Sermon du vendredi 01 juin 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Oukasha Bin Al-Mihsan était un des illustres compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il avait participé à la bataille de Badr à cheval et son épée s’était brisée ce jour-là. Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui avait offert un morceau de bois, qui était devenu entre ses mains comme une épée d’acier acérée et brillante. Il se battit avec jusqu’à ce qu’Allah lui accorde la victoire. Il accompagna le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de toutes ses batailles muni de cette « épée » de bois, qui était à sa disposition jusqu’au moment de son décès. Elle portait le nom d’al-‘Awn. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait donné la bonne nouvelle à Oukasha Bin Al-Mihsan qu’il entrerait au Paradis sans se faire juger. Lors de la bataille de Badr le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dit à ses compagnons : « Le meilleur cavalier des Arabes nous accompagne ! » Ils ont demandé : « Qui est-ce donc ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de répondre : « Il s’agit d’Oukasha Bin Al-Mihsan. »

Abou Hourairah (r.a.) relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara : « Soixante-dix milles personne de mon Oummah entreront au Paradis et ils auront le visage aussi brillant que la pleine lune. » Abou Hourairah (r.a.) ajoute : « Oukasha Bin Al-Mihsan se mit debout portant son manteau et fit la requête suivante : « Ô Envoyé d’Allah ! Priez que je fasse partie de ces personnes ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) supplia : « Ô Allah ! Fais qu’Oukasha soit de leur nombre ! » Un Ansari se mit debout et déclara : « Ô Envoyé d’Allah ! Priez que je sois moi aussi de leur nombre ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Oukasha t’a devancé dans cette requête. »

Mirza Bashir Ahmad Saheb, dans sa biographie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), explique que celui-ci avait annoncé que 70 000 personnes de son Oummah entreraient au Paradis sans jugement. C’est-à-dire que leur statut spirituel sera éminent et ils jouiront d’une si grande grâce divine qu’ils n’auront aucun compte à rendre. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait aussi dit, que leurs visages, le jour dernier, brilleraient comme la pleine lune. Mirza Bashir Ahmad Saheb a relaté par ailleurs la requête d’Oukasha Bin Al-Mihsan et la réponse du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a aussi présenté un très beau commentaire à ce propos. « Apparemment c’était là un incident insignifiant lors de cette rencontre avec le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Or, il abonde en significations. L’on comprend, d’une part, qu’Allah a accordé tant de bénédictions à la Oummah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et que celui-ci avait atteint un tel niveau spirituel que 70 000 membres de son Oummah n’auront pas à se soucier de leur jugement en raison de leur niveau de piété éminent et de la grâce divine [y relative]. »

Soixante-dix mille signifie, entre autres, un très grand nombre. L’on comprend aussi, que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est si proche de Dieu, que suite à sa supplique, Dieu l’a informé immédiatement à travers une vision qu’Oukasha Bin Al-Mihsan faisait partie de ces personnes. Il se peut toutefois qu’il n’en fît pas partie et que grâce à la prière du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) Dieu lui accorda ce statut. Troisièmement l’on déduit de cet incident que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) jouissait d’un tel statut auprès de Dieu et qu’il souhaitait que son Oummah fasse de si grands progrès que lorsqu’une autre personne fit une demande similaire l’Envoyé divin refusa de faire d’autres prières individuelles en raison de l’éminent statut spirituel de ce groupe de 70 000 personnes. Il souhaitait, par ce faire, encourager les musulmans à progresser dans leur foi et leur Taqwa et leur faire comprendre qu’ils mériteraient ce statut s’ils étaient vigilants à cet égard. Quatrièmement l’on comprend grâce à cela la grande déférence du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). En effet, il n’a pas rejeté la requête sur un ton qui aurait blessé les sentiments de l’intéressé, mais il l’a fait de façon subtile.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait nommé Oukasha Bin Al-Mihsan chef de différentes expéditions. Lors du mois de Rabi’ al-Awwal de la sixième année de l’hégire, il l’avait envoyé à la tête d'une expédition de quarante musulmans pour aller combattre la tribu des Banou Asad. Cette tribu campait tout près d’une source nommée Ghamar et située à quelques jours de distance entre Médine et La Mecque. Oukasha Bin Al-Mihsan s’est approché de l’expédition rapidement afin de stopper leurs méfaits. Ils ont constaté que les membres de la tribu s’étaient dispersés quand ils ont su que les musulmans s’approchaient. Oukasha et ses compagnons sont retournés à Médine sans mener de combat. Ainsi, ils n’ont pas tenté de se battre sans aucune raison – contrairement aux accusations portées contre les musulmans [laissant croire] qu’ils étaient des va-t’en guerre.

Ibn ‘Abbas relate que lorsque la sourate An-Nasr a été révélée au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il a ordonné à Bilal de lancer l’appel à la Salat. Après l’office de prière le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a prononcé un sermon qui a fait pleurer l’assistance. Puis, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé : « Quel genre de prophète suis-je ? » L’assistance a répondu : « Qu’Allah vous récompense ! Vous êtes le meilleur des prophètes. Vous êtes pour nous comme un père bienveillant et un frère prodiguant de bons conseils. Vous nous avez transmis le message de Dieu et sa révélation. Vous nous avez invités vers la voie de notre Seigneur avec sagesse et de bons conseils. Qu’Allah vous accorde la meilleure des récompenses réservées aux prophètes ! » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Ô musulmans ! Je jure au nom de Dieu que si j’ai lésé l’un d’entre vous, il peut présenter sa doléance et qu’il vienne se venger. » Mais personne ne s’est présenté. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a fait son annonce une deuxième fois en citant le nom de Dieu, mais personne ne s’est présenté. Une troisième fois le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a annoncé : « Ô musulmans ! Je jure au nom d’Allah et de votre droit légitime que si j’ai lésé l’un d’entre vous, il peut venir se venger avant la vengeance du jour de la résurrection ! »

Sur ce un vieillard du nom d’Oukasha s’est avancé et s’est tenu devant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avant de déclarer : « Ô envoyé d’Allah ! Que mes parents soient sacrifiés pour vous ! Si vous n’aviez pas fait ce serment à maintes reprises je ne me serais pas présenté. Or, je vous avais accompagné lors d’une bataille et sur le chemin du retour ma chamelle s’était approchée de la vôtre. Je suis descendu de ma monture et je me suis approché de vous afin de vous embrasser le pied mais vous avez donné un coup de fouet que j’ai reçu sur mes côtes. J’ignore si vous aviez l’intention de me frapper moi ou votre chamelle. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Par Allah ! Jamais l’envoyé d’Allah n’oserait te frapper sciemment. Ô Bilal ! Va chez Fatima et rapporte-moi ce fouet. » Bilal est parti la voir et lui a demandé : « Donnez-moi le fouet de l’Envoyé d’Allah. » Fatima a demandé : « Que ferez-vous avec le fouet de mon père ? Ne sommes-nous pas les jours du pèlerinage et non de guerre ? » Bilal a répondu : « Ô Fatima ! Vous êtes bien ignorante de l’état du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il est en train de faire ses adieux, de quitter ce monde et de réparer ses torts. » Fatima a demandé toute étonnée : « Qui osera se venger du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ? Dites à cette personne de prendre sa vengeance sur Hassan et Houssayn et de ne point toucher le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ! »

Bilal est retourné à la mosquée et a placé le fouet dans la main du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui l’a ensuite remis à Oukasha. Abou Bakr et ‘Oumar se sont levés et ont demandé à Oukasha de les punir eux au lieu de toucher au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci a déclaré : « Abou Bakr et ‘Oumar rasseyez-vous ! Allah connaît votre statut. » ‘Ali s’est ensuite interposé et a déclaré : « Oukasha ! J’ai passé toute ma vie en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Je ne saurais te voir frapper le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). » Celui-ci de dire : « ‘Ali rassieds-toi ! Allah connaît ton statut et tes intentions. » Hassan et Houssayn se sont ensuite interposés en déclarant : « Ô Oukasha ! Nous sommes les petits-fils du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Nous punir équivaudra à te venger du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). » Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les a demandé de se rasseoir et à Oukasha de prendre sa vengeance. Oukasha a déclaré : « Je ne portais pas de chemise quand vous m’aviez frappé. » Sur ce le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a soulevé la sienne et tous les musulmans étaient en larmes, se demandant si Oukasha souhaitait réellement frapper le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Or quand il a vu la peau blanchâtre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il s’est élancé à l’instar d’un fou-amoureux et l’a embrassé et a déclaré : « Ô Prophète d’Allah ! Qui osera se venger contre vous ! »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Vous devez soit vous venger ou pardonner. » Oukasha a répondu : « Ô Envoyé d’Allah ! Je vous pardonne avec l’espoir qu’Allah me pardonnera le jour de la résurrection. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a ajouté : « Celui qui souhaite voir mon compagnon au Paradis doit regarder ce vieillard ! » Les musulmans se sont levés et ont commencé à embrasser Oukasha en le félicitant pour son éminent statut et pour avoir joui de la compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Oukasha avait donc profité de ce moment inespéré étant donné que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) annonçait qu’il quitterait bientôt ce monde. C’était là la seule occasion pour embrasser son corps.

Lors du Califat d’Abou Bakr, Oukasha accompagna Khalid Bin Walid lors de l’expédition punitive contre les rebelles. Le père d’Isa Bin Oumaila relate que Khalid Bin Walid lançait l’assaut uniquement s’il n’entendait pas l’appel à la prière. Quand il s’approcha de la tribu concernée au lieu dit Bazaha, il envoya Oukasha Bin Al-Mihsan et Thabit Bin Al-Akram en éclaireurs à cheval. Le cheval d’Oukasha s’appelait Al-Razam et celui de Thabit, Al-Muhbir. Ils rencontrèrent en face Tulayha et son frère Salamah qui étaient venus épier l’armée musulmane. Tulayha s’engagea dans un duel avec Oukasha et Salamah confronta Thabit. Les deux compagnons tombèrent en martyrs sous les armes des deux frères. Abou Waqid Al-Laysi relate : « Nous étions deux cents et nous nous sommes mis à côté des dépouilles d’Oukasha et de Thabit. Quand Khalid Bin Walid s’est approché, il nous a ordonné de les enterrer dans leurs vêtements ensanglantés. » Cet incident de leur martyr datait de la douzième année de l’hégire.

Kharija Bin Zaid était un autre compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il était issu de la famille Aghaz de la tribu des Khazraj. Sa fille, Habibah Bint Kharija, était l’épouse d’Abou Bakr et de leur union est née Umm Kulthum. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Kharija Bin Zaid et Abou Bakr As-Siddiq. Il était chef de tribu et faisait partie des illustres compagnons. Il avait fait la bai’ah à ‘Aqabah. Il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud : il est tombé en martyr lors de cette dernière après s'être battu avec grand courage. Touché par des flèches, il gisait avec plus de treize blessures quand Safwan Bin Umayyah est passé par là. L’ayant reconnu, il lui a donné un coup mortel et l’a défiguré, en disant que Kharija Bin Zaid faisait partie de ceux qui avaient tué Umayyah Bin Khalf, son père, lors de la bataille de Badr. Safwan Bin Umayyah s’est dit qu’il avait eu l'occasion de tuer les meilleurs parmi les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et d’apaiser sa vengeance. Il a tué Ibn Qawqal, Kharija Bin Zaid et Owais Bin Al-Arqam.

Kharija Bin Zaid et Sa’d Bin Rabi, son cousin, ont été tout deux enterrés dans la même tombe.

‘Abbas Bin ‘Oubadah, le jour de la bataille d’Ouhoud, annonçait à haute voix : « Ô Musulmans ! Cramponnez-vous à Allah et à Son messager ! Ce malheur vous a frappés en raison de votre désobéissance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ils vous promettaient l’aide mais vous avez manqué de patience. »

Ensuite ‘Abbas Bin ‘Oubadah a enlevé son casque et son armure et a demandé à Kharija Bin Zaid s’il en avait besoin. Celui-ci lui a répondu : « Je souhaite la même chose que toi. » Tous deux se sont avancés vers l’ennemi. ‘Abbas Bin ‘Oubadah disait : « Si le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est blessé en notre présence quelle excuse présenterons-nous à Dieu ? » « Certainement, aucune » a répondu Kharija Bin Zaid.

Sufyan Bin ‘Abd Shams Al-Salmi a tué Abbas Bin ‘Oubadah et Kharija Bin Zaid avait plus de dix blessures causées par des flèches. Malik Bin Douhsham est passé à côté de Kharija Bin Zaid au cours de la bataille d’Ouhoud : celui-ci était assis, portant treize blessures fatales. Malik Bin Douhsham lui a demandé : « Savez-vous que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est tombé en martyr ? » Kharija Bin Zaid a répondu : « S’il en est ainsi, certainement Allah est vivant et Il ne meurt pas. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous a encouragés à nous battre pour notre foi. »

Kharija Bin Zaid avait deux enfants. Son fils Zaid Bin Kharija est mort à l’époque du Califat d’Outhman. La fille de Kharija Bin Zaid, Habibah Bint Kharija, s’était mariée à Abou Bakr, et elle était enceinte au moment du décès de son mari. Abou Bakr disait qu’il s’attendait à la naissance d’une fille et il en fut ainsi.

Ziyad Bin Loubayd était un autre compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sa mère s’appelait Oumra Bint ‘Oubaid Al-Atrouf. Ziyad Bin Lubayd avait un fils nommé ‘Abdoullah. Il avait embrassé l’Islam lors de la deuxième [allégeance] à ‘Aqabah en compagnie de 70 autres personnes. Lorsqu’il est retourné à Médine, il a brisé toutes les idoles de sa tribu, celle des Banou Bayada. Ensuite il s’est établi à La Mecque puis est retourné à Médine après l’émigration du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). C’est pour cette raison que Ziyad Bin Lubayd portait le titre de Muhajir-Ansari : il était à la fois un émigrant et un Ansar. Il avait participé à toutes les campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Quand celui-ci est arrivé à Médine il est passé dans le quartier de la tribu des Banou Bayada. Ziyad Bin Lubayd l’a accueilli, l’offrant de le loger dans sa demeure. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé de laisser libre sa chamelle qui chercherait elle-même sa destination.

Au cours du mois de Mouharram de l’an 9 de l’hégire, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nomma Ziyad Bin Lubayd collecteur des aumônes et de la Zakat de la région de Hadramaout. Il a occupé ce poste jusqu’à l’époque du Califat d’Oumar. Après avoir été relevé de ses fonctions il s’est établi à Koufa où il est décédé en l’an 41 de l’hégire.

Ash’at Bin Qays Al-Kandi faisait partie des rebelles, qui, à l’époque d’Abou Bakr as-Siddiq, avaient refusé de payer la Zakat. Ziyad Bin Lubayd a été choisi pour une expédition punitive à son encontre. Le rebelle s’était réfugié dans la forteresse de Nuhir quand Ziyad Bin Lubayd a lancé son assaut. Il a entamé un long siège suite auquel Ash’at Bin Qays Al-Kandi lui a demandé de garantir sa sécurité et celle de neuf autres personnes. Ziyad Bin Lubayd lui a demandé d’envoyer sa demande afin qu’il l’avalise. Quand Ash’at Bin Qays Al-Kandi a ouvert les portes de la forteresse il a constaté qu’il avait oublié d’inclure son nom dans la liste de neuf individus. Sur ce, il a été fait prisonnier et envoyé à Médine.

Mout’ab Bin ‘Oubayd était un autre compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il n’avait pas d’enfant ; et son neveu, Ousayr Bin Ourwa était son héritier. Mout’ab Bin ‘Oubayd avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud et est tombé en martyr le jour d’Al-Raji’, avec neuf autres musulmans. Mirza Bashir Ahmad Saheb relate que c’étaient là des jours de grand péril pour les musulmans. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) recevait de toutes parts des nouvelles terrifiantes. Mais le plus grand danger venait des Qurayshites qui s’étaient enhardis et enorgueillis en raison de la bataille d’Ouhoud.

Lors du mois de Safar en l’an 4 de l’hégire le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) prépara une expédition de dix compagnons avec Ahsan Bin Thabit à leur tête. Il l’ordonna de s’approcher de La Mecque secrètement afin de se renseigner sur les Qurayshites et de l’informer à propos de leurs efforts et de leurs intentions. Avant l’envoi de l’expédition, quelques membres des tribus d’Adal et de Qarah se présentèrent au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour l’informer qu’un nombre important des leurs souhaitait embrasser l’Islam et de leur envoyer quelques personnes leur enseigner l’Islam. Acceptant leur requête le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) leur envoya l’expédition qu’il souhaitait envoyer sur la mission de renseignement. Or, ces gens mentaient et étaient venus à Médine sur l’incitation de la tribu des Banou Lihyan, qui souhaitaient se venger de la mort de leur chef Soufyan Bin Khalid. Ils comptaient faire sortir des musulmans de Médine afin de les attaquer. La tribu des Banou Lihyan avait offert en cadeau de nombreux chameaux aux gens d’Adal et de Qarah. Quand les traîtres de ces deux tribus arrivèrent entre Asfan et La Mecque, ils ont informés secrètement les Banou Lahyan que des musulmans les accompagnaient. Deux cents jeunes, dont cent archers, sortirent pour poursuivre les musulmans et les confrontèrent à Al-Raji’. Ces dix musulmans ne faisaient pas le poids devant les deux cents soldats. Or, les musulmans avaient reçu l'ordre de combattre en de telles situations. Les compagnons grimpèrent sur une colline et se préparèrent à mener le combat. Les Kouffar, qui n’avaient aucun scrupule à tromper les autres, leur promirent de ne pas les tuer s’ils descendaient de la colline. ‘Asim leur répondit qu’ils n’avaient aucune confiance dans leurs promesses et qu’ils ne descendraient pas. Se tournant ensuite vers le Ciel il dit : « Ô Seigneur ! Tu vois notre condition. Informe donc ton prophète à propos de notre situation. »

‘Asim et ses compagnons menèrent le combat et sept tombèrent en martyr. Ils ne restaient que Khubayb Bin Adi, Zayd Bin Dasna et un autre compagnon. L’intention des mécréants était de les attraper vivants. Ils invitèrent les trois musulmans à descendre, leur promettant la vie sauve. Les musulmans, trop confiants, tombèrent dans leur piège : une fois descendus les mécréants les ligotèrent avec les cordes de leurs arcs. ‘Abdullah Bin Tariq, le compagnon de Khubayb et de Zayd, se courrouça, déclarant que c’était là une autre violation de leur parole et qu’ils ignoraient le traitement qu’ils leur réservaient. ‘Abdullah refusa de les accompagner et les mécréants le traînèrent, le tabassèrent et le tuèrent, abandonnant son corps là-bas. Étant donné qu’ils avaient assouvi leur vengeance, afin de faire plaisir aux Qurayshites et par avidité, ils se rendirent à La Mecque vendre Khubayb et Zayd. Les fils de Harith Bin Nawfal achetèrent Khubayb, car il avait tué leur père lors de la bataille de Badr. Safwan Bin Umayyah quant à lui acheta Zayd. Celui-ci est lui aussi tombé en martyr en fin de compte.

Khalid Bin Bukayr était un autre compagnon de Badr. Lui et ses frères Aqil, Amir et Ayas étaient les premiers à embrasser l’Islam à Dar Al-Arqam. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Khalid Bin Bukayr et Zayd bin Dasna. Khalid Bin Bukayr participa aux batailles de Badr et d’Ouhoud et tomba en martyr à Raji’, où dix musulmans sont tombés en martyrs suite à la perfidie [des mécréants]. Khalid Bin Bukayr participa dans l’expédition envoyée par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sous la direction d’Abdullah Bin Jahash avant la bataille de Badr. Il tomba en martyr à l’âge de 34 ans, au cours du mois de Safar, la quatrième année de l’hégire en compagnie d’Asim Bin Thabit et de Marthad Bin Marthad al-Ghanwani en combattant les tribus d’Adal et de Qarah.

Selon Ibn Ishaq, Raji’ était le nom d’une source appartenant à la tribu des Oudayl et située dans un recoin du Hejaz. Les tribus d’Adal et de Qarah y menèrent les musulmans en les trompant et soulevèrent la tribu des Oudayl contre eux. Les musulmans étaient dans leurs tentes quand ils se virent entourés de gens brandissant des épées. Quand les musulmans s’apprêtèrent à les combattre, les mécréants dirent qu’ils ne souhaitaient pas les tuer mais les transporter vivants à La Mecque afin d’être payés. Marthad Bin Abi Marthad, ‘Asim Bin Thabit, Khalid bin Bukayr répliquèrent : « Par Allah ! Nous ne faisons pas de pacte avec les mécréants. » Ils se battirent jusqu’à tomber en martyr. Hassan Bin Thabit leur rend hommage dans ses vers en ces termes :  

« Si seulement j’étais présent alors à Raji’ en compagnie d’Ibn Tariq, de Zayd et de Marthad ! De simples souhaits sont vains ! Mais j’aurai sauvé mes amis Khubayb et ‘Asim. Si j’étais parvenu jusque Khalid, je l’aurai sauvé également ! »

Ils avaient consenti à des sacrifices afin de protéger leur foi : ainsi ont-ils gagné la satisfaction d’Allah. Dans l’un de ses livres le Messie Promis (a.s.) déclare : « Je remercie ce Dieu Qui octroie des faveurs, qui éloignent les malheurs. Que la paix et les bénédictions d’Allah soient avec Son Prophète, l’Imam des hommes et des djinns, celui qui attire le cœur pur méritant le Paradis ! Que les bénédictions soient également avec ses compagnons qui ont couru comme des assoiffés vers la source de la foi, et qui dans les ténèbres de l’égarement ont été éclairés par la lumière du savoir et des actes miraculeux ! »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute au sujet des compagnons : « Le jour ils étaient des lions sur le champ de bataille, la nuit des adorateurs. Pour la religion ils étaient des étoiles. » C'est-à-dire, ils se consacraient au culte divin la nuit. Ils sont les étoiles de la religion et ont mérité le plaisir de Dieu. Qu’Allah nous permette également d’augmenter nos connaissances et d’améliorer notre conduite et le niveau de nos actes d’adoration nocturnes !

Après la prière de Joumou’ah, je dirigerai la prière funéraire d’Ismail Malagala Saheb, qui a servi en tant que missionnaire en Ouganda. Il a subi un arrêt cardiaque le 25 mai dernier avant la prière du vendredi : il est parti rencontrer Son créateur à l’âge de 64 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi Raaji’oun. Ismail Malagala Saheb naquit en 1954 à Mukono, en Ouganda. Son père et sa mère étaient tous deux chrétiens : il était ainsi chrétien de naissance.

Malagala Saheb était le beau-frère de Haji Shuaib Nasira et se rendait régulièrement chez ce dernier. C’est par son intermédiaire qu’il s’est intéressé à l’islam. Pendant une longue période il lui posait des questions, et en obtenait des réponses. Peu à peu il comprit la véracité de l’islam. Finalement, en 1978, il fit la bai’at et se joignit à l’islam et l’Ahmadiyya. Lorsqu’il accepta l’islam, il confia à Haji Shuaib Nasira, que depuis son enfance il souhaitait devenir prêtre, et qu’il désirait à présent servir l’islam.

Celui-ci de l’informer qu’il pouvait dédier sa vie afin de servir l’islam. Muhammad Ali Kaire, qui occupe actuellement les fonctions d’Amir de la Jama’at de l’Ouganda, était retourné du Pakistan après avoir terminé sa formation à la Jami’a du Pakistan. En 1980, il envoya Malagala Saheb au Pakistan accompagné de cinq autres Khuddam. Il s’enrôla en décembre 1980 à la Jami’a Ahmadiyya de Rabwah. Il compléta sa formation le 1er mars 1988. Le directeur de la Jami’a de l’époque, Syed Mir Mahmood Ahmad Nasir Saheb, écrit au sujet de sa période de formation que le défunt n’était certes pas un élève brillant mais qu’il était soucieux des règles et obéissant. Il était humble et se consacrait à l’adoration divine avec ferveur. Il rencontrait les aînés de la communauté et leur faisait des requêtes de prières. Le défunt avait déployé des efforts conséquents afin de compléter ses études à la Jami’a Ahmadiyya.

En 1984, lorsque le quatrième Califerha avait dû quitter le Pakistan, le défunt avait proposé ses services avec grande joie et beaucoup de courage en ces moments troubles.

Le directeur actuel de la Jami’a, Mubashir Ayyaz Saheb, écrit à son sujet : « Nous étions ensemble à la Jamia. Il était très pieux et circonspect. Il faisait partie de ces étudiants de la Jami’a qui avaient une passion particulière pour l’adoration et d’autres exercices spirituels. L’obéissance était l’une de ses plus grandes qualités, digne d’être mentionnée. Étant un des responsables à la Jami’a, j’ai eu plusieurs fois affaire à lui. Il était très humble et obéissant. Il était un grand amateur du football, et était considéré comme un coéquipier très spécial ; c’est ainsi qu’on le sélectionnait en particulier.

Après ses études à la Jami’a, il a été posté en Ouganda en tant que missionnaire en 1988, où il a travaillé dans de nombreuses Jama’ats. En 2007, il s’était rendu au Pakistan avec deux autres missionnaires de l’Ouganda où il a complété le travail de révision de la traduction du Saint Coran en langue Luganda en 3 mois. Il avait peut-être peu de connaissances lors de ses études à la Jami’a, mais il a grandement augmenté son savoir par la suite. Le défunt avait une énorme passion pour le Tabligh ; de nombreuses personnes ont accepté l’Ahmadiyya par son intermédiaire. Il parcourait de grandes distances à vélo pour le Tabligh. Une fois alors qu’il était en route pour une mission de prédication, sa femme décéda et il n’y avait aucun moyen de le contacter. Il l'apprit lorsqu’il revint de son voyage et elle était déjà enterrée. Toute sa vie durant il a servi la religion dans une grande simplicité. Il avait une nature douce, débordait d’empathie et de compassion, était soucieux des pauvres et ressentait un grand amour pour le Califat. Il considérait qu’il était très important de suivre tous les ordres du Calife. La grande majorité des missionnaires africains et ceux qui sont dédiés, sont attachés au Califat comme le sont en général tous les Africains : or, le défunt avait un lien particulier avec le Califat.

L’Amir de l’Ouganda, Muhammad Ali Kaire Saheb, écrit : « Le défunt était un missionnaire exemplaire, il avait une nature pieuse ; il faisait beaucoup de Tabligh, et servait la religion. Malgré de nombreuses difficultés, il ne se plaignait jamais. Au contraire il était toujours impliqué d’une façon ou d’une autre dans le service de la religion. Après le décès de sa première femme, il se maria de nouveau, et peu après il se maria une troisième fois. L’une de ses épouses écrit : « Le défunt était toujours aimant, très doux, très calme en toutes circonstances, et remerciait toujours Dieu. » Sa fille écrit : « Notre père était une personne très pleine d’affection et il était indulgent. Il s’occupait toujours de nos besoins, et il nous enjoignait toujours de conformer nos faits et gestes à la religion. Il a laissé deux femmes et neuf enfants derrière lui. Qu’Allah lui accorde Sa grâce ainsi que sa miséricorde et qu’Il fasse que sa descendance soit attachée à la Jama’at et au Califat.


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