Sermon du vendredi 30 novembre 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Le premier compagnon que j’évoquerai aujourd’hui se nomme Thabit Bin Khalid Al-Ansari. Il était membre du clan des Banou Malik de la tribu des Banou Najjar. Il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud et de Yamama, lors de laquelle il est tombé en martyr. Selon certains il est tombé en martyr à Bi’r Ma’ouna.

Le [deuxième] compagnon se nomme ‘Abdoullah Bin Ourfata. Il avait accompagné Ja’far Bin Abi Talib en Abyssinie. ‘Abdoullah Bin Mas’oud relate : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous a envoyés chez le Négus [d’Abyssinie] : nous étions environ quatre-vingt [musulmans]. » ‘Abdoullah Bin Ourfata avait participé à la bataille de Badr.

‘Outbah Bin ‘Abdillah est [un autre compagnon] dont la mère se nommait Bousra Bint Zayd. Il avait participé à la bai’ah d’Aqabah et aux batailles de Badr et d’Ouhoud.

Qays Bin Abi Sa’sa Al-Ansari est un autre compagnon dont le père se nommait ‘Amr Bin Zayd mais était plus connu sous son nom d’emprunt, Abou Sa’sa. La mère de Qays se nommait Shayba Bint ‘Asim. Qays avait participé à la bai’ah d’Aqabah en compagnie de 70 Ansar. Il avait aussi participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud.

En partant pour la bataille de Badr, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait campé, avec son armée, au lieu-dit Bouyout Souqya et on a renvoyé à Médine les enfants en bas âge qui avaient accompagné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) par engouement. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé à ses compagnons d’apporter de l’eau de Souqya. Il en a bu et ensuite il a accompli la Salat tout près des habitations de Souqya. En quittant ce lieu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé à Qays Bin Abi Sa’sa de dénombrer les musulmans ; il était aussi le responsable de l’eau. Par la suite, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a campé à Bi’r Abi ‘Inaba situé à environ 2,5 kilomètres de sa mosquée. Qays Bin Abi Sa’sa a dénombré les musulmans et informé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qu’il y en avait 313. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) fut ravi d’entendre cela. Il a déclaré : « Les compagnons de Talout étaient du même nombre ! »

Le lieu-dit Souqya se situe à environ deux kilomètres de la mosquée du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Son nom ancien était Housayqa. Khallad raconte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a renommé Souqya. Il ajoute : « J’ai voulu acheter ce lieu. Mais Sa’d Bin Abi Waqqas l’avait fait avant moi au prix de deux chameaux. » Selon d’autres il l’avait acheté au prix de 280 dirhams. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en a eu connaissance, il a déclaré que cet achat était très profitable.

Le jour de la bataille de Badr, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a confié à Qays Bin Abi Sa’sa le commandement du détachement qui avait pour but de protéger l’arrière de l’armée.

Une fois Qays Bin Abi Sa’sa a demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « En combien de temps dois-je compléter la lecture du Coran ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « En quinze nuits. » Qays Bin Abi Sa’sa a commenté : « Je peux en faire davantage. » Sur ce le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « Complète la lecture du Coran d’un vendredi jusqu’au prochain. » Qays Bin Abi Sa’sa a ajouté : « Je peux faire plus que cela. »

Il a récité le Coran de cette manière pendant une longue période. Une fois vieux – et quand il commençait à panser ses yeux – il complétait la lecture du Coran en quinze nuits. Il disait : « Si seulement j’avais accepté le conseil du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ! »

Qays Bin Abi Sa’sa avait deux enfants : Al-Faqih et Oumm Al-Harith. Leur mère était Oumama Bint Mu’adh. Qays Bin Abi Sa’sa n’a pas eu de descendant. Il avait trois frères qui avait profité de la proximité du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) mais n’avaient pas participé à la bataille de Badr. Al-Harith est tombé en martyr à Yamama. Abou Kilab et Jabir bin Abi Sa’sa sont tombés en martyrs lors de la bataille de Mawta.

Oubayda Bin Al-Harith est un autre compagnon. Il appartenait au clan des Banou Mouttalib et était le proche du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Son nom d’emprunt était Abou Al-Harith ou Abou Moua’wiya selon certains. Sa mère s’appelait Soukhayla Bint Khouza’i.

Oubayda Bin Al-Harith était de dix ans plus âgé que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il était parmi les tout premiers croyants et avait accepté l’islam avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne se rendît à Dar Al-Arqam. Abou ‘Oubayda, Abou Salama Bin ‘Abdillah Al-Asadi, ‘Abdoullah Bin Arqam Al-Makhzoumi et ‘Outhman Bin Maz’oune ont tous accepté l’islam au même moment. ‘Oubayda jouissait d’un statut particulier auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). ‘Oubayda Bin Al-Harith avait embrassé l’islam au tout début et il était un des chefs des Banou ‘Abd Monaf.

‘Oubayda Bin Al-Harith et ses deux frères Toufayl Bin Al-Harith et Hussain Bin Al-Harith ont émigré à Médine accompagné de Mistah Bin Usasa. Avant d’entreprendre le voyage ils ont décidé de se rencontrer dans la vallée de Naji’. Mistah Bin Usasa est resté en arrière car il avait été mordu par un serpent. Le lendemain ils ont eu la nouvelle de la morsure et ils sont retournés à La Mecque et ont pris Mistah Bin Usasa pour se rendre à Médine où ils ont logé chez ‘Abdour Rahman Bin Salama.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi un lien de fraternité entre ‘Oubayda Bin Al-Harith  et ‘Oumair Bin Al-Humam. Tous deux sont tombés en martyrs lors de la bataille de Badr. Toufayl Bin Al-Harith et Hussain Bin Al-Harith avait accompagné ‘Oubayda Bin Al-Harith lors de la bataille de Badr.

Une fois à Médine, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait adopté certaines mesures afin de se protéger des mécréants et d’assurer la sécurité des musulmans. Cela prouve son savoir-faire politique et sa vision militaire.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad, dans sa Sirat-Khataman-Nabiyyine en fait mention en ces termes : « L’histoire témoigne que le Saint Prophète a envoyé la toute première expédition sous la direction d’Abū ‘Oubayda bin Al-Hārith qui a rencontré un groupe dirigé par’ Ikramah bin Abī Jahl. Deux musulmans faibles accompagnant les Qurayshites, ont réussi à s’échapper et à rejoindre les musulmans.

Le récit ajoute que « lors de cette campagne, quand les musulmans ont rencontré l’armée des Qurayshites, deux personnes, à savoir Miqdād bin ‘Amr et Utbah bin Ghazwān, alliés des Banū Zahrah et des Banū Naufal respectivement, ont fui les idolâtres et rejoint les musulmans. Ils étaient musulmans et avaient l’intention de rejoindre les musulmans sous le couvert des Qurayshites. »

« L’un des objectifs du Saint Prophète en envoyant ces expéditions était également de permettre à ces personnes de se libérer des Qurayshites tyranniques et de rejoindre les musulmans. »

« Huit mois après l’hégire le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) envoya ‘Oubayda bin Al-Hārith avec un corps expéditionnaire de 60 ou 80 cavaliers. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui attacha un drapeau blanc que porta Mistah Bin Outhatha. L’objectif de cette expédition était d’arrêter une caravane commerciale qurayshite dont le chef était Abou Soufyan selon certains ou ‘Ikramah Bin Abi Jahl selon d’autres. D’autres disaient que Miqrad Bin Hafas en était le chef. Cette caravane commerciale des mécréants comprenait deux cents individus. Les compagnons l’ont rattrapé dans la vallée de Rabiq aussi connu comme Wadan. Les deux belligérants se lancèrent des flèches sans livrer bataille et sans se mettre en rang pour le combat. Sa’d Bin Abi Waqqas était le tout premier compagnon à décocher une flèche : c’était d’ailleurs la toute première envoyée de la part de l’islam.

Miqdad Bin Aswad et Ounayna Bin Ghazwan – ou ‘Outbah Bin Ghazwan selon Ibn Hisham et Tabari – sortirent des rangs des polythéistes pour se joindre aux musulmans. Ils étaient musulmans et souhaitaient se joindre à eux. ‘Oubayda bin Al-Hārith avait mené là la deuxième expédition militaire de l’islam. Après s’être lancé des flèches, les deux belligérants se sont séparés, car les polythéistes craignaient qu’une grande armée musulmane n’arrivât en renfort : pris de peur, ils s’éclipsèrent. Les musulmans ne les ont pas poursuivis. »

Ils se sont attaqués à coups de flèches et riposté et quand les mécréants ont reculé les musulmans ont rebroussé chemin.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad écrit dans sa biographie [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] : « À son retour de la Ghazwah de Waddān, au cours du mois de Rabī’ul-Awwal, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dépêcha une expédition de Muhājirīn, composée de soixante-dix hommes montés à chameaux et dirigée par ‘Oubayda bin Al-Ḥārith Muṭṭalibī, un proche parent. L’objectif de cette campagne était également de prévenir les attaques des Qurayshites de La Mecque. Quand ‘Oubayda bin Al-Hārith et ses compagnons parcoururent quelque distance et arrivèrent près de Thaniyyatul-Murrah : ils remarquèrent soudainement 200 jeunes hommes armés qui campaient là sous le commandement d’Ikramah bin Abī Jahl. Les deux belligérants se firent face et quelques flèches furent décochées lors d’une confrontation. Cependant, ce groupe d’idolâtres se retira craignant que les musulmans avaient probablement caché des renforts à leur disposition. Les musulmans ne les ont pas poursuivis.

Deux membres de l’armée des idolâtres, notamment Miqdād bin ‘Amr et ‘Outbah bin Ghazwān, s’enfuirent du commandement d’Ikramah bin Abī Jahl et rejoignirent les musulmans. Ils avaient accompagné les Qurayshites avec le but précis de rejoindre les musulmans dès que l’occasion se présentera. Ils étaient musulmans de cœur, mais ne pouvaient pas émigrer par peur des Qurayshites. De plus, il est possible que cet événement ait fait perdre courage aux idolâtres et ils ont décidé de prendre du recul, estimant que c’était un mauvais présage. L’histoire n’a pas indiqué si cette expédition des Qurayshites, qui n’était certainement pas une caravane commerciale et à propos de laquelle Ibn Isḥāq avait utilisé les mots « grande armée » s’engageait dans cette direction avec un objectif spécifique. Cependant, il est certain que leurs intentions n’étaient pas favorables. »

Ils n’avaient pas de bonnes intentions : leur but était de lancer une attaque et c’est pour raison que les musulmans ont riposté avec des flèches, car apparemment la première avait été lancée par les mécréants.

« Les polythéistes perdirent courage et s’en allèrent après avoir constaté que les musulmans étaient vigilants et que certains des leurs hommes se sont joints aux musulmans. Un avantage pratique de cette campagne en faveur des musulmans était que deux âmes musulmanes avaient été délivrées de la tyrannie des Qurayshites. »

‘Oubayda bin Al-Hārith avait engagé un duel du côté des musulmans contre Walid Bin ‘Outbah lors de la bataille de Badr. Selon les hadiths, un verset du Coran a été révélé à propos de cet épisode. ‘Ali relate que le verset « Voici deux groupes qui se disputent au sujet de leur Seigneur » a été révélé à propos de ceux qui avaient participé dans ces duels lors de la bataille de Badr notamment Hamza Bin ‘Abdil Muttalib, ‘Ali Bin Abi Talib et ‘Oubayda bin Al-Hārith [du côté des musulmans] et ‘Utbah Bin Rabi’a, Shayba Bin Rabi’a et Walid Bin ‘Outbah. Le verset se lit ainsi :

هَذَانِ خَصْمَانِ اخْتَصَمُوا فِي رَبِّهِمْ فَالَّذِينَ كَفَرُوا قُطِّعَتْ لَهُمْ ثِيَابٌ مِنْ نَارٍ يُصَبُّ مِنْ فَوْقِ رُءُوسِهِمُ الْحَمِيمُ

« Voici deux groupes qui se disputent au sujet de leur Seigneur. Quant aux mécréants, des vêtements de feu seront taillés pour eux ; et de l’eau bouillante sera déversée sur leurs têtes. » (22 : 20)

Le Sunan Abi Dawoud présente des détails concernant ces combats. ‘Ali rapporte qu’Outbah Bin Rabi’a est sorti des rangs accompagnés de son fils et de son frère. Il lança dans la direction des musulmans : « Qui viendra nous combattre ? » Plusieurs jeunes Ansar répondirent à leur appel.’Outbah leur demanda de décliner leurs noms et ils répondirent qu’ils étaient des Ansar. ‘Outbah leur dit qu’il n’avait aucun grief contre eux et qu’il était sorti combattre uniquement les fils de son oncle. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé à Hamza, à ‘Ali et à ‘Oubaydah Bin Al-Harith de s’apprêter au combat. Suite à l’ordre de l’Envoyé, Hamza s’est avancé dans la direction d’Outbah et ‘Ali vers Shayba. Le combat entre ‘Oubaydah et Walid s’engagea et ils se blessèrent grièvement. ‘Ali ajoute : « Nous nous sommes approchés de Walid et nous lui avons donné le coup de grâce. Nous avons ensuite enlevé ‘Oubaydah du champ de bataille. Lors du combat Utbah avait tranché le jarret d’Oubaydah.

Après la bataille de Badr, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a fait porter Oubaydah au lieu-dit Safra situé non loin de là où il a rendu l’âme. Il a été enterré sur place. Selon un récit ‘Oubaydah bin Al-Hārith avait le jarret tranché et de la moelle en sortait. Transporté dans cet état au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il lui a demandé : « ô Envoyé d’Allah ! Ne suis-je pas un martyr ? » Il était tout simplement blessé et il n’était pas encore mort. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Certainement ! Tu es un martyr. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a posé la tête d’Oubaydah bin Al-Hārith sur ses cuisses selon un récit. ‘Oubaydah déclara : « Si seulement Abou Talib était encore vivant aujourd’hui il aurait su que ses propos s’appliquent davantage à ma personne. Il disait en effet [à propos du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] : « Détrompez-vous si vous croyez que nous vous confierons Muhammad (s.a.w.) ! Il faudra nous passer sur le corps et que nous abandonnions femmes et enfants pour ce faire ! »

Tels étaient leurs sentiments [à l’égard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).] ‘Oubaydah bin Al-Hārith avait 63 ans lorsqu’il est tombé en martyr.

Après avoir évoqué ces quelques compagnons je souhaite mentionner un ancien serviteur de la Jama’at de l’Indonésie, un Waqif-e-Zindagi et missionnaire : il s’appelait M. Suyuti Aziz Ahmad et est décédé le 19 novembre dernier. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il était atteint de troubles cardiaques graves et il était à la Tahir Heart Institute de Rabwah pour se faire soigner où il a subi une opération importante. Il ne s’en est pas rétabli et a rendu l’âme le 19 novembre. M. Suyuti Aziz laisse derrière lui sa femme et deux fils et deux filles, ainsi que dix petits-enfants, dont 6 sont des Waqifin-e-Naw. Suyuti Aziz est né le 17 août 1944 à Boné dans le sud [de l’archipel] des Célèbes (Sulawesi). Il avait étudié à la Jamia de Rabwah de septembre 1966 jusqu’en octobre1971. Il a été affecté en avril 1972 en Indonésie en tant que missionnaire central. En 1985, il a reçu son diplôme de Shahid suite à ses états de services sur le terrain. Il a accompli le pèlerinage à La Mecque en 2000. De 1972 jusqu’en 1979, il a travaillé comme missionnaire au sud du Sumatra, à Lampung, Jambi et Bengkulu.

De 1979 jusqu’en 1981 il a enseigné aux mou’allimine. En 1981, il a servi comme missionnaire à Progo et comme directeur-adjoint de la classe de Missionnaires. De 1982 jusqu’en 1992 il a été le principal de la Jamia de l’Indonésie. Il avait reçu son diplôme de Shahid en 1985. De 1992 jusqu’en 2016, il était responsable de la prédication (Rais-ut-Tabligh). Ensuite de 2016, jusqu’à son décès il a servi comme principal de la Jamia de l’Indonésie. Suyuti Aziz s’est marié en 1973 avec Mademoiselle Afifah, la fille du missionnaire Abdul Wahid et la sœur aînée de Maulana Abdul Basit Sahib, l’Amir de la Jama’at d’Indonésie. De cette union est né quatre enfants : Wardia Khalid, Harith Abdul Bari, Sa’adat Ahmad et Alita Atiya-tul-Alim. Madame Afifa, l’épouse du défunt, est décédée en 2009. Par la suite Suyuti Aziz a épousé Mademoiselle Arina Damayanti. Il n’a pas eu d’enfant de cette union.

Suyuti Aziz a évoqué dans une interview sur la MTA la conversion de sa famille. Il raconte : « Ma famille et moi-même avons accepté l’Ahmadiyya en raison du conseil de mon grand-père. Il disait que l’Imam Mahdi apparaîtrait durant les derniers jours et que nous devrions l’accepter. Afin d’exaucer son vœu, ma famille a émigré à deux reprises. En 1959 nous sommes partis à Lampung ; et en 1963 le missionnaire Maulana Zayni Dahlan est venu prêcher le message de l’Ahmadiyya à Lampung. Lors de notre rencontre, il nous a informés que l’Imam Al-Mahdi est déjà venu. Quand nous lui avons demandé de nous en présenter la preuve il nous offert un livre sur la véracité du Messie des derniers temps en nous conseillant de le lire. Après ma lecture j’ai été convaincu que l’Imam Mahdi qui devait apparaître est venu et qu’il s’agit de Mirza Ghulam Ahmad. Le 13 février 1963, alors âgé de 19 ans, moi-même ainsi que 40 membres de ma famille avons fait la bai’ah par l’entremise de Mawlana Zayni Dahlan.

Le Wakil Ut Tabshir de Rabwah visita Bandung en 1963 et j’y étais présent. En participant dans les programmes de la Jama’at et en rencontrant les missionnaires, la véracité de l’Ahmadiyya était devenue pour moi plus éclatante. »

Il évoque en ces termes son inscription à la Jamia. « En 1963, raconte-t-il, Maulana Abou Bakar Ayyoub était le missionnaire du sud de Sumatra.  Il était venu chez nous à Lampung pour la formation des nouveaux convertis. Après sa tournée il a envoyé un rapport au responsable du Tabligh, Maulana Sayyed Shah Mohammad Jilani, disant que certains membres de l’ethnie Bogis ont fait la Bai’ah et qu’il n’y avait parmi eux aucun missionnaire, tandis qu’il en existe dans l’ethnie javanaise et sounda. Il y a trois jeunes qu’on peut envoyer à Rabwah pour leurs études. » Le défunt rapporte qu’il était l’un des trois. On proposa leurs noms pour qu’ils soient inscrits à la Jamia et on leur demanda de préparer leur passeport. Or la situation politique de l’Indonésie n’était guère favorable à l’époque et nous n’avons pas eu nos passeports.

En 1966, nous sommes partis en compagnie de Maulana Imam Ud Din, le responsable du Tabligh, à l’ambassade du Pakistan pour faire une demande de visa. Nous avons eu notre visa en quinze minutes. Nous sommes arrivés à Karachi, où nous avons passé une nuit et nous sommes partis à Rabwah par train. Je suis sorti de la gare et je suis parti à la Jamia à pied où de nombreux étudiants m’ont accueilli. L’environnement était tout nouveau pour nous et nous avons fait face à de difficultés au tout début. Ensuite on s’y est habitué. Après trois jours j’ai été admis. Parmi les enseignants se trouvait un compagnon du Messie Promis (a.s.) du nom de Master Ata Muhammad. Lors de mon séjour à Rabwah j’ai rencontré de nombreux compagnons du Messie Promis (a.s.) et je cherchais les occasions pour en rencontrer, pour leur parler et pour leur masser les pieds. »

Le défunt relate une belle rencontre qu’il a eu avec le troisième Calife. « Après l’élection du Calife, raconte-t-il, nous sommes partis à sa rencontre pour la toute première fois et nous allions embrasser. Le Calife nous donnait des petites tapes sur la joue et disait : « Ceux-là sont venus d’Indonésie. Vous les jeunes de l’étranger êtes venus de très loin et vous êtes mes enfants. » L’aura spirituelle du troisième Calife nous a toujours accompagnés et c’est ainsi que toutes nos difficultés s’évanouissaient. Le troisième Calife nous conseillait de venir le rencontrer quand nous étions en difficulté. Avant de rentrer en Indonésie je suis parti voir le Calife qui m’a demandé : « De quoi avez-vous besoin ? » J’ai répondu que j’avais besoin de quelques ouvrages que je n’ai pas pu trouver dans un des bureaux [concernés]. Le troisième Calife a écrit une note : « Fournissez à Suyuti les livres dont il a besoin. » Par la suite j’ai eu toute la série du Rouhani Khazain qui est toujours à ma disposition. Avant mon départ, le troisième Calife m’a serré longuement et m’a dit dans l’oreille : « Ne sois pas infidèle envers ton Maitre ! » Ceci est d’ailleurs mon conseil. »

Le défunt relate qu’en 1993 Sharif Ahmad Bogas, l’Amir de la Jama’at d’Indonésie, l’a envoyé aux îles Philippines dans le cadre de la Bai’ah Internationale, en disant que c’était là un ordre du quatrième Calife. Le défunt relate : « Je lui ai dit que suis très faible et je ne maîtrise pas la langue. L’Amir m’a répondu qu’il avait en moi entière confiance et que je devais m’apprêter à partir. Je suis parti du centre et j’ai dû traverser par Manille et Zamboanga City. La nourriture que j’ai mangée a provoqué une colique sévère et j’étais très faible. J’ai supplié Dieu en ces termes : « O Allah ! Si je meurs ici, il n’y aucun musulman pour diriger ma prière funéraire. » La nuit dans un songe j’ai vu un infirmier en uniforme qui est venu vers moi : il a passé sa main sur mon front et a soufflé sur moi. J’ai ressenti que mon corps s’était refroidi et la fraîcheur sortait de mes orteils. Le matin j’étais en pleine forme. Je suis parti dans la direction de Tawi-Tawi et par la grâce de Dieu après trois mois 130 personnes ont embrassé l’Ahmadiyya. »

Abdul Basit, l’Amir de la Jama’at de l’Indonésie écrit : « J’ai observé Suyuti Aziz de très près en tant que beau-frère et missionnaire. Il était quelqu’un de très simple et un grand exemple d’humilité. Il montrait de la patience en toute occasion. Il se consacrait à la prière et accomplissait la prière Tahajjoud. Il avait une entière confiance en Dieu et une grande sincérité et affection à l’égard du Nizam-e-Jama’at et du Califat. Il plaçait toujours les œuvres de la Jama’at au-dessus de ses travaux personnels. Il était un serviteur accompli de la communauté. Il assumait toutes les responsabilités qu’on lui confiait avec sincérité, que ce soit en tant que missionnaire, en tant qu’enseignant ou principal de la Jamia ou en tant que responsable de la prédication. Il était un grand exemple pour les Waqifin-e-Zindagi. »

Ma’soum, l’adjoint du principal de la Jamia de l’Indonésie relate : « M. Suyuti enseignait la traduction du Coran aux classes de Khamisa, Rabi’a et Thalitha de la Jamia. Il enseignait le Kalam à la classe des Moubashshirine en utilisant l’ouvrage Irfan-e-Ilahi, qu’il avait traduit en langue indonésienne. Quand la maladie l’avait affaiblie et qu’il lui était difficile de marcher, ses élèves se rendaient dans son bureau pour la classe. Il avait tenu la dernière classe le 8 novembre avant de se rendre à Rabwah. Il disait souvent que le cinquième Calife avait donné l’autorisation d’ouvrir la classe de Shahid et que les élèves devaient être à la hauteur des attentes du Calife et faire de grands efforts.

Mme Mardiya, sa fille, relate : « Notre père avait dédié toute sa vie à la Jama’at. Il a passé toute sa vie à servir la Jama’at, tant et si bien que nous ne nous sommes promenés que très peu. Nous considérions que la vie d’un Waqif-e-Zindagi était telle quelle. Il avait pour coutume de dire à ses enfants que la totalité du temps d’un Waqif-e-Zindagi appartient à la Jama’at. » Elle ajoute : « En ce qui concerne l’éducation, il n’avait pas pour habitude de prodiguer beaucoup de conseils : il servait d’exemple par ses actes. »

Elle continue : « Lorsque ma mère tomba malade, il s’occupa d’elle avec beaucoup de patience ; il faisait lui-même les tâches ménagères. Pendant le mois du Ramadan, il préparait lui-même le repas du matin et celui pris lors de la rupture du jeûne. Il ne demandait jamais à quelqu’un de faire quelque chose pour lui. Il faisait ses tâches de ses propres mains. »

Son fils Sa’adat Ahmad écrit : « Il s’occupait avec grande patience de notre éducation, mais il nous faisait constamment des rappels au sujet de la prière. Lorsque nous étions jeunes, à l’heure de la prière, il nous enjoignait de partir à la mosquée accomplir la Salat en congrégation.  Si je n’étais pas déjà présent à la mosquée, il allait me chercher et m’emmenait ensuite avec lui à la mosquée. » Il ajoute : « Il avait pour coutume de dire « Ne ratez jamais une prière, faites aussi des Sounnah avec la prière, et récitez régulièrement le Saint Coran. »

Sa fille Atiat-ul-Alim écrit : « Notre père disait toujours la vérité ; il ne mentait jamais à ses enfants, même dans le cadre d’une plaisanterie. Il ne manquait jamais la prière de Tahajjoud et allait toujours à la mosquée pour faire la prière en congrégation. Mis à part lorsqu’il était malade, je ne l’ai jamais vu faire les prières obligatoires à la maison. »

Sa deuxième femme écrit : « Avant de se rendre à Rabwah, il m’avait dit, ainsi qu’aux enfants : « Ma famille, les gens de mon foyer, mes héritiers sont le Califat, et ma vie et ma mort appartiennent à la Jama’at. »

Cette année il était venu participer à la Jalsa Salana d’Allemagne ; il en avait eu très envie, et ce malgré le fait que ses enfants le lui eussent déconseillé en raison de sa maladie. Il répondait qu’il voulait rencontrer le Calife : il m’a rencontré, et il s’agissait de sa dernière rencontre avec moi, en Allemagne.

Son épouse ajoute : « Il était un excellent mari ; j’ai appris de lui l’importance de l’obéissance. Il ne se préoccupait pas de sa santé lorsqu’il travaillait pour la Jama’at.

Zaki, qui est le beau-fils de M. Suyuti, écrit : « Lorsqu’en 2005 nous avons appris que des gens allaient attaquer notre centre, il avait été ordonné aux Khouddam de s’y rendre pour défendre le centre. Je m’y trouvais également. M. Suyuti était à ce moment Rais-ut-Tabligh ; il n’avait jamais peur, et avec grand courage il allait en pleine nuit à la rencontre des Khouddam, et il les encourageait. »

Il ajoute : « J’ai toujours vu en lui un grand amour pour le Califat. Il disait toujours qu’il était Waqif-e-Zindagi, et que tout ce qu’il faisait, il le faisait avec l’approbation du Calife. En 2017, il a eu un accident vasculaire cérébral, et pendant une période il ne pouvait pas s’exprimer correctement, mais en dépit de cela il a continué à lire des livres, et il se rendait, d’une manière ou d’une autre, à la Jamia pour enseigner aux jeunes.

Ahmad, secrétaire de Tarbiyyat, écrit : « Lorsque quelqu’un lui prodiguait un bon conseil, il le remerciait sans aucune affectation, et lorsqu’il rencontrait une difficulté quelconque il demandait très sincèrement des conseils. »

Le missionnaire M. Ahmad Noor écrit : « Il vivait modestement mais il était très digne. Malgré son âge avancé il participait amplement dans le travail de la Jama’at, comme s’il était encore jeune. »

Il ajoute : « L’un de ses conseils dont je me souviens est celui-ci : « Ne te détournes jamais d’Allah l’Exalté : formule tes demandes auprès de Lui, car Il ne rejette jamais les supplications de Ses serviteurs. » Il continue : « Lorsque j’ai fait mon entretien de fin d’études, il m’a dit en pleurant et d’une voix tremblante : « N’abandonne jamais cette voie ; celui qui l’abandonne fait partie de ceux qui subissent une grande perte. » 

Une personne a relaté que lorsqu’il est venu à Kandari, M. Suyuti a dit : « Si des facteurs externes et internes empêchent un Mourabbi (missionnaire) de faire respecter la hiérarchie de la Jama’at, avancez alors sans peur, et soyez sûrs que l’aide divine est à vos côtés. Mais si vous êtes la cible du mécontentement des membres de la Jama’at en raison de vos défauts personnels, alors il est important de faire votre introspection et d’essayer de vous améliorer. »

Ne vous inquiétez pas pour le travail de la Jama’at. Placez votre confiance en Allah l’Exalté, et travaillez avec une intention pure, mais si vous avez des faiblesses personnelles alors éloignez-les.

Le missionnaire M. Khalid Ahmad Khan écrit : « Pendant ses années à la Jamia, M. Suyuti était un exemple pour nous en matière de spiritualité et de moralité. Il faisait toujours la prière en congrégation. Il venait toujours à l’heure à la mosquée et parfois même bien avant. Durant ses derniers jours, en dépit de sa maladie, il était toujours présent pour la Salat. » 

Le missionnaire M. Hashim écrit : « Lorsque j’étais à la Jamia j’ai eu l’opportunité de suivre des cours avec M. Suyuti. Lorsqu’il enseignait, il avait l’habitude de poser des questions aux étudiants et il les encourageait à répondre. Un jour il nous demanda : « Quelle est la plus grande preuve de la véracité de la Jama’at ? » Nous avons donc répondu à tour de rôle par des versets du Saint Coran et des Hadiths. Il répondit en disant : « La plus grande de la véracité de la Jama’at c’est moi. » C’est à dire que nous devons nous considérer comme preuve de la véracité de la Jama’at.  « Il faut que vous soyez tels que chacun d’entre nous soit une preuve de la véracité de la Jama’at. »  Ainsi éduquait-il les étudiants. Il disait que si vous suivez l’Ahmadiyya, c’est-à-dire le véritable Islam, vous deviendrez la plus grande preuve de la véracité de la Jama’at. Ainsi éduquait-il les gens.

Il écoutait les sermons avec une grande attention, ensuite il discutait des points abordés dans mon sermon avec les étudiants. Il s’assurait qu’ils avaient également bien pris des notes et qu’ils avaient bien compris le message du Calife. Il attirait toujours l’attention vers l’obéissance envers le Califat. Le missionnaire M. Shamsuri Mahmood écrit : « M. Suyuti était un missionnaire à grand succès. Un jour alors qu’il me prodiguait des conseils il me dit : « Après avoir dédié ta vie, ne soit point négligent. Abandonner son Waqf revient à sortir de la Jama’at. Gardes cela toujours à l’esprit. » Il a ensuite réitéré cela, lorsqu’il disait cela il avait les yeux rouges, et des larmes dans les yeux.

Le missionnaire M. Yusuf Ismail écrit : « Lorsque j’ai été nommé missionnaire régional je suis parti le rencontrer. » M. Suyuti était responsable du Tabligh.

Yusuf lui demanda : « Pourquoi ai-je été nommé missionnaire régional ? J’ai beaucoup de faiblesses et peu d’expérience. Je ne suis pas digne d’être missionnaire régional. Il y a des personnes très expérimentées ; vous devriez les nommer à ma place. » Sur ce il lui donna une réponse simple et claire : « Qui vous a dit que vous avez été nommé missionnaire régional parce que vous en avez les capacités ? Vous avez eu cette responsabilité afin que vous puissiez apprendre, et afin que vous soyez imbu du sens de responsabilités. »

Il ajouta : « Nous sommes des êtres faibles, nous ne pouvons rien faire, mais si nous avons un lien solide avec Allah l’Exalté, alors toutes nos tâches seront facilitées. Que tu sois missionnaire régional ou simple missionnaire, gardes toujours à l’esprit qu’il faut que tu établisses une relation solide avec Allah l’Exalté. C’est à cette condition tu auras du succès et tes tâches seront facilitées. » 

Le directeur général de la MTA, M. Akhanour écrit : « Un jour j’étais en grande difficulté. Je lui ai envoyé un message pour qu’il prie pour moi ; sur le coup il ne m’avait pas répondu, mais ensuite il a demandé mon numéro de téléphone à quelqu’un. Le lendemain je l’ai rencontré et il m’a dit aussitôt : « Tu m’as écrit pour que je prie [pour toi], mais as-tu écrit au sujet de tes difficultés au Calife pour qu’il fasse des supplications ? » Lorsque je lui répondis que je lui avais écrit il fut très content, et il ajouta que c’est ce qu’il faut faire, et des larmes coulaient de ses yeux ; son amour pour le Califat se manifestait dans sa voix. »

De même, à chaque fois qu’on évoquait le lien avec le Califat, il était très ému. Par la grâce d’Allah, le défunt avait fait la Wasiyyah.

Il est décédé à Rabwah ; sa dépouille à été rapatriée en Indonésie le 23 novembre où il a été enterré à la Maqbarah Mousian de Parung le lendemain. Un grand nombre des membres ont participé à sa prière funéraire.

Qu’Allah exalte son rang, et qu’Il lui accorde un rang élevé au Paradis, qu’il accorde une grande patience à tous ses proches, et qu’Il permette à ses enfants et sa progéniture de marcher sur ses pas.

Après les prières je dirigerai sa prière funéraire.


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