Imprimer

Sermon du vendredi 25 janvier 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Le premier des compagnons de Badr que j’évoquerai aujourd’hui se nomme Toufail Bin al-Harith qui était un membre de la tribu des Qurayshites. Sa mère se nommait Soukhaylah Bint Khouzâ’i. Après l’Hégire, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Toufail Bin al-Harith et Moundhir Bin Muhammad. Selon d’autres récits, il avait établi ce lien avec Soufyan Bin Nasr.

Toufail Bin al-Harith avait participé à la bataille de Badr en compagnie de ses frères ‘Oubayda et Houssain. De même, il avait accompagné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) aux batailles d’Ouhoud et du fossé. Il est décédé en l’an 32 de l’Hégire à l’âge de 70 ans.

Le deuxième compagnon se nomme Soulaym Bin ‘Amr al-Ansari, dont la mère s’appelait Oumm Soulaym Bint ‘Amr, et il appartenait au clan des Banou Salama de la tribu d’Al-Khazraj. Selon d’autres récits il se nommait Soulayman Bin ‘Amr. Il avait prêté allégeance [au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] en compagnie de 70 autres [Ansâr]. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud, et est tombé en martyr lors de cette dernière bataille. Son esclave, Antara, l’avait aussi accompagné.

Le prochain compagnon se nomme Soulaym Bin al-Harith al-Ansari. Il appartenait au clan des Banou Dinar de la tribu d’Al-Khazraj. On dit aussi qu’il était un esclave des Banou Dinar. D’autres disent qu’il était le frère de Zahaq Bin al-Harith. Les récits rapportent ces deux faits à son sujet. Il avait participé à la bataille de Badr et est tombé en martyr lors de la bataille d’Ouhoud.

Soulaym Bin Milhan al-Ansari est un autre compagnon. Sa mère se nommait Moulayka Bint Malik. Il était l’oncle maternel d’Anas Bin Malik et le frère d’Oumm Haram et Oumm Soulaym. Oumm Haram était la femme d’Oubada Bin Thamit. Oumm Soulaym était l’épouse d’Abou Talha al-Ansari : Anas Bin Malik, le serviteur du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), était son fils.

Soulaym Bin Milhan al-Ansari avait participé dans les batailles de Badr et Ouhoud en compagnie de son frère Haram Bin Milhan. Tous deux sont tombés en martyrs lors de l’incident de Bi’r Ma’ouna.

Trente-six mois après l’Hégire, au cours du mois de Safar, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait envoyé Moundhir Bin ‘Amr As-Sa’idi dans la région de Bi’r Ma’ouna. ‘Amir bin Ja’far est parti rencontrer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et il a voulu lui offrir un présent ; celui-ci l’a refusé.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a invité vers l’islam : ‘Amir bin Ja’far n’a pas accepté l’islam mais ne s’en est pas éloigné non plus. ‘Amir bin Ja’far a demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) d’envoyer avec lui quelques compagnons afin d’inviter vers l’islam les membres de sa tribu, tout en exprimant l’espoir qu’ils l’embrasseront. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « J’ai peur que les gens du Nejd ne tentent de leur nuire. »

Amir bin Ja’far a déclaré : « Si quelqu’un tente de le faire, je leur accorderai ma protection. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a envoyé soixante-dix jeunes Qaris (lecteurs) du Saint Coran. Il avait choisi Moundhir Bin ‘Amr As-Sa’idi comme leur chef. C’est un récit que j’ai cité dans le passé. Ils ont campé à Bi’r Ma’ouna, le lieu d’abreuvage des Banou Soulaym, situé entre le terrain des Banou ‘Amir et Banou Soulaym. Ils y ont lâché leurs chameaux. Ils ont, dans un premier temps, envoyé Haram Bin Milhan avec le message du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) chez ‘Amir Bin Toufail. Sans même lire le message du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il a tué Haram Bin Milhan. Ensuite, il a soulevé les Banou Amir contre les musulmans : mais ils ont résisté. Il a alors incité les clans de Soulaym Bin Usaya, Dhakwan et Rihil. Ces derniers l’ont accompagné et l’ont choisi comme chef. Étant donné que Haram Bin Milhan tardait à retourner, les musulmans ont avancé pour rencontrer les assaillants ; ceux-ci les ont entourés. L’ennemi était plus nombreux, une bataille a eu lieu et les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ont été tués.

Quand Soulaym Bin Milhan et Hakam Bin Kisan ont été entourés, ils ont déclaré : « Ô Allah ! Personne hormis Toi ne pourra transmettre nos salutations au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Transmets-lui nos salutations. »

Lorsque l’ange Gabriel en a informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il a répondu : « Que la paix soit sur eux aussi. »

Ils ont dit à Moundhir Bin ‘Amr : « Si vous le souhaitez, je peux garantir votre sécurité. » Mais ils ont refusé et sont arrivés au lieu du martyre de Haram. Ils se sont battus jusqu’à tomber en martyrs. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Ils ont avancé afin de mourir. » C’est-à-dire, qu’ils sont partis à la rencontre de la mort consciemment.

Ils se sont battus bravement en dépit de leur manque d’équipements et du fait qu’ils n’avaient pas l’intention de se battre.

Soulaym Bin Qays al-Ansari avait pour mère Oumm Soulaym Bint Khalid. Soulaym Bin Qays al-Ansari était le frère de Khawlah Bint Qays, qui était l’épouse de Hamza. Soulaym avait participé dans les batailles de Badr, d’Ouhoud, et du fossé aussi bien que dans toutes les campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il est décédé lors du Califat d’Outhman.

Thabit Bin Tha’laba, un autre compagnon, avait pour mère Oumm Unas Bint Sa’d. Il appartenait au clan des Banou Ouzra. Son père se nommait Tha’laba Bin Zayd et était aussi connu sous le nom d’Al-Jidh’, en raison de sa bravoure et de sa détermination. Thabit Bin Tha’laba était lui aussi nommé Al-Jidh’ : il avait pour enfants ‘Abdullah et Harith. Leur mère se nommait Umamah Bint ‘Outhman. Thabit était présent pour la bai’ah d’Aqabah en compagnie de 70 Ansar. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, et du fossé, au traité de Houdaybiyya, à la bataille de Khaybar, à la conquête de La Mecque ainsi qu’à la bataille de Taïf, lors de laquelle il est tombé en martyr.

Simak Bin Sa’d, un autre compagnon, avait pour père Sa’d Bin Tha’laba. Il était le frère de Bashir Bin Sa’d, le père de Nou’man Bin Bashir. Il avait participé à la bataille de Badr en compagnie de son frère Bashir ainsi qu’à la bataille d’Ouhoud. Il appartenait à la tribu d’Al-Khazraj. 

Jabir Bin ‘Abdillah Bin Riyab était un autre compagnon : il faisait partie des six premiers Ansar ayant embrassé l’islam à La Mecque. Il avait participé à la bataille de Badr, d’Ouhoud, et du fossé ; en somme, à toutes les batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Avant la première Bai’ah d’Aqabah, six individus parmi les Ansar rencontrèrent le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à La Mecque. Ils se nommaient : As’ad Bin Dararah, ‘Awf bin al-Harith, Rafi’ Bin Malik Bin ‘Ajlan, Qoutbah Bin ‘Amir Bin Hadida, ‘Ouqbah Bin ‘Amir Bin Nabi et Jabir Bin ‘Abdillah Bin Riyab. Ils embrassèrent l’islam et à leur retour à Médine ils évoquèrent le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). J’en avais déjà mentionné les détails en relatant le récit d’Ouqbah Bin ‘Amir Bin Nabi. J’en refais mention ici brièvement. En partant ils dirent au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que la guerre civile avait affaibli les gens de Médine et qu’il y régnait des dissensions. « Nous inviterons nos frères de Yathrib (Médine) vers l’islam : il ne serait pas étonnant qu’Allah nous réunisse par l’entremise de Son Envoyé. Une fois unis, nous sommes prêts à vous offrir toute aide nécessaire. » Après leur retour, l’islam a eu grand retentissement à Yathrib.

Le Saint Prophète a passé cette année à la Mecque en se préoccupant des habitants de Yathrib et de leurs moyens tout en nourrissant de l’espoir. Il pensait souvent : « Voyons le résultat de ces six convertis, et s’il y a eu du succès et de l’espoir à Yathrib ou non. » Car ailleurs les autres tribus avaient non seulement rejeté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) mais lui étaient très hostiles.

Les gens de La Mecque et les chefs de Taïf avaient rejeté fortement la mission du Saint Prophète et, une à une, subissant leur influence, les différentes tribus d’Arabie l’avaient également refusé. Une lueur d’espoir commençait toutefois à briller à Médine suite à ces conversions. Or l’espoir était mince. Qui pourrait penser que ces six convertis pourraient faire face aux tempêtes d’afflictions, de persécution et de difficultés ? Ils ont prêché le message de l’islam. Mais d’autre part, l’hostilité et l’animosité des Mecquois prenaient de l’ampleur de jour en jour, car ils comprenaient bien que le moment était venu d’éradiquer l’islam.

Si l’islam sortait de La Mecque et se répandait, il sera difficile de l’anéantir. C’est pour cette raison que les gens de La Mecque ont intensifié leur persécution. Or en dépit de cela le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses dévoués compagnons musulmans sont restés tout aussi inébranlables qu’une montagne. Rien ni personne ne pouvait les écarter de l’islam, de ses préceptes et de l’unicité divine. C’était une période délicate pour l’islam, période mêlée d’espoir et de crainte. On attendait voir le résultat de la conversion de ces quelques individus.

L’année d’ensuite une délégation de Médine vint pour le Hajj. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) quitta son domicile, plein d’espoir, et partit à ‘Aqabah, près de Mina, jetant un œil ici et là. Soudainement, il remarqua un petit groupe de personnes de Yathrib, qui le reconnurent immédiatement. Ils se sont approchés et l’ont rencontré avec un amour et une sincérité extrêmes. Parmi eux se trouvaient les cinq convertis de l’année précédente et sept nouveaux. Ils appartenaient à la fois aux Aus et aux Khazraj. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a rencontré ces douze individus dans une vallée de La Mecque. Ils l’ont informé à propos de la situation à Yathrib. Ils ont prêté allégeance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Leur serment a été la première brique de la fondation de l’islam à Médine. Ils ont promis au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de croire en l’unicité de Dieu, de bannir le polythéisme, le vol, l’adultère, le meurtre, et la calomnie et d’obéir au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en toute bonne chose. Après le serment d’allégeance, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur a conseillé : « Si vous respectez ce serment, vous mériterez le paradis. Si vous flanchez, votre cas sera entre les mains d’Allah, Qui vous traitera comme bon Lui semble. »

En tout cas, ils respectèrent fermement leur serment d’allégeance et firent montre de la plus grande fidélité à cet égard, favorisant ainsi l’expansion de l’islam à Médine, comme nous l’avons constatée.

Moundhir Bin ‘Amrou Bin Khounais était un compagnon dont le nom d’emprunt était A’naq li-Yamout ou Al-Mou’niq lil-Mawt, c’est-à-dire celui qui va au-devant de la mort. Son père s’appelait ‘Amrou et il appartenait au clan des Banou Sa’adah de la tribu des Khazraj. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait nommé Moundhir Bin ‘Amrou et Sa’d Bin ‘Oubadah chefs ou responsables de leur tribu des Banou Sa’adah. Moundhir était un lettré même à l’époque de l’ignorance. Après son émigration, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi un lien de fraternité entre Moundhir et Toulayb Bin ‘Amr. Moundhir avait participé à la bataille de Badr et d’Ouhoud.

Dans sa Sirat-Khataman-Nabiyyine, Mirza Bashir Ahmad relate : « [Moundhir] appartenait au clan des Banou Sa’ada de la tribu d’Al-Khazraj. Il était de tempérament soufi et est tombé en martyr à Bi’r Ma’ouna. »

J’ai déjà mentionné cet incident en citant d’autres compagnons. J’évoque ici, brièvement, quelques autres faits relatés à propos de Moundhir Bin ‘Amrou dans l’ouvrage Sirat-Khataman-Nabiyyine.

« Les tribus de Soulaym et Ghatfan occupaient la partie centrale du Nejd et ils complotaient avec les Qurayshites contre les musulmans dans le but d’anéantir l’islam. L’hostilité de ces tribus ennemies n’a cessé de prendre de l’ampleur, empoisonnant tout le Nejd de l’inimitié contre l’islam. Leur campagne portait ses fruits. Durant ces jours-là, un certain Abou Bara’a ‘Amir, qui était le chef des Banou ‘Amir, une tribu du centre de l’Arabie, partit à la rencontre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). » C’est un incident que j’ai mentionné auparavant. « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui prêcha bienveillamment le message de l’islam. Apparemment il écouta le message avec beaucoup de passion mais n’embrassa pas pour autant l’islam. Il dit au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Envoyez avec moi quelques-uns de vos compagnons dans le Nejd, afin de prêcher à ses habitants le message de l’islam. J’ai l’espoir que les gens du Nejd ne rejetteront pas votre message. »

Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Je n’ai guère confiance dans les gens du Nejd. » Abou Bara’a répondit : « Ne vous en souciez pas. Je garantis leur sécurité. » »

Étant donné qu’Abou Bara’a était chef de tribu et influant, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) crut en ses garanties et envoya un groupe de compagnons.

Hazrat Mian Bashir Ahmad commente : « Ces faits ont été relatés dans les recueils d’histoire. Mais selon les hadiths de Boukhari des membres des clans de Rihil et Dhakwan de la fameuse tribu de Soulaym s’étaient présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ont exprimé leur intérêt dans l’islam et affirmant : « Aidez-nous contre les ennemis de l’islam. » Ils n’ont pas détaillé s’ils demandaient de l’aide militaire ou pour la prédication. En tout cas, ils ont demandé que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) envoie quelques musulmans. Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a envoyé ce détachement. »

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb ajoute : « Malheureusement, les récits sur l’incident de Bi’r Ma’ouna ont été confondus même dans le recueil d’Al-Boukhari. Deux incidents différents ont été mélangés dans les récits. D’où l’impossibilité de démêler ces faits à la lumière des annales de l’histoire et des hadiths de Boukhari. L’on n’arrive pas à discerner toute la vérité. »

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb nous présente ici-bas la solution en ajoutant : « L’on est sûr en tout cas que les membres des clans de Rihil et Dhakwan s’étaient présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui avaient demandé d’envoyer quelques musulmans. Pour faire concorder ces deux récits, l’on peut déduire que les gens des clans de Rihil et Dhakwan avaient accompagné Abou Bara’a al-’Amiri, chef de la tribu des Banou ‘Amir. Il a peut-être parlé en leur nom. D’ailleurs selon l’histoire, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) aurait affirmé : « Je ne suis pas tranquille à propos des gens du Nejd. » Abou Bara’a a répondu : « N’ayez crainte, je me porte garant et vos compagnons seront saufs. » Ceci indique qu’Abou Bara’a était accompagné des membres des clans de Rihil et Dhakwan, à propos desquels le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était inquiet. En l’an 4 de l’Hégire, lors du mois de Safar, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) envoya 70 Ansar sous la direction de Moundhir Bin ‘Amr al-Ansari. Ils étaient tous des Qaris et maîtrisaient le Coran. Ils se sont arrêtés au puits connu sous le nom de Bi’r Ma’ouna. Puis, Haram Bin Milhan, qui était l’oncle maternel d’Anas, est parti transmettre le message de l’islam à ‘Amrou Bin Toufail, le chef des Banou ‘Amir et neveu d’Aboul Bara’a al-’Amiri. Les autres compagnons sont restés en arrière. Quand Haram Bin Milhan s’est présenté, en tant qu’émissaire du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), à ‘Amir Bin Toufail, celui-ci et ses compagnons l’ont accueilli chaleureusement de manière hypocrite. Lorsque Haram Bin Milhan s’assit et commença à leur transmettre le message, des personnes malintentionnées firent signe à un malfrat qui donna un coup de lance par l’arrière à Haram bin Milhan. En tombant il déclara : « Allahou Akbar ! Par le Seigneur de la Ka’bah ! J’ai mérité le salut ! »

‘Amir bin Tufail ne s’est pas contenté du meurtre de cet émissaire du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a incité les membres de sa tribu, les Banou ’Amir, à s’attaquer au reste des musulmans : mais ils ont refusé, citant la garantie offerte par Aboul Bara’a au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sur ce, ‘Amir a recueilli les clans de Banou Rihil, Dhakwan et ‘Usayyah, membres de la tribu de Sulaym (c’est-à-dire, les mêmes tribus qui avaient envoyé leur délégation au Saint Prophète selon le récit de Boukhari) et afin d’attaquer ce petit groupe de musulmans sans défense. Quand ces gens perfides, assoiffés de sang les ont approchés, les musulmans ont déclaré : « Nous n’avons aucun grief contre vous. Nous venons seulement avec le message du Saint Prophète ; nous ne sommes pas venus nous battre. » Mais les infâmes ne les ont pas écoutés et les ont tous assassinés. Selon l’histoire, l’ange Gabriel a informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à propos du martyre de ses compagnons à Bi’r Ma’ouna. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit à propos de Moundhir : « Il savait que le martyre l’attendait. Il s’est battu à l’instar de ses compagnons pour atteindre le martyre. » C’est pour cette raison qu’on le nommait A’naq li-Yamout ou Al-Mou’niq lil-Mawt. Les autres ont voulu offrir leur protection à Moundhir Bin ‘Amrou, mais celui-ci refusa.

Sahal relate qu’Abou Usaid a présenté son fils Moundhir bin Abi Usaid au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) après sa naissance. L’Envoyé de Dieu l’a placé sur sa cuisse en présence d’Abou Usaid. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est occupé d’autre chose et on a enlevé le nourrisson de sa cuisse. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé où était son fils quand il s’est libéré : Abou Usaid l’a informé qu’il l’avait envoyé à la maison. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé le nom qu’il lui avait donné. Abou Usaid en a informé l’Envoyé de Dieu, qui a commenté qu’il s’appellera dorénavant Moundhir.

Il ne s’agit pas du Moundhir [tombé en martyr].

Les commentateurs présentent la raison derrière ce changement de nom. L’oncle d’Abou Usaid s’appelait Moundhir bin ‘Amrou et il était tombé en martyr à Bi’r Ma’ouna. [Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] lui a donné ce nom en mémoire du défunt afin qu’il soit son successeur.

Une autre raison en était que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) souhaitait maintenir vivant les noms de ses compagnons bien-aimés. À cet égard, il donnait leurs noms à leurs proches.

Ma’abid Bin ‘Abad était aussi connu comme Abou Houmaysah. Son père se nommait ‘Abad Bin Qushayr.

On dit aussi qu’il s’appelait Ma’abid Bin ‘Abada ou Ma’abid Bin ‘Ammara appartenait au clan des Banou Salim Bin Ghanam Bin ‘Awf de la tribu de Khazraj. Son nom d’emprunt était Abou Houmaysah, selon certains ou Abou Khoumaysah ou Abou Ousaymah selon d’autres. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud.

‘Adi Bin Oubayy al-Zaghbâ al-Ansari était un autre compagnon dont le père se nommait Sinan Bin Sabî’ Bin Tha’laba. Il est décédé au cours du Califat d’Oumar. Il appartenait au clan de Jouhaym des Ansar et avait participé à la bataille de Badr, d’Ouhoud, du fossé et à toutes les campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci l’avait envoyé en compagnie de Basbâs Bin ‘Amrou, avant la bataille de Badr, pour se renseigner sur la caravane d’Abou Soufyane. Ils étaient partis loin au point de se rapprocher de la côte.

Basbâs bin ‘Amrou et ‘Adi Bin Oubayy al-Zaghbâ ont attaché leur chameau tout près d’une colline dans la région de Badr. Il y avait un abreuvoir dans les alentours et ils ont rempli leurs gourdes d’eau. Majdi Bin ‘Amr al-Jouhni était tout près du réservoir d’eau. Les deux compagnons ont entendu deux femmes qui conversaient. L’une disait à l’autre : « Demain ou après-demain la caravane passera par ici. Je trouverai de quoi te rembourser. »

Cette conversation entre les deux femmes offrait en soi un renseignement. Majdi a déclaré : « C’est bien. » Et il a quitté les deux femmes. ‘Adi Bin Oubayy al-Zaghbâ et Basbâs bin ‘Amrou ont rapporté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) la conversation des deux femmes sur l’arrivée de la caravane des mécréants. C’est ainsi qu’ils transmettaient ces informations. Apparemment, il s’agissait d’une [banale] conversation entre deux femmes, mais ils en avaient saisi l’importance et su à propos de l’arrivée de la caravane. 

‘Adi Bin Oubayy al-Zaghbâ est décédé lors du Califat d’Oumar.

Rabi’ Bin Iyas était un compagnon du clan des Banou Lawdhan de la tribu Ansari des Khazraj. Il avait participé à la bataille de Badr en compagnie de son frère Waraqa Bin Iyas. Il était aussi présent lors de la bataille d’Ouhoud.

‘Oumayr Bin ‘Amir al-Ansari était un autre compagnon dont le nom d’emprunt était Abou Dawoud. Son père se nommait ‘Amir Bin Malik et sa mère Nailah Bint Abi ‘Asim. ‘Oumayr appartenait à la tribu de Khazraj des Ansar et il était plus connu sous son nom d’emprunt, Abou Dawoud. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Oumm ‘Ammara relate : « Abou Dawoud al-Mâzini, c’est-à-dire ‘Oumayr, et Soulayt Bin ‘Amrou étaient sortis pour la Bai’ah d’Aqabah. Mais ils étaient en retard et surent que les autres avaient d’ores et déjà prêté le serment d’allégeance. Par la suite, ils prêtèrent allégeance par l’entremise d’Asad Bin Dararah qui était présent la nuit d’Aqabah et qui était un des chefs. Selon un récit, ‘Oumayr était celui qui avait tué Abou Al-Bakhtari lors de la bataille de Badr.

Sa’d Mawla Hatib Bin Oubayy Balta’a était un autre compagnon appartenant à la tribu des Banou Kalb. Sa’d Bin Khawli était l’esclave affranchi de Hatib Bin Oubayy Balta’a. Selon Abou Ma’shar il appartenait à la tribu des Banou Mazhaj. Selon d’autres, il serait originaire de la Perse. Sa’d Bin Khawli était asservi à Hatib Bin Oubayy Balta’a et ce dernier le traitait avec une grande compassion. Sa’d Bin Khawli avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud en compagnie de Hatib Bin Oiubayy Balta’a. Il est tombé en martyr lors de la bataille d’Ouhoud.

Le Calife ‘Oumar avait fixé une pension pour ‘Abdoullah Bin Sa’d, le fils de Sa’d.

Abou Sinan Bin Mihsan, un autre compagnon, avait pour père Mihsan Bin Hassan. Abou Sinan était son nom d’emprunt. Son nom d’origine était Wahab Bin ‘Abdillah. On disait aussi qu’il se nommait ‘Abdoullah Bin Wahab. Selon des sources plus authentiques son nom était Wahab Bin Mihsan. Abou Sinan Bin Mihsan était le frère d’Oukasha Bin Mihsan. Il était l’aîné. Selon certains récits il était deux ans, dix ans, voire 20 ans plus âgé qu’Oukasha.

Son fils se nommait Sinan Bin Abi Sinan. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud et du fossé. Selon certains récits, Abou Sinan Bin Mihsan al-Asadi était le premier à prêter allégeance lors de la Bai’ah Ridwan. Or, ce récit n’est pas avéré étant donné qu’Abou Sinan est décédé en l’an 5 de l’Hégire à l’âge de quarante ans lors du siège des Banou Quraidhah. Son fils Sinan Bin Abi Sinan avait prêté le serment d’allégeance ce jour-là.

Abou Sinan Bin Mihsan avait trépassé quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait assiégé les Banou Quraidhah. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’avait fait enterrer dans le cimetière de ces derniers.

Qays Bin Al-Sakan était un autre compagnon. Son nom d’emprunt était Abou Zayd. Son père s’appelait Sakn Bin Za’ourâ. Il appartenait au clan des Banou ‘Adi de la tribu des Khazraj. Qays était plus connu par son nom d’emprunt Abou Zayd. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, du fossé et à toutes les campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il faisait partie de ces compagnons qui avaient recueilli le Coran [en un volume] à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Anas Bin Malik rapporte : « Quatre compagnons parmi les Ansar réunirent le Coran [en un volume] à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ils se nommaient : Zayd Bin Thatib, Mu’adh Bin Jabl, Oubayy bin Ka’b et Abou Zayd, c’est-à-dire Qays Bin Al-Sakan. »

Anas raconte qu’Abou Zayd était son oncle maternel.

En l’an 8 de l’Hégire, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) envoya Abou Zayd al-Ansari et ‘Amrou Bin As-Sahmi pour transmettre une lettre à ‘Oubayd et Ja’far, les deux fils de Jouloundi, pour les inviter vers l’islam. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur a dit : « S’ils acceptent la vérité, et obéissent à Allah et à Son messager, ‘Amrou sera leur Emir et Abou Zayd leur Imam pour la Salat. 

Aux yeux du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Abou Zayd était peut-être plus religieux ou connaissait mieux le Coran.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ajouta : « [Ces deux compagnons] diffuseront le message de l’islam et leur enseigneront les préceptes du Coran et de la Sounnah. »

Ces deux compagnons sont partis pour Oman et rencontrèrent ‘Oubayd et Ja’far sur la côte. Ils leur présentèrent la lettre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Tous les deux embrassèrent l’islam et ils invitèrent les autres tribus arabes de la région vers l’islam.

L’islam s’est répandu là-bas par l’entremise de la prédication. Ils n’ont pas eu recours à la violence. En tout cas ces tribus embrassèrent l’islam. ‘Amr et Abou Zayd demeurèrent à Oman jusqu’au décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Selon certains, Abou Zayd était retourné à Médine avant cet événement.

Qays (Abou Zayd) est tombé en martyr le jour de Jisr. Une bataille fit rage durant le califat d’Oumar entre [les musulmans] et les Persans. Un pont fut jeté sur l’Euphrate et c’est pour cette raison que cette bataille était connue sous le nom de la bataille de Jisr.

Abou Al-Yasr Ka’b Bin ‘Amrou était un autre compagnon. Son nom d’emprunt était Abou Al-Yasr : il appartenait à la tribu des Banou Salama. Son père se nommait ‘Amr Bin ‘Abad et sa mère Nasiba Bint Azhar : elle était de la tribu des Banou Salama. Abou Al-Yasr était présent lors de la Bai’ah d’Aqabah et avait aussi participé à la bataille de Badr.

Lors de la bataille de Badr, il avait emprisonné ‘Abbas. Il avait arraché le drapeau des mécréants des mains d’Abou ‘Aziz bin ‘Amir. Il avait participé dans plusieurs autres batailles aux côtés du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Après le décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il participa également dans la bataille de Siffin, aux côtés d’Ali. Selon un récit, ce fut ‘Oubayd bin Aws qui avait emprisonné ‘Abbas pendant la guerre de Badr. Ibn ‘Abbas rapporte que la personne qui avait emprisonné ‘Abbas lors de la bataille de Badr s’appelait Abou Al-Yasr. À cette époque Abou Al-Yasr était tout maigre. Lors de la bataille de Badr, il était un jeune homme de 20 ans, alors qu’Abbas était bien bâtie. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda à Abou Al-Yasr : « Comment as-tu réussi à emprisonner ‘Abbas alors que tu es très maigre, et lui est très grand et costaud ? » Sur ce il répondit : « Ô Prophète d’Allah, une personne que je n’avais jamais vue auparavant m’avait aidé dans cette tâche, je ne l’ai plus revue depuis. » Quand il décrivit cette personne au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), celui-ci répondit : « Certainement, un noble ange t’a apporté son aide. »

Ibn ‘Abbas déclare : « Lors de la bataille de Badr, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré : « Celui qui tuera l’ennemi, obtiendra ceci et cela. » Les musulmans tuèrent 70 mécréants et ils en emprisonnèrent 70 autres. Abou Al-Yasr apporta deux prisonniers, et il dit : « Ô Messager d’Allah, vous nous aviez promis que celui qui tuerait (les mécréants) obtiendrait ceci et cela, et de même celui qui emprisonnerait (les mécréants) obtiendrait ceci et cela. J’ai amené deux prisonniers. » Selon un récit, lors de la bataille de Badr, ce fut Abou Al-Yasr qui avait tué Abou Al Bakhtari.

Salama bint Maqil relate : « J’étais l’esclave de Habbab bin ‘Amrou, et j’ai eu un fils de lui. Après son décès, sa femme m’avait dit que je serais vendue pour rembourser les dettes qu’avaient contractées Habbab. »

Salama alla voir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui décrivit toute la situation. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda aux gens : « Qui est responsable des biens de Habbab bin ‘Amrou ? » On lui répondit qu’il s’agissait de son frère, Abou Al-Yasr. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) le fit venir et lui dit : « Ne vends pas cette esclave, mais affranchis-la ; et lorsque tu apprendras que j’ai reçu des esclaves, vient me voir, je te donnerai en échange un autre esclave. » Il en fut ainsi. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) la fit libérer, et lui accorda en échange un autre esclave.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb relate un récit dans son ouvrage Sirat Khataman-an-Nabiyin : « ‘Oubada bin Walid rapporte qu’un jour nous avons rencontré le compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Abou Al-Yasr. Il était accompagné d’un esclave, et nous avons observé qu’il portait un châle à raies et un châle du Yémen et de même son esclave portait un châle à raies et un châle du Yémen. Je lui demandai : « Cher oncle, pourquoi n’as-tu pas porté le châle à raies de ton esclave, lui donnant en échange ton châle du Yémen, ou pourquoi n’as-tu pas pris son châle du Yémen en lui donnant en échange ton châle à raies, afin que vous puissiez tous les deux porter des châles d’un même motif ? » Le rapporteur relate que Abou Al-Yasr posa sa main sur sa tête et fit des supplications pour lui, et ensuite il lui dit : « Cher neveu, mes yeux ont vu, et mes oreilles ont entendus, et mon cœur a absorbé que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclarait : « Nourrissez vos esclaves de ce que vous mangez et vêtez-les avec ce que vous portez. » J’apprécie grandement [le fait] de partager avec mon esclave les biens de ce monde dont je profite, afin qu’au Jour du Jugement mes récompenses ne diminuent pas. » »

Tels étaient ces gens qui ont gagné la satisfaction Allah l’Exalté, qui mettaient minutieusement en pratique les paroles du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) – ils avaient le souci permanent de gagner la satisfaction d’Allah ; ils étaient assoiffés du contentement divin.

Abou Al-Yasr rapporte : « Une partie de mes biens était en possession d’une personne appartenant aux Banou Haram. Je lui avais prêté une certaine somme d’argent, et il devait me rembourser cette dette. Lorsque je suis parti là-bas, j’ai présenté mes salutations, et j’ai demandé où se trouvait cet homme ; on m’a répondu qu’il était chez lui. Mais les gens de son foyer m’ont dit qu’il n’y était pas. » Il ajouta : « Son fils, qui était proche de la majorité m’a approché et je lui ai demandé : « Où se trouve ton père ? » Il m’a répondu : Lorsqu’il a entendu votre voix, il s’est caché derrière le lit de ma mère. » Abou Al-Yasr ajoute : « Je lui ai demandé de sortir et de venir auprès de moi car je savais où il se cachait. » Abou Al-Yasr ajoute : « Il est sorti de sa cachette, et je lui ai demandé : « Pourquoi te cachais-tu ? » Il a expliqué : « Par Allah, je vais te dire la vérité et je ne mentirai pas. Par Allah, j’ai eu peur de te mentir, de te faire une promesse et ensuite de ne pas être en mesure de la respecter. »

Il avait peur de sortir, de mentir, de promettre qu’il lui remboursera tel ou tel jour, et de ne pas être en mesure de respecter sa promesse. Ensuite il a ajouté : « Vous êtes le compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), et je jure au nom d’Allah que je suis en difficulté. » Abou Al-Yasr relate : « Je lui ai demandé : « Tu le jures au nom d’Allah ? » Il a répondu : « Je le jure au nom d’Allah. » Je lui ai demandé de nouveau : « Le jures-tu au nom d’Allah ? » Je lui ai demandé de nouveau s’il le jurait au nom d’Allah, et s’il était vraiment en difficulté. Il m’a répondu : « Je le jure au nom d’Allah. » Il ajoute : « Je lui ai demandé une troisième fois, le jures-tu au nom d’Allah ? Il m’a dit : « Oui, je le jure au nom d’Allah ! » Abou Al-Yasr relate qu’il est allé chercher le contrat et a effacé la somme due et lui a dit : « Si un jour tu as les moyens de rembourser ta dette alors tu me rembourseras ; au cas échéant, je te libère de ta dette. » Montrant ses yeux et ses oreilles, et pointant vers son cœur il ajouta : « La vue de mes yeux, l’ouïe de mes oreilles, et ce que mon cœur a appris sont témoins que j’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dire qu’Allah accordera une place privilégiée auprès de Lui à celui qui accorde du répit à son débiteur ou qui lui pardonne l’intégralité de sa dette. Pour cette raison, j’ai pardonné ta dette, car je recherche la proximité d’Allah. »

Ceci est un autre exemple démontrant à quel point ils craignaient Allah le Très-Haut et recherchaient Sa satisfaction. Ils ne souhaitaient qu’obtenir la satisfaction d’Allah l’Exalté, et non un bénéfice mondain.

Abou Al-Yasr était très vigilant lorsqu’il présentait des hadiths. Une fois il rapporta deux hadiths d’Oubada bin Walid, et en les relatant il pointait vers ses yeux et ses oreilles avec ses doigts, et disait que ces yeux et ces oreilles avaient vu et entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dire ceci et cela. Abou Al-Yasr avait un fils qui s’appelait ‘Amir, enfanté par Oumm ‘Amrou. Oumm ‘Amrou était la tante paternelle de Jabir bin ‘Abdillah. Il avait un autre fils qui s’appelait Yazid bin Abi Yasser, qui a été enfanté par Loubaba bint al-Harith. Il avait un autre fils qui se prénommait Habib, dont la mère était Oumm Walad. Il avait une fille prénommée ‘Aïcha, dont la mère était Oumm Rou’ya. Il avait également pris part à la bataille de Badr : à l’époque il était âgé de vingt ans. Il décéda en l’an 55 de l’Hégire, à l’époque de l’Amir Mu’awiyah.

Ces compagnons avaient une grandeur étonnante. Ils nous ont montré comment être fidèles envers Allah l’Exalté, et comment Le craindre. Ayant accepté du fond du cœur les commandements du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), ils nous ont montré comment faire preuve d’une obéissance indéfectible. Qu’Allah le Très-Haut exalte le rang de ces personnes !


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)