Sermon du vendredi 22 novembre 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Parmi les compagnons de Badr, j’évoquerai aujourd’hui Miqdad Bin Al-Aswad aussi connu comme Miqdad Bin ‘Amr : ceci était d’ailleurs son nom d’origine. Le père de Miqdad se nommait ‘Amr Bin Tha’labah. On affiliait Miqdad à Al-Aswad Bin ‘Abd Yaghouth, qui l’avait adopté durant son enfance, c’est pour cette raison qu’il était connu comme Miqdad Bin Al-Aswad.

‘Amr Bin Tha’labah, le père de Miqdad appartenait à la tribu de Bahra, de la région de Khuza’ah au Yémen. À l’époque de l’ignorance [préislamique], ‘Amr avait tué quelqu’un avant de prendre la fuite en direction de Hadramout, une province à l’est d’Aden sur la côte. Là-bas, il s’est allié à la tribu de Kinda et c’est pour cette raison qu’il était connu comme Al-Kindi. ‘Amr s’est marié à une femme de cet endroit : Miqdad est né de cette union. Quand Miqdad est devenu adulte, il s’est battu contre Abou Chimr Bin Hajar al-Kindi : il lui avait tranché la jambe de son épée avant de se réfugier à La Mecque où il est devenu l’allié d’Al-Aswad Bin ‘Abd Yaghouth. Miqdad a écrit à son père et celui-ci s’est établi lui-aussi à La Mecque.

Al-Aswad avait adopté Miqdad, et c’est pour cette raison qu’il était connu comme Miqdad Bin Al-Aswad. Mais après la révélation du verset « Appelez-les du nom de leur père… » (33 : 6) sur les fils adoptifs, il a été renommé Miqdad Bin ‘Amr. Cependant, il était plus connu sous le nom Miqdad Bin Al-Aswad.

En tout cas, Allah enjoint de nommer les fils adoptifs et autres par le nom de leur père. Miqdad était aussi connu pour ses surnoms d’Abou Ma’bad, Abou al-Aswad, Abou ‘Oumar et Abou Sa’ïd.

‘Abdour Rahman Bin ‘Awf avait demandé à Miqdad, quand ils étaient ensemble, pourquoi il ne s’était pas marié. Sur ce, Miqdad lui a demandé la main de sa fille. Cela a mis ‘Abdur Rahman Bin Awf dans un état de colère et il l’a réprimandé. Miqdad s'en est plaint au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui lui a répondu qu’il ferait le nécessaire pour son mariage.

Par la suite, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a marié à Zouba, la fille de son oncle Zoubayr bin ‘Abd al-Mouttalib. Zouba était la fille de Zoubayr et d’Atiqa Bint Wahab. De leur mariage sont nés deux enfants : Karima et ‘Abdoullah. Ce dernier s’était battu aux côtés d’Aïcha lors de la Bataille du Chameau et il y était tombé en martyr.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait offert 40 Wasaqs de dattes de Khaybar à Zouba. Quarante Wasaqs équivalent à environ 600 kilos.

Un des [autres] fils de Miqdad se nommait Ma’bad. Karima, sa fille, décrit [son père] ainsi : « Il était grand et de teint basané. Il avait un gros ventre et beaucoup de cheveux. Il teignait sa barbe de couleur jaune : elle était belle, ni trop longue ni trop courte. Ses yeux étaient noirs. Ses sourcils étaient minces et longs.

Voici le récit de la conversion de Miqdad. Abou Mas’oud relate que Miqdad faisaient partie de ces 7 compagnons ayant annoncé en premier qu’ils étaient devenus musulmans. J’en avais fait mention en référence à ‘Ammar Bin Yasir.

Miqdad avait émigré à Médine. Il était aussi parmi les musulmans qui s’étaient rendus en Abyssinie. Il est retourné à La Mecque après quelque temps. Ensuite, quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est rendu à Médine, Miqdad n’a pas pu en faire de même. Il est resté à La Mecque jusqu’au moment où le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a envoyé une expédition sous la direction d’Oubaydah Bin al-Harith.

Miqdad et ‘Outbah Bin Ghazwan s’étaient joints à l’expédition sous la commande d’Ikramah Bin Abi Jahl avec l’intention de se joindre aux musulmans dès qu’ils en auraient l’occasion. C’est un récit que j’ai évoqué dans le passé. Je vous présente brièvement ces faits tels qu’ils sont écrits par Mirza Bashir Ahmad Saheb dans son ouvrage Sirat Khataman-Nabiyyine.

À son retour de la Ghazwah de Waddān, au cours du mois de Rabī’ul-Awwal, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dépêcha une expédition de Muhājirīn, composée de soixante-dix hommes montés à chameaux et dirigée par ‘Oubaydah bin al-Ḥārith al-Muṭṭalibī, un proche parent. L’objectif de cette campagne était également de prévenir les attaques des Qouraychites de La Mecque. Quand ‘Oubaydah bin Al-Hārith et ses compagnons parcoururent quelque distance et arrivèrent près de Thaniyat al-Mourrah, ils remarquèrent soudainement 200 jeunes hommes armés qui campaient là sous le commandement d’Ikramah bin Abī Jahl. Les deux belligérants se firent face et quelques flèches furent décochées lors d’une confrontation. Cependant, ce groupe d’idolâtres se retira, craignant que les musulmans avaient probablement caché des renforts à leur disposition. Les musulmans ne les ont pas poursuivis.

Deux membres de l’armée des idolâtres, notamment Miqdād bin ‘Amr et ‘Outbah bin Ghazwān, s’enfuirent du commandement d’Ikramah bin Abī Jahl et rejoignirent les musulmans. Ils avaient accompagné les Qouraychites avec le but précis de rejoindre les musulmans dès que l’occasion se présenterait. Ils étaient musulmans de cœur, mais ne pouvaient pas émigrer par peur des Qouraychites. Par ailleurs, il est possible que cet événement ait fait perdre courage aux idolâtres et qu’ils aient décidé de prendre du recul, estimant que c’était un mauvais présage. L’histoire n’a pas indiqué si cette expédition des Qouraychites, qui n’était certainement pas une caravane commerciale et à propos de laquelle Ibn Isḥāq avait utilisé les mots « grande armée » s’engageait dans cette direction avec un objectif spécifique. Cependant, il est certain que leurs intentions n’étaient pas favorables. Par la grâce de Dieu, les polythéistes perdirent courage et s’en allèrent après avoir constaté que les musulmans étaient vigilants et que [de surcroit] certains de leurs hommes s’étaient joints aux musulmans. Un avantage pratique de cette campagne en faveur des musulmans était que deux âmes musulmanes avaient été délivrées de la tyrannie des Qouraychites. »

Quand il est arrivé à Médine, Miqdad Bin al-Aswad a logé chez Koulthoum Bin Hidam. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi un lien de fraternité entre Miqdad Bin al-Aswad et Jabbar Bin Sakhr. Il a aussi offert à Miqdad un lopin pour sa résidence dans le quartier des Banou Houdaylah, un des clans de la tribu de Khazraj des Ansar. Oubay Bin Ka’b l’avait invité à élire domicile dans ce quartier.

Il existe un hadith sur les trois compagnons à qui le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait confié la responsabilité de traire du lait de chèvre la nuit. Miqdad en faisait partie : il avait bu sa part du lait ainsi que celle du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Miqdad relate : « Mes deux compagnons et moi avons élu domicile à Médine. Nous souffrions de nos yeux et de nos oreilles en raison des rigueurs [du voyage]. Nous nous sommes présentés aux compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) afin qu’ils puissent nous loger mais personne ne nous a acceptés. Nous sommes donc partis rencontrer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui nous a invités chez lui où il avait trois chèvres. Il nous a demandés de les traire pour que nous puissions tous en boire.

Nous trayions donc les chèvres et chacun parmi nous consommait sa part de lait. Dans la soirée le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) entrait et il disait Assalamou ‘Alaikoum à mi-voix de sorte que celui qui dormait ne se réveillait pas et celui qui était éveillé puisse l’entendre. Ensuite il se rendait dans la mosquée où il accomplissait la Salat ; puis, il prenait sa part de lait pour en boire. Une nuit, Satan m’a tenté, alors que j’avais déjà consommé ma part de lait ; c’est-à-dire que des pensées sataniques m’ont traversé le cœur : elles ont dit que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se rendait chez les Ansar et comme ces derniers lui présentaient des cadeaux, il n’avait certainement pas besoin de ces quelques gorgées de lait qu’on laissait pour lui. C’est ainsi que j’ai bu sa part ; et quand elle est entrée dans mon estomac j’ai compris qu’il n’y avait plus moyen de l’en faire ressortir. Satan m’a alors frappé de remords en disant : « Malheur à toi ! Qu’as-tu fait ? Tu as bu la part du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : quand il ne la verra pas il te maudira et tu seras voué à la damnation éternelle ! »

Pourquoi Satan avait-il suscité en lui le remords ? Satan avait voulu le faire croire que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) le maudirait tandis que celui-ci était une miséricorde pour l’humanité toute entière. Mais pourquoi voudrait-il le maudire pour un fait aussi insignifiant ? La pensée que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) le maudirait venait donc de Satan.

Miqdad ajoute : « J’ai cru que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) me maudira et que je serai damné ici-bas et dans l'au-delà. Ma couverture était si courte que lorsque je me couvrais les pieds, ma tête était à découvert et quand je couvrais celle-ci, mes pieds étaient à découvert. Je n’avais pas sommeil tandis que mes deux compagnons dormaient : ils n’avaient pas commis ce que j’avais fait, c’est-à-dire qu’ils n’avaient pas bu le lait. Or, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu ; il a dit « Assalamou ‘Alaikoum » et s’est rendu dans la mosquée où il a accompli ses prières facultatives. Il s’est ensuite dirigé vers le récipient contenant le lait. Il a soulevé le couvercle et a constaté qu’il était vide. Puis, il a levé les yeux vers le ciel. Je voyais toute la scène et je me suis dit qu’il allait à présent me maudire et je serais voué à la destruction. Or le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a prié en disant :

اللهم اطعم من اطعمنی واسق من سقانی

C’est-à-dire : « Ô Allah ! Nourris celui qui m’alimente et donne à boire à celui qui me désaltère. »

Miqdad ajoute : « En entendant cela j’ai pris ma couverture et je l’ai enroulé fermement autour de moi. J’étais bien éveillé ; j’ai pris un couteau et je me suis dirigé vers la chèvre qui était la plus grosse afin de l’égorger pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Or j’ai constaté que sa mamelle était gorgée de lait voire celles des autres aussi l’étaient. J’ai apporté un récipient appartenant à la famille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) afin de le remplir de lait (alors que je ne pensais pas en trouver). J’ai rempli le récipient à ras bord. Ensuite je me suis présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui m’a demandé si nous avions bu notre part de lait. J’ai répondu : « Ô Envoyé d’Allah ! Ne me questionnez pas à ce propos ! Veuillez consommer ce lait. » Il en a bu et m’en a offert. J’ai insisté : « Ô Envoyé d’Allah ! Veuillez en boire davantage. » Il en a bu et m’en a offert. J’ai ressenti que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était rassasié et je me suis dit que j’ai aussi profité de sa prière dans laquelle il demandait à Allah de désaltérer celui qui lui donnait à boire et de nourrir celui qui lui donnait à manger. Étant donné que je lui avais offert le lait à boire et que j’ai aussi profité de ses prières, je me suis tordu de rire au point où je gisais au sol. Sur ce le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a demandé : « Ô Miqdad ! Tu as certainement fait quelque plaisanterie ! » Quand je lui ai raconté toute l’histoire, il a dit : « Il s’agit certainement d’une grâce de la part de Dieu. Pourquoi ne m’as-tu pas informé à ce propos afin que nous réveillions nos deux compagnons pour qu’ils puissent en boire et profiter [eux aussi] de cette grâce ? » J’ai répondu : « Étant donné que vous et moi avons profité de cette grâce, peu m’importe qui en profite à présent ! Je me souciais uniquement du méfait que j’avais commis. »

Miqdad Bin al-Aswad avait participé dans les batailles de Badr, d’Ouhoud, et du Fossé et dans toutes les campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il était aussi parmi les archers du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). ‘Abdoullah Bin Mas’oud relate : « Avant la bataille de Badr, Miqdad Bin al-Aswad a énoncé des propos qui ont engendré une scène des plus sublimes. Si j’en avais été l’auteur, cet acte aurait été le plus cher de toutes les bonnes œuvres que j’aurais accomplies. Miqdad Bin al-Aswad s’est approché du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) quand celui-ci priait contre les polythéistes et il lui a dit : « Ô Envoyé d’Allah ! Nous ne sommes pas comme la nation de Moïse qui a lui avait dit : « Allez-vous battre, toi et ton Seigneur ! » Au contraire, nous allons nous battre à votre droite et à votre gauche, devant et derrière vous ! »

‘Abdoullah Bin Mas’oud ajoute : « J’ai constaté que le visage du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était resplendissant. » C’est dire que cette parole de Miqdad lui avait plu. 

On trouve mention de ce récit dans la Sirat Khatam an-Nabiyyine en référence à la bataille de Badr dont voici un extrait.

Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a eu connaissance des intentions de l’ennemi, il s’est mis en route pour essayer d'arrêter leur assaut si jamais ils tentaient de passer à l’attaque. Arrivé à Rawha, il a envoyé deux compagnons, Basîs et Adiyy, à Badr, afin de recueillir des renseignements sur les mouvements de l’ennemi, leur ordonnant de rentrer rapidement avec ces renseignements. En partant de Rawha, lorsque les compagnons ont atteint Zafrān, en passant par un côté de la vallée de Ṣafrā', situé à distance d'un Manzil (environs 25 km) de Badr, ils ont su qu’une puissante armée des Qouraychites avançait de La Mecque. Étant donné que ce n'était plus un secret, le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) a rassemblé tous les Compagnons et les a informés de cette nouvelle. Il a ensuite demandé conseil sur la démarche à suivre. Certains compagnons ont déclaré : « Ô messager d'Allah ! Compte tenu de nos moyens apparents, il semblerait plus approprié d'affronter la caravane, car nous ne sommes pas encore prêts à combattre l'armée. » Cependant, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n'a pas approuvé cette suggestion.

Lorsqu’ils quittaient Médine, les compagnons ignoraient qu’ils allaient combattre l’armée [mecquoise]. Ils pensaient qu’ils allaient s’approcher de la caravane pour tenter de connaître ses intentions. Ils allaient la combattre, si nécessaire, était donné qu’elle n’était pas importante. Or les compagnons n’imaginaient même pas qu’ils devraient combattre l’armée [régulière de La Mecque] en quittant Médine. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur a demandé conseil, certains ont dit qu’ils ne pourront pas combattre l’armée. Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’a pas apprécié cette opinion. Lorsque les plus éminents compagnons ont entendu cette suggestion, ils se sont levés et ont prononcé des discours passionnés en disant : « Nos vies et nos richesses appartiennent à Dieu ! Nous nous proposons de servir sur tous les fronts ». Miqdad bin al-Aswad, également connu sous le nom de Miqdad bin ‘Amr, a déclaré : « Ô Messager d'Allah ! Nous ne sommes pas comme les disciples de Moïse et ne dirons pas : « Va, toi et ton Seigneur et combattez. Nous nous asseyons ici. » Partez où vous le souhaitez, ô Envoyé d’Allah ! Nous sommes avec vous et nous combattrons à votre droite, à votre gauche, devant et derrière vous ! »

Lorsque le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) a entendu cette allocution, son visage béni a commencé à briller de joie. Or il attendait quelque commentaire de la part des Ansar et souhaitait qu'ils présentent leur opinion, parce qu’il pensait que les Ansar croyaient peut-être que, selon la Bai’at d’Aqabah, leur obligation était uniquement de défendre en cas d’attaque contre Médine. Malgré ces discours passionnés, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé conseil quant aux démarches à suivre. Sa’d bin Mou’ādh, chef des Aws, a compris ce désir du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et a déclaré au nom des Ansar : « Ô Messager d'Allah ! C'est peut-être notre conseil que vous recherchez. Par Dieu ! Nous avons cru en vous comme étant véridique et nous avons mis nos mains sur les vôtres ! Allez là où vous le souhaitez, nous sommes avec vous. Nous jurons par Celui qui vous a envoyé avec la vérité, que si vous nous ordonnez de plonger dans la mer, nous le ferons et aucun parmi nous ne s’en retiendra. Si Dieu le veut, vous nous trouverez inébranlables au combat et nous ferons le bonheur de vos yeux ! » 

Le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) fut ravi d’entendre ces propos et il dit : « Partez au nom d’Allah ! Car Allah m’a promis qu’il nous accorderait définitivement la victoire sur l’un des deux (l’armée ou la caravane). Je jure par Dieu qu'en ce moment même, je vois les lieux où tomberont les ennemis après avoir été tués. »

On dit que Miqdad était le premier cavalier ayant combattu dans la voie d’Allah lors de la bataille de Badr. Son cheval se nommait Sabha. Un autre récit évoque deux chevaux du côté des musulmans lors de la bataille de Badr.

‘Ali relate : « Le jour de la bataille de Badr nous disposions de deux chevaux : l’un appartenait à Zoubayr Bin Al-‘Awwam et le deuxième à Miqdad Bin al-Aswad. »

Selon Ibn Hicham, le jour de Badr, les musulmans disposaient de trois chevaux : celui de Marthad Bin Abi Marthad se nommait Sabal, celui ce Miqdad Bin ‘Amr se nommait Ba’zaja ou Sabha et celui de Zoubayr Bin Al-‘Awwam se nommait Ya’soub. »

Selon les diverses sources historiques citées dans son ouvrage Sirat Khatam an-Nabiyyine, Mirza Bashir Ahmad Saheb déclare que les musulmans ne disposaient que de deux chevaux lors de la bataille de Badr. Selon d’autres ouvrages, il y en avait deux, trois ou cinq. Quel qu’en soit le nombre, il est avéré qu’il n’y avait aucune comparaison entre l'équipement dont disposaient les musulmans et les mécréants. Les musulmans n’avaient presque rien, comparés à leur adversaire. Néanmoins, au combat les Emigrants et les Ansar ont respecté leur engagement.

Miqdad Bin ‘Amr al-Kindi était l’allié de la tribu des Banou Zahra et il avait accompagné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de la bataille de Badr. Il avait demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Ô Envoyé d’Allah ! Si un ennemi de parmi les mécréants me combat et qu’il me tranche la main de son épée, pour ensuite partir se réfugier derrière un arbre et se dire musulman, est-ce que je pourrai le tuer ou pas ? »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Tu n’es pas autorisé à le tuer. » Miqdad de surenchérir : « Il a tranché une de mes mains pour ensuite se dire musulman ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Tu ne dois pas le tuer. Car si tu le fais, il méritera le statut de croyant qui était le tien avant que tu ne l’aies tué ; et tu mériteras, quant à toi, le statut de mécréant qui était le sien avant qu’il n’ait prononcé cette parole. »

Il avait donc présenté cette hypothèse au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : Si un soldat mécréant me tranche la main pour ensuite se cacher derrière un arbre et se dire musulman pour la cause de Dieu, est-ce que j’ai le droit de me venger ? Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu que s’il se vengeait le mécréant serait croyant et il serait mécréant à sa place.

Ceci est le statut que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a conféré à ceux qui récitent la Kalimah. Comparez cela aux actions des prétendus oulémas et les États musulmans. Si seulement ils pouvaient jauger leur statut selon ce hadith : sont-ils des croyants ou des mécréants ?

Un pâtre de la tribu des Banou Ghaffar s’occupait des chameaux du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et les faisait paître à l’extérieur de Médine. Sa femme l’y accompagnait. ‘Ouyayna Bin Hisn, des Banou Fouzara, aidé de quelques cavaliers des Banou Ghatfan, ont lancé une attaque contre le berger ; ils l’ont tué et ont pris sa femme et les chameaux. Salama Bin Akwa était le premier à en avoir des nouvelles et il est sorti à cheval accompagné de l’esclave de Talha Bin ‘Oubaydillah. Thaniyat Al Wada’ est une vallée qui, selon certaines opinions, se situe à l'extérieur de Médine : c’est là-bas que l’on souhaitait adieu aux voyageurs qui se rendaient à La Mecque. Selon d’autres opinions, elle se situe à l’extérieur de Médine dans la direction de la Syrie. C’est là bas que les gens de Médine étaient venus accueillir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lorsqu’il est retourné de Tabouk. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’y rendait aussi pour y souhaiter adieu à ceux qu’il envoyait pour diverses expéditions.

Lorsque Salama est arrivé dans cette vallée, il a vu ‘Ouyayna et ses compagnons. Il est monté sur la montagne Sala’ et il a appelé à l’aide en lançait le cri : « Ya Sabaha ! » Salma leur a lancé des flèches tout en les poursuivant. Il réussit à les détourner de la direction dans laquelle ils avançaient. En entendant l’appel à l’aide lancé par Salma, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé aux cavaliers de sortir tout de suite pour combattre l’ennemi. Miqdad en fut le premier à répondre à l’appel du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait décidé de maintenir secrète son intention de lancer l’assaut contre La Mecque. Malgré les préparatifs de ses compagnons, il n’avait pas annoncé que La Mecque était la cible. Hatib Bin Balta’a, un compagnon de Badr, dans sa simplicité et sa naïveté, a envoyé une lettre à La Mecque entre les mains d’une femme qui s’y rendait dans laquelle il évoquait les préparatifs de l’assaut. Quand la femme est partie avec la lettre, Allah l’Exalté en a informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci a envoyé ‘Ali, accompagné de Miqdad et de quelques autres compagnons, à sa poursuite afin de ramener la lettre. ‘Ali raconte : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’envoya en compagnie de Zoubayr et de Miqdad en disant : « Quand vous arriverez à Rawdat Khakh vous trouverez une femme polythéiste à dos de chameau portant une lettre : ramenez celle-ci. »

Nous sommes partis et nos chevaux ont foncé dans la direction de la femme. Nous lui avons demandé de donner la lettre. Elle a refusé en disant qu’elle n’avait pas de lettre. Nous lui avons dit : « Tu la feras sortir sinon nous allons te dévêtir. » C’est là qu’elle l’a fait sortir de ses cheveux. Nous nous sommes présentés auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avec la lettre envoyée aux mécréants par ce compagnon dans son innocence.

L’assaut devait être tenu secret et la lettre allait tout dévoiler. En tout cas, Allah a informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et il a eu la lettre entre ses mains.

Moussa Bin Ya’qoub relate que la mère de sa tante avait raconté que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait offert à Miqdad quinze Wasaqs (environ 2,250 kg) d’orge annuellement des récoltes de Khaybar. Ils les ont vendus à Abou Soufyan pour le prix de 100 000 Dirhams. C’était un revenu annuel. Il s’agissait peut-être de la récolte de plusieurs années ou la récolte globale qu’ils ont vendue. Sinon 2,250 kilos n’en valent pas autant.

Miqdad avait également participé à la bataille de Yarmouk, et c’est lui qui était le Qari (récitateur du Coran) lors de cette bataille. Après la bataille de Badr, le Saint Prophète avait initié cette tradition de réciter la sourate Al-Anfal, et les gens ont suivi cette tradition même après son décès. Le Saint Prophète envoya une expédition et nomma Miqdad comme chef. Lorsqu’il rentra le Saint Prophète lui demanda : « O Abou Ma’bad, comment as-tu trouvé cette expérience de dirigeant ? » Il répondit : « O Prophète, tout de suite après ma nomination je considérais les autres comme étant mes esclaves. » A quoi le Saint Prophète de répliquer : « Ceci arrive lorsqu’on devient le chef, sauf si Allah l’Exalté nous en préserve. »

Miqdad répondit : « Sans aucun doute, et je jure au nom de Celui qui vous a envoyé comme Prophète avec la vérité, que je ne souhaite plus superviser ne serait-ce que deux personnes. » 

Au cours de cette expérience, il avait eu l’impression que tous les autres étaient ses esclaves ; après celle-ci, il était arrivé à la conclusion qu’il ne souhaitait même pas encadrer deux personnes. Telle était l’état de piété de ces personnes. Le fait d’être le supérieur hiérarchique peut faire naître un sentiment d’arrogance, c’est pour cette raison qu’il ne souhaitait même pas être le supérieur de deux personnes. Tous nos responsables doivent également avoir à l’esprit qu’il ne faut jamais vouloir occuper un poste ; et lorsqu’une personne est nommée responsable, et qu’elle accède à des responsabilités, il lui faut prier Allah l’Exalté pour être préservée des mauvaises pensées qui peuvent naître avec celles-ci, qu’Il fasse que jamais des sentiments d’arrogance ne naissent en nous ; et il faut prier pour obtenir Sa grâce. 

Miqdad était avec ‘Oubaydah bin al-Jarrah lors du siège de Homs. Miqdad avait également participé à la conquête de l’Egypte. En l’an 20 de l’Hégire, lorsque les troupes avancèrent vers l’Egypte et qu’Amro bin ‘As, le chef de l’armée, avait demandé des renforts au Calife ‘Oumar, celui-ci envoya 10 000 soldats dirigés par quatre officiers dont l’un était Miqdad. Il écrivit que chacun des officiers était équivalent à 1000 soldats ennemis. Ainsi dans les faits, l’arrivée de ces renforts changea complètement le cours de la bataille, et, en peu de temps, l’ensemble du territoire de Pharaon s’était soumis à l’unicité de Dieu. 

Joubayr bin Noufayr déclare : « Lorsque Miqdad bin al-Aswad vint auprès de nous pour une affaire, nous lui dîmes : « Qu’Allah vous accorde la santé et vous préserve ! Asseyez-vous le temps que nous fassions votre travail. » Il répondit : « Je suis étonné de voir l’état du peuple ; lorsque je venais ici, je suis passé devant des personnes qui souhaitaient des troubles. Elles pensaient qu’Allah l’Exalté les éprouverait certainement comme Il avait éprouvé le Saint Prophète et ses compagnons. » Il ajoute : « Je jure au nom d’Allah que j’ai entendu le Saint Prophète dire: « Chanceux est celui qui sera préservé des épreuves et autres troubles. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répéta cela à trois reprises, et il continua : « Si une personne est éprouvée, elle doit faire preuve de patience. » Il n’a jamais enjoint à quiconque de faire des supplications pour qu’il y ait un quelconque désordre, ou pour être éprouvé, ni pour une quelconque sévérité, ni ne faut-il souhaiter ce genre de situations. Mais si une personne est éprouvée, il faut faire preuve de patience, et rester ferme sur ses pas, et ne pas montrer une quelconque faiblesse. » 

Miqdad était très corpulent, mais malgré cela il partait faire le Jihad. Une fois, Miqdad était assis auprès du coffre d’un orfèvre, et il paraissait bien plus large que celui-ci ; une personne lui dit : « Allah l’Exalté vous a déclaré dispensé du Jihad. » Cela, parce qu’il était très corpulent, et comme sa fille l’a mentionné, il avait un gros ventre.

La sourate At-Tawbah est aussi connue comme la sourate Al-Bahouth, en raison du fait que les hypocrites et leurs complots y ont été mis à nu. Miqdad a déclaré : « Selon cette sourate, je suis dans l’obligation de partir au combat car il y est dit : « Sortez pour le Jihad, que vous soyez légers ou lourds. »

Le Mousleh Maoud a fait l’exégèse de Khifafan wa Thiqalan comme suit : « Dans ce verset il est enjoint aux musulmans de sortir pour faire le jihad dans la voie de Dieu, et aucune difficulté ne doit les dissuader dans cette voie. Khifafan wa Thiqalan a plusieurs significations : que l’on soit jeune ou vieux, que l’on soit seul ou en groupe, que l’on soit à pied ou sur une monture, que l’on soit lourdement armé ou que l’on ne le soit pas du tout, que l’on ait assez de provisions ou pas. Ce verset peut avoir plusieurs sens : Miqdad l’a pris dans le sens que peu importe la corpulence, il faut faire le Jihad, et il a ainsi justifié son envie de le faire.

Miqdad avait un très gros ventre ; or, il avait un esclave romain qui lui dit : « Je vais vous ouvrir votre ventre afin d’en retirer toute la graisse. » Il s’agissait d’un processus opératoire à l’époque afin d’alléger une personne. C’est également un processus opératoire courant aujourd’hui. Il entailla donc le ventre de Miqdad, retira la graisse et le referma, mais cela conduisit à une infection qui ne put guérir. Miqdad en décéda. L’esclave s’enfuit lorsqu’il vit cela. Mais selon une autre tradition d’Abou Faid, Miqdad serait décédé après avoir consommé de l’huile de ricin. La fille de Miqdad, Karima, relate : « Miqdad décéda à environ 5 km de Médine à Jaraf. Des personnes transportèrent son corps depuis ce lieu vers Médine sur leurs épaules. ‘Outhman dirigea sa prière funéraire, et il fut enterré dans [le cimetière de] Jannat-al-Baqi’. Il décéda en l’an 33 de l’Hégire, alors qu’il avait environ 70 ans.

 

Ibn Baridah rapporte de son père que le Saint Prophète a dit : « Allah l’Exalté m’a ordonné d’aimer quatre personnes et il m’a également informé qu’Il les aime. » On a demandé au Saint Prophète : « Qui sont ces personnes ? » Il s’agit d’un hadith d’Ibn Majah : à chaque époque il y a des personnes différentes ; selon cette tradition il est rapporté qu’à trois reprises il a cité les noms d’Ali, d’Abou Dhar, de Salman et de Miqdad. 

‘Ali rapporte : « Le Saint Prophète a dit : « Chaque prophète était accompagné de sept amis. » Les rapporteurs disent qu’il a peut-être utilisé le terme de « protecteurs ». Il continue : « Mais moi, j’en ai eu quatorze. » On lui demanda leurs noms. ‘Ali ajoute : « Il répondit que l’un d’entre eux était moi-même, mes deux fils Hassan et Houssayn, Ja’far, Hamzah, Abou Bakr, ‘Oumar, Mous’ab bin ‘Oumayr, Bilal, Salman, ‘Ammar, Miqdad, Houdhaifah, Abou Dhar et ‘Abdoullah bin Mas’oud. » Il s’agit ici d’un hadith de Sounan al-Tirmidhi. 

Un verset de la sourate Al-An’am est comme suit :

وَلَا تَطْرُدِ الَّذِينَ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ مَا عَلَيْكَ مِنْ حِسَابِهِمْ مِنْ شَيْءٍ وَمَا مِنْ حِسَابِكَ عَلَيْهِمْ مِنْ شَيْءٍ فَتَطْرُدَهُمْ فَتَكُونَ مِنَ الظَّالِمِينَ

« Et ne repousse pas ceux qui font appel à leur Seigneur matin et soir, à la recherche de Son plaisir. Tu n’es aucunement responsable de leur compte, et ils ne sont aucunement responsables du tien. Alors, si tu les repoussais, tu serais du nombre des injustes. » (6 : 53)

Ibn Majah rapporte que Sa’d déclara au sujet de ce verset : « Ce verset a été révélé à propos de six personnes : moi-même (c’est-à-dire Sa’d), Ibn Mas’oud, Souhayb, ‘Ammar, Miqdad et Bilal. » Sa’d ajouta : « Les Qouraychites dirent au Saint Prophète : nous ne pouvons accepter d’être assujettis à ces personnes, rejette-les donc. » Les rapporteurs relatent que conséquemment à cela, Allah l’Exalté révéla au Saint Prophète : 

وَلَا تَطْرُدِ الَّذِينَ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ

Et ne repousse pas ceux qui font appel à leur Seigneur matin et soir, à la recherche de Son plaisir.

Peu importe la raison de ce verset, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait donné cette réponse même.

Selon un récit, Miqdad était le premier compagnon qui, dans la voie de Dieu, avait participé à une bataille à cheval. Cela a également été brièvement mentionné avant. Miqdad rapporte qu’un jour il partit en direction du cimetière al-Baqi’ pour se soulager. Les gens avaient pour l’habitude d’attendre 2-3 jours pour se soulager. À cette fin il rentra dans un lieu désert. Comme la nourriture était limitée, ses selles ressemblaient à celles d’un chameau. Il était assis pour faire ses besoins, il vit un rat qui a sorti un dinar de son trou, ensuite il repartit et en ressortit encore un dinar, et ainsi de suite au point où il en sortit 17. Ensuite il sortit un tissu de couleur rouge. » Miqdad continue : « Lorsque je tirai ce tissu j’y ai trouvé un autre dinar, ainsi le total s’élevait à 18. Je les ai pris et je les ai présentés au Saint Prophète, et lui ai relaté la scène lui demandant d’accepter cela en tant que Sadaqah. Il répondit : « Il n’y pas d'aumône pour cela. Prends cette somme. Qu’Allah l’Exalté fasse que cette somme soit bénie pour toi, et ajouta : « Peut-être as-tu inséré ta main dans le trou ? » Miqdad répondit : « Non, je jure au nom de Dieu qui vous a accordé un grand respect en vous envoyant avec la vérité, je n’ai pas inséré ma main. C’est ainsi qu’Allah l’Exalté m’a accordé cette somme. » 

Joubayr bin Noufayr rapporte : « Un jour, nous étions dans une assise avec Miqdad, lorsqu’un homme passa et dit : « Vos yeux sont bénis car ils ont vu le Saint Prophète. Je jure au nom d’Allah que je souhaite de tout cœur voir ce que vous avez vu et ce qu’ils ont vu, et ce dont ils ont été témoins » ajouta-il en montrant les compagnons. En entendant cela, Miqdad se mit en colère. Le rapporteur ajoute que j’ai été très surpris et j’ai dit : « Les paroles de cet homme étaient bienveillantes. » En faisant référence à cet homme, Miqdad déclara : « Qu’est-ce qui pousse cet homme à souhaiter vivre à cette époque qu’Allah a dissimulé de lui ? » Il ajouta : « Nous ne savons pas quel aurait été son statut s’il vivait à cette époque. » Il continua : « Je jure au nom d’Allah, des gens ont vu l’époque du Saint Prophète et ont [pourtant] été jetés en enfer car ils avaient rejeté le Saint Prophète, et ne l’avaient pas reconnu comme véridique. Que savons-nous de ce qu’aurait fait cet homme s’il n’avait pas reconnu sa véracité à l’époque ? Il aurait fini en enfer. » Ensuite il ajouta : « Pourquoi ne glorifies-tu pas Allah ? Il t’a fait naître à cette époque où tu n’adores que Ton Seigneur. Tu ne t’adonnes à aucune forme de Chirk (de polythéisme), tu adores Ton Seigneur et tu as foi en la personne du Saint Prophète, et tu attestes de la véracité de la Charia qui a été apportée par ton Prophète, et de plus Allah l’Exalté t’a préservé des épreuves qui émanaient des autres. Les gens de l’époque précédente ont été confrontés à des épreuves. Allah l’Exalté t’en a préservé. Tu devrais faire Ses louanges pour cela. » Il continua : « Je jure au nom de Dieu, Il a envoyé le Saint Prophète après une époque d’obscurantisme, durant l’époque de la Fatrat al-Wahyi. C’est-à-dire celle qui sépare l’époque de deux prophètes et lors de laquelle il n’y a pas de révélations divines. Le terme Fatrah s’applique à cela. Il s’agissait d’une longue période lors de laquelle il n’y avait pas eu de révélations, et le Saint Prophète n’avait pas encore été envoyé. C’était une longue période où le Shirk régnait. » Il ajoute : « C’était une époque très difficile, les gens étaient idolâtres, et ne considéraient rien de plus grand que leurs idoles. Ensuite le Saint Prophète a été envoyé avec le Fourqan qui fit la distinction entre la vérité et le mensonge, et qui fit la différence entre le père et le fils. Les hommes considéraient leurs pères, fils ou frères comme des mécréants, tant qu’Allah n’avait pas ouvert leurs cœurs à la foi. »

Il ajoute : « Les gens savaient que s’ils meurent en état de mécréance, ils iraient en enfer, et ils n’étaient pas sereins tant qu’il y avait un risque que leurs bien-aimés aillent en enfer. Les gens qui avaient agréé l’Islam et accepté la véracité du Saint Prophète étaient constamment soucieux pour leur famille, et ils savaient que s’ils n’acceptent pas la vérité, et qu’ils s’y opposent, ils finiront alors en enfer. C’est pour cette raison qu’Allah l’Exalté a déclaré :

وَالَّذِينَ يَقُولُونَ رَبَّنَا هَبْ لَنَا مِنْ أَزْوَاجِنَا وَذُرِّيَّاتِنَا قُرَّةَ أَعْيُنٍ

…et ceux qui disent : « Notre Seigneur accorde-nous de nos femmes et de nos enfants la joie de nos yeux. »

Nous devons constamment faire cette supplication afin que la religion reste ancrée dans notre descendance, et nous devons remercier Allah pour les grâces qu’Il nous a accordées. 

Anas relate : « Le Saint Prophète entendit un homme réciter le Saint Coran à voix haute. Il dit : « Cette personne est emplie de crainte divine. » Il s’agissait de Miqdad.

Qu’Allah l’Exalté nous permette de comprendre ce qu’est vraiment l’islam. Qu’Il nous permette d’être à la hauteur des membres de la communauté du Saint Prophète, et qu’Il nous permette également de nourrir en nous la crainte de Dieu.

 


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