Sermon du vendredi 28 décembre 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Le premier compagnon de Badr que j’évoquerai aujourd’hui s’appelle ‘Abdoullah Bin Ar-Rabi’ al-Ansari. Il appartenait au clan des Banou Abjar de la tribu d’Al-Khazraj. Sa mère s’appelait Fatimah Bint Amr. ‘Abdoullah Bin Ar-Rabi’ avait participé à la deuxième bai’ah d’Aqabah. Il avait aussi participé à la bataille de Badr, et celles d’Ouhoud et de Mawta. Il est tombé lors de cette dernière bataille.

Le deuxième compagnon se nomme ‘Atiya Bin Nuwayra. Il avait participé à la bataille de Badr. Nous n’avons pas plus de détails à son sujet.

Sahal Bin Qays est un autre [vétéran de Badr]. Sa mère se nommait Nayla Bint Salama. Il était le cousin du fameux poète Ka’b Bin Malik. Sahal avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud. Il est tombé en martyr lors de cette dernière bataille.

Tous les ans le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) partait sur les tombes des martyrs d’Ouhoud. Lorsqu’il entrait dans la vallée, il annonçait à voix haute :

السَلَامُ عَلَيْكُمْ بِمَا صَبَرْتُمْ فَنِعْمَ عُقْبَى الدَّارِ

Ceci est tiré d’un verset de la sourate Al-Ra’d, qui débute par « Salamoun » au lieu « d’As-Salamou ». C’est-à-dire : « La paix soit avec vous, parce que vous avez été endurants ; voyez comme est excellente la récompense de la Demeure finale ! »

Après le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Abou Bakr, ‘Oumar et ‘Outhman ont perpétué cette tradition. Ensuite, lorsque Mu’awiya partait accomplir le Hajj ou la ‘Oumra, il visitait lui aussi le cimetière des martyrs d’Ouhoud. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) disait : « Si seulement j’étais l’un de ces compagnons de la montagne. » C’est-à-dire, si seulement j’étais un de ces martyrs.

Lorsque Sa’d Bin Abi Waqqas visitait ses propriétés dans le village de Ghaba, situé au nord-ouest de Médine, il se rendait sur la tombe des martyrs d’Ouhoud. Il les saluait à trois reprises ; ensuite il se tournait vers ses compagnons et disait : « N’allez-vous pas saluer ces personnes qui répondront à vos salutations ? Celui qui les saluera recevra sa réponse au jour de la résurrection. »

Un jour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est passé à côté de la tombe de Mus’ab Bin ‘Oumair. Il s’y est arrêté et a prié en citant ce verset :

مِنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللَّهَ عَلَيْهِ فَمِنْهُمْ مَنْ قَضَى نَحْبَهُ وَمِنْهُمْ مَنْ يَنْتَظِرُ وَمَا بَدَّلُوا تَبْدِيلًا

« Parmi les croyants il y a des hommes qui ont été fidèles au pacte qu’ils ont fait avec Allah. Il y en a parmi eux qui ont accompli leur vœu, et il y en a qui attendent encore, et ils n’ont pas changé leur condition le moindrement. » (33 : 24)

Ensuite le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Je témoigne qu’ils seront comptés parmi les chouhada (témoins) au jour de la résurrection par Dieu. Visitez-les et saluez-les. Je jure par celui qui détient ma vie entre ses mains ! Celui qui les saluera jusqu’au jour dernier recevra la réponse de leur part. »

Ainsi les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) visitaient ce cimetière et priaient pour ces martyrs.

Soukhta et ‘Oumra, les sœurs de Sahl Bin Qays, avaient elles aussi accepté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

‘Abdoullah Bin Houmayr Al-Ashja’i est un autre compagnon. Il appartenait à la tribu des Banou Douhman, une des alliées des Ansâr. Il avait accompagné son frère Kharija pour la bataille de Badr. Il était aussi présent pour la bataille d’Ouhoud. Sa femme s’appelait Oumm-Thabit Bint Haritha et elle avait accepté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

‘Abdoullah Bin Houmayar était parmi les quelques compagnons qui étaient n’avaient pas abandonné leur poste sur une colline en compagnie d’Abdoullah Bin Joubayr. Les autres, après avoir vu la victoire des musulmans, sont descendus de la colline pour se joindre à eux. ‘Abdoullah Bin Houmayr les en a empêchés : il a loué Dieu ; ensuite il leur a conseillé d’obéir à Allah et son Prophète (s.a.w). Mais ces derniers n’ont pas suivi son conseil et sont partis. En fin de compte, ‘Abdoullah Bin Joubayr était resté avec seulement dix compagnons. Khalid Bin Walid et Ikrama, en voyant la passe libre, se sont attaqués aux compagnons qui se trouvaient sur la colline. Cette petite troupe leur a lancé des flèches : mais l’ennemi s’est rapproché et les a tous tués.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad, dans sa Sirat-Khataman-Nabiyyine, a présenté d’autres détails à propos de cet événement d’Ouhoud. Il écrit que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), en plaçant sa confiance dans l’aide de Dieu, s’est avancé et a campé sous le mont Ouhoud, de sorte que ce dernier se trouvait derrière les musulmans et ils avaient en face la ville de Médine. C’est ainsi qu’il a protégé l’arrière de l’armée [musulmane]. [Il s’agissait] d’un passage à l’arrière d’où l’ennemi pouvait lancer une attaque. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait envoyé un détachement de cinquante archers sous la direction d’Abdoullah Bin Joubayr afin de protéger ce passage. Il leur a conseillé de ne pas abandonner leur poste quelle que soit l’issue [de la bataille] et de lancer leurs flèches sur l’ennemi. Il s’inquiétait tellement à propos de la protection de ce passage qu’il avait dit, avec insistance, à ‘Abdoullah Bin Joubayr qu’il ne devait en aucun cas abandonner ce passage, même si les musulmans avaient remporté la victoire et que l’ennemi avait pris la fuite. « Même si les musulmans ont été vaincus et que l’ennemi a eu le dessus, vous ne devez pas abandonner votre poste ! », a exhorté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Selon un autre récit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) aurait ajouté : « Même si vous voyez des vautours déchiquetant nos cadavres vous ne devez pas abandonner votre poste, jusqu’à ce que vous en ayez reçu l’ordre ! » C’est-à-dire du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

En renforçant l’arrière de l’armée, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a mis les soldats en rangs et il a nommé des commandants pour chaque détachement. Lorsque les compagnons d’Abdoullah Bin Joubayr ont vu que la victoire a été acquise, ils ont dit à celui-ci : « Nous avons triomphé et les musulmans sont en train d’amasser les butins. Permettez-nous de nous joindre à l’armée. » ‘Abdoullah Bin Joubayr les a retenus et il leur a rappelé l’ordre strict du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Mais ces musulmans étaient ivres de la victoire : ils n’ont pas écouté ‘Abdoullah Bin Joubayr et ils sont descendus de la colline, en disant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) voulait dire qu’on ne devait pas abandonner le passage tant qu’on n’était pas sûr et certain de la victoire. Étant donné que la victoire est acquise, il n’y a aucun mal à partir. Hormis ‘Abdoullah Bin Joubayr et environ cinq compagnons, personne ne surveillait le passage.

L’œil acéré de Khalid Bin Walid s’est tourné dans la direction du passage : ayant constaté que le champ était libre, il a réuni ses cavaliers au plus vite et il a été suivi d’Ikramah Bin Abi Jahl. Ces deux détachements ont tué ‘Abdoullah Bin Joubayr et ses quelques compagnons ; puis ils se sont attaqués soudainement à l’arrière de l’armée musulmane.

‘Oubayd Bin Aws al-Ansari est un autre compagnon. Son père se nommait Aws Bin Malik. ‘Oubayd Bin Aws avait participé à la bataille de Badr où il avait fait ‘Aqil Bin Abi Talib prisonnier, ainsi qu’Abbas et Nawfal, selon certains [récits]. Il a ligoté ces trois prisonniers et s’est présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci a déclaré : « Certainement un ange honoré t’a aidé pour cette tâche. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui donna le nom de Muqarrir, c’est-à-dire, celui qui enchaîne. Selon un autre récit, c’était Abou Al-Yasr Ka’b Bin ‘Amr qui avait emprisonné ‘Abbas lors de la bataille de Badr.

‘Oubayd bin Aws s’était marié à Oumaymah Bint Al-Nou’man. Cette dernière avait accepté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui avait prêté allégeance.

J’évoque à présent ‘Abdoullah Bin Joubayr, que j’ai mentionné plus haut en citant un autre compagnon qui était son suppléant. ‘Abdoullah Bin Joubayr était le chef d’un détachement ; il était parmi les soixante-dix compagnons ayant participé à la deuxième bai’ah d’Aqabah. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud et est tombé en martyr lors de cette dernière. Aboul ‘Âs, qui était marié à Zaynab, la fille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), avait participé à la bataille de Badr du côté des polythéistes. Aboul-‘Âs a été fait prisonnier par ‘Abdoullah Bin Joubayr.

Mirza Bashir Ahmad Saheb évoque cet incident dans son ouvrage Sirat-Khataman-Nabiyyine. Aboul-‘Âs, le gendre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), faisait également partie des prisonniers de Badr. Sa femme Zaynab, fille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et résidant toujours à La Mecque, a envoyé quelques objets en rançon. Parmi ces articles se trouvait un collier que Khadījah avait donné à sa fille Zaynab en guise de dot. Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a vu ce collier il s’est rappelé de sa défunte Khadijah. Ses yeux se sont remplis de larmes et il a dit aux compagnons : « Si vous êtes d’accord, rendez ces objets à Zaynab. » Les compagnons n’avaient pas besoin d’autres indications et instantanément, les articles ont été renvoyés à Zaynab. Au lieu d’une rançon monétaire, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a posé comme condition à Aboul-’Âs qu’à son retour à La Mecque, il enverrait Zaynab à Médine. De cette manière, une âme croyante a été délivrée d’une maison d’incroyance. Après un certain temps, Aboul-’Âṣ est également devenu musulman et a émigré à Médine. Ainsi, mari et femme ont de nouveau été réunis.

Au cours de la bataille d’Ouhoud le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait placé ‘Abdoullah Bin Joubayr à la tête de cinquante archers afin de protéger le passage situé à l’arrière de l’armée musulmane. D’autres détails ont été évoqués dans le récit concernant ‘Abdoullah Bin Humayar.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb en cite d’autres. Faisant confiance en Dieu, dit-il, le Saint Prophète s’avança et installa son campement dans une plaine au pied du mont Ouhoud, de telle sorte que la chaîne de montagnes se trouvait derrière les musulmans et Médine en face d’eux. De cette manière, le Saint Prophète sécurisa l’arrière de l’armée. Il existait un passage dans la vallée, à l’arrière duquel une attaque pouvait être lancée. Le Saint Prophète plaça cinquante archers parmi ses compagnons à cet endroit, sous le commandement d‘Abdoullah bin Joubayr pour protéger ce passage. Il leur recommanda avec insistance de ne quitter cet endroit en aucune circonstance et qu’ils devraient continuer à arroser l’ennemi de flèches.

Le Saint Prophète était tellement préoccupé par la sécurité de ce col de montagne qu’il avait répété à plusieurs reprises à ‘Abdoullah Bin Joubayr : « Ce passage ne doit en aucun cas être laissé vide. Même si vous voyez que nous sommes victorieux et que l’ennemi s’est enfui vaincu, ne quittez pas ce lieu. Même si vous voyez que les musulmans ont été vaincus ne quittez pas ce lieu ! »

Bara’a Bin Azib relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait nommé ‘Abdoullah Bin Joubayr à la tête de l’infanterie composée de cinquante soldats en leur conseillant : « Même si vous voyez que les vautours déchirent nos cadavres, ne bougez pas de cet endroit tant que vous n’avez pas reçu l’ordre de partir de ma part. N’abandonnez pas ce poste même si vous constatez que nous avons remporté la victoire et mis en déroute l’ennemi, tant que je ne vous en donne pas l’ordre. »

Les musulmans vainquirent les mécréants, qui prirent la fuite.

Bara’a déclare : « Par Dieu ! Je pouvais voir les femmes des polythéistes prenant la fuite en levant le pan de leurs vêtements. »

À l’époque les femmes accompagnaient les soldats afin de stimuler leur vaillance. Bara’a relate : « Je pouvais voir leurs jambes quand elles prenaient la fuite. »

Les compagnons d’Abdoullah Bin Joubayr déclarèrent : « Allons récolter les butins. Nos amis ont remporté la victoire. Qu’attendons-nous ? » ‘Abdoullah Bin Joubayr déclara : « Avez-vous oublié l’ordre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ? » Ceux qui voulaient quitter ce lieu ont déclaré : « Par Dieu ! Nous allons certainement nous joindre aux autres et amasser [notre part] du butin (comme les autres.) »

Lorsqu’ils arrivèrent sur le champ de bataille ils furent vaincus et battirent en retraite. C’est-à-dire que l’ennemi lança une contre-attaque et la victoire se transforma en revers.

Bara’a déclare qu’Allah évoqua cet incident dans ce verset de la Sourate Al-‘Imrân où il est dit : « Quand vous fuyiez sans vous retourner vers quiconque tandis que le Messager vous appelait de l’arrière… » Pas plus de douze personnes étaient autour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et les mécréants avaient tué soixante-dix des nôtres, relate Bara’a. Or, lors de la bataille de Badr, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses compagnons avaient nui à cent quarante mécréants : soixante-dix avaient été faits prisonniers et soixante-dix autres tués.

Lors de la bataille, Abou Soufyan lança : « Muhammad (s.a.w.) se trouve-t-il parmi vous ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) empêcha ses compagnons de répondre. C’est-à-dire qu’ayant vu que leur défaite s’était transformée en victoire et qu’ils avaient eu le dessus sur les musulmans, Abou Soufyan a demandé si Mohammad (s.a.w.) était toujours vivant. Celui-ci a empêché ses compagnons de répondre. À trois reprises Abou Soufyan demanda : « Le fils d’Abou Qouhafa (c’est-à-dire Abou Bakr) est-il parmi vous ? » Ensuite il demanda à trois reprises si le fils de Khattab, c’est-à-dire ‘Oumar, était toujours vivant. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) interdit à ses compagnons de répondre. Ensuite Abou Soufyan se tourna vers les siens et il déclara : « Ces trois leaders sont morts ! » En entendant cela ‘Oumar ne put se retenir et déclara : « Ô ennemi d’Allah ! Tu mens ! Ces personnes que tu as citées sont bel et bien vivantes. Tu devras endurer encore bien de choses déplaisantes ! »

Abou Soufyan a déclaré : « Ceci est notre vengeance suite à la bataille de Badr. Le conflit armé ressemble à une roue. Tantôt celui-là remporte la victoire, tantôt l’autre. Vous verrez certains de vos morts mutilés. Quoique je n’en aie pas donné l’ordre, je ne le désapprouve pas non plus. » Ensuite il a déclaré : « Gloire à Houbal ! Gloire à Houbal ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara : « N’allez vous pas lui répondre ? » Les compagnons demandèrent : « Que devrions-nous répondre, ô Envoyé d’Allah ? » Il déclara : « Annoncez qu’Allah est le plus Haut et le plus Glorieux ! » 

Abou Soufyan répondit : « ‘Ouzza est notre idole et vous n’avez point d’Ouzza. » En entendant cela le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « N’allez-vous pas lui répondre ? » Bara’a Bin Azib relate que les compagnons demandèrent : « Ô Envoyé d’Allah ! Que devons-nous répondre ? » Il déclara : « Annoncez : Allah est notre aide et vous n’avez pas d’aide ! »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a commenté sur cet épisode de la bataille d’Ouhoud en détail.

Les musulmans, qui avaient d’abord formé un cercle autour du Prophète (s.a.w.) mais qui avaient été repoussés, s’élancèrent à nouveau vers lui dès qu’ils virent l’ennemi se retirer. Ils soulevèrent son corps d’entre les morts. Abou ‘Oubaida ibn al-Jarrāh (r.a) saisit entre ses dents les anneaux du casque qui s’étaient enfoncés dans les joues du Prophète (s.a.w.) et parvint à les extraire, non sans se casser deux dents. Peu après, le Prophète (s.a.w.) reprit connaissance. Ceux qui l’entouraient envoyèrent des messagers dire aux musulmans de se rassembler. Les forces dispersées commencèrent à se réunir et escortèrent le Saint Prophète (s.a.w.) jusqu’au pied de la colline. Abou Soufyan, commandant de l’ennemi, en voyant des survivants musulmans, s’écria : « Nous avons tué Muhammad (s.a.w.) ! ». Le Saint Prophète (s.a.w.) entendit ces paroles, mais interdit aux musulmans d’y répondre de peur que l’ennemi, connaissant la vérité, n’attaquât encore et que le petit groupe de musulmans, épuisés et blessés, n’eût à combattre de nouveau l’ennemi. Ne recevant aucune réponse des musulmans, Abou Soufyan prit pour certaine la mort du Saint Prophète (s.a.w.). Son premier cri fut donc suivi d’un second : « Nous avons aussi tué Abou Bakr (r.a) ! ». Le Prophète (s.a.w.) interdit également à Abou Bakr (r.a) de répondre.

Abou Soufyan poussa un troisième cri : « Nous avons aussi tué ‘Oumar (r.a) ! ». Sur ce, Abou Soufyan cria qu’ils les avaient tués tous les trois. Cette fois, ‘Oumar (r.a) ne put se contenir et voulut s’écrier : « Nous sommes tous vivants et, par la grâce de Dieu, prêts à vous combattre et à vous briser le cou !». Mais le Saint Prophète (s.a.w.) lui imposa la même interdiction afin de ne pas faire souffrir les musulmans.

Les mécréants étaient sûrs et certains que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses bras droits avaient été tués.

Abou Soufyān et ses comparses poussèrent le cri : « Gloire à Houbal ! Gloire à Houbal ! Car Houbal a mis fin à l’Islam ! ». Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait refusé de rectifier une déclaration concernant sa propre mort ; il avait refusé de rectifier une déclaration concernant la mort d’Abou Bakr (r.a) et de ‘Oumar (r.a) pour des raisons stratégiques, car seuls restaient quelques survivants de son armée que l’ennemi pourrait facilement tués. Mais maintenant que l’ennemi avait insulté Allah et qu’on glorifiait le polythéisme, le Prophète (s.a.w.) ne pouvait supporter une telle insulte. Son esprit s’enflamma. Il regarda avec colère les musulmans qui l’entouraient et dit : « Pourquoi rester silencieux et ne pas répondre à cette insulte à Allah, le Seul Dieu ? » Les musulmans demandèrent : « Que devons-nous dire, ô Prophète (s.a.w.) ? » « Dites : seul Allah est Grand et Puissant. Seul Allah est Grand et Puissant ! Lui Seul est Haut et Honoré ! Lui Seul est Haut et Honoré ! ». C’est ainsi qu’il annonça à l’ennemi qu’il était toujours vivant.

Ce cri stupéfia l’ennemi qui se désola à la pensée qu’après tout, le Saint Prophète (s.a.w.) n’était pas mort. Face à l’ennemi, se tenait une poignée de musulmans blessés et épuisés. Il eût été facile de les achever. Mais ils n’osèrent pas les attaquer encore. Contents de la victoire qu’ils avaient remportée, ils s’en retournèrent. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a commenté sur le verset suivant :

فَلْيَحْذَرِ الَّذِينَ يُخَالِفُونَ عَنْ أَمْرِهِ أَنْ تُصِيبَهُمْ فِتْنَةٌ أَوْ يُصِيبَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ

« Alors, que ceux qui s’opposent à Son commandement prennent garde qu’une épreuve ne les afflige, ou qu’un châtiment douloureux ne les surprenne. » (24 : 64)

Le deuxième Calife déclare : « Jaugez un tant soit peu la perte subie par l’armée musulmane en raison de l’infraction à ce commandement. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait confié à cinquante archers la protection du col d’une montagne. Ce passage était si important que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait vivement conseillé à ‘Abdoullah Bin Joubayr, le commandant des archers : « Que nous soyons vaincus ou victorieux, vous ne devez pas abandonner ce poste. » Or, lorsque les mécréants ont été vaincus et que les musulmans les ont poursuivis, les soldats qui [surveillaient] le passage ont dit à leur officier : « Nous avons gagné. Il est inutile que nous attendions ici. Permettez-nous de nous joindre à la bataille et mériter les récompenses ! »

Leur officier a répliqué : « Ne désobéissez pas au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il avait ordonné que nous ne devions pas abandonner ce passage en cas de victoire ou de défaite. Je vous empêcherai de partir ! » Les autres ont commenté : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne voulait pas dire que nous devions rester là, même en cas de victoire. Il voulait tout simplement insister sur ce fait. Étant donné que nous avons remporté la victoire que faisons-nous là ? »

Hazrat Mouslih Maw’oud commente qu’ils ont préféré leur opinion à l’ordre du Prophète d’Allah et ils ont abandonné le passage. ‘Abdoullah Bin Joubayr, leur officier, et quelques soldats sont restés à leur poste. Quand l’armée des mécréants prenait la fuite, soudainement Khalid Bin Walid s’est retourné et a constaté que le passage était vide. Il a appelé ‘Amr Bin al-‘Âs, qui comme lui, n’était pas encore musulman, et lui dit : « C’est là une bonne occasion. Retournons et attaquons les musulmans. »

Les deux généraux ont réuni leurs troupes en déroute et en coupant à travers l’armée musulmane ont grimpé sur le mont où se trouvait une poignée de musulmans, qui ne faisaient pas le poids face à l’ennemi. Ce dernier les a anéantis avant d’attaquer l’arrière de l’armée musulmane. Cette contre-attaque était si soudaine que les musulmans, qui s’étaient dispersés dans la joie de la victoire, ont flanché. Une poignée de compagnons étaient réunis autour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : ils n’étaient pas plus de vingt. D’ailleurs, ils n’allaient pas tenir longtemps face à l’ennemi. Les soldats musulmans ont été repoussés suite à un assaut des mécréants et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est retrouvé seul sur le champ de bataille. Il a reçu une pierre sur son casque qui a implanté un anneau dans sa tête. Il a perdu connaissance et il est tombé dans une fosse. Le compagnon qui a tenté d’enlever le métal a perdu des dents, comme rapporté plus haut.

Certains ennemis avaient creusé cette fosse pour les recouvrir d’herbe. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est tombé dedans. Par la suite, certains de ses compagnons sont tombés en martyrs et leurs dépouilles sont tombées sur le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). La rumeur s’était répandue que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était tombé en martyr. Ces quelques compagnons qui ont été repoussés par l’ennemi se sont réunis de nouveau autour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ils l’ont fait sortir de la fosse. Peu après, le Prophète (s.a.w.) a repris connaissance. Il a envoyé des messagers dire aux musulmans de se rassembler et il les a réunis au pied de la colline.

Après avoir remporté la victoire sur les mécréants dans un premier temps, l’armée musulmane a subi un revers temporaire. La leçon qu’en tire [Hazrat Mouslih Maw’oud] est très importante : ce revers temporaire était en raison de la désobéissance de quelques individus. Au lieu de suivre les injonctions du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ils ont tiré leur propre conclusion. S’ils avaient suivi le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) comme le pouls suit le cœur, s’ils avaient compris que sacrifier toutes les vies du monde entier est un prix infime à payer en obéissance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), s’ils n’avaient pas tiré leur propre conclusion et n’avaient pas abandonné ce passage que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur avait demandé de protéger coûte que coûte, que les musulmans soient victorieux ou vaincus, l’ennemi n’aurait pas eu l’occasion de lancer le deuxième assaut, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses compagnons n’auraient pas subi de pertes. »

Hazrat Mouslih Maw’oud explique qu’Allah a interpellé les musulmans que ceux qui n’obéissent pas au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) au doigt et à l’œil et qui accordent prééminence à leurs interprétations personnelles sur les commandements du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) doivent craindre qu’une calamité ou qu’un châtiment grave ne les frappe. En d’autres termes [ce verset] conseille à ceux qui souhaitent le succès qu’ils doivent faire preuve d’une obéissance indéfectible. Tant que cet esprit sera vivant, les musulmans seront vivants ; le jour où cet esprit disparaîtra, l’Islam sera toujours vivant, mais la main d’Allah étranglera ceux qui désobéissent au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

Telle est la situation des musulmans aujourd’hui : ils ne jouissent pas du soutien divin. Ils présentent leurs propres interprétations des dires du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui [leur a enjoint] d’accepter le Messie et Mahdi promis quand il viendra, de lui transmettre ses salutations et de l’accepter comme leur arbitre impartial. Ils sont d’ailleurs en train de goûter aux conséquences [de leur désobéissance]. Il s’y trouve aussi une leçon et un avertissement pour les ahmadis : la garantie de leur succès et de leur triomphe est une obéissance indéfectible envers le Messie Promis (a.s.), après l’avoir accepté. À cet égard, chacun d’entre nous doit accomplir son introspection afin de déterminer le niveau de son obéissance.

Un point mérite éclaircissement : Abou Soufyan était accompagné d’Ikramah Bin Abi Jahl. Hazrat Mouslih Maw’oud évoque aussi un autre compagnon, ‘Amr bin al-‘Âs, qui aurait lui aussi lancé l’assaut contre le passage. Certains récits présentent le nom d’un autre compagnon. [Notre] cellule de recherches a entrepris une étude à ce sujet et selon les biographies, Khalid Bin Walid était accompagné d’Ikramah lors de l’assaut. L’on relate aussi qu’Amr Bin al-‘Âs était un des commandants de la cavalerie des polythéistes.

Selon les récits, en voyant le passage vide, Khalid Bin Walid a lancé l’attaque avec [ses] cavaliers. ‘Ikramah Bin Abi Jahl l’a suivi. Si l’on prend en considération ces trois points les faits relatés par Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) et dans d’autres recueils de l’histoire, ‘Amr Bin al-‘Âs était le responsable des cavaliers polythéistes, il devait être présent ainsi qu’Abou Soufyan, ‘Ikramah et Abou’l-‘Âs. Vu sous cet angle il n’y a pas de contradiction entre ces récits.

Ci-dessous est le récit du martyre d’Abdoullah Bin Joubayr. Celui envoya toutes ses flèches quand Khalid Bin Walid et ‘Ikramah bin Abi Jahl lancèrent leur assaut. ‘Abdoullah Bin Joubayr combattit ensuite avec sa lance jusqu’à ce qu’elle se brisât. Il se battit ensuite avec son épée jusqu’à tomber en martyre, entre les mains d’Ikramah Bin Abi Jahl. Quand ‘Abdoullah Bin Joubayr tomba, l’ennemi le tira et mutila atrocement sa dépouille. Ils lui avaient donné tant de coups de lance que ses entrailles sortaient. Khawad Bin Joubayr relate : « Après le martyre d’Abdoullah Bin Joubayr, les musulmans retournèrent vers le passage et je les ai accompagnés. J’ai ri là, où personne ne rit, j’ai somnolé là où personne ne somnole et j’ai été avare là où personne ne fait preuve d’avarice. Il est impossible de connaître ces trois états en pareilles situations. » On lui demanda comment cela s’était passé.

Khawad relate : « J’ai porté la dépouille d’Abdoullah Bin Joubayr par ses bras et Abou Hannah par ses jambes. J’ai pansé ses blessures avec mon turban et les polythéistes se trouvaient dans un coin. Mon turban s’est ouvert en raison des blessures et il est tombé ; et les entrailles d’Abdoullah Bin Joubayr sont tombées elles aussi. Mon compagnon a eu peur et a regardé par-dessus son dos. Son action m’a fait rire. Un ennemi s’est rapproché avec sa lance et l’a brandi devant ma gorge. J’ai somnolé et la lance s’est écartée. »

Allah l’Exalté lui a ainsi porté secours. Il explique : « Dieu a fait en sorte que je somnole ; dans cet état je ne pouvais rien faire bien que la lame frôlait ma gorge, mais par la suite elle s’est écartée. Je ne disposais que de mon arc pour creuser la tombe d’Abdoullah Bin Joubayr. Le roc était très dur. Nous avons descendu son corps dans la vallée où j’ai creusé une tombe à l’aide d’un coin de mon arc. La corde était attachée à mon arc mais afin de ne pas l’abîmer, j’ai défait mon arc et j’ai creusé la tombe avec le coin de celui-ci ; c’est ainsi que j’ai enterré ’Abdoullah Bin Joubayr. »

Allah l’Exalté a permis à ’Abdoullah Bin Joubayr et aux compagnons qui l’accompagnaient de faire preuve de fidélité et de comprendre l’essence de l’obéissance. Qu’Allah nous permette également de la comprendre et de faire preuve d’une obéissance indéfectible ; et de nous permettre ainsi de toujours être récipiendaires des grâces divines.

Après la prière je vais diriger la prière funéraire en l’absence du corps de Nadir Al Hosni, du Canada. Il décéda le 20 décembre, à l’âge de 85 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raaji’oun. Le défunt était une personne très pieuse, sincère et bienveillante. Ses sacrifices financiers étaient exemplaires et il était Moussi. Il laisse derrière lui sa femme et son fils qui ne sont pas ahmadis. Il était le fils d’Abd ar-Raouf Al-Hosni, qui avait fait la bai’ah en 1938, après son frère Munir Al Hosni. Abd ar-Raouf était une personne chaste et imbue de Taqwa. Lorsque Hazrat Mouslih Maw’oud visita la Syrie, il avait dîné un soir chez Abd ar-Raouf Al Hosni. Nadir Al Hosni possédait également les qualités de son père : sa sincérité et sa fidélité étaient exemplaires. L’Amir du Canada écrit : « Après la construction de la mosquée Bait-ul-Islam, tous les vendredis il conduisait pendant quatre heures pour venir faire la prière du vendredi à la mosquée et il repartait le jour même chez lui à Sudbury. On lui a conseillé à maintes reprises de se reposer après la prière du vendredi et de rentrer le lendemain, mais à sa façon il présentait des excuses et ensuite il rentrait afin de pas incommoder la Jama’at. Il a continué à faire de même durant ses jours de maladie, et durant toute l’année il était le Muezzin de la mosquée Baitul Islam pour la prière du vendredi. Il avait un style particulier de lancer l’appel à la prière. Il faisait preuve d’un enthousiasme particulier qui ne laissait pas les auditeurs indifférents. La femme non-ahmadie du défunt, Mme Summaya, a écrit : « Qu’Allah l’Exalté accorde à Nadir Al Hosni une place dans les jardins étendus de Son Paradis. C’était une personne véridique, transparente, honnête et sincère, aussi bien envers les membres de son foyer qu’envers les membres de la Jama’at. Il essayait d’aider toute personne dans le besoin, et faisait preuve d’une extrême gentillesse à son égard. Il aidait secrètement à la hauteur de ses moyens une femme pauvre non-ahmadie. Lorsque nous lui rendions visite, Nadir partait d’abord faire des courses pour acheter des choses importantes du quotidien et ensuite nous allions chez elle, et il a fait cela jusqu’à son décès. » Elle ajoute : « Je n’ai jamais vu une personne faire autant preuve de patience que lui durant une maladie. Il disait constamment « Alhamdoulillah ».

Il était empreint de la crainte divine. Il faisait régulièrement ses cinq prières quotidiennes et la prière de Tahajjoud. Toutes les personnes qui le connaissent témoignent de sa piété. »

Mu’taz Al Qazaq écrit du Canada : « Lorsque je vivais en Syrie, j’avais entendu parler de M. Nadir Al Hosni. La famille Hosni est connue pour sa sincérité envers la Jama’at et pour son attachement au Califat. Une fois arrivé au Canada, j’ai rencontré M. Nadir Al Hosni à la mosquée. C’était une personne très pieuse et joviale. Au cours de ma discussion avec lui, j’ai été très impressionné par son amour pour le Califat et par le plaisir que lui procurait le fait de rencontrer les frères à la mosquée. » Il ajoute : « Sa régularité dans la prière était exemplaire pour nous tous – une chose dont nous devons tous nous inspirer. Après son décès, sa femme et son fils sont venus à Toronto, et j’ai eu l’occasion de les servir de la part de la Jama’at, pour la préparation de la dépouille et l’enterrement. Sa femme m’a relaté qu’il y a trois mosquées dans son quartier, et tout le monde lui a demandé ce qu’elle avait décidé pour la prière funéraire du défunt. Mais elle leur a répondu (elle est non-ahmadie) que sa prière funéraire sera faite là où il priait. »

Al Qazaq ajoute : « Lorsque nous étions en train de descendre le cercueil du défunt dans la tombe, des larmes ont coulé de mes yeux lorsque je me suis rappelé les paroles de mon oncle Al Haaj Sami Al Qazaq. J’étais à ses côtés durant ses derniers jours de maladie lorsque mon oncle est décédé. Un jour il me dit en larmes : « Informe Hadrat Amir-ul-Mouminine (Qu’Allah l’aide) que je l’aime, et que jusqu’à mon dernier souffle je resterai fidèle au Califat. (Je pense qu’il est décédé pendant la période de Califat du troisième Calife). 

Al Qazaq ajoute : « J’avais le même ressenti au sujet de Nadir Saheb. Il avait une relation de grande sincérité et de fidélité envers le Califat. C’est au sujet de telles personnes que s’applique ces paroles d’Allah le Très-Haut:

مِنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللَّهَ عَلَيْهِ فَمِنْهُمْ مَنْ قَضَى نَحْبَهُ وَمِنْهُمْ مَنْ يَنْتَظِرُ وَمَا بَدَّلُوا تَبْدِيلًا

Ensuite M. Al Qazaq écrit : « Le défunt a de nombreux souvenirs avec les Califes. Lorsque Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) visita la Syrie en 1955, il eut l’occasion de le rencontrer. Le 3 mai 1955, il y a eu une rencontre avec les ahmadis en Syrie. »

Il ajoute : « Lors de cette rencontre Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) n’avait parlé qu’en arabe. Au sujet de cette rencontre historique Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) avait dit : « Cette rencontre est historique car plus d’un demi-siècle auparavant, lorsque certains d’entre vous n’étaient même pas encore nés, Allah l’Exalté avait révélé au Messie Promis (a.s.) :

يدعون لك ابدال الشام وعباد الله من العرب

« Les saints de la Syrie et les adorateurs d’Allah parmi les Arabes prieront pour toi. » Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) dit aux Syriens ahmadis : « Aujourd’hui, de par votre présence cette prophétie s’est accomplie. » M. Al Qazaq a en sa possession des photos souvenirs de Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) avec Nadir Al Hosni Saheb, prises lors de ce voyage.

Son neveu, M. Ammaar Al Miski, qui fait partie de l’équipe du Tabshir ici, et qui vit à Londres écrit : « Le défunt était très proche de Chaudhary Zafrullah Khan Saheb. Le défunt avait également traduit un livre de Chaudhary Zafrullah Khan Saheb en arabe, il avait une relation très solide avec le Califat. Il ne tolérait aucune critique à l’égard du Messie Promis (a.s.) et à l’égard des Califes. Un jour il partit avec ses deux frères présenter ses condoléances à une personne non-ahmadie chez laquelle se trouvait aussi un célèbre savant syrien, le cheikh Albani, accompagnés de ses disciples, qui étaient au courant que Nadir Al Hosni et ses deux frères étaient ahmadis. Ces personnes ont donc commencé à parler des points de vue discordants entre les ahmadis et des mollahs. Lorsque l’un d’entre eux proféra des paroles diffamatoires à l’encontre du Messie Promis (a.s.), mon oncle maternel, feu Nadir Al Hosni Saheb, se leva animé d’une passion et s’exclama : « Si l’un d’entre vous en a le courage qu’il fasse un débat avec moi ! » Ils n’étaient que trois frères et le cheikh Albani était venu avec plus de quinze disciples, mais aucun n’a eu le courage de faire le débat avec lui, et au contraire ils ont commencé à crier et ont essayé de violenter les trois frères. Mais comme ils étaient venus présenter leurs condoléances d’autres personnes les ont protégés.

Au cours de ses études, il ne laissait passer aucune occasion pour envoyer un message à Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.). Après avoir terminé ses études, il partit aux États-Unis pour étudier l’ingénierie mécanique. Lors de sa dernière année, il a débattu avec les membres d’une secte juive au sujet de leurs croyances, mais comme ils n’avaient aucun argument ils partirent voir le directeur et lui demandèrent de le renvoyer de l’établissement sous peine de porter une telle accusation à son égard qu’il ne sera plus en mesure de finir ses études. Par la suite, à la demande du directeur il changea d’établissement, et quitta les États-Unis pour venir s’installer au Canada.

Les livres du Messie Promis (a.s.) et les livres des Califes étaient le centre de son attention. Il avait enregistré vocalement des livres du Messie Promis (a.s.) en arabe. Il essayait d’apprendre la langue ourdoue. Il traduisait également les vers persans du Messie Promis (a.s.) en vers arabes. Il a mis son expertise en langue anglaise et arabe au profit de la traduction. Il faisait également partie de l’équipe qui a traduit en arabe le premier volume des cinq volumes d’exégèse en anglais du Coran. Il a en outre écrit quelques livres en arabe pour répondre aux critiques des opposants de l’Islam en s’inspirant des livres du Messie Promis (a.s.) ; l’un des livres qu’il a écrits porte sur des prophéties antérieures au sujet de l’avènement du Prophète Muhammad (s.a.w). Il a une énorme bibliothèque personnelle comprenant des livres sur l’Islam ; il avait écrit dans son testament qu’il léguerait ses livres à la Jama’at après son décès. »

Abdul Qadir Odeh écrit : « Le défunt a écrit des livres au sujet de la Jama’at qu’il a également fait imprimer à ses frais. Il avait un grand amour pour la Jama’at et le Califat. Il expliquait l’importance des cotisations aux gens. »

Le missionnaire, et enseignant à la Jamia du Canada, M. Abdul Razzaq Faraz, écrit : « Le défunt était très patient et reconnaissant. Ces dernières années il ne pouvait manger par voie orale en raison de sa maladie, il mangeait à l’aide d’une sonde [naso-gastrique] et même dans ces conditions dès qu’il se sentait mieux il venait faire la prière du vendredi à la mosquée en faisant la route. »

Lorsque les ahmadis syriens sont venus s’installer au Canada après que la situation se soit dégradée en Syrie ; il les a rencontrés avec beaucoup d’amour et de sympathie. Il leur enjoignait de rester étroitement attachés à la Jama’at, et il leur disait : « Le seul moyen de préserver vos enfants dans ce pays est de les attacher avec la Jama’at et la mosquée. »

Le missionnaire du Canada, M. Mouslih ed Din Shamboor, écrit : « M. Nadir Al Hosni écoutait les sermons du Calife et ensuite il les faisait imprimer et les lisait de nouveau, et ensuite il les classait dans un classeur. Chez lui il a enregistré dans sa voix des livres du Messie Promis (a.s.) en arabe, et la traduction en arabe des dix volumes d’exégèse du Saint Coran écrits par Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.). Lorsqu’il venait faire la prière du vendredi il les écoutait dans sa voiture, et il écoutait également la récitation du Saint Coran. Il avait également commencé à enregistrer la traduction arabe des Dars ul Quran du quatrième Califerha et il avait préservé ces enregistrements chez lui. » Il ajoute : « J’ai eu l’occasion de le visiter plusieurs fois ; à chaque fois que je dormais chez lui, une heure et demie à deux heures avant la prière de Fajr je l’entendais pleurer à l’heure de la prière de Tahajjoud. Lorsqu’il allumait la télévision, il ne regardait que la MTA ou les informations. Une fois il n’arrivait pas à capter la MTA ; il appela aussitôt quelqu’un pour la réparation, car il ne pouvait se passer de la MTA. » Shamboor Saheb ajoute : « Il récitait cette supplication dans la prière :

اللهم اتمم علينا نعمت الخلافة

c’est-à-dire : Ô Allah permets nous de profiter au mieux des bénédictions liées au Califat, et dès qu’il récitait cette supplication il pleurait, j’ai plusieurs fois été témoin de cela. »

Qu’Allah exalte le rang du défunt, qu’Il fasse preuve de pardon à son égard, et qu’Il permette également à son fils et à sa femme de faire la bai’ah du Messie Promis (a.s.), et qu’Il accepte toutes les prières du défunt qu’il faisait pour sa famille.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)