Sermon du vendredi 25 septembre 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquais Bilal (r.a.) [dans mes précédents sermons]. Le père d’Abdoullah Bin Bouraydah relate : « Un matin le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a appelé Bilal et lui a demandé : « Ô Bilal ! Comment se fait-il que tu me devances au Paradis ? Hier soir quand je suis entré au Paradis, j’ai entendu le bruit de tes pas devant moi. » Bilal a répondu : « Après avoir lancé l’appel à la prière, j’accomplis deux Rak’at de prière Nawafil. Chaque fois que mes ablutions sont annulées, je les accomplis de nouveau. Je pense que je dois à Allah ces deux Rak’at. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de déclarer : « Ceci doit, en effet, en être la raison. »

Dans un autre récit Abou Hourayrah (r.a.) relate : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé à Bilal à l’heure de la prière du matin : « Bilal ! Dis-moi qu’elle est l’action la plus méritoire [aux yeux d’Allah] que tu as accomplie dans l’islam, car j’ai entendu tes pas devant moi au Paradis ? » Bilal a répondu : « Selon moi, l’action la plus méritoire que j’ai accomplie est qu’à chaque fois que j’ai accompli mes ablutions, à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit, j’ai aussi accompli la Salat dans la mesure du possible. » Ceci est tiré du recueil de Boukhari.

Cela ne signifie pas que Bilal jouit d’un statut supérieur au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Allah lui a accordé ce statut en raison de sa pureté et de ses actes d’adoration cachés de sorte qu’il soit en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) au Paradis tout comme il l’était ici-bas. En effet, dans le précédent sermon, j’ai relaté que le jour de l’Aïd, Bilal marchait devant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avec une lance dans la main. Ensuite il plantait la lance dans la direction de la Qiblah et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) y faisait la prière de l’Aïd. Dieu a maintenu cet honneur pour lui au Paradis en raison de sa pureté et de ses actes d’adoration. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a donc vu en sa compagnie dans une vision.

Selon un récit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Lorsqu’on m’a fait visiter le Paradis la nuit, j’ai entendu des bruits de pas. J’ai demandé à l’ange Gabriel : « Qui marche là ? » L’ange Gabriel a répondu : « Il s’agit de Bilal. »

Abou Bakr a commenté : « Si seulement j’étais né du ventre de la mère de Bilal ! Si seulement le père de Bilal était le mien et que j’étais comme Bilal ! Il jouit certainement d’un éminent statut, lui qui à une époque était méprisé et traîné sur les pierres. »

Abou Bakr souhaitait être Bilal. En commentant sur les premiers compagnons, Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb a déclaré : « Bilal Bin Rabah était l’esclave abyssinien d’Oumayyah Bin Khalf. Après l’émigration à Médine, il avait pour tâche de lancer l’appel à la prière. Mais après le décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il a cessé de le faire. La Syrie a été conquise à l’époque du Califat d’Oumar ; et une fois, sur l’insistance de celui-ci, il a fait de nouveau l’appel à la prière. Tout le monde s’est alors souvenu de l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Bilal, ‘Oumar et les autres compagnons présents ont pleuré à chaudes larmes. Le Calife ‘Oumar avait un tel amour pour Bilal que lorsque ce dernier est décédé, il a déclaré : « Aujourd’hui le chef des musulmans n’est plus. » Telle était la déclaration du roi de l’époque à propos d’un simple esclave abyssinien. »

En s’adressant aux femmes ahmadies, le deuxième Calife a cité ce verset du Coran :

الْمَالُ وَالْبَنُونَ زِينَةُ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَالْبَاقِيَاتُ الصَّالِحَاتُ خَيْرٌ عِنْدَ رَبِّكَ ثَوَابًا وَخَيْرٌ أَمَلًا

« Les richesses et les enfants sont une parure de la vie de ce monde. Mais les bonnes œuvres durables valent mieux aux yeux de ton Seigneur eu égard à la récompense immédiate, et valent mieux en ce qui concerne l’espoir futur. » (18 : 46)

En expliquant ce verset, le deuxième Calife a cité Bilal et a déclaré : « Une seule chose demeurera pour toujours. Il s’agit des bonnes œuvres durables. Les œuvres que vous accomplirez pour la cause d’Allah perdureront. Où se trouvent les enfants d’Abou Hourayrah aujourd’hui ? Où se trouve sa demeure ? On ne les voit pas. On ne sait pas s’ils existent ou pas. Mais nous qui n’avons pas vu ses enfants ou sa demeure ou ses biens mentionnons son nom avec respect en disant : « Hadrat (Son éminence) Abou Hourayrah, qu’Allah soit content de lui ! » Quelques jours auparavant un Arabe nous a visités. Il se disait descendant de Bilal. J’ignore s’il disait la vérité ou s’il mentait. Mais je souhaitais, en l’entendant, le serrer dans mes bras, car il était [plausiblement] le descendant de celui qui lançait l’appel à la prière dans la mosquée du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Où sont les enfants de Bilal aujourd’hui ? Nous ignorons s’ils existent ou pas et où ils se trouvent s’ils sont vivants. Nous ignorons où se trouve sa maison. Nous ne voyons pas ses propriétés. Où sont-elles ? Mais les Adhans qu’il lançait de la mosquée du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demeurent jusqu’à présent et demeureront pour toujours. Ceci sont les bonnes œuvres qui perdureront. »

Bilal a relaté 46 hadiths. Les recueils de Boukhari et de Mouslim en mentionnent quatre. Selon un hadith, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Le Paradis souhaite ardemment accueillir trois personnes : ‘Ali, ‘Ammar et Bilal. »

Une fois en évoquant les vertus d’Abou Bakr, le Calife ‘Oumar a déclaré en indiquant dans la direction de Bilal qui était présent : « Bilal est notre chef. Il est une des bonnes œuvres accomplies par Abou Bakr. » Car celui-ci l’avait affranchi en l’achetant.

‘Âidh Bin ‘Amr relate que Salman, Souhayb et Bilal étaient assis avec d’autres quand Abou Soufyan Bin Harb est passé par là. Ils ont dit : « Les épées d’Allah n’ont pas encore frappé les ennemis d’Allah ! » Abou Bakr a demandé : « Enoncez-vous pareils propos à l’égard du chef de La Mecque ? »

Il s’est ensuite présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il n’a pas apprécié le fait que les trois compagnons aient dit qu’ils n’avaient pas encore assouvi leur vengeance. Il leur a demandé : « Enoncez-vous pareils propos à l’égard du chef des Qouraychites ? » Ensuite il s’est présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et il lui a rapporté leurs propos. Sur cela, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a commenté : « O Abou Bakr ! Peut-être que tu les as froissés ! Si tu les as blessés, tu auras aussi froissé ton Seigneur le Très-Haut ! » Sur ce, Abou Bakr est retourné chez ces compagnons et il a déclaré : « Mes frères, peut-être que vous êtes en colère contre moi ! »

Il était parti avec l’idée que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) réprimanderait ces compagnons. Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répliqué qu’il les avait peut-être froissés. Voyez le statut d’Abou Bakr. Il est parti immédiatement vers ces indigents et a déclaré : « Mes chers frères ! Est-ce que je vous ai froissés ? » Ils ont répondu : « Non ! Non ! Notre frère ! Qu’Allah vous accorde Son pardon ! »

Abou Moussa relate : « J’étais en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lorsqu’il se trouvait à Jirana, entre La Mecque et Médine. Bilal était en sa compagnie. Un Bédouin s’est présenté et a déclaré : « Muhammad (s.a.w.) ! N’allez-vous pas respecter la promesse que vous m’aviez faite ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a répondu : « Je t’offre une bonne nouvelle ! » Le Bédouin a répliqué : « Vous me l’avez répétée à maintes reprises ! » Sur ce le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est tourné avec colère vers Bilal et Abou Moussa et a déclaré : « Ce Bédouin a rejeté une bonne nouvelle. Acceptez-la tous deux. » Ils ont déclaré : « Ô Envoyé d’Allah nous l’avons acceptée ! »

Ensuite le Saint Prophète a demandé qu’on lui apporte un récipient contenant de l’eau. Il s’est lavé les mains et le visage et s’est rincé la bouche. Ensuite il a déclaré aux deux compagnons : « Buvez de cette eau ! Et aspergez-en vos visages et vos poitrines et soyez contents. » Tous deux ont pris le récipient et ont suivi les consignes du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Oumm Salama qui était derrière le rideau a déclaré : « Laissez aussi un peu d’eau pour votre mère. » C’est-à-dire Oumm Salama, la mère des croyants. Et tous deux en ont gardé pour elle.

‘Ali Bin Abi Talib relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Allah a accordé sept Naqibs à tout prophète. Il m’en a accordé quatorze. » C’est-à-dire le double. Les membres de l’assistance ont demandé : « Qui sont-ils ? » ‘Ali a répondu : « Moi-même, mes deux fils, Ja’far, Hamzah, Abou Bakr, ‘Oumar, Mous’ab Bin ‘Oumayr, Bilal, Salman, Miqdad, Abou Dharr, ‘Ammar et ‘Abdoullah Bin Mas’oud. »

Zayd Bin Arqam relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Bilal est un homme très bon. Il est le chef de tous les muezzins. Seuls les muezzins le suivront et le jour de la résurrection ; seuls les muezzins auront le cou le plus long. »

Zayd Bin Arqam relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Bilal est un homme très bon. Il est le chef des martyrs et des muezzins. Le jour de la résurrection il aura le cou le plus long. » C’est-à-dire qu’il sera le plus honoré.

Selon un autre récit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré que Bilal recevra une des chamelles du paradis et qu’il voyagera dessus.

L’épouse de Bilal relate : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu me rendre visite et m’a saluée. Puis, il m’a demandé : « Bilal est-il présent ? » J’ai répondu : « Non, il n’est pas là. Veuillez entrer. » Le Saint Prophète a déclaré : « On dirait que tu es fâchée contre Bilal. » J’ai répondu : « Il m’aime. Lorsqu’il me dit quelque chose il répète tout le temps : « C’est le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui me l’a dit. » L’Envoyé d’Allah a dit à l’épouse de Bilal : « Toutes mes paroles que Bilal te transmet sont certainement vraies. Bilal ne te trompera jamais. Ne sois jamais en colère contre Bilal. Sinon aucune action de ta part ne sera agréée tant que Bilal est en colère contre toi. »

Abou Hourayrah relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Bilal ressemble à une abeille qui suce le nectar sucré des fruits et le suc des herbes amères. Mais il en produit un miel sucré. »

L’épouse de Bilal relate : « Quand Bilal s’allongeait sur le lit, il récitait cette prière : « Ô Allah pardonne mes péchés et considère-moi infirme face à mes faiblesses. »

Bilal relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a dit : « Ô Bilal ! Meurs dans la pauvreté et non pas dans la richesse. » Bilal de dire : « Je n’ai pas compris… » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a expliqué : « N’amasse pas les biens qui te sont accordés. Et donne à celui qui te demande. » « Si je n’arrive pas à agir de la sorte que se passera-t-il ? a demandé Bilal. » L’envoyé d’Allah de répondre : « Tu devras suivre ce conseil, sinon l’enfer sera ta demeure. » C’est-à-dire qu’il ne faut pas repousser celui qui demande de l’aide ; et amasser ses biens et ne pas en dépenser. Il est important d’en dépenser.

Bilal est décédé en l’an vingt de l’Hégire à Damas, en Syrie, au cours du Califat d’Oumar. Selon certaines personnes, il serait décédé à Alep. Il avait plus de soixante ans. D’aucuns pensent qu’il serait décédé en l’an dix-huit de l’hégire. Il a été enterré dans le cimetière de Damas tout près du Bab Al-Saghir.

Le deuxième Calife a évoqué le statut de Bilal en ces termes. J’avais déjà mentionné certains de ces faits ; mais que je répéterai peut-être certains points précédents afin de maintenir la continuité dans le récit. « Bilal était abyssinien et ne maitrisait pas la langue arabe. Quand il la parlait, il commettait nombre d’erreurs. À titre d’exemple les Abyssiniens n’arrivent pas à prononcer la lettre Shin qu’ils prononcent comme Sin. Autre exemple : Bilal disait « Asadou » au lieu d’« Ach-hadou » lorsqu’il lançait l’appel à la prière. Les Arabes se moquaient de lui en raison de sa prononciation défectueuse, car ils étaient fiers de leur langue – tandis qu’ils n’arrivent pas eux-mêmes à énoncer certains phonèmes d’autres langues. À titre d’exemple ils ne pourront pas prononcer la lettre « Ţé » du mot « Roţi » en langue ourdou et la prononceront comme un « Ta ». Ils prononceront « Tchouri » comme « Jouri » énonçant la lettre « Tché » de l’ourdou comme un « Jim ». Certains non-Arabes n’arrivent pas à énoncer certaines lettres arabes ; de même les Arabes n’arrivent pas à énoncer celles d’autres langues. Mais en raison de leur fierté nationale ils oublient qu’eux aussi n’arrivent pas à prononcer certains phonèmes d’autres langues.

En ayant eu connaissance du fait que les gens se moquaient de la prononciation « Asadou » de Bilal, une fois le Saint Prophète (s.a.w.) les reprit en leur disant : « Vous vous moquez de Bilal (r.a). Mais Dieu, sur Son trône, est ravi d’entendre son Adhan. » Sa prononciation « Asadou » est bien plus précieuse que vos « Ach-hadou ». Bilal était un Abyssinien et à l’époque ces derniers étaient réduits à l’esclavage. Au cours de siècles précédents on faisait des gens des esclaves, voire cela perdure jusqu’à présent. Or le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne considérait pas les non-Arabes comme bas et inférieurs : à ses yeux, toutes les nations ont été créées par Dieu. Il aimait les Grecs et les Abyssiniens tout comme il aimait les Arabes. Il ne faisait pas de différence entre eux : il aimait les Africains tout comme il aimait les Arabes et les Grecs. Cette affection qu’il éprouvait à leur égard a engendré dans le cœur de ces non-Arabes de l’amour pour sa personne. Il s’agit d’ailleurs d’un amour que de nombreux Arabes n’arrivaient pas à saisir. Ces non-Arabes aimaient le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en raison de son affection à leur égard : ceux dénués de perspicacité, et qui n’arrivent pas à saisir cet amour et les secrets de la fidélité, en sont inconscients. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est né à La Mecque, parmi les Arabes, et plus précisément parmi les Qouraychites, qui méprisaient les autres Arabes. Sa tribu était la meilleure parmi les Arabes. Qu’avait-il à voir avec les Abyssiniens ? Il aurait dû aimer le clan des Banou Hachim, s’il devait aimait quelque autre nation ou tribu. Il aurait dû aimer [uniquement] les Qouraychites ou les autres Arabes qui étaient ses compatriotes.

Comment l’amour pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pouvait-il naître dans les cœurs de ces non-Arabes quand ses armées s’attelaient à détruire leurs Etats et quand le pouvoir islamique mettait à mal leur hégémonie nationale ? L’État musulman a combattu ces autres nations et les a vaincues : ces puissances ont disparu. Mais en dépit de cela les citoyens de ces nations aimaient toujours le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Comment cela s’est-il passé ? Ils auraient dû détester le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Qu’en fut-il en réalité ? Analysons d’abord l’amour qu’éprouvaient les disciples de Jésus à l’endroit de sa personne. Pierre était l’apôtre choisi de Jésus, et son successeur après son départ. Quand les soldats ont arrêté Jésus, ils ont demandé à Pierre pourquoi il suivait derrière et ils ont eu des soupçons à son sujet et ont déduit qu’il était un de ses disciples. Tout apeuré, Pierre a répondu sur-le-champ « Je ne suis pas son disciple ! Au contraire, je le maudis ! » Non seulement a-t-il rejeté Jésus, mais il l’a aussi maudit. Il n’y a pas de doute que les apôtres aimaient Jésus. Plus tard, Pierre a été crucifié à Rome. Il a accepté la mort avec bravoure et il n’a pas répudié son amour et son obéissance envers Jésus-Christ, le Messie. Or, lorsque Jésus a été placé sur la croix, la foi de Pierre n’était pas aussi ferme. Deux ou trois claques l’ont apeuré. Mais par la suite, il a accepté la croix de gaîté de cœur. En tout cas, tel était un aperçu de l’amour des apôtres à l’égard de Jésus. Maintenant, tournons-nous vers les esclaves qui ont accepté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et qui étaient fermes dans leur foi. Bilal était, [rappelons-le], un esclave abyssinien. Voyons l’effet de l’amour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sur sa personne. Certains expriment ouvertement leur amour pour leurs bien-aimés. Mais leur amour est restreint. Bilal étant un esclave abyssinien était détesté non seulement par les Qouraychites mais par tous les Arabes. L’affection du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a son égard était-elle en raison de sa tolérance ou était-ce un amour sincère ? Cette affection était-elle d’apparence ou réelle ? Seul Bilal pourra analyser cela. Plus de mille trois cents ans se sont écoulé depuis cet incident. Comment pourrons-nous en faire l’analyse ? Qu’avait déduit Bilal de cet amour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à son égard ? Il n’est pas question ici de comprendre ce que j’en ai déduit ou ce qu’en a déduit ceux du siècle précédent ou de celui d’avant. Il n’est pas question ici de savoir ce qu’en a déduit les compagnons de l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Voyons ce qu’en a déduit Bilal de cette petite phrase évoquée plus haut. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit aux autres :

« Vous vous moquez de Bilal (r.a) parce qu’il dit « Asadou » au lieu d’« Ach-hadou ». Mais Dieu, sur Son trône, est ravi d’entendre son Adhan. »

En d’autres termes, sa prononciation « Asadou » était bien plus précieuse à Ses yeux que leur « Ach-hadou».

Avait-il prononcé ces paroles pour le consoler, le défendre de façon temporaire ou en raison d’un amour profond ? Qu’avait compris Bilal de cette phrase ? Bilal en a conclu que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’aimait en dépit du fait qu’il fût un étranger et venait d’un peuple qui n’appartenait pas au genre humain selon certains et qu’on réduisait en esclavage. Avant cet événement, le Coran affirma à propos du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que sa mort était dédiée à Allah le Seigneur de tous les mondes. Par la suite, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est décédé et un nouvel État a été instauré. De nouvelles personnes sont arrivées au pouvoir et il y a eu des changements. Certains compagnons se sont établis à des centaines de kilomètres de la péninsule arabe. Parmi eux se trouvait Bilal. Tous ces changements ont eu lieu après le décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Bilal s’est établi à Damas, en Syrie. Un jour, certains musulmans s’y sont réunis en sa compagnie et ont déclaré : « Bilal lançait l’appel à la prière à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et nous souhaitons écouter son Adhan. » Mais Bilal a rejetté leur demande en disant qu’il ne ferait pas l’Adhan après la mort du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). « Chaque fois que je tente de le faire, je revis l’époque bénie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et j’en suis ému. C’est pour cette raison que je ne ferai pas l’Adhan. Je ne peux pas me maîtriser, » a déclaré Bilal. Le Calife ‘Oumar était présent à Damas durant ces jours, par hasard. Les gens lui ont dit : « Demandez à Bilal de lancer l’appel à la prière. Certains des nôtres ont vu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Nos oreilles souhaitent ardemment entendre l’Adhan de Bilal. Nous imaginons l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et l’Adhan de Bilal. Nous souhaitons de nouveau écouter l’Adhan de Bilal dans la réalité afin de revivre ces moments. Certains des nôtres n’ont pas vu l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) mais en ont tout simplement entendu parler. Ils souhaitent entendre l’Adhan qu’écoutait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et qu’il appréciait. ‘Oumar a fait venir Bilal et lui a dit : « Les gens souhaitent écouter votre Adhan. »

Bilal a répondu : « Vous êtes le Calife. Si vous le souhaitez, je lancerai l’appel à la prière. Mais je ne pourrais l’endurer. » Il s’est mis debout et a lancé l’appel à la prière à haute voix tout comme il le faisait à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). En l’entendant, ses compagnons qui étaient originaires de l’Arabie ont eu des larmes aux yeux. Certains pleuraient même. Bilal a continué à faire l’Adhan et ceux qui l’entendaient ont pleuré en se souvenant de l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Mais quel en fut l’effet sur Bilal qui était un Abyssinien, qui était jadis au service des Arabes et qui n’avait aucune relation avec eux ? Nous avons vu l’effet de cet appel sur les Arabes de l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui s’en sont souvenu. Ceux qui n’avaient pas connu cette époque ont été eux aussi émus. Certains ont été émus en voyant les autres. Mais quel en fut l’effet sur Bilal, qui n’était pas un Arabe et qui était un esclave ? Dès qu’il a terminé l’Adhan, il s’est évanoui et il est décédé quelques minutes après. Tel était le témoignage des non-Arabes quant à la déclaration du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) affirmant qu’il n’existe pas de différence entre les Arabes et les non-Arabes. Ceci en est le plus grand témoignage. Ceci est le témoignage de ces non-Arabes qui ont entendu la voix empli d’amour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). En voyant son effet ils étaient certains que leur propre peuple ne pouvait leur témoigner l’affection que leur accordait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Tel était notre maître Bilal qui avait implanté dans son cœur l’amour et la fidélité à l’égard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ainsi que l’unicité de Dieu. Il nous sert d’ailleurs d’exemple à cet égard. Et d’autre part, il n’existe pas d’exemples d’amour et d’affection comme ceux démontrés par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à l’égard de cet esclave. C’est une chose qui est à même d’engendrer l’amour, l’affection et la fraternité aujourd’hui encore. C’est une chose qui est à même de briser les chaînes de l’esclavage. Notre salut réside aujourd’hui dans l’établissement de l’unicité de Dieu et en suivant ces exemples d’amour à l’endroit du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Qu’Allah nous accorde la possibilité d’agir en ce sens ! Avec ceci se terminent les récits sur Bilal.

J’évoquerai à présent quelques personnes décédées récemment et je dirigerai leurs prières funéraires. La première personne est Mawlana Talib Yacoob Saheb, fils de Tayyib Yacoob Saheb, missionnaire de Trinité-et-Tobago. Il est décédé le 8 septembre dernier à l’âge de 63 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Dès l’enfance, il s’intéressait à la religion. Il était originaire de Trinité et dès son jeune âge il accomplissait les cinq prières quotidiennes, il récitait le Coran et aimait lire les livres sur l’islam. Après ses études élémentaires, il a travaillé dans la compagnie British Insurance. Mais après avoir complété son BEP, il a dédié sa vie le 13 janvier 1979 et il s’est enrôlé dans la Jamia Ahmadiyya de Rabwah où il complété ses études et a eu son diplôme de Shahid en 1989. En 1987, il s’est marié avec Sajidah Shaheen, la fille de Mirza Munawar Saheb, Darwesh et ancien Naib Nazir-e-’Ala de Qadian. Son épouse était la petite-fille de Bhai Mirza Barakat Ali, un compagnon du Messie Promis (a.s.). Après ses études à la Jamia, sa première affectation a été au Zaïre en Afrique où il a travaillé de 1989 jusqu’en 1992. Ensuite il a servi comme missionnaire au Guyana de 1993 jusqu’en 1997. Puis, il a été affecté à Koforidua et Kumasi au Ghana. Il y a servi de 1997 jusqu’en 2004. Il y est tombé gravement malade et par la suite il a été affecté en Trinité-et-Tobago où il servi dans la Jama’at de Freeport jusqu’à son dernier souffle. En sus d’avoir servi en toute sincérité dans différents pays, il a transmis aux autres les enseignements de l’islam grâce à son savoir et ses expériences.

Il avait une relation personnelle avec tous les membres de la Jama’at là où il était affecté. Ces derniers l’appréciaient tout comme il les aimait. Il souffrait de ses reins depuis plusieurs années. Il devait se rendre à l’hôpital trois fois par jour pour ses dialyses. Mais cela n’a pas affecté ses travaux de la Jama’at. Il était imbu d’une grande Taqwa, il était humble et simple, bienveillant et patient, il était obéissant et doux. Il rencontrait tout le monde le sourire au visage. En sus de ses cinq prières quotidiennes, il accomplissait la prière de Tahajjoud, il récitait le Coran et avant de se coucher il accomplissait huit Raka’at de prières Nawafil. Il était très respectueux des traditions de la Jama’at. Il encourageait aussi tous les membres de sa famille de respecter ces préceptes. Il était très apprécié au sein de sa famille. Il laisse derrière lui son épouse, son fils Nasir Yacoob et deux filles nommées Adila et Amina Yacoob. Il laisse aussi derrière lui deux frères et trois sœurs. Certains sont en Trinité-et-Tobago et d’autres en Australie parmi ces derniers. Sa belle-sœur, Helen Yacoob, déclare : « J’ai fait la bai’ah trente ans auparavant et quand Mawlana Saheb est retourné en Trinité-et-Tobago, il m’enseignait avec beaucoup d’amour différents points sur la religion. Et c’est pour cette raison que j’étais intéressée à apprendre davantage. Le défunt en était très content. C’est en raison du comportement du défunt que mon fils Tayyib Yacoob souhaite devenir missionnaire par la grâce d’Allah. Il est en deuxième année au sein de la Jamia Ahmadiyya du Canada. »

Une femme-médecin déclare à son propos : « Il possédait de grandes qualités. Tout médecin ou infirmier qui le traitait était très impressionné par ses qualités.

Il était malade. S’il était assis à l’hôpital et qu’il n’y avait pas de place et qu’un patient se présentait, il se levait et lui faisait de la place. Il était un exemple pour les patients comme pour les médecins et les autres. »

Le missionnaire en charge de la Jama’at de Trinité-et-Tobago déclare : « Le défunt possédait les qualités d’un véritable Mourabbi et Mouballigh. Il faisait montre d’une obéissance indéfectible à l’égard du Califat et il suivait les instructions de ses supérieurs et faisait de son mieux pour accomplir toute tâche qui lui était confiée. Il avait un grand amour pour Allah, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et le Messie Promis (a.s.). Il récitait régulièrement le Saint Coran et accomplissait la prière de Tahajjoud. »

Qasid Waraich, qui est missionnaire, déclare : « Quand j’ai été affecté en Trinité-et-Tobago, Mawlana Saheb était souffrant. Il était d’ailleurs plus âgé. » Qasid Waraich quant à lui est un jeune missionnaire ayant complété ses études deux ou trois ans de cela de la Jamia du Canada. Il déclare : « Quelques jours auparavant, le défunt a parcouru une distance de cinquante kilomètres avec sa femme et ses fils pour venir me rencontrer. Il a fait montre d’une grande affection à mon égard. Tous les deux ou trois jours par la suite, il prenait de mes nouvelles soit en m’appelant ou en m’envoyant un texte. Il me disait que j’étais un nouveau-venu et que j’avais peut-être besoin de certaines choses. Il me prodiguait aussi des conseils. Il faisait montre d’affection à l’égard de tout le monde, grand et petit. Il encourageait tout le temps les autres à maintenir leur relation avec le Califat et de prier pour le Calife. »

Sa fille ajoute aussi que le défunt lui demandé d’écrire au Calife pour lui demander des prières avant ses examens et pour toute autre tâche. »

Munir Ibrahim, un ahmadi du pays, relate : « Mawlana était toujours présent lorsque nous sortions pour accomplir le Tabligh. Il nous envoyait en différents groupes. Il disait : « Partez vers le nord et moi je partirai vers le sud, afin que nous puissions transmettre le message de l’Ahmadiyya au plus grand nombre. » Il était toujours souriant. »

Des jeunes missionnaires et d’autres personnes travaillaient avec lui. Ils ont tous témoigné qu’il était très content lorsqu’untel accomplissait le moindre travail pour le progrès de la Jama’at ou dans le domaine du Tabligh et il l’en félicitait. Tout le monde déclare que le défunt était toujours souriant. Il tentait de réconcilier ceux qui s’étaient disputés.

Au cours de ses années d’étudiant, s’il y avait eu une altercation entre amis, il les réconciliait toujours et faisait la paix entre eux disant que « nous sommes des ahmadis et nous ne devrions pas nourrir de la rancœur à l’endroit de nos frères. » J’ai également vu qu’il avait toujours un sourire au visage. Il était très dévoué à l’égard du Califat, et comme je l’ai dit, ses enfants ont mentionné qu’il les encourageait toujours à établir un lien avec le Calife et à lui écrire.

Nareesh Sahib, un nouveau Ahmadi, écrit : « Je visitais différentes mosquées des non-ahmadis à la recherche du véritable islam. Quand j’ai rencontré Mawlana Talib Sahib, j’ai eu une très bonne impression avant même d’écouter un argument. » C’est la raison pour laquelle il a ensuite prêté le serment d’allégeance. Talib Yacoob Sahib a accompli son serment avec une conviction parfaite et n’a jamais présenté d’excuse. Il a toujours dit qu’il travaillerait partout où le Calife l’enverrait : « Si le Calife m’affectait au Pakistan je ne retournerais pas au pays. » De plus, alors qu’il était en Pakistan, il a fait des efforts pratiques en apprenant la langue pendjabie, au cas où il aurait été affecté dans ce pays. Il aurait à traiter avec ceux parlant cette langue et c’est pourquoi il l’a apprise. Qu’Allah lui fasse miséricorde et élève son statut. Qu’Allah accorde Sa protection à sa femme et ses enfants et qu’Il leur permettre de perpétuer ses bonnes œuvres.

Le deuxième défunt dont je dirigerai la prière funéraire est Ifitikhar Ali Qureshi, qui était ingénieur de profession. Il a eu l’opportunité de servir en tant que Wakil ul Mal Thalith et vice-président du Majlis Tahrik-i-Jadid. Allah le Très Haut lui a accordé une très longue vie. Il est décédé le 3 juin à l’âge de 99 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Le père d’Iftikhar Ali se prénommait Mumtaz Ali Qureshi : il était vétérinaire de profession. Itfitikhar Ali est né dans le district de Meerut en Inde, où il a été scolarisé jusqu’à la fin de son lycée. Il a ensuite été admis au Thompson Engineering College Roorkee qui est maintenant devenu une université. Il y a obtenu un diplôme en ingénierie civile dans les années 40. Il a eu l’opportunité de se joindre à la communauté alors qu’il était encore étudiant et que son père n’avait pas encore accepté l’Ahmadiyya. Iftikhar Ali Qureshi avait étudié les ouvrages du Messie Promis (a.s.) et suite à cela il a accepté l’Ahmadiyya. Le message de l’Ahmadiyya lui est parvenu par l’intermédiaire du mari de sa tante paternelle, Mukhtar Qureshi, et de la part du père de ce dernier, Munshi Fiaz Ali. Iftikhar Qureshi résidait principalement chez son oncle paternel, Turab Ali, dans le cadre de ses études. Turab Ali n’avait pas encore accepté l’Ahmadiyya. Mais Iftikhar Ali, et Mukhtar Ali, accompagné de son père, visitaient régulièrement l’oncle paternel d’Iftikhar Ali, dans le quartier Saraba de Meerut. Qureshi Iftikhar Ali recevait de la littérature au sujet de l’Ahmadiyya à travers ces personnes. De plus, la communauté de Delhi publiait régulièrement des dépliants, qu’Iftikhar Ali récupérait également pour les étudier. Iftikhar Ali lisait toute cette littérature lors de ses trajets, et ensuite il la remettait à son père. Lorsque Ifitikar Ali a été admis au Thompson College, Mukhtar Qureshi avait commencé à lui transmettre le message de l’Ahmadiyya en lui écrivant des lettres détaillées. Iftikhar Ali y répondait également de façon détaillée. De plus, à cette époque, il offrait régulièrement la prière de Tahajjoud et priait beaucoup. Mais il avait une certaine anxiété en son for intérieur, dont il avait fait part une fois au Deuxième Calife (r.a.) en lui posant quelques questions. Le Deuxième Calife (r.a.) a répondu en écrivant que ses questions étaient courtes mais complexes, qu’il était donc difficile d’y répondre par écrit, et il lui avait recommandé de lire un de ses livres. Iftikhar Ali avait obtenu ce livre en question de Mukhtar Ali, et il avait commencé à le lire. Au fur et à mesure qu’il avançait dans la lecture de ce livre, il obtenait les réponses à ses questions. Ainsi, en novembre 1941, il a fait la Bai’ah par écrit à travers une lettre. En 1942, il a participé à la Jalsa Salana de Qadian. Il a été très impressionné par l’atmosphère qui y régnait. Il avait écouté avec soin les discours du Deuxième Calife (r.a.). Il avait ainsi eu l’opportunité de faire également la Bai’ah sur la main (du Calife). Il participait tous les ans à la Jalsa Salana de Qadian, il avait ainsi l’opportunité de rencontrer régulièrement le Deuxième Calife (r.a.). Il posait directement au Calife toutes les questions qu’il avait, et en obtenait les réponses, ce qui renforçait grandement sa foi. Il avait commencé à servir l’Etat indien : il y a servi jusqu’à la création du Pakistan. En 1951, il a émigré au Pakistan, où il a travaillé au sein du département de l’irrigation et de l’énergie. Il a été affecté dans différentes villes dans le cadre de ses fonctions gouvernementales. Il a servi avec une grande honnêteté. Il a été promu d’ingénieur débutant and ingénieur-en-chef. Il a même eu l’opportunité de servir pendant quelque temps en tant que secrétaire à l’irrigation et à l’énergie du gouvernement du Pendjab. Il a ainsi été promu jusqu’à être nommé secrétaire. Il a eu l’opportunité de servir le Pakistan à des postes très honorables. Il a pris sa retraite en 1983, et par la suite il a dédié sa vie pour la communauté. En 1980, lorsque le Dexuième Calife (r.a.) est rentré à Rabwah après avoir terminé sa visite en Espagne, il a fondé l’association internationale des architectes et ingénieurs ahmadis (IAAAE). Il avait nommé Iftikhar Ali comme son premier président ; à cette époque il servait en tant qu’ingénieur-en-chef. Par la suite, lorsqu’il a pris sa retraite, il a formulé une demande pour dédier sa vie afin de servir la communauté, qui a été acceptée par le troisième Calife (r.a.). Le Calife l’avait nommé Wakil-ul-Mal Thalith Tahrik-i-Jadid. Il a été nommé (président de l’IAAAE) en 1980. Au départ c’était une nomination, mais par la suite il a été régulièrement élu, et ainsi il a eu l’opportunité de servir pendant près de 25 ans en continu comme président international de l’association (IAAAE). Il a également servi de façon notable sous l’ère du quatrième Calife (r.h.a). Il a eu l’opportunité de travailler sur la construction des résidences Buyut-ul-Hamd de la communauté, situées à Rabwah. Il était également le superviseur du département de constructions. Il a eu également servi en tant que chef des différents projets de constructions, tels que les constructions de l’hôpital Fazl-e-Omar, la Jamia Ahmadiyya, la bibliothèque du Califat, etc. Il a également eu la chance de servir en tant que directeur de la fondation Fazl-e-Omar. En 2007, je l’avais nommé vice-président Majlis Tahrik-i-Jadid. Il servait avec une grande honnêteté et zèle. Il a connu l’époque de quatre Califes. Il a à chaque fois et à chaque endroit fait preuve d’obéissance et d’amour. Il était réservé de nature ; il ne s’occupait que de ses affaires. Il a eu l’opportunité de servir pendant trente-sept ans en tant que Wâqif-e-Zindagi. Il travaillait de façon totalement désintéressée. J’ai également travaillé avec lui. Allah le Très-Haut lui a accordé deux fils et trois filles : l’un de ses fils est architecte et l’une de ses filles est gynécologue. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard également, et qu’Il permette à sa descendance de perpétuer ses nobles actions.

Le troisième défunt dont je dirigerai la prière funéraire est se nomme Raziya Sultana, qui était l’épouse de Hakeem Khurshid Ahmad. Elle est décédée à l’âge de 81 ans. La défunte était la fille de Sheikh Allah Bakhsh qui était un compagnon du Messie Promis (a.s.). Elle faisait la prière et jeûnait régulièrement dès son plus jeune âge. Elle a vécu une vie en toute simplicité et modestie. Elle était très hospitalière. Son mari, Hakeem Maulvi Khurshid Ahmad a servi en tant que Sadr Umumi. Des programmes et réunions avaient lieu dans sa demeure. Elle s’occupait de l’hospitalité des participants. Maulvi Khurshid Ahmad a eu l’honneur d’avoir été emprisonné en 1984 pendant deux ans et demi dans la voie de Dieu. Son épouse a fait preuve d’une grande patience et de beaucoup de courage en son absence. De plus elle envoyait quotidiennement de la nourriture pour plusieurs personnes en prison. Elle faisait des actions pieuses en toute discrétion. Elle a pris en charge les frais de mariage de plusieurs jeunes femmes qui étaient dans le besoin ; elle a éduqué plusieurs enfants pauvres. Ses proches et ses contacts ont tous mentionné qu’elle était très aimante. La défunte était Moussia. Elle laisse derrière elle une fille. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard.

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire est Mohammad Tahir Ahmad, fils de Mansoor Ahmad, vice-superviseur de la Bait-ul-Maal de Qadian. Il est décédé le 28 mai des suites d’un cancer hépatique à l’âge de 57 ans à l’hôpital Nour de Qadian. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Le défunt résidait à Hyderabad. Il a été diplômé de la Jamia Ahmadiyya de Qadian. De 1989 jusqu’à fin mai 2020, il a eu l’opportunité de servir dans différents départements – donc pendant trente-et-un ans. Au cours de tout cette période, il a eu l’occasion de servir au sein du département des finances. Il a servi sept ans au sein de la Bait-ul-Mal Aamad, neuf ans au sein de la Wakalat-e-Mal Waqf-e-Jadid, trois ans en tant qu’inspecteur de la Bait-ul-Mal et vice-superviseur des finance Waqf-e-Jadid, huit ans comme Nazim Mal Waqf-e-Jadid, et deux ans en tant que vice-superviseur de la Bait-ul-Mal. C’était un serviteur de la communauté qui était très sincère, simple, sociable, et empathique. Il a fait de très nombreuses visites dans toute l’Inde afin d’informer les gens du système financier et de les y inclure. Et par la grâce d’Allah, suite à ces visites et de ses efforts, le budget du Waqf-e-Jadid a nettement augmenté. Le défunt était Moussi. Il laisse derrière lui ses parents âgés, sa femme et deux fils. Le défunt était le beau-fils de Mawlana Muhammad Kareem Shahid, président du Qadha Board de Qadian, et était le cousin de par le frère de sa mère, d’Inaam Ghori, superviseur général de Qadian. L’un de ses frères est missionnaire à Qadian. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard du défunt, et qu’il protège ses enfants.

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire se nomme Aqeel Ahmad, fils de Mirza Khalil Ahmad Baig, enseignant à la Jamia Internationale du Ghana. Aqeel Ahmad s’était rendu au Pakistan, où il a été diagnostiqué d’une tumeur du sac vitellin. Après avoir été malade pendant quelque temps, il est décédé à l’âge de 13 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il était régulier dans les prières quotidiennes dès son enfance. Il prenait soin des enfants plus jeunes que lui. C’était un enfant très pieux et obéissant. Il a eu l’opportunité de mémoriser six parties du Saint Coran à la Madrassat-ul-Hifz du Ghana. Il laisse derrière lui ses parents, et deux sœurs Adila et Shakila, qui font, toutes les deux, partie du programme Waqf-e-Naw. Son père, Mirza Khalil Baig, a l’opportunité de servir à la Jamia Internationale du Ghana. Un autre enseignant de la Jamia, Nasir Ahmad écrit du Ghana : « Aqeel Ahmad avait une personnalité attachante. Je me souviendrai toujours de son visage souriant, c’était un enfant innocent et obéissant. Il avait un respect pour l’organisation de la communauté, et il avait un grand amour pour le Saint Coran. En plus d’aller à l’école, il avait également commencé à mémoriser le Saint Coran. Tous les jours après la prière de Mahgrib, il dînait et se rendait ensuite à la mosquée pour réviser (ce qu’il avait mémorisé). Après avoir fait ses devoirs, il mémorisait quelques versets du Saint Coran et se couchait ensuite. Il disait que quand il grandirait, il deviendrait missionnaire et servirait la communauté. »

Qu’Allah exalte également son rang, et qu’Il permette à sa mère et à son père de supporter cette perte.

Ces jours-ci il n’y a pas de prières funéraires en présence des corps [ici à Islamabad]. Beaucoup de personnes formulent des demandes pour des prières funéraires. Mais il n’est pas possible de faire les prières funéraires le vendredi par manque de temps. Le fait de mentionner les noms prendrait déjà beaucoup de temps en soi. Habituellement j’annonce la prière funéraire de quelques personnes, mais je reçois beaucoup de demandes pour d’autres personnes. Sans citer de noms, je souhaite préciser que ces personnes font partie de la prière funéraire que je dirige. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard d’eux tous. Et qu’Allah accorde la patience et le courage aux personnes qui ont formulé des demandes de prières funéraires ainsi qu’à leurs proches. Après la prière du Jumu’ah je dirigerai toutes ces prières funéraires en l’absence des dépouilles.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)