Sermon du vendredi 14 août 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Deux semaines auparavant, j’évoquais [dans mon sermon] les compagnons [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] et j’avais mentionné Sa’d Bin Abi Waqqas. Aujourd’hui je présenterai d’autres détails à son sujet.

Je mentionnais la bataille [de Qadisiyya] au cours de laquelle, son épouse, Salma, a vu un prisonnier enchaîné qui souhaitait vivement prendre part au combat. Il se nommait Abou Mahjan al-Thaqafi : le Calife ‘Oumar l’avait exilé en raison de sa consommation du vin. En terre persane il en a consommé de nouveau : c’est pour cette raison que Sa’d l’avait fait fouetter et l’avait enchaîné. Abou Mahjan al-Thaqafi a demandé à Zahra, l’esclave de Sa’d, de le déchaîner afin qu’il puisse participer à la bataille. Il a ajouté : « Par Allah ! Si j’en sors vivant, je reviendrai porter les chaînes de nouveau ! » La femme-esclave a accepté sa requête et l’a libéré. Abou Mahjan al-Thaqafi a pris le cheval de Sa’d et il est parti dans la direction du champ de bataille. Il a pénétré les rangs ennemis et a attaqué le grand éléphant blanc. Sa’d regardait toute la scène. Il a dit : « Ce cheval m’appartient… et on dirait qu’Abou Mahjan Saqfi est en train de le monter ! »

Comme je l’avais dit, en raison de la maladie, Sa’d n’avait pas pu participer directement à la bataille. Il contrôlait tout de loin. En tout cas, la bataille a duré trois jours. À la fin Abou Mahjan al-Thaqafi est retourné et a fait remettre ses chaînes. Sa’d l’a libéré sous la condition qu’il serait sévèrement puni à l’avenir s’il consommait le vin de nouveau. Abou Mahjan a promis de ne jamais en boire. Selon un autre récit, Sa’d a informé le Calife ‘Oumar à propos de cette affaire. Celui a déclaré : « Il ne doit pas être puni s’il abandonne le vin pour toujours. » Abou Mahjan a juré de ne plus en consommer et sur ce Sa’d l’a libéré.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a commenté sur cet incident en ces termes. Dans le précédent récit l’on trouve mention de la femme-esclave qui l’avait libéré. Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare : « Sa’d Bin Abi Waqqas faisait partie des éminents compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le Calife ‘Oumar l’avait nommé le chef de l’armée musulmane envoyée combattre les Persans. Par hasard, il a eu un abcès ou furoncle à la cuisse : il en a souffert pendant longtemps. Il a suivi maints traitements infructueux. En fin de compte, il s’est dit que s’il demeurait alité et que les soldats remarquaient son absence, ils allaient perdre le moral. Il s’est fait une plateforme sur un arbre comme on en fait chez nous pour protéger les vergers. Il y prenait place avec l’aide des autres afin qu’il soit au vu des soldats et qu’ils sachent que leur commandant est avec eux. Durant ces jours, il a reçu la nouvelle qu’un chef musulman a consommé du vin. Certes l’alcool était interdit en islam mais les Arabes en étaient de grands consommateurs. Une fois habitué à quelque chose, il est difficile de s’en séparer. Ce chef avait embrassé l’islam deux ou trois ans auparavant et il est dur de se débarrasser d’une mauvaise habitude en si peu de temps.

En tout cas, lorsque Sa’d Bin Abi Waqqas a entendu que chef a consommé du vin, il l’a fait séquestrer. Durant ces jours, il n’y avait pas de prison. Quand on souhaitait emprisonner quelqu’un, on l’enfermait dans une chambre et on y plaçait des gardes pour le surveiller. Ce chef musulman a été séquestré dans une chambre et surveillé par des gardes.

Cette année-là est connue comme l’année du malheur dans l’histoire de l’islam. Car les musulmans avaient subi de nombreuses pertes. Les chevaux des musulmans avaient pris la fuite devant les éléphants des ennemis. Il y avait une petite rivière à côté. Les chevaux s’y sont jetés : étant donné que les Arabes ne savaient pas nager, des centaines de musulmans sont morts de la noyade. C’est pour cette raison qu’on la nomme l’année des malheurs. Ce chef musulman était séquestré dans une chambre. Quand les soldats musulmans revenaient de la bataille, assis tout près de la chambre, ils mentionnaient les grandes pertes des musulmans. L’autre fulminait et se lamentait de ne pouvoir prendre part à la bataille. Certes il était coupable d’avoir consommé du vin mais il était brave et empli de passion. Il tournait en rond dans sa chambre comme un lion dans sa cage en entendant la nouvelle des pertes musulmanes. Il tournait en rond en récitant des vers signifiant : « Aujourd’hui s’offrait à toi le moment de sauver l’islam et de montrer ta bravoure. Mais tu es en prison… »

Or, la femme de Sa’d était très brave. Un jour, en passant à côté de la chambre, elle a entendu ces vers. N’ayant pas vu de garde, elle est partie tout près de la porte et a dit au prisonnier : « Sais-tu que Sa’d t’a emprisonné ? S’il sait que je t’ai libéré, il me punira. Mais je souhaite te libérer afin que tu puisses servir l’islam comme tu le souhaites. » Il a dit : « Libérez-moi ! Je promets de retourner immédiatement après la bataille et je rentrerai dans cette chambre. »

Cette femme souffrait pour l’islam et souhaitait le protéger. C’est pour cette raison qu’elle l’a libéré. Il a participé à la bataille. Il s’est battu si bravement que l’armée musulmane a avancé au lieu de reculer.

Sa’d l’a reconnu et il a déclaré : « Celui que j’avais emprisonné pour avoir consommé du vin a participé à la bataille. Je l’ai reconnu grâce à ses assauts et à sa taille en dépit du fait qu’il se soit caché le visage. Je trouverai celui qui l’a libéré et je le punirai sévèrement ! »

Quand Sa’d a prononcé cette phrase, sa femme s’est fâchée. Elle lui a dit : « N’as-tu pas honte ! Tu es assis sur cette plateforme et tu as emprisonné celui qui affronte l’ennemi sans crainte sans se soucier de sa vie. C’est moi qui l’ai libéré : tu peux faire ce que tu veux ! »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a mentionné ce récit lors d’un discours adressé aux dames. Il a ajouté : « Les femmes ont accompli des œuvres grandioses au sein de l’islam. Aujourd’hui aussi, les femmes musulmanes doivent se rappeler ces exemples. »

Il y a d’autres exemples des sacrifices des femmes en référence à Sa’d. Al-Khansâ’était une poétesse et femme-compagnon très connue appartenant à la tribu des Banou Soulaym des Ansar. Elle avait sacrifié ses quatre fils dans la voie d’Allah lors de cette bataille. Son mari et son frère étaient décédés alors qu’elle était toute jeune. Elle a élevé ses enfants au prix de grands efforts. Le matin du dernier jour de la bataille de Qadisiyya, elle a dit à ses fils : « Ô mes fils ! Vous avez accepté l’islam de gaîté de cœur. Vous avez accompli l’émigration de votre propre chef. Je jure par le Dieu unique j’ai protégé l’honneur de votre famille. N’oubliez pas que la maison de l’au-delà est meilleure que ce monde éphémère. Mes fils, soyez agressifs et fermes. Battez-vous épaule contre épaule. Craignez Dieu. Quand la bataille fera rage et que les cavaliers se sont mis en rangs, foncez-y afin de recueillir les bienfaits de l’au-delà. »

Les fils d’Al-Khansâ’ont suivi son conseil et ont pris les rênes de leurs chevaux. Ils ont récité des poésies épiques et ont foncé sur le champ de bataille. Ils se sont battus bravement et sont tombés en martyrs. Avant l’après-midi de ce jour, le drapeau de l’islam flottait sur le champ de bataille de Qadisiyya. Quand on a informé Al-Khansâ’que ses quatre fils sont tombés en martyrs, elle a déclaré : « Je remercie Dieu qui leur a accordé le martyre. Je suis très fière du fait qu’ils aient été sacrifiés sur la voie de la vérité. J’ai espoir que Dieu nous réunira tous ensemble sous Son ombre. »

Après la victoire à Qadisiyya, l’armée musulmane a conquis Babel, une ancienne ville de l’actuel Irak. Le Saint Coran en fait mention en évoquant Harout et Marout. Sur son emplacement se trouve Koufa aujourd’hui. Ceci est tiré de la présentation de ces villes. L’armée est arrivée sur le site de la ville nommée Kousa, où Nemrod avait emprisonné le Prophète Abraham. La prison était encore sur place. Quand Sa’d l’a vue il a cité ce verset du Coran :

وَتِلْكَ الْأَيَّامُ نُدَاوِلُهَا بَيْنَ النَّاسِ

C’est-à-dire que nous alternons ces jours entre les gens (afin qu’ils en tirent des leçons). Les musulmans ont quitté Kousa pour atteindre Bahrashir : selon le répertoire des villes, elle se nomme Bahoursir. Il s’agit d’un lieu situé dans les alentours de Baghdad, tout près de la ville de Madai’in à l’ouest de l’Euphrate. Il s’y trouvait le tigre de chasse de Chosroês. Quand l’armée de Sa’d s’y est rapprochée : les Perses ont lâché le fauve qui s’est attaqué à l’armée. Le frère de Sa’d, Hashim Bin Abi Waqqas, était l’officier de l’avant-garde de l’armée. Il a frappé le tigre d’un coup d’épée et l’a tué.

Il y eu ensuite la bataille de Mada’in, la capitale de Chosroês, où se trouvaient ses palais blancs. L’Euphrate se trouvait entre les musulmans et Mada’in. Les Persans ont détruit tous les ponts sur le fleuve. Sa’d a dit aux musulmans : « L’ennemi s’est réfugié derrière le fleuve. Nous allons le traverser ! » Sur ce, il a dirigé son cheval vers le fleuve. Les soldats ont suivi leur chef et ont dirigé leurs chevaux vers l’eau. C’est ainsi que l’armée musulmane a traversé le fleuve. Quand les Persans ont vu cette scène surprenante, ils ont commencé à crier de peur et ont pris la fuite en disant : « Les diables sont là ! Les diables sont là ! » Les musulmans ont avancé et ont pris contrôle des palais de Chosroês. C’est ainsi que s’est accomplie la prophétie faite par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de bataille d’Al-Ahzab en creusant le fossé et lorsqu’il a frappé d’une pique un rocher. Il avait déclaré : « Je vois les palais blancs de Mada’in s’écrouler. » En voyant ces palais déserts, Sa’d a récité ces versets de la sourate Ad-Doukhan :

كَمْ تَرَكُوا مِنْ جَنَّاتٍ وَعُيُونٍ (26) وَزُرُوعٍ وَمَقَامٍ كَرِيمٍ (27) وَنَعْمَةٍ كَانُوا فِيهَا فَاكِهِينَ (28) كَذَلِكَ وَأَوْرَثْنَاهَا قَوْمًا آَخَرِينَ (29)

« Que de jardins et de sources d’eau ont-ils laissés derrière eux ! Et que de champs cultivés et de lieux superbes ! Et que de conforts et douceurs qui faisaient leurs délices ! Il en fut ainsi. Et Nous donnâmes ces choses en héritage à un autre peuple. » (45 : 26-29)

Par la suite, Sa’d a écrit au Calife ‘Oumar et lui a demandé la permission d’avancer. Le Calife lui a répondu : « Contentez-vous de ces victoires pour l’instant. Occupez-vous de faire régner l’ordre sur les terres conquises dans un premier temps. » Sa’d a fait de Mada’in sa capitale et a commencé à rétablir l’ordre sur les terres conquises ; et à cet égard il a accompli un très bon travail. Il a fait recenser la population et a établi la cartographie de l’Irak. Il s’est attelé au confort de la population. Grâce à sa bonne gestion, il a prouvé qu’Allah l’avait aussi doté de bonnes aptitudes de gestionnaire tout comme il lui avait conféré des aptitudes de chef de guerre. Les gens croient que les musulmans se sont contentés de conquérir ces terres et ont négligé la population. Quand ils ont conquis la ville, ils se sont davantage occupés de la population.

Voici les récits sur la fondation de la ville de Koufa. L’atmosphère de Mada’in n’était pas du goût des Arabes. Sa’d a donc demandé la permission au Calife ‘Oumar de bâtir une nouvelle ville et il y a réparti les différentes tribus arabes dans des quartiers différents. Il a construit une grande mosquée pouvant accueillir 40 000 fidèles au milieu de la ville. Koufa était un cantonnement de l’armée : elle pouvait accueillir 100 000 soldats.

Voici d’autres détails à ce propos : après avoir vécu quelque temps à Mada’in, il a constaté que le climat local avait changé le teint des Arabes. Il en a informé le Calife ‘Oumar, qui lui a ordonné de trouver une terre sur la frontière arabe afin de bâtir une nouvelle ville, la peupler de tribus arabes et en faire le centre de l’Etat. En accord à cette directive, Sa’d a choisi un lieu approprié et a fondé la ville de Koufa. Les différentes tribus arabes ont peuplé différents quartiers. Au milieu, il a construit une grande mosquée, pouvant accueillir 40 000 fidèles. Tout près de la mosquée, il a bâti la trésorerie et son palais, appelé Qasr Sa’d. Ensuite, il y a eu la bataille de Nahawand : le 21 de l’hégire, les Persans se sont préparés à se battre contre les musulmans dans la partie de l’Irak sous contrôle persane. Ils ont réuni 150 000 guerriers dans la région de Nahawand afin de reprendre des musulmans les parties conquises. Sa’d en a informé le Calife ‘Oumar : sur l’avis du conseil, il a envoyé un Irakien, Nou’man Bin Muqarrin al-Muzni comme chef de l’armée musulmane. Nou’man se trouvait à l’époque à Kaskar une région s’étendant de Nahawand jusqu’à Bassora sur l’embouchure du Tigre, où se trouvent des vingtaines de villages.

Oumar lui a ordonné de se rendre à Nahawand. Les 30 000 musulmans étaient face à 150 000 guerriers persans.

Nou’man a inspecté les rangs de l’armée et a donné des directives aux soldats. Ensuite il a déclaré : « Si je tombe en martyr, Houdhayfah sera le chef de l’armée. Si lui aussi tombe en martyr il sera remplacé par untel. Il a cité les noms de sept personnes qui se succéderont à la tête de l’armée. Ensuite il a prié : « Ô Allah ! Honore Ta religion ! Aide Tes serviteurs et accorde en premier à Nou’man le statut de martyr ! » Selon un autre récit, il aurait prié : « Ô Allah ! Accorde-moi la joie de voir une victoire qui honorera l’islam ainsi que le martyre. » La bataille a débuté. Les musulmans se sont battus si bravement qu’ils ont remporté la victoire avant le coucher du soleil. Nou’man est tombé en martyr lors de cette bataille.

Abou Lou’lou’a Firouz avait été emprisonné lors de cette bataille. Il est tombé dans le lot de Moughira Bin Chou’bah et est devenu son esclave. Il est celui qui allait attaquer et tuer le Calife ‘Oumar par la suite. Celui-ci avait écrit ceci à l’Emir de Nahawand : « Si Allah accorde la victoire aux musulmans, après avoir retiré un cinquième des butins revenant à la trésorerie, tout le reste du butin doit être distribué parmi les musulmans. Si cette armée est détruite, la terre lui servira de meilleure sépulture. »

Les Banou Asad avaient, durant le Califat d’Oumar, critiqué la manière de prier de Sa’d. Le Calife ‘Oumar a envoyé Muhammad Bin Maslamah pour mener une enquête. Celle-ci a démontré que les doléances étaient infondées. Mais pour certaines raisons le Calife ‘Oumar a demandé à Sa’d de retourner à Médine. Le recueil d’Al-Boukhari évoque les détails suivants. Jabir Bin Samoura relate : « Les gens de Koufa se sont plaints auprès d’Oumar concernant Sa’d. Celui-ci l’a démis de ses fonctions et a nommé ‘Ammar chef de Koufa. Les gens de Koufa disaient aussi que Sa’d ne dirigeait pas bien la prière. ‘Oumar lui a demandé : « Ô Abou Ishaq ! » (C’était là son nom d’emprunt). « Les gens disent que tu ne diriges pas bien la prière ! » Sa’d de répondre : « Par Allah ! Je dirigeais la prière parmi eux comme le faisait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Je n’y ai pas apporté le moindre changement. Lors de la prière d’Icha, les deux premières Raka’at étaient longues et les deux dernières courtes. » Sur ce « ‘Oumar a déclaré : « Ô Abou Ishaq ! J’avais la même opinion à propos de toi ! » C’est-à-dire qu’il savait qu’il agissait de la sorte. Ensuite, le Calife a envoyé une personne ou quelques individus avec lui afin de questionner les gens de Koufa à son propos. Ils ont visité toutes les mosquées de Koufa et tout le monde le louait. En fin de compte ils sont partis dans la mosquée des Banou ‘Abbas. Là-bas un certain Ousamah Bin Qatadah, aussi connu comme Abou Sa’ada, s’est mis debout et a déclaré : « Étant donné que tu as juré au nom d’Allah, je t’informe qu’en fait Sa’d Bin Abi Waqqas n’accompagnait pas l’armée pour les batailles. Il ne distribuait pas les biens à parts égales et il n’était pas équitable dans ses verdicts. » C’étaient là les accusations qu’il a portées à l’encontre de Sa’ad. Celui-ci a répondu : « Je jure par Allah que je ferai trois prières. Je prierai : « Ô Allah ! Si cet accusateur ment et qu’il s’est mis debout par ostentation et pour se faire de la renommée, accorde-lui une longue vie et accrois son dénuement et frappe-le de malheurs. »

Par la suite lorsqu’on demandait à l’accusateur son état il répondait : « Je suis très vieux et dans un piteux état. Je suis frappé de malheur et la malédiction de Sa’d m’a touché. » C’est-à-dire qu’il est en train de payer les conséquences de ses accusations mensongères.

Aboul Moulk relate à son sujet : « Je l’ai vu par la suite. En raison de sa vieillesse ses sourcils étaient tombés sur ses yeux. Son niveau moral était si bas qu’il harcelait les filles en cours de route et leur clignait de l’œil. » Ces récits sont mentionnés dans le recueil d’Al-Boukhari.

Quoi qu’il en soit, ces complaintes ont meurtri Sa’d. Il a déclaré : « Je suis le premier parmi les Arabes à décocher une flèche pour la cause de Dieu. Nous sortions en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour nous battre et nous n’avions rien à manger, hormis des feuilles d’arbres. Parfois nos selles ressemblaient aux crottes des chameaux ou des chèvres : c’est-à-dire, elles étaient entièrement sèches. Voici à présent que les gens des Banou Asad Ibn Khouzayma sont venus m’apprendre les étiquettes de l’islam ! Dans ce cas, je suis un grand perdant et mes actions sont parties à l’eau. » Les Banou Asad avaient médit à propos de Sa’d et ils colportaient le ragot qu’il ne dirigeait pas bien la prière. Ce récit est aussi tiré d’Al-Boukhari.

En l’an 23 de l’hégire, le Calife ‘Oumar a subi une attaque mortelle. Les gens lui ont demandé de nommer le Calife qui lui succédera. Sur ce, le Calife ‘Oumar a formé un comité pour l’élection du Calife. Il était composé d’Outhman, d’Ali, d’Abdour Rahman Bin ‘Awf, de Sa’d Bin Abi Waqqas, de Zoubayr Bin Al-‘Awwam et de Talha Bin ‘Oubaydillah.

Le Calife ‘Oumar a déclaré : « Choisissez une personne parmi eux, car le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré qu’ils sont les habitants du Paradis. Si Sa’d Bin Abi Waqqas est élu, il sera le Calife. Sinon celui qui sera élu Calife parmi vous doit prendre l’aide de Sa’d. Je ne l’ai pas démis de ses fonctions parce qu’il était incapable ou parce qu’il était malhonnête. »

Quand ‘Outhman a été élu Calife, il a nommé Sa’d comme gouverneur de Koufa de nouveau. Il a occupé ce poste pendant trois ans. Par la suite, il y a eu un différend entre Sa’d et ‘Abdoullah Bin Mas’oud qui était responsable du Bayt al-Mal. Suite à cela, ‘Outhman l’a de nouveau rappelé. De retour à Médine, Sa’d s’est retiré du monde pour vivre en reclus. Lorsque les troubles ont éclaté contre ‘Outhman, il n’est pas sorti de son isolement. Selon un récit, au cours des troubles un jour le fils de Sa’d lui a demandé : « Qu’est-ce qui vous empêche d’accomplir le Jihad ? » Il a répondu : « Je ne me battrais pas tant qu’on ne m’apporte pas une épée qui distingue le croyant du mécréant (car les musulmans se battaient entre eux.) »

Selon un autre récit Sa’d aurait déclaré : « Apportez une épée qui possède des yeux et une langue et qui m’informera qu’untel est un croyant et un autre un incroyant. Je me suis battu uniquement contre les mécréants jusqu’aujourd’hui. »

Selon un récit du Sounan At-Tirmidhi, Sa’d avait dit au sujet des troubles de l’époque d’Outhman : « Je témoigne que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré qu’il y aurait un trouble à l’avenir certainement. Celui qui serait assis en ce temps-là serait meilleur que celui qui serait debout. Celui qui serait debout serait meilleur que celui qui marcherait lors de ces troubles. Et celui qui marcherait serait meilleur que celui qui courrait. » C’est-à-dire qu’il fallait éviter de prendre part à cette dissension.

Quelqu’un a demandé : « Si les troubles pénètrent chez moi que dois-je faire ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a répondu : « Comporte-toi comme le fils d’Adam. » C’est-à-dire de tenter de se sauver sans avoir l’intention de tuer autrui, comme l’explique l’exemple présenté par le Coran. Il semblerait que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ait présenté ce même exemple.

Hazrat Mouslih Maw’oud a évoqué les efforts louables accomplis par les compagnons pour mettre fin aux conflits qui ont débuté à l’époque d’Outhman. Il déclare : « Certes les compagnons n’avaient pas l’occasion de se rendre auprès d’Outhman. Pourtant ils n’ont pas négligé leurs devoirs. En raison des exigences de l’heure ils ont divisé leurs œuvres en deux parties. Ceux qui étaient plus âgés et qui avaient une plus grande influence morale sur la population passaient leur temps à convaincre les gens. Quand à ceux qui n’avaient pas cette influence ou qui étaient jeunes, ils tentaient de protéger ‘Outhman. Dans le premier groupe on trouve ‘Ali et Sa’d bin Abi Waqqas, le conquérant de la Perse, qui faisaient de leur mieux pour mettre fin aux troubles. Après l’élection d’Ali comme Calife après ‘Outhman, Sa’d a vécu dans la solitude. Selon un récit, quand les différends ont pris de l’ampleur entre le calife ‘Ali et l’émir Mou’awiya, celui-ci a écrit à ‘Abdoullah Bin ‘Oumar, Sa’d Bin Abi Waqqas et Muhammad Bin Maslama pour leur demander de l’aide contre ‘Ali. Tous les trois ont refusé. Sa’d a envoyé ces vers de poésie à l’émir Mou’awiya.

« Ô Mou’awiya ! Ta maladie est grave. Il n’y a pas guérison à ta maladie. Ne comprends-tu pas qu’Ali m’a demandé de me battre mais je n’ai pas accepté sa demande ? Je lui ai demandé de m’offrir une épée capable de voir et de distinguer l’ennemi de l’ami. Ô Mou’awiya ! Crois-tu que celui qui n’a pas accepté la requête d’Ali va accepter la tienne ? Or une journée de la vie d’Ali vaut mieux que ta vie entière et ta mort. Et tu oses me demander de me battre contre cette personne ? » C’est un récit rapporté dans Ousd al-Ghâbah.

Selon un récit, un jour l’émir Mou’awiya a demandé à Sa’d : « Qu’est qui t’interdit de condamner Abou Tourab (c’est-à-dire ‘Ali) ? » Sa’d a répondu : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit trois choses à son sujet. Si un seul s’appliquait à ma personne, cela m’aurait été plus valeureux que des chameaux rouges. Je ne condamnerai jamais ‘Ali en raison de ces trois points. Premièrement, une fois le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait laissé en arrière ‘Ali lors d’une Ghazwah. ‘Ali lui avait demandé : « Ô Envoyé d’Allah ! Me laissez-vous derrière avec les femmes et les enfants ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a répondu : « Ne serais-tu pas satisfait d’être pour moi ce que fut Aaron pour Moïse ? Hormis le fait que tu ne jouiras pas du statut de prophète après moi. » Deuxièmement, lors de la bataille de Khaybar, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré : « Je confierai le drapeau de l’islam à celui aime Allah et son Prophète et qui est aimé par ces derniers. » Nous avons tous voulu porter ce drapeau, en raison de notre amour pour Allah et son Prophète. Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Faites venir ‘Ali. » ‘Ali est venu. Il souffrait des yeux. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a placé une peu de sa salive sur ses yeux et lui a confié le drapeau de l’islam. Allah a accordé la victoire à l’islam ce jour-là. Le verset suivant a été révélé :

فَقُلْ تَعَالَوْا نَدْعُ أَبْنَاءَنَا وَأَبْنَاءَكُمْ وَنِسَاءَنَا وَنِسَاءَكُمْ

« Venez donc, assemblons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes… » (3 : 62)

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a fait venir ‘Ali, Fatima, Hasan et Housayn. Il a ensuite déclaré : « Ô Allah ! Voici les membres de ma famille. » Ceci est récit tiré du Tirmidhi.

Mous’ab Bin Sa’d, le fils de Sa’d Bin Abi Waqqas relate : « Avant de rendre l’âme, la tête de mon père était dans mon giron. J’avais les larmes aux yeux. Il m’a regardé et m’a dit : « Ô mon fils ! Qu’est-ce qui te fait pleurer ? » J’ai répondu : « La tristesse de votre mort. Et le fait qu’il n’y aura personne d’autre comme vous après votre mort. » Sur ce Sa’d a déclaré : « Ne pleures pas pour moi. Allah ne me punira pas. Je suis un des habitants du paradis. » Certains critiquent le fait qu’untel avait déclaré qu’il ira au paradis. Sa’d a déclaré qu’il fait partie des gens du Paradis. Il a ajouté : « Allah récompense les croyants pour les œuvres accomplies pour Sa cause. En ce qui concerne les mécréants, Allah allégera leur punition en raison de leurs bonnes œuvres. Quand ces bonnes œuvres s’épuiseront Il les punira de nouveau. Toute personne doit Lui quémander les récompenses pour ses bonnes œuvres. »

Le fils de Sa’d relate : « J’ai demandé à mon père : « Je constate que votre traitement des Ansar diffère de celui des autres. » Il m’a demandé : « Ô mon fils ! Nourris-tu de mauvaises pensées à leur égard ? » J’ai répondu : « Non. Mais je m’étonne de cela. »

Sur ce il a répondu : « J’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclarer : « Seuls les croyants sont les amis des Ansar. Les hypocrites ressentent de l’inimitié à leur égard. » (C’est pour cette raison que je maintiens des relations avec eux.)

Jarir relate : « Le calife ‘Oumar est passé par là et a demandé à propos de Sa’d. J’ai répondu : « En dépit d’être au faîte de son pouvoir, j’ai constaté qu’il était le plus bienveillant des hommes. Il était le moins sévère. Il était comme une mère pour ses sujets. Il amassait [des vivres] pour eux comme une fourmi. Lors de la bataille, il était le plus brave et le plus apprécié de parmi les Qouraychites. »

Sa’d Bin Abi Waqqas est décédé en l’an 55 de l’hégire : il avait un peu plus de 70 ans. Selon certains, il avait 74 ans voire 83 ans d’après d’autres. Il existe des divergences d’opinion concernant la mort de Sa’d Bin Abi Waqqas. L’année diverge de l’an 51 de l’hégire à l’an 58 de l’hégire. Mais la majorité a déclaré qu’il est décédé en l’an 55 de l’hégire.

Au moment de son décès il a laissé la somme de 75 000 dirhams en héritage. Il est décédé à l’endroit nommé ‘Aqiq, situé à sept miles ou dix miles (11 à 16 km) de Médine. Les gens ont porté sa dépouille sur leurs épaules et l’ont emmené à Médine. Sa prière funéraire a été accomplie dans la mosquée al-Nabawi : elle a été dirigée par Marwan Bin Hakam, qui était le gouverneur de la ville. Les épouses du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avaient également participé à sa prière funèbre et il a été enterré à la Jannat al-Baqi’.

‘Abdoullah bin Zoubayr relate qu’Aïcha (r.a.) avait déclaré : « Après le décès de Sa’d Bin Abi Waqqas, les épouses du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ont demandé qu’on apporte sa dépouille à l’intérieur de la mosquée afin qu’elles puissent accomplir sa prière funéraire. Leur souhait a été exaucé. On a déposé la dépouille mortuaire devant les chambres des épouses du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) afin qu’elles puissent participer dans la prière funèbre. Ensuite, on a fait passer la dépouille par la porte des funérailles, située tout près de l’endroit où l’on s’assied. Ensuite, les épouses ont entendu que les gens ont critiqué cela et disait qu’on ne devait pas faire entrer la dépouille dans la mosquée. »

Quand ‘Aïcha a entendu cela, elle a déclaré : « Les gens sont prompts à porter des critiques sur des faits qu’ils ignorent. Ils nous ont critiquées parce qu’on a fait passer la dépouille par la mosquée. Or à l’époque du Prophète Muhammad (s.a.w.), on avait accompli la prière funéraire de Souhayl Bin Bayda à l’intérieur de la mosquée. »

Ce récit est tiré du recueil du recueil de Mouslim. Avant de rendre l’âme, Sa’d Bin Abi Waqqas avait demandé qu’on lui creusât une tombe à caveau et qu’on y plaçat dessus des briques, à l’instar de la tombe du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ce récit est aussi tiré de Mouslim. Sa’d Bin Abi Waqqas était le dernier parmi les hommes des émigrants à rendre l’âme. Avant de mourir, il a fait sortir un manteau de coton et a demandé qu’on s’en serve pour son linceul, car il avait participé dans la bataille de Badr en le portant ; et il l’avait préservé pour ce moment précis, c’est-à-dire pour sa mort.

Dans son ouvrage Sirat Khatamun Nabiyyine, Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb explique : « Les allocations des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ont été fixées à l’époque du Calife ‘Oumar. Et celles des compagnons de Badr étaient fixées à un taux spécial. D’ailleurs ces derniers étaient fiers de leur participation à cette bataille. William Muir, l’orientaliste de renom déclare : « Les compagnons de Badr jouissaient d’une grande considération dans la société musulmane. Quand Sa’d Bin Abi Waqqas allait rendre l’âme à l’âge de quatre-vingt ans il a déclaré : « Apportez-moi le manteau que je portais le jour de la bataille de Badr et que j’avais préservé pour ce jour. » À Badr, il était tout jeune et il avait conquis la Perse par la suite. Il était le fondateur de Koufa et le gouverneur de l’Irak. À ces yeux, ces derniers honneurs n’avaient aucune importance, comparés à sa participation à Badr. Le vêtement qu’il avait porté à Badr valait mieux que tous les vêtements d’apparat. Son dernier vœu était d’être enseveli dans ce vêtement. »

On trouve mention du palais de Sa’d dans un récit précédent. D’aucuns pourraient questionner sa construction. La réponse à leur critique est qu’il s’est retiré du monde et vivait en reclus à la fin de sa vie. La chose qu’il appréciait le plus était le vêtement qu’il avait porté le jour de la bataille de Badr. Le fait qu’il se fût retiré du monde prouvait sa simplicité et son humilité.

Sa’d relate : « Quand j’avais participé à Badr, je n’avais qu’une fille. » Selon d’autres récits au moment du Hajj d’adieu, il n’avait qu’une fille. Par la suite, Allah lui a accordé beaucoup d’enfants. Sa’d s’était marié neuf fois en différentes occasions. Allah lui a accordé 34 enfants, dont 17 fils et 17 filles.

Avec ceci ce termine les récits sur Sa’d Bin Abi Waqqas. Incha Allah, j’évoquerai un autre compagnon la prochaine fois.

Après la prière de Joumou’ah je dirigerai la prière funéraire de quelques personnes. La première sera celle de Safdar ‘Ali Gujjar Saheb, qui travaillait dans le département de Ziafat de la mosquée Fazl de Londres. Il est décédé le 25 juillet en raison d’une crise cardiaque. Il avait été hospitalisé pendant quelques jours. Il avait 79 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Par la grâce d’Allah il était Moussi. Il a travaillé pendant trente ans au sein du département de Ziafat du Royaume-Uni comme bénévole. Jusqu’à son dernier souffle il a servi de manière exemplaire les invités du Messie Promis (a.s.), les employés et les membres de la Jama’at. Pour une longue période il avait aussi aidé dans l’emballage et l’envoi des journaux Al-Fazl International et Akhbar Ahmadiyya. Sa demande d’asile était en suspens pendant de nombreuses années. Quand elle a été acceptée après une très longue période et que sa famille a pu venir au Royaume-Uni, il a remercié Dieu à foison et il ne s’est jamais plaint du fait qu’il avait dû vivre tout seul durant cette longue période.

Le défunt était un fidèle du Califat et n’a pas cessé de prouver sa fidélité. Je dirais même qu’il était un exemple pour les autres à cet égard. Il appréciait et honorait les membres de la Jama’at et ses proches. Il était très assidu dans ses prières et ses Salat, très serviable, apprécié de tous et très bienveillant. Il était un poète en langue pendjabie : il était très populaire parmi les membres de la Jama’at en raison de sa voix mélodieuse : on appréciait aussi le fait qu’il récitait ses poèmes en publique lors de la Jalsa. Il appartenait à la Jama’at très connue de Handu Gujjar de Lahore. Il laisse derrière lui son épouse, quatre fils et deux filles.

Moukarram Ata Ul Mujeeb Rashed écrit : « Safdar ‘Ali Saheb était quelqu’un de très simple. Il était sincère et servait en toute abnégation. Il était au service de la communauté et était un travailleur infatigable. Il possédait trois qualités extraordinaires qui ont accru mon amour pour lui dans mon cœur. Premièrement, il était très reconnaissant envers Dieu. En dépit de ses moyens modestes, il remerciait Dieu pour chaque chose. Deuxièmement, son cœur débordait d’amour pour le Califat. Dans chaque rencontre, aussi brève soit-elle, il a évoqué son amour pour le Califat. Troisièmement, il servait la religion de tout cœur et il considérait cela comme une grâce [divine].

Sa fille, Tehseen, déclare : « À chaque instant de sa vie il a accordé du confort aux autres. Quand une de ses connaissances avait un souci, il nous demandait tous de prier pour lui en mentionnant son nom. Il remerciait Dieu en toute situation. Lorsqu’il servait autrui, il le remerciait de lui avoir accordé l’occasion d’accomplir une bonne œuvre. Il nous dit : « Je vous aime toutes deux, mes filles, parce que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré que celui honorera ses filles sera avec moi au Paradis. » Il nous a donné beaucoup d’amour et de respect. »

Sa deuxième fille, Razia, ajoute : « Notre père nous a toujours encouragées à obéir au Califat et à l’aimer. Il était lui-même un grand exemple d’amour à l’égard du Califat. Tout personne nous présentant ses condoléances disait que notre père éprouvait pour elle une affection plus grande que la sienne à son égard. Mais il tenait en affection tout le monde. Nous croyions qu’il avait de bonnes relations uniquement avec ceux habitant tout près de la mosquée. Mais tout le monde disait qu’il était un membre de leur famille. Il avait de bonnes relations même avec ceux qui habitaient très loin. C’est en raison de son amour désintéressé et de ses services que les gens ont exprimé ces sentiments à son égard. »

J’ai moi-même reçu de nombreuses lettres à son sujet et on en déduit qu’il avait une relation personnelle imbue de sincérité avec chacun d’entre eux. Il existe très peu de personnes qui soient aussi bien appréciées par tous à tout niveau de la société. Lors de chaque rencontre, a écrit tout le monde, ses propos tournaient autour du Califat et de sa relation avec celui-ci. Qu’Allah lui accorde une place parmi ses bien-aimés et qu’Il fasse que ses enfants puissent mériter ses prières. Qu’Allah accorde à sa femme la santé, la patience et la sérénité. Elle est malade depuis longtemps. Le défunt l’a servie avec beaucoup d’amour et de sincérité pour une longue durée. Il l’a servie tout en accomplissant tous ses devoirs et ses tâches. Il a servi plus que le fait un Wâqif-e-Zindagi au Dar-uz-Ziafat : il a assumé en même temps ses responsabilités familiales. Bien que ne parlant pas anglais, il avait de bonnes relations avec ses voisins anglais et les servait. Ces derniers l’ont loué. Qu’Allah exalte son statut.

La prochaine personne dont je dirigerai la prière funéraire est Madame Iffat Nusrat, qui était l’épouse du Professeur Nasir Ahmad Khan. Elle est décédée le 3 mai à l’âge de quatre-vingt-dix ans des suites d’un arrêt cardiaque. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Elle avait épousé feu le Professeur Nasir Ahmad Khan en 1951. Ils ont eu une fille qui se prénomme Aisha Nasir et qui est l’épouse du docteur Inayatullah Mangla, qui réside aux Etats-Unis. Parmi ses fils, il y a Zaheer Ahmad Khan et le docteur Muneer Ahmad Khan. Ces deux fils ont été mariés au sein de la famille du Messie Promis (a.s.). L’un de ses petits-fils, Nasir Ahmad Khan, est Wâqif-e-Zindagi (personne ayant dédié sa vie dans la voie d’Allah), et il est en train de servir de façon remarquable au sein de l’équipe de transmission de la MTA. Il a fait de grandes études et ensuite il a dédié sa vie. Qu’Allah fasse qu’il soit également l’héritier de ses prières. Son fils écrit : « Lorsque nous étions petits, nous dormions avec notre mère, et souvent lorsque nous nous réveillions la nuit, nous la trouvions en train de faire la prière de Tahajjoud et des supplications en pleurs. » Sa fille a également écrit la même chose.

La défunte récitait régulièrement le Saint Coran, et il était obligatoire pour ses enfants de réciter le Saint Coran avant de partir à l’école, sinon ils n’avaient pas l’autorisation de sortir de la maison. Elle a également résidé à Lahore dans les années 60. Elle a eu l’opportunité de servir en tant que secrétaire générale de la Lajna pour la communauté de Model Town. Elle a par ailleurs servi pendant 28 années en tant que présidente de la Lajna de la communauté de Dar-ul-Nasr Gharbi. A l’époque, il y avait peu de moyens, et les quartiers étaient dispersés. Il n’y avait pas de moyens de transport. Elle se déplaçait à pied pour visiter les différents quartiers de la région Dar-ul-Nasr, qui s’étendait jusqu’à la rivière. Par la suite, lorsque le quatrième Calife (r.h.a) avait demandé aux membres de la communauté d’écrire des lettres à tous les membres de leur famille qui ne sont pas ahmadis, ou qui sont ahmadis mais qui ont une foi fragile, elle avait écrit de très nombreuses lettres aux membres de sa famille. Elle essayait toujours d’aider ses proches qui étaient dans le besoin, et les personnes du quartier. Pendant le mois du Ramadan, elle leur envoyait un plat qu’elle cuisinait pour eux. Elle essayait toujours de garder les gens liés et les empêchait de se séparer. Sa fille, Aisha, écrit : « Elle a vécu une vie heureuse avec un Wâqif-e-Zindagi. Elle considérait que notre éducation était sa priorité absolue, et elle faisait également beaucoup de supplications dans ce sens. » Qu’Allah fasse preuve de miséricorde et de pardon à son égard, et qu’Il permette à ses enfants et à sa progéniture d’accomplir ses nobles souhaits et d’être héritiers de ses supplications.

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire se nomme Abd-ul-Rahim Saqi qui servait au sein du bureau du secrétaire général du Royaume-Uni. Il est décédé le 31 mars. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Par la grâce d’Allah il étiat Moussi. Il est né le 31 décembre 1934, à Mauza Raipur dans l’Etat de Nabha en Inde. Son père se prénommait Rahmat Ali. L’Ahmadiyya est entrée au sein de leur famille par l’intermédiaire de Chaudhary Karim Bakhsh Nambardâr, qui était l’oncle paternel du défunt et un compagnon du Messie Promis (a.s.). La cousine du père du défunt se prénommait Rahim Bibi : elle était une femme-compagnon et l’épouse du compagnon Maulvi Qudratullah Sanori. Elle était de ce fait la tante paternelle du défunt.

De 1958 à 1968, le défunt a eu l’opportunité de servir pendant dix ans en tant que secrétaire des finances et Qaid du Majlis de Takht Hazara. Après la partition, il était venu s’installer en effet à Takht Hazara. En 1968, il a été nommé Amir de la communauté de Takht Hazara, et il a eu l’opportunité de servir à ce poste jusqu’en 1974. Le 13 juillet 1974, un groupe de malfaiteurs non-ahmadis de Takht Hazara qui venait des environs, avait réuni un très grand groupe armé de délinquants et d’ennemis des ahmadis, et avait commencé une vague d’actes de persécution contre les ahmadis. Ils ont brûlé une partie de la mosquée et l’ont assiégée. Ils ont brûlé entièrement la partie réservée pour l’accueil des invités. Le défunt possédait un magasin d’alimentation générale ; ils l’ont également pillé et brûlé. Il possédait également un deuxième magasin de vêtements, ils en ont pris possession de force. Ils avaient également mis le feu aux maisons, alors qu’il se trouvait à l’intérieur, et il s’était évanoui en raison de la fumée. Dans cet état d’inconscience les malfaiteurs l’avaient transporté jusqu’à la mosquée, et ils avaient annoncé via les haut-parleurs : « J’ai accepté l’islam et je me suis repenti. » afin que les autres ahmadis puissent également quitter la communauté. Lorsqu’il s’est réveillé, il s’est trouvé parmi des flèches et des lances. Cela l’avait beaucoup impacté mentalement. Pour cette raison, ses enfants l’avaient envoyé à Lahore chez des proches ; il y a été traité, et il est resté à Lahore où il s’est établi au sein d’une communauté. Il a commencé à commercer de nouveau, et a établi un centre de prières dans la maison adjacente à la maison de ses proches. Il invitait les gens vers la prière en congrégation. Il a appris à de très nombreux enfants et adultes à lire le Saint Coran.

Par la suite, en novembre de l’an 2000, il a émigré à Londres, où il a servi régulièrement de façon bénévole au sein du bureau national du secrétaire général du Royaume-Uni. Il était plus ponctuel que les Wâqifîn-e-Zindagi. Il était le premier à se rendre au bureau afin que personne n’ait à patienter. Parfois, s’il était en retard pour prendre le petit-déjeuner avant de se rendre au bureau, il s’y rendait sans le prendre. Ses enfants ont écrit que parmi ses qualités, il y avait le fait qu’il récitait quotidiennement trois parties du Saint Coran. Il avait une grande foi dans le califat, et l’aimait profondément. Il enjoignait constamment les enfants et les adultes à rester attachés au Calife, et leur conseillait de l’obéir respectueusement, en faisant preuve d’une fidélité inconditionnelle. Il respectait de tout cœur les Wâqifîn-e-Zindagi et en particulier les missionnaires, et il les appréciait. Il a eu l’opportunité de servir bénévolement pendant près de 60 ans.

Son fils, Khalid Mahmood, est également le président de la communauté de Colliers Wood. Le défunt laisse derrière lui sa femme, ses deux fils et ses cinq filles. Qu’Allah exalte son rang et qu’Il permette également à ses enfants et à sa progéniture d’être à la hauteur de ses nobles attentes à leur égard.

La prochaine personne dont je dirigerai la prière funéraire est Saeed Ahmad Sehgal, qui servait bénévolement au sein de notre bureau du secrétaire privé, dans la section d’expédition. Il est décédé le 12 avril à l’âge de 90 ans. Il laisse derrière lui deux fils et deux filles. Il a passé son enfance à Qadian, où a débuté sa scolarité élémentaire. Il a eu l’opportunité de servir bénévolement pendant une longue période au sein du bureau du secrétaire privé dans la section d’expédition. Il était savant et très éduqué. En plus d’avoir des connaissances séculières, il avait une connaissance approfondie du Saint Coran et des questions liées à la communauté. Il était régulier dans ses prières et avait un grand amour pour le Califat. Son humilité et sa dignité étaient exemplaires. Il était cher à tous les membres de sa communauté. J’ai remarqué qu’à chaque fois qu’il me rencontrait il faisait preuve d’une grande humilité, et il souhaitait ardemment que ses enfants aient la même relation avec la communauté. Aslam Khalid écrit : « Il possédait un grand savoir. Souvent lors du déjeuner, il discutait de façon convaincante sur différents sujets. Il avait une connaissance particulièrement poussée du christianisme et du judaïsme. Bashir Saheb, employé de notre bureau, écrit : « Durant ses dernières années il essayait de servir la communauté. Un jour il nous a raconté qu’il se rendait à la mosquée pour y travailler et il fut pris de vertiges. Il est tombé, et il a été blessé. En dépit de cela, bien qu’il devait venir d’assez loin à pied, il se rendait toujours au bureau afin de ne rater aucune occasion de servir. Il avait vendu sa grande maison pour acheter un appartement près de la mosquée, afin qu’il fût plus facile de se rendre au bureau. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard du défunt et qu’Il accepte ses supplications à l’endroit de ses enfants.


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