirmé. Ils déclarent : « En dépit du fait que nous ne croyons pas en Dieu, lorsque nous sommes en grand danger, involontairement, le nom de Dieu nous sort des lèvres. »

« Or, les Qouraychites n’étaient pas athées : ils croyaient en l’être de Dieu, même s’ils étaient des polythéistes. Ainsi, après la récitation de cette parole majestueuse, pleine de mots terrifiants, la communauté des musulmans est tombée en prosternation ; cela produisit un effet si envoûtant que les Qouraychites tombèrent également involontairement en prosternation. Cependant, pareille influence est généralement temporaire et l’homme retourne rapidement à son état d’origine. Il en fut de même des Qouraychites : en dépit de se prosterner, ils sont demeurés [idolâtres] : ils n’étaient pas devenus monothéistes.

Tout cet événement est rapporté dans le recueil authentique d’Al-Boukhari. Par conséquent, si la nouvelle du retour des immigrés d’Abyssinie est vraie, elle indiquera que les Qouraychites (qui souhaitaient toujours le retour des immigrés d’Abyssinie, échappés de leur emprise) avaient probablement utilisé cet évènement pour répandre la rumeur selon laquelle les Qouraychites de La Mecque avaient embrassé l’islam et que cette ville était dorénavant sans danger pour les musulmans. Les immigrants d’Abyssinie étaient naturellement ravis d’entendre cette rumeur et, dans leur enchantement, étaient revenus sans réfléchir. Lorsqu’ils se trouvaient près de La Mecque, ils ont été informés de la situation réelle : certains, secrètement et d’aucuns sous la protection d’un chef puissant et influent des Qouraychites, étaient entrés à La Mecque, tandis que d’autres avaient rebroussé chemin.

Quoi qu’il en soit, s’il existait une vérité dans la rumeur de la conversion des Qouraychites à l’islam, elle se limiterait à l’incident de la prosternation lors de la récitation du chapitre An-Najm. Allah sait le mieux.

En tout cas, même si les immigrants d’Abyssinie sont revenus [à La Mecque], la majorité d’entre eux est repartie [en Abyssinie]. De plus, étant donné que la tyrannie des Qouraychites et leur oppression augmentaient de jour en jour, sur l’instruction du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les musulmans ont commencé à se préparer secrètement à émigrer. Au final, le nombre d’immigrants en Abyssinie a atteint 101, dont 18 femmes. Très peu de musulmans sont restés à La Mecque avec le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Certains historiens ont qualifié cette migration de « deuxième migration en Abyssinie». »

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb présente une autre analyse : « Cependant, il y a un autre fait qui rend toute l’histoire de cette rumeur et du retour des immigrés douteux. Le début de la migration vers l’Abyssinie a eu lieu au cours du mois de Rajab en l’an 5 du prophétat et l’incident de la « prosternation » a eu lieu au cours du Ramadan de l’an 5 ; et les récits historiques indiquent qu’à la suite de cette rumeur, le retour des immigrants en Abyssinie s’est produit au cours du mois de Chawwal de l’an 5. Par conséquent, l’écart de temps entre la première migration et le retour des immigrants n’est que de deux à trois mois. Si la période est calculée à partir de la date de « la prosternation », la durée n’est qu’un mois. Or, conformément aux circonstances de cette époque, il est catégoriquement impossible que trois voyages aient été entrepris entre La Mecque et l’Abyssinie en si peu de temps. En d’autres termes, les musulmans ont tout d’abord voyagé de La Mecque vers l’Abyssinie, après quoi un individu de La Mecque a apporté des nouvelles en Abyssinie concernant l’acceptation de l’islam par les Qouraych. Puis les musulmans ont quitté l’Abyssinie et ont atteint La Mecque. L’achèvement de ces trois voyages (à l’exclusion du temps supplémentaire consacré à diverses affaires) était absolument impossible dans un laps de temps aussi court. En outre, il n’est pas réaliste que deux voyages aient pu être effectués entre le moment de la « prosternation » et le moment du prétendu retour des immigrants en Abyssinie. À cette époque, pour voyager de La Mecque à l’Abyssinie, il fallait d’abord se rendre au sud, puis, de là, traverser la mer Rouge et rejoindre la côte de l’Afrique par bateau (ce qui n’était pas toujours présent). Puis, de la côte, il fallait se rendre à Aksoum, la capitale de l’Abyssinie, qui était située assez loin de la côte. Et selon le mode lent de voyage à cette époque, un voyage de cette ampleur n’aurait pas pu être effectué en moins d’un mois et demi à deux mois. De ce point de vue, tout l’incident en lui-même se révèle sans fondement. Si hypothétiquement, il y avait une vérité sous-jacente, ce n’est rien de plus que ce qui a été mentionné ci-dessus. » Allah sait le mieux !

Quelles qu’en soient les raisons, après un certain temps, ‘Outhman est revenu d’Abyssinie.

On trouve ensuite mention de la migration d’Outhman à Médine et de son lien de fraternité en ces termes : Muhammad ibn Ja’far ibn al-Zoubayr relate que lorsqu’Outhman a émigré de La Mecque à Médine, il a logé dans la maison d’Aws bin Thabit, le frère de Hassan bin Thabit de la tribu des Banou Najjâr. Mousa ibn Muhammad raconte de son père que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi un lien de fraternité entre ‘Outhman et ‘Abd al-Rahman bin ‘Awf.

Selon un autre récit, ce lien été établi entre Aws bin Thabit, le père de Chaddad bin Aws et ‘Outhman. On dit également que ce lien de fraternité a été établi avec Abou ‘Oubadah Sa’d bin ‘Outhman al-Zarqi. Selon un récit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi ce lien de fraternité entre lui et ‘Outhman. Selon Al-Tabaqat al-Koubra, Ibn Labibah raconte que lorsque ‘Outhman Bin ‘Affan avait été assiégé (durant les derniers jours de son Califat), il a jeté un coup d’œil à travers la fenêtre d’une chambre haute et il a demandé aux gens : « Talhah se trouve-t-il parmi vous ? » Les autres ont répondu : « Oui. »

Il a dit à Talhah : « Je te demande au nom d’Allah ! Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre toi et moi lorsqu’il l’avait fait entre les Mouhajirine et les Ansar. » Talhah a dit : « Par Allah ! Ceci est correct. »

Sur ce, les opposants qui étaient autour de lui ont demandé : « Pourquoi avez-vous donné cette réponse ? » Il a répondu : « ‘Outhman m’a posé cette question en jurant au nom d’Allah. Étant donné que ces événements avaient eu lieu devant mes yeux, comment donc ne vais-je pas en témoigner ? Je ne peux pas mentir. Vous pouvez (quant à vous) vous opposer à lui. »

Voici le récit de la mort de Rouqayyah et le mariage avec Oumm Koulthoum. ‘Abdoullah ibn Mouknif ibn Harithah al-Ansari relate que lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est parti pour la bataille de Badr, Rouqayyah était malade et qu’elle est morte le jour où Zayd ibn Harithah est venue à Médine avec la bonne nouvelle de la victoire qu’Allah avait accordée au Messager d’Allah (s.a.w.) à Badr. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a réservé une part au butin de Badr pour ‘Outhman, et sa part était égale à celle de ceux qui ont rejoint cette bataille. Après la mort de Rouqayyah, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a marié ‘Outhman bin Affan avec sa fille, Oumm Koulthoum. Abou Hourayrah relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a rencontré ‘Outhman à la porte de la mosquée et a dit : « Ô ‘Outhman ! Voici l’ange Gabriel. Il m’a informé qu’Allah a ordonné ton mariage avec Oumm Koulthoum et a fixé le Mahr (la dot) au même taux que celui de Rouqayyah et [te demande] de faire montre du même traitement aimable [que tu avais démontré à l’égard de cette dernière]. » En d’autres termes, Allah a fixé le mariage de la deuxième fille [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] avec ‘Outhman.

‘Aïchah (r.a.) relate que lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a marié Oumm Koulthoum à ‘Outhman, il a dit à Oumm Ayman : « Préparez ma fille, laissez-la chez ‘Outhman et jouez du tambourin devant elle. » Ses instructions furent suivies. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu rendre visite à Oumm Koulthoum trois jours plus tard et a dit : « Comment trouves-tu ton mari, ma chère fille ? » Oumm Koulthoum a dit : « Il est le meilleur mari. » Elle est restée avec ‘Outhman jusqu’en l’an 9 de l’Hégire, après quoi elle est tombée malade et est décédée. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dirigé ses prières funéraires et s’est assis près de sa tombe.

Anas (r.a.) raconte qu’il a vu le Saint Prophète (sa) assis près de la tombe d’Oumm Koulthoum, les yeux emplis de larmes. Dans l’un des récits du recueil d’Al-Boukhari, Hilal raconte d’Anas bin Malik qu’il avait l’habitude de dire : « Nous étions présents aux funérailles de la fille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci (s.a.w) était assis près de sa tombe quand j’ai vu ses yeux verser des larmes. » Selon un récit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit à la mort d’Oumm Koulthoum : « Si j’avais eu une troisième fille, je l’aurais mariée à ‘Outhman. »

Ibn ‘Abbas raconte que lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est passé près d’un endroit, il a vu ‘Outhman assis pleurant la mort d’Oumm Koulthoum. Le narrateur déclare que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était accompagné d’Abou Bakr et d’Oumar. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé : « Ô ‘Outhman, pourquoi pleures-tu ? » ‘Outhman a dit : « Ô Messager d’Allah, je pleure parce que ma relation de gendre avec vous est terminée. Vos deux filles sont décédées. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Ne pleure pas. Je jure par Celui qui détient mon âme ! Si j’avais cent filles et qu’elles mouraient les unes après les autres, j’aurais marié chacune d’entre elle à toi jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucune. »

C’était une expression d’amour entre les deux. Il se souciait d’Outhman. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a maintenu cette relation et a assuré qu’elle soit toujours maintenue.

Je mentionnerai le reste à l’avenir, si Dieu le veut. Comme je le fais depuis plusieurs vendredis, j’attire votre attention sur les prières. Continuez à prier pour les ahmadis du Pakistan. Les opposants, dans leur orgueil, pensent restreindre [les activités de la Jama’at], mais ils ne savent pas qu’il existe un Etre supérieur, un Dieu Tout-Puissant, dont le décret est également en cours d’exécution. Il est en train de restreindre également leur cercle et lorsqu’il le fait il n’y a pas d’échappatoire. Qu’Allah leur accorde de la sagesse : qu’ils puissent faire preuve d’intelligence et de justice et mettre fin à toute oppression et agression injustifiée.

De même, priez pour les ahmadis d’Algérie : qu’Allah préserve leur foi. A d’autres endroits également, l’opposition contre les ahmadis est en train de prendre de l’ampleur. Qu’Allah protège les ahmadis partout.

Après les prières, je dirigerai quelques prières funéraires en l’absence des dépouilles de quelques membres dont je vais faire mention. Le premier défunt se nomme Maulana Sultan Mahmood Anwar Sahib, ancien Nazir-i-Islah-o-Irshad central, Nazir-i-Islah-o-Irshad, Nazir-i-Khidmat-i-Darveshan et Nazir Rishta Nata. Il est décédé le 11 janvier [2020] à Rabwah à l’âge d’environ 88 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Son père s’appelait Chaudhry Muhammad Din et sa mère Rahmat Bibi. Son père avait prêté allégeance à Hazrat Khalifat-Ul-Masih II (ra) en 1928 et avait ainsi embrassé l’Ahmadiyya. Hazrat Maulana Sultan Muhammad Anwar Sahib était son fils unique. Après avoir terminé ses études au collège, Maulana Sultan Mahmood Anwar Sahib s’est dédié [au service de l’islam] et a rejoint la Madrassa-tul-Ahmadiyya à Qadian en 1946. Après la création du Pakistan, il s’est enrôlé à la Jamia Ahmadiyya à Ahmednagar d’où il a passé l’examen de Maulvi Fazil en 1952 et a obtenu le diplôme de Shahid en avril 1956. Il a épousé Mahmooda Shawkat Sahiba, fille de Chaudhry Saad-ud-Din Sahib. Son mariage a été célébré par Maulana Jalaluddin Sahib Shams en 1960 à l’occasion de la Jalsa Salana. Ils ont quatre fils et deux filles. L’un de ses fils, Ehsan Mahmood, Wâqif-i-Zindagi, travaille dans les bureaux du Tahrik-i-Jadid à Rabwah.

La première affectation du très respecté Maulana Sahib a eu lieu dans le Gujarat et il a servi comme missionnaire dans différentes villes du Pakistan. De 1974 à 1978, il a également vécu au Ghana. Il s’y trouvait quand j’étais là-bas et je l’ai vu servir avec un grand esprit d’altruisme. De 1982 à 1983, il a également été secrétaire du Majlis-i-Karpardaz. De 1983 à 1998, il a servi au poste de Nazir-i-Islah-o-Irshad Markazia. Ensuite il a servi comme Nazir-i-Khidmat-i-Darveshan jusqu’en 2011. De 2011à 2017, il a servi comme Nazir Rishta Nata ; et il a pris sa retraite en 2017 pour cause de maladie. Il possédait l’art de la prédication et de la conversation et il était un orateur éloquent. Il offrait des réponses très étayées sur des questions de controverse lors de ses conversations ou discussions avec des savants de différentes communautés. Comme je l’ai dit, il était un bon orateur. Il captivait le public par son éloquence.

Les jeunes missionnaires ayant travaillé avec lui affirment également qu’il travaillait de concert avec eux. Tout le monde a témoigné de sa grande compassion à leur égard. Il accomplissait régulièrement la prière de Tahajjoud et les autres actes d’adoration et encourageait les autres, en particulier les missionnaires. Il faisait montre d’une fidélité et d’obéissance extraordinaire à l’égard du Califat. Il a été confronté à certaines épreuves au cours du quatrième Califat. Il les a endurées en faisant preuve d’une obéissance sans faille et il a travaillé comme subalterne. Quand quelqu’un a observé qu’il travaille sous un Nazir alors qu’il occupait le poste de Nazir – comme l’ont rapporté d’autres missionnaires et sa fille – il a répondu : « Le Calife sait mieux qui doit travailler où. J’ai dédié ma vie [pour l’islam] et donc même s’il me demande de balayer, je le ferai ». Et Allah le Tout-Puissant a amélioré sa situation et je pense que l’exemple de sa parfaite loyauté et de son obéissance a été accepté aux yeux d’Allah. Il a été nommé de nouveau membre du Sadr Anjuman Ahmadiyya et il était redevenu Nazir. Partout où il vivait, à Karachi et ailleurs, il coopérait pleinement avec les Amirs et faisait preuve d’une obéissance indéfectible à leur égard. Qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde et qu’Il permette à ses enfants de perpétuer ses bonnes œuvres. Il avait accompli des travaux savants et il a écrit plusieurs ouvrages. L’un de ses livres est intitulé « La grandeur de la Kalima Tayyiba, l’identité d’un ahmadi », un deuxième livre s’intitule « Dieu, le Saint Prophète Muhammad al-Moustafa (s.a.w.), le Saint Coran et la Ka’bah », « La question de la démographie de la Jama’at Ahmadiyya ». Deux autres ouvrages s’intitulent « La cause de l’échec dans la mise en œuvre de la Charia » et « La punition du blasphème ».

Ce sont là ses écrits. Et comme je l’ai dit, il a également accompli des travaux très savants. Il était un travailleur très acharné. Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde et Son pardon.

Le deuxième défunt se nomme Maulana Muhammad Umar Sahib, ancien Nazir-i-Islah-o-Irshad Markazia de Qadian. Il était le fils de P. K. Ibrahim Sahib. Il est décédé le 21 janvier (2020) à l’âge de 87 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Le défunt était de Kerala et son père était Ibrahim Kuti, l’un des plus farouches opposants de la Jama’at. Dix ans avant la naissance de Maulana Sahib, son père s’est rendu à Bombay pour faire du commerce. À cette époque, de nombreux ahmadis faisaient du commerce à Bombay. C’est ainsi qu’il a rencontré des ahmadis de Malabar avec qui il a eu des échanges à propos des croyances de la Jama’at. En 1924, il a prêté allégeance au deuxième Califera lors de sa visite à Bombay. Plus tard, il a même eu la chance de visiter Qadian.

Maulana Umar Sahib est venu à Qadian en 1954 quand la Madrassa-tul-Ahmadiyya a été relancée après la partition du pays. Il est entré à la Madrassa en 1955 et il y a enseigné pendant un an après avoir réussi l’examen de Maulvi Fazil de la Madrassa-tul-Ahmadiyya et à l’université du Pendjab en 1961. Pendant ses jours d’étudiant, à la demande de Hazrat Abdul Rahman Sahib Qadiani, un compagnon du Messie Promis (a.s.), il a eu l’occasion de réciter le Saint Coran dans sa maison tous les matins pendant près d’un an. En 1962, il a commencé son service dans le domaine de la prédication. En Inde, il a travaillé dans de grandes villes et ce qu’en tant que missionnaire très accompli. Il avait l’habitude de prononcer des discours lors des séances de prédication. Il a participé au débat de Yadgir ; et sous la direction spéciale de Hazrat Khalifatul Masih quatre, il a prit part au débat historique de Cambepour qui a duré neuf jours consécutifs et auquel Maulana Dost Muhammad Shahid Sahib et Hafiz Muzaffar Sahib, le représentant central, avaient également participé. Il a accompli un travail remarquable en leur compagnie.

Tout en faisant son éloge lors d’un sermon, le quatrième Calife (rh) a déclaré : « Dans certaines Jama’ats il se trouve un seul individu qui est toujours prêt à soulever tout le fardeau. Il traduit les sermons immédiatement et les diffuse au plus grand nombre. Par la grâce de Dieu, le progrès de ces Jama’ats est très important parce qu’elles reçoivent le sermon du Calife immédiatement et elles sont au courant de ce qui se passe. Dans le sud de l’Inde, il y a des Jama’ats qui ne comprennent pas l’ourdou et notre missionnaire Maulvi Muhammad Umar Sahib a été divinement doté d’une grande passion pour cette tâche. Aussitôt que [ma] voix parvient à ses oreilles, il fait immédiatement la traduction et les transmet à toutes les Jama’ats. »

Il accomplissait ce travail avec beaucoup de diligence. Il a aussi servi en Palestine pendant près d’un an. Il a eu l’occasion de traduire le Saint Coran et plusieurs livres du Messie Promis (a.s.) en langue malayalam et en tamoul. En 2007, je l’ai nommé Nazir Islah-o-Irshad, ensuite Nazir Additionel Islah-o-Irshaad Talimul Qur’an Waqf-i-Arzi. Il a également servi en tant Naib Nazir-i-’Ala. Il a servi brillamment pendant 53 ans à ces postes après avoir reçu son diplôme de la Madrassa-tul-Ahmadiyya. Il laisse derrière lui quatre filles, des gendres, des petits-enfants et des arrière-petits-enfants. Il était passionné par le service de la Jama’at. Même lors de ses voyages personnels avec les membres de sa famille, il accomplissait toujours les travaux de la Jama’at en particulier la traduction.

Le président national de la Jama’at du Sri Lanka déclare que cette époque dorée restera toujours gravée dans l’histoire de la Jama’at du Sri Lanka lors de laquelle il y a été affecté la première fois en 1978 sous la direction bénie de Hazrat Khalifatul Masih IIIrh en tant que missionnaire central. Son arrivée a auguré au sein de la Jama’at une nouvelle réforme spirituelle et des changements purs. Feu Maulana Sahib y a rendu des services inestimables.

En 1994, Maulana Sahib a prononcé un discours brillant sur la paix et l’unité dans la grande salle de Ram Krishna à Colombo. Plus de quatre cents personnes y ont assisté : le président du mouvement Ram Krishna et le ministre de la culture hindoue du pays, l’Honorable Devraj, étaient particulièrement ravis d’entendre le discours du défunt Maulana Sahib et l’ont loué grandement. En effet, au cours de son discours, Maulana Sahib avait prouvé la véracité du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se basant sur des versets du Gita [livre sacré des hindous]. C’est pour cette raison que même aujourd’hui, ce discours historique est très apprécié par ces personnes. Le défunt a traduit quatre livres du Messie Promis (a.s.) en langue tamoul et a écrit sept livres, sur divers sujets, en tamoul.

Au Tamil Nadu, il a lancé le magazine Samadana Waziri et l’a publié dans d’autres provinces pour une longue durée. Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde et Son pardon et qu’Il élève son rang au paradis. Qu’Allah fasse que ses enfants soient toujours fidèles à la Jama’at.

Le prochain défunt se nomme Habib Ahmad Sahib, missionnaire de la Jama’at. Il était le fils de Muhammad Ismail Sahib de Factory Area Rabwah. Il est décédé d’une crise cardiaque à Islamabad le 25 décembre à l’âge de 64 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il a complété ses études à la Jamia en 1979. Par la suite, il a travaillé dans différents districts du Pakistan. Il a servi au Nigéria de 1989 à 2003. Au cours de cette période, de septembre 1998 à octobre 2000, il a servi comme Amir et missionnaire en charge de la Jama’at du Nigéria. Il a servi avec une grande humilité. Outre le travail administratif, il a aussi accompli un travail remarquable dans le domaine de l’éducation morale et spirituelle. Il laisse derrière lui son épouse, trois filles et deux fils. Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde et Son pardon et qu’Il fasse que ses enfants soient toujours fidèles envers la Jama’at.

Le prochain défunt se nomme monsieur Badr-uz-Zaman, qui a servi pendant quelques temps dans la Wakalat Mal au Royaume-Uni. Il est décédé le 3 janvier [dernier]. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il était un travailleur très sincère et infatigable. Il était né ahmadi en 1944 à Amritsar. Il a également pu servir au sein du Khuddam-ul-Ahmadiyya lorsqu’il était fonctionnaire de l’Etat. Il a servi comme Qaid de la province de Quetta et également comme Nazim de l’Ansarullah de la province du Baloutchistan. En 1986 un procès anti-Ahmadiyya a été intenté contre lui pour lequel il a été emprisonné dans la voie de Dieu. De 1995 à 1999, il a servi dans la Wakalat Mal Awwal de Rabwah. Après s’être établi à Londres, il a servi au sein de la Raqeem Press puis pendant 17 ans au sein de la Wakalat Mal de Londres. Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde et Son pardon.

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire est monsieur Mansoor Ahmad Tahsin qui était le fils de Maulvi Mohammad Ahmad Naeem qui était missionnaire de la communauté, et qui servait au sein du département Ihtisaab de Nazarat Umoor-e-Aamah, Rabwah. Il était venu rendre visite à son fils à Londres ; il est décédé le 30 décembre à l’âge de 70 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il a eu l’opportunité de servir au sein de différents bureaux pendant 25 ans. C’était un homme très sociable, pieux et gentil. Il avait un grand amour pour l’institution du Califat et l’enjoignait aux autres. Il essayait de résoudre les problèmes avec patience et tolérance. Les problèmes complexes lui étaient habituellement confiés. Parfois, les gens arrivaient dans son bureau, pleins de colère et de rancœur, mais face à son amour et à son affection, ils finissaient par contrôler leurs émotions et leur colère, et il trouvait une solution à leur différend.

Il était très passionné par le fait de servir la communauté. Sa femme a écrit que le matin de la Walima (repas de noces) de sa fille Dr Fariha Mansoor, il s’était préparé et était sur le point de se rendre à son bureau lorsque sa femme lui a demandé de prendre une journée de congé car c’était un jour de mariage. Il lui a répondu : « L’heure de l’invitation est 14 heures. Pourquoi alors perdre du temps ? Je vais me rendre au bureau et je reviendrai tout à l’heure. » Il avait un énorme respect pour ses supérieurs. Si parfois il n’était pas d’accord avec eux, il leur faisait part de son avis dans le plus grand respect. Il laisse dans le deuil sa femme Rukhshanda, deux fils et deux filles. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard. Je le connais depuis l’enfance : nous étions camarades de classe. C’était une personne très digne : il était toujours souriant et avait une nature très joviale. Il ne se fâchait jamais et ne se querellait avec personne, et il a conservé ces qualités jusqu’à son dernier jour. Il jouait un rôle important pour réconcilier les gens.

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire est Dr Idi Ibrahim Muwanga de Tanzanie. Il est décédé le 9 décembre à l’âge de 73 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Il s’était inscrit à la faculté de médecine de l’Université de Makerere en Ouganda et, par la grâce de Dieu, il est devenu le premier médecin ahmadi local d’Afrique de l’Est. Il a eu la chance de prêter le serment d’allégeance dans sa jeunesse. Alors qu’il était encore à l’école, il participait à des programmes religieux. Son intérêt pour apprendre au sujet de la communauté a été suscité suite aux accusations infondées lancées contre la communauté par des soi-disant savants musulmans. À la même époque il avait rencontré notre missionnaire Sheikh Abou Talib Sandi qui faisait également partie de sa famille. Lorsqu’il a discuté avec lui des accusations, le missionnaire a répondu en détail à toutes les fausses accusations et il lui a également remis le Saint Coran traduit en swahili et d’autres livres publiés par la communauté. Après les avoir lus, il a fait la Bai’ah. Par la grâce d’Allah, il a respecté son allégeance jusqu’à son dernier jour. Il passait toujours son temps à transmettre le message à des gens de différentes catégories sociales. Il avait en effet un grand enthousiasme pour le Tabligh. En raison de cela, il était très connu parmi les ahmadis et les non-ahmadis. Il gardait souvent des livres de la communauté et des magazines dans son sac qu’il emmenait au marché pour les vendre. Les gens lui demandaient pourquoi il vendait des livres au marché alors qu’il est médecin. Il répondait avec joie : « Lorsque je suis à l’hôpital je propose des traitements pour le corps, alors qu’en ce moment je propose des traitements pour l’âme. On ne peut séparer ces deux composantes, ni en négliger une. » Il avait un grand amour pour l’institution du Califat. Il a éduqué ses enfants conformément aux enseignements de l’islam. Il a porté une grande attention à l’éducation séculière et morale (de ses enfants). Il faisait également la prière en congrégation avec eux à la maison. Il avait également créé une bibliothèque chez lui qui comportait des livres sur différentes thématiques et également des livres de la communauté. Il faisait toujours des supplications pour que ses enfants restent attachés à l’Ahmadiyya, c’est-à-dire au véritable islam, et demandait aux autres d’en faire de même. Il était attaché au Nizam-e-Jama’at, et tous ses enfants le sont également, et ils ont des qualités morales aussi pieuses que leur père. Qu’Allah les garde toujours attachés [à la Jama’at] et qu’il leur permette d’être à la hauteur des supplications et des souhaits pieux de leur père. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard du défunt et qu’Il élève son rang.

La prochaine défunte dont je dirigerai la prière funéraire est Soughra Begum, qui est l’épouse de Din Muhammad Nangli, derviche de Qadian. Il est décédé le 6 janvier à l’âge de 85 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Elle était la fille de Hazrat Hakim Muhammad Ramazan, qui était un compagnon du Messie Promis (as). Elle était régulière dans ses prières et dans le jeûne. Elle offrait régulièrement la prière de Tahajjoud, elle était hospitalière, faisait toujours preuve de patience et était toujours reconnaissante. Elle travaillait beaucoup, elle était compatissante, et possédait de nombreuses vertus. C’était une femme pieuse. Elle avait un très grand amour pour le Califat. Elle a eu l’opportunité de servir pendant de très nombreuses années en tant que secrétaire Khidmat-e-Khalq au sein de la Lajna Imaillah. La défunte était Moussia. Elle laisse dans le deuil deux fils et deux filles. Son fils, Bashir-Ud-Din, a eu l’opportunité de la servir pendant quarante ans. Son deuxième fils, Munir-Ud-Din, est actuellement en train de servir dans le Nizam-ul-Ta’mirat de Qadian. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard de la défunte, et qu’Il permette à ses enfants de perpétuer ses nobles actions.

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire est Chaudhry Karamatullah, qui est décédé le 25 décembre à l’âge de 95 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Le défunt était le petit-fils de Chaudhry Shah Din de Ghatalian qui avait eu l’opportunité de prêter allégeance au Messie Promis (as) lorsque celui-ci s’était rendu à Sialkot. Le défunt était un homme sincère, désintéressé, aimant, attentionné envers les pauvres et envers les nécessiteux, remerciant Dieu le Tout-Puissant en toutes circonstances. C’était une personne sincère. Son fils, Sohail, écrit : « Il était très hospitalier : cette qualité était en particulier évidente lorsque les Waqifîn-e-Zindagi se rendaient dans la région de Sindh pour des visites officielles. Il a également eu l’opportunité de servir au sein de la Furqan Force. Il a eu l’opportunité de servir bénévolement au sein du Bureau d’Al-Fazal International de 1983 à 2018. Dès le début, il avait proposé que des programmes de la communauté soient organisés dans sa maison. Au sein de sa maison actuelle il a fait construire un centre pour les prières. Ses filles et son fils ont également l’opportunité de servir la communauté. L’un de ses petits-fils, Farhad Ahmad, est également missionnaire ici au Royaume-Uni au sein du département Presse et Média. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard du défunt. Qu’Il permette à sa progéniture de perpétuer ses nobles actions.

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire est Chaudhry Munawar Ahmad Khalid qui résidait en Allemagne, et qui est décédé le 20 août à l’âge de 85 ans. Le défunt était très attaché au Nizam-e-Jama’at. Il participait activement aux programmes de Tabligh et de Tarbiyyah. En Allemagne, il a eu l’opportunité de servir en tant que président et secrétaire général. Il a également eu l’opportunité de servir au sein de l’Ansarullah à différents postes. Lorsqu’il était au Pakistan, il a eu l’occasion de servir en tant que gestionnaire des terres du Waqf-e-Jadid. Il avait une relation de grande sincérité avec le Califat. Le défunt était Moussi. Il laisse dans le deuil sa femme, cinq fils et six filles.

La prochaine défunte dont je ferai mention est Nasira Begum, épouse d’Ahmad Sadiq Tahir Mahmood, missionnaire retraité du Bangladesh, qui est décédé le 27 novembre. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. La défunte était la fille de Maulvi Muhammad Ahmad Sadiq, l’ancien Amir du Bangladesh. La défunte offrait ses prières et jeûnait régulièrement. Elle faisait beaucoup de supplications et était très hospitalière. Elle faisait preuve de patience et était très reconnaissante. C’était une femme pieuse. Elle récitait régulièrement le Saint Coran pendant le mois de Ramadan ; elle en complétait la lecture. Elle possédait de nombreuses autres qualités et vertus. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard de la défunte.

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire est Rafi-ud-Din Butt qui est décédé le 6 décembre à l’âge de quatre-vingt-douze ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Il était le fils de Hazrat Maulvi Khair Din, un compagnon du Messie Promis (as). Par la grâce de Dieu Tout-Puissant, il a pu rejoindre le système de Wassiyyat dans sa jeunesse. Il a eu l’opportunité de servir la communauté à différents endroits. Il était le président de la communauté de Baddomalhi dans le district de Narowal, et il a aussi servi comme Amir du district de Wah Kant. Ainsi il a servi comme Amir de district, et comme président de la communauté de Wah Cantt. Il a également eu l’honneur d’avoir été emprisonné dans la voie d’Allah. Il laisse dans le deuil quatre filles et son fils. L’un de ses beaux-fils, Naseem Ahmad, est en train de servir comme missionnaire au Nigéria. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard du défunt.

Qu’Allah élève le rang de tous ces défunts. Comme je l’ai mentionné, après la prière je dirigerai leurs prières funéraires en l’absence des dépouilles.


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