Sermon du vendredi 31 juillet 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Nous avons accompli la prière de l’Aïd ce matin et nous sommes aujourd’hui un vendredi. Selon les directives du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), lorsque l’Aïd tombe un vendredi, ceux qui le souhaitent peuvent accomplir la Salat de Dhour en lieu de l’office de la prière de Joumou’ah. Mais il avait aussi déclaré à une occasion pareille qu’il accomplirait la prière de Joumou’ah : et il l’avait d’ailleurs fait. À la lumière de cette directive, j’avais informé l’Amir Saheb [du Royaume-Uni] que ceux souhaitant accomplir la prière de Dhour pourront le faire en congrégation et seront dispensés de celle de Joumou’ah.

D’ailleurs en raison de la situation [sanitaire], la majorité des gens ne pourront se rendre à la mosquée pour la prière de Joumou’ah. Si on est libre à la maison, on pourra l’accomplir comme dans le passé. Ceux qui sont occupés pourront accomplir celle de Dhour. Ici, aujourd’hui, nous ferons la prière de Joumou’ah en suivant l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

L’Aïd al-Adha et la prière du vendredi étaient aussi tombées le même jour à l’époque du Mouslih Ma’oud. Chacun avait présenté ses arguments : d’aucuns disaient qu’on devait accomplir la prière de Dhour et pas celle de Joumou’ah. Le Mouslih Ma’oud a présenté quant à lui une très belle réponse à ceux qui insistaient sur la prière de Dhour. Il a déclaré : « Notre Seigneur est très généreux en nous accordant deux Aïds. Si on vous offre deux pains enduits de beurre clarifié pourquoi n’en prendre qu’un seul ? Vous prendrez les deux, à moins d’être face à une contrainte particulière. »

Quoi qu’il en soit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a permis à celui qui ne peut accomplir la prière de Joumou’ah [en ce jour d’Aïd] de la remplacer par celle de Dhour : les autres n’ont aucune raison de le blâmer pour son acte. Certains peuvent accomplir la prière de l’Aïd et celle de Joumou’ah : les autres ne doivent pas les critiquer en disant qu’ils n’ont pas profité de la relaxe offerte.

Il y a certes une concession : mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) quant à lui avait déclaré qu’il allait accomplir quant à lui la prière de Joumou’ah. Nous sommes donc en train de le faire aujourd’hui : mais le sermon sera plus court.

Je citerai des écrits du Messie Promis (a.s.) dans lesquels il évoque le but de son avènement et le fait que sa Jama’at accepte le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en tant que Sceau des Prophètes et prophète vivant. Ses écrits sont pétris de connaissance. Il y évoque aussi le statut du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Nos détracteurs affirment qu’en acceptant le Messie Promis (a.s.), nous avons abaissé le statut du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) – qu’Allah nous préserve d’une telle pensée.

Nos opposants, en passant des lois à l’assemblée pakistanaise, disent avec fierté : « Nous avons rendu obligatoire le fait d’écrire Khâtam an-Nabiyyîn (Sceau des Prophètes) après le nom du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ! Nous avons prouvé par là notre amour pour lui et son statut ! » Si leurs cœurs témoignent de ce fait dans la réalité et les poussent à suivre l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), la promulgation de cette loi sera là un acte des plus louables. Mais leurs actions les ont éloignés à cent mille lieux de l’enseignement apporté par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). S’ils retournaient à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et suivaient cet enseignement, les musulmans ne seraient pas en train de s’entre-tuer. Ils se seraient empressés de prêter allégeance à l’Imam de l’époque, le serviteur parfait du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). En rendant obligatoire le fait d’écrire Khâtam an-Nabiyyîn après le nom du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), ils pensent avoir accompli une œuvre monumentale et avoir entravé la voie des ahmadis. Ces aveugles, frappés de cécité intellectuelle, ignorent le fait que les ahmadis, bien plus que les autres musulmans, saisissent mieux qu’eux le sens de Khâtam an-Nabiyyîn. C’est le Messie Promis (a.s.) qui nous accordé cette compréhension. Ses paroles possèdent une force que ces gens ne connaissent pas. Chaque moment de sa vie et chacune de ses œuvres démontraient son amour pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), un fait que ces gens sont incapables de saisir. Il existe de nombreux écrits du Messie Promis (a.s.) à cet égard : j’en citerai quelques-uns à titre d’exemple.

Il présente à ses détracteurs le but de son avènement et le progrès de sa communauté : « Mon avènement comprend deux buts : Faire en sorte que les musulmans marchent sur la voie de la Taqwa véritable et de la pureté, et qu’ils soient de véritables musulmans, selon la définition que fait Dieu de ce terme. Je suis aussi venu briser la croix pour les chrétiens : afin que leur faux dieu disparaisse de leur vue, afin que le monde l’oublie complètement, et qu’ils adorent le Dieu Unique. Pourquoi ces gens se sont-ils soulevés contre moi, ayant pris connaissance de ces objectifs ? Qu’ils sachent que toute œuvre s’accompagnant d’hypocrisie et issue d’une vie faite des bassesses de ce monde est vouée à la destruction. »

Si le Messie Promis (a.s.) était un hypocrite et s’il avait de mauvaises intentions, ses œuvres ne seraient pas bénites. Leurs résultats seraient immédiatement visibles. Elles auraient été détruites.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « L’imposteur remporte-t-il jamais du succès ?

إِنَّ اللَّهَ لَا يَهْدِي مَنْ هُوَ مُسْرِفٌ كَذَّابٌ

‘En vérité, Allah ne guide pas celui qui est un transgresseur et un grand menteur.’

La supercherie du menteur suffit pour causer sa destruction. Or, l’œuvre accomplie pour la gloire d’Allah, pour manifester et prouver les bénédictions de son Prophète (s.a.w.), ainsi que l’arbre mis en terre par la main divine sont, quant à eux, protégés par les anges. »

Étant donné que c’est Dieu qui a initié cette œuvre, Ses anges la protègent : il ne s’agit pas d’une œuvre humaine.

« Qui pourra les détruire ? »

C’est là un défi. Autant l’on s’oppose à la Jama’at Ahmadiyya, autant elle progresse par la grâce d’Allah.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Si ma communauté n’était qu’un vain commerce, elle aurait disparu depuis belle lurette, sachez-le. Or, si elle est d’origine divine – et certainement elle l’est – elle progressera. Même si le monde entier s’y oppose, elle jouira de la protection des anges, Incha Allah. Même si le monde m’abandonne, et personne ne m’accorde aide et soutien, je suis convaincu, malgré tout, que cette communauté triomphera. L’hostilité à son encontre ne me tourmente point : je la considère une partie essentielle de son progrès. Jamais aucun envoyé ou calife de Dieu, apparu en ce monde, n’a été accepté de bonne grâce. La condition du monde est fort étrange : untel peut être de nature véridique, or autrui ne cesse de le critiquer. C’est là une grâce divine que cette communauté accomplit des progrès extraordinaires. » (Malfuzat, édition 1985, vol. 8, p. 148)

Aujourd’hui de fidèles suivants qui ont prêté allégeance au Messie Promis (a.s.) existent dans plus de deux cents pays. Il disait à l’époque qu’ils étaient des centaines. Tous les ans, il y a désormais des centaines de milliers de bai’ahs, par la grâce d’Allah.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Cette communauté vise à extirper les gens de l’immondice de ce monde, à les purifier et les pousser à mener une vie angélique. »

A la lumière de ces dires du Messie Promis (a.s.), il nous incombe de conformer notre vie aux véritables préceptes de l’islam : c’est là la meilleure méthode pour réduire au silence l’ennemi et de remporter la victoire.

Le Messie Promis (a.s.) explique sa foi parfaite, celle de sa communauté et leur obéissance parfaite à l’endroit du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Il déclare : « Je jure par Dieu que mes disciples et moi sommes musulmans et nous avons une foi ferme dans le Saint Prophète et le Saint Coran, comme cela incombe à tout vrai musulman. Je crois solennellement que le moindre écart de l’islam entraîne la damnation. Je crois aussi que c’est uniquement en vouant une obéissance indéfectible à l’égard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et un amour parfait pour sa personne que l’homme méritera tous les bienfaits et toutes les bénédictions et pourra se rapprocher de Dieu. Sans lui, l’on ne connaîtra pas la voie vers la piété. Je suis également convaincu que Jésus-Christ n’est pas physiquement monté aux cieux et qu’il est n’est pas resté en vie jusqu’à présent. Croire que Jésus est vivant est très insultant et outrageant à l’endroit de la personne du Saint Prophète. Je ne peux pas endurer ce sacrilège même un instant. Tout le monde sait que le Saint Prophète est décédé à l’âge de soixante-trois ans et qu’il est enterré dans son tombeau à Médine, que des millions de pèlerins visitent chaque année. S’il est irrespectueux de croire en la mort de Jésus ou même d’y penser, alors je demande comment pouvez-vous permettre cette insolence et ce manque de respect à l’égard du Saint Prophète (s.a.w.) ? En effet, vous annoncez si effrontément sa disparition. Vos chanteurs relatent avec éloquence les événements qui ont précédé la disparition du Saint Prophète, et vous admettez volontiers même aux non-croyants qu’il est mort. Mais je me demande pourquoi la simple mention de la mort de Jésus vous tourmente au point de susciter en vous une rage incontrôlable. »

Aujourd’hui encore les suivants et les oulémas de certaines écoles de pensées font du bruit à ce propos. Certains disent que Jésus ne viendra pas ; d’autres disent qu’il reviendra mais qu’il ne s’agit pas de Mirza Ghulam Ahmad de Qadian. Jésus est toujours vivant au ciel insistent-ils.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Je n’aurais pas été aussi blessé si vous aviez également versé des larmes à la mention de la mort du Saint Prophète. Mais il est dommage que vous acceptiez volontiers la mort de celui qui était le Sceau des Prophètes et le seigneur et maître de nous tous, mais considérez Jésus comme vivant qui s’est déclaré indigne même de délier les lacets du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Et vous flambez de colère au moment où l’on parle de la mort de Jésus ! En fait, il ne serait guère étonnant que le Saint Prophète soit encore vivant, car c’est lui qui a apporté la direction suprême, dont il n’y a pas d’égale dans le monde. Il a démontré en sa personne toutes les excellences spirituelles possibles, dont il n’y pas d’égale même si nous remontons jusqu’à l’époque d’Adam. La vérité est que les musulmans – comme le monde entier – avaient besoin du Saint Prophète en vie bien plus que Jésus. Sa personne était si sainte et auguste qu’à sa mort, ses compagnons étaient comme frappés de folie à tel point qu’Oumar dégaina son épée et jura de décapiter quiconque osait dire que le Saint Prophète était mort. Dans cette atmosphère hautement chargée, Dieu accorda une lumière et une sagesse singulières à Abu Bakr qui rassembla tous les compagnons et récita le verset suivant :

وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ

Muhammad (s.a.w.) n’est qu’un messager, et tous les messagers avant lui sont décédés. Réfléchissez et essayez de comprendre pourquoi Abu Bakr Al-Siddiq avait récité ce verset en présence de tous les Compagnons. Quel était le but de cet exercice à une occasion où tous les compagnons étaient présents ? Je suis sûr, et vous ne le nierez pas non plus, que la mort du Saint Prophète avait terrassé les Compagnons car ils considéraient sa mort comme étant prématurée. Ils n’ont pas eu le cœur d’entendre la nouvelle de sa disparition. Puis un compagnon aussi éminent et respecté du Saint Prophète qu’Oumar était si bouleversé que seul ce verset a pu dissiper son angoisse et le faire [accepter de] se résigner à cette perte. Si les Compagnons avaient su et cru que Jésus était encore vivant, la nouvelle de la mort du Saint Prophète les aurait terrassés. Ils étaient tous amoureux du Saint Prophète. Ils ne pouvaient pas tolérer qu’un prophète autre que lui soit encore en vie. Comment pourraient-ils accepter la mort du Saint Prophète tandis que Jésus est encore vivant ? Lorsque Abu Bakr s’est adressé à eux, leur émoi s’était quelque peu calmé et ils ont parcouru les rues de Médine en récitant ce verset, comme s’il avait été révélé ce jour même. A cette occasion, Hassân bin Thabit a écrit cette élégie :

« Tu étais la prunelle de mes yeux, et avec ta mort j’ai perdu la vue. Que meure qui veut après toi, car c’est ta mort seule que je redoutais. »

Puisque le verset susmentionné du Saint Coran avait énoncé catégoriquement que tous les prophètes étaient décédés, Hassan a également proclamé qu’après la mort du Saint Prophète, il ne s’inquiétait guère de la mort d’un autre. Il était trop difficile pour les compagnons de croire que quelqu’un d’autre pourrait vivre alors que le Saint Prophète était mort. Ils n’étaient pas prêts à l’accepter. C’était le premier consensus que le monde a vu après la disparition du Saint Prophète ; un consensus qui a également réglé une fois pour toutes la question de la mort de Jésus. » (Lecture Ludhiana)

En évoquant le statut du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), le Messie Promis (a.s.) déclare : « Celui qui, grâce à sa personne, ses attributs, ses œuvres, ses facultés spirituelles et sanctifiantes, a servi de modèle parfait dans le domaine du savoir, de la conduite, de la sincérité et de la constance, [en somme] celui qui est l’homme parfait, n’est autre que Muhammad (s.a.w.). L’homme et le prophète parfait, porteur de bénédictions, manifestation du premier Jugement ici-bas, en ranimant l’humanité moribonde et en augurant la renaissance spirituelle, ce Messager béni, le Sceau des Prophètes, le Commandant des vertueux, la Fierté des Prophètes, est Muhammad, l’Elu de Dieu, paix soit sur lui.

Notre Seigneur, envoie sur ce Prophète bien-aimé Tes grâces et Tes bénédictions que Tu n’as accordées à personne depuis la création de ce monde ! Si ce grand Prophète n’était pas apparu, nous n’aurions aucune preuve de la véracité des Prophètes mineurs à l’instar de Jonas, Job, Jésus fils de Marie, Malachie, Zacharie, etc. Bien qu’ils fussent tous les favoris et les bien-aimés du Tout-puissant Dieu, ils sont tous les obligés de ce Prophète (s.a.w.) grâce à qui ils furent reconnus et acceptés comme d’authentiques messagers divins. Ô mon Seigneur ! Envoie Tes bénédictions sur lui, sur ses adeptes et sur ses compagnons ! Toutes les louanges appartiennent à Allah, le Maitre de tous les mondes. » (Itmamoul Houjjah, Rouhani Khaza’in, vol. 8 p. 306)

Qu’Allah fasse que nous puissions comprendre le statut véritable du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), que nous puissions prier en sa faveur et que nous nous prosternions davantage devant Dieu. Nous pourrons répondre à l’hostilité de nos détracteurs en prouvant, par nos œuvres, notre amour pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et en l’insufflant dans nos cœurs. C’est-à-dire que notre conduite sera la réponse à leur hostilité. Qu’Allah nous accorde la possibilité d’agir en ce sens.


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