Sermon du vendredi 22 février 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Ces jours-ci l’on organise des conférences sur le Mouslih Maw’oud (le Réformateur Promis) dans différentes Jama’ats : elles concernent la prophétie dans laquelle Allah avait informé le Messie Promis (a.s.) de [la naissance] d’un fils promis possédant des qualités particulières. Il serait un serviteur de la religion, il vivrait longtemps et il ferait avancer la mission de l’islam.

Cette prophétie a été faite le 20 février 1886. Elle est un très grand signe du soutien d’Allah en faveur du Messie Promis (a.s.) et de sa véridicité. [Le fils] est né le 12 janvier 1889 conformément au délai fixé pour sa naissance. Il a été nommé Mirza Bashir-ud-Din Mahmud Ahmad. Allah lui a fait porter le manteau du califat après le décès du premier Calife.

Pour le sermon d’aujourd’hui, j’évoquerai quelques faits de la vie du Mouslih Maw’oud et de l’accomplissement de cette prophétie en sa personne. De prime abord, je mentionne l’importance de cette prophétie ainsi que sa véridicité en citant les paroles du Messie Promis (a.s.).

Cette prophétie ne concernait pas la naissance d’un [simple] fils mais d’un fils illustre possédant des qualités extraordinaires qui augurerait une révolution spirituelle.

Je présente ici la réplique offerte par le Messie Promis (a.s.) à ses détracteurs. Il déclare :

« Ouvrez les yeux ! Il ne s’agit pas d’une simple prophétie, mais d’un signe céleste extraordinaire. Grâce à ce signe, Dieu le Gracieux désire prouver la véracité et l’éminence de notre bien-aimé Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sans nul doute ce signe est maintes fois supérieur à celui de ranimer un mort, exercice qui a pour seul but de ramener – pour une brève période – l’âme dans un corps sans vie après avoir supplié Dieu. Certes la Bible affirme que Jésus-Christ (a.s.) ou d’autres prophètes ont accompli ce miracle, mais beaucoup en sont sceptiques.

En sus de toute cette argumentation, ajoutons que pareils ressuscités ne vivaient que quelques instants : en quittant ce monde ils faisaient subir deux deuils à leurs proches. Le monde ne profitait guère de cette résurrection ; d’ailleurs le ressuscité non plus n’en tirait aucun réconfort. Ses proches n’en tiraient pas non plus une joie réelle.

Et même si ce miracle avait eu lieu grâce à la prière du Messie, il ne serait d’aucun avantage pour l’humanité. Même si pareille âme habitait le corps pendant plusieurs années, elle serait, tout au plus, imparfaite et celle d’un homme épris de ce monde ; et cela ne sera d’aucun avantage pour l’humanité. »

Le Messie Promis (a.s.) explique que la vie des ressuscités ranimés par les prophètes était temporaire : d’ailleurs ces ressuscités étaient des gens ordinaires.

Il ajoute : « Mais par Sa grâce et Ses faveurs ainsi que par l’entremise des bénédictions du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Dieu a exaucé mes humbles supplications et a promis d’envoyer une âme bénie dont les bienfaits se répandront sur la terre entière. Apparemment ce signe ressemble à la résurrection d’un mort, mais il lui est mille fois supérieur à y regarder de près. L’âme retourne dans le corps grâce à la prière ; dans le cas présent j’ai supplié Dieu d’envoyer une âme. Mais la différence entre ces âmes ressuscitées et celle-ci est considérable. Ceux des musulmans qui sont des apostats secrets ne sont guère contents de voir les miracles du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : au contraire ils en sont fort contrariés. » Le Messie Promis (a.s.) a fait cette déclaration dans l’ouvrage Tabligh-e-Risalat.

Tout comme il l’a déclaré, le Messie Promis (a.s.) n’a pas demandé une âme ordinaire, mais un signe, suite auquel Dieu lui a annoncé la naissance d’un fils possédant de nombreuses qualités. Ce fils illustre vivra longtemps ; il sera doué d’une grande intelligence et d’une grande compréhension. Grandeur, éminence et richesses seront siens ; des nations seront bénies par son entremise. Il sera pétri de connaissances séculières et spirituelles. Il possédera une grande connaissance du Coran ; profitant de ce savoir il rendra de fiers services au livre céleste, dévoilant ainsi au monde l’éminent statut de la parole divine. Il libérera ceux qui ont été asservis. Au cours de sa vie de grandes calamités frapperont le monde. Sa renommée se répandra jusqu’au bout de la terre…

Nous constatons que des cataclysmes planétaires frappèrent le monde à l’époque du Réformateur Promis : il y eut les deux guerres mondiales et d’autres calamités.

En ce qui concerne sa renommée, le Mouslih Maw’oud a établi de nouvelles missions et a diffusé le message de l’islam partout dans le monde. Dans le contexte de cette prophétie, cette tâche continue jusqu’aujourd’hui.

J’aimerais présenter quelques points tirés de la biographie du Mouslih Maw’oud. Pour ce qui est de ces études, après avoir appris la lecture du Coran, il a été enrôlé dans une école pour suivre le cursus ordinaire. Pir Manzour Mohammad lui a enseigné l’ourdou et Maulvi Sher Ali l’anglais pendant quelque temps à la maison.

Mais dans quelles conditions ses études se sont-elles déroulées et avec quelle régularité ? Le quatrième Calife, dans sa biographie du Mouslih Maw’oud, explique que son parcours d’étudiant était des plus étonnants. Pour s’en faire une idée il suffit d’écouter Hazrat Mirza Bashir-ud-Din Mahmud Ahmad lui-même. Il déclare : « Le premier Calife (r.a.) fut le plus bienveillant à mon égard concernant mes études. Étant médecin, il savait que ma santé ne me permettait pas de lire pour de longues durées. Il avait pour méthode de me placer à côté de lui et il me disait : « Mian, je vais lire et toi tu vas m’écouter. » Durant mon enfance un trachome entrava sérieusement mes études. Mes yeux restèrent malades trois à quatre ans de suite. L’infection était si grave que les médecins prédisaient que j’allais perdre la vue. Le Messie Promis (a.s.) fit des prières spéciales et jeûna pour ma santé. Je ne me souviens pas du nombre de jours qu’il jeûna pour moi – ce fut entre trois et sept jours selon ma mémoire. Le dernier jour, dès qu’il rompit son jeûne, j’ouvris les yeux et je commençai à voir. Mais en raison de la gravité de la maladie et de ses attaques successives je perdis la vue de l’œil gauche. J’arrivais à discerner mon chemin mais la lecture m’était difficile. Si une personne que je connaissais était assise à environ un mètre de moi je pourrais la reconnaître, mais si c’était un étranger, je n’arrivais pas à discerner son visage. Quoique je pus voir de l’œil droit celui-ci aussi fut touché par la maladie. L’infection était si grave que je passai plusieurs nuits blanches. [Face à cette situation] le Messie Promis (a.s.) avait dit à mes instituteurs que mon enseignement se ferait à mon rythme et qu’il ne fallait pas me forcer, car ma santé ne me permettrait pas des études prolongées. »

Le Messie Promis (a.s.) me dit : « Contente-toi d’apprendre la traduction du Coran et les hadiths du recueil de Boukhari de Maulana Nour-oud-din, le premier Calife. » Il me conseilla aussi d’apprendre la médecine, car c’était un art pratiqué dans la famille. Maître Faqirullah nous enseignait le calcul. Pour ce faire il avait recours à son tableau, mais ma vision étant faible je n’y voyais pas grand-chose. Plus le tableau était éloigné, moins je voyais. D’ailleurs je ne pouvais pas fixer du regard le tableau pendant longtemps, car mes yeux se fatiguaient vite. C’est pour cette raison que je me disais qu’il était inutile pour moi de suivre ses cours de calculs : j’y partais à ma guise. Le maître Faqirullah s’en alla un jour se plaindre au Messie Promis (a.s.), disant que je n’apprenais rien et que je venais à l’école quand je le voulais. Terrifié, je m’étais caché quand il faisait ses commentaires à mon propos, car j’ignorais à quel point le Messie Promis (a.s.) serait en colère.

Ayant écouté le maître de calcul, Messie Promis (a.s.) lui répondit : « Je vous remercie pour l’attention que vous portez à l’éducation de mon fils. Je suis ravi de vous entendre dire qu’il part quand même, de temps en temps, à l’école. C’est là un fait très positif, vu que selon moi sa santé ne le permet point de poursuivre des études. » En riant il ajouta : « Croyez-vous qu’il doit apprendre le calcul parce qu’il sera épicier ? Qu’il sache faire des calculs ou pas, cela n’est d’aucune importance. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses compagnons avaient-ils appris le calcul ? C’est bien s’il va à l’école, sinon il ne faut pas le forcer à le faire. » Maître Faqirullah rentra après avoir entendu cette réponse. Quant à moi, je profitai encore plus de cette indulgence à mon égard et je cessai tout bonnement de partir à l’école. J’y partais une ou deux fois par mois. Voilà en somme comment se passèrent mes années d’étudiant : en tout cas je n’y pouvais rien, car hormis cette infection oculaire dont je souffrais depuis l’enfance, mon foie aussi était malade, et je devais consommer l’eau de cuisson de l’ambérique verte (un type d’haricot) ou l’eau de cuisson des épinards – ces deux cures sont très bénéfiques pour ceux qui souffrent de maux de foie.

Le trachome s’était aggravé. On appliquait de l’iodure de mercure rouge sur l’infection oculaire ainsi que sur le cou où j’avais des enflures aux glandes (ses amygdales étaient peut-être enflées). J’avais cette infection aux yeux, je souffrais du foie et des enflures aux glandes s’accompagnant de fièvre qui durait des fois six mois ou plus. Mes aînés avaient décidé que j’allais étudier à mon rythme et qu’on n’allait pas me forcer à en faire davantage. L’on peut, face à ce constat, se faire une idée de mes compétences dans les études.

Un jour, mon grand-père maternel, Mir Nasir Nawab (r.a.), voulut tester mes aptitudes en langue ourdoue. J’ai une très mauvaise écriture jusqu’à présent, mais à l’époque elle était pire : l’on ne pouvait deviner ce que j’écrivais. Mir Nasir Nawab (r.a.) s’échina à comprendre ce que j’avais griffonné mais sans succès.

La plupart de mes enfants ont une meilleure écriture que la mienne. L’écriture d’Amatul Rashid, ma fille, ressemble un tant soit peu à la mienne. [Son écriture était d’ailleurs si mauvaise] qu’on lui avait promis de lui offrir une roupie en récompense si elle arrivait à la déchiffrer elle-même ! La mienne n’était pas meilleure non plus : parfois je n’arrivais même pas à déchiffrer ce que j’avais écrit.

Mir Saheb fut très fâché en voyant la mienne : c’était comme des pattes de mouche disait-il. Il se mettait en colère pour un rien. Il partit voir le Messie Promis (a.s.) tout courroucé. J’étais à la maison par hasard à ce moment-là. Le sachant colérique, nous avions très peur de lui. J’avais encore plus peur quand il partit voir le Messie Promis (a.s.) car j’ignorais quel serait le dénouement de cette affaire. Mir Nasir Nawab (r.a.) dit au Messie Promis (a.s.) : « Vous ne vous souciez guère de l’éducation de Mahmud ! Je viens à l’instant de mettre à l’épreuve ses compétences en ourdou ; voyez un peu ce qu’il a écrit ! Il a une si mauvaise écriture que personne ne pourra la lire. » Hors de lui, il ajouta à l’endroit du Messie Promis (a.s.) : « Vous négligez complètement ses études et il est en train de gaspiller sa jeunesse ! »

Quand le Messie Promis (a.s.) voyait Mir Nasir Nawab (r.a.) dans cet état, il faisait mander Maulvi Nourouddin. Il le faisait venir toutes les fois qu’il se retrouvait face à un problème. D’ailleurs le Premier Calife m’aimait beaucoup : il entra et il se tint dans un coin la tête baissée, comme à l’accoutumée. Il ne levait jamais la tête pour regarder en face le Messie Promis (a.s.). Celui-ci dit en s’adressant à lui : « Maulvi Saheb, je vous ai fait venir parce que Mir Nasir Nawab soutient qu’il n’arrive pas à lire l’écriture de Mahmoud. Je veux le tester et nous allons voir. » Sur ce le Messie Promis (a.s.) prit une plume et un papier, écrivit un paragraphe de deux ou trois lignes et me demanda de le recopier. Je le fis avec grand soin et beaucoup d’attention. Tout d’abord le texte était court et deuxièmement je devais me contenter de le copier, chose facile quand on a devant les yeux l’original. Je copiai lentement le texte en question, en formant avec soin les lettres de l’alphabet. Après avoir lu mon texte le Messie Promis (a.s.) commenta : « J’étais très inquiet en entendant Mir Nasir Nawab (r.a.). Mais voyez ! Son écriture ressemble de près à la mienne ! » Le premier Calife (r.a.), qui avait toujours un faible pour moi, répondit : « Mir Nasir s’est mis en colère pour rien. Son écriture est très soigneuse. »

Le premier Calife me disait : « Mian ! Ta santé ne te permet pas d’apprendre tout seul. Viens chez moi : je ferai la lecture et tu m’écouteras. »

Au prix de grands efforts il m’a appris le Coran ensuite les hadiths du Boukhari. Il ne m’a pas enseigné le Coran lentement : il récitait les versets de manière continue et présentait leur traduction ou des explications, là où c’était nécessaire. Il m’a enseigné le Coran en trois mois. Par la suite, il y a eu des pauses. Après le décès du Messie Promis (a.s.), le premier Calife (r.a.) m’encouragea à venir étudier auprès de lui le reste des hadiths du recueil de Boukhari. D’ailleurs le Messie Promis (a.s.) m’avait déjà encouragé à le faire. Ces études avaient débuté à l’époque du Messie Promis (a.s.) quoiqu’il y ait eu des pauses au milieu. Et suite aux directives du Messie Promis (a.s.) j’étudiai aussi la médecine de Maulvi Nourouddin Saheb.

Mir Ishaq et moi-même avions débuté notre étude de la médecine le même jour. Une blague à son sujet est très fameuse chez nous. Le lendemain de notre première leçon de médecine, Mir Ishaq a dit à sa mère : « Maman ! Réveillez-moi tôt demain car Maulvi Saheb arrive tard au cabinet. Je veux partir avant lui afin de prescrire des médicaments aux malades. » Ses études de médecine n’avaient commencé que la veille ! J’ai appris la médecine et le Coran de Maulvi Nourouddin Saheb ainsi que l’exégèse du Coran, qu’il avait terminé en [environ] deux mois. Il me plaçait à côté de lui et me récitait la moitié ou une partie entière du Coran accompagnée de la traduction. Il commentait sur quelques versets. De même il termina la lecture des hadiths du Boukhari en deux ou trois mois. Au cours d’un Ramadan j’avais suivi son exégèse du Coran en intégralité. J’ai aussi fait la lecture de quelques magazines en langue arabe. Telle était la teneur de mes études. Durant ces jours, quand je complétais ces études, Dieu m’a montré un rêve concernant l’étendue de mon savoir. »

C’est donc dans ces conditions que le Mouslih Maw’oud a accompli ses études. Or, ses discours, ses sermons, ses écrits et ses commentaires du Coran témoignent que Dieu était son enseignant : ceci est en fait une preuve grandiose et un signe de la véridicité de cette prophétie. Le Mouslih Maw’oud a prononcé son premier discours public en présence du Messie Promis (a.s.) en 1906, lors de la Jalsa Salana (conférence annuelle). Hazrat Qazi Mohammad Zahoor ud Din Akmal, éminent compagnon du Messie Promis (a.s.) et fin poète, décrit l’effet de ce discours pétri de gnose et de savoir sur les auditeurs. Il déclare : « Mahmud, qu’Allah le protège, cette étoile éclatante du minaret de la Noubouwwah et cette perle du prophétat a prononcé un discours sur le polythéisme. L’audience était tout ouïe. Il était un torrent d’éloquence coulant à flots. Exprimer des pensées si profondes à un âge aussi jeune est un miracle en soi. Selon moi, il s’agit là d’un signe de la véracité du Messie Promis (a.s.) et de la formation ô combien éminente qu’il a dispensée. Le Mouslih Maw’oud a décrit l’essence spirituelle de manière fort subtile. »

La passion religieuse et l’épanouissement intellectuel et spirituel du Mouslih Maw’oud à l’époque démontraient déjà que la prophétie à l’effet que [le fils promis] grandirait rapidement s’appliquait à lui. Le Messie Promis (a.s.) avait lui aussi ressenti cette ferveur [en son fils]. Il déclare à ce propos : « Mian Mahmud est pris d’une telle passion religieuse que parfois je lui consacre des prières très spéciales. »

C’étaient là les paroles du Messie Promis (a.s.) : il priait certainement pour qu’Allah fasse qu’il soit le fils promis, qu’Il lui accorde davantage de faveurs et afin qu’Il accomplisse en sa faveur toutes les bonnes nouvelles [annoncées].

Hazrat Mirza Tahir Ahmad, feu le quatrième Calife, déclare dans sa biographie [du Mouslih Maw’oud] : « Il avait 19 ans au tout début de l’ère du premier Calife et 26 ans quand celui-ci est décédé. Je vous présente quelques exemples tirés de ses discours et de ses écrits. Ses pensées et ses réflexions avaient les profondeurs d’un grand sage. Ses paroles émouvaient et charmaient : elles étaient sincères et pénétrantes. Ses discours et sa prose étaient exempts de tout artifice. Ses paroles coulaient naturellement, ses écrits étaient un flot de clarté. Tous deux étaient arrosés du savoir coranique, rassasiant à la fois le cœur et l’esprit. Il avait 19 ans lorsqu’il a prononcé son premier discours après le décès du Messie Promis (a.s.). Le Maulvi Sher Ali (r.a.), grand érudit de la Jama’at, déclare à propos de ce premier discours : « Je souhaite ajouter encore quelque chose à propos du discours prononcé par le Mouslih Maw’oud après le décès du Messie Promis (a.s.). Cette rencontre a été organisée dans la cours de la Madrassah Ahmadiyya. Le Mouslih Maw’oud était assis à la gauche du premier Calife sur l’estrade qui était tourné vers le nord. Deux points méritent d’être mentionnés à propos de ce discours. Premièrement, la voix du Mouslih Maw’oud, son style et son ton ressemblaient fortement à ceux du Messie Promis (a.s.).

Ceux qui l’écoutaient se sont rappelés du Messie Promis (a.s.), qui nous avait quittés depuis peu. Des larmes coulèrent des yeux de nombreuses personnes de l’audience, et des miennes aussi, en raison de cette voix du Messie Promis (a.s.) qui sortaient des lèvres de son fils promis, à l’instar de celle d’un être cher loin de nos yeux, sortant d’un gramophone. Si l’on peut dire que l’âme d’une personne descend sur une autre, on peut dire qu’à ce moment l’âme du Messie Promis (a.s.) descendait sur lui, annonçant : « C’est lui mon fils bien-aimé, qui m’est offert comme signe de la miséricorde divine, et au sujet duquel [la prophétie annonce] qu’il sera le reflet de ma bonté et de mes faveurs… »

Le deuxième point saillant de ce discours, est que lorsqu’il arriva à son terme, le premier Calife, qui a passé toute sa vie à étudier le Saint Coran et dont le Saint Coran était la nourriture de l’âme, a déclaré : « L’exégèse des nombreux versets qu’a faite Mian Saheb était également toute nouvelle pour moi. » Maulvi Saheb ajoute : « C’était le premier discours qu’il avait prononcé devant la communauté (après le décès du Messie Promis). »

Il a présenté des perles de savoir coranique, au sujet desquels, le premier Calife, qui était lui-même un grand savant du Saint Coran, a dit qu’elles étaient toutes nouvelles pour lui. Qui avait donc enseigné ces trésors à ce jeune homme ? Qui lui avait accordé cette sagesse et cette connaissance à cette époque, durant sa jeunesse ? C’est Celui qui, dans le Saint Coran, déclare au sujet de Youssouf :

وَلَمَّا بَلَغَ أَشُدَّهُ آَتَيْنَاهُ حُكْمًا وَعِلْمًا وَكَذَلِكَ نَجْزِي الْمُحْسِنِينَ

C’est-à-dire, et lorsqu’il eut atteint l’âge de maturité, Nous lui accordâmes le jugement et la connaissance. Et ainsi récompensons-Nous ceux qui font le bien.

Il ajoute : « Il n’a pas présenté que de simples paroles de sagesse, mais il a dévoilé des trésors du Saint Coran jusqu’à ce jour cachés ; et Allah l’Exalté déclare au sujet du Saint Coran :

لَا يَمَسُّهُ إِلَّا الْمُطَهَّرُونَ

C’est-à-dire personne ne peut le toucher, excepté celui qui est pur.

Le Mauvli Sher Ali ajoute : « Dès qu’il est sorti de l’adolescence, il a présenté au monde des trésors cachés et sublimes du Saint Coran ; cela témoigne clairement qu’il a été formé tout spécialement par Dieu lors de son adolescence et qu’il faisait partie de la communauté des purs depuis sa jeunesse.

Un journaliste non-ahmadi a fait part de ses impressions au sujet du Réformateur Promis. On rapporte à ce sujet qu’en mars 1913, un non-ahmadi nommé Mohammad Aslam, vint à Qadian d’Amritsar. Il y resta quelques jours avant de repartir. Après avoir étudié la communauté de très près, il a fait part en détail de ses impressions. Il écrit au sujet du Réformateur Promis : « J’ai eu le grand plaisir de rencontrer Mirza Bashir-ud-Din Mahmud Ahmad Saheb. Il est une personne douée de grandes qualités morales et très simples. Au-delà de sa bienveillance, il est doué d’une compréhension immense et il est un grand penseur. Lors de mes nombreuses discussions avec Mirza Saheb, notamment au sujet de l’avenir de l’Inde, son avis à ce sujet à la lumière des nations du passé était très profond. »

Cette anecdote date de 1913, avant que le Réformateur Promis ne soit nommé Calife, durant le califat du premier Calife.

Le journaliste ajoute : « Mirza Saheb souhaita bienveillamment que je reste au moins une semaine à Qadian. Ne pouvant exaucer son désir, je le remerciai grandement pour cette faveur et sa gentillesse. Je garderai à jamais en mémoire sa piété et sa Taqwa ainsi que ses pensées formidables et sa simplicité. »

Hazrat Mufti Mohammad Sadiq (r.a.), qui faisait également partie de ses enseignants, évoque le niveau des actes d’adoration du Réformateur Promis durant son enfance en ces termes : « J’avais fait la Bai’ah du Messie Promis (a.s.) à la fin de l’année 1890 et j’ai souvent visité [Qadian] ce qui m’a permis de contempler Hazrat Mirza Bashir-ud-Din Mahmud depuis son très jeune âge. J’ai été témoin de ses habitudes, de sa pudeur, de sa bonté, de sa véracité et de sa passion constante pour la religion. Il avait développé un engouement pour les œuvres du Messie Promis (a.s.) liées à la foi. Il accompagnait souvent le Messie Promis (a.s.) pour la prière à la mosquée centrale et il écoutait les sermons. » Il ajoute : « Je me souviens qu’il était en train de prier à côté du Messie Promis (a.s.) alors qu’il avait dix ans : il pleurait beaucoup durant la prosternation. Depuis son enfance, il avait, tout naturellement, un lien avec Allah, et un amour particulier pour Ses prophètes. »

Il pleurait et se prosternait longuement en prière, ce qui étonnait grandement les adultes, d’autant plus qu’ils savaient qu’il n’était nullement triste et qu’il n’avait aucune inquiétude particulière. Ils se demandaient ce qu’avait vécu cet enfant pour qu’il se réveille la nuit en cachette et qu’il éclate en sanglots devant son Seigneur, et qu’il arrose son lieu de prosternation de ses larmes innocentes.

Dans sa biographie du Réformateur Promis (a.s.), Hazrat Mirza Tahir Ahmad écrit ceci : « Sheikh Ghulam Ahmad Waaz s’en était lui aussi étonné. Il s’était converti à l’islam en faisant la bai’ah sur la main du Messie Promis (a.s.). Par la suite il avait tant progressé dans sa sincérité et sa foi, qu’il faisait partie des personnes qui se vouaient grandement à l’adoration de Dieu et qui voyaient des visions et recevaient des révélations. Sheikh Ghulam Ahmad avait pour coutume de raconter : « Un jour j’ai décidé de passer la nuit dans la mosquée Moubarak, et dans cette solitude de demander à mon Seigneur tout ce que je voulais. Lorsque j’y suis arrivé, j’ai vu une personne prosternée faisant des supplications en pleurs : elles étaient si abondantes que je n’ai pu prier. Ses supplications m’ont aussi affecté et j’ai alors commencé à prier : « Ô mon Seigneur, accorde-lui tout ce qu’il te demande. » Je restai debout et attendis qu’il relevât la tête afin de connaître son identité, au point où je fus pris par la fatigue. J’ignorai depuis combien de temps il était venu avant moi. Je fus fort étonné lorsqu’il se releva et que je constatai qu’il s’agissait de Mian Mahmud Saheb. Je le saluai, lui serrai la main et lui demandai : « Qu’avez-vous demandé à Allah ce soir ? » Il me répondit : « Je Lui ai supplié de me montrer la victoire de l’islam. » Sur ces mots il est rentré. » »

Ainsi, tout jeune il souhaitait voir le triomphe de l’islam. D’ailleurs [ses prières] ont porté leurs fruits au cours de sa jeunesse, quand Allah lui a fait porter le manteau du Califat.

Hazrat Sahibzada Mirza Mahmud Ahmad Sahib a évoqué une prière dans un article publié en 1909 dans le journal Tashhiz ul Azhan. Après avoir mentionné le mois béni du Ramadan, il a déclaré : « Je cherchais sur mon bureau un article pour le journal quand je suis tombé sur une note comprenant une prière que j’avais formulée l’année dernière durant le mois du Ramadan. La relecture de celle-ci m’a fortement inspiré le besoin de la partager avec mes amis. En effet, nul ne sait qui sera la personne dont la prière sera exaucée ; nul ne sait non plus à quel moment la grâce de Dieu se déversera de façon singulière sur notre Jama’at (Communauté). Afin de dévoiler la douleur qui anime mon cœur, je reproduis cette prière ici, dans l’espoir qu’elle motivera une âme bienheureuse, tant et si bien qu’elle se mettra à implorer Dieu pour elle-même et pour la Jama’at Ahmadiyya ; il s’agit là de mon objectif réel. Voici la prière en question :

« O mon Maître, mon Dieu Tout-Puissant ! O mon Protecteur Adoré, mon Berger ! O Créateur de la terre et du ciel ! O Manipulateur des eaux et des vents ! O Toi, le Dieu Qui a envoyé, depuis Adam (a.s.) jusqu’à Jésus (a.s.), des centaines de milliers de guides et des millions de dirigeants pour la bonne gouverne du monde ! Dieu Haut et Grand, Toi Qui as suscité un messager aussi magnifique que Muhammad (s.a.) ! O Dieu Gracieux Qui a fait naître parmi les serviteurs de ce dernier un leader tel que le Messie (a.s.) ! O Toi Qui produis la lumière et chasses les obscurités en tous genres !

Devant Toi et Toi Seul se prosterne et s’humilie cette créature abjecte que je suis. Ecoute ma prière, et exauce-la, car ce sont bien Tes promesses qui m’ont enhardi au point que je puisse oser Te faire une demande. Tu m’as créé alors que je n’étais rien. Je n’existais pas ; or, Tu m’as fait exister. Pour ma subsistance Tu as créé les quatre éléments ; et Tu as façonné, pour s’occuper de moi, des êtres humains. Alors que je ne pouvais pas encore exprimer mes besoins, Tu as affecté des gens qui se sont tout naturellement souciés de mon bien-être. Ensuite, Tu m’as fait progresser et Tu as élargi mes moyens.

O Toi Qui es ma Vie ! Oui, Toi Qui es ma Vie ! Tu as émis l’ordre qu’Adam (a.s.) soit mon père, et Tu as élu Eve (r.a.) pour être ma mère. De même, Tu as choisi un serviteur de parmi Tes serviteurs, honorable à Tes yeux, afin qu’il plaide en ma faveur, moi, l’être inculte, ignorant et inexpérimenté, dans Ta cour royale, et afin qu’il acquière pour moi Ta miséricorde.

J’étais pécheur, mais Tu as voilé mes péchés. J’ai commis des erreurs ; cependant Tu as couvert mes fautes. Tu T’es tenu à mes côtés dans toute souffrance et toute peine. À chaque fois que malheur m’est arrivé, Tu as volé à mon secours. À chaque fois que j’allais m’égarer, Tu m’as pris par la main. Sur mes espiègleries, Tu as fermé les yeux. Malgré mes écarts, Tu T’es rapproché de moi. Je suis resté oublieux de Ton Nom, mais Tu ne m’as pas oublié. En ces moments où parents, proches et amis n’ont pas été à même de m’épauler, Tu as étendu Ta Main de Puissance et Tu m’as soutenu. J’étais triste, alors Tu m’as rendu heureux. Lorsque j’étais démoralisé, Tu m’as réjoui. Quand je pleurais, Tu m’as fait rire. Si d’aucuns s’agitent en raison de la séparation, à moi Tu as Toi-même montré Ton visage. Tu m’as fait des promesses et Tu les as tenues ; jamais n’est-il arrivé que Tu as manqué à Tes engagements. Je T’ai fait, moi aussi, des promesses, mais je les ai brisées. Or, Tu ne T’en es pas offusqué. Plus grand pécheur que moi je ne vois ; cependant je ne connais aucun pécheur qui ait joui plus que moi de Ta bienveillance. Plus généreux que Toi, l’on ne peut imaginer. Lorsque j’ai pleuré et me suis lamenté devant Toi, Tu as entendu ma voix et m’as exaucé. Jamais, à ma connaissance, n’as-Tu rejeté mes ardentes prières.

Par conséquent, ô mon Dieu, avec une passion intense et une ferveur réelle je chois et me prosterne devant Toi et Te supplie d’ouïr ma prière et de répondre à mon appel. O mon Saint Dieu ! Mon peuple est en cours de destruction ; je Te supplie de l’en sauver. S’ils se disent ahmadis, je n’ai que faire d’eux tant qu’ils ne se purifient pas la poitrine et le cœur ; et tant qu’ils ne sont pas saturés de Ton amour, que voudrai-je d’eux ? Attise donc, ô mon Seigneur, Tes attributs de Grâce et de Miséricorde, et purifie-les ! Fais naître en eux une ferveur passionnée comme celle des Compagnons (du Prophète (s.a.)), et qu’ils se soucient du progrès de Ta religion. Que leurs œuvres soient meilleures et plus pures encore que leurs paroles ! Qu’ils se sacrifient pour Ta douce Face et qu’ils se vouent au Noble Prophète (s.a.) ! Que les oraisons de Ton Messie (a.s.) soient exaucées en leur faveur ! Que son enseignement saint et juste s’implante dans leurs cœurs !

O mon Dieu, préserve mon peuple de tout malheur et de toute souffrance ! Protège-les contre les aléas de toutes sortes. Fais naître parmi eux d’éminents notables. Qu’ils deviennent un peuple qui Te réjouit, et qu’ils soient une congrégation que Tu Te réserves personnellement ! Qu’ils soient toujours protégés contre la domination de Satan, et que les anges continuent à descendre sur eux ! Fais que dans la Foi et dans le monde ils soient bénis ! Oui, qu’ils soient bénis ! Amen, et encore amen, ô Seigneur des Mondes! »

Hazrat Mouslih Maw’oud avait fait cette prière en 1909 : il n’avait que 20 ans mais était d’ores et déjà soucieux de l’état de la foi et de la nation. Qu’Allah fasse pleuvoir sur lui d’innombrables bénédictions. Il avait travaillé d'arrache-pied afin de diffuser la religion du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et afin d’accomplir l’objectif du Messie et du Mahdi Promis. Il s’est présenté à Dieu après avoir respecté sa promesse. Qu’Allah fasse que nous puissions comprendre sa prière ardente et la réciter. Qu’Allah fasse que nous puissions aussi atteindre l’objectif de notre appartenance à l’Ahmadiyya.


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