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Sermon du vendredi 12 juin 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

L’un des compagnons que j’évoquerai aujourd’hui se nomme Sa’id bin Zayd. Son père se nommait Zayd Bin ‘Amr et sa mère se nommait Fatimah Bint Bahja. Il appartenait à la tribu ‘Adiy Bin Ka’b Bin Louay.

Le nom d’emprunt de Sa’id bin Zayd était Aboul ‘Awar ou Abou Thawr selon d’autres. Il était grand de taille, de teint basané et avait la chevelure dense. Il était le cousin paternel d’Oumar Bin Al-Khattab. Ils étaient liés quatre générations en arrière par Noufayl. Sa’id bin Zayd était lié au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) par Ka’b Bin Louay leur ancêtre [commun] de la huitième génération.

‘Atiqa, la sœur de Sa’id bin Zayd, s’était mariée à ‘Oumar ; et Fatimah, la sœur de ce dernier, s’était mariée à Sa’id. Fatimah était celle qui était la cause de la conversion d’Oumar à l’islam. Zayd Bin ‘Amr, le père de Sa’id bin Zayd, adorait un seul Dieu à l’époque de l’ignorance. Il était à la recherche de la religion d’Abraham. Il disait : « Le Dieu d’Abraham est aussi Le mien. La religion d’Abraham est aussi la mienne. » À l’époque [de l’ignorance] il existait des gens qui adoraient un seul Dieu.

Certains enfants demandent quelle était la religion du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et quel Dieu il adorait avant l’avènement de l’islam. Il était le plus grand Mouwahhid (monothéiste) et L’adorait exclusivement.

Zayd Bin ‘Amr évitait tout type de vice, voire il ne consommait pas les animaux égorgés par les polythéistes. Il avait rencontré le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avant que celui-ci ne se proclamât Envoyé divin. C’est un récit tiré du recueil d’Al-Boukhari.

‘Abdoullah Bin ‘Oumar relate que le Messager d’Allah (s.a.w.) avait rencontré Zayd bin ‘Amr bin Noufayl tout près de Baldah et avant qu’il n’eût commencé à recevoir la révélation divine.

Baldah est une vallée située à l’ouest de La Mecque sur la route de Tamim. On a offert un plat de viande au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui a refusé d’en consommer. Zayd Bin ‘Amr a déclaré : « Je ne mange pas de quoi vous abattez sur vos autels et je ne consomme que ce sur lequel le nom d’Allah a été mentionné lors de l’abattage. »

Comme mesure de précaution le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’en a pas consommé car on avait abattu ces animaux sur le nom des idoles. Zayd a lui aussi dit qu’il ne consommait pas ces animaux qui n’ont pas été abattus au nom d’Allah.

Selon le récit, Zayd Bin ‘Amr honnissait les animaux sacrifiés par les Qouraychites. Il disait : « Allah a créé les chèvres : Il leur envoie de l’eau du ciel et fait pousser pour eux de l’herbe sur la terre. Mais vous les égorgez à d’autres noms que celui d’Allah. » Il condamnait leur pratique polythéiste et considérait cela un grand péché.

Zayd Bin ‘Amr s’était détourné de l’incroyance et du polythéisme : il avait voyagé loin à l’étranger dans la quête de la vérité.

Il existe un autre récit du Sahih Al-Boukhari sur un de ses voyages. Ibn Oumar relate que Zayd bin 'Amr bin Noufayl est parti en Syrie, s’enquérir de la vraie religion à suivre. Il a rencontré un érudit juif et lui a posé des questions sur sa religion. Il lui a dit : « J’ai l’intention d’embrasser votre religion. Dis-moi quelque chose à ce sujet. » Le Juif a répondu : « N’embrasse pas notre religion, qui s’est corrompue. Sinon tu recevras ta part de la colère de Dieu. » Zayd a répondu : « Je fuis la colère d’Allah et je ne pourrai jamais l’endurer. Peux-tu me parler d’une autre religion ? » Le Juif a répondu : « Je ne connais pas d’autre religion hormis celle du Hanif. » Zayd a demandé : « Qu’est-ce donc le Hanif ? » Il a répondu : « Il s’agit de la religion d’Abraham (le prophète) qui n’était ni juif ni chrétien, et il n’adorait qu’Allah seul. » Puis Zayd est parti rencontrer un érudit chrétien et lui a dit la même chose. Le chrétien a répondu : « N’embrasse pas notre religion : sinon tu recevras ta part de la malédiction d’Allah. » Zayd a commenté : « Je fuis la malédiction d’Allah et je ne supporterai jamais la malédiction d’Allah ou Sa colère : j’en ai pas la force. Peux-tu me parler d’une autre religion ? » Le chrétien a répondu : « Je ne connais aucune autre religion sauf celle du Hanif. » Zayd a demandé : « Qu’est-ce que le Hanif ? » Il a répondu : « Hanif est la religion d’Abraham qui n’était ni juif ni chrétien et qui adorait nul autre qu’Allah. » Lorsque Zayd a entendu leur déclaration sur (la religion) d’Abraham, il a quitté cet endroit et quand il est sorti, il a levé les deux mains et a déclaré : « Ô Allah ! Je Te prends comme Témoin que je pratique la religion d’Abraham. »

Zayd Bin ‘Amr a vécu à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) mais il est décédé avant qu’il ne s’annonce prophète. ‘Amir Bin Rabi’a relate, que Zayd Bin ‘Amr cherchait la vraie foi et qu’il s’était détourné du christianisme, du judaïsme et de l’adoration des idoles. Il n’était pas d’accord avec ses compatriotes et il avait abandonné les idoles qu’eux et leurs aïeux adoraient. Il ne consommait pas non plus la chair des animaux qu’ils égorgeaient.

Une fois il m’a dit : « Ô ‘Amir ! J’ai un différend avec mon peuple. Je pratique la religion d’Abraham et j’adore [le Dieu] qu’il adorait. Ensuite je suis la voie d’Ismael qui se tournait dans la direction de cette Qiblah pour prier. J’attends l’avènement d’un prophète au sein de la descendance d’Ismaël. Mais on dirait que je ne connaîtrai pas son temps afin de croire en lui et témoigner qu’il est un prophète véridique. Ô ‘Amir ! Si tu vis à l’époque de ce prophète, transmets-lui mes salutations. »

‘Amir ajoute : « Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est proclamé prophète, je suis devenu musulman. Je lui ai transmis le message de Zayd Bin ‘Amr et ses salutations. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu à ses salutations et a prié pour sa miséricorde ; puis il a déclaré : « Je l’ai vu marcher au Paradis, tenant son pagne. »

Zayd Bin ‘Amr était très fier d’être un adorateur du Dieu unique.

Asma Bint Abi Bakr relate un incident du temps de l’ignorance et déclare : « J’ai vu Zayd bin ‘Amr bin Noufayl debout, le dos contre la Ka’bah, et disant : « Ô Qouraych ! Par Allah, personne parmi vous ne suit la religion d’Abraham, sauf moi. » Il avait l’habitude de sauver la vie des petites filles (certaines tribus arabes avaient pour pratique l’infanticide femelle). Zayd rejetait cette coutume. Si quelqu’un voulait tuer sa fille, il lui disait : « Ne la tue pas ! Je la nourrirai à ta place. » Il la prenait et quand elle avait grandi, il disait à son père : « Si tu la veux, je te la donnerai, et si tu veux, je subviendrai à tous ses besoins. » C’est-à-dire qu’il subviendra aux dépenses pour son mariage.

Ce récit est tiré du recueil d’Al-Boukhari. Le suivant est d’Ousd al-Ghabah.

Asma Bint Abi Bakr relate : « J’ai vu Zayd bin Amr bin Noufayl debout, le dos contre la Ka’bah, et disant : « Ô Qouraych ! Par Celui qui détient ma vie entre Ses mains ! Personne parmi vous ne suit la religion d’Abraham, sauf moi. » Il disait aussi : « Ô Allah ! Si seulement je savais comment Te rendre culte afin de T’adorer, mais je l’ignore. » Ensuite il se prosternait sur ses mains.

Sa’id Bin Mousayyib relate : « Zayd Bin ‘Amr est décédé cinq ans avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne se soit proclamé prophète. Les Qouraychites reconstruisaient la Ka’bah. Il disait en mourant : « Je suis un adepte de la religion d’Abraham. »

J’évoquais Sa’id bin Zayd et j’ai mentionné en passant Zayd Bin ‘Amr, qui était son père. Le statut du fils en islam a été préservé dans l’histoire ainsi que les nobles qualités du père. C’est pour cette raison que j’en ai fait mention ici : ces récits ont été mentionnés dans le recueil d’al-Boukhari.

J’évoquerai à présent Sa’id bin Zayd. Un jour, celui-ci et ‘Oumar Bin al-Khattab s’étaient présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; ils lui ont demandé à propos de Zayd Bin ‘Amr, c’est-à-dire le père de Sa’id bin Zayd. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Qu’Allah accorde son pardon à Zayd Bin ‘Amr et qu’Il ait pitié de Lui ! Il est décédé en suivant la religion d’Abraham. » Par la suite, à chaque fois que les musulmans évoquaient Zayd Bin ‘Amr ils priaient pour son pardon et sa miséricorde.

Selon un deuxième récit, lorsqu’on a questionné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à propos de Zayd Bin ‘Amr, il a répondu : « Le jour de la résurrection, il représentera à lui seul toute une Oummah. »

Sa’id Bin Zayd était le beau-frère d’Oumar. ‘Atiqa Bint Zayd, la sœur de Sa’id, était mariée à Oumar. Sa’id Bin Zayd et sa sœur, Fatimah Bint al-Khattab, faisaient partie des tout premiers musulmans. Ils avaient embrassé l’islam avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’eût choisi le Dar al-Arqam comme centre. La femme de Sa’id Bin Zayd était la raison de la conversion d’Oumar. J’avais présenté ces faits en mentionnant Khabbab bin Al-Aratt la dernière fois. J’en ferai mention de nouveau ici brièvement en référence à Sa’id Bin Zayd.

Dans son ouvrage, Sirat Khatam an-Nabiyyin, Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb commente : « Quelques jours seulement s’étaient écoulés après l’acceptation de Hamzah, quand Allah l’Exalté bénit les musulmans d’une autre bonne nouvelle : ‘Oumar, qui était un ennemi acharné, accepta l’islam. ‘Oumar était dur de tempérament mais il s’était endurci davantage en raison de son inimitié envers l’islam. Par conséquent, avant d’accepter l’islam, ‘Oumar tourmentait âprement les pauvres et les faibles musulmans en raison de leur conversion à l’islam. Un jour, il est arrivé à la conclusion que ses persécutions ne portaient pas leurs fruits et que ces musulmans n’abandonnaient pas leur religion. Il pensa en finir avec le fondateur même de ce « mal ». Il saisit son épée, sortit de chez lui et partit à la recherche du Saint Prophète. En cours de route, quelqu’un lui demanda : « ‘Oumar ! Où vas-tu avec cette épée dégainée, tout furieux ? » ‘Oumar répondit : « Je m’en vais tuer Muhammad ! » Celui-ci de répliquer : « Pourquoi ne t’occupes-tu pas de ta propre maison ? Ta sœur et ton beau-frère ont accepté l’islam ! » ‘Oumar retourna immédiatement et se dirigea vers la maison de sa sœur. En s’approchant de la maison, il entendit le son de la récitation mélodieuse du Saint Coran par Khabbab bin Al-Aratt. Quand ‘Oumar entendit cette voix, sa colère s’intensifia. Il entra soudainement dans la maison. Dès que Khabbab entendit ses pas, il se cacha quelque part, et Fatimah, la sœur d’Oumar, cacha les pages du Saint Coran ici et là. Lorsqu’Oumar entra, il cria : « J’ai entendu dire que vous avez répudié votre [ancienne] foi ! » Ensuite, il attaqua son beau-frère Sa’id bin Zayd. Fatimah fut également blessée alors qu’elle tentait de s’intercaler pour sauver son mari. Fatimah dit courageusement : « Oui, ‘Oumar ! Nous sommes devenus musulmans. Fais ce que tu veux, nous n’abandonnerons pas l’islam ! » Lorsqu’il entendit les paroles courageuses de sa sœur, ‘Oumar lui jeta un coup d’œil et remarqua alors qu’elle avait le visage couvert de sang.

Cette vue laissa une impression particulière sur son cœur et il dit à sa sœur : « Montre-moi le texte que vous autres lisiez. » « Je ne le ferai pas, répondit Fatimah, car tu le détruiras ! » ‘Oumar répondit : « Non, non ! Montre-les-moi. Je te les rendrai. » « Mais tu es impur, commenta Fatimah. Prend d’abord un bain et ensuite tu pourras les lire. »

Quand ‘Oumar avait pris son bain, Fatimah plaça devant lui les pages du Coran. Il les saisit et lut les premiers versets du chapitre Ta Ha. ‘Oumar commença à les lire avec un cœur ému. Sa nature était pure et les prières du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) faisaient aussi leur effet. Chaque mot impressionna profondément son cœur. En lisant, ‘Oumar tomba sur les versets suivants :

إِنَّنِي أَنَا اللَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنَا فَاعْبُدْنِي وَأَقِمِ الصَّلَاةَ لِذِكْرِي – إِنَّ السَّاعَةَ آَتِيَةٌ أَكَادُ أُخْفِيهَا لِتُجْزَى كُلُّ نَفْسٍ بِمَا تَسْعَى

« En vérité, Je suis Allah ; il n’y a de dieu que Moi. Adore-Moi donc, et observe la Prière pour te souvenir de Moi. Assurément, l’Heure viendra ; Je suis sur le point de la manifester afin que chaque âme soit récompensée pour ses efforts. » (20 : 15-16)

Quand ‘Oumar récita ces versets, ses yeux s’ouvrirent et il dit spontanément : « Quelle belle et sainte parole ! »

Lorsque Khabbab entendit ces mots, il sortit immédiatement de sa cachette, remercia Dieu et dit : « Ceci est le fruit de la prière du Messager d’Allah ! Par Dieu, hier même j’ai entendu le Saint Prophète supplier : « O Allah ! Bénis soit ‘Oumar bin Al-Khattab soit ‘Amr bin Hicham (signifiant Abū Jahl) par l’islam. »

‘Oumar dit à Khabbab : « Montre-moi le chemin de Muhammad ! Il garda son épée dégainée. Le Saint Prophète était au Dar al-Arqam : Khabbab lui en indiqua l’emplacement. ‘Oumar partit là-bas et frappa bruyamment à la porte. Lorsque les compagnons regardèrent à travers la fente de la porte, ils virent ‘Oumar tenant une épée dégainée : ils furent donc réticents à ouvrir la porte. Mais le Saint Prophète dit : « Ouvrez la porte ! ». Hamzah déclara également : « Ouvrez-la ! S’il est venu avec de bonnes intentions, tant mieux. Et si ses intentions sont mauvaises, par Allah, je lui couperai la tête avec sa propre épée ! »

La porte s’ouvrit et ‘Oumar entra, l’épée dégainée à la main. En le voyant, le Saint Prophète saisissant le manteau d’Oumar lui demanda : « O ‘Oumar ! Avec quelle intention es-tu venu ici ? » « O Messager d’Allah, répondit ‘Oumar, je souhaite devenir musulman ! » En entendant cela, le Saint Prophète, dans son bonheur, annonça : « Allāhou Akbar ! » et ses compagnons en firent de même à tue-tête, tant et si bien qu’ils firent résonner les montagnes de La Mecque. »

Ce récit concernait Sa’id qui servit de truchement à la conversion d’Oumar.

Sa’id Bin Zayd était aussi un des tout premiers émigrants. En arrivant à Médine, il logea chez Rifa’ah Bin ‘Abdil Moundhir, le frère d’Abou Loubabah. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) établit un lien de fraternité entre Zayd et Rafi’Bin Malik. Selon un autre récit, il avait établi ce lien avec Oubay Bin Ka’b.

Sa’id Bin Zayd n’avait pas pu participer à la bataille de Badr, mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui avait accordé sa part du butin de Badr. Je compte parmi les compagnons de Badr ceux qui n’y avaient pas pris part [pour quelque raison] mais à qui le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait accordé une part du butin.

J’avais mentionné la raison de son absence à Badr lorsque j’évoquais Talha Bin ‘Oubaydillah. J’en fais mention de nouveau ici car cela est nécessaire. J’en avais parlé deux ou trois mois de cela, d’où l’importance de le répéter. Voici la raison de son absence. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait estimé le départ de la caravane des Qouraychites de la Syrie. Dix jours avant son départ [de Médine], il avait envoyé Talha Bin ‘Oubaydillah et Sa’id Bin Zayd pour s’informer à propos de la caravane. Tous deux s’étaient arrêtés à Hawra et la caravane était passée à côté d’eux. Hawra est un lieu de campement sur la côte de la mer Rouge où passent les caravanes en partance du Hedjaz vers la Syrie.

En tout cas, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait eu des informations à propos de la caravane avant le retour de Talha et Sa’id. Il prit ses compagnons et ils sortirent à la poursuite de la caravane qouraychite. Mais celle-ci avait pris la route côtière. Elle avait pu passer, sans qu’on le sache. Quoi qu’il en soit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était au courant du fait qu’elle avait pu passer. Il réunit ses compagnons et se mit à sa poursuite. La caravane voyageait rapidement matin et soir afin d’éviter ses poursuivants. Elle avait changé de route et il n’y eut pas de confrontation. Elle n’était pas passée par la route attendue, mais avait fait un détour vers la côte.

Talha Bin ‘Oubaydillah et Sa’id Bin Zayd sont retournés à Médine afin d’en informer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ils ignoraient que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était déjà parti pour Badr. Ils sont arrivés à Médine le jour où le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’était battu contre les Qouraychites à Badr. Ils ont quitté Médine pour partir à la rencontre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : ils l’ont rencontré alors qu’il rentrait de Badr, à Tourban, une vallée située à 19 miles (30 km) de Médine où se trouvent de nombreux puits d’eau douce. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’était arrêté là en partance pour Badr.

La caravane commerciale avait réussi à s’éclipser. Le deuxième groupe comprenait une armée venue de La Mecque. Elle s’était arrêtée à Badr où il y eut un combat. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était sorti pour connaître l’intention de la caravane. Il ignorait le départ de l’armée.

Talha et Sa’id n’avaient pas participé à la bataille. Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur avait offert leur part du butin de Badr. Ils sont donc comptés parmi les vétérans de Badr.

Sa’id Bin Zayd faisait partie de ces dix personnes chanceuses à qui le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait donné la bonne nouvelle, ici sur terre, qu’ils mériteront le paradis. ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf déclare : « J’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclarer qu’Abou Bakr, ‘Oumar, ‘Outhman, ‘Ali, Talha, al-Zubayr Bin Al-‘Awam, ‘Abdur Rahman Bin ‘Awf, Sa‘d Bin Abi Waqqas, Sa’id Bin Zayd et Abou 'Oubaydah bin Al-Jarrah iront tous au paradis. »

Sa’id Bin Zayd déclare : « Je témoigne que neuf personnes mériteront le paradis. Je ne serai pas pécheur si je donne le témoignage à propos de la dixième personne. » On lui a demandé comment cela était possible. Il a répondu : « Nous étions en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sur le mont Hira lorsque ce dernier s’est ébranlé. Sur ce, l’Envoyé d’Allah a déclaré : « Ne bouge pas ô Hira ! Certainement il ne se trouve sur toi qu’un Prophète, des Siddiqine et des Chouhada. » On lui a demandé qui étaient ces dix personnes. Sa’id a répondu : « Il y avait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Abou Bakr, ‘Oumar, ‘Outhman, ‘Ali, Talha, Zoubayr, Sa’d et ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf. » On lui a demandé : « Qui était le dixième ? » Sa’id Bin Zayd a répondu : « Je suis le dixième. »

Sa’id Bin Joubayr relate : « Abou Bakr, ‘Oumar, ‘Outhman, ‘Ali, Talha, Zoubayr, Sa’d, ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf et Sa’id Bin Zayd se battaient devant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), c’est-à-dire qu’ils le défendaient, et ils se tenaient derrière lui lors de la Salat. »

Le père de Hakim Bin Mohammad relate qu’il avait vu un verset du Coran inscrit sur une bague de Sa’id Bin Zayd.

Des armées musulmanes étaient parties combattre en Syrie durant le Califat d’Oumar. Sa’id Bin Zayd servait comme officier de l’infanterie sous le commandement de Abou ‘Oubayda. Il a fait montre d’une grande bravoure lors du siège de Damas et de la bataille décisive de Yarmouk. Sa’id Bin Zayd avait été nommé gouverneur de Damas lors de la bataille. Mais il avait informé Abou ‘Oubayda qu’il ne souhaitait pas être privé du combat tandis que les autres [musulmans] partaient au Jihad. Il lui dit : « Dès que vous recevrez ma lettre, envoyez quelqu’un pour me remplacer. Je viendrai vous joindre dans les plus brefs délais. »

Ainsi Abou ‘Oubayda a été contraint d’envoyer Yazid Bin Abi Soufyan et Sa’id Bin Zayd a participé de nouveau à la bataille. Sa’id Bin Zayd a été témoin de nombreuses révolutions et d’une vingtaine de batailles intestines. En raison de sa pureté et de sa Taqwa, il évitait certes ces conflits, mais il ne s’empêchait pas d’exprimer ouvertement ses opinions sur les parties concernées.

Après le martyre d’Outhman, Sa’id bin Zayd disait dans la mosquée d’Al-Koufa : « Si la montagne d’Ouhoud pouvait se déplacer pour le mal que vous avez fait à `Outhman, elle se déplacerait certainement. »

De même, un jour, Al-Moughira bin Chou‘ba conspuait ‘Ali dans la grande mosquée d’Al-Koufa. Sa’id Bin Zayd a répliqué : « Ô Moughira bin Chou‘ba ! Ô Moughira bin Chou‘ba ! Ô Moughira bin Chou‘ba ! J’ai entendu le Saint Prophète annoncer que dix personnes iront au paradis. L’un d’entre eux était ‘Ali. »

Les prières de Sa’id Bin Zayd étaient promptement exaucées. On l’avait accusé d’avoir usurpé les terres de quelqu’un.

Ses terres étaient contiguës à celles d’une certaine Arwa bint Owais. Elle s’est plainte à Marwan bin Al-Hakam, le gouverneur de Mou’awiya à Médine, que Sa’id Bin Zayd s’était approprié d’une partie de ses terres.

Marwan a nommé quelques individus pour mener une enquête. Sa’id a répondu : « Comment puis-je prendre une partie de sa terre quand j’ai entendu le Messager d’Allah dire : « Celui qui usurpe ne serait-ce qu’un empan de terre sera obligé de porter sept terres autour de son cou le jour de la résurrection ? ». Sa’id a supplié : « Ô Allah ! Si Arwa est une menteuse, prive-la de sa vue avant qu’elle ne meure et fais de son puits sa tombe. » Arwa est devenue aveugle. Un jour, alors qu’elle marchait sur ses terres, elle est tombée dans son puits et y est décédée. Par la suite, l’expression suivante était devenue célèbre à Médine : « Qu’Allah fasse que tu sois aveugle comme Arwa ! »

Sa’id Bin Zayd est décédé à l’âge de soixante-dix ans en l’an 50 ou 51 de l’hégire, par un jour de vendredi. Selon d’autres récits, il avait plus de soixante-dix ans. Sa résidence permanente se trouvait à ‘Aqiq dans les environs de Médine. Plusieurs vallées de la péninsule arabique sont nommées ‘Aqiq. La plus importante est celle de Médine : elle s’étend du sud-ouest de la ville pour s’étendre jusqu’au nord-est. Elle comprend toutes les vallées de Médine.

‘Abdoullah Bin ‘Oumar se préparait pour la prière de Joumou’ah lorsqu’il entendit la nouvelle du décès de Sa’id. Il ne se rendit pas à la prière mais se mit en route immédiatement pour ‘Aqiq.

Sa’d Bin Abi Waqqas a lavé la dépouille de Sa’id Bin Zayd. Les gens ont porté sa dépouille sur leurs épaules ; ‘Abdoullah Bin ‘Oumar a dirigé sa prière funéraire et il a été enterré à Médine. Selon un autre récit, ‘Abdoullah Bin ‘Oumar a entendu la nouvelle du décès de Sa’id Bin Zayd lorsqu’il s’apprêtait à partir pour la prière du vendredi. Il ne s’y est pas rendu et il est parti laver la dépouille de Sa’id, l’a parfumée et a dirigé sa prière funéraire. ‘Aïcha Bint Sa’d relate que Sa’d Bin Abi Waqqas avait lavé la dépouille de Sa’id et l’a parfumée. Il est retourné chez lui et il a pris son bain. Il a déclaré : « Je n’ai pas pris un bain parce que j’ai lavé la dépouille de Sa’id Bin Zayd, mais en raison de la chaleur. »

‘Abdoullah Bin ‘Oumar a dirigé la prière funéraire de Sa’id Bin Zayd. Sa’d Bin Abi Waqqas et ‘Abdoullah Bin ‘Amr sont tous les deux descendus dans la tombe pour y placer sa dépouille.

Sa’id bin Zayd s’était marié dix fois à différents moments. Il avait treize fils et dix-neuf filles de ses mariages.

Je vais maintenant brièvement faire mention d’Abdour Rahman bin ‘Awf. À l’époque de l’ignorance il s’appelait ‘Abd-‘Amr, et selon un autre récit il s’appelait ‘Abd al-Ka’bah.

Après qu’il eût accepté l’islam, le Saint Prophète (s.a.w.) avait changé son nom, l’appelant ‘Abdour Rahman. Il appartenait à la tribu des Banou Zouhrah bin Kilab.

Sahla bint ‘Asim a déclaré : « ‘Abdour Rahman bin ‘Awf était de teint clair, il avait de beaux yeux, habillés de longs cils, et il avait un long nez. Parmi ses dents supérieures, ses canines étaient longues. Ses cheveux descendaient plus bas que ses oreilles. Il avait un long cou, des mains solides et des doigts épais.

Ibrahim bin Sa’d a rapporté de son père qu‘Abdour Rahman était grand de taille, il avait la peau claire tendant vers le rougeâtre. Il avait une peau très douce. Il ne se teignait pas les cheveux. On dit qu’il boitait après la bataille d’Ouhoud, en raison d’une blessure qu’il avait subie dans la voie de la vérité.

‘Abdour Rahman bin ‘Awf faisait partie des dix compagnons qui de leur vivant avaient reçu la bonne nouvelle du Paradis. Il est aussi parmi le groupe des six personnes que le Calife ‘Oumar avait formé pour l’élection du prochain Calife. ‘Oumar avait déclaré à leur propos que lors de son décès, le Saint Prophète (s.a.w.) était satisfait d’elles. ‘Abdour Rahman bin ‘Awf est né dix ans après l’année de l’Eléphant.

‘Abdour Rahman bin ‘Awf faisait partie de ces quelques personnes qui, même à l’époque de l’ignorance, s’étaient interdits de boire de l’alcool. ‘Abdour Rahman bin ‘Awf fait partie des huit premières personnes à avoir accepté l’islam.

Lorsque le Saint Prophète (s.a.w.) avait établi le Dar al-Arqam comme nouveau centre ; il avait déjà accepté l’islam par l’entremise d’Abou Bakr. ‘Abdour Rahman bin ‘Awf avait participé aux deux émigrations en Abyssinie. Selon le Sahih Boukhari Abdour Rahman bin ‘Awf a déclaré : « Lorsque nous sommes arrivés à Médine, le Saint Prophète (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Sa’d bin Ar-Rabi’et moi-même. » Sa’d lui dit : « Je suis le plus riche parmi les Ansar. »

J’avais déjà fait référence à cela quand j’ai fait mention de Sa’d bin Ar-Rabi’, je vais le faire de nouveau. Sa’d a ajouté : « Je vais t’offrir la moitié de mes biens. Je divorcerai d’une de mes deux femmes qui te plaira. Après sa période d’attente, tu pourras te marier avec elle. » En entendant cela ‘Abdour Rahman répondu à Sa’d : « Qu’Allah bénisse ta famille et tes biens ! Je n’ai besoin de rien de tout cela. Dis-moi simplement s’il y a un marché dans les environs. » Sa’d lui a indiqué celui des Qaynouqa’. En apprenant cela, ‘Abdour Rahman s’y est rendu tôt le matin ; il y a commercé, et avec ce qu’il a gagné il a acheté du fromage et du beurre clarifié, qu’il a apporté pour les membres du foyer de Sa’d. Il s’y rendait ainsi tous les matins afin d’y commercer et il gagnait ainsi sa vie. Après quelque temps ‘Abdour Rahman s’est présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) alors qu’iliportant des traces de safran, qui indiquait qu’il s’était marié. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé s’il s’était marié. ‘Abdour Rahman a répondu à l’affirmative. L’Envoyé d’Allah lui a demandé : « Avec qui ? » Il a répondu : « Avec une femme des Ansar. » « Combien lui as-tu offert comme Mahr (dot) ? », a demandé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a répondu : « Une pépite d’or. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé d’organiser sa Walima (repas de noces), même s’il ne devait offrir qu’une chèvre.

‘Abdour Rahman bin Awf a déclaré : « Je me suis déjà retrouvé dans cette situation, où si je soulevais une pierre je m’attendais à trouver en dessous de l’or ou de l’argent. » Allah Très-Haut avait tellement béni son commerce. ‘Abdour Rahman bin ‘Awf avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud ainsi qu’à toutes les autres aux côtés du Saint Prophète (s.a.w.).

En relatant une anecdote de la bataille de Badr, ‘Abdour Rahman bin ‘Awf a relaté ceci : « Quand nous étions prêts dans les rangs pour combattre à Badr, j’ai regardé à ma droite et à ma gauche, j’ai vu deux jeunes Ansar. Je me suis dit : « Si seulement j’avais à mes flancs des [soldats] plus matures et solides. » J’étais occupé dans ces pensées quand l’un des garçons m’a demandé en me touchant le bras : « Oncle ! Reconnaissez-vous Abou Jahl ? » Je lui ai répondu : « Oui, mon neveu ! Que souhaites-tu faire de lui ? » Il a répondu : « On m’a dit qu’il a insulté le Prophète d’Allah. Je jure par Celui qui détient ma vie entre Ses mains, si je le trouve, mes yeux ne se sépareront pas des siens tant que l’un d’entre nous ne connaisse pas la mort qui lui est destinée ! » ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf a déclaré : « J’étais encore tout étonné par ses propos quand le deuxième m’a pris la main et m’a demandé la même chose. Peu de temps après, j’ai vu Abu Jahl en train de faire une tournée entre [ses] soldats. J’ai dit aux jeunes : « Voilà là-bas celui à propos de qui vous me demandiez. » Sur ce tous les deux se sont jetés sur leurs épées et ont bondi dans sa direction, et l’ont tellement frappé qu’ils ont fini par le tuer. Ils sont ensuite retournés vers le Saint Prophète (s.a.w.) afin de l’en informer. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé : « Lequel d’entre vous l’a tué ? » Tous les deux ont répondu qu’ils l’avaient fait. L’Envoyé d’Allah leur a demandé : « Avez-vous essuyé vos épées ? » Quand ils ont répondu par la négative, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré, en regardant les épées : « Vous l’avez certainement tué tous les deux. Mou’adh Bin ‘Amr Bin al-Jamouh aura ses butins de guerre. » En effet tous les deux se nommaient Mou’adh. L’un se nommait Mou’adh Bin ‘Afra et l’autre Mou’adh Bin ‘Amr Bin Jamouh. Il s’agit d’un récit rapporté par al-Boukhari.

En ce qui concerne la mort de Abou Jahl, j’ai déjà précisé, mais je vais le faire de nouveau, que selon certains récits les deux fils d’Afra, Mou’adh et Mou’awwidh avaient presque abattu Abou Jahl, mais que c’est ‘Abdoullah bin Mas’oud qui l’avait décapité. L’Imam bin Hajar avait évoqué cette probabilité qu’après Mou’adh Bin ‘Amr et Mou’adh Bin ‘Afra, Mou’awwidh bin ‘Afra l’aurait également attaqué. Cela est également mentionné dans le livre de commentaire de Boukhari, Fath Al-Bari.

En faisant référence à ce récit, le Mousleh Maw’oud (r.a.) a déclaré : « Lorsque Abou Jahl, qui était le chef de tous les foyers de La Mecque et le commandant des troupes des mécréants, organisait les rangées de ses troupes lors de la bataille de Badr, un général aussi expérimenté qu‘Abdour Rahman bin ‘Awf avait déclaré : « J’ai vu deux jeunes Ansar, un à ma droite et un à ma gauche, qui étaient âgés d’une quinzaine d’années. En les voyant, j’ai déclaré : « Ce n’est certes pas l’heure de me lamenter, mais je suis malheureusement entouré de jeunes inexpérimentés, et qui plus est, ce sont des Ansar, qui ne connaissent rien à l’art de la guerre. » Hazrat Mousleh Ma’oud a écrit : «’Abdour Rahman a ajouté : « J’étais encore occupé par ces pensées, lorsque j’ai eu l’impression que le jeune à ma droite voulait me dire quelque chose, j’ai tourné mon visage vers lui, il m’a dit : « Oncle, baisse-toi, je souhaite te dire quelque chose dans l’oreille afin que mon compagnon n’entende pas ce que j’ai à dire. » Il a ajouté : « Lorsque j’ai approché mon oreille de lui, il m’a dit : « Oncle, qui d’entre eux est Abou Jahl qui causait autant de souffrances au Saint Prophète (s.a.w.) ? Oncle, je veux le tuer. » » ‘Abdour Rahman a ajouté : « Il n’avait pas encore fini de dire ce qu’il avait à dire que j’ai entendu une voix à ma gauche, et je me suis tourné vers l’enfant qui s’y trouvait. Celui-ci m’a dit la même chose : « Oncle, qui d’entre eux est Abou Jahl, qui causait autant de souffrances au Saint Prophète (s.a.w.) ? Je veux le tuer aujourd’hui ! » »

‘Abdour Rahman bin ‘Awf a ajouté : « En dépit de mon expérience des batailles, l’idée de tuer Abou Jahl, commandant des troupes qui avait une grande expérience de la guerre, et qui se trouvait au milieu des ses soldats, ne m’avait pas effleuré à cet instant. J’ai levé mon doigt, et au même moment j’ai dit aux deux garçons : « Voilà Abou Jahl, cet homme portant casque et armure et devant lequel se trouve de solides et braves généraux avec des épées à nues. » Je voulais simplement leur faire comprendre qu’étant inexpérimentés, cela n’était pas de leur ressort. » Mais ‘Abdour Rahman a ajouté : « Je n’avais pas encore baissé mon doigt, que, comme des aigles s’attaquant aux oiseaux, ces deux enfants des Ansar avaient foncé vers Abou Jahl en déchiquetant les rangs des mécréants. ‘Ikrama, le fils d’Abou Jahl, se tenait devant ce dernier. Il était un général très brave et expérimenté. Mais ces deux enfants des Ansar attaquèrent si rapidement que personne n’eut le temps de comprendre leur intention. Afin d’attaquer Abou Jahl, ils ont déchiqueté les rangs des mécréants, et sont arrivés jusqu’aux derniers gardes. Ceux-ci portaient des épées au clair et n’avaient pas eu le temps de les utiliser. Un seul d’entre eux avait eu le temps de le faire, tranchant le bras d’un des garçons Ansar. Mais en quoi le fait d’avoir un bras en moins pouvait-il arrêter ceux pour lesquels il était si facile de sacrifier leurs vies ? Les deux garçons ont atteint Abou Jahl en s’abattant sur les gardes telles des pierres dévalant les montagnes, et ont fait tomber le commandant des mécréants avant même que la bataille n’ait commencé. »

‘Abdoullah bin Mas’oud a rapporté : « Lors des derniers moments de la bataille, je me suis rendu à l’endroit où le corps d’Abou Jahl gisait entre la vie et la mort. Je lui ai demandé : « Alors, comment vas-tu ? » Il m’a répondu : « Je suis en train de mourir, mais je meurs avec des désirs inassouvis. Mourir n’a pas d’importance : mon seul regret est d’avoir été tué par deux garçons des Ansar, avant d’avoir pu réaliser mes souhaits. » Les gens de La Mecque méprisaient les Ansar, et c’est pour cette raison qu’il avait mentionné cela avec regret, et qu’il était en train de mourir rongé par le fait qu’il allait périr suite aux attaques de deux garçons des Ansar. Abou Jahl a ensuite dit à ‘Abdoullah bin Mas’oud : « Je souffre énormément. Peux-tu me faire une faveur en m’achevant ? Mais veille à trancher mon cou de sorte qu’il soit le plus long possible, car un cou long tranché est un signe distinctif des généraux. » ‘Abdoullah bin Mass’oud a accepté sa demande de l’achever afin de le soulager de sa souffrance. Mais il a tranché son cou près du menton. Ainsi, même en mourant, son vœu d’avoir un cou long n’a pas été exaucé.

Hazrat Mousleh Ma’oud a mentionné ce récit en évoquant les sacrifices consentis pour illustrer l’amour du Saint Prophète (s.a.w.) dans le cœur de ces enfants et à quel point ils voulaient se venger de ses ennemis.

J’avais mentionné ce récit à une ou deux reprises. C’est en raison de leur esprit de sacrifice, de leur amour pour le Saint Prophète (s.a.w.), qu’ils ne se souciaient guère de leur vie. J’en dirai plus au sujet d’Abdour Rahman bin ‘Awf une prochaine fois.


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