Sermon du vendredi 18 décembre 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta'awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquais ‘Ali (r.a.) [dans mes précédents sermons]. On trouve mention des services qu’il avait rendus lors de la dernière maladie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Selon le recueil d’Al-Boukhari, ‘Oubaydoullah Bin ‘Abdillah relate qu’Aïcha (r.a.) racontait ceci : « Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est tombé malade et que son état s’est aggravé, il a demandé la permission à ses [autres] épouses d’être soigné dans ma maison (c’est-à-dire celle d’Aïcha). Elles lui ont donné cette permission. Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est sorti [avec l’aide] de deux individus : ses pieds traînaient, traçant des sillons dans le sable. Il se trouvait entre ‘Abbas et une autre personne. » C’est-à-dire qu’il était dans la maison d’Aïcha et qu’il en est sorti pour se rendre à la mosquée, soutenu par deux personnes.

‘Oubaydoullah relate : « J’ai évoqué le récit d’Aïcha à Ibn ‘Abbas et je lui ai demandé s’il connaissait ces deux individus. Il m’a répondu qu’il n’en savait rien. » Il y avait ‘Abbas qu’avait mentionné Aïcha et l’autre était ‘Ali (r.a.) Bin Abi Talib (r.a.).

‘Abdoullah Bin ‘Abbas relate : « ‘Ali (r.a.) Bin Abi Talib est sorti de la maison du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de la dernière maladie qui lui a été fatale. On lui a demandé : « Ô Aboul Hassan ! Comment va la santé du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ? » Il a répondu : « Louanges à Allah ! Il va bien ce matin. » Alors, ‘Abbas Bin ‘Abdil Mouttalib a attrapé la main d’Ali (r.a.) et a déclaré : « Par Allah ! Après trois jours, tu seras sous l’autorité d’une autre personne. Par Allah ! Je constate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) mourra bientôt des suites de cette maladie. Je reconnais l’expression qu’ont les Banou ‘Abdil Mouttalib quand la mort les guette. Allons le voir et demandons-lui qui sera élu Calife [après lui]. S’il sera des nôtres nous en aurons connaissance. Et s’il ne l’est pas nous allons le savoir et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous prodiguera quelque conseil à cet effet. ‘Ali (r.a.) a déclaré : « Par Allah ! Si nous questionnons le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à cet égard et qu’il ne nous confère pas cet honneur, les gens ne nous l’accorderont pas après lui. Par Dieu ! Je ne le questionnerai pas à ce propos. »

Ce récit est tiré d’Al-Boukhari. Syed Wali Ullah Shah a commenté à ce propos dans son ouvrage : « Dire [qu’Ali (r.a.)] tombera sous la tutelle de quelqu’un d’autre après la disparition du Saint Prophète (saw) est en fait une expression indirecte signifiant que l’Envoyé d’Allah (s.a.w) rendra l’âme après trois jours. »

‘Amir relate : « Après le décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), ‘Ali (r.a.), Fadl et Ousama Bin Zayd ont lavé sa dépouille. Ces mêmes personnes l’ont descendu dans sa tombe. » Selon un autre récit, ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf était lui aussi parmi eux.

Il existe plusieurs récits sur le serment d’allégeance prêté par ‘Ali (r.a.) sur les mains d’Abou Bakr (r.a.). Il est dit qu’Ali (r.a.) lui avait prêté allégeance tout de suite et ce de gaîté de cœur. Certains disent le contraire. En tout cas, Abou Saïd Al-Khoudri relate : « Les Mouhajirine et les Ansar avaient prêté allégeance à Abou Bakr (r.a.). Celui-ci est monté sur la chaire. Il s’est tourné vers l’assistance et n’a pas trouvé ‘Ali (r.a.). Il a demandé à son sujet. Certains Ansar sont partis et ont ramené ‘Ali (r.a.). Abou Bakr (r.a.) a déclaré en s’adressant à lui : « Ô cousin et gendre de l’Envoyé d’Allah (s.a.w) ! Est-ce que tu souhaites briser l’unité des musulmans ? » ‘Ali (r.a.) a répondu : « Ô Calife de l’Envoyé divin ! Ne soyez point sévère envers moi. » Et ensuite il a prêté allégeance au Calife.

Selon Tabari, Habib Bin Abou Saïd relate qu’Ali (r.a.) était chez lui. Un individu est parti l’informer qu’Abou Bakr (r.a.) acceptait les allégeances [des musulmans]. ‘Ali (r.a.) portait [uniquement] sa tunique. Il est sorti rapidement dans l’état où il était : il ne portait ni d’Izar ni de manteau. Il avait peur d’être en retard. Il a prêté allégeance à Abou Bakr (r.a.) et s’est assis auprès de lui. Ensuite il a demandé qu’on lui apporte ses vêtements et il s’en est habillé. Il est resté dans l’assemblée d’Abou Bakr (r.a.).

‘Allamah Ibn Kathir relate qu’Ali Bin Abi Talib a prêté allégeance à Abou Bakr (r.a.) le premier ou le deuxième jour après le décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ceci est la vérité car jamais ‘Ali (r.a.) n’a abandonné Abou Bakr (r.a.). D’ailleurs il n’a jamais cessé de prier derrière Abou Bakr (r.a.).

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « ‘Ali (qu’Allah lui accorde sa grâce) avait pris du retard à prêter allégeance à Abou Bakr (r.a.) durant les premières heures. Mais quand il est retourné chez lui l’idée lui est passée par la tête pour quelque raison. Et sans même porter son turban il s’est présenté sur-le-champ pour prêter allégeance au Calife. Par la suite il a demandé qu’on lui ramène son turban. On en déduit qu’il s’est dit que [ce retard] est un grand péché. Il est parti avec un tel empressement qu’il n’avait même pas pris son turban. »

Sans se vêtir complètement il s’est présenté au plus vite au Calife.

Selon d’autres récits, ‘Ali (r.a.) aurait prêté allégeance au Calife Abou Bakr (r.a.) après le décès de Fatima. D’après le recueil d’Al-Boukhari, il ne l’avait pas fait jusqu’au décès de Fatima. Mais nombre d’oulémas ont des avis divergents sur ce récit d’Al-Boukhari. L’Imam Al-Baihaqi mentionne un récit de l’Imam Chahab Al-Din Al-Zouhri dans son ouvrage Al-Sounan Al-Koubra. Ce dernier commente sur [la possibilité] qu’Ali (r.a.) n’ait prêté allégeance à Abou Bakr (r.a.) qu’après le décès de Fatima. Il déclare que [la chaîne de transmission] de ce récit est incomplète. Le récit d’Abou Sa’id Al-Khoudri est plus authentique : il y relate qu’Ali (r.a.) avait prêté allégeance à Abou Bakr (r.a.) avec les autres à Thaqifa. D’autres oulémas ont concilié ce récit avec celui d’Al-Boukhari en disant que la [deuxième] allégeance était un renouvellement [de la première]. Vu que ce récit évoqué dans un ouvrage aussi important qu’Al-Boukhari, ces oulémas ont préféré donner un nom à cette deuxième allégeance. »

En tout cas, il n’est point avéré que tout récit d’Al-Boukhari est authentique.

Dans son ouvrage Sirat Amir al-Mou’minine ‘Ali (r.a.) bin Abi Talib Chaskhsiyatouhou Wa Atharouhou, le Dr ‘Ali Mohammad Al-Salabi déclare que selon ‘Allamah Ibn Kathir et tant d’autres érudits ‘Ali (r.a.) a renouvelé sa bai’ah après le décès de Fatima, soit six mois après.

Ainsi, il aurait renouvelé sa bai’ah selon eux. Il avait fait sa bai’ah et il l’a renouvelée après le décès de Fatima. Selon ‘Allamah Ibn Kathir, quand Fatima est décédée, ‘Ali (r.a.) a cru bon de renouveler son serment d’allégeance.

Le Messie Promis (a.s.) a commenté à ce propos dans son ouvrage en arabe Sirr-oul-Khilafah. Je vous présente la traduction ourdoue de ce passage. D’aucuns accusent le Calife Abou Bakr (r.a.) Al-Siddiq [d’avoir usurpé le poste de Calife] qui revenait de droit à ‘Ali (r.a.). Le Messie Promis (a.s.) déclare à ce propos : « Même si nous acceptons de le grand Siddiq (Abou Bakr (r.a.)) aurait [prétendument] accordé préférence à ce monde et ses fastes, qu’il convoitait [le poste de Calife] et qu’il était un usurpateur, nous devrons aussi accepter en ce cas qu’Ali (r.a.), le lion d’Allah, était lui-aussi un hypocrite (qu’Allah nous en préserve !) et qu’il n’avait pas abandonné le monde pour désirer la personne de Dieu. [Nous devrons accepter] au contraire qu’il était avide de ce monde, ses attraits et de ses fastes. Et c’est pour cette raison qu’il n’avait pas abandonné la compagnie « des mécréants et des apostats » (c’est-à-dire d’Abou Bakr (r.a.)). »

[Ces accusateurs] usent de propos blessants à l’endroit d’Abou Bakr (r.a.), le qualifiant de mécréant.

[Le Messie Promis (a.s.) ajoute] : « On devra accepter au contraire qu’Ali (r.a.) a fait preuve de lâcheté et qu’il s’était joint [au nouveau Calife] et qu’il aurait caché sa foi pendant environ trente ans. Si aux yeux d’Ali (r.a.), Abou Bakr (r.a.) Al-Siddiq était un usurpateur, pourquoi lui avait-il prêté allégeance et pourquoi n’avait-il pas quitté cette terre d’injustice, de troubles et d’apostasie pour émigrer ailleurs ? La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour émigrer ailleurs selon la pratique des gens imbus de Taqwa ? Voyez l’exemple d’Abraham et sa défense virulente de la vérité. Il a fait preuve d’une grande constance. Quand il a constaté que son père s’était égaré du droit chemin et que son peuple vouait culte aux idoles, ayant abandonné le Dieu Véritable, sans peur et sans se soucier de ces gens, Abraham s’est détourné d’eux. Il a été placé dans le feu et il n’a pas caché sa foi par peur des méchants. Telle est la pratique des pieux : ils n’ont pas peur du glaive ou de la lance. À leurs yeux la Taqiyya, le fait de cacher sa foi, est un péché grave, un acte immoral et une transgression. Si jamais ils commettaient la moindre action de ce genre, ils se seraient retournés vers Dieu avec le repentir. Je m’étonne qu’Ali (r.a.) avait prêté allégeance aux Califes Abou Bakr (r.a.) et ‘Oumar (r.a.) tout en sachant pertinemment bien qu’ils étaient « des mécréants et des usurpateurs ». ‘Ali (r.a.) a partagé leur compagnie pour une longue période et il les a suivis tous deux en toute sincérité. Il n’a jamais fait preuve de faiblesse à cet égard, il n’a jamais exprimé son dégoût à ce propos ; aucune autre raison ou même sa piété ne l’a pas empêché [de suivre ces deux Califes] tandis qu’il était bien au courant de leur méchanceté, incrédulité et impiété. En sus de cela, il n’y avait pas de grand obstacle ou d’entrave entre ‘Ali (r.a.) et le peuple arabe. Il n’avait pas non plus été fait prisonnier. En pareil cas, il lui incombait d’émigrer dans quelque autre partie de la péninsule arabique. »

‘Ali (r.a.) ne vivait pas sous la contrainte : il aurait pu partir ailleurs.

« Il aurait pu pousser la population à prendre les armes. » (Non seulement aurait-il pu émigrer ailleurs il aurait pu inciter la population à prendre les armes en insinuant que ces deux Califes sont des mécréants et des apostats.

« Il aurait pu encourager les bédouins à prendre les armes. Il aurait pu avoir le dessus sur eux grâce à son éloquence, et se battre contre les apostats. Environ cent mille bédouins s’étaient réunis autour de Mousaylamah le menteur. ‘Ali (r.a.) quant à lui avait plus droit à ce soutien ; il était plus à même de mener ces campagnes. Pourquoi donc ‘Ali (r.a.) s’était-il soumis à ces deux premiers Califes que vous prétendez être des mécréants ? Il était le chef légitime mais n’a pas bougé le petit doigt à l’instar d’un paresseux et n’a rien entrepris tel un guerrier. En dépit de la présence de tous ces signes de sa légitimité et de son ascendance, qu’est-ce qui l’avait empêché de se rebeller contre [les deux premiers Califes] ? Pourquoi n’a-t-il pas pris les armes, pourquoi n’a-t-il pas défendu la vérité et soulevé les gens ? N’était-il pas le plus éloquent des prédicateurs, celui dont les paroles étaient vivifiantes ? Une heure ou moins auraient suffi pour lui pour réunir les gens autour de lui grâce à son éloquence. Étant donné que les gens s’étaient réunis autour d’un archi-menteur, le lion d’Allah aurai dû réagir différemment, lui qui avait accompli des exploits et qui était le bien-aimé de Dieu. Il est tout à fait étonnant qu’il ne s’était pas uniquement contenté de prêter allégeance à Abou Bakr (r.a.) et à ‘Oumar (r.a.) mais il accomplissait toutes ses prières derrière eux et il n’a jamais raté une occasion de ce faire. Il ne s’est pas détourné de cette pratique, contrairement à ceux qui se plaignent. Il a participé dans leurs Chouras et il a témoigné en leur faveur par des déclarations, il les a soutenus de toutes ses forces et de toutes ses aptitudes ; et en cela, il n’a jamais reculé. Réfléchissez et dites-moi si c’est là un signe des opprimés et des négateurs ? En dépit d’avoir connaissance de leur mensonge et de leur tromperie ‘Ali (r.a.) n’a cessé de les suivre, comme si la vérité et le mensonge étaient les mêmes à ses yeux. ‘Ali (r.a.) ne savait-il pas que ceux qui placent leur confiance en Dieu le Tout-Puissant ne suivent pas un seul instant la voie de la lâcheté, même si on les brûle vivant, on les tue ou on les réduit en mille morceaux ? »

Ainsi, le Messie Promis (a.s.) a expliqué clairement que jamais ‘Ali (r.a.) ne s’est opposé aux premiers Califes : au contraire, il leur a prêté allégeance. Affirmer qu’Ali (r.a.) n’avait pas prêté allégeance à Abou Bakr (r.a.) avilit son statut et ne rehausse pas.

Voici le récit des services rendus par ‘Ali (r.a.) à l’époque des trois premiers Califes. Après le décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), de nombreuses tribus ont suivi la voie de l’apostasie et les hypocrites se sont soulevés à Médine. Un nombre important des Banou Hanifah et des gens de Yamamah ont suivi Mousaylamah le menteur. Les tribus des Banou Asad, Banou Tay et d’autres se sont réunis autour de Toulayha Al-Asadi. Celui-ci s’était proclamé prophète à l’instar de Mousaylamah. Les malheurs ont pris de l’ampleur et la situation s’est aggravée. Quand Abou Bakr (r.a.) a envoyé l’armée d’Ousama, il restait très peu de gens autour de lui. Nombre de Bédouins souhaitaient envahir Médine et ils ont fait des plans pour l’attaquer. Alors, Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.) a posté des détachements sur les différentes routes menant à Médine pour les surveiller durant la nuit. ‘Ali (r.a.) Bin Abi Talib, Al-Zoubayr Bin Al-‘Awwam, Talha Bin ‘Abdillah, Sa’d Bin Abi Waqqas, ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf et ‘Abdoullah Bin Mas’oud faisaient partie des chefs de ces détachements. ‘Ali (r.a.) était donc un des chefs des détachements chargés d’assurer la protection.

Lorsque la nouvelle du décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est répandue la plupart des tribus arabes se sont rebellées et ils ont refusé de payer la Zakat. Abou Bakr Al-Siddiq (r.a.) a décidé de les attaquer. Selon ‘Ourwah, Abou Bakr (r.a.) est sorti avec une compagnie de Mouhajirine et d’Ansar. Quand ils sont arrivés tout près d’un étang d’eau dans la partie haute du Nejd, les bédouins ont pris la fuite avec femmes et enfants. »

D’une part, ils se disaient musulmans – ils n’étaient pas des apostats – mais ils ne voulaient pas payer la Zakat non plus. C’est pour cette raison qu’on menait ces campagnes contre eux. On ne les punissait pas parce qu’ils étaient devenus apostats. Quand ils ont pris la fuite, les membres du détachement ont suggéré à Abou Bakr (r.a.) de retourner à Médine auprès des femmes et des enfants et de nommer quelqu’un d’autre à la tête de l’armée. Sur l’insistance des gens, il a nommé Khalid Bin Al-Walid chef de l’armée et il lui a dit que si ces bédouins retournent vers l’islam et paient la Zakat, ceux souhaitant retourner à Médine [de parmi les soldats] pourront le faire. Sur ce, Abou Bakr (r.a.) est rentré à Médine.

Hazrat Mouslih Maw’oud écrit : « L’histoire nous apprend que le Calife ‘Oumar avait nommé ‘Ali (r.a.) comme son suppléant à Médine lorsqu’il partait en voyage. Selon Al-Tabari, les musulmans avaient subi une défaite entre les mains des Persans lors de la bataille de Jisr. Par conséquent, suite au conseil de certains, le Calife ‘Oumar souhaitait prendre la tête de l’armée musulmane sur la frontière persane. Il avait nommé ‘Ali (r.a.) comme gouverneur de Médine pour le remplacer. »

Hazrat Mouslih Maw’oud relate : « La plus grande défaite subie par l’islam fut à Jisr. Une énorme armée musulmane était partie affronter les Persans. Le général persan a dressé des embûches de l’autre côté de la rive et les a attendus. L’armée musulmane les a violemment attaqués et a avancé en repoussant les Persans : mais c’était là une ruse du commandant persan. Il a détaché un flanc de l’armée pour prendre le contrôle du pont et a lancé une nouvelle attaque contre les musulmans. Ces derniers ont effectué un repli tactique mais ils ont constaté que l’ennemi contrôlait le pont. Pris de panique, ils ont tourné dans l’autre direction mais l’ennemi les a violemment attaqués. Un grand nombre de soldats musulmans ont été contraints de sauter dans la rivière et sont morts. Cette perte des musulmans était si importante que les habitants des Médine en furent tout ébranlés. ‘Oumar (r.a.) a réuni les habitants de Médine et les a informés qu’il n’y avait désormais aucune entrave entre Médine et la Perse. Médine était sans défense et l’ennemi pourrait l’atteindre en quelques jours. « Je souhaite prendre personnellement la tête de l’armée, a déclaré le Calife ‘Oumar. » D’aucuns ont apprécié cette suggestion, mais ‘Ali (r.a.) a déclaré : « Si vous tombez en martyr, les musulmans seront divisés. Ne partez pas en personne et envoyez quelqu’un d’autre. » Sur ce ‘Oumar, a demandé à Sa’d, qui se battait contre les Byzantins en Syrie, d’envoyer autant de soldats qu’il le pouvait à Médine étant donné qu’elle était à présent sans défense. Si l’on n’arrêtait pas l’ennemi immédiatement, il en prendrait le contrôle. »

Lorsque des troubles ont éclaté lors du califat d’Outhman, ‘Ali (r.a.) lui a donné des conseils sincères pour rétablir la situation. Une fois, ‘Outhman lui a demandé quelle était la raison véritable de ces troubles dans le pays et comment y remédier. En toute sincérité et franchement ‘Ali (r.a.) l’a informé que tous ces troubles avaient pour cause le manque de justice des gouverneurs qu’il avait nommés. Le Calife ‘Outhman a déclaré : « Je les ai choisis en suivant les principes établis par le Calife ‘Oumar. Pourquoi donc les populations se sont-elles soulevées contre eux ? » ‘Ali (r.a.) a répondu : « Certes, mais ‘Oumar avait le dernier mot dans leurs affaires et son emprise était si ferme que même le chameau le plus rétif de toute l’Arabie se plaignait. C’est-à-dire que sa gestion était très stricte. Mais vous êtes trop indulgent et vos gouverneurs en profitent indûment pour faire ce qu’il leur plaît sans que vous en ayez connaissance. Les populations croient que ces gouverneurs sont tout simplement en train de suivre les directives du Califat. C’est ainsi que vous êtes la cible de la réaction face à tous leurs excès. »

Les Egyptiens ont assiégé la maison d’Outhman tant et si bien qu’ils ont pu même le priver de nourriture et d’eau. Quand ‘Ali (r.a.) en a eu connaissance, il s’est rendu auprès des assiégeants et il leur a dit : « Ce siège est contraire non seulement à l’islam mais à l’humanité. Lorsque les mécréants emprisonnent les musulmans ils ne les privent pas de nourriture. Quel tort (le Calife ‘Outhman) a-t-il commis contre vous pour que vous soyez aussi durs à son égard ? » Les assiégeants ne se sont guère souciés de l’intervention d’Ali (r.a.) et ils ont refusé d’alléger le siège. ‘Ali (r.a.) a jeté son ‘Amamah tout en colère et il est parti. Les gens ont assiégé la maison d’Outhman et ils ont stoppé l’approvisionnement en eau. Alors, ‘Outhman a regardé par-dessus son mur et a demandé : « ‘Ali (r.a.) se trouve-t-il parmi vous ? » Quand les autres ont répondu négativement il a demandé : « Sa’d se trouve-t-il parmi vous ? » Quand ils ont répondu négativement, après avoir maintenu le silence pendant quelques temps ‘Outhman a déclaré : « Y a-t-il quelqu’un parmi vous qui pourra demander à ‘Ali (r.a.) de nous offrir de l’eau ? » Quand ‘Ali (r.a.) en a eu connaissance il a envoyé trois outres d’eau. Mais en raison de l’opposition des rebelles, on n’a pas pu faire parvenir cette eau à ‘Outhman. Plusieurs esclaves des Banou Hachim et des Banou Oumayyah ont été blessés en tentant de livrer des outres d’eaux. Mais finalement ils y sont parvenus. Lorsqu’Ali (r.a.) a su qu’on avait l’intention de tuer ‘Outhman, il a dit à ses fils, les Imams Hassan et Houssayn : « Prenez vos épées et positionnez-vous devant la porte du Calife ‘Outhman. Ne laissez aucun rebelle vous atteindre. » En voyant cela, les rebelles ont commencé à envoyer des flèches vers la porte de la maison du Calife, laissant Hassan, Houssayn et Muhammad Bin Talha en sang. En ces mêmes instants, Muhammad Bin Abi Bakr et deux autres ont traversé par la maison d’un Ansari pour sauter dans la maison d’Outhman et l’ont tué. Quand ‘Ali (r.a.) en a eu connaissance et qu’il a constaté qu’Outhman a été tué il a demandé à ses fils : « Comment cela s’est-il passé tandis que vous assuriez sa sécurité devant sa porte ? » Il a giflé Hassan et frappé Houssayn à la poitrine. Il a conspué Muhammad Bin Talha et ‘Abdoullah Bin Al-Zoubayr avant de rentrer chez lui très fâché.

Chaddad Bin Aws relate : « Le jour dit Yaum al-Dar, le siège de la maison du Calife ‘Outhman s’est endurci. » Yaum al’-Dar est le jour où les rebelles avaient encerclé la maison du Calife ‘Outhman pour le tuer impitoyablement.

« Ce jour-là le Calife ‘Outhman a dit aux assiégeants : « Ô serviteurs de Dieu ! » Le rapporteur déclare : « J’ai vu ‘Ali (r.a.) sortir de sa maison. Il portait l’Amama du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et il avait ceint son épée : il y avait devant lui un groupe de Mouhajirine et d’Ansar, dont Hassan et Muhammad Bin ‘Abdillah. Ils ont attaqué les rebelles pour les repousser. Ensuite ils sont entrés dans la maison d’Outhman. ‘Ali (r.a.) a demandé : « Ô Emir des croyants ! Que la paix soit sur vous ! Au temps du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) la religion était à son apogée et puissante quand il a combattu les négateurs avec les croyants. Par Dieu ! Je constate que les gens tenteront certainement de vous tuer. Donnez-nous la permission de les combattre. »

Sur ce le Calife ‘Outhman a déclaré : « À tous ceux qui acceptent Dieu et à celui qui croit que j’ai un droit sur lui, je l’implore de ne pas verser la moindre goutte de sang pour moi et de ne pas verser son propre sang pour moi. » ‘Ali (r.a.) réitéré sa requête et le Calife ‘Outhman a donné la même réponse.

Le rapporteur déclare : « J’ai vu ‘Ali (r.a.) sortir de la maison du Calife ‘Outhman en disant : « Ô Allah ! Tu sais très bien que nous avons fait de notre mieux. Sur ce, il s’est rendu à la mosquée du Prophète (s.a.w.). C’était l’heure de la prière. Les fidèles lui ont dit : « Ô Aboul Hassan ! Veuillez diriger la prière ! » ‘Ali (r.a.) a répondu : « Je ne pourrai pas diriger la prière parmi vous tant que l’imam est assiégé. Je prierai en aparté. » Il a prié tout seul avant de rentrer.

Le fils d’Ali (r.a.) lui a dit : « Ô mon père ! Les ennemis ont lancé l’assaut contre la maison du Calife ‘Outhman ! » ‘Ali (r.a.) a répondu : « C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons ! Par Allah, ils vont le tuer ! » Les gens ont dit : « Où sera le Calife ‘Outhman ! (c’est-à-dire après son martyre) » Il a répondu : « Au Paradis ! » Les gens ont demandé : « Où seront ceux qui l’ont tué, ô Aboul Hassan ? » Il a répondu : « Par Allah ! Ils seront dans le feu ! » Il a répété cette phrase à trois reprises.

Hazrat Mouslih Maw’oud relate les incidents qui sont survenus après que les rebelles aient assiégé Médine.

« Les rebelles d’Egypte se rendirent chez ‘Ali (r.a.)ra qui en ce moment-là, commandait une section de l’armée à l’extérieur de Médine, prête à écraser les rebelles. Ils l’approchèrent et lui dirent qu’Outhmanra n’était plus apte à officier comme Calife en raison de son incompétence administrative et qu’ils étaient venus le destituer en espérant qu’Ali (r.a.) accepterait ce poste à sa place. Ayant entendu leur proposition, il montra un degré d’indignation religieuse proportionnel à la dimension de son statut et les réprimanda durement en déclarant : « Tous les hommes pieux savent que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a prédit que des armées camperaient à Dhoul-Marwah et Dhou Khachab (où les rebelles avaient établi leurs camps) et les a maudits. Que Dieu vous détruise ! Allez-vous-en ! » Ils rétorquèrent : « Très bien, nous retournons ». Après cela, ils s’en allèrent.

Voici la mention du martyre d’Outhman et le serment d’allégeance prêté à ‘Ali (r.a.) en tant que Calife. J’en ai fait mention dans le passé en détail. J’évoque de nouveau ces faits brièvement ici.

Quand le Calife ‘Outhman est tombé en martyr, tout le monde, dont les compagnons et d’autres, a couru vers ‘Ali (r.a.). Ils clamaient tous [en cours de route] : « ’Ali (r.a.) est l’Émir des Croyants » jusqu’à ce qu’ils soient arrivés devant sa porte. Ils lui ont annoncé : « Nous vous prêtons allégeance. Tendez votre main car vous êtes la personne la plus digne à cet égard. » ‘Ali (r.a.) a répondu : « Cette tâche ne vous revient pas, elle revient aux compagnons de Badr. Celui qu’ils choisiront sera élu Calife. » Tous les compagnons de Badr se sont présentés à ‘Ali (r.a.) et ont déclaré : « Nous ne voyons personne qui soit plus digne que vous pour ce poste. Tendez votre main afin que nous puissions vous prêter allégeance ! »

‘Ali (r.a.) a demandé : « Où sont Talha et Al-Zoubayr ? » Talha est le premier à lui prêter allégeance verbalement et Sa’d est celui qui lui a prêté allégeance sur sa main. Ensuite, ayant vu cela, ‘Ali (r.a.) est monté sur la chaire de la mosquée : Talha a été le premier à lui prêter allégeance. Al-Zoubayr et les autres compagnons l’ont fait par la suite.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a commenté sur les incidents après le martyr du Calife ‘Outhman (r.a.)

« Après avoir tué le Calife Outhman les rebelles ont pillé le Bayt al-Mal (la trésorerie) et ils ont annoncé qu’ils tueront tous ceux qui s’opposeront à eux. Ils empêchaient les gens de se réunir. » Ils ont imposé un couvre-feu.

« Ils avaient imposé un siège très stricte à Médine. Personne ne pouvait sortir. » Ils avaient imposé un couvre-feu. « Ils avaient même tenu en arrêt ‘Ali (r.a.) qu’ils disaient aimer. Ils ont pillé Médine. Tel était leur état. Un autre incident prouve la dureté de leurs cœurs. ‘Outhman était un saint homme, que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait hautement loué. Après l’avoir tué, ils ne l’ont pas laissé et ils ont empêché les musulmans d’enterrer sa dépouille pendant trois ou quatre jours. En fin de compte, quelques compagnons l’ont enterré secrètement à la faveur de la nuit. Quelques esclaves avaient été tués en compagnie d’Outhman. Les rebelles ont empêché les musulmans de les enterrer et ont placé leurs dépouilles devant des chiens. Après avoir ainsi traité les dépouilles d’Outhman et ces esclaves, les rebelles ont laissé libres les habitants de Médine qui ne s’étaient pas opposés à eux. Les compagnons ont commencé à prendre la fuite. Pendant cinq jours il n’y avait aucun gouverneur à Médine. Les rebelles souhaitaient élire leur propre Calife et lui imposer leur volonté. Mais aucun compagnon n’a voulu être le Calife de ceux qui avaient tué ‘Outhman. Les rebelles se sont rendus chez ‘Ali (r.a.), Talha et Al-Zoubayr à tour de rôle et leur ont demandé d’accepter le poste de Calife. Après leur refus et le fait que les musulmans n’accepteraient personne d’autre comme Calife à leur place, les rebelles ont eu recours à la contrainte. Car ils se sont dit que si personne d’autre n’est élu Calife il y aura une tempête contre eux dans tout le monde islamique. Ils ont annoncé que si un Calife est élu dans un délai de deux jours ce sera bien, sinon ils vont tuer ‘Ali (r.a.), Talha, Al-Zoubayr et les autres grands [compagnons].

Les gens de Médine avaient peur du traitement qu’allait réserver les meurtriers d’Outhman à leurs femmes et leurs enfants. Ils sont partis voir ‘Ali (r.a.) et lui ont demandé d’accepter le poste de Calife. Mais il a refusé en disant : « Si je suis élu Calife tout le monde dira que j’ai commandité le meurtre d’Outhman. Je ne pourrais pas me débarrasser de ce fardeau. » Talha et Al-Zoubayr ont dit la même chose. Tous les autres compagnons ont refusé le poste de Calife.

En fin de compte, tout le monde est retourné voir ‘Ali (r.a.) et lui ont dit qu’il devait porter ce fardeau. Finalement, il accepta à la condition qu’ils se réunissent tous dans la mosquée et l’acceptent comme Calife. Ainsi, les gens se sont rassemblés dans la mosquée et ont prêté allégeance à ‘Ali (r.a.). Certains, cependant, ont refusé de prêté allégeance à un nouveau Calife jusqu’à ce que ceux qui ont tué ‘Outhman (r.a.) soient punis, tandis que d’autres, bien que très peu nombreux, ont déclaré qu’un Calife ne devrait pas être choisi tant que l’opinion des personnes en dehors de Médine n’est pas connue. ‘Ali (r.a.) a accepté le poste de Calife dans de telles circonstances, mais les événements se sont déroulés comme il l’avait craint et les gens à travers le monde islamique ont commencé à dire qu’Outhman (r.a.) avait été assassiné sur l’ordre d’Ali (r.a.).

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) écrit : « Si nous mettons tous les attributs et qualités d’Ali (r.a.) de côté, à mon avis, accepter la fonction de Calife en ces temps aussi périlleux était une démarche extrêmement courageuse, digne d’éloges et d’admiration. Pour le bien de l’islam, il ne se souciait pas de sa personne ni de son honneur et a endossé un lourd fardeau. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) commente en ces termes à propos des incidents qui ont suivi le martyre de Outhman (r.a.) : « Pendant environ un jour ou deux, les rebelles ont mis à sac Médine. Cependant, lorsqu’ils se sont calmés, ils se sont inquiétés de leur sort et ont eu peur de la suite. Certains pensaient que puisque Mou’awiyah était un homme puissant, il tenterait certainement de venger le martyre d’Outhman (r.a.)]. Par conséquent, ils se sont mis en route vers la Syrie et en y arrivant, ils ont commencé à se plaindre du martyre d’Outhman (r.a.) et du fait que personne ne cherchait à le venger. D’autres rebelles ont couru vers La Mecque et y ont rencontré Al-Zoubayr (r.a.) et ‘Aïcha (r.a.) et ont dit que le Calife de l’islam a été martyrisé, mais les musulmans ne bougent pas le petit doigt : c’était là une grave injustice disaient-ils. Ensuite, d’autres ont couru vers ‘Ali (r.a.) et ont dit, c’est une période de grande adversité et nous craignons que l’état islamique ne s’effondre. Par conséquent, acceptez le serment d’allégeance afin de dissiper la peur des gens et établir la paix et la sécurité. Les Compagnons qui étaient présents à Médine ont également unanimement avisé qu’il était préférable pour ‘Ali (r.a.) d’accepter le poste de Calife car cela s’avérerait être une source de grandes bénédictions et de plaisir de Dieu. Voyant qu’il était contraint de toutes parts – bien qu’il ait refusé à plusieurs reprises – il a finalement accepté cette responsabilité et a agréé l’allégeance des fidèles. Il n’y a aucun doute que cette décision d’Ali (r.a.) était pleine de sagesse : s’il n’avait pas accepté le serment d’allégeance des musulmans, un mal plus grand encore aurait frappé l’islam que le conflit entre lui et Mou’awiyah. »

Telle était la conclusion de Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.).

Il déclare en outre : « Il ne faut pas oublier qu’il est faux de dire qu’après avoir prêté allégeance à ‘Ali (r.a.), Talha (r.a.) et Al-Zoubayr (r.a.) ont enfreint leurs serments. » Certains disent qu’ils auraient prêté allégeance à ‘Ali (r.a.) de gaieté de cœur : il n’en fut pas ainsi.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) explique qu’ils sont allés voir ‘Aïcha (r.a.) après avoir rompu leur serment et se sont battus contre ‘Ali (r.a.).

« Cet exemple est malvenu et cela prouve [votre] ignorance de l’histoire. Ce n’était pas le cas. L’histoire témoigne à l’unanimité du fait que Talha (r.a.) et Al-Zoubayr (r.a.) n’ont pas volontairement prêté allégeance à ‘Ali (r.a.), mais ont été obligés de le faire. Selon Al-Tabari, deux narrateurs nommés Muhammad et Talha, relatent que lorsqu’Outhman (r.a.) a été martyrisé, les gens se sont consultés et ont décidé que le prochain Calife devrait être nommé dans les plus brefs délais afin d’établir la paix et mettre fin aux troubles. Finalement, les musulmans sont partis voir ‘Ali (r.a.) et lui ont demandé d’accepter leur serment d’allégeance. ‘Ali (r.a.) leur a dit : « Si vous souhaitez me prêter allégeance, vous devrez m’obéir pour toujours. Si vous êtes prêt à accepter cette condition, je suis prêt à accepter votre serment d’allégeance. Sinon, vous devrez désigner quelqu’un d’autre comme Calife et je lui serai toujours fidèle. En fait, je serai plus obéissant au Calife qu’aucun d’entre vous. »

Ils ont répondu en disant qu’ils étaient prêts à lui obéir. ‘Ali (r.a.) a dit : « Pensez-y une fois de plus et tenez conseil entre vous. » Ainsi, ils se sont consultés et ont décidé que si Talha (r.a.) et Al-Zoubayr (r.a.) devaient prêter allégeance à ‘Ali (r.a.), tout le monde le fera. Tant que Talha (r.a.) et Al-Zoubayr (r.a.) ne prêtaient pas allégeance à ‘Ali (r.a.), la paix ne serait pas pleinement établie. Ainsi, Hakim bin Jabalah avec quelques autres hommes ont été envoyés à Al-Zoubayr (r.a.) tandis que Malik Achtar avec quelques hommes ont été envoyés à Talha (r.a.).

Les deux ont brandi leurs épées et leur ont demandé de prêter allégeance. » Ils ont tiré leurs épées et se sont tenus devant eux en disant qu’ils devaient prêter allégeance à ‘Ali (r.a.), sinon ils les tueraient. Et ainsi ils [Talha (r.a.) et Al-Zoubayr (r.a.)] ont été contraints de prêter allégeance, après quoi les deux groupes sont retournés. Le lendemain, ‘Ali (r.a.) est monté sur la chaire et a dit : « Ô gens, hier vous m’avez envoyé un message auquel j’ai répondu que vous devriez y réfléchir. Avez-vous réfléchi ? Êtes-vous toujours prêts à accepter ce que j’ai dit hier ? Si tel est le cas, rappelez-vous que vous devrez faire preuve d’une obéissance parfaite à mon égard. » Sur ce, ils sont retournés vers Talha (r.a.) et Al-Zoubayr (r.a.) et les ont ramenés de force. Il est clairement mentionné dans le récit que lorsqu’ils sont partis voir Talha (r.a.) et lui ont dit qu’il devait prêter allégeance, il a répondu :  « Je on me contraint de prêter allégeance, je ne le fais pas volontairement. » De même, lorsqu’on a demandé à Al-Zoubayr (r.a.) de prêter allégeance, il a répondu de la même manière :

« Vous m’obligez à prêter allégeance. Je ne le fais pas volontairement. » De même, ‘Abdour Rahman bin Joundoub raconte de son père qu’après le martyre d’Outhman (r.a.), Achtar est parti voir Talha (r.a.) et lui a dit de prêter allégeance. Il a répondu : « Donnez-moi un peu de temps. Je souhaite voir ce que les autres décident. » Or, Achtar n’a pas accepté sa réponse et l’a traîné durement par terre comme on traîne une chèvre et l’a ramené avec lui. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare en outre : « Lorsque Talha (r.a.), le compagnon du Saint Prophète (saw) s’est opposé à ‘Ali (r.a.) en raison d’un conflit et quand il s’est rendu compte qu’il était lui-même en faute, il a quitté le champ de bataille. »

Voici maintenant le récit du moment où Talha (r.a.) s’est opposé à ‘Ali (r.a.) et ne lui a pas prêté allégeance. Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) explique qu’en effet il était sorti pour combattre ‘Ali (r.a.). Au début, il avait été forcé de lui prêter allégeance, et plus tard il est parti se battre contre lui. Ce qui signifie qu’il a été forcé de prêter allégeance et plus tard, lorsque l’occasion s’est présentée, il y a eu un différend qui a résulté dans cette bataille. Cependant, quand Talha s’est rendu compte qu’Ali (r.a.) avait raison, il a quitté le champ de bataille.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) écrit à ce propos : « Il rentrait chez lui quand un misérable, qui se considérait comme étant de l’armée de ‘Ali (r.a.), l’a tué. Puis, en souhaitant mériter quelque récompense, le meurtrier est parti voir ‘Ali (r.a.) et lui a dit : « J’ai de bonnes nouvelles pour vous : j’ai tué votre ennemi Talha. »

‘Ali (r.a.) a répondu : « Au nom du Saint Prophète (saw), je te donne la bonne nouvelle de l’Enfer. J’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dire que Talha sera tué par une personne méritera l’enfer. »

En faisant référence à cet événement le Mousleh Ma’oud (r.a.) a déclaré : « Hakim a rapporté que Thawr bin Majza m’a informé que le jour de l’incident de Jamal je suis passé près de Talha alors dans un état critique après avoir été blessé. Il m’a demandé : « A quel groupe appartiens-tu ? » Je lui ai répondu : « Je fais partie de la Jama’at d’Amir al-Mou’minin, ‘Ali (r.a.). » Il a déclaré : « Donne-moi alors ta main afin que je puisse prêter allégeance à celle-ci. » Il a ainsi fait la bai’ah sur ma main et a rendu l’âme. En rentrant j’ai tout relaté à ‘Ali (r.a.), en entendant cela il a dit : « Allahou Akbar. La parole du Messager d’Allah s’est accomplie ! Allah a souhaité que Talha n’entre pas au Paradis sans m’avoir prêté allégeance ! » 

Il faisait partie des dix bienheureux. Son allégeance initiale a été faite sous la contrainte, mais comme je l’ai mentionné, avant de mourir il a prêté allégeance par conviction. Il était pieux, obéissant et bienheureux : Allah le Très Haut avait également promis qu’il irait au Paradis ; c’est pour cette raison qu’Il n’a pas souhaité qu’il reste en dehors de l’allégeance au Calife. Il a eu l’occasion de prêter allégeance et il l’a fait. 

Ce sujet n’est pas complet et je continuerai la prochaine fois Incha Allah

Aujourd’hui je souhaite de nouveau vous demander de prier pour les ahmadis d’Algérie et du Pakistan. Qu’Allah les protège. La situation est de plus en plus contraignante en Algérie. Un procureur de l’Etat intente continuellement des procès contre nos ahmadis. Au Pakistan, de même, les ahmadis doivent faire face à une situation difficile. Qu’Allah appréhende ces personnes qui créent des difficultés et les opposants, et qu’Il fasse que la situation devienne plus facile à vivre pour ces ahmadis. Je souhaite également dire aux ahmadis du Pakistan qu’ils ne se consacrent pas aux prières comme ils le devraient. Suppliez Dieu davantage, bien plus qu’avant. Qu’Allah nous sorte rapidement de ces difficultés, et qu’Il facilite la situation. Qu’Il nous permette de transmettre librement le message du véritable Islam au Pakistan et également dans le monde entier. 

Après les prières je vais diriger des prières funéraires en l’absence des dépouilles de quelques personnes. Le premier défunt se nomme M. Tahir Ahmad de Rabwah. Il était le fils du martyr Chaudhry Abdur Razzaq, qui était l’ancien Amir du district de Nawabshah. Il est décédé le 4 décembre à l’âge de 60 ans suite à une crise cardiaque. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Le défunt était un médecin fonctionnaire. Il a eu sa première crise cardiaque en 1995. En dépit d’une santé fragile, il s’est fait muter à Mithi afin qu’il puisse également servir à l’hôpital Al-Mahdi, qui dépend du programme Waqf-e-Jadid. Il était ophtalmologue et avait l’habitude de soigner les patients à l’hôpital Al-Mahdi tous les dimanches soirs. Il se rendait à l’hôpital lorsqu’il était de repos. Il participait régulièrement aux camps médicaux qui étaient organisés et parfois il passait toute la journée au bloc opératoire. 

À Tharparkar, il était très apprécié par les ahmadis mais également par les personnes externes à la communauté. Il était en somme apprécié de tous. Il avait également subi un pontage cardiaque et a souffert de douleurs intenses deux ou trois fois ces dernières années, mais en dépit de cela, il a continué à travailler à Tharparkar. A Mithi, il a passé près de quinze ans au service de l’humanité. Il s’occupait beaucoup des pauvres, il était hospitalier et il avait un grand respect pour le Califat et pour la Nizam-i-Jama’at (l’administration de la communauté). Par la grâce d’Allah, il était Moussi depuis sa jeunesse. Il participait activement à tous les fonds de cotisation. Qu’Allah fasse preuve de miséricorde et de pardon à l’égard du défunt, qu’Il exalte son rang et qu’Il permette à ses enfants de suivre et de perpétuer ses nobles actions. 

La deuxième personne dont je dirigerai la prière funéraire s’appelle Habibullah Mazhar : il était fils de Chaudhry Allah Ditta. Habibullah Mazhar Sahib a également été emprisonné en raison de sa foi. Il est décédé le 24 octobre à l’âge de 75 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Son père avait rejoint l’Ahmadiyya en prêtant allégeance sur la main du deuxième Calife (r.a.). 

Chaudhry Habibullah Mazhar a occupé divers postes en tant que fonctionnaire et a ensuite pris sa retraite en tant que directeur d’un département gouvernemental. Il a servi la communauté pendant plus de cinquante ans à différents postes tels que Qaid Majlis, Za’im Ansarullah et à d’autres postes et également en tant que président d’une communauté locale. La première personne contre laquelle un procès a été intenté pour blasphème envers le Prophète (sa) conformément à l’article 295, était Chaudhry Habibullah Mazhar : il avait été condamné à mort. C’était le 29 octobre 1991 au commissariat de Shahdara. Ainsi historiquement, il a été le premier Ahmadi à avoir eu l’opportunité d’être emprisonné en vertu de cette loi. Le juge du tribunal de petite instance avait rendu un jugement en sa faveur, mais les opposants avaient fait appel. Le juge de la Cour Suprême Abdul Majeed avait rejeté sa libération sous caution, et les opposants avaient fait tout ce qu’ils pouvaient pour le faire condamner. Ils avaient distribué des tracts en anglais et en ourdou et ont utilisé des termes très diffamants à son égard. Chaudhry Habibullah a continué à endurer les épreuves de l’emprisonnement avec beaucoup de courage et de bravoure pendant cette période, puis Allah le Très Haut a créé de telles circonstances qu’en quelques mois il a été libéré. Il offrait régulièrement la prière de Tahajjud et les cinq prières quotidiennes. Jusqu’à ses derniers instants il exhortait ses enfants à être réguliers dans les prières. C’était une personne très sincère, compatissant, humble ; il avait une grande passion et amour sincère pour le Califat. Il écoutait régulièrement les sermons et les discours, et à l’heure du sermon il demandait aux membres de sa famille de tout arrêter et d’écouter le sermon, et il le faisait écouter à tout le monde en sa présence. Par la grâce d’Allah il était Moussi et avait légué 1/9e de ses biens dans son testament. Il laisse derrière lui sa femme Ruqayya Begum, cinq fils et une fille. L’un de ses fils, Haseeb Ahmed, est missionnaire de la communauté et il a l’opportunité de servir dans la Bureau Anglophone et à la Fondation Fazl-i-Umar. Qu’Allah fasse preuve de miséricorde et de pardon à l’égard du défunt. 

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire est Bashir-ud-Din Ahmed. Khalifa Bashir-ud-Din Ahmed, qui est décédé le 30 novembre à l’âge de 86 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Il est né à Ferozepur, en Inde. Il était le fils du Dr Khalifa Taqi-ud-Din et le petit-fils de Hazrat Dr Khalifa Rashid-ud-Din. Le Dr Khalifa Rashid-ud-din était le père de Hazrat Umme Nasir qui était la première épouse du deuxième Calife (r.a.). Le Messie Promis (as) a écrit un passage élogieux au sujet de Hazrat Khalifa Rashid-ud-Din pour ses sacrifices financiers. Le défunt fait partie de sa descendance. Il participait également dans les activités de la communauté. Il invitait les non-ahmadis chez lui pour leur transmettre le message. En 1998, il est retourné en Suède. En 1999, il a eu une crise cardiaque. Après s’être rétabli, il a continué à s’impliquer dans les activités de la mosquée et a également servi en tant que secrétaire à la prédication. Il venait tous les ans au Royaume-Uni avec son épouse et ses enfants pour la convention annuelle. Il laisse derrière lui sa femme, trois filles, et deux fils. Son épouse est une anglaise qui s’était convertie à l’islam du christianisme. Elle a toujours porté une tenue décente et le voile. Elle vit de façon très simple ; elle prend plaisir à acquérir des connaissances religieuses, et elle essaie de mettre les enseignements religieux en application. Qu’Allah le Très Haut lui permette de fortifier sa foi et qu’Il permette à ses enfants de suivre ses nobles actions. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard. 

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire se nomme Amina Ahmed qui était l’épouse de Khalifa Rafi-ud-Din Ahmed. Elle est décédée le 19 octobre. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun

Elle était originaire de la Guyane. Elle y est née en 1940 dans une grande famille d’affaires musulmane. Elle s’était convertie à l’Ahmadiyya pendant ses études à Londres, et avait à la même époque épousé feu R.D. Ahmed, le fils du Dr Khalifa Taqi-ud-din. Le défunt était un descendant de Hazrat Khalifa Rashid-ud-Din. C’était une femme empathique, qui s’occupait des autres et qui était hospitalière. Elle offrait régulièrement ses prières, et était soucieuse à cet égard. Elle offrait la prière de Tahajjud en dépit d’avoir une santé fragile. Elle avait l’habitude de réciter régulièrement le Saint Coran. Malgré une santé fragile et son cancer, elle a participé quasiment à chaque Jalsa du Royaume-Uni. Elle croyait fermement au pouvoir des supplications. Elle avait une relation de sincérité et de fidélité avec le Califat. A chaque fois qu’elle me rencontrait, elle faisait preuve d’une grande humilité, et demandait beaucoup de supplications. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard et qu’Il permette également à ses enfants de maintenir une relation solide avec la communauté. 


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)