Sermon du vendredi 28 février 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Mubarak à Islamabad. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Le compagnon que j’évoquerai aujourd'hui se nomme Mous’ab Bin ‘Oumayr. Il appartenait au clan des Banou ‘Abd-id-Dar des Qouraychites.  Son nom d’emprunt était Abou ‘Abdillah. Il était aussi connu comme Abou Mohammad. Son père se nommait ‘Oumayr bin Hachim et sa mère se nommait Hannas ou Khannas Bint Malik : elle était une femme riche de La Mecque. Les parents de Mous’ab Bin ‘Oumayr l’aimaient beaucoup. Sa mère l’avait comblé durant son enfance : elle l’habillait de vêtements de haute qualité. Mous’ab Bin ‘Oumayr utilisait des parfums très chers et des chaussures de Hadramaout et qui n’étaient fabriquées que pour les riches. Hadramaout est une grande région côtière à l’est d’Aden. En tout cas il portait des vêtements de grande qualité et se parfumait avec les senteurs les plus exquises. Même ses chaussures venaient de l’étranger.

La femme de Mous’ab Bin ‘Oumayr se nommait Hamina Bint Jahch : elle était la sœur de Zaynab Bint Jahch, mère des croyantes et épouse bénie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). De leur union est née une fille, nommée [elle aussi] Zaynab.

Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) évoquait Mous’ab Bin ‘Oumayr il disait : « Je n’ai vu personne d’aussi beau et d’aussi nanti que Mous’ab Bin ‘Oumayr. » Il faisait partie des grands compagnons et des premiers musulmans. Il avait embrassé l’islam lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) prêchait son message au Dar al-Arqam. Mais il n’avait pas dévoilé sa conversion par peur de sa mère et de sa tribu. Il se présentait au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en cachette. Un jour ‘Outhman Bin Talha l’a vu accomplir la salat et il est parti en informer sa mère et ses proches. [Par conséquent] sa mère l’a séquestré jusqu’au moment où il a pu leur fausser compagnie pour se rendre en Abyssinie. Après quelque temps, certains émigrants sont retournés à La Mecque. Mous’ab Bin ‘Oumayr les a accompagnés. Quand sa mère a vu son état déplorable, elle a mis fin à son hostilité d’antan et l’a laissé faire. 

Mous’ab Bin ‘Oumayr a eu l’occasion d’accomplir deux émigrations : la première vers l’Abyssinie et la deuxième vers Médine.

Sa’d Bin Abi Waqqas relate : « J’ai vu Mous’ab Bin ‘Oumayr durant ses jours de richesses et après sa conversion à l’islam. Il a enduré tant de souffrances pour la cause de l’islam que sa peau s’exfoliait de son corps comme celle d’un serpent qui fait sa mue. » [Ces compagnons] ont laissé des exemples sublimes de sacrifice.

Un jour Mous’ab Bin ‘Oumayr se présenta au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui était parmi ses compagnons. Mous’ab portait des vêtements rapiécés avec des morceaux de peau, lui qui portait naguère des vêtements onéreux. Voyant son état, les compagnons baissèrent la tête, car ils ne pouvaient pas lui venir en aide dans son malheur. Quand Mous’ab Bin ‘Oumayr présenta ses salutations, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui répondit en louant Dieu pour ensuite déclarer : « Toutes les louanges appartiennent à Allah. J’ai vu Mous’ab Bin ‘Oumayr au temps où il était le plus nanti de La Mecque. Il était l’enfant préféré de ses parents. Or, l’amour pour Dieu et son Prophète (s.a.w.) l’a fait tomber dans cette condition. Il a abandonné la richesse pour le plaisir d’Allah. »

Sa’d Bin Abi Waqas relate : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait les larmes aux yeux en se souvenant du temps où Mous’ab était riche et en voyant sa condition suite à ses sacrifices. »

‘Ali relate : « Nous étions assis dans la mosquée en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) quand Mous’ab Bin ‘Oumayr est entré : il portait un manteau rapiécé avec des lambeaux de peau. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a vu, il avait les larmes aux yeux en se rappelant le temps où il était riche, et en voyant sa condition présente. L’Envoyé d’Allah a alors déclaré : « Quelle sera votre condition lorsque le matin l’un d’entre vous portera un rechange de vêtements et un autre le soir ? » C'est-à-dire que vous serez si riches, que vous changerez de vêtements matin et soir. 

« On vous présentera un plat et on enlèvera l’autre qui était devant vous. » C'est-à-dire que vous consommerez une multitude de plats – comme c’est la tradition aujourd’hui.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a ajouté : « Il y aura des rideaux dans vos maisons comme c’est le cas pour la Ka’aba. » C'est-à-dire que vous utiliserez des rideaux coûtant très cher. Il décrit là, la richesse dans laquelle vivront les musulmans.

Les compagnons ont demandé : « Ô Prophète d’Allah ! Notre situation sera-t-elle meilleure que celle d’aujourd’hui ? Serons-nous libres afin de pouvoir rendre culte à Dieu ? » [En d’autres termes] si nous serons aussi riches, pourrons-nous rendre à loisir culte à Dieu étant donné qu’il ne sera plus nécessaire de travailler ?

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Non ! Votre situation présente est meilleure. » C’est-à-dire : Vos actes d’adoration et votre niveau sont bien meilleurs que ceux de cette époque d’aisance.

Dans son ouvrage Sirat Khataman Nabiyyine, Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb a décrit l’émigration. J’en ai fait mention dans le passé en évoquant d’autres compagnons. Je l’évoquerai de nouveau ici brièvement. Au cours du mois de Rajab en la cinquième année de son prophétat, onze hommes et quatre femmes ont émigré en Abyssinie sous les directives de l’Envoyé divin. Mous’ab Bin ‘Oumayr en faisait partie. Il est fort étrange que la majorité de ces premiers immigrants appartenaient à de puissantes tribus des Qouraychites : rares étaient ceux issus des couches faibles. Ceci démontre deux choses : premièrement, même ceux qui appartenaient aux puissantes tribus de La Mecque n’étaient pas à l’abri des cruautés des Qouraychites. Deuxièmement, les faibles, comme les esclaves, étaient dans un tel dénuement qu’ils ne pouvaient même pas s’exiler. Les Qouraychites fulminaient de rage quand ils ont appris que cette « proie » s’était extirpée de leurs griffes. Ils ont envoyé leurs agents à leur poursuite, mais quand ils sont arrivés à la côte, le bateau avait déjà pris la mer et ils sont retournés déconfits. Une fois en Abyssinie, les musulmans ont vécu dans une grande sérénité ayant prié tout au long de leur voyage pour être à l’abri des cruautés des Qouraychites.

Lors de la première bai’ah d’Aqabah, douze individus de Médine ont prêté allégeance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Quand ils allaient rentrer, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a envoyé avec eux Mous’ab Bin ‘Oumayr afin qu’il puisse leur enseigner le Coran et l’islam. Il était connu comme Qari’ et Mouqri’ à Médine. Selon un autre récit, les tribus d’Aws et de Khazraj ont demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de leur envoyer un enseignant. Il a envoyé Mous’ab Bin ‘Oumayr. À Médine, Mous’ab a logé chez As’ad Bin Darara et il dirigeait les prières. Mous’ab a logé chez As’ad Bin Darara pendant un certain temps. Par la suite, il a logé chez Sa’d Bin Mou’adh.

Barâ’ Bin ‘Azib relate : « Les tous premiers compagnons émigrant vers Médine étaient Mous’ab Bin ‘Oumayr et Ibn Oumm Makhtoum. Une fois à Médine, tous deux ont commencé à nous enseigner le Coran. Ensuite ‘Ammar, Bilal, Sa’d et ‘Oumar Bin al-Khattab, accompagné de vingt compagnons, sont arrivés. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu par la suite. Jamais les Médinois n’étaient-ils aussi contents que le jour où le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est arrivé à Médine. Les garçons et les filles chantaient : « Vous êtes le Prophète d’Allah et vous êtes venu chez nous ! »

Dans son ouvrage Sirat Khataman-Nabiyyine, Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb déclare : « Ceux qui ont embrassé l’islam au Dar al-Arqam sont considérés comme les premiers musulmans. Les plus connus parmi eux sont Mous’ab Bin ‘Oumayr, qui appartenait au clan Banou ‘Abd-id-Dar. Il était très beau et très aimé par les membres de sa famille. Il avait été envoyé comme premier missionnaire à Yathrib avant l’émigration [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)]. L’islam s’est répandu par son entremise à Médine. »

Selon un autre ouvrage de Sirah, Mous’ab Bin ‘Oumayr était le premier à diriger la prière de Joumou’ah à Médine avant l’émigration. Avant la deuxième bai’ah d’Aqabah, Mous’ab a demandé la permission au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de diriger la prière de Joumou’ah à Médine. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui en a donné l’autorisation.

Mous’ab Bin ‘Oumayr a dirigé la première prière de Joumou’ah dans la maison de Sa’d Bin Khaysama à Médine. Douze individus de la ville étaient présents. Ils avaient égorgé une chèvre pour l’occasion.

Mous’ab Bin ‘Oumayr était le premier à diriger la prière du vendredi en islam. Or selon un autre récit c’était Abou ‘Amamah As’ad Bin Zurarah qui était le premier à diriger la prière du vendredi à Médine. En tout cas, Mous’ab était le tout premier missionnaire. Mous’ab et As’ad Bin Zurarah ont visité les différents quartiers des Ansar afin de prêcher le message de l’islam. Grâce aux prédications de Mous’ab, nombre de compagnons ont embrassé l’islam dont certains des plus éminents à l'instar de Sa’d Bin Mou’adh, ‘Abad Bin Bichr, Muhammad Bin Maslamah et ‘Ousayd Bin Houdayr.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad relate les efforts accomplis par Mous’ab en ces termes : « En partant de La Mecque, les douze nouveaux convertis musulmans ont dit au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Veuillez envoyer un précepteur avec nous, qui pourra nous enseigner l'islam et également le prêcher à nos frères idolâtres. » Le Saint Prophète a envoyé Mous’ab bin ‘Oumayr, un jeune homme très pieux de la tribu des ‘Abd-id-Dār avec eux. Un prédicateur islamique était appelé à l'époque Qāri’ ou Mouqri’, car la majeure partie de son travail consistait à réciter le Saint Coran, car c'était la meilleure méthode de prédication. Ainsi Mous’ab était-il également connu comme Muqri’ à Yathrib.

Lorsqu'il est arrivé à Médine, Mous’ab bin ‘Oumayr a logé au domicile d'As’ad bin Zourarah, le premier musulman de Médine et un dirigeant très sincère et influent. Sa maison a été transformée en centre de prédication et Mouṣ’ab a commencé à exercer ses fonctions avec diligence. Étant donné que les musulmans de Médine vivaient une vie collective et que la ville était relativement plus paisible, sur la proposition d'As’ad bin Zourarah, le Saint Prophète a ordonné à Mous’ab bin 'Oumayr de commencer à y accomplir la prière de Joumou'ah ; et c’est ainsi que les musulmans ont commencé leur vie en tant que communauté unifiée. Les bénédictions d'Allah étaient telles qu’en peu de temps l’islam a gagné en popularité dans chaque foyer de Médine. Les Aus et les Khazraj ont commencé à accepter l’islam très rapidement. Dans certains cas, l'intégralité d'une tribu acceptait l’islam en une seule journée. C’est de cette manière que la tribu des Banou 'Abdil-Ach’al a accepté l’islam, devenant musulmane immédiatement. C'était une branche très connue de la tribu d’Aus des Ansar et dont le chef était Sa'd bin Mou'adh. Non seulement était-il le chef de la tribu des ‘Abdoul-Ach’al, mais il était également le chef de toute la tribu des Aus. Quand l’islam a commencé à grandir en popularité à Médine, cela a rendu furieux Sa'd bin Mou’adh et celui-ci a donc tenté de l'arrêter ; mais il était étroitement lié à As’ad bin Zourarah. Tous deux étaient cousins, mais As’ad était devenu musulman. Pour cette raison, Sa’d bin Mou’adh ne s’adressait pas à lui directement pour éviter un différend. Il a dit à un autre de ses proches, Ousayd bin Al-Ḥouḍayr : « Je suis quelque peu gêné de dire quoi que ce soit à As’ad bin Zourarah. Mais toi va et empêche Mouṣ’ab de propager cette irréligion. Dis aussi à As’ad que ce mode de vie n'est pas correct. » Ousayd était issu des chefs vénérés de la tribu des ‘Abdoul-Ach’al, et son père était le chef de toute la tribu des Aus lors de la bataille de Bou’āth. Après Sa'd bin Mou'ādh, Ousayd bin Al-Ḥouḍayr avait une influence importante au sein de sa tribu. Par conséquent, suite à l’incitation de Sa’d, il s’est rendu chez Mous’ab bin ‘Oumayr et As’ad bin Zourarah. Il s'est adressé à Mouṣ’ab sur un ton colérique, en disant : « Pourquoi sèmes-tu l’irréligion au sein de notre peuple ? Cesse ces pratiques, sinon le résultat ne sera pas agréable ! » Avant que Mous’ab ne puisse répondre, Asa’d lui a doucement dit : « Il est un chef très puissant de sa tribu ; parle-lui avec beaucoup de courtoisie et d’amour. » Par conséquent, Mous’ab s'est adressé à lui sur un ton très respectueux et aimable, et a dit: « Ne vous fâchez pas ! Veuillez-vous asseoir et écouter ce que nous avons à dire tranquillement et vous pourrez formuler votre opinion. » Ousaiyd a trouvé que c'était une proposition raisonnable et s'est donc assis. Mous’ab lui a récité le Saint Coran et l'a éclairé avec amour sur les enseignements de l’islam. Ousayd en a été tellement ému qu'il a accepté l’islam tout de suite et a dit : « Il existe un autre homme derrière moi. S'il se convertit, toute notre tribu acceptera l’islam. Attendez ici, je vais l'envoyer. » Ousayd est parti et ayant recours à un prétexte quelconque, il a envoyé Sa’d bin Mou’ādh chez Mous’ab bin ‘Oumayr et As’ad bin Zourarah. Sa'd bin Mou’adh est venu et a dit furieusement à As’ad bin Zourarah : « As’ad tu abuses de tes relations familiales et ce n'est pas bien. » Mous’ab le calma tendrement et avec amour, puis il dit : « Prenez place ici et écoutez ce que j'ai à dire. Si alors il y a quelque chose de répréhensible, vous pouvez le rejeter. » Sa’d a répondu : « Très bien, cette invitation semble être raisonnable. » Reposant sa lance, il s'est assis, et de la même manière, Mous’ab lui a récité le Saint Coran et lui a exposé les principes de l’islam de sa manière très attrayante. Il n’a pas fallu longtemps pour que cette idole se soumette également (c.-à-d., Sa’d Bin Mou’adh s’est calmé) Et selon la coutume, Sa’d a pris un bain et a récité la Kalimat al-Chahādah. Après cela, Sa'd bin Mou’adh et Ousayd bin Al-Ḥouḍayr sont partis voir les membres de leur tribu et Sa'd les a interrogés d'une manière particulièrement arabe: « O Banou ‘Abdil-Ach‘al ! Quelle est votre opinion à mon sujet ? » Ils ont tous répondu à l'unisson : « Vous êtes notre chef et le fils de notre chef ! Nous avons pleinement confiance en vous. » Sa’d répondit : « Alors je n’ai rien à voir avec vous tant que vous ne croyez pas en Allah et en Son messager. » Après cela, Sa'd leur a expliqué les principes de l’islam, et le soir n'était pas encore venu, que toute la tribu s’est convertie à l’islam. Sa'd et Ousayd ont brisé de leurs propres mains les idoles qui appartenaient à leur peuple.

Sa'd bin Mou’adh et Ousayd bin Al-Houḍayr, qui ont accepté l’islam ce jour-là, étaient comptés parmi les compagnons les plus éminents et parmi les Ansar. Ils jouissaient sans aucun doute d’une éminence magnifique. En particulier, Sa'd bin Mou’adh a obtenu un statut parmi les Ansar comme l’a fait Abū Bakr parmi les Mouhajirin de La Mecque. Ce jeune homme s'est avéré être extrêmement sincère, remarquablement loyal et exceptionnellement dévoué envers l’islam et son Fondateur. Étant donné qu’il était également le chef de sa tribu et [un homme] très intelligent, il a acquis une position dans l’islam qui était distinctive ; en sus de cela, il était parmi les compagnons les plus éminents du Saint Prophète. Après sa disparition précoce, le Saint Prophète a prononcé les paroles suivantes : « La mort de Sa’d a même ébranlé le trône de Dieu. » Ces paroles étaient basées sur une réalité très profonde. Ainsi l’islam s’est-il répandu rapidement parmi les Aus et les Khazraj. Les Juifs regardaient ce spectacle avec terreur. Dans leur cœur, ils se disaient : « Dieu seul sait ce qui va se passer. »

Nombre de personnes ont embrassé l’islam grâce aux efforts de Mous’ab. En l’an treize de l’Hégire il s’est rendu à La Mecque avec une délégation de soixante-dix Ansar. Hazrat Mirza Bashir Ahmad en fait mention dans son ouvrage Sirat Khatamun-Nabiyyine en puisant de plusieurs sources.

Au cours du mois de Dhoul-Hijjah de l’an 13 du prophétat, à l’occasion du Hajj, des centaines de personnes des tribus d’Aus et de Khazraj sont venues à La Mecque. Parmi ces gens se trouvaient soixante-dix qui étaient devenus musulmans ou étaient désireux de le devenir, et qui s’étaient rendus à La Mecque pour rencontrer le Saint Prophète. Mous’ab bin ‘Oumayr était également de la partie. Sa mère était en vie et, bien qu’elle fût une idolâtre, elle l’aimait beaucoup. Lorsqu’elle eut été informée de sa venue, elle lui a envoyé ce message : « Viens d’abord me rencontrer avant d’aller ailleurs. » Mous’ab a répondu : « Je n’ai pas encore rencontré le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; je viendrai vous voir une fois que je l’aurai vu. » Il s’est présenté au Saint Prophète, et l’a mis au courant d’affaires importantes, puis a visité sa mère. Elle était très en colère. Quand elle l’a vu, elle s’est mise à pleurer et à se plaindre. Mous’ab a dit : « Mère ! Je vais vous dire quelque chose de merveilleux, de très bénéfique pour vous, qui mettra fin à tout désaccord. » Sa mère de demander : « Qu’est-ce donc ? » Mous’ab a répondu avec douceur : « Abandonnez le culte des idoles, devenez musulmane et croyez dans le Saint Prophète. » Or, elle était une fervente idolâtre, et dès qu’elle a entendu cela, elle a commencé à faire du bruit en disant : « Je jure par les étoiles que je n’entrerai jamais dans votre religion ! », et a signalé à ses proches de capturer Mous’ab, mais il s’est échappé. »

Je présenterai d’autres récits à propos de Mous’ab bin ‘Oumayr. Je m'arrête ici étant donné que je vais diriger la prière funéraire de deux personnes en l’absence de leurs dépouilles. Je vais mentionner quelques points à leur sujet. À l’avenir, Incha Allah, je reviendrai vers Mous’ab bin ‘Oumayr.

La première prière funéraire est celle de Malik Munawar Javed Saheb, fils de Malik Muzaffar Ahmad : il est décédé le 22 février dernier à l’âge de 84 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Il souffrait du foie depuis un certain temps et avait été hospitalisé dix jours à la Tahir Heart Institute avant de rendre l’âme. Le défunt était Moussi. Il laisse derrière lui son épouse, quatre filles et deux fils. Le grand-père paternel de Malik Munawar Javed Saheb était le Docteur Muzaffar Chaudhry Saheb, originaire de Dharam Kot et son grand-père maternel, Sheikh Abdul Karim Saheb, était originaire de Ghazi Pur du district de Sarghodah. Ces deux aïeuls avaient prêté allégeance sur la main du Messie Promis (a.s.) et étaient ses compagnons.

Malik Munawar Javed Saheb s’est marié en 1968 à Salma Javed Sahiba : celle-ci était la fille de Sufi Hamid, qui était lui-même le fils de Hafiz Sufi Ghulam Mohammad, missionnaire de l’île Maurice et compagnon du Messie Promis (a.s.). Le docteur Zafar Hussain, un autre compagnon du Messie Promis (a.s.), était le grand-père maternel de l’épouse du défunt. Hafiz Sufi Ghulam Mohammad, missionnaire de l’île Maurice, faisait partie des trois cent treize compagnons du Messie Promis (a.s.). Les grands-pères maternels et paternels de Malik Munawar Javed Saheb et de son épouse étaient tous quatre des compagnons du Messie Promis (a.s.), par la grâce d’Allah.

Malik Munawar Javed Saheb relate comment il avait décidé de dédier sa vie : « En 1982, j’ai écouté un discours du quatrième Calife prononcé lors de l’Ijtima’ de l’Ansarullah, dans lequel il a évoqué l’importance du Waqf. À la fin il a prononcé une phrase qui disait : « Ne souhaitez-vous pas que vous preniez votre dernier souffle en tant que personne dédiée ? » Cette phrase a été un tournant dans ma vie. Je me suis demandé si je pourrai moi aussi dédier ma vie. »

En tout cas, il a pris la décision de se dédier et en a fait la requête au quatrième Calife le 10 août 1983. Feu le Calife a approuvé son waqf le 18 août 1983 et lui a demandé de se présenter après avoir clos ses affaires. Il était en effet un businessman à l’époque. Le 28 août 1983, feu le quatrième Calife l’a affecté au département San’at-o-Tijarat. Avant de se dédier, le défunt avait travaillé pendant seize ans au sein du secrétariat de l’Etat du Punjab. Par la suite, il s’était mis sur son compte pendant dix ans. En novembre 1983, il a été nommé directeur du magazine The Review of Religions et en 1984 au département du Ziyafat. Du 20 avril 1983 jusqu’en juillet 2016, il a servi en tant qu’adjoint du Nazir de l’hospitalité. Il a servi comme premier secrétaire du comité sur la tutelle des orphelins lors de la formation dudit comité en 1990. Il a occupé ce poste pendant environ 20 ans. De 1968 jusqu’en 1970, il a servi au sein du Khouddamoul Ahmadiyya du Pakistan en qualité de Qaïd de la province et de la région de Lahore, soit pour environ dix ans. Il a servi au sein de l’Ansarullah de 1984 jusqu’en 2014. Pour trente-et-un ans il a servi en tant que Qaïd du Tahrik-é-Jadid, Qaïd Tarbiyyat, Qaïd Icha’at au sein de l’Ansarullah. Pendant ses cinq dernières années il a servi en tant que l’adjoint du Sadr de l’Ansarullah du Pakistan. Le défunt relate l’incident suivant qui s’est passé lorsqu’il était fonctionnaire. « Notre chef était un adversaire acharné de l’Ahmadiyya et il faisait venir des Mollahs pour débattre avec moi. Un jour il a fait venir le Professeur, ‘Allama Khalid Mahmood, grand érudit de l’époque. On a commencé à discuter et quand il a été à court d’arguments, il a commencé à m’insulter dans sa colère (comme le font tous les Mollahs d’ailleurs). Mon chef a eu peur que la situation ne s’envenime. Sur ce, l’érudit a tenté de consoler mon chef qui s'appelait Abdur Rahman. Les paroles de l’érudit démontraient qu’il avait la certitude que les ahmadis étaient en lien avec Allah. Il a dit : « Ces gens, [les ahmadis] ont commis des tant d’outrages contre Allah, son Prophète et le Coran, qu’Allah les auraient certainement détruits. Mais Il ne l’a pas fait et ils arrivent à se sauver parce qu’ils pleurent beaucoup dans leur Salat. »

Le défunt a dit à l’érudit : « Donnez-moi cela par écrit. » Il a demandé : « Pourquoi faire ? Si je te donne cela en écrit aujourd’hui, tu vas le publier dans un journal le lendemain. »

Ainsi ils sont contraints d’avouer que les prières et les pleurs des ahmadis leur sont bénéfiques et qu’Allah les écoute. En dépit du fait que, [à leurs yeux] nous soyons « égarés », ils sont certains qu’Allah nous écoute. Qu’Allah ouvre les yeux de ces gens : ils sont en train d’égarer la population. Qu’Allah préserve cette dernière de leurs mensonges et de leur tromperie.

Usama Azhar, l’aide du responsable du département de l’hospitalité relate : « Malik Munawar Javed Saheb était un très bon gestionnaire. Il se levait la nuit pour faire des rondes à la Dar-uz-Ziafat et prenait les rapports des travailleurs. Selon le temps qu’il faisait, il leur fournissait du thé et des œufs. Il était d’une grande bienveillance à l'égard des travailleurs de la Dar Uz Ziafat. Il était au courant de la situation familiale de chacun d’entre eux et tentait de les aider financièrement de manière discrète. »

Son gendre, qui est aussi son neveu, relate : « Le défunt m’encourageait tout le temps à accomplir la Salat, à être proche du Califat et à servir la religion. Il m’a raconté qu’après sa retraite, il avait décidé de réduire à moitié ses contributions dans les fonds volontaires. Il a fait sa liste de contributions et il s’est endormi. Dans un rêve il a vu qu’Allah est venu à Sa rencontre et lui a dit ceci : « Je suis le maître du monde. J’ai entendu que tu as réduit à moitié tes contributions. Viens je vais te faire visiter Ma création. » Le défunt relate : « Allah m’a montré Ses montagnes, Ses jungles, Ses vallées, Ses rivières et Ses jardins. Étant donné que Je suis le Maitre de tout cela, pourquoi te fais-tu des soucis ? » J’ai ouvert les yeux et j’ai abandonné l’idée de réduire à moitié mes contributions. J’ai continué à contribuer comme dans le passé. »

Son épouse relate : « Lorsque mon mari faisait des affaires avant qu’il ne se dédie, il plaçait de l’argent dans sa poche, se vêtait de son manteau durant les nuits froides et il disait : « Le nécessiteux que je rencontrerai en pareille situation sera certainement dans un grand besoin. » Il rencontra ainsi quelqu’un qui était très inquiet. L’individu raconta que sa mère était gravement malade et qu’il n’avait pas d’argent. Il lui a offert toute la somme ; puis il est rentré à la maison. »

Asif Mujib, missionnaire et travaillant comme aide au Nazir Ziafat, relate : « Parfois en raison de la foule, on peinait à fournir des logements aux invités. Certains invités utilisaient des paroles très dures devant tout le monde et parfois en venant au bureau. Mais le défunt écoutait tout calmement. Parfois, il présentait ses excuses les mains jointes. Certains de ces invités avaient le même âge que ses enfants. Un jour après le départ des invités j’ai dit : « Malik Saheb ! Cela me peine beaucoup que vous ayez demandé pardon à cet enfant en joignant vos deux mains. » Il m’a répondu : « Pourquoi cela te fait-il de la peine ? C’est bien moi qui ai demandé des excuses en joignant les mains. Le Messie Promis (a.s.), qui est l'hôte de ces invités courait derrière ces derniers les pieds nus afin de les convaincre de retourner. »

Asif relate : « J’étais un jour dans son bureau quand il m’a raconté l’incident suivant. Un vieux était venu dans le bureau tout en colère et a dit au défunt : « Est-ce bien toi Malik Munawar Javed ? » Le défunt lui a répondu : « Oui, c’est bien moi. » Le vieux lui a demandé : « Est-ce le Langar Khana de ton père ? » Le défunt a répondu : « Non mon cher. Il s’agit du Langar Khana du Messie Promis (a.s.), de notre père en commun. » En entendant cela il s’est calmé et il a raconté avec douceur et d’une façon aimable ce qui l’avait contrarié et ensuite il est parti.

Parfois les invités outrepassent les limites, je reçois aussi des plaintes m’informant de ce qui se passe dans le Dar-uz-Ziafat, et lorsque je diligente une enquête il en ressort que les invités manquent également de patience. Certes nos départements doivent les respecter mais les invités doivent également faire preuve de hautes qualités morales, et lorsque de telles situations se présentent il faut essayer de coopérer avec les responsables.

Le défunt a rempli à merveille son devoir de Waqf. Lorsque j’étais superviseur général : je supervisais également la restauration, et il était mon adjoint. J’avais remarqué qu’il avait un souci permanent pour les biens de la communauté, et il ne se retenait jamais pour dire ce qui était juste. Malgré le fait qu’il était mon adjoint, s’il voyait que quelque chose était plus profitable pour la communauté que ce que j’avais proposé, alors sans hésiter, il donnait son avis qui allait à l’encontre du mien, en disant que si on agit de la sorte ce sera mieux. Chaque Waqif-é-Zindagi doit cultiver cette qualité en lui, celle de donner son avis de façon respectueuse et de la bonne manière. Il avait une relation de grande fidélité avec le Califat qu’il exprimait dans chacune de ses lettres. Il m’a rencontré à deux reprises, et à chaque fois qu’il m’a rencontré, je me suis rendu compte de cela. 

Qu’Allah fasse preuve de miséricorde et de pardon à son égard, qu’Il exalte son rang, qu’Il accorde la patience à sa femme et à ses enfants, et qu’Il leur permette de perpétuer ses actions pieuses. 

La deuxième prière funéraire sera celle du Professeur Munawar Shamim Khalid, fils de Sheikh Mahboob Alim Khalid, qui décéda le 16 février dernier à Rabwah à l’âge de 81 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Comme je l’ai mentionné, son père était Sheikh Mahboob Alim Khalid, qui était le premier proviseur et professeur du Lycée T.I. Le troisième Calife l’avait nommé Nazim Bait-ul-Maal Amad, il occupa cette fonction pendant une très longue période. Ensuite le quatrième Calife l’a nommé président de l’Anjuman Ahmadiyya. Shamim Khalid est son fils aîné. Il laisse derrière lui sa deuxième épouse Shahida Munawar Shamim, et son fils Khalid Anwar qu’il a eu de sa première épouse, et qui réside actuellement au Canada. En 1964, lorsque le troisième Calife était le proviseur du lycée et président de l’Anjuman Ahmadiyya, il avait annoncé le Nikah de Munnawar Shamim Khalid dans la mosquée Mubarak, et à cette occasion Hazrat Mirza Nasir Ahmad, troisième Calife, avait également dit : « Le Professeur Munawwar Shamim Khalid qui est le fils de mon très proche ami Professeur Mahboob Alim Khalid, m’est aussi cher que mes propres fils. » Le troisième Calife était très proche de son père. Il a servi au sein de la section centrale du Majlis-e-Ansarullah pendant 28 ans. Tant que les lycées n’ont pas été nationalisés, il a enseigné au lycée T.I., je pense que même lorsqu’il a été nationalisé, il a passé la majorité de son temps dans le lycée de Rabwah. 

J’ai déjà mentionné qu’il était le fils de Mahbood Alim Khalid, son grand-père était Maulvi Farzand Ali, qui était l’ancien Imam de la mosquée de Londres, et qui a également servi en tant que Nazir Bait-ul-Maal. La deuxième épouse de Munawar Shamim Khalid, Madame Shahida écrit : « Munawar Shamim Khalid possédait de nombreuses qualités. Sa plus grande qualité était son grand amour pour le Califat ainsi que son obéissance. Il écoutait les sermons avec une grande attention, et en tirait les points importants. Il jeûnait et priait régulièrement, et était également régulier dans la prière de Tahajjud, et faisait régulièrement les cinq prières quotidiennes en congrégation. Lorsqu’il ne pouvait se rendre à la mosquée en raison de sa maladie, cela l’affectait beaucoup, et il disait souvent : « Je ne peux me rendre à la mosquée. » 

Il a fait preuve de beaucoup de patience et de courage durant sa maladie et jamais ne s’en était-il plaint. Il disait toujours : « Alhamdou lillah ». Le fait de servir dans la voie de la religion avec sincérité, fidélité et efforts faisait partie de ses grandes qualités. Il travaillait discrètement. C’était une personne bienveillante, fidèle, et qui s’adressait aux autres d’une façon aimante. Lorsqu’il enseignait au lycée, j’avais également été parmi ses élèves pendant un temps. Par la suite, quand je suis devenu Amir local et superviseur général, il était très respectueux à mon égard : il ne m’a jamais fait ressentir que j’étais jadis son élève. 

Il était très obéissant envers le Califat et envers les responsables hiérarchiques de la communauté. Sa relation après que je sois devenu Calife était également remarquable. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard, qu’Il l’élève parmi ses bien-aimés, et qu’Il permette à ses proches de perpétuer ses actions pieuses. Après la prière du Joumou’ah je vais Incha Allah diriger la prière funéraire de ces deux personnes en l’absence des corps. 


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