Sermon du vendredi 05 avril 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Le premier des compagnons de Badr que j’évoquerai aujourd’hui se nomme Khirach Bin Sima al-Ansari. Il appartenait à la branche Banou Jacham de la tribu de Khazraj. Sa mère se nommait Oumm Habib. Khirach Bin Sima avait pour enfants Salama, Abdour Rahman et ‘Aïcha. Khirach avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud : il avait reçu, lors de cette dernière, dix blessures. Il était un des bons archers du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Lors de la bataille de Badr, Khirach a emprisonné Aboul ‘As, qui était le gendre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Le deuxième compagnon se nomme ‘Oubayd Bin Tayyihan ; on dit qu’il se nommait aussi ‘Atiq. Sa mère se nommait Layla Bint ‘Aniq. Il était le frère d’Aboul Haitham Bin Layyihan et il était un des alliés des Banou ‘Abdil Ach’al. ‘Oubayd avait participé à la Bai’ah d’Aqabah en compagnie de soixante-dix Ansar. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre ‘Oubayd et Mas’oud Bin Rabi’.

Son frère Abdoul Haitham l’avait accompagné lors de la bataille de Badr. ‘Oubayd est tombé en martyr lors de la bataille d’Ouhoud : il a été tué par ‘Ikramah Bin Abi Jahl. On dit aussi, qu’il était tombé en martyr lors de la bataille de Siffin, [sous le commandement] d’Ali. Il existe des divergences à ce propos. En tout cas, le point commun entre les deux récits est qu’il est tombé en martyr.

‘Oubayd avait deux fils, ‘Oubeidoullah et ‘Abbad. Selon Tabari, ‘Abbad avait aussi participé à la bataille de Badr. On dit qu’Oubeidoullah est tombé en martyr lors de la bataille de Yamama.

Le prochain compagnon se nomme Abou Hanna Malik Bin ‘Amr. Abou Hanna était son nom d'emprunt ; Malik Bin Amr était son nom [d’origine]. Selon Muhammad Bin ‘Oumar al-Waqidi, Abou Hanna faisait partie des vétérans de Badr. Il existe cependant des divergences sur son nom. Selon certains récits, il se nommerait ‘Amir ou Thabit bin Nou’man. Abou Habba et Abou Hayya sont aussi ses autres noms d’emprunt.

Mais Muhammad Bin ‘Oumar al-Waqidi déclare aussi que deux autres personnes portaient le nom d’Abou Habba : Abou Habba Bin Ghaziya Bin ‘Amr et Abou Habba bin ‘Abd ‘Amr Al-Ma’zani. C’est deux derniers n’avaient pas participé à la bataille de Badr. Parmi les combattants de Badr, personne ne portait le nom d’Abou Habba. Abou Hanna est un des noms présents parmi les vétérans de Badr. C’est pour cela qu’il souligne qu’Abou Hanna était le nom d’emprunt [de Malik Bin ‘Amr].

‘Abdoullah Bin Zayd Tha’laba est le prochain compagnon. On le nommait aussi ‘Abdoullah Bin Zayd al-Ansari. Son nom d'emprunt était Abou Muhammad. Son père se nommait Zayd Bin Tha’laba et il était aussi un compagnon [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)]. Il appartenait à la branche Banou Joucham de la tribu de Khazraj.

Il était présent avec les soixante-dix Ansar lors de la Bai’ah d’Aqabah : il avait aussi participé à la bataille de Badr, celle d’Ouhoud et dans d’autres batailles en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Au moment de la conquête de La Mecque, il portait l’étendard des Banou Harith Bin Khazraj. Avant d’embrasser l’islam ‘Abdoullah Bin Zayd savait écrire l’arabe, alors qu’à l’époque très peu de gens le savaient. Les enfants d’Abdoullah Bin Zayd sont restés à Médine. Un de ses fils se nommait Muhammad, issue de son mariage avec Sa’ada Bint Koulayb. Sa fille était Oumm Houmayd : sa mère était originaire du Yémen.

Son frère se nommait Hourayth Bin Zahid : il était aussi un compagnon de Badr. Sa sœur se nommait Qouraybah Bint Zayd : elle faisait aussi partie des compagnons [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)].

Dans un rêve, il a été enseigné à ‘Abdoullah Bin Zayd les paroles de l’Adhan et celui-ci en a informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sur ce, l’Envoyé d’Allah a ordonné à Bilal de lancer l’appel [en répétant] les paroles qu’Abdoullah Bin Zayd avait entendues dans son rêve. Cet incident a eu lieu en l’an un de l’hégire après la construction de la mosquée du Prophète.

En voici quelques détails. Abou ‘Oumayr Bin Anas faisait partie des Ansar. Il relate que ses oncles racontaient que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) tentait de trouver un moyen pour réunir les gens pour la Salat. On lui suggéra de faire flotter un drapeau à l’heure de la prière ; en le voyant les fidèles s’informeront les uns les autres. Mais cette suggestion n’avait pas plu au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le rapporteur relate qu’on suggéra au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de faire souffler dans une corne selon la méthode juive. Mais cette dernière suggestion n’avait pas plu au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), car c’était une méthode juive.

Les rapporteurs déclarent qu’on évoqua un gong [ou une cloche]. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) commenta qu’il s’agissait là de la méthode des chrétiens. ‘Abdoullah Bin Zayd est parti : il était anxieux en raison des soucis du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a prié et dans un rêve on lui a enseigné l’appel à la prière.

‘Abdoullah Bin Zayd déclare : « Dans un rêve, j’ai vu une personne tenant une cloche. Je lui ai demandé : « Ô serviteur d’Allah ! Voudras-tu la vendre ? » Il m’a demandé : « Que feras-tu avec ? » Je lui ai répondu qu’on l’utilisera pour appeler les gens à la prière. Il m’a dit : « Souhaites-tu que je te présente une meilleure méthode ? » J’ai répondu : « Oui certainement ! » Et il m’a enseigné les paroles de l’appel à la prière. Je présente aussi sa traduction : cela sera avantageux pour les enfants et les nouveaux musulmans. Les gens entendent l’Adhan quotidiennement mais certains n’en connaissent pas la traduction.

ٱللّهُ أَكْبَرُ

 Al-lahou akbar

 Allah est le plus grand (récité quatre fois)

أَشْهَدُ أَنْ لاَّ إِلهَ إِلاَّ ٱللّهُ

 Ach hadou al-la ilaha il-lal-lah

 J’atteste que nul n’est digne d’être adoré excepté Allah (récité deux fois)

أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَّسُولُ ٱللّهِ

 Ach hadou an-na Mouham-madar rasoulul-lah

 J’atteste que Muhammad est le Messager d’Allah (récité deux fois)

حَيَّ عَلَى ٱلصَّلاَةِ

 Hay-ya `alas-salah

 Accourez vers la Prière (récité deux fois)

حَيَّ عَلَى ٱلْفَلاَحِ

 Hayya `alal falah

 Accourez au succès (récité deux fois)

ٱللّهُ أَكْبَرُ

 Al-lahou akbar

Allah est le plus grand (récité deux fois)

لاَّ إِلهَ إِلاَّ ٱللّهُ

La ilaha il-lal-lah

Il n’y a aucun Dieu excepté Allah

‘Abdoullah Bin Zayd relate : « Après m'avoir enseigné ces paroles, cette personne s’est éloignée de moi et m’a dit : « Au moment d’accomplir la Salat, répète les paroles suivantes… »

Il lui a enseigné le Takbir :

ٱللّهُ أَكْبَرُ

 Al-lahou akbar

 Allah est le plus grand (récité deux fois)

أَشْهَدُ أَنْ لاَّ إِلهَ إِلاَّ ٱللّهُ

 Ach hadou al-la ilaha il-lal-lah

 J’atteste que nul n’est digne d’être adoré excepté Allah (récité une fois)

أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَّسُولُ ٱللّهِ

 Ach hadou an-na Mouhammadar rasouloul-lah

 J’atteste que Muhammad est le Messager d’Allah (récité une fois)

حَيَّ عَلَى ٱلصَّلاَةِ

 Hay-ya ’alas-salah

 Accourez vers la Prière (récité une fois)

حَيَّ عَلَى ٱلْفَلاَحِ

 Hay-ya ’alal-falah

 Accourez au succès (récité une fois)

قَدْ قَامَتِ ٱلصَّلاَةُ

 Qad qamatis-salah

 La Prière est sur le point de commencer (récité deux fois)

ٱللّهُ أَكْبَرُ

 Al-lahou Akbar

 Allah est le plus grand (récité deux fois)

ﻵ إِلهَ إِلاَّ ٱللّهُ

La ilaha il-lal-lah

Il a répété les paroles de l’Adhan en ajoutant Qad qamatis-salah « La Prière est sur le point de commencer. » Ensuite « Allah est le plus grand », récité deux fois.

‘Abdoullah Bin Zayd ajoute : « Le lendemain matin je me suis présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour lui raconter ce que j’avais vu. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Si Allah le souhaite, ce rêve est vrai. Mets-toi à côté de Bilal et enseigne le ce que tu as entendu, afin qu’il lance l’appel en répétant ces paroles, car sa voix est plus forte que la tienne. »

Je me suis mis à côté de Bilal et j'énonçais les paroles et il lançait l’appel en les répétant.

Le rapporteur déclare : « Dès qu’Oumar a entendu l’appel à la prière, il est sorti de chez lui en tirant son châle et il a déclaré : « Ô Envoyé d’Allah ! Je jure par celui qui vous a envoyé avec la vérité, j’ai vu [dans un songe] la même chose qu’Abdoullah ! »

En l’entendant, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Toutes les louanges appartiennent à Allah ! »

Selon un autre récit, il aurait dit : « Toutes les louanges appartiennent à Allah ! Ceci est la vérité. »

Mirza Bashir Ahmad Saheb, dans sa Sirat Khataman Nabiyyine, évoque d’autres détails tirés de plusieurs recueils de l’histoire.

Il déclare : « Il n’existait aucun moyen pour annoncer la Salat ou pour lancer l’appel à la prière. Les compagnons se réunissaient généralement en estimant l’heure de la Salat. Or cette méthode n’était pas tout à fait satisfaisante. Après la construction de la mosquée du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), la méthode pour réunir les musulmans à une heure fixe était encore plus nécessaire. Un compagnon a suggéré l’usage d’une cloche à l’instar des chrétiens. Un autre a suggéré l’usage d’une corne comme les juifs, d’autres ont présenté d’autres suggestions. Or, ‘Oumar a suggéré de choisir un individu qui lancerait l’appel à l’heure de la Salat. Cette dernière suggestion a plu au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Elle venait d’Oumar avant que l’appel [officiel] à la prière ne fut institué. Bilal a reçu l’ordre d’accomplir ce devoir. À l’heure de la Salat, Bilal lançait à haute voix : « As-Salatou Jâmi’ah » et les fidèles se réunissaient pour la Salat. Voire si l’on devait réunir les musulmans à la mosquée pour d’autres raisons on lançait le même appel.

Après quelque temps, il y a eu l’incident mentionné plus tôt. Il a été enseigné dans un songe à ‘Abdoullah Bin Zayd al-Ansari les paroles de l’appel à la prière et il en a fait mention au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci a déclaré que ce rêve venait de la part de Dieu et il a ordonné à ‘Abdoullah de l'enseigner à Bilal. Quand celui-ci l’a fait pour la première fois, ‘Oumar est sorti de chez lui, tout pressé, pour se présenter au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a déclaré : « Ô Envoyé d’Allah ! J’ai entendu dans un rêve les mêmes paroles énoncées par Bilal. » Selon un autre récit, lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a entendu l’appel à la prière, il a déclaré : « Ces paroles sont conformes à une révélation reçue naguère. »

Bachir Bin Muhammad relate qu’Abdoullah Bin Zayd, qui avait entendu l’appel à la prière dans un songe, avait offert tous ses biens en aumône. Lui et son fils dépendaient de ces propriétés pour leur subsistance. Il les a confiés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le père d’Abdoullah s’est rendu par la suite auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et il a déclaré : « Ô Envoyé d’Allah ! ‘Abdoullah Bin Zayd a offert en aumône les biens dont dépendait sa subsistance. » Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a invité ‘Abdoullah et lui a dit : « Sans nul doute Allah a accepté l’aumône que tu as offerte. À présent lègue ces biens à tes parents. » Bachir relate qu’ils ont reçu ces biens en héritage. Plus tard, leurs enfants en ont reçu leur part.

Une fois le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait offert ses ongles en guise de relique. Muhammad, le fils d’Abdoullah Bin Zayd, relate que son père était présent à Mina, sur le lieu de sacrifice des animaux, en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors du pèlerinage d’adieu. Un autre Ansari l’avait aussi accompagné. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a distribué la viande des animaux sacrifiés, mais ‘Abdoullah Bin Zayd et son compagnon n’avaient rien reçu. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a placé ses cheveux dans un tissu et en a distribué parmi les gens. Il s’est coupé les ongles et en a offert à ‘Abdoullah Bin Zayd et son compagnon.

‘Aïcha relate qu’une personne se présenta au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui annonça : « Ô Envoyé d’Allah ! Je jure par Dieu, je vous aime plus que ma personne. Certainement je vous aime plus que mes proches, voire mes enfants. J’étais à la maison, en train de me rappeler de vous, quand je n’ai pas pu me retenir et je me suis présenté à vous. À présent je vous vois. J’ai réfléchi sur votre mort et la mienne et je me suis dit que lorsque vous entrerez au paradis vous serez en compagnie d’autres prophètes. J’ai eu peur que lorsque j’entrerai au paradis je ne vous y trouverai pas. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’a pas répondu à cette personne jusqu’à ce que l’ange Gabriel n’ait révélé ce verset :

وَمَنْ يُطِعِ اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَأُولَئِكَ مَعَ الَّذِينَ أَنْعَمَ اللَّهُ عَلَيْهِمْ مِنَ النَّبِيِّينَ وَالصِّدِّيقِينَ وَالشُّهَدَاءِ وَالصَّالِحِينَ وَحَسُنَ أُولَئِكَ رَفِيقًا

« Et quiconque obéit à Allāh et au Messager sera du nombre de ceux sur lesquels Allāh a répandu Ses bienfaits, à savoir, les Prophètes, les Véridiques, les Martyrs et les Justes ; ce sont là d’excellents compagnons. »

Nous présentons ce verset à titre d’argument, en expliquant qu’en suivant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’on peut mériter le statut de prophète non législateur. En le suivant l’on peut progresser du stade de la Salihiyyah (piété) jusqu’au stade de la Noubouwwah (prophétat). En tout cas la Noubouwwah est un éminent statut, même si elle est n’est pas porteuse d’une nouvelle loi et qu’elle est asservie au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). C’est un statut qu’Allah confère à la personne de son choix et d’ailleurs le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré à propos du Messie qui allait venir, qu’il serait un prophète d’Allah. C’est la raison pour laquelle nous acceptons le Messie Promis (a.s.) en tant que prophète non législateur et asservi au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ceci ne porte pas atteinte au statut de Khatm an-Noubouwwah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : bien au contraire, il le rehausse, car la Noubouwwah sera à présent acquise uniquement en s’asservissant au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Nous ne sommes pas les seuls à présenter ces sens : de grands érudits du passé en ont fait de même. À titre d’exemple, l’Imam Raghib présente aussi la même interprétation, notamment qu’après le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) un prophète non législateur qui lui est asservi peut venir. En tout cas, c’était là une explication à propos de ce verset.

Selon Allama Zourqani, divers recueils d’histoire affirment que cet incident concerne Thawban, l'esclave du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Selon le Tafsir Yanbou’ Al-Hayat et eu égard au Maqatil Bin Soulayman, cet incident concerne ‘Abdoullah Bin Zayd al-Ansari, qui avait entendu l’appel à la prière dans son rêve. Selon Allama Zourqani, si cela est avéré, il est fort possible que ces deux [compagnons] aient évoqué cela au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et que ce verset ait été révélé à ce propos. Selon divers récits, plusieurs compagnons en ont fait mention au Saint Prophète (s.a.w.).

En sus des récits mentionnés plus haut, les Tafasir évoquent d’autres faits à propos de l’incident concernant Thawban. On dit que Thawban éprouvait à l’égard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) une grande affection ; il n’a pas pu endurer pour longtemps son éloignement du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Un jour il s’est présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) tout bouleversé et le visage tout triste. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé : « Qu’est-ce qui t’a rendu aussi triste ? » Thawban a répondu : « Ô Envoyé d’Allah ! Je ne suis point malade, hormis le fait que je ne vous ai pas vu depuis quelque temps. Et la peur m’a terrassé tant que je ne vous ai pas rencontré. De même lorsque j’ai pensé à propos de l’Au-delà, la peur m’a secoué, car je ne pourrai pas vous voir étant donné que vous serez élevé en compagnie d’autres prophètes. Même si je suis admis au Paradis, mon statut sera bien inférieur au vôtre. Si jamais je ne suis pas admis au Paradis, en ce cas je ne pourrai jamais vous voir. »

Ceci est une explication du récit concernant Thawban. ‘Allama Zourqani écrit qu’Abdoullah Bin Zayd était en train de travailler dans son verger quand son fils est venu l’informer que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait rendu l'âme. Sur ce ‘Abdoullah a déclaré : « Ô Allah ! Prends ma vue ! Après le départ de Muhammad, mon bien-aimé, je ne souhaite plus voir personne ! »

Selon le Charh al-Zourqani, par la suite, la vue d’Abdoullah a commencé à baisser et il est devenu aveugle. Il existe des divergences sur la mort d’Abdoullah Bin Zayd : selon certains il serait mort après la bataille d’Ouhoud. Mais la majorité des récits rapportent qu’il avait participé dans toutes les batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et qu’il est décédé à Médine en l’an 32 de l’hégire vers la fin du Califat d’Outhman. Si le récit sur la perte de sa vue est avéré, il serait en effet décédé à l’époque du Califat d’Outhman. Il avait à l’époque 64 ans. Le Calife ‘Outhman avait dirigé sa prière funéraire.

Mou’adh Bin ‘Amr Bin al-Jamouh est un autre compagnon. Il appartenait à la branche Banou Salama de la tribu des Khazraj. Il avait participé à la deuxième Bai’ah d’Aqabah ainsi qu’aux batailles de Badr et d’Ouhoud. Son père ‘Amr Bin al-Jamouh était un compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui était tombé en martyr lors de la bataille d’Ouhoud. Sa mère se nommait Hind Bint ‘Amr.

Selon Moussa Bin ‘Ouqba Abi Ma’char et Muhammad Bin ‘Amr al-Waqidi, Mou’awiz Bin ‘Amr, le frère de Mou’adh Bin ‘Amr avait lui aussi combattu lors de la bataille de Badr. L’épouse de Mou’adh Bin ‘Amr se nommait Subaitah Bint ‘Amr et elle appartenait à la branche Banou Sa’ada de la tribu Khazraj. De ce mariage sont nés son fils ‘Abdoullah et sa fille ‘Ummama.

Mou’adh Bin ‘Amr avait participé à la deuxième Bai’ah d’Aqabah, mais son père, ‘Amr Bin al-Jamouh, était un polythéiste endurci.

L’on trouve mention dans la Sirat d’Ibn Hicham l’incident conduisant à la conversion du père de Mou’adh Bin ‘Amr. Un an de cela j’avais peut-être évoqué brièvement cet incident. Quand ceux qui s'étaient convertis à l’islam lors de la Bai’ah d’Aqabah sont retournés à Médine, ils ont diffusé à grande échelle le message de l’islam. Certains de leurs aînés étaient encore attachés à leur religion polythéiste, dont ‘Amr Bin al-Jamouh. Son fils Mou’adh Bin ‘Amr était présent lors du deuxième serment d’Aqabah et il avait prêté allégeance aux mains du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). ‘Amr Bin al-Jamouh faisait partie des chefs des Banou Salama. À l'instar des autres aînés, il possédait à la maison une idole faite de bois, nommé Manat. Il lui rendait culte, la décorait et la purifiait.

Quelques jeunes des Banou Salama avaient embrassé l’islam dont Mou’adh Bin Jabal et Mou’adh Bin ‘Amr Bin al-Jamouh, le fils d’Amr Bin al-Jamouh ; ils étaient présents lors de la deuxième bai’ah d’Aqabah. La nuit ils rentraient dans le temple d’Amr Bin al-Jamouh, prenait l’idole et partaient la jeter dans le dépotoir des Banou Salama, c'est-à-dire dans la fosse destinée au détritus.

Le matin, ‘Amr Bin al-Jamouh s’exclamait : « Malheur aux ennemis de nos dieux ! » Il sortait chercher l’idole et quand la retrouvait, il la lavait et s’exclamait : « Je jure par Dieu ! Si je découvre celui qui t’a ainsi traitée, je l’humilierai certainement. » La nuit lorsqu’Amr Bin al-Jamouh s’endormait, son fils répétait le même stratagème. Le matin, ‘Amr Bin al-Jamouh endurait la même peine : il cherchait l’idole et la nettoyait. La même chose s’est répétée pendant plusieurs nuits. ‘Amr a fait sortir l’idole de sa fosse, il l’a lavée et a placé son épée autour de son cou en déclarant : « Par Allah ! J’ignore qui te fait subir tout cela. Si tu en es capable, défend toi avec cette épée ! »

La nuit venant, lorsqu’Amr s’est endormi, les jeunes dont son fils, ont fait subir à l’idole le même traitement. Ils ont pris l’épée de son cou et lui ont attaché un chien mort et sont partis le jeter dans un vieux puits des Banou Salama utilisés pour les détritus. Le lendemain, ‘Amr, n’ayant pas trouvé l’idole à sa place habituelle, est sorti la chercher pour la retrouver dans le puits attaché à un chien mort. La vérité lui a sauté au visage lorsqu’il a vu cette scène. Les membres de sa tribu lui ont aussi présenté le message de l’islam ; et par la grâce de Dieu il l’a embrassé, selon la Sirah d’Ibn Hicham. [‘Amr Bin al-Jamouh] aurait affirmé à quoi bon adorer une idole qui n’a pas pu se défendre avec une épée au cou.

Mou’adh Bin ‘Amr Bin al-Jamouh faisait partie de ceux qui avaient tué Abou Jahal. Selon le recueil de Boukhari, Salih Bin Ibrahim rapporte que son grand-père ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf a relaté ceci : « Quand nous étions prêts dans les rangs pour combattre à Badr, j’ai regardé à ma droite et à ma gauche, j’ai vu deux jeunes Ansar. Je me suis dit : « Si seulement j’avais à mes flancs des [soldats] plus matures et solides. » J’étais perdu dans ces pensées quand l’un des garçons me demanda en me touchant le bras : « Oncle ! Reconnaissez-vous Abou Jahal ? »

Je lui ai répondu : « Oui, mon neveu ! Que souhaites-tu faire de lui ? » Il a répondu : « On m’a dit qu’il insultait le Prophète d’Allah. Je jure par Celui qui détient ma vie entre Ses mains : si je le trouve, mes yeux ne se sépareront pas des siens tant que l’un d’entre nous ne connaisse pas la mort qui lui est destinée ! »

‘Abdour Rahman Bin ‘Awf a déclaré : « J’étais tout étonné par ses propos quand le deuxième m’a pris la main et m’a demandé la même chose. Peu de temps après, j’ai vu Abu Jahal en train de faire une tournée entre [ses] soldats. J’ai dit aux jeunes : « Voilà là-bas celui à propos de qui vous me demandiez. » Sur ce tous les deux ont pris leurs épées et ont bondi dans sa direction, pour le tuer. Ils sont ensuite retournés vers le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour l’en informer. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé : « Lequel d’entre vous l’a tué ? » Tous les deux ont répondu qu’ils l’avaient fait. L’Envoyé d’Allah leur a demandé : « Avez-vous essuyé vos épées ? » Quand ils ont répondu négativement, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré, en regardant les épées : « Vous l’avez certainement tué tous les deux. Mou’adh Bin ‘Amr Bin al-Jamouh aura ses butins de guerre. » En effet tous les deux se nommaient Mou’adh. L’un se nommait Mou’adh Bin ‘Afra et l’autre Mou’adh Bin ‘Amr Bin al-Jamouh.

Dans le passé j’avais déjà évoqué ce récit à propos d’Abou Jahal et de Mou’adh et Mou’awwidh. Il se peut qu’il y ait des confusions à ce propos. L’incident de la mort d’Abou Jahal a été évoqué dans de divers livres de Hadiths et de Sirah. Selon le récit de Boukhari, Mou’adh Bin ‘Amr Bin al-Jamouh et Mou’adh Bin ‘Afra avaient tous les deux tué Abou Jahal. ‘Abdoullah Bin Mas’oud quant à lui l’avait décapité.

Dans un autre récit l’on trouve mention de Mou’adh et de Mou’awwidh. D’ailleurs dans le recueil de Boukhari l’on trouve mention d’autres récits selon lesquels Mou’adh et Mou’awwidh, les deux fils d’Afra, auraient tué Abou Jahal. ‘Abdoullah Bin Mas’oud lui aurait donné le coup de grâce par la suite.

Selon Al-Boukhari, Anas rapporte ceci. Le jour de la bataille de Badr le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda : « Qui ira voir quelle fin a connu Abou Jahal ? » ‘Abdoullah Bin Mas’oud est parti et a constaté que Mou’adh et Mou’awwidh, les deux fils d’Afra, l’avaient frappé à coup d’épée. Il était en effet sur le point de rendre l’âme. ‘Abdoullah Bin Mas’oud lui a demandé : « Es-tu Abou Jahal ? » Ensuite il lui a attrapé par la barbe. Abou Jahal lui a demandé : « Avez-vous tué quelqu’un de plus éminent que moi ? » ou il aurait demandé : « Existe-t-il de peuple qui ai tué quelqu’un de plus éminent que moi ? »

Ces deux récits sont rapportés dans le recueil de Boukhari. Le deux Mou’adhs sont mentionnés dans un récit ; Mou’adh et Mou’awwidh sont mentionnés dans un autre récit. Dans un récit, ils avaient deux pères différents et selon un autre récit on dit qu’ils avaient le même père.

Sayyed Zainoul ‘Abidin Walioullah Shah Sahib a éclairci le sujet des [musulmans] ayant tué Abou Jahal. Il explique que selon certains récits Mou’adh et Mou’awwidh, les deux fils d’Afra, auraient mortellement blessé Abou Jahal et ‘Abdoullah Bin Mas’oud l’aurait ensuite décapité. Imam Ibn Hajar a, quant à lui, présenté la possibilité qu’après Mou’adh bin ‘Amr et Mou’adh bin ‘Afra, Mou’awwidh Bin ‘Afra aurait lancé une attaque contre Abou Jahal. C’est pour cette raison que l’on trouve mention dans les deux premiers récits du nom des deux frères. Dans un deuxième récit l’on trouve mention de deux personnes différentes. Selon l’exégèse Fath al-Bari, les trois auraient pu le tuer. ‘Allama Badr al-Din al-‘Ayni a tenté [lui aussi] de comparer les tueurs d’Abou Jahal : selon lui, Mou’adh Bin ‘Amr Bin al-Jamouh, Mou’adh Bin ‘Afra ainsi qu’Abdoullah Bin Mas’oud l’auraient tué. ‘Abdoullah Bin Mas’oud l’aurait décapité et aurait présenté sa tête au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Selon ‘Allama Badr al-Din al-‘Ayni, d’après le Sahih Mouslim, Mou’adh Bin ‘Amr Bin al-Jamouh et Mou’adh Bin ‘Afra auraient tous les deux tué Abou Jahal. Le père de Mou’adh Bin ‘Afra se nommait Harith bin Rifa’ et sa mère se nommait ‘Afra : elle était la fille de ‘Oubayd Bin Tha’laba al-Najjariyya.

Selon le chapitre Man Lam Yakhmis Al-Aslab du « livre du Jihad » d’Al-Boukhari, Mou’adh Bin ‘Amr Bin al-Jamouh aurait tranché la jambe d’Abou Jahal et Mo’awwidh Bin ‘Afra l’aurait frappé et l’aurait jeté à même le sol. Ils l’auraient laissé en vie et ‘Abdoullah Bin Mas’oud lui aurait donné le coup de grâce en le décapitant.

Il ajoute que si on demande pourquoi a-t-on collecté ces divers récits, je dirai que c’est parce que tous ces individus avaient contribué à la mort d’Abou Jahal.

Selon Zourqani quand ‘Abdoullah Bin Mas’oud a vu Abou Jahal, ce dernier prenait son dernier souffle. ‘Abdoullah Bin Mas’oud a posé son pied sur le cou d’Abou Jahal et il a déclaré : « Ô ennemi d’Allah ! Allah t’a humilié ! » Abou Jahal a répondu orgueilleusement : « Je n’ai pas été humilié ! Avez-vous pu tuer quelqu’un de plus honorable que moi ? » C'est-à-dire qu’il ne s’était pas senti abaissé. » Abou Jahal a demandé : « Dis-moi qui a remporté la bataille ? » ‘Abdoullah a répondu : « Allah et Son Prophète ! »

Selon un autre récit Abou Jahal a déclaré : « Dis à Muhammad (s.a.w.), que j’ai été son ennemi toute ma vie et en cet instant je demeure empli d’inimitié à son égard ! »

‘Abdoullah Bin Mas’oud a décapité Abou Jahal et a présenté sa tête au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Celui-ci a déclaré : « Je suis le plus honoré des prophètes aux yeux d’Allah. De même, mon Oummah (peuple) est le plus honorable à Ses yeux. Le Pharaon de cette Oummah est, de même, le plus dur et le plus hostile de tous les pharaons de toutes les autres Oummahs.

La raison découle de ce verset :

حَتَّى إِذَا أَدْرَكَهُ الْغَرَقُ قَالَ آَمَنْتُ أَنَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا الَّذِي آَمَنَتْ بِهِ بَنُو إِسْرَائِيلَ

Allah déclare dans la sourate Younous : « Jusqu’à ce que, quand la calamité de la noyade eût rattrapé [Pharaon], il a dit : « Je crois qu’il n’y a d’autres dieux que Celui en Qui croient les Enfants d’Israël ! »

Le Pharaon de cette époque est très avancé en inimitié et en mécréance, comme le révèlent les paroles qui sont sorties de la bouche d’Abou Jahal au moment de sa mort. Au sujet de sa mort, il est également rapporté dans les récits que lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) vit le visage d’Abou Jahal, il déclara : « Nul n’est digne d’être adoré excepté Allah. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ajouta également à trois reprises : « Allah mérite toutes les louanges ! Il a honoré l’islam et ses suivants. » De même, il est également rapporté que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Certainement, dans chaque peuple se trouve un Pharaon, et le Pharaon de ce peuple était Abou Jahal, qu’Allah l’Exalté a fait tuer d’une horrible manière. »

Mou’adh bin ‘Amr Bin al-Jamouh décéda sous la période de califat d’Outhmanra.

Khalifa bin Khiyat a déclaré : « Mou’adh bin ‘Amro Bin al-Jamouh a été blessé lors de la bataille de Badr. Depuis, il est resté malade jusqu’à l’époque du califat d’Outhman. Il décéda ensuite à Médine. ‘Outhmanra dirigea sa prière funéraire, et il fut enterré à Janat-ul-Baqi.

Abou Hurairara rapporte que le Saint Prophètesa a dit : « Mou’adh bin ‘Amr Bin al-Jamouh est une très bonne personne. »

Qu’Allah répande des milliers de grâces sur ces personnes, qui se noyant dans l’amour d’Allah l’Exalté et de Son bien aimé, ont mérité leur satisfaction. 

Après la prière je vais diriger la prière funéraire de Malik Sultan Haroon Khan Saheb, qui décéda le 27 mars dernier à Islamabad. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Son fils aîné est le gendre du quatrième Calife : il est marié à sa benjamine.

Malik Sultan Haroon Saheb était né ahmadi. Son père se nommait le colonel Malik Sultan Muhammad Khan Saheb, qui à l’âge de 23 ans en 1923, avait fait la Bai’ah sur la main du Mouslih Maw’oudra. Il était l’unique ahmadi dans sa famille. Le Mouslih Maw‘oudra en personne le maria à Aisha Siddiqa Saheba, fille de Chaudhary Fateh Mohammad Saheb Sial ; cette famille était l’une des plus nobles du Pendjab. Ameer Mohammad Khan servit en tant que gouverneur du Pakistan oriental, il était célèbre sous le nom de Nawab Kala Bagh. Le colonel Malik Sultan Mohammad Khan Saheb – le père du défunt – et ce gouverneur étaient cousins paternels.

Son grand-père s’appelait Malik Sultan Surkhru Khan. Sous le règne britannique, à l’époque où Inde et Pakistan étaient des colonies, en raison de sa noblesse, il bénéficiait d’un statut privilégié.

Malik Sultan Surkhru Khan, [le grand-père du défunt], a eu l’opportunité d’accepter l’Ahmadiyya quatre ans après son fils Malik Sultan Mohammad Khan Saheb. Malgré le fait qu’ils jouissaient de haut statut mondain, ils ont été chanceux. Ils avaient une attirance pour la religion, et en raison de leur bonne fortune, Allah le Très-Haut leur a permis d’accepter l’Ahmadiyya.

Sultan Haroon Khan Saheb se maria avec Sabiha Hamid Saheba, fille de Chauhdary Abdul Hamid Saheb, directeur de la WAPDA. Le troisième Calife avait fait l’annonce de leur mariage. Il avait déclaré : « Chaudhary Fateh Mohammad Sial, qui était le premier missionnaire de l’Angleterre, était mon grand précepteur. Je lui suis très redevable. » Le troisième Califera ajouta : « Quand j’étais très jeune, et je n’avais aucune expérience de la vie ; il me garda en sa compagnie, ce qui me permit de vivre des expériences très enrichissantes. En restant en compagnie de Chaudhary Fateh Mohammad Sial Saheb, j’ai eu l’opportunité de manifester l’amour dissimulé que je portais aux villageois. »

Le troisième Califera continue : « Même aujourd’hui, lorsque j’ai l’occasion de rencontrer un villageois, j’ai grand plaisir à discuter ouvertement avec lui, et je n’ai pas ce plaisir à discuter avec les citadins, car les habitants des villes ont l’habitude de faire des formalités. En raison de cette habitude, lorsque je les rencontre, inconsciemment, je fais moi aussi des formalités. »

Il ajoute : « Aujourd’hui, c’est le mariage du petit-fils de mon grand bienfaiteur, Malik Sultan Haroon Khan, fils du colonel Sultan Mohammad Khan. Je vais en faire l’annonce. » Et ensuite il a ajouté : « Chers amis, priez que tout comme nos aînés ont pu servir la religion avec une grande sincérité, leurs descendants puissent servir la religion de Dieu avec les mêmes enthousiasme, abnégation et sens de sacrifice que leurs aînés, et ce, de façon remarquable. »

Après cette mention aujourd’hui suite au décès de Malik Sultan Haroon, qu’Allah fasse que sa descendance maintienne cette même relation avec l’Ahmadiyya et le Califat et qu’elle puisse même la consolider davantage.

Il laisse derrière lui trois fils et trois filles ; comme je l’ai mentionné son fils aîné Sultan Mohammad Khan est le gendre du quatrième Calife.

Le défunt aidait grandement les pauvres de sa région, en particulier les femmes dans le besoin. Il avait un comportement très noble à leur égard. Elles ont déclaré que du vivant de Malik Saheb, elles se sentaient protégées dans la région. Mais depuis son décès, elles vivent dans la crainte.

Il habitait dans la région d’Attock : où il y a une grande inimitié et où les gens sont durs. Les pauvres y sont entièrement privés de leurs droits : mais bien qu’étant grand propriétaire terrien et noble du quartier, il aidait grandement les pauvres.

Sa sœur, Rashida Sial Saheba, qui habite au Canada, écrit : « Mon frère Sultan Haroon Khan possédait de grandes qualités. Il avait un grand sens de l’honneur pour l’Ahmadiyya. Il était prêt à sacrifier sa vie pour le Califat : Il était un vrai ami et il s’opposait fermement à ses ennemis. Il supportait les pauvres. » Elle ajoute : « Un jour le quatrième Calife m’a écrit dans une lettre : « Ton père était une épée dégainée pour l’Ahmadiyya. (C'est-à-dire le Colonel Sultan Mohammad Khan Saheb) et il en est de même pour tes frères. »

Dans la région où il habitait il avait beaucoup d’ennemis : soit en raison des terres qu’il possédait, soit en raison du fait qu’il était ahmadi. Le troisième Califera lui dit un jour : « Des balles te cibleront, mais te passeront par-dessus. Incha Allah tu en seras protégé. » Elle ajoute : « Nous avons été témoins de la concrétisation de cette parole. En effet, en 1977, on a tenté de l’assassiner devant le commissariat de police Fateh Jang. Malik Sultan Haroon a été visé par balles : mais elles lui ont frôlé les cheveux, et il n’a pas eu une égratignure ; ainsi Allah l’Exalté le protégea de façon miraculeuse. »

Elle ajoute : « Il était très généreux envers les pauvres, et il supportait les personnes faibles et délaissées. » Son frère aîné, Malik Sultan Rashid Khan Saheb, écrit : « Après le départ de notre défunt père, le défunt était le véritable chef de notre famille. Malgré toute ma bonne volonté, dès qu’il y avait un travail en lien avec la communauté, il était le plus en avant. Il portait un véritable amour pour le Messie Promisas et pour les Califes de la communauté. Un jour, après les évènements de 1974, un grand officier lui demanda devant moi : « Quel est l’état de votre croyance en votre Imam ? » Il lui répondit dans le dialecte du Pendjab : « Tel le fer. » (C’est-à-dire que sa foi dans le Califat était aussi solide que le fer.) Il avait accompagné le quatrième Calife lors de son voyage vers Karachi, dans le cadre de son émigration. Il eut l’opportunité de faire partie du voyage. »

Rashid Saheb ajoute : « Dans les lettres que je possède du quatrième Calife, celui-ci a nommé le défunt « le Général de l’Ahmadiyya » et à un autre endroit il l’appelle l’épée vive de l’amour et du sens de l’honneur de l’Ahmadiyya.

Rashid Saheb ajoute concernant ses prières surérogatoires nocturnes et sa lecture du Saint Coran : « Très peu de personnes le savaient ; car le défunt n’en faisait jamais mention. Mais il était très régulier dans ces deux pratiques. » Son frère aîné ajoute : « Je ne l’aurais peut-être jamais su, si je n’étais pas resté en 2016 pendant 4 mois en sa compagnie dans une même chambre lorsque j’étais très malade. Pendant cette période il était difficile pour moi de me lever, et de m’asseoir. Il restait avec moi dans la même chambre, afin de s’occuper de moi. J’ai été témoin de sa régularité dans la récitation du Saint Coran et dans les prières facultatives. C’était très louable. » Il ajoute : « Il aurait pu recruter un domestique pour s’occuper de moi. Je lui ai demandé de ne pas s’embêter avec moi et que nous n’avons qu’à recruter un employé qui s’occupera de moi, mais il me répondit : « Je suis là pour toi ; pourquoi donc chercher un domestique ? »

Rashid Saheb ajoute : « Le défunt était très bienveillant. Il a fait construire 9-10 écoles, et si jamais ses revenus diminuaient, et qu’il ne pouvait financer les écoles, il travaillait avec les ouvriers. Il leur dit qu’il travaillait plus qu’eux. Il n’avait aucune fierté en raison de son appartenance à une famille noble ou parce qu’il était un grand propriétaire terrien. »

Sa fille Mahmooda Sultan Kashifa Saheba écrit : « L’amour et la fidélité que mon père avait envers le Califat sont connus de tous. Depuis que j’ai atteint l’âge de raison, mon père m’a toujours enseigné d’avoir confiance en Allah l’Exalté, et de toujours prier pour les affaires de ma vie, et que toute chose entreprise sans supplication ne vaut rien. Il avait une très grande confiance en Dieu, et il était extrêmement courageux. Il ne craignait personne excepté Allah le Très-Haut, et il était toujours en avant pour servir l’humanité. »

Son fils, Sultan Muhammad Khan, écrit : « Mon père a mené de nombreux projets d’intérêt public ; il offrit ses terres pour la construction de huit écoles et pour deux cimetières. Il fit construire lui-même deux écoles. Il aida de très nombreuses personnes pauvres pour trouver des emplois, et il leur rendait régulièrement des services. » Qu’Allah fasse preuve de miséricorde et de pardon à son égard, et qu’Il permette également à ses enfants de perpétuer ses actes de piété, et de rester attachés à la Jama’at et au Califat.

Comme je l’ai mentionné, je vais diriger sa prière funéraire après la prière.


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