Sermon du vendredi 26 juillet 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquerai, dans le sermon d’aujourd’hui, [d’autres] compagnons de Badr. Le premier se nomme Mouzahir Bin Rafi’ ; son père se nommait Rafi’ Bin Adi. Mouzahir appartenait à la famille Banou Haritha Bin Harith de la tribu d’Aws des Ansar. Mouzahir et Zouhayr étaient tout deux des frères et ils étaient les oncles de Rafi’ Bin Khoudaij, qui n’était pas, quant à lui, un compagnon de Badr mais qui avait tout de même une importance historique. Ainsi, le neveu et le père [de Mouzahir] se nommaient tout deux Rafi’. Rafi’ Bin Khoudaij s’était présenté pour se joindre à la bataille de Badr, mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’avait renvoyé en raison de son jeune âge ; il lui donna la permission de participer [plus tard] à la bataille d’Ouhoud. Rafi’ avait participé à la bataille d’Ouhoud, celle du fossé et à d’autres batailles encore. Au cours de la bataille d’Ouhoud, une flèche s’était plantée dans sa clavicule. On avait enlevé la flèche, mais la pointe était restée dans son corps jusqu’à son décès. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait dit à Rafi’ : « Je témoignerai en ta faveur le jour de la Résurrection. » Rafi’ est décédé à l’âge de 86 ans en l’an 74 de l’hégire, à l’époque d’Abdoul Malik Bin Marwan.

Ceci concernait [Rafi’ Bin Khoudaij], le neveu [de Mouzahir]. Je mentionnerai à présent quelques faits concernant Zouhayr. Selon l’Imam Boukhari, Zouhayr avait participé à la bataille de Badr en compagnie de son frère. Le nom de ce frère n’a pas été mentionné dans Boukhari. Mais selon les commentateurs du Boukhrari, ce frère se nommait Mouzahir. Souboul al-Houda Wal-Rachad, une biographie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), explique que selon le Boukhari, Mouzahir, le frère de Zouhayr Bin Rafi, avait lui aussi participé à la bataille de Badr. Ce récit concerne en fait Mouzahir et j’ai mentionné ici [son frère] Zouhayr. Les ouvrages sur les compagnons, à l’instar d’Ousoud al-Ghaba, Al-Asabah et Al-Istay’ab ne disent pas que Mouzahir avait participé à la bataille de Badr. Selon ces trois livres, Mouzahir avait participé à la bataille d’Ouhoud et à toutes les autres batailles en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Mouzahir est décédé à l’époque du Calife ‘Oumar.

Mais d’autres ouvrages affirment que Mouzahir avait participé à la bataille de Badr et ces faits sont plus convaincants. Yah Bin Sahl Bin Abi Haithama relate que Mouzahir Bin Rafi’ al-Harithi avait fait venir quelques laboureurs vigoureux de chez son père de la Syrie afin qu’ils puissent travailler sur ses terres. Ils ont logé trois jours à Khaybar où les juifs les ont incités à tuer Mouzahir et leur ont offert deux ou trois couteaux. Quand Mouzahir a quitté Khaybar et est arrivé à Sibar, un lieu situé à 6 miles (10 km) de Khaybar, les laboureurs ont attaqué Mouzahir ; ils l’ont éventré et tué. Ils sont ensuite retournés à Khaybar où les juifs leur ont offert des provisions et de la nourriture pour les renvoyer chez eux en Syrie. Quand ‘Oumar a reçu la nouvelle, il a déclaré : « Je partirai à Khaybar et je distribuerai ses biens. Je vais fixer ses frontières et y tracerai ses démarcations (c’est-à-dire qu’il se vengera [de la mort de Mouzahir]). Je vais bannir les juifs, car le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré à leur propos : « Je ne vous laisserai pas en paix, tant qu’Allah ne vous laisse pas en paix. Et d’ailleurs Allah avait permis de les bannir. »

Et c’est ainsi qu’Oumar les a expulsés de là-bas. Mouzahir est tombé en martyr en l’an 20 de l’hégire.

Le prochain compagnon se nomme Malik Bin Qoudama. Son père se nommait Qoudama Bin Arfaja et selon un récit son père se nommait Harith. Malik était aussi connu comme Harith au lieu d’Arfaja. Malik Bin Qoudama appartenait à la famille Banou Ghanam de la tribu des Aws. Malik avait participé à la bataille de Badr en compagnie de son frère Moundhir Bin Qoudama. Il avait aussi participé à la bataille d’Ouhoud.

Le prochain compagnon se nomme Khouraym Bin Fatiq. Il appartenait au clan des Banou Asad et son père se nommait Fatiq Bin Akhram ou Akhram Bin Chidad. Son nom d’emprunt était Abou Yahya ou Abou Ayman selon un autre récit étant donné que son fils se nommait Ayman Bin Akhram. Khouraym Bin Fatiq avait participé à la bataille de Badr en compagnie de son frère nommé Sabrah Bin Fatiq. Selon un récit, Khouraym aurait participé au traité de Houdaybiyya. Selon un récit non-authentifié Khouraym et son fils Ayman auraient embrassé l’islam après la conquête de La Mecque lors de la conversion de la tribu des Banou Asad. Mais le récit précédent est plus authentique, notamment que Khouraym avait participé à la bataille de Badr.

L’Imam Boukhari l’a compté parmi les compagnons de Badr dans son livre At-Tarikh Al-Kabir. Khouraym et ses fils étaient partis à Koufa. Ils avaient élu domicile à Raqqa, une ville très connue sur la rive Est de l’Euphrate. Tout deux sont morts là-bas lors du règne de l'émir Mou’awiya. Khouraym relate ainsi sa conversion à l’islam. « J’avais perdu mes chameaux et je m’étais mis à leur recherche. J’ai suivi leurs traces jusqu’à tard dans la nuit. Je les ai trouvés à Abraq Al-Da’f, qui était un point d’eau très connu appartenant à la tribu des Banou Asad Bin Khouzayma, situé la route de Basra à partir de Médine. Je les ai attachés et je me suis allongé en m’appuyant sur la cuisse d’un des chameaux pour passer la nuit. C’était au tout début de l’hégire du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Suivant l’usage de l’époque, j’ai annoncé tout haut : « Je demande la protection du maître de cette vallée ! Je demande la protection du grand de cette vallée ! » C’est ainsi que s’exprimaient les gens de l’époque de l’ignorance lorsqu’ils passaient la nuit dans un lieu désert. Ils prononçaient ces phrases pour se protéger de ses habitants et des fauteurs de troubles de ces lieux. C’est là qu’un individu s’est adressé à moi en citant ces vers : « Mieux vaut pour toi de demander la protection du Dieu Glorieux qui a fait descendre le licite et illicite. Si tu proclames l'unicité de Dieu tu n’auras pas à craindre les épreuves des Jinns. Si tu te souviens de Dieu, les complots des Jinns seront réduits à néant. Cela concerne la personne imbue de Taqwa et celui qui accomplit de bonnes œuvres. » C’est-à-dire que ses bonnes œuvres continueront et que le mal ne le touchera pas.

Khouraym Bin Fatiq déclare : « J’ai répondu : « Ô toi qui énonce ces propos ! M’invites-tu vers la direction ou l’égarement ? Ces propos sur l'unicité sont fort étranges. » L’autre a répondu : « Il s’agit du message du prophète d’Allah, celui qui invite vers le bien. Celui qui a apporté la sourate Ya Sin, Ha Mim et d’autres sourates détaillées. C’est lui qui nous en a informés. Il nous a interdit nombre d’actions et en a rendu licites d'autres. Il enjoint la prière et le jeûne. Il nous interdit les mauvaises actions du passé. Il nous invite vers l’unicité. C’est pour cette raison que je t’y invite. »

Khouraym Bin Fatiq a répondu : « Qu’Allah t’accorde sa grâce. Qui es-tu ? » Il a répondu : « Je suis Malik bin Mâlik. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a envoyé comme Jinn des gens du Nejd, c’est-à-dire leur chef. »

Khouraym Bin Fatiq a répondu : « Si je trouve quelqu’un pour s’occuper de mes chameaux, je partirai certainement à la rencontre de ce prophète. » Ils conversaient donc et Khouraym Bin Fatiq a apprécié ses propos sur l’unicité et il y a cru.

Malik bin Mâlik a déclaré : « Je prends la responsabilité de tes chameaux et je les confierai aux membres de ta famille Incha Allah. »

Khouraym Bin Fatiq a préparé un des chameaux et il est parti à Médine en confiant les autres à Malik bin Mâlik. Il est arrivé à Médine à l’heure de la prière de Joumou’ah.

Il ajoute : « Je me suis dit que j’irai à l'intérieur après la prière car j’étais fatigué. J’ai harnaché ma monture. Quand Abou Dhar est sorti il m’a dit que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) me demandait d’entrer. Je suis allé à l’intérieur et lorsqu’il m’a vu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a dit : « Que s’est-il passé avec ce vieux qui t’avait donné la garantie de transmettre tes montures sains et saufs ? Il les a certainement confiés aux membres de ta famille. »

Ainsi Allah l’Exalté avait montré tout cela au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Khouraym a répondu : « Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a ajouté : « Oui ! Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde ! »

Sur ce Khouraym a déclaré : « Je témoigne qu’il n’y a aucun Dieu à part Allah. » Et c’est ainsi qu’il a embrassé l’islam d’une belle manière. Ceci était donc le récit de sa conversion à l’islam. Khouraym Bin Fatiq était quelqu’un de très délicat, aimant la pureté. Il portait de beaux vêtements et aimait la propreté. Avant d’embrasser l’islam il portait un long Izar (pagne). Il avait aussi de longs cheveux. Mustadrak Hakim fait mention d’un hadith rapporté par Khouraym Bin Fatiq. Il déclare : « Un jour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a dit : « Ô Khouraym ! Si tu accomplis deux actions tu seras une personne excellente. » Khouraym a répondu : « Que mes parents soient sacrifiés pour vous ! Quelles sont ces deux actions, ô Envoyé d’Allah ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Le fait de te raccourcir les cheveux et le pagne. » En effet on laissait traîner ses vêtements [à l’époque] par orgueil.

Khouraym est parti se couper les cheveux et raccourcir son pagne.

Selon un autre récit, rapporté dans Al-Tarikh al-Kabir, Ibn Handaliya relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré : « Khouraym Asadi serait une personne excellente s’il coupait ses cheveux et ne les laissaient pas atteindre ses épaules et s’il ne laissait pas traîner son pagne (par fierté.) »

Quand Khouraym en a reçu la nouvelle, il a coupé ses cheveux jusqu’aux oreilles avec son rasoir et il a relevé son Izar jusqu’aux moitiés de ses jambes. Porter de longs cheveux était considéré comme signe de fierté. Certains disent qu’il n’y a pas de mal à garder les cheveux longs. Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré qu’il ne faut pas que les cheveux dépassent les oreilles et que les hommes ne doivent pas laisser pousser leurs cheveux comme les filles et les femmes.

Khouraym Bin Fatiq avait participé à la conquête de la Syrie à l’époque d’Oumar. Qays Bin Abou Hazim et Amir Chabin relatent que Marwan Bin Hakam a dit à Ayman Bin Khouraym : « Pourquoi ne te bats-tu pas avec nous ? » Ayman a répondu : « Mon père et mon oncle avaient participé à la bataille de Badr et ils m’ont fermement enjoint de ne jamais me battre contre une personne qui dit qu’il n’y a pas de Dieu excepté Allah. »

Ayman a dit à Marwan Bin Hakam : « Si tu garantis ma protection contre le feu [de l’Enfer] je participerai à tes côtés à la bataille. » Marwan Bin Hakam lui a dit : « Pars d’ici ! » Ayman est parti en récitant ces vers : « Je ne me battrai pas contre celui qui loue tout autre Sultan des Qouraychites. Il portera le fardeau de son règne et moi celui de mon péché. Je demande la protection d’Allah contre l’ignorance et la colère. Vais- je tuer un musulman innocent ? Si j’agis de la sorte, le restant de ma vie ne sera d’aucun profit. »

Si nous examinons les actions des musulmans d’aujourd’hui nous constaterons à quel point ils se sont écartés des véritables enseignements de l’islam.

Le prochain compagnon se nomme Mou’ammar Bin Harith : il appartenait à la famille Banou Joum’ah de la tribu de Qouraychites. Son père se nommait Harith Bin Mou’ammar et sa mère se nommait Qoutaylah Bint Maz’oune. Elle était la sœur d’Outhman Bin Maz’oune : celui-ci était donc l’oncle de Mou’ammar Bin Harith. Celui-ci avait deux frères : Hatib et Hattab. Tous les trois avaient embrassé l’islam avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne choisisse le Dar al-Arqam comme centre. Mou’ammar Bin Harith fait partie des premiers musulmans.

‘Aïcha Bint Qoudama relate : « ‘Outhman, Qoudama, ‘Abdoullah, Sa’ib Bin ‘Outhman Bin Maz’oune et Mou’ammar Bin Harith, qui appartenait tous à la famille Banou Maz’oune avaient logé chez ‘Abdoullah Bin Salman al-‘Ajlani quand ils avaient quitté La Mecque pour se rendre à Médine. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Mou’ammar et Mou’adh Bin Afra. Mou’ammar Bin Harith avait participé à la bataille de Badr, celles d’Ouhoud et du fossé et à toutes les autres batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Mou’ammar Bin Harith est décédé lors du Califat d’Oumar en l’an 23 de l’hégire.

Le prochain compagnon se nomme Zouhayr bin Rafi’. Il était le frère de Mouzahir, que j’avais mentionné au tout début. Il appartenait à la famille Banou Haritha Bin Harith de la tribu d’Aws des Ansar. Le fils de Zouhayr bin Rafi’ se nommait Ousayd et il était lui aussi un compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Zouhayr bin Rafi’ était l’oncle de Rafi’ Bin Khoudaij, que j’avais évoqué plus tôt. La femme de Zouhayr se nommait Fatima Bint Bachir et elle appartenait à la famille Banou Adi Bin Ghanam. Mouzahir Bin Rafi’ était le frère de Zouhayr. La majorité des historiens affirment que Zouhayr et son frère Mouzahir avaient participé à la bataille de Badr. Zouhayr avait participé à la deuxième bai’ah d’Aqaba, à la bataille de Badr, celle d’Ouhoud et à toutes les autres batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Rafi’ Bin Khoudaij relate que son oncle Zouhayr bin Rafi’ avait dit que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur avait défendu une action qui était dans leur avantage.

Rafi’ a déclaré : « Ce qu’a dit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était meilleur. »

Celui-ci avait fait venir Zouhayr et lui avait demandé : « Que fais-tu de tes champs ? » Zouhayr a répondu : « Nous les louons sous la condition de prendre les récoltes qui se trouvent tout près du cours d’eau. Nous prenions quelques Wasaq de dattes et d’orge. » Un Wasaq équivaut à soixante Sa’ (une unité de mesure) : une Sa’ équivaut à environ 2,5 kilos.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a conseillé : « Change de méthode. Cultive la terre toi-même, ou demande à quelqu’un d’autre de le faire ; sinon, laisse-la. »

Rafi’ a déclaré : « Après avoir entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) je déclarai que nous allions suivre son conseil. Nous cultivions la terre nous-même ou nous donnions aux ayants droit leur dû. »

Le prochain compagnon se nomme ‘Amr Bin Iyas. Il était originaire du Yémen et était l’allié de la tribu des Banou Lawzan. Son père se nomme Iyas Bin ‘Amr. Selon un récit son grand-père se nommait Zayd. Amr avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il était le frère de Rabi’ Bin Iyas et de Waraqa Bin Iyas. Tous les trois avaient participé à la bataille de Badr.

Le prochain compagnon se nomme Moudlij Bin ‘Amr. On dit aussi qu’il se nommait Midlaj. Il appartenait à la famille Banou Hijr de la tribu des Banou Soulaym. Elle était l’allié des Banou Kabir Bin Ghanam Bin Doudan. Selon un autre récit, il serait l’allié des Banou ‘Amr Bin Doudan et aussi celui des Banou ‘Abd Chams. Moudlij avait participé à la bataille de Badr avec ses deux frères, nommés Saqf Bin ‘Amr et Malik Bin ‘Amr.

Moudlij Bin ‘Amr avait accompagné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors des batailles de Badr et d’Ouhoud et de toutes les autres campagnes menées par celui-ci. Moudlij Bin ‘Amr est décédé en l’an 50 de l’hégire lors du règne de Mou’awiya.

Le prochain compagnon se nomme ‘Abdoullah Bin Souhayl. Son père se nommait Souhayl Bin ‘Amr et sa mère se nommait Fâkhta Bint ‘Amr. Son frère se nommait Abou Jandal, qui était son cadet. Le nom d'emprunt d’Abdoullah était Abou Souhayl. Il appartenait à la famille Banou ‘Amir Bin Louay de la tribu des Qouraych. Ibn Ishaq l’a inscrit parmi les émigrants de la deuxième émigration en Abyssinie. Quand ‘Abdoullah Bin Souhayl est retourné à La Mecque, son père l’a contraint de renier sa foi. ‘Abdoullah Bin Souhayl a fait semblant de renier sa foi en Islam et il avait accompagné les polythéistes pour combattre les musulmans. À contrecœur, il avait dit à son père qu’il reniait l’islam et qu’il retournait à sa religion d’antan. Et il avait accompagné les polythéistes à Badr pour combattre les musulmans. ‘Abdoullah Bin Souhayl avait voyagé sur la même monture que son père Souhayl Bin ‘Amr. Celui-ci ne doutait pas que son fils avait abandonné l’islam pour retourner à sa religion [ancestrale]. Lorsque les armées musulmanes et polythéistes se faisaient face à Badr, ‘Abdoullah Bin Souhayl a couru vers les musulmans et s’est présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avant la bataille. Ainsi, il avait participé à la bataille en tant que musulman. Il avait 27 ans. Son action avait rendu son père furieux. ‘Abdoullah Bin Souhayl avait participé à la bataille de Badr, celles d’Ouhoud et du fossé et à toutes les autres batailles du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le jour de la conquête de La Mecque, ‘Abdoullah Bin Souhayl avait demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) d’accorder sa protection à son père et de lui pardonner. Il a dit au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Ô Prophète d’Allah ! Accorderez-vous votre protection à mon père ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Il est protégé en vertu de la protection accordée par Allah. Il peut à présent sortir. » Ensuite le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit à ceux qui étaient autour de lui : « Celui qui verra Souhayl Bin ‘Amr ne devra pas le mépriser. Je jure que Souhayl est une personne intelligente et noble ; d’ailleurs il ne peut être indifférent à l’islam. »

‘Abdoullah Bin Souhayl est parti voir son père et l’a informé de sa conversation avec le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Souhayl a déclaré : « Par Allah ! Il est vertueux tant à un âge avancé que tout jeune. » Et ‘Abdoullah Bin Souhayl a embrassé l’islam en cet instant.

Après avoir cru, il a déclaré : « Allah a accordé beaucoup de bien à mon fils par l’entremise de l’islam. »

‘Abdoullah avait participé à la bataille de Yamama et il y est tombé en martyr en l’an 12 de l’hégire au cours du Califat d’Abou Bakr à l’âge de 38 ans.

Souhayl Bin Amr, le père d’Abdoullah bin Souhayl, est venu à la rencontre d’Abou Bakr lorsque ce dernier est venu accomplir le Hajj lors de son Califat. Abou Bakr lui a présenté ses condoléances pour le décès de son fils. Sur ce Souhayl a déclaré : « J’ai entendu que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré que le martyr pourra intercéder en faveur de 70 membres de sa famille. J’espère que mon fils intercédera en premier en faveur de mon pardon après mon décès. »

Selon un autre récit, ‘Abdoullah serait tombé en martyr à Jowasa au Bahreïn à l’âge de 88 ans. Il s’y trouvait la forteresse d’Abd Al-Qays qu’avait conquis ‘Ala Bin Hadrami en l’an douze de l’hégire lors du califat d’Abou Bakr.

Il existe en fait deux récits [divergents à son propos.]

Yazid Bin Harith est un autre compagnon. Il appartenait à la famille Banou Ahmar Bin Haritha de la tribu de Khazraj des Ansar. Son père se nommait Harith Bin Qays et sa mère se nommait Khouthm et elle appartenait à la tribu Qayn Bin Yasr, originaire de Quda’a au Yémen. Yazid était connu comme Yazid Khouthm ou Yazid Bin Khouthm en raison de sa mère. Un de ses frères se nommait ‘Abdoullah Bin Khouthm.

‘Oumayr Bin ‘Abd ‘Amr était aussi connu comme Dhouch-chimalayn. Selon Ibn Hisham, il était connu comme Dhouch-Chimalayn car il utilisait davantage sa main gauche. Il était aussi connu comme Dhoul Yadayn, car il avait de longues mains et parce qu’il utilisait aussi ses deux mains selon certains. Son nom [d’origine] était ‘Oumayr Bin ‘Abd ‘Amr al-Khaza’i. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi un lien de fraternité entre ‘Oumayr Bin ‘Abd ‘Amr al-Khaza’i et Yazid Bin Harith après l’émigration à Médine. J’ai évoqué ‘Oumayr Bin ‘Abd ‘Amr Khaza’i ou Dhouch-Chimalayn en raison de ce lien de fraternité avec Yazid Bin Harith. Tout deux avaient participé à la bataille de Badr durant laquelle ils sont tombés en martyrs. Nawfal Bin Mu’awiya al-Dili a tué Yazid. Selon un autre récit, ce fut Touaima Bin Adi qui l’a tué. Yazid Bin Harith avait quelques dattes dans ses mains le jour de la bataille de Badr. Il les jeta et combattit jusqu’à tomber en martyr.

‘Oumayr Bin Hamam est un autre compagnon. Il appartenait à la famille Banou Haram Bin Ka’ab du clan des Banou Salama de la tribu deKhazraj des Ansar. Son père se nommait Hamam Bin Jamou et sa mère se nommait Nawar Bint ‘Amir. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre ‘Oumayr Bin Hamam et ‘Oubayda Bin Harith, qui était venu s'établir à Médine. Tout deux sont tombés en martyrs lors de la bataille de Badr.

Quand l’armée des polythéistes s’est rapprochée lors de la bataille de Badr, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Rapprochez-vous pour entrer dans ce paradis dont l’étendue recouvre le ciel et la terre. » Le rapporteur déclare que ‘Oumayr Bin Hamam a demandé : « Ô Envoyé d’Allah ! Affirmez-vous que le paradis recouvre le ciel et la terre ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Oui ! » Alors, il a déclaré : « Très bien ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé : « Pourquoi dis-tu cela ? » ‘Oumayr Bin Hamam a répondu : « Je dis cela avec l’unique intention de faire partie des habitants du paradis. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de commenter : « Tu en fais déjà partie. » ‘Oumayr Bin Hamam a fait sortir quelques dates de son carquois pour les manger pour ensuite dire : « Si je demeure vivant jusqu’à ce que je termine ces dattes, ma vie sera trop longue. » Le rapporteur déclare qu’il a jeté ses dattes et il a combattu les mécréants jusqu’à tomber en martyr. ‘Oumayr Bin Hamam citait ces vers épiques lors de la bataille de Badr.

« De la part d’Allah, je n’ai d’autres provisions que la Taqwa et l’Au-delà. Je reste ferme sur mes pas afin de faire le Djihad dans la voie d’Allah. Certes la Taqwa est une chose excellente, et nous guide le mieux vers le droit chemin ; et toute personne vivante est amenée à disparaître. » 

En islam, le premier à être tombé en martyr chez les Ansar est ‘Amir bin Hamam. Il est tombé en martyr aux mains de Khalid bin Alam. Selon d’autres, le premier Ansar à être tombé en martyr était Haritha bin Qays. Il existe deux versions à ce sujet. Quoiqu’il en soit, tous les deux sont tombés en martyrs au cours de la bataille de Badr. 

Je vais maintenant faire mention d’un compagnon qui se prénomme Houmayd al-Ansari. Zoubair rapporte qu’il s’était disputé avec un Ansari, qui avait participé à la bataille de Badr au sujet d’un petit canal irriguant les champs sur le sol rocheux de Médine. Ce contentieux fut présenté au Saint Prophètesa afin qu’il arbitre l’affaire. Ce canal irriguait les champs des deux personnes. Le Saint Prophètesa ordonna à Zoubair : « Utilise ce canal en premier (il était situé sur ses terres), et ensuite laisse ton voisin en profiter également. » Il lui ordonna de laisser ce canal irriguer également les terres voisines. Cet Ansari se fâcha en entendant le verdict, et s’exclama : « O Prophète d’Allah, venez-vous de rendre un verdict en sa faveur parce qu’il est le fils de votre tante paternelle ? » Le visage du Saint Prophètesa devint rouge et il ordonna à Zoubair : « Au départ, en faisant une faveur, j’ai voulu mettre un terme à ce contentieux en te demandant de lui laisser de l’eau. Maintenant je vais revenir au droit stricto-facto. Garde l’eau, jusqu’à ce qu’elle s’accumule jusqu’aux limites de ton terrain. Garde toute l’eau pour ton terrain. » Le Saint Prophète accorda l’intégralité de ce qui était dû à Zoubair, alors qu'auparavant le Saint Prophète venait de faire part de sa décision à Zoubair, lui permettant ainsi qu’à cette personne Ansarie d’avoir de l’eau. Mais lorsque cet Ansari mit le Prophètesa en colère, il accorda ce qui était dû de droit à Zoubair et rendit le véritable verdict que méritait Zoubair. Les rapporteurs ont dit qu’Ourwa que Zoubair a dit qu’il pensait que le verset suivant a été révélé en regard de cet événement :

فَلَا وَرَبِّكَ لَا يُؤْمِنُونَ حَتَّى يُحَكِّمُوكَ فِيمَا شَجَرَ بَيْنَهُمْ

C’est-à-dire, au nom de ton Seigneur, ils ne deviendront pas des croyants tant qu’ils ne te prendront pas comme arbitre pour leurs contentieux. Voici le verset complet :

فَلَا وَرَبِّكَ لَا يُؤْمِنُونَ حَتَّى يُحَكِّمُوكَ فِيمَا شَجَرَ بَيْنَهُمْ ثُمَّ لَا يَجِدُوا فِي أَنْفُسِهِمْ حَرَجًا مِمَّا قَضَيْتَ وَيُسَلِّمُوا تَسْلِيمًا

« Mais non, par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants à moins qu’ils te prennent comme juge de tous leurs différends ; et qu’ensuite ils ne trouvent pas en eux-mêmes d’objections à tes décisions et qu’ils se soumettent complètement. » (4 : 66)

Dans Al-Isaba Ousoud al-Ghabah et dans Ircha As-Sari, le commentaire du Sahih Al-Boukhari, il est écrit :« L’Ansari qui a eu un contentieux avec Zoubair était Houmayd al-Ansari, qui avait participé à la bataille de Badr. »

Parfois Satan lance une attaque de façon subtile, mais Allah a annoncé que les compagnons ayant pris part à la bataille de Badr bénéficieront de Son pardon. 

Le prochain compagnon se nomme ‘Amr bin Mou’adh bin Nou’man. Son père s’appelait Mou’adh bin Nou’man et sa mère s’appelait Kabshah bint Rafi’. 

‘Amr bin Mou’adh bin Nou’man al-‘Ach’ali était le frère du président de la tribu Aus, qui s’appelait Sa’d bin Mou’adh. Les personnes appartenant à la tribu des Ansar, les Banou ‘Abd Ach’al sont également appelées Ach’ali. De nombreuses personnes appartenant à cette tribu avaient accepté l’islam. 

‘Asim bin ‘Oumar bin Qatada rapporte que le Saint Prophètesa avait établi une relation de fraternité entre ‘Amr Bin Mou’adh faisant partie des Ansar et ‘Oumayr bin Abi Waqqas qui avait émigré de La Mecque vers Médine. ‘Oumayr bin Abi Waqqas était le frère de Sa’d bin Abi Waqqas. ‘Amr bin Mou’adh avait participé à la bataille de Badr avec son frère Sa’d. ‘Amr bin Mou’adh est tombé en martyr lors de la bataille d’Ouhoud aux mains de Dirar bin al-Khattab. Losque Dirar bin al-Khattab donna un coup de lance à ‘Amro bin Mou’adh, qui lui transperça le corps, il lui dit sur un ton moqueur : « Ne lâche pas cette personne qui te fera épouser des vierges. » Il a dit cela sur un ton ironique. Dirar n’était pas encore devenu musulman. Il accepta l’islam lors de la victoire de La Mecque. ‘Amro bin Mou’adh était âgé de 32 ans lorsqu’il tomba en martyr. Le père de Dirar bin al-Khattab bin Mirdas était à son époque un chef des Banou Fahr. Il avait bâti une maison pour les voyageurs. Lors de la guerre de Foujar, Dirar était le chef des Banou Harab bin Bihar. Il faisait partie des cavaliers, des fins orateurs et des poètes des Qouraych. Il faisait partie des quatre personnes qui avaient creusé des tranchées. 

Ibn Isaqar al-Dimachqi avait mentionné son nom parmi les noms des compagnons dans l’histoire de Damas. Dirar avait pris part à la victoire obtenue en Syrie aux côtés d’Abou ‘Oubaidah, et il avait accepté l’islam lors de la victoire de La Mecque. L’épisode de son acceptation de l’islam est célèbre. Ses poèmes et ses proses démontrent qu’il avait véritablement accepté l’islam.

Le prochain compagnon se nomme Mas’oud bin Rabi’a bin ‘Amr, qui faisait partie de la tribu de Qara, et il était l'allié de la tribu des Banou Zahra. Il faisait partie de la descendance d’Abou ‘Amir. On rapporte que le père de Mas’oud s’appelait Rabi’, mais on trouve également qu’il s’appelait Rabi’a et ‘Amir. L’un des fils de Mas’oud s’appelait ‘Abdoullah.

La famille de Mas’oud était connue sous le nom de Qari à Médine. Mas’oud avait accepté l’islam avant que le Saint Prophètesa n’entrât dans le Dar al-Arqam. Lorsque Mas’oud bin Rabi’a émigra vers Médine, le Saint Prophètesa établit une relation de fraternité entre lui et ‘Oubaid bin Tayyihan. Mas’oud bin Rabi’a avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud et du fossé, et à toutes les autres batailles aux côtés du Saint Prophètesa. Il décéda en l’an 30 de l’Hégire, alors qu’il était âgé de plus de 60 ans. 

Qu’Allah exalte continuellement le rang de tous ces prophètes, et qu’Il nous permette de perpétuer leurs actions pieuses. 

Je souhaite simplement brièvement dire qu’à partir de la semaine prochaine débutera Incha Allah la Jalsa Salana du Royaume-Uni ; nous devons faire des supplications pour cela. Les bénévoles doivent travailler au mieux de leurs capacités, et il faut également faire des supplications pour eux afin qu’Allah l’Exalté leur permette d’être à la hauteur de leurs responsabilités. Qu’Allah leur permettent de servir au mieux les invités du Messie Promisas. Cette année, le département transport aura davantage de travail et devra encore mieux s’organiser car il faudra emmener les invités qui sont logés à différents endroits de la Jama’at à Islamabad pendant quelques jours, et ce avant et après la Jalsa. En regard de cela, j’avais demandé à l’officier de la Jalsa Salana de faire un planning ; j’espère que le travail d’organisation a déjà débuté afin que les invités puissent aller à Islamabad, et y faire leurs prières. Pendant les jours de la Jalsa, des navettes sont toujours prévues pour aller à Hadiqatul Mahdi de Londres. Qu’Allah permette à tout le monde de faire au mieux son travail. 


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