Sermon du vendredi 15 mars 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Le premier compagnon que j’évoquerai aujourd’hui se nomme Sa’ib Bin ‘Outhman (r.a.). Il appartenait à la tribu des Banou Joumou’ah et il était le fils d’Outhman Bin Madh’oun (r.a.). Sa mère se nommait Khawla Bint Hakim. Il était un des premiers musulmans.

Sa’ib Bin ‘Outhman avait accompagné son père et son oncle Qoudamah lors de la deuxième immigration en Abyssinie. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi un lien de fraternité entre Sa’ib Bin ‘Outhman et Haritha Bin Souraqa al-Ansari, après l’immigration à Médine. Sa’ib Bin ‘Outhman faisait partie des archers du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sa’ib Bin ‘Outhman avait participé à la bataille de Badr, celles d’Ouhoud et du fossé, et dans d’autres batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Durant l’expédition de Bouwāt, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait nommé Sa’ib Bin ‘Outhman émir de Médine. Mirza Bashir Ahmad a commenté sur l’expédition de Bouwāt qui eut lieu en l’an deux de l’hégire. Au cours des derniers jours du mois Rabi’al-Awwal ou au début de Rabi’al-Akhir, le Saint Prophète Muhammad (s..a.w.) avait reçu des nouvelles à propos des Qouraych. Sur ce, le Saint Prophète Mohammad (s..a.w.) réunit un groupe d’émigrants et s’est mis en route [avec eux]. Il désigna Sā’ib bin ‘Outhmān bin Madh’oun comme Emir de Médine en son absence. Cependant, on ignorait où se trouvaient les Qouraych et, une fois arrivé à Bouwat, le Saint Prophète Mohammad (s..a.w.) est retourné. »

Bouwat est un mont appartenant à la tribu de Jouhayna situé à environ 61 kilomètres de Médine.

Sa’ib Bin ‘Outhman avait participé à la bataille de Yamama, qui avait eu lieu en l’an 12 de l’hégire lors du Califat d’Abou Bakr. Sa’ib Bin ‘Outhman a été touché par une flèche et il est décédé par la suite : il avait un peu plus de trente ans.

Le prochain compagnon se nomme Zamrah Bin ‘Amr al-Johani : son père se nommait ‘Amr Bin ‘Adi. Selon d’autres [récits], il se nommerait aussi Bichr. Il était l’allié de la tribu de Tarif d’après certains ; selon d’autres, il était l’allié des Banou Sa’ida, celle de Sa’d Bin ‘Oubadah. Les [Arabes] se liaient par des pactes d’entre-aide.

‘Allama Ibn-ul Athir, cité dans un recueil d’histoire, affirme qu’il ne s’agit pas là d’une contradiction car la tribu de Tarif était une branche des Banou Sa’ida. Zamrah avait participé dans la bataille de Badr et celle d’Ouhoud, lors de laquelle il est tombé en martyr.

Le prochain compagnon se nomme Sa’d Bin Souhayl. Il était un Ansari. On dit aussi qu’il se nommerait Sa’id Bin Souhayl. Sa’d avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud et il avait une fille nommée Houzayla. On n’a pas plus d’information à ce sujet.

Sa’d Bin ‘Oubayd est un autre compagnon. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud ainsi qu’à toutes les autres batailles en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). On rapporte aussi qu’il se nommerait Sa’id et il était connu sous le titre de Qari ; son nom d’emprunt était Abou Zayd.

Sa’d Bin ‘Oubayd faisait partie de ces quatre compagnons qui, parmi les Ansar, avaient collecté le texte du Coran au cours de la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Son fils ‘Oumayr Bin Sa’d a été nommé gouverneur d’une partie de la Syrie à l’époque du califat d’Oumar. Selon un récit Sa’d Bin ‘Oubayd officiait comme imam de la mosquée de Qouba à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et même lors du Califat d’Abou Bakr et celui d’Oumar.

Sa’d Bin ‘Oubayd est tombé en martyr lors de la bataille de Qadisia en l’an 16 de l’hégire : il avait 47 ans à l’époque.

‘Abdour Rahman Bin Abi Layla rapporte que les musulmans avaient été vaincus lors de la bataille de Jisr en l’an 13 de l’hégire et ils y subirent de lourdes pertes. Quand les musulmans avaient battu en retraite et sont retournés, le Calife ‘Oumar a dit à Sa’d Bin ‘Oubayd : « Veux-tu accomplir le jihad en Syrie où les musulmans ont été massacrés et subi de grandes pertes ? Cette défaite a enhardi l’ennemi. Ce faisant tu pourras peut-être laver le déshonneur de la défaite subie à Jisr. » Les musulmans avaient en effet été vaincus là-bas.

Sa’d a répondu : « Non ! Je partirais uniquement là d’où j’avais pris la fuite. Je partirai combattre ces mêmes ennemis qui m’avaient vaincu. »

Sa’d Bin ‘Oubayd est parti à Qadisia et il est tombé en martyr au combat.

‘Abdour Rahman Bin Abi Layla rapporte que Sa’d bin ‘Oubayd a déclaré : « Demain nous allons combattre l’ennemi et nous tomberons en martyrs. Vous ne devez pas laver le sang de nos dépouilles ou nous choisir d’autres linceuls hormis les vêtements que nous portions. »

J’avais mentionné quelques détails à propos de la bataille de Jisr dans un précédent sermon. J’en mentionne d’autres ici. Cette bataille eut lieu en l’an 13 de l’hégire entre les musulmans et les Persans sur les rivages de l’Euphrate. Abou ‘Oubayd al-Saqfi était le général des musulmans tandis que Bahman Jadawia était celui des Persans. L’armée musulmane était composée des 10 mille soldats et celle des Persans de 30 mille comprenant aussi 300 éléphants. Étant séparées par l’Euphrate, les deux armées ne se sont pas confrontées pendant quelque temps. D’un commun accord, toutes les deux ont décidé de bâtir un pont, d’où le nom Jisr donné à cette bataille. Lorsque le pont a été jeté, Bahman Jadouya a envoyé le message suivant à Abou ‘Oubayd : « Traversez le pont pour venir jusqu’à nous ou permettez-nous de le faire. »

Abou ‘Oubayd souhaitait que l’armée musulmane traverse le pont pour livrer bataille contre l’adversaire, mais les chefs de l’armée, dont Salit, étaient d’avis contraire. Or Abou ‘Oubayd a traversé l’Euphrate et a lancé l’attaque contre l’armée persane. Le combat a duré quelque temps et par la suite voyant que l’armée [persane] s’était dispersée et avait battu en retraite, Bahman Jadouya a ordonné qu’on fasse venir les éléphants. Leur assaut a brisé le rang des musulmans. C’est alors qu’Abou ‘Oubayd émit l’ordre suivant aux musulmans : « Ô serviteurs d’Allah ! Attaquez les éléphants et tranchez leurs trompes ! » Abou ‘Oubayd avança et trancha les trompes des éléphants. Le voyant, les autres soldats livrèrent bataille avec vigueur et tranchèrent les trompes et les pattes des éléphants et tuèrent leurs passagers. Abou ‘Oubayd se retrouva face à un éléphant et lui trancha la trompe, mais fut écrasé par sa patte et tomba en martyr.

Par la suite sept individus portèrent le drapeau musulman à tour de rôle avant de tomber en martyrs au combat. Le huitième se nommait Mousa’ana : il prit le drapeau musulman et tenta de lancer une attaque vigoureuse. Or, les rangs de l’armée musulmane étaient défaits. Et les soldats musulmans avaient pris la fuite en voyant que sept de leurs chefs étaient tombés en martyrs ; d’autres avaient plongé dans la rivière. Mosa’ana et ses compagnons se sont battus courageusement ; il a été blessé et il est retourné en traversant la rivière. Les musulmans avaient subi de grandes pertes lors de cet incident : 4 000 étaient tombés en martyrs tandis que les Persans avaient perdu 6 000 soldats.

Cette bataille avait eu lieu en raison des attaques incessantes de Persans : la permission a été prise pour arrêter leurs assauts.

Sahl Bin ‘Atiq est un autre compagnon : on le nommait aussi Souhail. Sa mère se nommait Jamila Bint Alqama. Sahl Bin ‘Atiq avait participé à la deuxième Bai’ah d’Aqabah en compagnie de 70 Ansar ; il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud.

Souhail Bin Rafi’est un autre compagnon : il appartenait à la tribu des Banou Najjar. Le terrain sur lequel était bâtie la mosquée du Prophète lui appartenait, à lui et à son frère. Sa mère se nommait Zahbah Bint Sahl. Souhail participa à la bataille de Badr, celles d’Ouhoud et du fossé et à toutes les autres batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et il décéda à l’époque du Calife ‘Oumar. Je présenterai ici quelques paroles de Hazrat Mouslih Maw’oud à propos de l’immigration du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à Médine.

« Quand il est arrivé à Médine, chacun souhaitait que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) logeât chez lui. Lorsque son chameau traversait une ruelle, les familles s’alignaient pour le recevoir. Ces gens disaient : « Nous voici avec nos maisons, nos biens et nos vies pour vous recevoir et vous offrir notre protection ! Venez vivre avec nous ! » D’autres, allant plus loin, s’avançaient et, saisissant les rênes de son chameau, insistaient qu’il descendît devant leurs maisons et entrât chez eux. Le Prophète (s.a.w.) refusait en disant : « Laissez ma chamelle. Elle marche sous le commandement de Dieu ; elle ne s’arrêtera que là où Dieu voudra qu’elle s’arrête. » À la fin, la chamelle s’arrêta près d’un terrain qui appartenait à des orphelins de la tribu des Banou Najjār.

Le Saint Prophète (s.a.w.) dit : « Il semble que c’est là que Dieu veut que nous nous arrêtions. » Il se renseigna sur le propriétaire du terrain. Un administrateur des biens des orphelins s’avança et l’offrit au Saint Prophète (s.a.w.). Celui-ci répondit qu’il n’accepterait l’offre que s’il lui était permis de l’acheter. Le prix fut donc convenu pour l’achat du terrain et le Saint Prophète (s.a.w.) décida d’y faire construire une mosquée et des maisons.

Mirza Bashir Ahmad en a évoqué quelques détails dans son ouvrage Sirat-Khataman-Nabiyyine. Il écrit : La première tâche accomplie par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à Médine était la construction de sa mosquée. Le lieu où son chameau s’arrêta appartenait à deux enfants de Médine, nommés Sahl et Souhail, qui vivaient sous la tutelle de As’ad bin Zurārah. C’était un terrain vacant sur lequel quelques palmiers dattiers poussaient. Dans un autre coin, il y avait des ruines. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a choisi ce terrain pour construire sa mosquée et ses propres quartiers. Ce terrain a été acheté pour 10 dinars. La surface a été nivelée et débarrassée des arbres, après quoi la construction du Masjid al-Nabawī a commencé. Selon un autre récit ce fut Abou Bakr qui offrit la somme pour l’achat du terrain.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) supplia Allah et posa lui-même la première pierre. Comme lors de la construction de la mosquée de Qoubā, les Compagnons ont travaillé comme maçons et ouvriers. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) participait aussi parfois. À l’occasion, tout en soulevant des briques, les compagnons récitaient le couplet suivant d’Abdoullāh bin Rawāhah :

هذا الحمال لا حمال خيبر هذا ابر ربنا واطهر

« Ce fardeau n’est pas celui des marchandises commerciales de Khaibar, qui arrivent chargées sur le dos des animaux ! Notre Seigneur ! C’est le fardeau de la vertu et de la pureté que nous portons pour Ton plaisir ! »

Parfois, les compagnons récitaient le couplet suivant : d’Abodullāh bin Rawāhah :

« Ô Allah ! La vraie récompense est celle de l’Au-delà. De par Ta grâce ! Répands sur les Ansar et les Émigrants Tes faveurs. »

Quand les compagnons récitaient ce couplet, parfois, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se joignait à eux. Ainsi, après une longue période de travail acharné, la mosquée fut achevée. La structure de la mosquée était constituée de dalles et de briques assemblées entre des piliers en bois. Le toit était recouvert de troncs et de branches de palmiers dattiers. Des troncs de dattiers ont été placés à l’intérieur de la mosquée pour soutenir le toit. Jusqu’à ce que la construction d’une chaire fût proposée, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’appuyait sur l’un de ces piliers en prononçant son sermon. Le sol de la mosquée n’était pas revêtu et quand le toit coulait après de fortes pluies, le sol de la mosquée devenait boueux. Vu cette difficulté, plus tard un sol en gravier a été pavé. Initialement, la mosquée était dans la direction de Jérusalem : mais après le changement de Qiblah, cette orientation a été modifiée. À cette époque, la mosquée avait une hauteur de 10 pieds, une longueur de 105 pieds et une largeur de 90 pieds. Plus tard la mosquée a été agrandie.

Elle pouvait accueillir environ 1500 ou 1600 fidèles.

Une véranda a été construite dans un coin de la mosquée, appelée Souffah. Il était utilisé par Muhājirīn sans ressources qui étaient sans abri. Ils restaient là et étaient connus sous le nom d’As-hab al-Suffah. Ils restèrent jour et nuit en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), se livrèrent au culte et récitaient le Saint Coran. Ces personnes ne possédaient aucun moyen de subsistance permanent. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’occupait d’eux personnellement et à chaque fois qu’il recevait un cadeau ou quelque aliment était disponible à la maison, il séparait leur part. En fait, parfois, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui-même s’affamait et envoyait tout ce qui se trouvait chez lui aux As-hasb al-Souffah. Les Ansār aussi les aidaient aussi dans la mesure du possible et faisaient pendre des grappes de dattes à l’intérieur de la mosquée. Cependant, malgré tout cela, ils vivaient dans un état de dénuement et atteignaient souvent l’état de famine. Cela dura plusieurs années jusqu’à ce que certains trouvèrent du travail, en raison de l’expansion de Médine ; d’autres commencèrent à recevoir un soutien du Bayt al-Māl – trésorerie nationale.

Un lieu de résidence a été construit pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à proximité de la mosquée. Sa maison était une petite chambre de seulement dix à quinze pieds. Une seule entrée menait de cette chambre à la mosquée, à partir de laquelle le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) entrait dans la mosquée pour diriger la Ṣalāt, etc. Lorsque le nombre de ses femmes augmenta, des logements supplémentaires furent construits pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à côté du premier. Les maisons de divers autres compagnons ont également été construites à proximité de la mosquée.

C’était là la Masjid al-Nabawī, construite à Médine. À cette époque, puisqu’il n’existait aucun autre bâtiment public où pouvaient être accomplies des tâches d’importance nationale, cette mosquée servait également de siège à l’administration. L’assemblée du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait lieu ici. C’est ici que tous les types de consultations ont eu lieu. Les verdicts légaux ont été passés d’ici. C’est à partir de là que des injonctions étaient émises. Cette mosquée était aussi la résidence d’invités. Toute tâche nationale y était accomplie. Si nécessaire, elle était également utilisée pour les prisonniers de guerre. »

De nombreux prisonniers, en voyant les musulmans rendre culte à Dieu et leur amour mutuel, sont devenus musulmans.

En faisant allusion à cette mosquée, Sir William Muir, un orientaliste qui était assez antipathique à l’égard de l’islam et du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), écrit ceci :

« Bien que le matériel utilisé pour construire cette mosquée fût simple et qu’elle fût relativement insignifiante en dimension, elle est néanmoins glorieuse dans l’histoire de l’islam. Ici, le Prophète d’Allah et ses compagnons passaient la plus grande partie de leur temps : le service quotidien, avec ses prières récurrentes, y était publiquement accompli : ici, la grande congrégation se réunissait chaque semaine et tremblait souvent en écoutant les discours du Prophète et ses messages du ciel. D’ici, il a planifié ses victoires. De là, il envoya des émissaires auprès des rois et des empereurs, les invitant à embrasser l’islam. Il y reçut des ambassades de tribus croyantes et contrites ; de là il émettait des ordres qui causèrent la consternation parmi les rebelles jusqu’à la périphérie même de la péninsule. Non loin de là dans la chambre d’Aïcha, il rendit l’âme et fut enterré, avec ces deux califes à ses côtés. »

Cette mosquée et ses chambres contiguës ont été construites en sept mois environ. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a élu domicile dans sa nouvelle maison avec son épouse, Saudah. Divers autres Mouhājirīn ont également acquis des terres des Ansār et construit des maisons à proximité de la mosquée. Ceux qui ne pouvaient pas obtenir de terrain près de la mosquée ont construit leurs maisons à quelque distance. D’autres ont eu la chance d’acheter des maisons préfabriquées aux Ansār.

En tout cas, Souhail et son frère sont chanceux d’avoir pu offrir leur terrain pour bâtir ce grand centre de l’islam.

Le prochain compagnon se nomme Sa’d Bin Khaythama : il appartenait à la tribu d’Aws et sa mère se nommait Hind Bint Aws. Abou Ziyyah Nou’man Bin Thabit était aussi un compagnon de Badr était le frère de Sa’d Bin Khaythama. Ils avaient tous deux la même mère. Ses noms d’emprunts étaient Abou Khaythama et Abou Abdillah. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Sa’d Bin Khaythama et Abou Salma Bin ‘Abdil Asad.

Sa’d faisaient partie des 12 chefs que les Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait nommés à la tête des musulmans de Médine lors de la deuxième Bai’ah d’Aqabah.

Voici quelques détails sur ces douze chefs, leurs noms ainsi que leurs fonctions. Dans sa Sirat-Khataman-Nabiyyine, Hazrat Mirza Bashir Ahmad Sahib écrit ceci.

L’année suivante, c’est-à-dire au cours du mois Dhul-Hijjah de l’an 13 Nabawi, à l’occasion du Hajj, des centaines de personnes des tribus d’Aus et de Khazraj sont venues à La Mecque. Parmi eux, se trouvaient soixante-dix qui étaient devenus musulmans ou étaient désireux de le devenir, et qui s’étaient rendus à La Mecque pour rencontrer le Saint Prophète. Mous’ab bin ‘Oumair était également de la partie. Sa mère était en vie et, bien qu’elle fût une idolâtre, elle l’aimait beaucoup. Lorsqu’elle eut été informée de sa venue, elle lui envoya ce message : « Viens d’abord me rencontrer avant de partir ailleurs. Mous’ab répondit : « Je n’ai pas encore rencontré le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), je viendrai vous voir une fois que je l’aurai vu. » Il se présenta au Saint Prophète, et l’informa sur des questions clés, puis visita sa mère. Elle était très en colère. Quand elle le vit, elle se mit à pleurer et à se plaindre. Mous’ab dit : « Mère ! Je vous dis quelque chose de merveilleux, qui est très bénéfique pour vous et mettra fin à tout désaccord. » Elle demanda : « Qu’est-ce que c’est ? » Mous’ab répondit doucement : « Abandonnez le culte des idoles, devenez musulmane et croyez dans le Saint Prophète. » Elle était une fervente idolâtre, et dès qu’elle a entendu cela, elle a commencé à faire du bruit en disant : « Je jure par les étoiles que je n’entrerai jamais dans votre religion ! », et a signalé à ses proches de capturer Mous’ab, mais il s’échappa.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait été informé de la venue des Ansar par Mous’ab, et quelques-uns d’entre eux avaient également rencontré personnellement le Saint Prophète. À cette occasion, puisqu’une réunion privée et collective était nécessaire, après les rites de Hajj, les dates du milieu du mois de Dhoul-Hijjah ont été fixées à cet effet. Ce jour-là, vers le milieu de la nuit, tous ces gens devaient rencontrer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans la même vallée que l’année précédente, afin qu’une réunion privée puisse se tenir dans la paix et l’attention complète. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ordonna aux Ansār : « Ne venez pas en groupe, mais arrivez par paires dans la vallée à l’heure convenue. Ne réveillez pas les dormeurs et n’attendez pas les absents. »

Ainsi, à la date fixée, dans la nuit, quand environ un tiers de la nuit s’était écoulé, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a quitté son domicile. Il était accompagné de son oncle ‘Abbas, qui était toujours un idolâtre mais qui aimait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et était un chef de la dynastie des Hāchim. Tous deux atteignirent cette vallée et les Ansār ne tardèrent pas à arriver par paires. Ils étaient soixante-dix des tribus d’Aus et de Khazraj. Au tout début, ‘Abbās, qui n’avait pas accepté l’islam a déclaré : « Ô Khazraj ! Mohammad [s.a.w.] est vénéré et aimé au sein de sa famille. À ce jour, elle a assuré sa protection et, en cas de danger, elle s’est toujours tenue à ses côtés. Mais maintenant, Mohammad a l’intention de quitter son pays et d’habiter chez vous.

Ainsi si vous souhaitez l’accueillir chez vous, vous devez le protéger et vous devrez faire face à tous ses ennemis. Si vous êtes prêts pour cela tant mieux ; sinon, donnez une réponse franche, car la franchise est meilleure. »

Al-Barā’bin Ma’rour, un homme âgé et influent de la tribu des Ansār, a déclaré : « ‘Abbas, nous avons entendu ton discours, mais nous aimerions entendre le Saint Prophète de sa propre langue bénie, afin qu’il puisse exposer la responsabilité qu’il souhaite nous imposer. »

Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a récité quelques versets du Coran et a décrit les enseignements de l’islam dans un bref discours. Tout en faisant allusion aux droits d’Allah et aux droits de Ses serviteurs, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Mon unique souhait est que vous me traitiez de la même manière que vous traitez et protégez vos proches. »

Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) eut achevé son discours, selon la coutume de l’Arabie, Al-Barā’bin Ma’rour prit la main du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans la sienne et dit : « Ô messager d’Allah ! Nous jurons par le Dieu Qui vous a envoyé avec vérité que nous vous protégerons, car nous avons grandi à l’ombre des épées et… » Il n’avait pas encore terminé sa phrase, quand Aboul-Haitham bin Tayyihān intervint et dit :

« Ô messager d’Allah ! Nous avons eu de longues relations avec les Juifs de Yathrab. En vous soutenant, nous allons briser nos relations. Nous avons peur que vous nous quittiez et retourniez dans votre pays natal quand Allah vous accordera la victoire. Nous n’aurons plus d’allié, ni ici, ni là-bas. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se mit à rire et dit : « Non, non ! Cela n’arrivera pas. Car votre sang est le mien, vos amis sont les miens et vos ennemis seront les miens. »

‘Abbās bin ‘Oubādah al-Ansāri a regardé ses compagnons et a déclaré : « Ô mon peuple ! Comprenez-vous le but de ce traité et de cette promesse ? Cela signifie que vous devez vous préparer à affronter tout le monde, peu importe qui, et être prêts à offrir n’importe quel sacrifice. » Les Médinois ont demandé : « Oui, nous comprenons, mais ô messager d’Allah ! Que recevrons-nous en échange ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Vous recevrez le paradis d’Allah, qui est la plus grande de toutes Ses récompenses. » Ils ont déclaré à l’unisson : « Nous sommes d’accord avec ce marché ! Ô Messager d’Allah, tendez votre main ! »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a sorti sa main bénie, et ce groupe de soixante-dix dévots s’est vendu à lui dans un pacte de défense. Le nom de cette allégeance est « La seconde Bai’ah d’Aqabah ».

Quand le Bai’ah eut eu lieu, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara : « Moïse a nommé douze chefs de son peuple qui ont agi en tant que superviseurs et protecteurs. Je souhaite également en nommer douze parmi vous. Ils seront comme les disciples de Jésus pour moi, et ils seront responsables devant moi à l’égard du peuple. Proposez les noms des hommes dignes. »

Douze hommes ont été proposés : ils ont été approuvés par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui a nommé chacun d’entre eux comme superviseur d’une tribu en expliquant leurs devoirs. Pour certaines tribus, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a nommé deux chefs. En tout cas, les noms de ces douze chefs sont les suivants : As’ad bin Zourārah, Ousayd bin Al-Ḥouḍair, Aboul-Haitham Mālik bin Tayyihān, Sa’d bin ‘Oubādah, Al-Barā’bin Ma’rour, ‘Abdoullāh bin Rawāḥah, ‘Oubādah bin Ṣāmit, Sa’d bin Ar-Rabī’, Rāfi’bin Mālik, ‘Abdoullāh bin ‘Amr, Sa’d bin Khaithamah (que j’évoque ici) et Mundhir bin ‘Amr.

Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est arrivé à Médine, il logea chez Koulthoum Bin Al-Hidam à Qouba. On dit qu’il rencontrait les gens chez Sa’d Bin Khaythama.

Après la première bai’ah d’Aqabah, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a envoyé Mous’ab Bin ‘Oumayr à Médine pour la formation des musulmans. Après quelque temps, celui-ci a demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) la permission d’accomplir la prière du vendredi à Médine. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a accordé cette permission et lui a donné des directives à ce propos. Ainsi la toute première prière du vendredi fut accomplie chez Sa’d Bin Khaythama à Médine.

Cette référence a été tirée d’al-Tabaqat al-Kubra. Sa’d Bin Khaythama avait un puits à Qouba nommé Al-Ghars : le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait l’habitude de consommer son eau déclarant qu’elle venait d’une des sources du paradis et qu’elle était très désaltérante. On lava la dépouille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avec cette eau après son décès.

‘Ali rapporte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré : « Après mon décès, apportez sept outres d’eau du puits d’al-Ghasr et lavez-en ma dépouille. » Abou Ja’far Muhammad ‘Ali rapporte que la dépouille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a été lavée à trois reprises, avec de l’eau et des feuilles de jujubier alors qu’il portait encore sa chemise.

‘Ali, ‘Abbas et Fadal avait lavé la dépouille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Selon un autre récit, Ousama Bin Zayd, Shoukran, et Aws bin al-Khawli avaient aussi participé au lavage de la dépouille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Lassés des persécutions des Qouraychites, quand les musulmans arrivaient à Médine, leur première étape était la maison de Sa’d Bin Khaythama. On trouve entre autres le nom de Hamza, Zayd Bin Harith et Abou Kabsha, esclave du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), et ‘Abdoullah Bin Mas’oud. Soulayman bin Aban rapporte : « Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se mit en route pour Badr, Sa’d bin Khaythama et son père exprimèrent tous deux leur volonté de l’accompagner. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en eut connaissance, il déclara : « Un seul des deux peut venir. Ils peuvent faire un tirage au sort. » Khaythama dit à son fils Sa’d : « Un seul de nous deux peut participer. Tu n’as qu’à rester auprès des femmes pour assurer leur protection. » Sa’d lui répondit : « Si une place au Paradis n’était pas en jeu, j’aurais donné préséance à ce que vous venez de dire. Mais je souhaite moi-même tomber en martyr. » Ils firent donc un tirage au sort, et ce fut le nom de Sa’d qui sortit. » Il accompagna donc le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à Badr, et y tomba en martyr sous les mains de ‘Amro bin ‘Abdoud. Selon une autre version, il a été tué par Touyma bin Adi. Touyma a été tué par Hamza pendant la bataille de Badr, et Amro bin ‘Abdoud a été tué par ‘Ali au cours de la bataille de Khandaq.

Selon une autre tradition, ‘Ali déclara : « Lors de la bataille de Badr, lorsque le jour se leva, et que les rangées des musulmans et des mécréants s’entremêlèrent (c’est-à-dire lorsque la bataille commença), et je vis Sa’d bin Khaythama combattant un mécréant sur une dune de sable. Le mécréant tua Sa’ad. Il portait une armure métallique et était monté à cheval. Il descendit de sa monture et me reconnut, mais je ne l’avais pas reconnu. Il me provoqua pour un duel ; je m’avançai vers lui et lorsqu’il était sur le point de m’attaquer je me déplaçai vers l’arrière et le bas, afin qu’il pût se rapprocher de moi du haut. (Faire bouger l’adversaire est une tactique de combat). J’ai voulu qu’il s’abaisse et qu’il se rapproche car je ne souhaitais pas qu’il m’attaque par le haut. Lorsque j’ai reculé d’un pas de cette façon, il me dit : « O Ibn Abi Talib, pourquoi fuis-tu ? », sur ce je lui répondis : « Le temps est proche où le fils d’Ichtari prendra la fuite. » C’est-à-dire que c’est impossible. Ceci est un dicton chez les Arabes. Dans l’histoire il est rapporté qu’un bandit avait pour habitude de venir piller des gens, mais lorsque les gens l’attaquaient, il s’enfuyait, mais ne le faisait que provisoirement, et il revenait dès qu’il en avait l’occasion pour mener son attaque.

On utilisait sa manière de faire comme proverbe : c’est-à-dire de faire un repli tactique pour relancer l’attaque.

‘Ali déclara : « Lorsque mes jambes étaient fermement plantées et qu’il s’approcha de moi, il m’attaqua de son épée. Je contrai son attaque avec mon bouclier, et je lui portai avec mon épée un coup à l’épaule, un coup si puissant que mon épée transperça son armure et j’étais persuadé que mon épée allait l’anéantir, quand j’aperçus le reflet d’une lame derrière mon dos. Je penchai aussitôt ma tête en arrière et le coup atteignit si férocement l’ennemi que sa tête se sépara de son corps. Me retournant je vis qu’il s’agissait de Hamza, qui lui disait : « Tiens ! Reçois mon coup, je suis Ibn ‘Abdil Muttalib ! » »

Selon cette tradition il semblerait que ce fût Taima bin Adi qui avait tué Sa’d et ensuite il fut lui-même tué au cours de la même bataille.

Selon un autre récit, lors de la bataille de Badr, deux chevaux accompagnaient le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; sur l’un d’eux se trouvait Mous’ab bin ‘Oumayr, et sur l’autre Sa’d bin Khaythama. Al-Zoubayr bin al-’Awam et Miqdad bin Aswad montèrent aussi à tour de rôle.

Nous trouvons différentes versions du nombre de chevaux dont disposaient les musulmans lors de la bataille de Badr. Selon Mirza Bashir Ahmad Saheb (r.a.), lors de la bataille de Badr les musulmans disposaient de 70 chameaux et de deux chevaux, mais il a également ajouté que dans d’autres livres il est dit qu’ils possédaient 3 voire 5 chevaux. Quoi qu’il en soit, la quantité des biens que possédaient les musulmans et le nombre de chevaux et chameaux dont ils disposaient est incomparable aux matériels et aux montures des mécréants. Mais lorsqu’une attaque fut lancée contre les musulmans et que la guerre leur eut été imposée, et que les mécréants étaient venus avec cette volonté d’anéantir l’islam, ces croyants n’ont pas regardé leurs propres possessions ou leurs chevaux ; ils avaient un désir ardent de consentir à un sacrifice dans la voie de Dieu, comme on peut le voir par leur réponse exempte de désir mondain, où il n’est que question de se sacrifier dans la voie de Dieu. C’est pour cette raison que le fils avait dit à son père qu’il ne pouvait lui accorder préférence dans cette voie. Ils avaient un désir ardent qu’Allah l’Exalté accepta, et Il leur accorda la victoire.

Qu’Allah exalte continuellement le rang de ces compagnons en tout point.


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