Sermon du vendredi 01 mai 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

[Pour le sermon d’aujourd’hui] j’évoquerai quelques personnes décédées récemment. Chacun d’entre ces individus appartenait à une différente profession ; ils avaient différentes occupations et leurs niveaux d’éducation étaient différents. Mais le point commun entre eux étaient qu’ils avaient respecté, à la hauteur de leurs moyens, le serment de donner préséance à la foi sur ce monde. Ils avaient respecté l’allégeance qu'ils avaient prêté au Messie Promis (a.s.), ils étaient d’une fidélité et d’une sincérité parfaites à l’égard du Califat et s’acquittaient pleinement de leurs devoirs envers autrui. Allah avait envoyé le Messie Promis (a.s.), le serviteur parfait du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), afin d’encourager les gens à suivre les beaux enseignements de l’islam : ces personnes en étaient les preuves et les exemples pratiques.

J’ai parlé d’un point commun. En fait il n’y en a pas qu’un seul : ils possédaient en effet de nombreuses qualités communes. En entendant les récits de leur vie, on comprend avec certitude que c’est en se liant au Messie Promis (a.s.) qu’on pourra savoir comment établir un lien véritable entre Dieu et l’homme à notre époque. C’est grâce à lui qu’on aura la certitude parfaite que Dieu est vivant et qu’on pourra se soumettre à Son plaisir comme il se doit.

Le premier des défunts était un de nos missionnaires. Il se nommait Zulfikar Ahmad Damanik et servait comme missionnaire régional en Indonésie. Il est décédé le 21 avril à l’âge de quarante-deux ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Le défunt est né le 24 mai 1978 dans la région nord de Sumatra. Son père se nommait Syahrol Damanik et son grand-père paternel se nommait Syahnur Damanik. Ce dernier était le premier ahmadi de la famille. Il avait fait la bai’ah par l’entremise du Maulana Zaini Dalan, en 1944.

Zulfikar Saheb, le défunt, avait étudié à la Jamia Ahmadiyya d’Indonésie de 1997 jusqu’en 2002. À l’époque la formation était de courte durée. Pendant dix-huit ans il a servi comme missionnaire dans différentes régions. Il laisse derrière lui son épouse, Mme Maryam Siddika et quatre enfants : Jazib, Aisya Khawla, Khaira Fatimah et Khairasyah Nasira. Le fils aîné a 15 ans et sa fille cadette a 8 mois. Ils sont tous des Waqifin-e-Nao.

Le missionnaire Miraj ud Din d’Indonésie relate : « Zulfikar Saheb était un missionnaire accompli et assidu. Là où il était affecté, il a accompli avec excellence toute tâche relevant de l'éducation [des membres], de prises de contact et de prédication. Le défunt s’adressait avec bienveillance à tout un chacun et il avait des relations amicales avec tout le monde. Il était toujours souriant et ne faisait jamais de requêtes. Au contraire, il demandait tout le temps aux autres de prier pour lui. »

Ce sont là les qualités que doivent posséder un Waqif-e-Zindagi. C’est à Dieu qu’il doit faire ses requêtes et non pas aux autres. Ceci est une qualité très importante que tout Waqif-e-Zindagi doit posséder.

Le défunt, par la grâce d’Allah, a eu l’occasion de faire de nombreux convertis. C’est ainsi qu’il a pu participer à la Jalsa Salana [du Royaume-Uni] en 2018 sous l’égide de la Jama’at. Sur le terrain, il complétait ses tâches après avoir fait un bon planning et c’est pour cette raison qu’il réussissait partout. »

Asif Muin, un autre missionnaire, évoque les qualités du défunt en disant : « Il possédait de nombreuses qualités. Il était très pieux et obéissant. »

Il était malade depuis un certain temps. Mais même au cours de sa maladie il accordait priorité aux œuvres de la Jama’at.

Le missionnaire relate : « J’ai eu l’occasion de travailler avec le défunt lorsqu’il était affecté comme missionnaire régional de Riau. Il faisait preuve d’un grand sens de leadership. Il avait établi des liens fermes avec les autorités centrales et de la province. Ceci lui a permis de faire plusieurs conférences dans des universités. En sus de cela, il a pu rétablir des liens avec des générations perdues de la province et leur faire connaître la Jama’at. Il a fait ces campagnes dans toute la province. Il a pu rétablir la Jama’at de Senggigi après vingt-ans [d’inactivité]. »

Pour contacter ces « générations perdues », il faut atteindre de petites îles par bateau. Les voyages entre deux îles durent environs deux heures ou deux heures et demie. En dépit d'être malade, le défunt disait que tant qu’il aura la force de servir, il le fera, et ce jusqu’à son dernier souffle. Suite à ses voyages, quatre familles, par la grâce d’Allah, ont embrassé l’Ahmadiyya.

Le défunt subissait des dialyses à l'hôpital. Même malade, il était venu pour une rencontre de la Jama’at locale. Lorsqu’un Khadim lui a demandé pourquoi il s’était mis en difficulté il a répondu : « Tant que je serai en vie je participerai dans tous les programmes de la Jama’at. Même si je suis malade je souhaite toujours servir la religion. »

Ceci est l’esprit qui doit animer tout Waqif-e-Zindagi : il ne doit pas s'inquiéter pour un rien et s’en plaindre [aux autres].

Muzaffar Ahmad, un autre missionnaire d’Indonésie, raconte : « J’ai eu l’occasion d’étudier avec le défunt à la Jamia. On s’est rencontré pour la dernière fois à Qadian. C’était peut-être cette année-ci. Avant de s’y rendre et quand il était très malade, le défunt priait pour qu’Allah lui accorde encore un peu plus de temps afin de pouvoir se rendre à Qadian. Il a pu aussi accomplir la ’Oumrah à La Mecque, et rencontrer le Calife et il souhaitait se rendre à Qadian. Allah a exaucé ce dernier vœu et il a pu visiter Qadian. La Jalsa avait été annulée l’année dernière mais les visiteurs étaient déjà sur place. Il a eu l’occasion de prier librement. »

Le missionnaire ajoute : « En raison du climat dur et du froid, la santé du défunt s’était détériorée. Et il a dû retourner en Indonésie dans les plus brefs délais. Mais même dans cet état précaire, ses souhaits ont été exaucés : il a pu prier dans la Bait-ud-Dua et à la mosquée Moubarak. Je l’ai placé sur une chaise roulante et nous avons visité la Bahishti Maqbarah, où il a pu prier. »

« Le défunt était un missionnaire très assidu. En dépit de la gravité de sa maladie il n’a jamais baissé les bras et terminait toute tâche de la Jama’at qu’on lui confiait. »  

Sajid Saheb, un autre missionnaire relate : « En dépit d’être notre supérieur, le défunt prenait, sans hésiter, l’opinion de ses subalternes dans le domaine de la prédication. Il faisait montre d’une grande humilité. Le défunt était très déterminé. Il était tombé malade l’année dernière, mais dès qu’il a recouvré sa santé, il a parcouru une longue distance pour participer à l’Ijtima’ du Khouddam oul Ahmadiyya. »

Basuki Saheb écrit : « Durant les trois dernières années, j’ai été affecté comme missionnaire en charge au siège de la mission et lorsque j’ai pris contact avec les missionnaires sur le terrain, j’ai constaté que le défunt faisait un très bon planning pour son travail. Afin de favoriser l’essor de la prédication, il gérait très bien le travail des prédicateurs et des missionnaires locaux. Il me disait qu’il fallait mettre à jour le nombre des convertis afin d’encourager les prédicateurs de la région qui travaillent sur le terrain. »

C’est là la méthode appropriée. Il faudra prendre en compte le nombre de convertis et en informer les prédicateurs et leur demander des rapports. C’est ainsi que les prédicateurs seront actifs et qu’on pourra intégrer les nouveaux convertis dans le système de la Jama’at.

Sarmad Saheb, un autre missionnaire, relate : « Le défunt était passionné de prédication. Nous avons préparé une campagne de prédication pour la région de Bantu Pane, au nord du Sumatra, jusqu’à la région de Sosa sur la frontière de l’Etat. Le défunt a préparé des programmes avec beaucoup de détermination et d’espoir dans ce cadre et par la grâce d’Allah cette campagne a duré longtemps. Par la suite en raison de manque de fonds, cette campagne a ralenti ; cependant elle a porté ses fruits et la majorité des nouveaux convertis étaient de cette région.

Il disait souvent : « Il ne faut pas désespérer. La prédication et mettre en terre les semences est notre tâche. Il se peut que quelqu’un d’autre fasse la récolte. »

En tout cas, il était très déterminé et il a assumé pleinement les responsabilités de son Waqf. Qu’Allah exalte son rang. Il a respecté son serment d’allégeance ainsi que son engagement de Waqf avec excellence. Qu’Allah ne cesse de rehausser son rang. Qu’Il protège sa femme et ses enfants, et qu’Il soit aussi leur Soutien.

La deuxième personne décédée que j’évoquerai est le Docteur Pir Mohammad Naqi-ud-Din Saheb d’Islamabad, au Pakistan. Il est décédé le 18 avril dernier. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Une semaine ou dix jours avant son décès il a montré les symptômes du Coronavirus. Il a été hospitalisé. Son état s’était stabilisé dans un premier temps. Mais le 18 avril son état s’est dégradé et a été transféré aux soins intensifs où il a rendu l’âme dans la soirée. Il laisse derrière lui son épouse, un fils et quatre filles. Ils sont tous mariés et vivent dans leurs foyers respectifs. 

Les aïeuls paternels et maternels de Pir Mohammad Naqi-ud-Din Saheb sont tous des enfants des compagnons du Messie Promis (a.s.). Dans son arbre généalogique on rencontre Sufi Ahmad Jan. Son grand-père paternel, Hazrat Pir Mazhar ul Haq Saheb, et grand-père maternel, Master Nazir Hussain Saheb, étaient tous deux d’éminents compagnons du Messie Promis (a.s.).

Hazrat Pir Mazhar ul Haq Saheb avait étudié dans la même classe que le Mouslih Maw’oud à la Madrassa Ahmadiyya de Qadian.

Durant son enfance, Hazrat Pir Mazhar ul Haq Saheb avait émigré de Ludhiana pour s’établir à Qadian. Et pendant six mois il avait eu l’honneur de vivre dans la maison du Messie Promis (a.s.). La mère du défunt était la petite-fille de Hakim Mohammad Hussain Saheb, Marham-e-Isa.

Dr Pir Mohamad Naqi-ud-Din Saheb, le défunt, avait environ un an en 1947, lors de la partition de l’Inde. C'est-à-dire qu’il serait né en 1946. Il était âgé de 74 ans [au moment de son décès]. Il a accompagné sa famille qui a quitté Qadian pour s’établir à Lahore dans un premier temps. Ensuite la famille s’est établie à Mailsi dans le district de Vehari. Il a complété ses études de médecine en 1970 au Nishtar Medical College. Ensuite il s’est établi à Islamabad en 1976-1975. Il a été employé dans une polyclinique d’un hôpital de l’Etat. Après y avoir servi pendant quelque temps, il s’est rendu en Iran où il a travaillé pendant quelques années. Ensuite il est retourné au Pakistan et a ouvert sa clinique à Islamabad où il a travaillé pendant les 25 ou 30 dernières années. Par la grâce d’Allah, cette clinique marchait très bien et il a rendu de grands services aux pauvres.

Le docteur Abdul Bari Saheb, l’Amir de la Jama’at d’Islamabad, relate : « Le Dr Pir Mohamad Naqi-ud-Din Saheb a servi comme Qadi (médiateur) au sein de la Jama’at d’Islamabad depuis plus de douze ans. Tous ses verdicts étaient basés sur le Coran et la Sounnah et étaient très appréciés par les parties concernées. Il était d’une grande courtoisie, humble, emplie d’affection, bienveillant envers les pauvres et apprécié de tous. Il rencontrait tout le monde le sourire au visage. Il était médecin de profession et servait la création d’Allah matin et soir avec une grande passion. Sa clinique était toujours ouverte pour les démunis de la Jama’at et les autres malades dans le besoin. Il les traitait le plus souvent gratuitement. Ses services n’étaient pas limités aux membres de la Jama’at. Son cœur et sa clinique étaient toujours ouverts pour les autres aussi. Il était un bienfaiteur pour tout le monde. Il avait un grand cercle de connaissances dont un nombre important de non-ahmadis. Allah l’avait doué d’une grande éloquence : il profitait de toute occasion pour transmettre le message de la vérité aux autres. » En dépit de la situation [qui sévit au Pakistan] il y prêchait le message [de l’Ahmadiyya].

Le défunt raconta à [l’Amir d’Islamabad] : « Quand j’ai passé mes examens de médecine en 1970, je suis allé à Rabwah pour rencontrer mon grand-père, Hazrat Pir Mazhar ul Haq Saheb. Je lui ai donné la bonne nouvelle que je suis le tout premier médecin de la famille. Mon grand-père en a été très content et m’a prodigué plusieurs conseils dont celui-ci : « En sus de prescrire des médicaments à tes malades, prie pour eux, car le Messie Promis (a.s.) disait que le médecin qui ne prie pas pour ses malades et qui se fie uniquement à ses soins est coupable de polythéisme. » »

Le Dr Pir Mohamad Naqi-ud-Din Saheb, le défunt, a dit : « Cela fait cinquante-ans que je suis médecin. Durant toutes ces années, j’ai suivi le conseil de mon grand-père. Je ne me suis pas contenté de traiter à faible coût mes malades et à agir envers eux avec courtoisie, mais j’accomplissais tous les jours, sans les rater, deux Raka’at de Nawafil pour mes malades et je priais pour eux. »

C’est là la méthode que doit adopter tous nos médecins. Ils ne doivent pas se fier uniquement à leurs aptitudes professionnelles et à l’efficacité des médicaments. Tout en soignant les malades, ils doivent les traiter avec gentillesse et doivent absolument prier pour eux. Il serait encore mieux s’ils pouvaient accomplir des prières Nawafil (facultatives) [en leur faveur].

Uzma Naqi Saheba, l'épouse du défunt, partage ceci : « Mon mari était un ahmadi très sincère et fidèle. Il était passionné fou de prédication. Il a pu faire plusieurs convertis au cours de sa vie. Et il a pu convaincre de nombreuses personnes quant à la véridicité de l’Ahmadiyya. »

Il existe de nombreuses personnes qui n’embrassent pas l’Ahmadiyya par peur ou pour d’autres raisons. Mais il les a convaincus tout au moins quant à la véracité de l’Ahmadiyya et les a réduits au silence. Par la suite il a maintenu de bonnes relations avec ces personnes.

Son épouse ajoute : « Il accomplissait deux Raka’at de prière en leur faveur. En raison de son affection pour eux, il se rendait à sa clinique en dépit de l'épidémie afin que ses patients ne s'inquiètent pas. Il a pris congé uniquement lorsqu’il a attrapé une fièvre. Il était très attentif à l’égard de ses patients et il priait pour eux. De même, il était un fils très obéissant, un mari exemplaire, un père bienveillant et aimant, empli d'affection pour ses sœurs, frères et amis et bienveillant à l’endroit de l’humanité [entière]. Il avait une relation profonde avec le Dieu vivant : il priait abondamment et le Dieu Vivant et Eternel répondait à ses prières. »

Son épouse ajoute : « Une de nos filles n’avait pas eu d’enfant après quelques années de mariage. Il priait beaucoup pour elle. Nous avions passé une nuit chez notre fille. Le matin lorsque mon mari est sorti des toilettes, peut-être après ses ablutions à l’heure du Tahajjoud ou de la Salat [du matin], il s’est penché légèrement. Quand je lui en ai demandé la raison, il m’a répondu qu’il y avait un enfant sur le lit. Selon un autre récit, il avait fait une vision. Il avait vu un enfant qui était sur le lit et était sur le point de tomber. C’est pour cette raison qu’il s’était penché pour tenter de l’attraper. Quelques temps après cet incident, Allah a gracié sa fille en lui accordant un fils, tandis que les médecins avaient perdu tout espoir. »

Qu’Allah fasse que cet enfant soit pieux et un serviteur de la religion. Arshad Ejaz, son neveu, qui est aussi son gendre, a déclaré : « Le défunt était l'aîné parmi mes oncles maternels. Depuis que j’ai atteint l’âge de la raison j’ai entendu et vu beaucoup de choses à son propos. Il priait beaucoup et avait une grande sympathie pour les pauvres. Empli d’abnégation, très pur, même dans des situations des plus difficiles, il accordait priorité aux commandements de Dieu et de Son Prophète. Lorsqu’on devait prendre conseil avec quelqu’un sur une affaire familiale, concernant la Jama’at ou le monde, la première personne qui venait à l’esprit était notre défunt oncle. Il avait fait une autre vision [à propos d’une chose] que personne ne savait à propos de la MTA. C’était peut-être en 2010. Les téléphones à écran tactiles n’étaient pas encore communs (au Pakistan, du moins). J’étais avec mon oncle et il m’a raconté ceci : « Quelques temps de cela j’ai vu qu’on a fait une annonce ou qu’on a fait un appel à la prière. Les gens ont fait sortir un objet de leurs poches et l’ont placé à l’oreille. On m’a fait savoir que c’était l’heure du sermon du Calife et tout le monde était en train d’écouter le sermon en direct. » Aujourd’hui nous sommes témoins de l’accomplissement de cette parole toutes les semaines. »

Il ajoute : « L’affiliation à la famille de Sufi Ahmad Jan était source d’honneur pour le défunt. À cet égard, il disait aussi aux autres membres de la famille qu’il fallait établir un lien personnel avec Dieu. Appartenir à la famille d’un illustre personnage n’est pas en soi une excellence. Il est essentiel d'avoir une relation personnelle avec Dieu. Il était toujours passionné de prédication. » « Il en était presque fou, » écrit son gendre.

Les autres aussi ont écrit à propos de la même chose : je ne pourrai faire mention de tout cela ici. Il était passionné de prédication et il puisait ses arguments du Coran de manière efficace pour prêcher le message de l’Ahmadiyya.

« Lors des Jalsas il invitait des non-ahmadis à la maison, leur offrait un repas exquis et les faisaient suivre la Jalsa. Ceci lui ouvrait la voie pour le Tabligh. »

Son gendre ajoute : « Lorsque l’épidémie de Coronavirus a frappé, mon oncle n’a pas fermé sa clinique. Au téléphone j’ai tenté de le convaincre à maintes reprises de ne pas s’y rendre. Il répondait tout simplement : « Que fera le malade si le médecin reste à la maison ? » Il présentait d’autres réponses qui me laissaient sans réponses. Même lorsqu’il était très malade, il partait à la clinique. Il disait tout le temps : « Je viens servir ici. Je suis en train d’accomplir mon devoir ici. Je n’ai pas pour objectif de me remplir les poches. »

Sa fille, Aisha Nur-ud-Din, relate : « Mon père était très bienveillant et il priait beaucoup. Il nous encourageait tout le temps à prier et à établir une relation avec Dieu. Lorsqu’on lui demandait de prier pour nous, il nous répondait : « Priez, vous aussi, et je vais prier pour vous. » Après avoir demandé la direction de Dieu, il nous racontait ses rêves. Dans sa profession il avait guéri des milliers de personnes, et il en avait traité gratuitement des milliers d’autres et les a soutenus. Ses honoraires étaient bas, puisque la majorité de ses malades étaient des pauvres. Mon père était un Coran ambulant. Lorsqu’on souhaitait quelque directive du Coran, il citait le verset de mémoire et en présentait ensuite la traduction et nous l’expliquait. Il avait un tel amour pour le Califat que dès que le sermon avait commencé à être diffusé en directe, il avait fait installer une antenne parabolique afin que les gens pussent venir suivre la MTA à la maison. En raison de son amour pour le Califat, il invitait des non-ahmadis à venir écouter le discours de clôture de la Jalsa Salana. Il leur faisait suivre la session de la bai’ah et leur présentait un repas copieux en disant qu’il s'agissait des invités du Messie Promis (a.s.). »

Sa fille, Wardah, relate : « Depuis l’enfance, il a insufflé en nous l’habitude d’accomplir la Salat, de jeûner, de payer nos contributions à l’heure, de faire de l’aumône. Pour notre mariage il a pris en considération uniquement la foi. Il ne s’est jamais soucié des choses de ce monde. Depuis notre enfance il nous a enseigné que tout désir n’est pas assouvi immédiatement. C’est pour cette raison qu’il faut toujours avoir recours à la prière et à la patience. »

Abdul Quddus, son gendre, raconte : « Mon beau-père était comme un père pour moi. Je souhaitais tout le temps le rencontrer afin d’apprendre de nouveaux points sur le commentaire d’un verset ou sur une question de controverse. Au début après mon mariage, je n’étais pas très à l’aise avec mes beaux-parents. Mais il a fait montre d’une telle affection que tout embarras a disparu. Le défunt n’était point intéressé par les affaires de ce monde, par la politique, la mode ou les tendances de l’époque. Ces sujets préférés étaient le culte de Dieu, le Coran, la connaissance religieuse et la moralité. Il était un roc inébranlable contre les innovations. Lors des mariages il interdisait fermement toute coutume malséante. Si les filles chantaient une chanson qui avait le moindre relent du polythéisme, il l’interdisait immédiatement et sévèrement. »

Quratul-‘Ayn Hadiya, sa fille, dit, quant à elle : « Il m’a toujours conseillée de ne pas nourrir de mauvaises pensées à l’égard d’autrui, de considérer mes beaux-parents comme mes proches, de ne nuire à personne par mes actions ou mes propos. Il m’a aussi dit qu’être bienveillant envers un de ses proches n’est pas en soi une excellence. Bien traiter celui qui vous maltraite est une excellence. »

Ceci est l’enseignement de l’islam. Le Messie Promis (a.s.) explique, à notre époque, que ce sont ces excellences qui vont tourner l’attention des autres et les attirer vers nous.

Elle ajoute : « Il disait que semer le désordre est un plus grand péché que le meurtre. C’est pour cette raison qu’il faut s’humilier et avouer que vous avez tort, bien que vous ayez raison. » C’est aussi un des excellents conseils que le Messie Promis (a.s.) nous a prodigués. Si les parents enseignent cela à leurs enfants, nous pourrons établir une très belle société.

Pir Mohy-ud-din, le fils du défunt relate : « J’ai vu dans un songe que feu le quatrième Calife faisait un Dars dans notre salon. J’y étais assis. Il m’a dit : « Il ne s’agit pas d’une maison mais d’un portail. Et tu vas en tirer des bénédictions. N’abandonne jamais ce portail. Ton père est un ami d’Allah. Sois certain que ton père est un ami d’Allah. » Il avait une grande compassion à l’égard des pauvres. Il fournissait les denrées mensuelles à de nombreuses familles, payait l’écolage de leurs enfants, fournissait leurs médicaments et s’occupait de leurs soins. Quotidiennement il traitait gratuitement cinquante pour cent de ses malades. »

Abdus Samad, son gendre, relate : « Le défunt avait un grand amour pour le Coran. Lorsqu’il devait citer une référence il récitait le verset et présentait sa traduction. Quand un non-ahmadi lui demandait de lui montrer un signe ou un miracle de Hazrat Mirza Ghulam Ahmad de Qadian, il répondait : « Je suis moi-même un miracle ! » Il était un ahmadi complet. Il était à l’image de l’espoir que nourrissait le Messie Promis (a.s.) à l’égard des membres de sa Jama’at. Sa personnalité était telle qu’il influençait toute personne qui le rencontrait à la vertu. Telle est l’aptitude d’une personne pieuse. Celui qui partage sa compagnie devient lui aussi vertueux. Il ne s’est pas contenté de dire qu’il est un signe [de la véracité du Messie Promis (a.s.)]. Lorsque les non-ahmadis croyaient qu’il plaisantait, il leur assurait qu’il ne le faisait pas et qu’il s’agissait d’une réalité. Il présentait des preuves pour convaincre les autres qu’en tant qu’ahmadis, comme tant d’autres qui appliquent les préceptes [du Messie Promis (a.s.)] comme il se doit, ils sont autant de signes de la véracité du Messie Promis (a.s.). Ceci est la norme que tout ahmadi doit tenter d’atteindre. Au lieu de chercher des signes anciens ils doivent se transformer eux-mêmes en signes.

Abdur Ra’uf Saheb, l’Amir adjoint de la Jama’at d’Islamabad, commente : « De nombreux malades ont dit qu’ils ne connaissent pas d’autres médecins hormis le défunt et ne savent pas quoi faire. Il y a de nombreux ahmadis pauvres qui n’ont jamais eu de soucis pour leurs traitements : ils partaient directement chez le docteur Naqi et se faisaient traiter par lui. Nombre de non-ahmadis ont déclaré que le défunt était considéré l’aîné de leurs familles : ils ne faisaient rien sans lui demander conseil. »

Ainsi des non-ahmadis aussi lui demandaient conseil. Il réglait notamment les disputes et les conflits familiaux de nombreuses familles non-ahmadis, car sa clinique existe dans la région depuis plus de quarante ans. Les pères l’ont consulté, et plus tard leurs enfants. Certains non-ahmadis conseillaient à leurs enfants avant de rendre l’âme de demander conseil au docteur Naqi en cas de conflits. »

Il ajoute : « L’année dernière, en 2019, lors du dernier vendredi du mois de juin, le docteur Naqi est venu dans mon bureau après la prière de Joumou’ah. Il a fermé la porte derrière lui et m’a dit : « J’ai quelque chose à te dire. Seule m’a femme en est au courant. Quatre jours auparavant, je me suis vu sur un champ de bataille recouvert de cadavres. J’étais en train de me demander pourquoi je ne faisais pas partie de ces martyrs. J’ai entendu la voix du Messie Promis (a.s.) qui disait que celui qui recevra cinq blessures sera un martyr. Je me suis retourné et j’ai vu que le Messie Promis (a.s.) était debout sur un promontoire tel le commandant d’une armée. J’ai commencé à compter mes blessures : il y en avait trois qui étaient très profondes et une légère égratignure sur la jambe. J’ai commencé à faire l’Istighfar à foison. Mes yeux se sont alors ouverts. Je me demandais ce que pouvait bien dire ce rêve. C’est là que la pensée de mes contributions m’a envahi le cœur et je me suis dit que je dois faire mes comptes. J’ai été un peu négligent. Le lendemain quand je me suis réveillé pour la prière la pensée m’a secoué que je n’avais pas encore fait mes comptes. Quand je les ai faits j’ai constaté que je devais encore faire des paiements. Aujourd’hui, j’ai fait un chèque d’un million et je l’ai donné au secrétaire aux finances. Je fais l’Istighfar à foison depuis ce jour. »

Aziz-ur-Rahman, le neveu du défunt et qui est le fils de Mujeeb-ur-Rahman, écrit : « À maintes reprises, il nous a raconté des événements de son enfance et de sa vie. En dépit des situations difficiles, par la grâce d’Allah et les prières de ses parents il est devenu médecin. Il racontait que parfois il n’avait pas d’argent pour s’acheter du papier. Il ramassait des enveloppes usagées qu’il ouvrait pour faire ses notes. Quand il étudiait il n’y avait pas d’enseignant en mathématique dans l’école de son village. Il se rendait dans un autre village pour apprendre les maths de l’enseignant et il retournait dans son village pour enseigner à ses élèves. 

Il a raconté sa régularité dans la Salat. Lorsqu’il était petit, sa sœur et lui ont un jour passé leur temps à jouer et se sont endormis sans accomplir la prière d’Icha. Ceci est un récit intéressant démontrant comment il est devenu régulier dans ses prières. Lorsque sa mère lui a demandé s’il avait accompli sa Salat, il a répondu qu’il l’avait faite. Au milieu de la nuit, sa mère l’a réveillé et elle était en larmes en lui disant : « Tu m’as menti en disant que tu avais prié ! Allah m’a montré dans une vision que tu ne l’avais pas faite. » Depuis ce jour, ils n’ont jamais raté la prière. »

Tel doit être le niveau des mères ahmadies. Elle s'inquiétait de l'état moral de ses enfants, à propos de leur Salat et elle priait pour eux. Lorsqu’elle a prié le cœur en émoi, Allah lui a montré que ses enfants n’avaient pas prié et qu’elle devait les réveiller. Elle les a réveillés les yeux en larmes. Cela a eu un tel effet qu’ils n’ont jamais de leur vie abandonné la prière.

Il appuyait toujours ses propos par des références du Coran. Il disait que sans une relation vivante avec Dieu, on ne s’est pas acquitté des exigences du serment d'allégeance envers le Messie Promis (a.s.), car le but de son avènement était d’établir ce lien vivant avec le divin. »

Le docteur Ata ur Rahman, le gendre du défunt, raconte : « Il méditait souvent sur le Coran et avait une connaissance profonde du Livre Saint. Il avait mémorisé de nombreux longs versets. En dépit de la situation au Pakistan, il invitait des opposants endurcis de l’Ahmadiyya à la maison, et leur faisait suivre les discours de la Jalsa et les sermons. Beaucoup de personnes ont été touchées par sa prédication et par la grâce d’Allah plusieurs personnes se sont converties par son entremise. »

Qu’Allah exalte le rang du défunt.

La troisième personne que j’évoquerai est le très-respecté Ghulam Mustafa, qui habitait à Londres et qui s’est établi par la suite à Tilford. Il était un bénévole travaillant dans le bureau du secrétaire privé ici au Royaume-Uni. Il est décédé le 25 avril dernier à l’âge de 69 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons.

Il avait fait la bai’ah en 1983, à l’époque du troisième Calife. Ensuite il est venu à Londres en 1986 : il y a logé dans la mosquée. Dès son arrivé, il a fait une demande pour se dédier. Son Waqf n’a pas été accepté, peut-être parce qu’il n’avait pas fait de grandes études. Cependant, il n’a pas cessé de travailler comme un Waqif-e-Zindagi : tout d’abord dans la cuisine et ensuite dans le bureau. Il avait son business personnel qui s’était élargi par la grâce d’Allah. Il était venu les mains vides, ensuite Allah l’a béni et il a pu acheter des immeubles et en acquérir d’autres. C’est ainsi qu’Allah a béni ses biens. Il en a dépensé sur les pauvres et sur la Jama’at. Mais il vivait tel un Waqif-e-Zindagi. Il le faisait sans doute aussi à l’époque du quatrième Calife, mais en tout cas en mon temps, à chaque fois qu’il devait partir quelque part pour ses affaires à l’étranger ou quand il devait prendre de long congé, il m’en demandait la permission. Il travaillait vraiment comme un Waqif-e-Zindagi. Il disait souvent qu’il n’était pas un Waqif-e-Zindagi mais il se considérait comme tel. En tout cas, il a fidèlement respecté la promesse qu’il s’était faite et qu’il avait faite à Dieu, même s’il ne s’était pas dédié officiellement.

Quand il logeait à la mosquée, quelqu’un lui a proposé de travailler dans un restaurant comme serveur. Il n’a pas aimé le travail et il l’a quitté le lendemain. Il a dit : « À la place de cet emploi rémunéré, je préfère laver les marmites de la cuisine du Messie Promis (a.s.) sans recevoir de salaire. » Il a commencé à travailler dans la cuisine de la mosquée Fazl avec [le Dr] Wali Shah. Il a aussi travaillé dans la Hifazat-e-Khas pendant quelques temps.

En 1993, le quatrième Calife l’avait affecté au bureau du secrétaire privé et il y a travaillé de manière excellente jusqu’à maintenant. Le défunt était un Moussi. Il laisse derrière lui son épouse, deux filles et un fils.

Mme Mahmouda Mustafa, son épouse relate : « Nous avons vécu ensemble environs 34 ans. Je peux témoigner au cours de ces années que toutes ses œuvres étaient uniquement pour la cause d’Allah. Il possédait d'innombrables qualités. Il était un mari, un père et un ami sincère. Il a rendu des services en toute abnégation ; il était brave. Il était prêt à tout donner pour le Califat. Il racontait que lorsqu’il avait fait la bai’ah au Pakistan il s’était promis de toujours vivre dans la proximité du Califat. Il ne possédait rien à l’époque. Mais il a respecté cette promesse par la grâce d’Allah. (Allah lui en a aussi fourni les moyens.) Il était passionné de sacrifices financiers. Après la naissance de notre fils, je lui ai dit que je souhaite offrir la moitié de mes bijoux à la Jama’at. Il m’a répondu immédiatement : « Donne le tout. Pourquoi offrir juste la moitié ? » Au tout début, on a lancé des campagnes pour la construction de mosquées en Afrique. Il n’avait même pas de maison à l’époque, mais il contribuait ses économies dans les fonds pour la construction des mosquées. Il ne dépensait pas sur sa personne au point de faire preuve d’avarice. Mais il dépensait sans réfléchir sur les autres. Il a toujours accordé préférence à la religion et à l'instar d’un véritable croyant il a récolté les fruits de la foi et du monde. Il m’informait de toute chose, afin que j’aie connaissance de tout et il avait toujours confiance en moi. Il était l’unique ahmadi de sa famille. Lorsqu’il a fait la bai’ah, il s’est fait la promesse de ne rien prendre de l’héritage de son père. Il a prié : « O Allah ! Si ton Messie est véridique et que je l’ai accepté comme tel, accorde-moi des biens de Ta part et fais que je ne dépende de personne. »

Allah a exaucé son désir. Et il a prouvé qu’il avait bien fait de prêter allégeance [au Messie Promis (a.s.)]. Allah lui a accordé Son soutien de différentes manières. Il a bâti une grande mosquée dans son village, en se disant qu’un jour ces gens y embrasseront l’Ahmadiyya. En sus de cela, il venait en aide à ses frères et sœurs de différentes manières. »

Il avait aussi une certitude parfaite dans l’exaucement de ses prières, ajoute son épouse. Elle en a raconté d’innombrables incidents.

Sa fille, Sabeeha Mustafa, écrit : « L’objectif de la vie de mon père était la personne de Dieu et de prouver son amour à l’égard du système du Califat qu’Allah a établi. Il avait une confiance parfaite en Dieu. Il nous racontait souvent qu’il avait fait telle prière en telle occasion et celle-ci a été exaucée. Il souhaitait toujours recevoir quelque Tabarrouk du Calife. Quand il en recevait, il gardait sa part et en distribuait aux autres afin qu’ils en profitent. Il en gardait chez lui afin d’en offrir aux invités de la Jalsa. »

Sa fille ajoute : « De nombreuses connaissances de mon père mon dit au téléphone qu’ils sont devenus orphelins de nouveau. »

Il aidait beaucoup les pauvres.

Elle ajoute : « Lorsque nous étions à Londres, nous avons déménagé de Tooting à la rue Gressenhall. Notre père souhaitait rapidement trouver une grande maison, afin de pouvoir recevoir de la meilleure façon possible les invités du Messie Promis (a.s.). Il disait toujours : « Si vous achetez une maison, achetez-la à proximité de la demeure du Calife (a.b.a.) ; il ne faut jamais partir loin d’ici. » Elle continue : « Il aidait tout le monde avec une grande sincérité. Si une personne rencontrait des difficultés, mon père essayait de son mieux pour l’aider. Avant qu’il ne tombe malade, le dernier conseil qu’il m’avait donné, était le suivant : « Reste toujours attachée à la communauté, fais la prière, et récite régulièrement le Saint Coran ; ainsi Allah sera toujours à tes côtés. »

Je viens de mentionner les propos de sa fille cadette, sa fille aînée Madeeha Mustafa, écrit : « Mon père était certes originaire d’un village et il n’avait pas fait de grandes études, mais ses avis, sa vision, et ses principes ont fait qu’il a devancé des personnes très éduquées. Dans le monde d’aujourd’hui, j’ai vu très peu de personnes qui confèrent à proprement parler un statut égal à un homme et à une femme. Il n’a jamais considéré que ses filles représentaient un fardeau ; au contraire il disait souvent : « Celui qui a une fille est riche, ses jours de labeurs prennent fin, et ses jours de repos commencent. » » Elle ajoute : « Il a rempli de façon équitable ses devoirs d’éducation à l’égard de son fils et de ses filles : il n’y a eu aucun manquement. Mais malgré l’amour qu’il avait pour ses enfants, il s’est toujours acquitté de ses devoirs envers Allah l’Exalté et envers Ses créatures. Que ce soit le jour de l’Aïd, le jour du mariage de sa fille ou une autre occasion, il n’a jamais raté la prière. Il faisait confiance à Dieu, il savait que cela (sa prière) n’impactera en rien ses affaires, il était toujours soucieux de ses actes d’adoration pour ne pas encourir la colère divine. »

Son fils Sarfaraz Mahmood écrit : « Même lorsque nous habitions à Tooting, nous nous rendions régulièrement à la mosquée Fazl pour prier. Si nous ne pouvions nous rendre à la mosquée pour la prière, nous nous assurions de faire cette prière en congrégation à la maison. » Il ajoute : « Il me disait : « Si tu souhaites obtenir quelque chose dans la vie, seul Allah peut te l’accorder. » Lorsque c’était l’heure de la prière, il arrêtait ce qu’il était en train de faire pour prier. » Son fils continue : « Jusqu’à mes quinze ans, il m’emmenait régulièrement avec lui pour la prière de Fajr. Les bénédictions que nous obtenons aujourd’hui sont le résultat de ses supplications. Lorsqu’il revenait de la mosquée après la prière de Fajr, il vérifiait si je m’étais bien rendu à la prière. Lorsque parfois je faisais montre de paresse, il me disait : « Si tu fais preuve d’infidélité envers Allah le Très-Haut, tu en subiras les conséquences néfastes. Allah n’a guère besoin de tes prières ; chaque personne fait la Salat pour elle-même. » » Il ajoute : « Lorsqu’il est tombé malade, j’ai appelé l’ambulance, il respirait très difficilement, mais même dans cet état il n’a pas fait la prière en s’allongeant ou en s’asseyant, il l’a faite debout. Lorsqu’il descendait les marches pour se rendre à l’hôpital, il me disait à répétition : « Fais toujours la prière en congrégation et à l’heure. » »

Au sujet de son hospitalité envers les invités du Messie Promis (a.s.), il ajoute : « Nous avions une maison assez grande, et nous accueillions donc une quarantaine d’invités ; mais lorsque nous avons déménagé aux alentours de la mosquée, notre maison était plus petite, nous recevions vingt-cinq invités. » Il était très difficile d’héberger vingt-cinq invités dans une telle maison, mais il le faisait avec joie. Je lui ai également déjà demandé plusieurs fois (comment il s’en sortait), il me répondait : « Je me débrouille comme je peux, et je laisse la maison aux invités. » Il disait toujours : « Il faut avancer dans la vie à la fois en spiritualité et dans les affaires mondaines, mais il faut garder à l’esprit que ce n’est pas une chose facile : dès qu’une affaire mondaine se présente, il faut toujours donner préséance à la religion sur le monde. » Il a toujours donné ce conseil à ses enfants. Il ajoute : « Il m’a toujours dit : « Tout ce que nous possédons nous a été confié pour la communauté – il faut donc que l’on en prenne soin, et nous devons étendre ces biens avec cette intention qu’ils puissent être bénéfiques pour la communauté. » Il nous enjoignait toujours de ne pas retarder le paiement des cotisations ; il avait pour habitude de payer ses cotisations le premier du mois, et il disait : « Ne pense jamais que la communauté a besoin de nos cotisations. En payant les cotisations, nous pouvons attirer les bénédictions divines. » Il ajoute : « Lors de ces derniers jours de maladie, lorsqu’il a été mis sous respiration artificielle, avant de tomber dans le coma, ses derniers mots pour moi étaient : « Sarfaraz, je sais que le premier du mois est passé, regarde dans mon armoire, tu y trouveras tous mes classeurs, ainsi que la comptabilité au sujet de mes cotisations, paie mes cotisations restantes. Garde toujours à l’esprit mon conseil : Procède au paiement de tes cotisations le premier jour du mois, et ne le retarde jamais. »

Son beau-père, Karamatullah, écrit : « Mustafa s’est acquitté avec sincérité de ses devoirs envers la famille de son épouse, et il m’a véritablement conféré le statut de son père. Mustafa a consacré toute sa vie à l’adoration de Dieu, et à servir le Califat. » De même, son beau-fils, Bilal, écrit : « Il faisait des photocopies de diverses prières coraniques et des paroles du Messie Promis (a.s.) et il me les donnait ainsi qu’à ses autres enfants, amis et membres de la famille, en nous enjoignant de les lire et d’apprendre les prières coraniques. » Il ajoute : « J’ai remarqué qu’il acquérait une copie du transcrit du Dars qui était fait à la mosquée Fazl, et le lisait de nouveau en rentrant chez lui, et le partageait avec tout le monde, et en faisait une photo qu’il partageait avec ses frères et sœurs non-ahmadis, ainsi qu’avec leurs enfants, ensuite il leur téléphonait pour leur demander s’ils l’avaient bien lu : il faisait ainsi le Tabligh. Il était très tourné vers l’hospitalité. Habituellement, il invitait quasiment tous les jours quelqu’un à la maison, et pendant les jours de Jalsa, il y avait un va-et-vient des invités 24h/24. Il disait à tout le monde de ne pas demander la permission, de considérer la maison comme la leur et de venir.

Il réservait un accueil très spécial pour les invités du Messie Promis (a.s.), il disait que les portes de sa demeure étaient toujours ouvertes. Lorsque quelqu’un hébergeait chez lui pour la Jalsa, et que l’année d’après il hébergeait ailleurs, il était très inquiet à l’idée qu’il ne s’était peut-être pas bien occupé de lui et que c’est pour cette raison qu’il n’est pas revenu. Lorsqu’il en avait l’occasion, il forçait la personne en question à héberger chez lui ! Il gérait ses affaires mondaines, et son business de façon qu’il n’y ait aucun frein pour faire la prière à l’heure. Il laissait de côté ses affaires et venait à la mosquée. »

Son beau-frère, Sohail Ahmad Chaudhary, écrit : « Il était une personne qui avait une passion folle pour trois choses : L’adoration, la relation avec le Califat et l’hospitalité. La maison du frère Mustafa était remplie d’invités du Messie Promis (a.s.) lors des journées de la Jalsa et ressemblait à une résidence pour les invités.

Aslam Khalid, qui travaille dans le bureau du secrétaire privé écrit : « Nous le côtoyions tous les jours au bureau. Il possédait de nombreuses qualités. Il était courageux et dépassait les autres dans les bonnes œuvres. Il prenait soin des pauvres, il était très hospitalier, il était exemplaire dans les cotisations, il cherchait constamment à faire une action pieuse. Au bureau, il cherchait continuellement à faire chaque tâche à la place de ses collègues telle une personne jalouse. Il disait que dorénavant c’était cela son gagne-pain, c’était ça son véritable travail ; et il était ravi quand il le faisait. »

Fahim Ahmad Bhatti, qui est également bénévole dans le bureau du secrétaire privé, écrit : « Il a commencé à travailler au bureau vers 1992, et à l’époque nous étions en sous-effectif. Il faisait preuve d’une grande régularité dans son travail, tel un travailleur fidèle et dévoué. Il possédait de très nombreuses qualités, dont celle qui était la plus évidente, belle et digne d’être jalousée : son amour sincère, son obéissance et sa fidélité envers le Califat, et le fait de demander des conseils (au Calife) pour toute petite chose. Allah le Très-Haut lui a accordé une aisance financière ; à chaque fois qu’il en faisait mention il disait : « J’ai obtenu tout cela grâce au travail (bénévole) que j’ai fait ici, et aux bénédictions qui y sont liées. »

Le Dr Tariq Bajwa écrit : « Nous sommes amis depuis 1980 ou 1981. J’ai eu l’occasion de le contempler de très près, depuis qu’il a accepté l’Ahmadiyya jusqu’à son décès. Il possédait de très nombreuses qualités ; il avait une énorme confiance en Allah, et un grand amour envers le Califat. Lorsqu’il est arrivé dans le Sindh, il a logé chez une relation lointaine, car un procès avait été fait à son égard dans le cadre des terres qu’il possédait au Pendjab. Il avait réussi à fuir la police. C’est là qu’il a appris au sujet de l’Ahmadiyya, et je lui ai fait le Tabligh continuellement pendant trois ans. Durant cette période, il faisait toujours l’Adhan (Appel à la prière) dans la mosquée des ahmadis, ce qu’il a toujours apprécié depuis le début. Il avait fait la bai’ah après avoir fait un rêve, dans lequel il a vu que le troisième Calife (r.h.a.) s’est rendu chez lui, et lui a dit en souriant : « Nous avons besoin de deux Khouddam (serviteurs). » Et en montrant du doigt Salim et lui, Mustafa, il ajouta : « Toi, et toi, venez. » Suite à ce rêve il avait fait la bai’ah.

Même avant la bai’ah, il participait aux Ijtemas et aux autres programmes de la communauté. Après la bai’ah, il a fait preuve de davantage de sincérité. Il avait tellement gagné en confiance en écoutant les sermons avec grande attention, ainsi que les sessions de Question-Réponse, qu’il disait : « Je suffis contre les Maulvis non-ahmadis. Aucun d’entre eux ne peut me défier. » Il a eu l’opportunité de faire la ‘Oumrah de très nombreuses fois ; et en 2010, Allah lui a accordé également l’opportunité de faire le Hajj. Il avait également un amour pour Qadian. Il s’y rendait souvent là-bas, au Centre, et il souhaitait y construire une maison. Il y a donc fait bâtir une maison qu’il a offerte à la communauté. »

Le Dr Ibrahim Nasir Bhatti, qui le soignait, écrit : « Je ne connais Ghulam Mustafa que depuis peu. Lors de ses derniers jours de maladie, j’ai eu l’opportunité de m’occuper de lui en tant que médecin spécialiste. » Il est médecin hospitalier, et par coïncidence il exerçait dans le même hôpital et Mustafa était son patient. Il ajoute : « J’ai eu l’opportunité de le côtoyer durant ses derniers jours, au cours desquels j’ai noté des choses importantes qui méritent d’être mentionnées. » Il continue : « En dépit de la sévérité de ses symptômes suite à l’infection par le coronavirus, il était complètement satisfait de la volonté divine. Je me souviens, je suis venu près de lui, et je lui ai dit : « En raison de la sévérité des symptômes, il est possible que nous ne puissions pas vous sauver. » En entendant cela, Mustafa est resté silencieux quelques instants, et ensuite il a ajouté : « Je suis complètement satisfait de la volonté d’Allah. » On ne pouvait lire aucun signe de tristesse ou d’inquiétude sur son visage, il est resté très serein. » Il continue : « L’autre chose qui m’avait également beaucoup impressionné était son amour pour le Califat. En raison de la sévérité des symptômes, il était nécessaire de le mettre sous ventilation en PPC : il s’agit d’un appareillage lourd qui permet un apport en oxygène au patient, qui peut créer une anxiété chez le patient, et en raison de la douleur cela peut conduire à un ressenti terrifiant. Lorsqu’il ressentait une douleur en raison de l’appareillage, les membres de sa famille lui disait que le Calife a dit (en transmettant mon message) de suivre les recommandations des médecins. » Lorsqu’il recevait le message de ma part, le médecin ajoute : « Il se détendait aussitôt, et supportait calmement l’appareillage, et j’avais l’impression que son courage augmentait, et qu’il y avait un regain d’énergie dans son corps. » Il ajoute : « J’ai également remarqué qu’il ne prenait pas son traitement homéopathique en pensant que ça allait le guérir, mais uniquement parce que le Calife le lui avait conseillé. Il faisait preuve d’un amour et d’une fidélité exemplaires envers le Califat qui ne m’ont pas laissé indifférent. »

Qu’Allah exalte le rang de tous ces défunts. Qu’Il les embrasse pleinement dans Son amour, suite à la fidélité dont ils ont fait preuve envers Dieu et Sa religion, et de la manière dont ils ont essayé de remplir les promesses faites lorsqu’ils ont prêté allégeance. Comme le Messie Promis (a.s.) l’avait mentionné, ces personnes font partie des martyrs. Qu’Allah protège également leurs enfants, et qu’Il leur accorde l’opportunité d’émuler et de perpétuer leurs actions pieuses. Qu’ils puissent créer une relation avec Allah, et faire toujours preuve de fidélité envers la communauté et le Califat, et qu’Allah accepte les supplications que leurs parents avaient faites pour eux.


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