Sermon du vendredi 25 mai 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a cité le verset 56 du chapitre 24 du Coran avant d'entammer son sermon.

Allah a promis à ceux d’entre vous qui croient, et qui font de bonnes œuvres, qu’Il fera assurément d’eux des Successeurs sur la terre, tout comme Il a fait des Successeurs de parmi ceux qui les ont devancés ; et qu’Il établira assurément pour eux leur religion qu’Il a choisie pour eux ; et qu’Il leur donnera assurément en échange, après leur crainte, sécurité et paix : Ils M’adoreront, et ne M’associeront rien. Puis quiconque sera ingrat après cela, celui-là sera du nombre des rebelles. Et observez la Prière et payez la Zakat et obéissez au Messager, afin que miséricorde vous soit faite. (Le Saint Coran, chapitre 24, versets 56 et 57)

Ces versets évoquent une promesse divine. Allah nous promet une faveur si nous respectons certaines conditions : il s’agit du Califat. Il vous accordera la force et transformera votre peur en paix. Ainsi il s’agit d’une promesse non pas d’une prophétie. Allah n’affirme pas qu’Il accordera certainement cette faveur. Certes, Il l’accordera quand on respectera toutes les conditions liées à cette promesse.

L’adoration de Dieu et se détourner entièrement du polythéisme font partie de ces conditions. Si l’on n’est pas en train d’adorer Dieu, en respectant toutes les exigences de cette adoration, et si l’on n’évite pas entièrement le polythéisme comme le souhaite Allah le Très-Haut, l’on ne pourra pas profiter entièrement de cette promesse. Même si le Califat est présent, ceux qui ne respectent pas ces conditions ne pourront pas en profiter.

Le Saint Coran explique que le Califat reposant sur les préceptes du prophétat sera établi durant les derniers temps. Les hadiths prédisent aussi l’avènement de ce Califat reposant sur les préceptes du prophétat, qui sera d’ailleurs permanent. Le Messie Promis (a.s.) nous a expliqué clairement que le Califat sera établi après lui et sera permanent. Or, dans ce verset Allah explique aux musulmans que pour profiter de cette promesse et de ses faveurs, ils vont devoir se réformer. Il ne suffira pas de se proclamer musulmans pour mériter les faveurs du Califat. Ainsi Allah prodigue ce conseil aux musulmans : ils doivent accomplir la Salat afin de respecter les exigences de son adoration et se prémunir du Shirk. Ils doivent aussi payer la Zakat et obéir au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). C’est là qu’ils pourront attirer la miséricorde divine.

Dans le cadre de l’obéissance, il ne faut pas oublier cette injonction du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Celui qui obéit à l’émir que j’ai nommé, m’obéit ; et celui qui désobéit à mon émir, me désobéit. » L’émir le plus important nommé par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est le Calife. L’on comprend qu’il est essentiel d’obéir au Calife tout comme l’on doit obéissance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Or, il ne s’agit pas ici du Califat établi de force par l’aide des maîtres temporels. Il s’agit du Califat établi selon les préceptes du prophétat. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclare ouvertement que ce Califat sera établi après l’avènement du Messie Promis (a.s.), car ce dernier sera le Khâtam-oul-Khulafa. Ce Califat ne lancera pas des guerres ou ne commettra pas d’exactions : il enjoindra le respect de la Salat, ainsi que le paiement de la Zakat et les sacrifices financiers afin de favoriser la diffusion du message de la foi et combler les besoins d’autrui.

Ce système existe uniquement au sein de la Jama’at Ahmadiyya. L’obéissance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) vise à engendrer l’unité. Ceci est impossible sans le Califat. Les autres musulmans accomplissent sans nul doute la Salat ; or en raison du manque d’unité, leurs cœurs sont divisés. En dépit d’appartenir à la même obédience, ils sèment la division pour des questions mineures.

Ces jours-ci les oulémas font aussi de la politique au Pakistan afin de protéger leur chaire et afin d’atteindre leurs objectifs. Ils s’entre-déchirent et telle est la situation de ceux qui les suivent. Quelque temps de cela il y avait des manifestations contre l’état au Pakistan. Par la suite les deux groupes d’oulémas étaient à couteaux tirés. L’un clamant « Labbaik Ya Rasoulallah » tentait d’atteindre ses objectifs et voulait se faire passer pour le leader. L’autre tentait quant à lui de redorer son blason au nom du Khatm-un-Nubuwwah. Les chaînes pakistanaises ont relayé tout ce feuilleton dans le monde entier. En dépit de cela, leurs suivants n’ont pas saisi qui ils étaient en train de suivre. Ces gens-là pourront-ils renforcer la position des populations musulmanes ? Pourront-ils les guider sur le droit chemin ? Certainement pas, car ils sont corrompus, selon le hadith du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) affirmant que les oulémas de l’époque seront les pires créatures.

[Les musulmans] paient la Zakat mais on ignore comment elle est dépensée, en dépit de l’assurance de l’État qu’il y puise pour aider les pauvres. Or, des millions sont détournés des fonds de la Zakat, à en croire les médias. Il n’est même pas question de la diffusion du message de l’islam. Ces États établis au nom de l’islam, ceux qui possèdent des pétrodollars, n’entreprennent rien pour diffuser le message de l’islam. Seule la Jama’at Ahmadiyya est en train de l’accomplir en consentant à des sacrifices. Ce système sera efficace uniquement en présence du Califat. Certains oulémas et des personnes sensées évoquent la nécessité du Califat. Mais quand on leur invite à accepter le Califat établi par Dieu, ils refusent de le faire, voire ils y sont davantage hostiles.

On en a vu un exemple deux jours auparavant à Sialkot avec l’incident concernant une de nos mosquées et la maison qui y est annexée. Les mollahs et quelques centaines de leurs suppôts avec l’aide – ou plus précisément sous l’égide de la police et des autorités – ont accompli une « œuvre monumentale », une « attaque surprise et nocturne » afin de sauver l’islam. La police avait d’ailleurs scellé cette maison quelques jours de cela, sans aucune raison. Personne n’y résidait. Les émeutiers l’ont saccagé sous la direction de la police. Cette maison et la mosquée existent depuis plus de cent ans, avant même la création de l’État du Pakistan. Personne ne pouvait accuser les Ahmadis de l’avoir construite aujourd’hui ou dire qu’ils devaient détruire son minaret et sa coupole. Ces gens débordent d’hostilité : ils annoncent qu’ils s’attaqueront à d’autres mosquées et les détruiront. Ce sont-là les déclarations d’un certain Hafiz ou Qari appartenant à un parti politique. Ils se proclament Huffaz mais ne possèdent aucune connaissance du Coran. Or, tel est leur destin à cause de leur hostilité à l’encontre du Khâtam-ul-Khulafa, le Juge Juste suscité par Allah. Quoiqu’ils récitent des versets du Coran, ils n’en possèdent aucune connaissance. Ils ne peuvent comprendre les préceptes du Coran : c’est là un autre châtiment de la part de Dieu. Or, ils sont très « éclairés » quand il s’agit de fomenter des troubles. Ils peuvent en fomenter autant qu’ils le souhaitent et pour ce faire ils ont l’imagination très fertile. En tout cas, nous ne sommes pas à leur hauteur dans ce domaine ! Ceci est leur état d’esprit : ils se conspuent les uns les autres dans leurs mosquées. En y ourdissant des complots, ils profanent la sainteté de leurs lieux de culte. Ils profanent aussi celles de nos mosquées, bâties uniquement pour l’adoration d’Allah, en les scellant et en s’attaquant à elles. Ceci est le résultat du fait qu’ils préfèrent leurs intérêts personnels à la foi.

Tant qu’ils n’accepteront pas le Califat établi en accord avec les prophéties du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), ils ne cesseront de commettre ces infamies et l’on ne pourra espérer aucun acte de bienveillance de leur part. Il existe certes d’honnêtes gens à l’instar de cette femme qui, dans l’hémicycle du sénat, a condamné cet acte. Attendons voir quel sort les mollahs et les politiciens cupides réserveront à cette pauvre femme ! Généralement, ils harcèlent tellement ces nobles gens qu’ils sont contraints d’abandonner la politique ou de s’excuser. Pour ce qui est de nos sentiments, ils ont détruit un monument historique datant de l’époque du Messie Promis (a.s.) et l’État l’a saisi. Notre réponse face à cette situation était, et sera, toujours la même :

إِنَّمَا أَشْكُو بَثِّي وَحُزْنِي إِلَى اللَّهِ

« Je me plains de mon affliction et de ma douleur uniquement à Allah… »

Certes nous avons un lien sentimental avec ces bâtiments. Or la protection d’édifices n’est pas l’unique moyen pour nous d’exprimer notre lien avec le Messie Promis (a.s.). C’est en suivant ses enseignements et en se liant au Califat tout en respectant les conditions fixées par Dieu pour profiter des faveurs [de ce leadership spirituel] que nous pourrons exprimer notre attachement au Messie Promis (a.s.). C’est aussi en rehaussant le niveau de notre adoration, de notre respect des préceptes divins et de notre obéissance. Nous allons devoir nous évertuer dans ce sens.

Quelqu’un demanda au Messie Promis (a.s.) le but de l’avènement d’un Calife. Sa réponse mérite d’être gravée dans nos mémoires. Il répondit : « La réforme. Adam, explique-t-il, est le père de notre lignée humaine. Après un laps de temps important la conduite de l’humanité s’est détériorée ; en oubliant son objectif principal et celui de l’Écriture divine, elle s’écarta du droit chemin. Sur ce, Allah de par Sa grâce suscita un messager afin de guider le monde et l’extirper des bas-fonds de l’égarement. La gloire divine s’est manifestée et telle une lampe, la lumière de la perception divine s’est de nouveau rallumée sur Terre. Telle est la Sounnah (la pratique) de Dieu depuis l’époque d’Adam jusqu’au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ainsi lorsqu’on oublie, après un certain temps, les enseignements du Prophète d’antan et qu’on perd la lumière de la droiture et de la foi, quand le monde est empêtré dans l’égarement et le péché et entouré de toutes parts par les ténèbres, l’attribut d’Allah entre en action. Par le truchement d’un grand personnage Allah rétablit sur terre Son nom, Son unicité ainsi que les excellences morales, prouvant Son existence grâce à des milliers de signes. Ainsi il rétablit de nouveau sur Terre l’Irfan (la perception divine) ainsi que la Taqwa perdue. »

Les musulmans et les non-musulmans ont perdu la foi et la Taqwa. C’est pour cette raison qu’Allah a suscité le Khâtam-ul-Khulafa en accord avec les prophéties du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Une révolution spectaculaire a ensuite lieu. Notre communauté a été établie conformément à cette Sounnah. » Cette dernière phrase mérite que l’on s’y attarde. Ainsi, la Jama’at Ahmadiyya a été établie afin de prouver l’existence de Dieu, de rétablir de nouveau l’unicité divine ainsi que les excellences morales. La conduite de la majorité des musulmans est désastreuse. Ils s’adonnent au culte des morts et sont ainsi coupables de polythéisme et d’innovation. Ils admettent que les musulmans sombrent dans la débauche et la dépravation. Ils écrivent même des éditoriaux à ce propos. Or ils ne sont pas prêts à accepter celui qui s’est asservi au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et qu’Allah a suscité afin de les guider et de les sortir des gouffres de l’égarement. Ils s’adonnent à des actes de polythéisme secrets. Il n’existe pas en eux une once d’excellence morale. Or la dernière phrase du Messie Promis (a.s.) doit constamment nous éclairer, notamment que cette communauté a été établie selon cette ancienne Sounnah.

Lorsque la débauche, la transgression et les troubles sévissent en ce monde, quand la moralité disparaît et l’unicité divine est oubliée, Allah suscite son bien-aimé et renouvelle la foi par son entremise. Si, après avoir accepté le Messie Promis (a.s.), nous ne nous réformons pas, notre situation sera des plus inquiétantes. Nous devons accomplir constamment notre analyse de conscience : sommes-nous en train d’accomplir les œuvres qu’Allah a liées aux faveurs découlant du Califat ? Quelle est la norme fixée ? Quelle est la norme de nos actes d’adoration ? Nos actes et nos paroles sont-ils exempts du polythéisme ? Quelle est la norme de nos sacrifices financiers et de notre obéissance ? Sommes-nous à la hauteur des attentes d’Allah et de Son Prophète à notre égard ? À cette époque sommes-nous en train d’essayer d’atteindre l’excellence que le Messie Promis (a.s.) souhaitait voir parmi les membres de sa communauté ? Dans un hadith on retrouve l’importance de l’adoration et des prières. Abou Hourairah rapporte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « La première chose dont l’homme devra des comptes est la prière au jour de la résurrection. S’il passe l’épreuve, il réussira et atteindra le salut. S’il y échoue, il sera alors humilié et sera du nombre des perdants. S’il y a des manquements dans ses prières obligatoires, Allah le compensera par ses nawafil. De même toutes ses autres actions seront-elles jugées. »

Telle est l’importance des prières. Ces jours-ci l’effervescence du mois de Ramadan encourage tout le monde à se consacrer aux prières et à visiter les mosquées. Or, cela ne doit pas se limiter au seul mois du Ramadan. Allah n’exigera pas uniquement des comptes au sujet des prières faites durant ce mois : toutes les prières de la vie seront analysées. Il faut donc s’en soucier grandement.

Allah a répandu de grandes faveurs sur l’homme. Il peut y avoir des manquements dans les prières obligatoires, en raison des faiblesses humaines. En effet la nature humaine est ambivalente, parfois l’homme ne peut s’acquitter de ses devoirs. Pour pallier cela Allah l’Exalté déclare qu’il compensera les manquements dans les prières obligatoires par les nawafil accomplies durant toute sa vie.

Jabir (r.a.) rapporte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « Être négligent dans l’observation de la Prière rapproche un homme du polythéisme et de l’incroyance. »

Il s’agit de manquements très graves. Le polythéisme est un crime des plus déplaisants aux yeux d’Allah. Allah ne le pardonne jamais. Peut-on bénéficier de cette faveur d’Allah qu’est le Califat en commettant cette transgression ?

En expliquant la teneur de la Salat, sa grandeur d’esprit et son essence, le Messie Promis (a.s.) déclare :

« D’aucuns se rendent aux mosquées, prient et respectent également les autres piliers de l’islam, mais ne sont pas récipiendaires de l’aide divine, et on ne peut voir de changements significatifs dans leurs mœurs et habitudes. » Un changement drastique doit se manifester dans les habitudes et les mœurs des personnes qui prient. « Ce qui laisse présager que leurs actes d’adorations ne sont que routiniers, et dénués d’une quelconque réalité qui y est inhérente. Le respect des commandements divins est telle une graine, qui influe à la fois sur l’âme et le corps. » Une semence doit avoir un effet sur l’âme. Une graine placée en terre pousse et s’épanouit. De même la Salat doit influer sur notre âme, notre corps et nos mœurs. Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Lorsqu’un paysan irrigue son champ et l’ensemence aux prix de grands efforts et qu’après deux mois il n’y a aucune germination, il en conclut que les semences n’étaient pas de bonne qualité. »

La « germination » signifie la transformation de la graine en pousse. J’explique ici le terme « germination » [en ourdou] car certains traducteurs disent que j’utilise des termes dont ils ignorent le sens. « Il en est de même pour l’adoration, si une personne considère que Dieu est unique, et qu’Il n’a aucun associé, et de plus elle prie, jeûne, et essaie en apparence au mieux qu’elle peut de suivre les commandements divins, mais qu’elle n’obtient pas une aide particulière de la part d’Allah, alors il faudra conclure que la graine semée était de mauvaise qualité. » Nous devons toujours garder à l’esprit ce point, il faut que l’on reconnaisse l’amour divin à travers l’amélioration de nos adorations, et de nos mœurs. Si nous constatons une amélioration, cela signifie que nos prières sont efficaces, et que nous sommes en train de nous rapprocher de Dieu. Si notre situation ne s’améliore pas en apparence, cela signifie que nous ne sommes pas récipiendaires de l’amour divin, et que nos prières sont vaines.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute à ce sujet : « Qu’est-ce la Salat ? C’est une supplication qu’on adresse à Dieu avec humilité, tout en proclamant Sa gloire, en chantant Ses louanges, en exaltant Sa Sainteté, en implorant Son pardon et en Lui demandant d’envoyer Ses bénédictions et Sa grâce sur le Saint Prophète Muhammad (sur lui bénédictions et paix !). Au cours de la Salat, ne vous limitez pas aux prières prescrites en arabe seulement, comme le font les gens non avisés. »

Si l’arabe n’est pas notre langue maternelle nous ne devons pas nous en tenir au seul texte arabe, car cela n’est pas suffisant pour faire naître le ressenti nécessaire aux supplications.

Il continue : « Leurs salats et leur repentir ne sont que routiniers, loin de la réalité qui y est inhérente. Mis à part la récitation des versets coraniques qui sont les Paroles de Dieu, et les prières transmises par la Tradition qui sont les paroles du Messager de Dieu (sur lui bénédictions et paix !) »

Il faut réciter les supplications que faisait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ainsi que celle qu'évoque le Saint Coran. Il faut les comprendre et mémoriser leurs significations afin que nous puissions saisir leurs essences. D’aucuns font leurs propres supplications ou en mémorisent d’autres. Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « En sus de ces supplications prescrites, faites aussi vos propres supplications lors de la Salat ; adressez celles-ci à Dieu dans votre propre langue maternelle avec humilité et soumission, afin que cette impuissance et ces requêtes puissent attendrir et y faire participer vos cœurs. »

Ensuite le Messie Promis (a.s.) déclare : « La Salat est tellement puissante qu’à travers elle, les cieux s’inclinent vers l’homme. (C’est-à-dire qu’Allah l’Exalté se rapproche.) Celui qui respecte les exigences de la Salat ressent qu’il est mort, son âme, fondant et tombant devant le seuil d’Allah. Une maison où la Prière est offerte de cette façon ne sera jamais détruite. Selon un hadith si la Salat eût été prescrite au peuple de Noé, il n’eût pas été détruit. Le Hajj est obligatoire mais avec certains préalables (il n’est pas obligatoire pour tout le monde), tout comme le jeûne. »

Les malades et ceux qui voyagent en sont exemptés. Les voyageurs peuvent remplacer les jeûnes manqués, mais certains malades n’arrivent pas à jeûner du tout. Certaines conditions s’appliquent au jeûne.

« La Zakat est également sujette à conditions. » Ceux qui ont des économies doivent payer la Zakat. « Cependant l’ordre d’offrir la Prière est inconditionnel. Toutes les autres obligations doivent être respectées une fois l’an, mais la Salat est prescrite cinq fois par jour. Tant que la Salat n’est pas observée selon toutes ses exigences, elle ne portera pas les bénédictions qui lui sont attachées. Une telle allégeance [sans respecter ces conditions] est futile. »

Le Messie Promis (a.s.) déclare que tant que la Salat ne sera pas observée en respectant toutes les conditions qui y sont liées, nous ne pourrons pas obtenir les bénédictions qui en découlent. Lui prêter allégeance sans respecter ces conditions sera vain. Tel est le niveau que nous devons essayer d’atteindre.

Ensuite Allah nous demande de nous préserver du polythéisme. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) redoutait le Shirk au sein de sa communauté. Dans un hadith ‘Ubadah Bin Nasi rapporte à propos de Shaddad Bin 'Ausra que ce dernier pleurait. On lui demanda : « Pourquoi pleurez-vous ? » Il répondit : « Je me suis souvenu d’une parole du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et cela m’a fait pleurer. J’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dire : « Je redoute le shirk et ses désirs secrets au sein de mon ummah. » Je demandai : « O Prophète d’Allah, est-ce que vos suivants s’adonneront au shirk après vous ? » Le Saint Prophète répondit : « Oui, même si mes suivants n’adoreront pas le Soleil et la Lune, l’idole et la pierre, cependant ils souffriront de l’ostentation dans leurs actes et seront victimes de leurs désirs cachés. L’un d’eux entamera le jour en jeûnant mais lorsqu’il désirera quelque chose, il mettra fin à son jeûne pour satisfaire son désir. »

Il ne se souciera pas de son jeûne et jeûnera en apparence. La dernière fois j’avais raconté une anecdote, relatant que des personnes jeûnent pour leurs parents, mais dans l’après-midi elles vont manger à l’extérieur, et le soir reviennent rompre le jeûne avec leur famille, comme si elles avaient réellement jeûné. Telle est la situation de certains. L’un des journaux d’ici a publié un article à ce sujet, comme je l’avais cité la semaine dernière.

Cette situation est très inquiétante. Si nous accomplissons notre introspection en profondeur, nous constaterons plusieurs exemples de shirk secret. Parfois il nous arrive de manquer des prières en raison de l’assouvissement de nos désirs, parfois nos jeûnes sont affectés ou manqués en raison des prétextes mondains. Un jeune homme m’informa qu’il tenait une pizzeria et qu’il était contraint de goûter les pizzas lorsqu’il les préparait, c’est pour cette raison il ne jeûnait pas ou il lui arrivait de manquer des jeûnes. On ne peut que réciter Inna lillah en entendant cela. Étant ahmadis, comment pouvons-nous agir de sorte ? Je ne sais pas si en disant cela il a éprouvé une quelconque gêne ou pas, mais en écoutant les agissements de telles personnes j’éprouve moi de l’embarras. Nous proclamons que nous voulons être récipiendaires des grâces divines, mais si nous nous éloignons de ses commandements notre revendication sera mensongère. Le Messie Promis (a.s.) déclare en citant une partie d’un verset : « Dieu affirme dans le Saint Coran :

وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ

c’est-à-dire, que tous les péchés peuvent être pardonnés sauf le shirk. Éloignez-vous donc du polythéisme, considérez-le comme l’arbre défendu. »

Ensuite il ajoute : « Le Tawhid (l’unicité de Dieu) ne signifie point proclamer verbalement la ilaha illallah quand on dissimule au fond du cœur des centaines d’idoles. Quiconque vénère ses plans, ses desseins malveillants, ses ruses, son ego comme il aurait dû vénérer Dieu, ou qui se fie à un autre comme il aurait dû se fier à Dieu l’Unique, est un idolâtre aux yeux de Celui-ci. Les idoles ne sont pas uniquement faites d’or, d’argent, de cuivre ou de pierres. Toute chose, toute parole, toute action vénérée d’une manière qui sied uniquement à Allah, le Tout-puissant, est une idole à Ses yeux. »

Voilà une exégèse du hadith susmentionné.

Nous devons accomplir nos introspections de façon très approfondie.

Ceux qui jouissent des faveurs du Califat doivent aussi payer la Zakat et consentir à des sacrifices financiers. Ibn Mas’oud relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Il n’y a que deux personnes qui méritent d’être enviées. Celle à qui Dieu a octroyé une fortune qu’elle dépense pour des causes justes. Deuxièmement celle à qui Dieu a octroyé de la sagesse qu’elle emploie pour arbitrer les litiges et pour enseigner aux autres ».

Hassan relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Protégez vos biens en payant la Zakat ; soignez vos malades par l’aumône. »

Ceux sur qui la Zakat est imposable doivent la payer. Comme l’a expliqué le Messie Promis (a.s.), la Zakat n’est pas obligatoire à tout le monde. Or, il encourage ceux pour qui la Zakat n’est pas obligatoire de faire de l’aumône et de combler les besoins des nécessiteux. Ceci met en exergue l’importance de subvenir aux besoins des démunis, ainsi que la nécessité de l’unité, car c’est sous l’égide du Califat que l’on pourra dépenser à bon escient la Zakat ainsi que les autres biens. Le système de la Jama’at existe à cet effet : elle dispose ou peut disposer de données fiables sur les démunis. Les différentes Jama’at [locales] doivent d’ailleurs lui fournir ces détails après une enquête de terrain. L’on dispose généralement d’une liste de ces personnes. Le Calife aussi reçoit des données à ce propos de divers endroits, envoyées par différents individus ou les intéressés eux-mêmes et il autorise le Nizam de leur fournir l’aide nécessaire. C’est pour cette raison que la Jama’at fournit l’aide à ces personnes, dans la mesure de ses moyens – à des personnes en Afrique et ailleurs. Elle fournit des soins médicaux, la scolarité ou l’aide alimentaire. D’ailleurs j’ai constaté que la majorité des Ahmadis viennent en aide à leurs frères démunis avec une grande compassion et consentent à des sacrifices financiers à cet égard. Cela engendre l’unité.

Le Messie Promis (a.s.) a lié l’accomplissement de la Salat au paiement de la Zakat en accord aux enseignements de Dieu l’exalté.

Il explique que ceux qui accomplissent leur Salat en toute humilité se détournent tout naturellement des choses futiles et s’affranchissent de ce monde impur. Leur amour pour ce monde d’ici-bas se refroidit et en leur cœur naît l’amour pour Dieu. La conséquence naturelle en est qu’ils sont prompts à payer la Zakat.

Ils dépensent dans la voie d’Allah, étant donné qu’ils évitent les dépenses inutiles, et ils se consacrent aussi à l’adoration d’Allah. S’ils sont nantis, ils dépensent dans la voie de Dieu. La conséquence de leur éloignement des futilités est qu’ils consentent à des sacrifices financiers et ils sont attentifs aux besoins des autres. Quand l’amour de ce monde s’apaise, ils dépenseront certainement dans la voie d’Allah. Même s’ils sont riches comme Crésus, ils n’hésitent pas à dépenser leur fortune dans la voie de Dieu. Des milliers de gens ne paient pas la Zakat, poussant à la ruine les couches démunies de leurs nations. Or, ils ne s’en soucient guère tandis qu’Allah enjoint que la Zakat est imposable sur tout bien, à l’instar des bijoux, mais pas pour des joyaux ou d’autres [ornements]. Il incombe aux nantis de calculer leur Zakat sur les capitaux qu’ils ont amassés pour un certain temps. Or ils ne le font pas ; d’où l’affirmation d’Allah :

عَنِ اللَّغْوِ مُعْرِضُونَ

Quand ils paieront la Zakat, ils tenteront d’éviter ce qui est futile. Leurs Salat seront empreintes d’humilité et ils éviteront par leur truchement toute chose futile. Ce faisant ils consentiront aussi à des sacrifices financiers. Ainsi il existe un lien entre ces différents concepts. « Offrir la Zakat est le résultat de s’être détourné des choses futiles », explique le Messie Promis (a.s.).

Ainsi la Salat nous permet d’éviter les futilités et nous encourage à accomplir de bonnes œuvres ; elle nous permet d’éviter des dépenses inutiles et à dépenser dans la voie d’Allah. Le Messie Promis (a.s.) conclut que ces sacrifices pour la cause d’Allah permettent à l’homme d’éviter de nombreuses futilités.

Allah conseille à ceux profitant des faveurs liées au Califat de faire preuve d’une grande obéissance. ‘Ubadah Bin As-Samit raconte que : « Nous avons promis sur la main du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que nous écouterons et obéirons en temps de bonheur tout comme en temps de difficultés, dans la joie comme dans la tristesse ; que nous nous ne soulèverons pas contre ceux qui sont en autorité sur nous où que nous soyons. Nous adhérerons à la vérité divine et nous n’aurons pas peur des objections des détracteurs, quelles qu’elles soient, lorsqu’il sera question de la personne de Dieu. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’avait pas donné ces ordres uniquement concernant sa personne. Il avait émis ces mêmes directives concernant le Califat et le Nizam. Abou Hourairah relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a enjoint : « Écoutez et obéissez votre dirigeant dans ce que vous aimez comme dans ce qui vous déplaît ; dans la difficulté comme dans l’aisance et même si on offre des privilèges à autrui à votre détriment. »

Le Messie Promis (a.s.) explique davantage ce sujet : « Obéissez à Allah, à Son Envoyé et à ceux qui détiennent l’autorité. Si l’obéissance est sincère, elle engendra une lumière dans le cœur ; l’âme, quant à elle, en tirera un grand délice et sera illuminée. Les efforts ne sont pas aussi nécessaires que l’obéissance. Mais celle-ci doit être sincère : pareille vertu est difficile à mettre en œuvre. L’obéissance exige l’immolation des désirs de son âme, sinon il n’y aura pas d’obéissance. Ces désirs de l’âme se transforment en idoles même dans les cœurs de grands monothéistes.

Voyez la quantité de faveurs qu’avaient reçues les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; voyez à quel point ils s’étaient immolés dans leur obéissance envers lui. Aucun peuple ne sera considéré comme tel et l’esprit de communauté et de l’unité ne sera point insufflé en ses membres tant qu’ils ne sont pas obéissants.

Si les différences d’opinions et la dissension perdurent elles seront les précurseurs du déclin et de la décadence. Ces dissensions et luttes intestines ont été les facteurs, parmi tant d’autres, de la faiblesse et du déclin des musulmans.

Mettez de côté vos divergences d’opinions et obéissez à celui qu’Allah vous ordonne d’obéir : vous pourrez, par la suite, accomplir ce que vous désirez. La main d’Allah est sur la Jama’at (la communauté unie des croyants) : voilà le secret. Allah aime le Tawhid et cette unité n’existera point s’il n’y pas d’obéissance.

À l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ses compagnons étaient de grands conseillers : Dieu les avait doués d’un sens aigu des principes de la politique. La gestion hors pair et efficace des affaires de l’État par Abu Bakr (r.a.), ‘Umar (r.a.) et d’autres compagnons au cours de leurs califats respectifs démontre qu’ils étaient d’habiles conseillers. Mais face à la décision du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ils ont dédaigné leurs opinions et leur jugement. Toute parole du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) devenait pour eux un ordre à mettre en exécution. Ils étaient si épris d’obéissance à l’égard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qu’ils cherchaient des bénédictions dans l’eau restante avec laquelle il avait fait ses ablutions. Les lèvres du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) étaient pour eux source de bénédiction. S’il n’y avait pas, de leur part, pareille obéissance et soumission, s’ils avaient privilégié leurs opinions, il y aurait eu dissension et ils n’auraient pas mérité d’aussi éminents statuts. Selon moi un seul argument suffirait pour mettre fin à tous conflits entre sunnites et chiites : il n’y avait pas de dissension ou d’animosité entre les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Car leur progrès et leur succès prouvent qu’ils étaient tous unis et qu’il n’y avait pas une once d’hostilité entre eux. Les ennemis, dans leur fourvoiement, affirment que l’islam s’est répandu par la force de l’épée : c’est, selon moi, un grand mensonge.

Les veines de leurs cœurs regorgeaient de l’eau de l’obéissance, une eau qui a coulé en abondance. C’est grâce à cette soumission et cette unité qu’ils ont pu conquérir les cœurs des autres. Ils ont pris l’épée dans le seul but de se défendre. Même s’ils ne l’avaient pas fait ils auraient certainement vaincu le monde avec leurs langues.

La parole qui vient du cœur touche sans nul doute le cœur. Ils ont accepté, le cœur sincère, une vérité qui s’offrait à eux. Il n’y avait point de leur part artifice ou ostentation. Leur sincérité était la raison de leur succès ; le véridique a recours à l’épée de sa véridicité. La lumière de la confiance en Dieu resplendissait sur le visage du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), une lumière parée de la gloire et de la beauté de divine, qui attirait inéluctablement les cœurs vers lui par son envoûtement et sa puissance. Les compagnons ont voué une obéissance exemplaire au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et dans leur obéissance ils ont fait preuve d’une constance si prodigieuse que ceux qui les voyaient étaient instinctivement attirés vers eux. 

Aujourd’hui encore nous avons besoin de l’exemple et de l’unité des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) car Dieu a lié cette Jama’at – qu’Il a fondée par l’entremise du Messie Promis (a.s.) – à celle du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). La communauté progresse grâce à l’exemple de pareilles personnes : vous qui dites appartenir à la Jama’at du Messie Promis (a.s.) et qui désirez rencontrer celle des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), vous devez vous parer des couleurs de ces derniers. Vous devez faire preuve d’une obéissance, d’une affection, et d’une fraternité similaires. Vous devez, en somme, vous enrichir de toutes les qualités et vertus des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

 Le Messie Promis (a.s.) avait prodigué ces conseils à ces compagnons à l’époque. Or si nous souhaitons pérenniser le progrès de la Jama’at ainsi que le Califat, nous allons devoir préserver, avec constance, ces exemples au sein de la Jama’at. C’est là que nous jouirons du progrès constaté dans le passé. C’est là la norme à atteindre si nous souhaitons profitèrent des faveurs divines. Nous allons devoir rehausser le niveau de nos actes d’adoration, protéger nos Salats, débarrasser entièrement nos paroles et nos œuvres du Shirk, dépenser nos biens pour la cause d’Allah et faire preuve d’une obéissance indéfectible à l’égard du Califat et le préserver. C’est en respectant ces conditions que nous profiterons des faveurs du Califat et des bénédictions divines qui y sont liées. C’est là que nous serons attachés au Califat qui durera jusqu’au dernier jour et que nous pourrons aussi y lier nos générations futures.

Le Messie Promis (a.s.) évoque la bonne nouvelle de ce Califat en ces termes : « Il est nécessaire que vous assistiez à la deuxième manifestation de la puissance divine. Cela vaut mieux pour vous, car elle durera perpétuellement et sans interruption jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Cependant elle ne peut pas avoir lieu avant mon départ de ce monde, et, quand je serai parti, Dieu le manifestera pour vous pour toujours. C’est ainsi qu’Il me l’avait promis dans [l’ouvrage] Barahin-e-Ahmadiyya. Cette promesse ne me concerne pas, mais bien vous. Il a dit : « Et Je ferai ceux qui ont cru en toi prévaloir jusqu’au jour du Jugement sur ceux qui t’ont renié. » Il est donc nécessaire que vous voyiez le jour de mon départ, pour que vienne cette époque promise qui doit durer pour toujours. Notre Dieu est un Dieu Vrai et Fidèle ; Il tient Ses promesses, et Il vous fera voir tout ce qu’Il vous a promis. Quoique ces jours-ci soient les derniers de ce monde, et que nombreuses sont les afflictions qui doivent le visiter, il est nécessaire qu’il se conserve jusqu’à l’accomplissement de ces prophéties. Je suis venu comme la puissance de Dieu sur la Terre, et je suis une personnification de la Puissance Divine ; et après moi d’autres viendront qui seront la manifestation de Sa Deuxième Puissance ».

Allah nous a accordé cette faveur. Depuis les cent dix dernières années nous sommes en train de voir les faveurs divines ainsi que l’accomplissement des promesses faites au Messie Promis (a.s.). Qu’Allah permette à tous ceux qui lui ont prêté allégeance de respecter les injonctions divines et de profiter pour toujours des bénédictions du Califat !

La semaine dernière je vous avais demandé de prier pour le Pakistan. Je demande aux Pakistanais en particulier de prier en ce sens. Ils doivent accomplir avec plus d’ardeur leurs Salats, leurs Nawafil et leur Dhikr. Qu’Allah nous en accorde la possibilité à tous.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)