Sermon du vendredi 02 novembre 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Bait-Ur-Rahman à Silver Spring aux Etats-Unis. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Tous ceux et toutes celles se disant ahmadis ne deviennent pas de véritables ahmadis par [le simple fait] d’annoncer qu’ils ou elles croient en le Messie Promis (a.s.) et en ses déclarations. Le Messie Promis (a.s.) a cité certaines conditions, imposé des responsabilités et enjoint des devoirs pour être un véritable ahmadi. C’est en les respectant que l’on sera compté comme membre à part entière de sa Jama’at. En somme, pour être ahmadi, il ne suffit pas de changer de croyance, d’être né de parents ahmadis ou encore d’avoir agréé les déclarations du Messie Promis (a.s.). Ces conditions transforment, sans doute, le concerné en ahmadi du point de vue de sa doctrine. Mais pour être un ahmadi dans la pratique, il faut user de toutes ses aptitudes et capacités pour respecter les préceptes énoncés par le Messie Promis (a.s.).

Le Messie Promis (a.s.) l’a annoncé clairement : celui qui ne s’évertue à respecter ses conseils se contente d’une déclaration du bout des lèvres. Il explique que la Bai’at (serment d’allégeance) signifie confier sa vie à Dieu et Lui vendre sa personne. Ceci n’est point une transaction ordinaire. Quand nous vendons une de nos possessions à autrui, l’objet ne nous appartient plus. L’acheteur en devient propriétaire et pourra l’utiliser comme bon lui semble. Nous devons connaître cet état d’esprit et nourrir ces sentiments à notre propos. Selon le Messie Promis (a.s.), afin d’être animé de ces sentiments et de connaître ces conditions, celui qui lui prête allégeance doit faire montre d’humilité, se départir de son ego et de ses penchants égoïstes. Certains en sont victimes [à l’instar] d’un titulaire de poste qui était en colère contre un autre responsable [de la Jama’at], dans un endroit que j’ai visité. En dépit de ma présence, le responsable en colère n’était pas venu prier à la mosquée en raison de son différend avec l’autre. Son ego et son narcissisme avaient atteint un tel seuil qu’il n’a pas respecté le serment d’allégeance qu’il a prêté au Califat.

Le Messie Promis (a.s.) affirme que la bai’ah exige l’annihilation de l’ego et du narcissisme : c’est à ce prix que ce serment d’allégeance s’épanouira. Celui qui nourrit son ego tout en prêtant le serment d’allégeance ne profitera d’aucune faveur. Ces gens-là font de grandes déclarations et vous montrent un grand respect : or en raison de leurs animosités mutuelles ils ne se soucient même pas de la présence du Calife, ni encore du fait que l’on doit prier derrière lui et qu’on ne vient pas à la mosquée pour un autre titulaire de poste. [Celui qui était coupable de cette action] était lui-même d’ailleurs un responsable. À quoi bon être ahmadi en pareil cas ? Vendre son âme signifie faire preuve d’humilité : pour ce faire, il faudra tuer son moi, se débarrasser de son ego et de son narcissisme.

L’on ne doit rien posséder et conformer toutes ses actions aux ordres divins. Allah n’abandonne pas celui qui passe par ces conditions. Il valorise la vie qu’on Lui offre et la protège. Le Messie Promis (a.s.) déclare que l’incompatibilité entre la parole et l’action sera gravissime au moment du serment d’allégeance : [c’est-à-dire] si les deux se contredisent. Si vous vous éloignez ainsi de Dieu, Il S’éloignera de vous. D’où l’importance d’analyser votre foi et vos actions : vous êtes-vous réformés au point où votre cœur est devenu le trône de Dieu et que vous jouissez de l’ombre de Sa protection ? 

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Je l’ai conseillé à maintes reprises aux membres de ma Jama’at : ne vous contentez pas d’un simple serment d’allégeance. Vous ne mériterez pas le salut tant que vous n’en saisirez pas l’essence. Je vous conseille de vous purifier à l’instar des Compagnons. Jugez les transformations qu’ils ont opérées en leur personne. Pour la cause Dieu, ils ont transformé en amour et fraternité l’animosité qu’ils nourrissaient depuis des années, voire des générations. » (Loin d’abandonner la mosquée en raison d’une altercation n’ayant duré que quelques minutes) « Ayant vendu leur âme, eux qui étaient naguère des incultes sont devenus cultivés pour ensuite se transformer en hommes de Dieu. De tout cœur ils ont accepté qu’à partir de ce jour ils appartiendront corps et âme à Dieu. Ayant honni le polythéisme (le shirk), ils se sont aussi débarrassés de sa forme la plus insidieuse. »

Le Messie Promis (a.s.) explique ce qu’est le shirk sournois. « Le shirk ne signifie pas qu’adorer des pierres ou d’autres objets. Adorer les moyens et accorder plus d’importance aux « dieux de ce monde » est aussi une forme de shirk. Les « dieux de ce monde » sont ces avantages matériels qui poussent l’homme à négliger les préceptes de la religion et de Dieu. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) affirme que l’ostentation et les convoitises secrètes sont autant de formes de shirk. Celui qui néglige les préceptes religieux pour assouvir ses convoitises secrètes est coupable de shirk.

Les compagnons nourrissaient à l’égard de Dieu une grande crainte. L’on rapporte qu’un des leurs pleurait un jour et en expliqua la raison. « Je me suis souvenu d’une parole du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), a-t-il raconté. Il avait dit : « Je redoute que mon Oummah soit victime de shirk et des convoitises secrètes. » »

L’éminence du statut de ce compagnon avait engendré en lui la crainte de Dieu et une horreur du shirk. Voire il s’inquiétait de ceux qui, au sein de l’Oumma, seraient victimes du shirk secret. Cette pensée lui donna des frissons, et l’inquiéta au point où il fondit en larmes. C’est à ce prix que l’on devient un monothéiste sincère et un véritable adorateur de Dieu.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Le Tawhid ne signifie pas se contenter de proclamer « Il n’y a d’autre dieu qu’Allah » quand on nourrit dans le cœur des milliers d’idoles. Celui qui accorde à son emploi et à ses plans, à ses subterfuges et à ses complots, la grandeur qui revient à Allah, ou qui place en autrui la confiance qu’il doit à Dieu, ou qui accorde à son âme la grandeur qui sied à Dieu, est, aux yeux d’Allah, un idolâtre. Tout objet, parole ou action récipiendaire de la grandeur qui revient à Dieu, se transforme en idole à Ses yeux. Le Tawhid véritable, que Dieu souhaite voir de notre part, et dont dépend le salut, signifie n’associer personne à Dieu : qu’il s’agisse d’une idole, d’un être humain, du soleil, de la lune, de son âme, de ses plans ou de ses subterfuges. Hormis Dieu il ne faudra accepter personne comme tout-puissant, pourvoyeur, source d’honneur ou d’humiliation. »

Il ne faut pas croire qu’untel pourra nous honorer ou nous humilier : honneur et disgrâce se trouvent uniquement entre les mains de Dieu.

Ces actions sont les conditions fondamentales pour faire partie de l’islam véritable et de l’Ahmadiyya.

On m’a dit que certains vénèrent le califat ou le Calife de l’époque au point de commettre du shirk. Sachez que le Messie Promis (a.s.) est apparu au monde, en s’étant asservi au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), afin d’extirper le shirk du monde. Il est impossible que son véritable califat puisse accroître ou encourager quelque forme de polythéisme. La tâche première du califat est d’éradiquer le shirk, d’établir l’unicité divine et de parachever la mission pour laquelle le Messie Promis (a.s.) a été envoyé. Celui qui tire pareilles conclusions, en voyant le respect et la déférence d’un autre pour le Calife, doit se demander s’il ne nourrit pas des suspicions infondées. [Même] s’il a une mauvaise opinion à propos [d’autrui], il doit éviter de tirer pareilles conclusions. Mais si la déférence d’untel laisse l’impression aux autres qu’il confère au Calife un statut s’apparentant au shirk, il devra, en ce cas, prendre des précautions et accomplir l’Istighfar (implorer le pardon de Dieu). Je n’ai jamais apprécié pareilles pratiques dans le passé, ni aujourd’hui d’ailleurs. Les Califes m’ayant précédé n’ont jamais apprécié [pareille adulation] et incha Allah, les Califes à venir n’apprécieront pas, eux non plus, qu’on accorde pareille importance à leurs personnes. Certes, le Calife de l’époque doit établir le respect du Califat : ceci est sa responsabilité et il l’assumera, car selon les promesses divines et prophéties du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), le message de l’unicité divine se propagera dans le monde par l’entremise du Califat et celui-ci mettra fin au polythéisme. Certains, aux esprits immatures, qui entretiennent pareilles pensées en raison de leur manque d’éducation morale et spirituelle, doivent s’en débarrasser.

Après avoir établi dans le cœur de ses disciples l’unicité divine et les avoir débarrassés du shirk, le Messie Promis (a.s.), leur a ensuite enjoint d’éviter le mensonge et l’immoralité, comme le stipule notre serment d’allégeance. Allah affirme dans le Coran :

فَاجْتَنِبُوا الرِّجْسَ مِنَ الْأَوْثَانِ وَاجْتَنِبُوا قَوْلَ الزُّورِ

« Fuyez donc l’abomination des idoles, et fuyez toute parole mensongère » (Saint Coran, chapitre 22, verset 31). Le Messie Promis (a.s.) explique : « Selon le Coran le mensonge est une abomination ou une souillure.  Ici les mots mensonge et idolâtrie ont été utilisés en conjonction. Certainement le mensonge est une idole car autrement personne ne délaissera la vérité. Tout comme une idole n’a rien d’autre qu’un extérieur artificiel, le mensonge n’a aucune réalité intrinsèque. »

Le mensonge n’est qu’artifice, des paroles ou des écrits enrobés de douceur et dénués de réalité.

« Le mensonge est une idole : celui qui s’en remet ne fait plus confiance à Dieu. Ainsi en ayant recours au mensonge, on lâche la main de Dieu. » 

Si l’on se dit monothéiste, adorateur de Dieu et véritable musulman, l’on devra se débarrasser du mensonge et des menteurs. Certains mentent à propos de choses insignifiantes : pareille action ne sied pas à un croyant. Ne croyez pas que certaines petites contre-vérités ne tombent pas dans la catégorie des mensonges : elles le sont certainement et éloignent aussi du Tawhid. Lors de nombreux conflits et litiges, les personnes concernées ont recours au mensonge pour avoir gain de cause.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a émis des avertissements détaillés à ce propos : cela donne des frissons à y penser. Il a déclaré : « Quiconque appelle un enfant pour lui offrir quelque chose, mais ne lui donne rien sera coupable de mensonge. »

Ainsi toute contre-vérité que l’on profère en plaisantant est [bel et bien] un mensonge.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) affirme que le mensonge mène à l’immoralité et l’immoralité mène en enfer.

L’immoralité signifie s’écarter très loin de la vérité et devenir un fieffé pécheur. Ainsi nous devons accomplir notre introspection constamment : avons-nous atteint les sommités de la vérité, qui, selon les dires du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), mènent au paradis ?

La fornication est un autre péché que le Messie Promis (a.s.) a demandé à ses suivants d’éviter en particulier : [cette injonction] fait d’ailleurs partie des conditions de la Bai’at. Il ne s’agit pas ici d’éviter uniquement tout rapport sexuel illégitime. Le Messie Promis (a.s.) nous rappelle qu’Allah déclare :

وَلَا تَقْرَبُوا الزِّنَا

Ne vous approchez pas de toute relation sexuelle illégitime. C’est-à-dire, évitez toutes les occasions qui créent de telles pensées en vos esprits. Evitez tous les moyens qui risquent de vous entraîner vers un tel péché.

C’est-à-dire qu’il faut éviter toute occasion ou danger qui peuvent nous mener vers cette transgression.

La fornication aujourd’hui concerne ces films obscènes diffusés sur la télévision ou Internet et qui poussent, au grand jour, à commettre ce péché. Il incombe à tout ahmadi d’éviter pareil mal. Plusieurs foyers sont proie à des disputes, plusieurs couples se brisent, ou se sont brisés, parce que le mari passe son temps à regarder des films obscènes [à la télé] ou sur Internet, donnant naissance à des idées perverses. Nombre de jeunes sont partis à la dérive et sont tombés en mauvaise compagnie parce qu’ils ont l’habitude de regarder ces films indécents et obscènes. Selon cette société dite « civilisée » pareilles pratiques sont le fruit de la « libre-pensée » ou du « progrès ». Or, nous devons nous prémunir de ces maux. À présent, d’aucuns confirment que ces [films] sont nuisibles. Les [recherches] sur la pornographie vous révéleront qu’elle mène à la fornication, à la violence domestique, à des relations illicites, à la maltraitance des enfants. Tout cela est le fruit de ces films obscènes. Selon le Messie Promis (a.s.) il faudra éviter toute pensée ayant trait aux rapports sexuels condamnables. Il a été prouvé que ces films obscènes mènent à ces péchés. Un ahmadi doit tout faire pour les éviter.

Afin d’être un véritable ahmadi, le Messie Promis (a.s.) nous recommande d’éviter toute forme de cruauté et de méchanceté. Il dit que celui qui s’affilie à sa personne doit débarrasser son cœur de toute idée d’injustice, d’inclémence, de cruauté et de rébellion. On demanda au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à propos de la plus grande injustice. Il répondit : « La plus grande injustice c’est d’usurper un empan de terre appartenant à son frère. Les couches de terre se trouvant sous un caillou – que l’on peut tenir entre les deux doigts – de ce terrain spolié se transformeront en joug placé autour de son cou au jour de la Résurrection. »

Cette terre prendra la forme d’un collier qu’il portera au cou. Il existe des milliers de kilomètres de couches de terre : l’on peut imaginer le fardeau que devra porter [le coupable]. Ce châtiment est tellement grand qu’on ne peut l’imaginer. Détourner les droits d’autrui est une grande injustice.

Nous informons les non musulmans que l’islam présente des préceptes ô combien sublimes sur le respect des droits d’autrui. Nous annonçons que l’islam nous demande de respecter les droits d’autrui plutôt que de réclamer les nôtres. Ce sont autant de principes que nous présentons fièrement aux autres : or, si nos actions les contredisent, nous serons de grands pécheurs, et des menteurs. Tout ahmadi doit analyser cela minutieusement.

Quand nos actions se conformeront à nos enseignements, notre Tabligh (prédication) portera ses fruits et nous laisserons de bonnes impressions sur les autres.

Le Messie Promis (a.s.) nous a fixé la norme à atteindre en disant qu’il ne faut même pas laisser l’idée de commettre une injustice nous traverser la tête ; loin d’en commettre contre autrui de ses mains.

L’adoration d’Allah est une importante condition [à respecter] pour être un croyant, voire Dieu a créé l’homme pour Son adoration. Le Messie Promis (a.s.) déclare à ce propos :

« Ô vous qui prétendez être les adhérents à ma Jama’at (communauté) ! Vous ne serez pas reconnus comme tels au ciel tant que vous n’empruntez pas la voie de la vraie droiture. Observez vos cinq prières quotidiennes avec une telle crainte révérencielle de Dieu, comme si vous Le voyiez réellement. »

Ensuite le Messie Promis (a.s.) a expliqué : « La Salat est obligatoire pour chaque musulman. Il est rapporté dans les ahadith que certaines personnes, après avoir accepté l’islam, ont fait la demande suivante : ‘Ô Prophète d’Allah donne-nous la permission de ne pas faire la Prière car nous sommes des commerçants. (Il nous est difficile de prier cinq fois par jour.) De par le fait que nous nous occupons du bétail – (une tâche ardue) – quelques fois nous ne sommes pas certains que nos vêtements soient propres. De plus, nous n’avons pas le temps de faire la Prière (cinq fois au quotidien). » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répliqua : « Faites attention : s’il n’y a pas de Salat, il ne reste rien du tout. La foi sans adoration ne vaut rien. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Qu’est-ce que la Prière ? C’est de soumettre ses faiblesses devant Dieu et de rechercher les solutions à celles-ci de Lui ; Le supplier de vous accorder ce dont vous avez besoin. »

Il ajoute : « La Salat signifie l’amour d’Allah, la crainte d’Allah, se souvenir de Lui à tout moment – et c’est cela l’essence même de la foi.

Par conséquent, toute personne qui désire être libérée de la Prière ne peut rien accomplir de plus que les animaux – manger, boire et dormir. Cela ne relève certainement pas de la foi. C’est là la pratique des incroyants. »

Selon le Messie Promis (a.s.) l’action qui distingue l’homme de l’animal est l’adoration de Dieu et la Salat. Si nous négligeons la Salat nous sommes à même de juger dans quelle catégorie nous tomberons.

Je l’ai répété à maintes reprises : si vous habitez loin du centre de la prière ou de la mosquée, les familles avoisinantes doivent choisir un lieu pour accomplir la Salat. Vous mériterez ainsi la récompense de l’accomplissement de la Salat en congrégation : de surcroît vous, et la prochaine génération, serez vigilants concernant cet acte cultuel. La nouvelle génération se reformera et sera consciente quant à l’accomplissement de la Salat.

Nous sommes en train de bâtir des mosquées. Demain, incha Allah, je procéderai à l’ouverture d’une mosquée en Virginie ; or si nous ne sommes pas enclins à rendre culte à Dieu, quel sera l’avantage de bâtir ces mosquées ? Je l’ai dit et je le répète : si tous les responsables, au niveau de la Jama’at et des différentes organisations [auxiliaires], font l’effort nécessaire, l’on pourra alors améliorer, dans une grande mesure, la présence à la mosquée et l’on pourra aussi faire l’éducation morale et spirituelle de la prochaine génération.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a offert un conseil sur la prière qui nous donne des frissons. Il a déclaré : « La première chose dont l’homme devra rendre des comptes au jour de la Résurrection est la Salat. S’il passe l’épreuve, il réussira et atteindra le salut. S’il y échoue, il sera alors humilié et sera du nombre des perdants. »

Négliger la Salat n’est donc pas une mince affaire. Qu’Allah fasse que tout ahmadi puisse s’acquitter de ce devoir. Les prières obligatoires à elles seules ne suffiront pas pour respecter ce devoir : le Messie Promis (a.s.) nous recommande d’accomplir aussi la prière de Tahajjud et les Salats facultatives. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a d’ailleurs déclaré qu’Allah comblera les lacunes des prières obligatoires – qui existent parfois – par les Salats facultatives, si tant est que l’on avait l’habitude d’en accomplir. Ainsi l’accomplissement des prières Tahajjud et Nawafil sont tout aussi importants. Il faudra être vigilant à cet égard.

Il existe une autre pratique très importante qui exige l’attention des ahmadis : il s’agit d’implorer la clémence divine pour ses péchés. L’homme est faible et il commet des erreurs, en dépit de ses efforts. Allah ne Se plait pas à châtier Ses serviteurs pour leurs écarts de conduite : Il les pardonne. Il nous a aussi enseigné la méthode pour nous en protéger à l’avenir. Il s’agit de l’Istighfar.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) affirme qu’Allah ne punit pas un peuple qui implore Son pardon. Ainsi la repentance de quelques-uns peut absoudre les péchés d’un grand nombre et les sauver.

Le Messie Promis (a.s.) déclare à ce propos : « Certaines personnes sont conscientes du péché alors que d’autres ne le sont pas. Par conséquent, Allah a rendu obligatoire pour toujours l’Istighfar, pour que l’on puisse rechercher la protection divine contre tout péché. »

L’on commet en effet des péchés inconsciemment.  

« L’on doit demander pardon pour tous ses péchés – manifestes ou cachés, connus ou inconnus, qu’il soit commis par la main, les pieds, la langue, le nez, ou les yeux. » 

Les différents membres du corps sont autant de moyens pour commettre le péché. D’où l’importance d’accomplir l’Istighfar de manière constante pour protéger chaque membre du corps de la transgression. C’est pour cette raison qu’il faudra tenter d’obtenir la protection divine.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : Ces jours-ci, cette prière du Coran devrait être particulièrement récitée :

رَبَّنَا ظَلَمْنَا أَنْفُسَنَا وَإِنْ لَمْ تَغْفِرْ لَنَا وَتَرْحَمْنَا لَنَكُونَنَّ مِنَ الْخَاسِرِينَ

C'est-à-dire : « Notre Seigneur, Nous avons agi injustement envers nous-mêmes ; et si Tu ne nous pardonnes pas, et si Tu ne nous fais pas miséricorde, nous serons assurément du nombre des perdants. »

« Si quelqu’un recherche de la force d’Allah – c’est-à-dire, il accomplit l’Istighfar – ses faiblesses pourront être enlevées avec l’aide du Saint-Esprit. »

Le respect des droits d’autrui est une autre condition fondamentale que le Messie Promis (a.s.) a demandé à ses suivants de respecter. Il leur enjoint d’éviter de nuire à la création d’Allah. Il nous a encouragés à examiner nos cœurs constamment en ces termes : « Ressentez-vous cette crainte divine qui vous pousse à faire montre de sympathie à l’égard de la création d’Allah ? »

Dans un hadith le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Ne vous enviez pas les uns les autres. Ne vous disputez pas ; ne ressentez aucune animosité à l’égard d'autrui. Ne faites pas de surenchère quand deux parties sont en pourparlers. Soyez de vrais serviteurs de Dieu en devenant frères. Un musulman est le frère d’un autre musulman : il ne lèse pas son frère, il ne l’humilie pas, ne le méprise pas et ne le laisse pas tomber. Mépriser son frère musulman suffit pour se ruiner. Le sang, le bien et l’honneur d’un musulman sont sacrés pour un autre musulman. »

Aujourd’hui plus que les autres, nous, les musulmans ahmadis, devons traduire ces conseils dans la pratique. Par la grâce d’Allah cela se fait dans une grande mesure. Si tous les musulmans d’aujourd’hui comprennent cette vérité et qu’ils la traduisent dans la pratique et que les États musulmans en font de même, l’on ne verra plus ces atrocités que des musulmans font subir à leurs coreligionnaires, ces vies et ces biens que l’on détruit, ces centaines de milliers d’enfants que l’on fait devenir orphelins, ces centaines de milliers de femmes que l’on fait devenir veuves et ces vieux que l’on tue.

Dans le Saint Coran, Allah nous enjoint aussi d’éviter l’arrogance. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous a prodigué des conseils à ce sujet en déclarant : « Celui dont le cœur contient de l’arrogance équivalente à une graine de moutarde n’entrera pas au Paradis. »

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Ainsi, à mon avis, ceci est une très bonne méthode de purification. Il est impossible de trouver un meilleur moyen que de se débarrasser de l’arrogance et de la vanité de toutes sortes – par rapport à l’éducation, à la famille ou à la richesse. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « J’exhorte ma Jama’at de fuir l’arrogance, car l’arrogance est fort détestable à Allah, le Seigneur de la Gloire. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré, lors du pèlerinage d’adieu, que tous les êtres humains, peu importe leur origine ethnique et leur statut, sont égaux. Le noir n’est pas supérieur au blanc, ni le blanc supérieur au noir ; l’Arabe n’est pas supérieur au non Arabe et vice versa. Nous avons reçu l’enseignement de faire montre d'humilité, d’égalité, d’éviter l'arrogance et l’orgueil. Chacun d’entre nous doit traduire cela dans la pratique. Or, dans le monde non-musulman l’on distingue les noirs des blancs. Certains leaders blancs insinuent que les capacités mentales des blancs sont supérieures à celles de ceux qui ne sont pas blancs. Ceci n’est qu’arrogance de leur part.  

Tout ahmadi doit essayer de s’en préserver. Ici dans la Jama’at des États-Unis, lors de mes réunions avec les groupes de filles, on m’a informé à deux reprises que certaines personnes ressentent qu’il existe de la discrimination raciale au sein de la Jama’at. Si pour une raison quelconque ce sentiment est en train de germer chez les jeunes cela est tout à fait condamnable. Les Lajna, les Khuddam, les Ansar et le département de la Tarbiyyat de la Jama’at doivent enquêter à ce sujet, afin de savoir pourquoi ce sentiment est en train de se développer. Si c’est vraiment le cas, il faudra essayer d’éloigner ces pensées et ces ressentis avec beaucoup de sagesse et d’amour ; il faut également mettre l’emphase sur l’éducation. Aucune organisation ou aucun responsable ne doit prendre de décisions hâtives ou se précipiter à cet égard. Il ne faut pas essayer de savoir qui a dit quoi à ce sujet. Il faut évaluer s’il existe quelque réalité derrière ce ressenti. Il faut vérifier si ce qui a été dit à cet égard est vrai : si c’est faux, il faut découvrir pourquoi de tels points sont soulevés et s’il y a des rancunes personnelles qui conduisent à l’émergence de tels sentiments. Peu importe la raison, il faut que l’on supprime ce mal avec amour et sagesse. J’avais répondu à la jeune fille qui m’en avait fait part de m’envoyer un rapport détaillé à ce sujet, afin de m’expliquer pourquoi, à ses yeux, des sentiments de discrimination raciale sont en train d’émerger au sein de la Jama’at. Il s’agit également d’une forme d’arrogance, et nous devons nous préserver de toute forme d’arrogance.

Le Messie Promis (a.s.) a attiré notre attention vers le sacrifice financier : il s’agit également d’un commandement divin et nous trouvons de nombreuses traditions du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à ce sujet. Par la grâce d’Allah, toutes les Jama’ats à travers le monde font de plus en plus de sacrifices financiers. Par la grâce d’Allah, la Jama’at des États-Unis essaie de participer pleinement aux appels aux dons d’urgence et [les appels] ponctuels qui sont lancés. Mais selon les chiffres, il existe encore beaucoup de manquements concernant les contributions régulières à l’instar de la Chanda Aam. Il faudra prêter une attention particulière à cela. Une personne pauvre peut, en expliquant les difficultés qu’elle rencontre, demander l’autorisation de diminuer le montant de ses cotisations, mais ceux qui ont des revenus confortables doivent faire leur introspection, et évaluer s’ils sont en train de cotiser à la hauteur de leurs revenus. Il ne faut pas chercher des ruses pour diminuer ses cotisations comme le font certains avec leurs impôts. Il faut vérifier si les cotisations sont à la hauteur de vos revenus, car c’est une affaire entre vous et Dieu. Le secrétaire des finances ou les responsables de la Jama’at ne connaissent pas les revenus des contributeurs, mais Dieu en a pleine connaissance : Il connaît la situation de toute personne. Si tout le monde commence à cotiser à la hauteur de ses revenus, je pense que pour la construction des mosquées ou pour les autres œuvres de la Jama’at, on n’aura pas alors grand besoin de faire des appels aux dons annexes. Il faut que tout le monde fasse son introspection et il faut réévaluer le budget découlant des cotisations régulières (Chanda Aam). Je mentionne régulièrement des récits de personnes nouvellement converties qui apportent en elles des changements pieux après avoir accepté l’Ahmadiyya : elles sont témoins d’une évolution spirituelle, et il y a également un changement qui s’opère dans leurs actes : elles se tournent davantage vers l’adoration, et elles comprennent l’importance des sacrifices financiers. Malgré le fait qu’elles n’aient pas beaucoup de moyens, Allah l’Exalté leur accorde une plus grande aisance à la hauteur de leur situation, et cela renforce leur foi et leur sincérité. Le terme « sacrifice » signifie faire quelque chose en se mettant en difficulté. Ici, cela consiste à se mettre en difficulté pour cotiser dans la voie d’Allah. Les personnes qui cotisent selon leur envie et pensent qu’elles ont fait un sacrifice financier, doivent savoir qu’il ne s’agit aucunement d’un sacrifice financier. Ceux-là ne font aucune faveur à Allah l’Exalté. Même s’ils ne cotisent pas, Allah le Très-Haut pourvoira financièrement pour les activités menées dans Sa voie : c’est ce qu’Il a toujours fait, Il le fait et Il continuera à le faire, incha Allah. Je souhaitais attirer l’attention des personnes qui, malgré le fait qu’elles aient des revenus confortables, ne cotisent pas proportionnellement à la hauteur de leurs moyens, afin qu’en remédiant à cela, elles puissent également être récipiendaires des grâces divines.

Le dernier point que je souhaite aborder aujourd’hui est l’obéissance. Dans le Saint Coran, en de nombreux endroits, on est commandé d’obéir à Allah et au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), ainsi qu’aux dirigeants. L’obéissance fait également partie d’une des conditions de la Bai’at instaurées par le Messie Promis (a.s.). Il incombe à tout ahmadi d’obéir à toute décision dite ma’rouf jusqu’à son dernier souffle. Dans les serments prêtés lors des évènements de nos différentes organisations auxiliaires, l’on promet d’obéir à toutes les décisions ma’rouf prises par le Calife actuel. Certains, à l’esprit tordu ou ayant des pensées hypocrites, disent qu’ils ont promis de n’obéir qu’aux décisions ma’rouf du Calife et que certaines de ses décisions ne sont pas ma’rouf — ou plutôt qu’à leurs yeux ces décisions ne le sont pas. Ce sont là leurs interprétations. De telles pensées existent un peu partout dans le monde. Même s’il ne s’agit que d’une ou deux personnes, ou d’un individu sur cent mille, il est important de rétorquer à de telles pensées, car sinon elles risquent d'empoisonner la nouvelle génération. Si une personne présente sa propre interprétation de ce qu’est une décision ma’rouf, l’unité de la Jama’at ne sera plus garantie, et cela donnera lieu à des débats pour définir ce qui est ma’rouf et ce qui ne l’est pas. En expliquant cela, le premier Calife a déclaré : « Il existe une erreur de plus : il s’agit d’interpréter l’expression ‘d’obéir en toutes choses qui soient bonnes (ma’rouf)’ comme signifiant ne pas obéir en ces choses que nous estimons ne pas l’être. Ce terme a été utilisé en référence au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) :

وَلَا يَعْصِينَكَ فِي مَعْرُوفٍ

Je ne te désobéirai pas dans tout ce qui est ma’rouf. » Il continue : « Est-ce que ces gens ont dressé une liste des faiblesses du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), (afin de définir ses erreurs et ses écarts) ? »

En commentant sur l’expression Ya’mourou bil Ma’rouf le Messie Promis (a.s.) déclare : « Les commandements de ce Prophète ne vont pas à l’encontre de la raison. » C’est-à-dire que les choses ma’rouf sont celles qui ne vont pas à l’encontre de la raison, et qui sont conformes aux commandements coraniques. Ensuite on trouve un récit rapporté dans un hadith. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) envoya une délégation : arrivé à un endroit, les gens allumèrent un feu, et en plaisantant leur chef leur dit : « Si je vous ordonnais de vous jeter dans ce feu, le feriez-vous ? » Les gens répondirent qu’il s’agissait là d’une action prohibée, relevant du suicide, d’autres personnes dirent qu’il est important d’obéir au chef. Par la suite le chef leur dit qu’il plaisantait et l’affaire se termina. De retour à Médine, lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en fut informé, il expliqua : « N’obéissez pas à celui de vos chefs qui vous ordonne de désobéir à Allah. » Ceci est la définition de ma’rouf. Si un ordre appelle à la désobéissance d’un commandement divin cet ordre n’est pas ma’rouf. L’obéissance ma’rouf, et la décision ma’rouf à laquelle il est important d’obéir, sont celles qui sont conformes aux enseignements d’Allah et de Son Prophète.

Tant que le véritable Califat restera établi — et il le restera incha Allah, conformément à la prophétie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) — aucune décision ne sera prise par ce Califat qui ira à l’encontre des commandements de Dieu et du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Toutes les décisions seront toujours conformes aux enseignements du Saint Coran et de la Sunnah.

Comme je l’ai mentionné, l’obéissance ma’rouf ou l’obéissance des décisions ma’rouf a également été mentionnée par Allah dans le Saint Coran pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le Messie Promis (a.s.) en a également fait l’une de ses conditions de Bai’at, et sous le Califat de l’Ahmadiyya, cela fait partie intégrante de tous les serments.

La signification est claire : il s’agit de perpétuer les enseignements d’Allah l’Exalté et d’en attirer l’attention de la Jama’at. Toute personne qui se considère membre de la Jama’at, doit remplir cette promesse et suivre les ordres du Calife destinés à la Jama’at.

Le deuxième Calife a déclaré que si jamais une mauvaise directive était émise par le Calife, étant donné qu’Allah a promis de protéger l’institution du califat, Il fera en sorte que ses conséquences ne soient pas néfastes et créera des conditions favorables.

Personne ne doit présenter sa propre interprétation de ce qui est ma’rouf et de ce qui ne l’est pas. Une décision ma’rouf est celle qui est conforme aux enseignements coraniques, à la Sunnah, aux hadiths, et aux enseignements de l’arbitre de l’époque ; et c’est par ce moyen que l’unité de la Jama’at restera établie. C’est l’objectif pour lequel le Messie Promis (a.s.) a été envoyé : celui d’établir une unité et de former une communauté de personnes sincères et obéissantes.

Le Messie Promis (a.s.) avait déclaré de manière explicite : « Il m’importe peu que nous augmentions en nombre. » C'est-à-dire d’augmenter le nombre de personnes qui ne lui sont pas obéissantes. 

 Il ajoute : « Si ceux qui revendiquent leur attachement avec moi, et qui font ma Bai’at ne se réforment pas, et ne conforment pas leurs faits et gestes aux enseignements d’Allah et de Son Prophète, leur allégeance est futile. »

Le fait d’être ahmadi ne sera bénéfique pour nous que lorsque nous comprendrons cette réalité et que nous essaierons d’y conformer nos faits et gestes. Il faut que nous fassions des efforts dans cette voie avec toutes nos capacités.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « L’obéissance n’est pas chose facile : cela requiert un genre de mort. La personne qui ne fait pas preuve d’une obéissance indéfectible nuit à ce mouvement. » Il ajoute : « J’ai conseillé à maintes reprises aux membres de ma communauté de ne pas se contenter de la Bai’at. Vous n’obtiendrez pas le salut tant que vous ne comprendrez pas sa réalité. »

Qu’Allah nous permette de comprendre les véritables enseignements de l’islam et de les mettre en application ; qu’Il nous permettre d’être à la hauteur du serment d’allégeance prêté au Messie Promis (a.s.), et de faire toujours preuve d’une obéissance indéfectible envers le Califat, et d’obéir de tout cœur, et sans réserve, à toutes les décisions ma’rouf du Calife régnant. Qu’Allah nous permette à tous de le faire.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)