Imprimer

 Sermon du vendredi 10 juillet 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Tout comme je l’avais mentionné dans mon précédent sermon, après la bataille d’Al-Ahzab, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a reçu un ordre divin sur la punition des Banou Qouraydhah. Une bataille a eu lieu contre cette tribu. Après l’arrêt des conflits, les Banou Qouraydhah ont décidé d’accepter le verdict de Sa’d Bin Mou’adh et celui-ci a donc rendu son jugement. Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a évoqué cette bataille en ces termes :

« Vingt jours après [la bataille d’Al-Ahzab] les musulmans pouvaient de nouveau respirer en paix. Or, il y avait encore des comptes à régler avec les Banou Qouraydhah. Car ceux-ci avaient manqué à leur parole et cela ne pouvait être ignoré. De retour, le Saint Prophète (s.a.w.) dit à ses compagnons qu’il n’y avait pas encore de repos pour eux. Avant le coucher du soleil, ils devaient se lancer contre les Banou Qouraydhah dans leurs fortifications. Puis, il envoya ‘Alī (r.a) chez les Juifs pour leur demander pourquoi ils avaient rompu leur promesse. Les Banou Qouraydhah ne montrèrent ni regrets ni inclination à faire des excuses. Au contraire, ils insultèrent ‘Alī (r.a) et les autres délégués musulmans et se mirent à proférer de viles paroles contre le Saint Prophète (s.a.w.) et les femmes de sa famille. Ils dirent qu’ils ne se souciaient point de Muhammad (s.a.w.) et qu’ils n’avaient jamais conclu de pacte avec lui. Quand ‘Alī (r.a) vint transmettre la réponse des Juifs, il rencontra le Saint Prophète (s.a.w.) et les compagnons qui se dirigeaient vers les fortifications juives. Comme les Juifs avaient proféré des insultes envers le Saint Prophète (s.a.w.), ses femmes et ses filles, ‘Alī (r.a) craignait que cela ne lui causât de la peine. Aussi, il lui suggéra qu’il n’avait pas besoin de prendre part à l’attaque, que les musulmans eux-mêmes pouvaient se charger des Juifs et qu’il pouvait rentrer. Le Saint Prophète (s.a.w.) le comprit et lui dit : « Tu ne veux pas que j’entende leurs insultes, ‘Alī (r.a) ? » « Exactement », répondit ‘Alī (r.a). « Pourquoi s’en faire s’ils m’insultent ? », dit le Saint Prophète (s.a.w.). « Moïse (a.s) était des leurs, et pourtant ils lui avaient infligé plus de souffrances qu’à moi. » Le Saint Prophète (s.a.w.) continua à avancer. Les Juifs fermèrent les portes de leurs forteresses et engagèrent le combat contre les musulmans. Leurs femmes se joignirent à eux. Quelques musulmans étaient assis au pied d’une muraille. En les voyant, une juive lança une pierre sur eux, tuant un musulman. Le siège dura plusieurs jours, après quoi les Juifs sentirent qu’ils ne pourraient pas tenir longtemps. Alors, leurs chefs firent demander au Saint Prophète (s.a.w.) de leur envoyer Abou Loubaba (r.a), un des Ansar et chef parmi les Aws, tribu amie des Juifs. Ils voulaient le consulter à propos d’un arrangement possible. Le Saint Prophète (s.a.w.) leur envoya donc Abou Loubaba (r.a) et ils lui demandèrent s’ils devaient déposer leurs armes et accepter le jugement du Saint Prophète (s.a.w.). Il répondit affirmativement. Mais, en même temps, il passa un doigt sur sa gorge, faisant le signe de la mort. Le Saint Prophète (s.a.w.) n’avait pas rendu de verdict à ce sujet, mais, Abou Loubaba (r.a) craignant que le crime des Juifs ne méritât pas moins que la mort, avait involontairement fait ce signe qui fut fatal aux Juifs.

Ainsi, ils ont refusé tout jugement du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). S’ils avaient accepté son jugement, la plus grande punition encourue aurait été l’expulsion de Médine à l’instar des autres tribus juives. Mais, la malchance aidant, ils refusèrent l’arbitrage du Saint Prophète (s.a.w.) et déclarèrent qu’ils accepteraient à sa place le jugement de Sa’d Bin Mou’adh (r.a), chef de leurs alliés, les Aus. Ils accepteraient le verdict qu’il proposerait, quelle qu’il fût. Une querelle éclata parmi les Juifs. Certains commencèrent à dire qu’ils étaient en effet revenus sur leur accord avec les musulmans, et que, par contre, la conduite de ces derniers prouvait qu’ils étaient justes et honnêtes et aussi que leur religion était vraie. Ceux qui pensaient de cette façon embrassèrent l’islam. ‘Amr bin Sa’dī (r.a), l’un des chefs juifs, réprouva son peuple en disant : « Vous avez trahi votre parole donnée et commis une forfaiture. Votre seul recours est maintenant d’embrasser l’islam ou de donner la jizya ». Les Juifs déclarèrent : « Nous n’embrasserons pas l’islam et ne donnerons pas la jizya, car à cela nous préférons la mort ! » ‘Amr répondit que, dans ce cas, il était dégagé de sa responsabilité, après quoi il quitta la forteresse. Muhammad bin Maslama (r.a), commandant une colonne musulmane, l’aperçut et lui demanda qui il était. En apprenant son identité, il lui dit d’aller en paix et se mit à prier à haute voix : « Dieu, donne-moi toujours le pouvoir de dissimuler les erreurs des honnêtes gens. » Muhammad bin Maslama (r.a) voulait dire que ce Juif avait manifesté du remords et du regret pour la conduite de son peuple. Le devoir moral des musulmans était donc de pardonner à des hommes comme lui. En le laissant aller, il avait fait une bonne chose, et il pria Dieu de lui donner de temps à autre l’occasion de faire un tel bien. Il n’avait pas l’intention de commettre une injustice. Quand le Saint Prophète (s.a.w.) apprit ce que Muhammad bin Maslama (r.a) avait fait, il ne le réprouva pas d’avoir laissé partir ce chef juif. Au contraire, il approuva ce qu’il avait fait.

C’était là un cas individuel. Mais le peuple, dans son ensemble, demeurait intransigeant. Seuls quelques juifs avaient exprimé individuellement leur désaccord quant à la décision de leur peuple ; ils souhaitaient conclure un pacte avec les musulmans. Mais le peuple, dans son ensemble, demeurait intransigeant, refusait d’accepter le jugement du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et exigeait à sa place celui de Sa’d ibn Mou’adh (r.a). Le Saint Prophète (s.a.w.) accéda à leur demande et fit dire à Sa’d (r.a), qui était blessé, de venir donner son jugement sur la forfaiture juive. Dès que la décision du Saint Prophète (s.a.w.) fut connue, les Banou Aus, qui avaient longtemps été alliés aux Banou Qouraydhah coururent voir Sa’d (r.a) afin de le presser de rendre son jugement en faveur des Banou Qouraydhah. Les Khazraj, disaient-ils, avaient toujours tenté de sauver les juifs qui leur étaient alliés. Il appartenait donc à Sa’d (r.a) de sauver les juifs alliés à sa tribu. Sa’d (r.a) se rendit à cheval chez les Banou Qouraydhah. Des hommes de sa tribu y allèrent à ses côtés, le pressant de ne pas punir les Banou Qouraydhah. Tout ce qu’il répondit fut que celui qui devait rendre un jugement était investi d’une mission. Il devait donc s’en acquitter avec intégrité. « Je rendrai donc mon jugement en toute honnêteté », dit-il. Quand il atteignit la forteresse juive, il vit les Banou Qouraydhah qui l’attendaient, alignés le long du mur. De l’autre côté se trouvaient les membres de sa tribu. Lorsque Sa’d (r.a) arriva près d’eux, il leur demanda : « Accepterez-vous mon jugement ? » Ils dirent : « Oui ».

Se tournant vers les Banou Qouraydhah, Sa’d (r.a) leur posa la même question et ils acceptèrent également. Puis, timidement, en baissant le regard, il pointa son doigt du côté où était assis le Saint Prophète (s.a.w.) et demanda si, de ce côté-là aussi, on s’en tiendrait à son jugement.

Il ne pouvait pas regarder le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) directement par pudeur. Mais étant donné qu’il était le juge, il devait lui demander s’il allait accepter sa décision. C’est ainsi qu’il a baissé son regard et a demandé timidement au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’il accepterait son jugement. En entendant cela, le Saint Prophète (s.a.w.) répondit : « Oui ». Ayant pris la promesse des trois partis, il rendit son jugement selon le commandement suivant de la Bible : « Quand tu t’approcheras d’une ville pour l’attaquer, tu lui offriras d’abord la paix. Si elle te fait une réponse pacifique et t’ouvre ses portes, tous ceux qui s’y trouveront te devront des corvées et te serviront. Si elle refuse de traiter avec toi et si elle veut te faire la guerre, tu l’assiégeras. L’Eternel, ton Dieu, la livrera entre tes mains, et tu en feras passer tous les mâles au fil de l’épée. Seulement, tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le bétail et tout le butin qui se trouvera dans la ville. Tu pourras te rassasier des dépouilles de tes ennemis, que l’Eternel, ton Dieu, te livrera. C’est ainsi que tu agiras à l’égard de toutes les villes situées très loin de chez toi, et qui n’appartiennent pas à ces nations voisines. Mais, dans les villes de ces peuples que l’Eternel, ton Dieu, te donne en héritage, tu n’y laisseras vivre rien de ce qui respire. Tu voueras ainsi à l’interdit les Héthiens, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens - comme l’Eternel, ton Dieu, te l’a commandé - afin qu’ils ne vous apprennent pas à imiter toutes les pratiques abominables auxquelles ils se livrent en l’honneur de leurs dieux, et que vous ne péchiez point contre l’Eternel, votre Dieu. »

Sa’d cita ces paroles bibliques et rendit son verdict en accord. Selon l’enseignement de la Bible, si les juifs avaient remporté la victoire et si le Saint Prophète (s.a.w.) avait été vaincu, tous les musulmans, hommes, femmes et enfants, auraient été mis à mort. L’histoire nous a appris que telle était effectivement l’intention des juifs.

Tout au moins ils auraient mis les hommes à mort, emporté les femmes et les enfants comme esclaves et pris les biens des musulmans, ainsi que le préconisait le Deutéronome pour les nations ennemies vivant dans des régions éloignées.

Or, Sa’d (r.a) était ami des Banou Qouraydhah auxquels sa tribu était alliée. Quand il vit que les juifs avaient refusé d’accepter le jugement du Saint Prophète (s.a.w.), refusant du même coup la punition plus légère prescrite par l’islam pour une telle offense, il décida d’appliquer aux juifs le châtiment que Moïse (a.s) avait préconisé dans Deutéronome. La responsabilité de ce jugement n’incombe donc pas au Saint Prophète (s.a.w.) ni aux musulmans, mais à Moïse (a.s) et à la Torah et aux juifs qui avaient traité les autres peuples si cruellement pendant des milliers d’années. On leur avait offert le jugement clément du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), mais ils l’avaient refusé et avaient insisté pour avoir celui de Sa’d (r.a).

Or, ce dernier décida de les punir selon la Loi de Moïse (a.s). Jusqu’à ce jour, les chrétiens continuent à diffamer le Saint Prophète (s.a.w.) de l’islam en disant qu’il avait été cruel envers les juifs. Si tel était le cas, pourquoi ne fut-il pas cruel envers d’autres peuples en d’autres occasions ? Il y eut de nombreuses occasions où les ennemis du Prophète (s.a.w.) se remirent entre ses mains et celui-ci les pardonna à chaque fois.

Cette fois-là, l’ennemi insista pour qu’une personne autre que le Saint Prophète (s.a.w.) rendît le jugement. La personne choisie par les juifs, agissant comme arbitre entre eux et les musulmans, avait demandé publiquement au Prophète (s.a.w.) et aux juifs s’ils accepteraient son jugement. C’est après que les parties eurent accepté qu’il procéda à son jugement.

Et qu’était ce jugement ? Rien sinon l’application de la Loi mosaïque pour l’offense des juifs. Si une cruauté fut perpétrée, elle le fut par les juifs contre les juifs. Ils avaient refusé le jugement du Saint Prophète (s.a.w.). Si cruauté fut perpétrée, ce fut par Moïse (a.s) qui avait préconisé ce châtiment pour un ennemi assiégé et l’avait inscrit dans la Torah sous le commandement de Dieu. Les historiens chrétiens ne devraient donc pas déverser leur fiel sur le Saint Prophète (s.a.w.) de l’islam, mais plutôt condamner Moïse (a.s), ou Son Dieu, qui le prescrivit dans la Torah.

La bataille du Fossé terminée, le Saint Prophète (s.a.w.) déclara qu’à partir de ce jour, ce ne serait plus les païens qui attaqueraient les musulmans, mais que ce serait les musulmans qui attaqueraient dorénavant les païens. Les musulmans allaient prendre l’offensive contre les tribus et contre ceux qui, jusque-là, les avaient attaqués et harcelés impunément. Il en fut ainsi. Dans la bataille du Fossé, les confédérés arabes n’avaient pas subi de pertes considérables. Ils n’avaient perdu que quelques hommes. Avant un an, ils pourraient de nouveau venir attaquer Médine, mieux préparés. Au lieu de vingt mille hommes, ils pourraient lever une armée de quarante à cinquante mille soldats ce qui ne serait pas au-delà de leur capacité. Avec un peu plus d’efforts, ils auraient pu réunir aisément une armée de cent à cent cinquante mille soldats.

Au cours des vingt-et-un ans d’efforts continuels, les mécreants avaient compris que Dieu était avec le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et que leurs idoles et divinités nationales étaient fausses ; et que le Créateur était le Dieu Unique Invisible comme enseigné par le Prophète (s.a.w.).

Ils étaient certes physiquement aptes mais leurs cœurs étaient brisés. Apparemment ils se prosternaient devant leurs idoles mais la déclaration « Il n’y a pas d’autre Dieu hormis Allah » sortait de leurs cœurs. »

Abou Sa’id Khoudri relate : « Quelques juifs sont sortis de leur forteresse sur la condition qu’ils accepteront le verdict de Sa’d Bin Mou’adh. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) vint venir celui-ci. Il arriva monté sur un âne. Lorsqu’il était proche de la mosquée, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara : « Levez-vous pour accueillir le meilleur d’entre vous. » ou il aurait dit : « Levez-vous pour accueillir votre chef. » Puis le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « O Sa`d ! Ces gens ont décidé d’accepter votre verdict. » Sa`d a dit : « Je pense que leurs combattants devraient être tués et leurs enfants et leurs femmes devraient être emmenés en captivité. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « Tu as rendu un jugement semblable au jugement d’Allah (ou au jugement d’un roi). » C’est un récit tiré d’Al-Boukhari.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb a mentionné des points supplémentaires à ce propos. J’en ferai mention ici. Il déclare à propos des Banou Qouraydhah :

« En fin de compte après un siège d’environs trente jours, ces malheureux Juifs acceptèrent de sortir de leurs forteresses pour être jugés par le verdict d’un homme, qui malgré le fait qu’il était leur allié n’avait aucune pitié dans son cœur en raison de leurs méfaits. Bien qu’il fût un exemple de justice et d’équité, il ne possédait pas la même compassion et la même tendresse que celui qui était une « miséricorde pour toute l’humanité ». En somme, la tribu des Aus était une ancienne alliée des Banou Qouraydhah, et à l’époque, Sa’d bin Mou’adh était leur chef : il avait été blessé lors de la bataille du fossé et on le soignait dans la véranda de la mosquée de Médine. Vu leur ancienne alliance, les Banou Qouraydhah ont déclaré : « Nous accepterons Sa’d bin Mou’adh comme notre juge et accepterons tout verdict qu’il prononcera à notre égard. » »

Comme je l’avais dit plus tôt, aux yeux de certains Juifs cette décision était une erreur et leur peuple était coupable. Dans leur cœur, ils avaient été conquis par la vérité de l’islam. Selon les récits historiques, ils sont du nombre de trois et ont accepté l’islam avec joie et sont devenus des serviteurs du Saint Prophète. Il y avait un quatrième, qui n’est pas devenu musulman, mais il avait tellement honte de la trahison de sa tribu que lorsque les Banou Qouraydhah avaient décidé de livrer bataille contre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il avait quitté Médine en disant : « Mon peuple est coupable de haute trahison à l’égard de Muhammad (s.a.w.). Je ne peux pas y prendre part. » Cependant, le reste de la tribu s’est obstiné et a insisté que Sa’d soit leur juge. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a accepté leur choix. Après quoi il a envoyé quelques compagnons parmi les Ansar pour amener Sa’d. Celui-ci est arrivé : en cours de route, quelques membres de la tribu des Aus ont plaidé avec insistance : « Nous sommes des alliés des Qouraydhah : il faut bien les traiter. Tout comme les Khazraj ont bien traité leur tribu alliée, les Banou Qainouqa’, sois indulgent à l’égard des Qouraydhah et ne les punis pas sévèrement. » Au début, Sa’d a écouté leur plaidoyer en silence, mais quand ils ont commencé à trop insister, il a répondu : « C’est le moment où Sa’d ne se souciera pas du reproche de quiconque dans la quête de la justice. » En entendant cette réponse, les autres se sont tus. Lorsque Sa’d s’est approché, le Saint Prophète a demandé à ses compagnons : « Mettez-vous debout pour votre chef et aidez-le à descendre de sa monture. »

Sa’d a mis pied à terre et s’est dirigé vers le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui lui a dit : « Sa’d ! Les Banou Qouraydhah t’ont accepté comme juge et ils ont accepté de respecter ton verdict à leur propos. » Sur ce, Sa’d s’est tourné vers sa propre tribu, les Aus, et a dit : « Prenez-vous Dieu comme témoin et promettez-vous d’accepter mon verdict concernant les Banou Qouraydhah ? » « Oui, nous le promettons », a déclaré sa tribu.

Le deuxième Calife avait relaté plus haut les mêmes propos.

« Ensuite, Sa’d a fait un geste dans la direction du Saint Prophète et a dit : « Est-ce que l’honorable personne assise ici promet également d’accepter mon verdict ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Oui, je le promets. »

Une fois ces engagements pris Sa’d a annoncé son verdict : les combattants des Banou Qouraydhah seraient exécutés ; leurs femmes et leurs enfants seraient capturés et leurs richesses seraient réparties entre les musulmans. Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a entendu ce verdict, il a spontanément dit : « Ton verdict est un décret divin immuable. »

En d’autres termes, il s’agissait d’un décret qui ne pouvait être annulé. Le sens de ces mots était que le verdict concernant les Banou Qouraydhah démontrait clairement l’action du pouvoir divin et c’est pour cette raison que la miséricorde du Saint Prophète ne pouvait pas l’entraver. C’était vrai, en effet, parce que le Banou Qouraydhah avait demandé conseil à Abu Lubabah, puis celui-ci a prononcé des propos sans aucun fondement. En conséquence, les Banou Qouraydhah ont refusé d’accepter le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) comme juge, et se disant que la tribu des Aus les traitera avec indulgence car ils étaient leurs alliés, ils ont nommé Sa’d bin Mou’adh, le chef de cette tribu comme leur arbitre. En outre, Sa’d était si ferme dans l’application de la justice que tout sentiment de relations et d’alliance avait complètement disparu de son cœur. De plus, avant d’annoncer son verdict, Sa’d a pris la ferme promesse du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que cette décision sera pleinement appliquée. Tous ces faits n’étaient pas des coïncidences. En vérité, le décret divin agissait à la base de ces événements et ce verdict était celui de Dieu, pas de Sa’d.

En raison de la trahison, de la rébellion, de la sédition des Banou Qouraydhah ainsi que des troubles et de l’effusion de sang dont ils étaient coupables, le verdict avaient déjà été rendu par le tribunal céleste notamment que leurs combattants devaient être exécutés. L’instruction divine initialement émise au Saint Prophète concernant cette bataille établit également qu’il s’agissait d’un décret divin. Cependant, Dieu ne souhaitait pas que ce verdict fût rendu par Son messager : ainsi il en a séparé complètement le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à travers Son pouvoir invisible et Il a fait annoncer ce verdict par Sa’d Bin Mou’adh. De plus, l’annonce a été faite de telle manière que le Saint Prophète ne pouvait plus influencer cette décision, car il avait déjà promis de respecter pleinement le verdict. Qui plus est, étant donné que l’influence de cette décision ne se limitait pas à la seule personne du Saint Prophète, mais affectait plutôt tous les musulmans, il ne considérait pas qu’il avait le droit de changer ce verdict, quand bien même il pouvait faire montre de compassion et d’indulgence. C’est ce pouvoir divin qui a poussé le Saint Prophète à prononcer spontanément les mots : « O Sa’d ! Ton verdict semble être un décret divin, que personne ne peut le modifier. »

En prononçant ces mots, le Saint Prophète se leva et retourna vers la ville. Son cœur était affligé par l’idée que cette tribu, dont il espérait tant qu’elle embrasserait l’islam, était privée de foi et condamnée à la colère et au châtiment divins en raison de ses mauvaises actions. C’est peut-être à cette occasion que le Saint Prophète a prononcé les mots suivants avec un profond regret :

« Si seulement dix hommes (influents) des juifs avaient cru en moi, j’aurais espéré que cette nation entière m’accepterait et aurait été sauvée de la punition divine. »

En partant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), a ordonné de séparer les hommes des femmes et des enfants du Banou Qouraydhah. Par conséquent, ces deux groupes ont été amenés séparément à Médine et ont été rassemblés en deux endroits distincts. Conformément aux instructions du Saint Prophète, les Compagnons (dont beaucoup sont peut-être restés affamés eux-mêmes) ont offert une grande quantité de fruits au Banou Qouraydhah pour leur consommation. Il est écrit que le peuple juif a passé toute la nuit à consommer ces fruits.

Le lendemain matin, le verdict de Sa’d a été mis à exécution. Le Saint Prophète a nommé quelques hommes capables d’accomplir cette tâche et s’est tenu à proximité, de sorte que si des conseils étaient nécessaires durant l’exécution, il pourrait fournir des conseils immédiats. Une autre raison était qu’il pouvait instantanément rendre une décision si quelqu’un faisait appel à sa grâce. Bien que le verdict de Sa’d ne pût pas faire l’objet d’un appel en général, mais en sa qualité de roi ou de président d’une démocratie, le Saint Prophète avait définitivement le droit d’entendre un appel concernant une personne en particulier pour des motifs individuels. Par compassion, le Saint Prophète a également ordonné que les coupables soient exécutés séparément les uns des autres, c’est-à-dire que lorsque l’un était exécuté, l’autre ne devait pas être présent à proximité. Ainsi, chaque coupable a été exécuté séparément conformément au verdict de Sa’d.

Divers historiens non musulmans ont critiqué outrancièrement le Saint Prophète en ce qui concerne les Banou Qouraydhah. En raison de l’exécution de plus ou moins 400 Juifs, ils ont présenté Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), à Dieu ne plaise, comme étant un souverain cruel et sanguinaire. Mais un de nos chercheurs a démontré qu’ils étaient au nombre de seize ou dix-sept. En tout cas, des recherches plus poussées sont nécessaires à cet égard. Certains disent que le nombre d’exécutés variait entre cent, quatre cents, neuf cents ou mille. Étant donné que le nombre exact est inconnu le débat est ouvert. En tout cas, même s’ils étaient du nombre de quatre cents cette allégation est fondée uniquement sur des préjugés religieux. Nombre d’historiens formés en Occident n’ont pas pu s’absoudre de ces critiques contre l’islam et son fondateur.

En réponse à cette allégation, premièrement, il convient de rappeler que le verdict concernant le Banou Qouraydhah, qui est considéré comme un verdict cruel, était celui de Sa’d, et non du Saint Prophète : aucune objection ne peut être formulée contre lui à ce titre. Deuxièmement, ce verdict n’était pas déplacé et barbare eu égard à la situation. Troisièmement, en raison de la promesse prise par Sa’d avant d’annoncer son verdict, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était tenu de le respecter. Quatrièmement, ce verdict a été accepté par les coupables eux-mêmes et ils ne s’y sont pas opposés, considérant qu’il s’agissait d’un décret divin : à la lumière de ces faits, le Saint Prophète ne pouvait pas interférer inutilement dans cette affaire.

Après l’annonce du verdict de Sa’d, la seule relation du Saint Prophète à cet égard a été de le mettre en application de la meilleure manière possible sous la supervision de son administration. Comme mentionné auparavant, la manière dont le Saint Prophète a appliqué cette décision peut être considérée comme un grand exemple de miséricorde et de compassion. Tant que les coupables étaient restées en captivité, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a organisé leur logement et leur nourriture de la meilleure manière possible.

Lorsque le verdict de Sa’d devait être appliqué, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a rendu le moins douloureux possible pour les criminels. Premièrement, dans le respect de leurs émotions, le Saint Prophète a ordonné que lorsqu’un coupable était exécuté, le prochain ne devait pas en être témoin. En fait, l’histoire raconte que lorsque les coupables étaient amenés sur le lieu d’exécution, ils n’avaient aucune idée de l’endroit où ils partaient. En plus de cela, le Saint Prophète a immédiatement accepté chaque appel de grâce d’un individu. Non seulement le Saint Prophète a épargné la vie de ces personnes, mais il a même ordonné la libération de leurs femmes et de leurs enfants, ainsi que le retour de leurs richesses, etc. Existe-t-il de meilleur exemple de miséricorde et de compassion envers des coupables ?

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne peut être critiqué en aucune manière dans le cas des Banou Qouraydhah : au contraire cet incident est une preuve claire de la moralité élevée, de l’administration remarquable et de la compassion innées du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). En soi, la décision de Sa’d était très sévère : l’on en est tout naturellement triste. Mais la question est de savoir s’il y avait d’autres voies possibles ? »

Comme je l’ai dit, en apparence la décision de Sa’d à l’endroit des Banou Qouraydhah était certes sévère, mais elle répondait aux exigences de la situation et en était la conséquence naturelle. Il n’y avait pas d’autre recours. C’est pour cette raison que Margoliouth, un historien qui n’est pas un ami de l’islam, a déclaré à cet égard que la décision de Sa’d était en accord aux exigences de la situation. Il déclare : « La grande invasion (la bataille du fossé) qui, selon Mohammad (s.a.w), avait été miraculeusement déjouée avait – ou aurait eu – comme origine la propagande des membres de la tribu Banou Nadhir, peuple que le Prophète avait puni par un simple exil. S’il avait choisi de bannir [la tribu] Qouraydhah [en raison de leur traîtrise] il aurait augmenté le nombre de propagandistes. D’autre part, ceux qui s’étaient battus aux côtés des envahisseurs de Médine ne pouvaient y demeurer. Les bannir grossirait le danger ; leur permettre de vivre à Médine était doublement dangereux. Ainsi, ils devaient mourir. »

Voilà ce que dit Margoliouth. La décision de Sa’d était équitable et juste. De plus, en raison sa promesse, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’était pas en mesure de faire preuve de compassion, sauf dans le cas de quelques individus en faveur de qui il avait fait de son mieux. Cependant, il semble que dans l’embarras d’avoir refusé d’accepter le Saint Prophète en tant que juge, les juifs n’étaient pas trop enclins à faire appel à sa clémence. De toute évidence, sans appel, le Saint Prophète ne pouvait pas faire montre de clémence, car la libération d’un rebelle qui n’exprime même pas de remords pour son crime peut présenter des ramifications extrêmement dangereuses.

Un autre point à retenir est que le traité conclu entre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et les Juifs stipulait que si une question les concernant nécessitait un verdict, la décision sera prise selon leur charia. Par conséquent, l’histoire prouve que conformément à ce traité, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) rendait toujours un verdict concernant les Juifs conformément à la loi mosaïque. D’ailleurs, le verdict de Sa’d Bin Mou’adh à l’égard des Banou Qouraydhah est tout à fait conforme à la punition prescrite par la Torah pour un crime similaire. »

En tout cas, ces détails suffisent quant au rôle joué par Sa’d Bin Mou’adh dans le cas des Banou Qouraydhah. Il y a d’autres détails le concernant que j’évoquerai à l’avenir, Incha Allah.

Je souhaite évoquer ici quelques personnes décédées durant ces derniers jours. Après la prière de Joumou’ah je dirigerai leur prière funéraire. La première personne est Al-Hajja Rokayya Khalid qui était la présidente de la Lajna Ima’illah du Ghana. Elle est décédée le trente juin dernier à l’âge de soixante-sept ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Elle était atteinte d’un cancer de l’utérus. Elle avait recouvré sa santé et Allah l’avait guérie. Au cours du mois de mai de cette année sa santé s’est détériorée de nouveau. La maladie l’a soudainement attaquée une fois encore. Elle a été hospitalisée pendant quelque temps avant de rendre l’âme le 30 juin. Al-Hajja Rokayya Khalid est née à Wa, dans le nord du Ghana, en avril 1955 dans une famille ahmadie. Son père, Al-Hajj Khalid, était l’imam d’un village avoisinant où la majorité des gens étaient animistes. Il leur a prêché le message et a établi l’Ahmadiyya. La défunte a grandi à Wa. Elle était une femme très sérieuse et respectueuse des principes. La défunte était enseignante de profession ; elle était un exemple pour ses collègues et les ahmadis. Après avoir pris sa retraite, elle a servi en tant que directrice de l’école internationale Ahmadiyya de Bustan-e-Ahmad.

Elle était très soucieuse de l’éducation des enfants. Elle avait subvenu aux dépenses de nombreux enfants. Elle logeait plusieurs enfants chez elle et leur enseignait gratuitement. En 2017, elle a été nommée Sadr de la Lajna Ima’illah du Ghana. En dépit de sa maladie, elle a assumé pleinement ses responsabilités au cours de ses fonctions. Elle a servi en tant que Sadr de la Lajna Ima’illah du Ghana jusqu’au moment de son décès. Elle a mis en place plusieurs programmes. En raison des restrictions imposées lors de la pandémie, elle a organisé plusieurs programmes via Internet et a continué le travail de la Lajna. Elle était très assidue dans sa Salat et accomplissait avec zèle les bonnes œuvres. Elle faisait aussi la prière de Tahajjoud et était régulière dans ses contributions. Elle était Moussiya et avait une grande sincérité à l’égard du Califat. Elle laisse derrière elle deux fils et une fille ainsi que quatre petits-enfants. Qu’Allah lui accorde son pardon, qu’Il exalte son statut et fasse que ses descendants puissent perpétuer ses bonnes œuvres.

Madame Safiyya Begum est la deuxième personne dont je dirigerai la prière funéraire : elle était l’épouse de feu Sheikh Mubarak Ahmad, qui a servi comme missionnaire en Afrique, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Elle est décédée le 27 juin dernier à l’âge de 93 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Elle était la fille de Qazi Abdus Salam Bhatti Saheb et de Moubarika Begum Sahiba et était née en octobre 1926. Elle était la petite-fille paternelle de Qazi Abdur Rahim et l’arrière-petite-fille paternelle de Qazi Zia-ud-Din, qui étaient tous deux des compagnons du Messie Promis (a.s.).

La défunte possédait d’innombrables qualités : elle priait beaucoup. Elle avait un amour inconditionnel à l’égard du Califat, un amour d’une nature très rare. Elle a suscité cette qualité chez ses enfants, voire ses petits-enfants.

La défunte était Moussiya et était la deuxième épouse de Sheikh Mubarak Saheb. De leur union est née une fille. Elle avait aussi des enfants de son premier époux nommé Nasir Ahmad Bhatti Saheb.

En tout cas, la défunte a fait montre d’une grande fidélité à l’égard de la mission de Sheikh Saheb. Elle laisse derrière elle la fille de son mari issue de son premier mariage et deux filles et trois fils qui étaient les siens. Fahim Ahmad Bhatti, un de ses fils, travaille comme volontaire dans le bureau du secrétaire privé. Saboor Bhatti, son petit-fils, est missionnaire et sert dans le bureau du Tabshir ici au Royaume-Uni. Un autre petit-fils Ahmad Fuad Bhatti a dédié sa vie et sert comme enseignant à l’école Ahmadiyya de Kano. Khaliq Bhatti, un autre de ses petits-fils, a terminé ses études, a dédié sa vie et sert dans la Review of Religions.

Nabil Bhatti, un autre de ses petits-fils, était tombé gravement malade quelque temps de cela. Il a fait face à la mort. La défunte a beaucoup prié pour lui et Allah l’avait informé à propos de sa guérison. Allah l’a en effet guéri. En tout cas, Nabil Bhatti fait toujours face à des complications mineures en raison de sa maladie. Qu’Allah lui accorde une guérison complète et qu’Il exauce les prières de la défunte en sa faveur. Il s’est aussi dédié pour la cause divine. Qu’Allah fasse qu’il puisse servir pleinement la Jama’at. Que lui et ses enfants puissent servir la religion.

Farida Sheikh, la fille de la défunte relate : « Notre mère avait une grande affection à l’égard du Messie Promis (a.s.). Elle indiquait tout le temps dans la direction de sa photo et disait « Nous avons tout reçu grâce à lui. Toutes ces bénédictions sont de sa part. » »

Elle avait une relation très proche avec les sœurs afro-américaines. Elle était très attentive à leur égard. La majorité d’entre elles venaient chez elles quotidiennement : elles s’asseyaient dans sa cuisine sans faire de formalités pour parler, à l’instar des membres de la famille.

Sa fille aînée, Naima Shabir, relate : « La défunte était emplie d’une grande compassion. Elle était très patiente. Elle se mettait en difficulté pour aider autrui. Elle a insufflé en nous l’amour pour le Califat et nous demandait d’écrire au Calife régulièrement. Elle récitait les prières du Messie Promis (a.s.) en faveur de ses enfants et était très attentive quant aux besoinx des pauvres et des orphelins. Elle était régulière dans ses contributions financières et ses aumônes. »

Feu le troisième Calife avait organisé son mariage avec Sheikh Mubarak Ahmad Saheb, le missionnaire, en faisant montre d’une prévenance des plus particulières. Celui-ci avait perdu sa première épouse. La défunte avait perdu son mari quant à elle. Étant satisfait d’une tâche accomplie par Sheikh Saheb, tout joyeux le Calife lui a dit : « Je vais vous offrir une récompense. »

Sheikh Mubarak Saheb apprécié à sa juste valeur cette récompense accordée en la personne de Safiyya Begum Sahiba. Sheikh Saheb avait une considération particulière à cet égard. Le mari de la défunte était décédé jeune. Sheikh Saheb a pris soin des enfants qu’elle avait eu avec son premier mari. Son fils aîné, Shameem Bhatti, a étudié avec moi au collège et au lycée. J’ai été témoin du fait que Sheikh Saheb s’était très bien occupé de ces enfants ; il s’est bien acquitté de ses devoirs à leur égard. Safiyya Begum l’a également beaucoup aidé lorsqu’il était sur le terrain (en train de servir dans la voie de Dieu) comme c’est le devoir d’une femme ayant épousé un homme qui a dédié sa vie. Peu de femmes de missionnaires se sont acquittées de leurs devoirs comme elle l’avait fait. Elle avait un très grand sens de l’hospitalité, et s’occupait à merveille de ses invités sans jamais se plaindre. Elle priait pour les membres de la communauté. Elle avait un comportement exemplaire à l’égard des missionnaires qui ont travaillé avec Sheikh Saheb ainsi qu’avec leurs familles.

Je l’ai davantage connue et rencontrée après avoir été nommé Calife, et j’ai été témoin de sa grande dévotion à l’égard le Califat. On voit très peu de personnes aussi dévouées et passionnées qu’elle l’était. Qu’Allah exalte son rang, et qu’Il permette à sa descendance d’être toujours fidèle envers la communauté et le Califat.

L’autre prière funéraire sera celle d’Ali Ahmad, qui était retraité de son poste de Mou’allim Waqf-e-Jadid. Il est décédé le 18 juin à l’âge de 86 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Son père, Hazrat Mian Allah Data, était un compagnon du Messie Promis (a.s.), qui en 1903, lors du séjour du Messie Promis (a.s.) à Jhelum, avait marché pendant 15-20 km à pied depuis son village pour prêter le serment d’allégeance sur sa main. En 1965, Ali a dédié sa vie, et a eu l’opportunité de servir dans différentes communautés du Sindh et du Pendjab de 1967 à 2008, soit pendant près de 41 ans. Il a enseigné le Saint Coran à de très nombreux filles et garçons, hommes et femmes. Grâce à sa prédication et ses supplications, de très nombreuses âmes pieuses ont eu l’opportunité de rejoindre la communauté. Le défunt était Moussi. Il laisse derrière lui sa femme, deux filles et trois fils. L’un de ses fils, Abdaal Hadi Tariq, est missionnaire au Ghana, et depuis sept ans il est enseignant là-bas à la Jamia Ahmadiyya Internationale. En raison des circonstances actuelles, il n’a pas pu participer à la prière funéraire et à l’enterrement de son père. Deux de ses neveux sont également missionnaires, et trois petits-fils sont Houffaz al-Qour’an. Maghfoor Ahmad Muneeb, qui a dédié sa vie et qui est missionnaire, et qui travaille actuellement au centre, a écrit : « Maulvi Saheb était un exemple pour les missionnaires et les mou’allimines. Il parlait peu, gardait son regard baissé, ne s’occupait que de ses affaires, faisait beaucoup de supplications, avait un tempérament doux, et était très enthousiaste lorsqu’il rencontrait les gens. Il était un ardent défenseur du Califat de l’Ahmadiyya. Lorsqu’il conseillait autrui il était davantage soucieux de l’autre que de faire montre de sa colère. Il se contentait de ce qu’il avait.

Les garçons et les filles qui étaient les élèves de Maulvi Saheb ont aujourd’hui grandi. Mais la bienveillance et l’amour de Maulvi Saheb ne se sont pas effacés de leurs cœurs. Qu’Allah exalte son rang, et qu’Il permette à ses enfants et à sa descendance de perpétuer ses qualités.

La prochaine prière funéraire sera celle de Rafiqa Bibi, épouse de Bashir Ahmad Dogar, originaire d’Edhipur, de la région de Narowal, qui est décédée suite au décret divin le 22 mai. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. L’Ahmadiyya est entrée au sein de sa famille par l’intermédiaire de son grand-père, Hazrat Malik Sardaar Khan Dogar, Nambardar, qui était un compagnon (du Messie Promis (a.s.)). Son fils, Riaz Ahmad Dogar, a écrit : « Depuis que j’ai atteint l’âge de conscience, je l’ai toujours vue faire beaucoup de prières ; elle était très pudique. Elle priait et jeûnait régulièrement ; elle avait mémorisé de nombreuses sourates. Le matin lorsqu’elle faisait tourner le lait, elle récitait souvent la sourate Taghabun. Elle accomplissait ses cinq prières quotidiennes avec beaucoup d’assiduité. Avant chaque prière, elle demandait à un ou deux de ses petits-enfants de se mettre debout à côté d’elle, afin de les habituer. Après la prière, elle restait assise longuement sur le tapis de prière à réciter des Tasbihât. Elle récitait également le Saint Coran à voix haute, et on entendait sa récitation résonner dans toute la maison. Elle avait mémorisé un grand nombre de sourates. Elle avait un grand attachement et amour pour le Califat, et elle avait une foi solide dans les supplications du Calife. Elle partageait fièrement avec les gens que son fils est missionnaire, que l’un de ses petits-fils était en voie de le devenir et qu’un autre l’est devenu. Au lieu de se plaindre que ses enfants lui manquaient, elle disait : « Par Son immense grâce, Dieu a répandu mes racines dans tous les coins du monde. » Elle laisse derrière elle six fils, et une fille, ainsi que ses petits-enfants.

L’un de ses fils, Riaz Ahmad Dogar, est actuellement en train de servir en Tanzanie. Il n’a pas pu participer ni à sa prière funéraire ni à son enterrement en raison des circonstances actuelles et de son travail sur le terrain. Qu’Allah lui accorde la patience et le courage.

L’un de ses petits-fils, Adeel Ahmad Dogar, est actuellement en train de servir comme missionnaire au Pakistan. Un autre de ses petits-fils, Ayaz Ahmad Dogar, est actuellement en cinquième année de la Jamia Ahmadiyya Internationale du Ghana. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard de la défunte, qu’Il exalte son rang et qu’Il permette à sa descendance de perpétuer ses actions pieuses. Aujourd’hui, je vais inclure dans cette prière funéraire les personnes dont j’avais fait mention lors de mes précédents sermons, et dont la prière funéraire n’avait pas pu être faite en raison des conditions sanitaires. Cette prière inclura ainsi Nasir Saeed, Ghulam Mustafa, le Dr Naqi-ud-Din Saheb qui est d’Islamabad, et Zulfiqar, missionnaire d’Indonésie. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard d’eux tous.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)