Sermon du vendredi 18 mai 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a cité le verset 184 de la sourate Al-Baqara :

 « Ô vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit tout comme il a été prescrit à vos devanciers, afin que vous adoptiez la Taqwa. »

De par la grâce d’Allah, nous avons l’occasion de connaître un nouveau Ramadan, qui a débuté depuis hier. Au cours de ce mois, la grande majorité des musulmans jeûnent et accomplissent les Salats et la prière Tarawih à la mosquée. Nos mosquées, durant ces jours, sont beaucoup plus remplies que durant les jours ordinaires.

Ce verset que j’ai cité est présenté en boucle sur la MTA. Il vient nous rappeler que la Taqwa est le but du Ramadan. Le jeûne a été prescrit dans les religions antérieures avec pour but l’acquisition de la Taqwa. Aujourd’hui les adeptes de ces religions ne disposent pas de ces enseignements dans leur état originel et d’ailleurs ils ne les mettent pas en pratique. La Taqwa est inexistante chez eux. L’islam, quant à lui, est une religion éternelle. Ses préceptes sont immuables et le Coran est préservé dans son état originel là où il se trouve dans le monde. Il sert de direction à ceux qui adoptent la Taqwa ; ceux qui suivent ces préceptes vont tout le temps marcher sur la voie de la Taqwa : il leur sert de guide. Durant les derniers temps, Dieu a suscité le Messie Promis (a.s.) et Imam Al-Mahdi, afin de nous réformer, afin de diffuser le message du Coran, nous encourager à appliquer ses préceptes et nous guider. Il nous a heureusement permis de l’accepter. Ainsi, nous, les ahmadis, avons la grande responsabilité de comprendre la réalité du jeûne et tenter d’en atteindre les objectifs. C’est-à-dire, de faire naître en soi la Taqwa et de progresser dans ce domaine.

Les versets suivant celui que j’ai cité évoquent plus de détails sur le jeûne : l’importance de lire le Coran, de respecter les préceptes divins et de se consacrer aux prières. Le but est la Taqwa : voilà le résumé que nous présente ce verset. Ainsi, il faudra, au cours de ce mois, être vigilant quant à l’application des commandements d’Allah et du respect de Son adoration. Ceci nous permettra d’entériner ces pratiques au cours de notre vie.

Ainsi au cours du Ramadan, tout en nous évertuant à adopter la Taqwa, nous serons vigilants concernant nos actes d’adoration. Quand nous allons jeûner tout en respectant la Taqwa, nous tenterons par la même occasion d’éviter les péchés. Nous allons tenter de connaître les commandements divins pour les suivre. Si nous n’évitons pas les péchés qui affectent nos personnes ou qui nuisent à autrui nous n’allons pas atteindre l’objectif du jeûne. C’est en les abandonnant que nous allons atteindre l’objectif du jeûne. Ceci est le sens de la Taqwa. Si nous sommes arrogants et fiers de nos œuvres et de nos propos, si nous sommes victimes de vanité, si nous souhaitions mériter les éloges d’autrui et être adulés par nos subalternes : si nous nourrissons de tels désirs tout en jeûnant, cela n’est point la Taqwa.   

Si tout en jeûnant l’on n’évite pas les disputes, le mensonge ou les troubles cela n’est point de la Taqwa. Si tout en jeûnant l’on ne se consacre pas aux différentes formes d’adoration, aux prières et aux bonnes œuvres cela n’est point la Taqwa et l’on ne va pas atteindre les objectifs du Ramadan.

Ainsi éviter les péchés et accomplir de bonnes œuvres au cours du Ramadan nous permettront d’atteindre les objectifs du jeûne. Quand on tente d’être constant dans cette voie l’on atteindra l’objectif du mois sacré : sinon l’on se contentera de s’affamer.

Dans un hadith le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dit qu’Allah n’a aucun désir que nous nous affamions si nous n’atteignons pas cet objectif. Certains feignent de jeûner alors qu’ils ne s’affament même pas. D’aucuns n’arrivent pas à maîtriser leur consommation de nourriture ou leur boisson. Ils ne peuvent pas s’empêcher de manger ou de boire pendant quelques heures pour la cause d’Allah. Comment ceux-là pourront-ils se maîtriser dans d’autres domaines ?

Hier on a publié une enquête dans un journal à propos du Ramadan. Ils ont tiré la conclusion que la majorité des jeunes d’ici jeûnent par ostentation et ils ignorent tout de l’objectif du jeûne. Un non-musulman a interviewé un jeune musulman qui a relaté : « Le matin je prends le repas d’avant le jeûne avec mes parents. À la maison l’on fait de grands préparatifs pour le Souhour et l’Iftar. Ma mère jeûne même si elle a 64 ans et le diabète. Elle se met en quatre à la cuisine pour préparer l’Iftar pour nous. Nous rentrons pour en manger. En raison de la pression sociale ou pour tromper les membres de ma famille, je donne l’impression de jeûner. J’ai pris le repas du matin. Mais plus tôt dans la journée, j’ai mangé du poisson pané aux frites. Ici en Angleterre, des milliers des jeunes font ainsi le Ramadan. »

Ceci est la réalité du Ramadan de certains. D’autres, même s’ils s’affament pendant toute la journée, négligent la Salat et les actes d’adoration. Ils se contentent d’une ou deux Salats [par jour] et font fi des prescriptions et des interdictions de Dieu. Pareils jeûnes ne se permettent pas d’atteindre la Taqwa, l’objectif visé par Allah.

Nous, les ahmadis, avons de grandes responsabilités : après avoir accepté le Messie Promis (a.s.) il nous sied de respecter toutes les exigences de notre jeûne en accord avec les ordres divins. Nous devons tenter de comprendre le sens de la Taqwa et savoir comment l’adopter. En maintes occasions le Messie Promis (a.s.) a défini un Mouttaqi : il explique que la vraie joie et le vrai délice résident dans la Taqwa et non dans les plaisirs d’ici-bas. Il nous explique aussi comment accomplir de bonnes œuvres. Afin d’être un véritable croyant, l’on doit conformer chacune de ses œuvres au décret de Dieu et celles-ci doivent avoir pour but la quête de Son plaisir. C’est cela qui va distinguer les croyants des mécréants. Le Messie Promis (a.s.) explique que l’on doit grandir au quotidien dans la Ma’rifa, la perception de la personne de Dieu. Il ne faut point stagner ou être à l’instar de ceux qui jeûnent en raison de la pression sociale ou pour tromper les autres, comme dans l’exemple cité plus haut. Ceux-là ne jeûnent pas pour avancer dans la Taqwa.

Je vais citer des dires du Messie Promis (a.s.) à propos de la Taqwa. Il évoque à cet égard une révélation qu’il a reçue et nous encourage à chercher le plaisir divin en marchant sur les voies de la Taqwa. La Taqwa d’ailleurs est le résumé de toutes les anciennes écritures.

« Hier, le 22 juin 1899, à maintes reprises Dieu m’a révélé : Vous devez être des Mouttaqin et marcher les voies subtiles de la Taqwa : ce faisant Dieu vous accompagnera.

Ceci m’a fort inquiété : que dois-je faire afin que ma Jama’at acquière la vraie Taqwa et la pureté ? Je prie sans cesse en ce sens, tant et si bien que je suis pris de faiblesse : je me trouve parfois au bord de l’évanouissement et de l’anéantissement. Tant qu’une Jama’at n’est pas Mouttaqi aux yeux d’Allah, elle ne jouira pas de Son soutien. La Taqwa est le résumé de toutes les Saintes Écritures, de la Torah et des Évangiles. En un seul mot – la Taqwa – le Coran a décrit le plus grand souhait de Dieu. Je souhaite démarquer au sein de ma Jama’at les véritables Mouttaqin — ceux qui préfèrent la foi à ce monde — de ceux qui se sont écartés d’Allah. Je souhaite leur confier certaines tâches ayant trait à la religion. Je ne me soucierai guère, par la suite, de ceux qui s’en font pour ce monde et qui matin et soir sont en quête de ses biens infâmes. »

Le Messie Promis (a.s.) souhaitait que tout membre de sa Jama’at marche sur la voie de la Taqwa et non pas qu’ils se soucient à tout instant de ce monde. Il explique aussi que suivre la voie de la Taqwa est le résumé de la Shariah : c’est aussi la méthode pour favoriser  l’exaucement de ses supplications.

En s’adressant aux ahmadis il dit : « Que mes suivants adoptent la voie de la Taqwa, car celle-ci résume la Shariah. La Taqwa comporte plusieurs étapes. Or, si le chercheur est sincère et s’il parcourt la première étape avec constance et sincérité, il atteindra un niveau très élevé en raison de sa droiture et de sa sincérité. »

Il faudra donc accomplir avec constance toute bonne œuvre, grande ou petite.

Allah déclare :

إِنَّمَا يَتَقَبَّلُ اللَّهُ مِنَ الْمُتَّقِينَ

Allah exauce les prières des Mouttaqin ; c’est là une promesse divine. D’ailleurs, Allah ne brise pas Ses promesses, tout comme Il l’affirme :

إِنَّ اللَّهَ لَا يُخْلِفُ الْمِيعَادَ

La Taqwa est une condition indispensable à l’exaucement des prières : il est sot et naïf celui qui est négligent et dissipé tout en souhaitant que ses prières soient exaucées. Il incombe de ce fait aux membres de ma Jama’at de marcher sur les voies de la Taqwa afin qu’ils puissent goûter au délice de l’acceptation de leurs prières et afin qu’ils grandissent dans leur foi. »

La méthode fondamentale pour profiter du Ramadan est de faire en sorte que nos œuvres et nos jeûnes visent à l’acquisition de la Taqwa. Beaucoup disent que leurs prières ne sont pas exaucées malgré leurs efforts. Ils doivent tout d’abord s’examiner : accordent-ils prééminence à la foi ? Marchent-ils sur la voie de la Taqwa ou ont-ils été ternis davantage par ce monde ? La Taqwa est donc une condition essentielle pour l’exaucement de la prière.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « De grandes promesses sont faites en faveur des Mouttaqin. Y en a-t-elle de plus grande que celle annonçant qu’Allah deviendra leur Wali (Ami/Protecteur) ? Menteurs sont ceux qui annoncent qu’ils jouissent de la proximité divine sans pour autant être Mouttaqin. Au contraire, ils mènent une vie de débauche et de péchés. Ils commettent une grave injustice en s’attribuant le lien d’amitié avec Dieu et la proximité de Dieu. »

Ce sont des prétendus saints hommes. Or, Allah affirme que le Wali doit être un Mouttaqi. Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Dieu [dans le Coran] évoque une autre condition ou signe :

إِنَّ اللَّهَ مَعَ الَّذِينَ اتَّقَوْا

C’est-à-dire Allah accorde Son soutien à ceux qui sont Mouttaqin. Cette aide divine est le signe de l’accompagnement de Dieu. [D’ailleurs mes adversaires] ont fermé la première porte de la Wilayah (l’amitié divine) et ils tentent de fermer la deuxième, celle du soutien de Dieu. Sachez qu’Allah le Très-Haut n’accorde pas Son soutien aux impurs et aux pécheurs. Cela dépend uniquement de la Taqwa. Allah accorde son soutien uniquement aux Mouttaqin. La Taqwa est le principe qui fera sortir l’homme de ses difficultés et de ses malheurs et qui comblera ses besoins. Les difficultés financières et autres ont leur solution dans la Taqwa. Tout comme l’affirme Allah :

وَمَنْ يَتَّقِ اللَّهَ يَجْعَلْ لَهُ مَخْرَجًا - وَيَرْزُقْهُ مِنْ حَيْثُ لَا يَحْتَسِبُ

« Et celui qui craint Allāh – Il ménagera une issue pour lui, et Il pourvoira à ses besoins d’où il ne s’y attend pas. »

Si l’on se souvient de ce principe l’on marchera sur les voies de la Taqwa.

« Demandez-vous ce que l’homme souhaite en ce monde ? Il souhaite le confort ici-bas. Pour ce faire Allah lui offre une seule voie : celle de la Taqwa. L’autre nom est celle du Saint Coran ou as-Sirat al-Moustaqim (le droir chemin). Ne vous leurrez pas en disant que les mécréants possèdent fortunes et richesses, qu’ils se complaisent dans leurs plaisirs et leur opulence. Aux yeux du monde, apparemment ces gens vivent le bonheur, mais en réalité ils connaissent tourmente et souffrance. Vous ne voyez que leur façade, moi je vois leur cœur : ils sont enchaînés et brûlent dans une fournaise, tout comme l’affirme le Coran :

إِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَلَاسِلَ وَأَغْلَالًا وَسَعِيرًا

C’est-à-dire : En vérité, Nous avons préparé pour les mécréants des chaînes et des colliers de fer et une fournaise.

Ils ne peuvent pas s’approcher de la vertu. En raison de ces chaînes, ils sont pires que des animaux aux yeux d’Allah. Le monde est leur unique intérêt, ils se penchent vers cette terre, ils brûlent en leur for intérieur. S’ils perdent de l’argent ou s’ils n’atteignent pas leurs objectifs, ils sont consumés par un feu : souvent ils sombrent dans la folie ou finissent par errer dans les tribunaux. Le sans-foi gît dans une fournaise… » (Les journaux, d’ailleurs, en relatent de nombreux cas) « …pour la simple raison qu’ils ne jouissent d’aucune sérénité et d’aucune tranquillité. À l’instar de la soif brûlante de l’ivrogne qui ne cesse d’avaler verre après verre, ces gens-là brûlent dans une fournaise qui ne s’apaise point. La véritable joie est accordée uniquement au Mouttaqi, à qui Allah l’Exalté à promis deux paradis. »

Le Messie Promis (a.s.) explique davantage que le vrai plaisir réside dans la Taqwa. Il déclare : « Le Mouttaqi, dans une humble hutte, peut trouver la vraie joie qui reste inconnue à celui qui, avide de biens terrestres, se vautre dans son somptueux palais. »

L’on se contente de peu quand on possède le contentement et la Taqwa, et quand on a pour objectif le plaisir divin. Ceci engendre une sérénité et une félicité inconnues des gens richissimes.

« Autant l’on amassera des richesses autant les malheurs seront grands. Sachez que la véritable sérénité et félicité ne sont point le lot des gens avides de ce monde. Ne croyez pas qu’une fortune immense, de beaux vêtements ou des mets exquis sont sources de joie. Certainement pas ! La source de la joie est la Taqwa. Ayant su que la véritable félicité est impossible à acquérir sans la Taqwa, il sied de comprendre que celle-ci comporte une multitude de branches à l’instar des fils délicats d’une toile d’araignée. La Taqwa concerne tous les membres du corps de l’homme, sa doctrine, sa langue et ses manières. »

D’ailleurs le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) conseille le jeûneur dans un hadith de maîtriser sa langue : si quelqu’un lui cherche querelle, il doit tout simplement répondre qu’il jeûne et qu’il ne répliquera pas.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Maîtriser sa langue est une affaire délicate. Parfois l’on énonce des propos contraires à la Taqwa : le cœur se ravit de la réplique offerte, tandis que ces paroles sont déplacées. En voici une analogie… »

La Taqwa ne signifie pas uniquement éviter les insultes grossières ou les disputes : elle concerne aussi des aspects subtils. La vanité et l’ostentation sont aussi des écarts de langage et des atteintes à la Taqwa.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Un homme de ce monde convia un jour un saint homme. Lors du dîner l’arrogant donna l’ordre suivant à son domestique : « Apporte le plateau que j’avais ramené lors de mon premier Hajj ! » Il lui ordonna ensuite : « Apporte aussi le plateau que j’avais ramené lors du deuxième. Et aussi celui du troisième que j’avais accompli. » Le saint homme d’exclamer : « Tu mérites certainement pitié ! Dans ces trois phrases, tu as réduit à néant tes trois pèlerinages à La Mecque ! »

L’autre avait accompli ces Hajjs par ostentation et non pas pour le plaisir de Dieu. Il était loin de la Taqwa.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Le saint disait en somme que l’homme voulait tout simplement lui montrer qu’il avait accompli le pèlerinage trois fois. D’où l’importance de maîtriser sa langue tout comme nous l’enseigne Dieu et d’éviter de prononcer toute parole inutile et déplacée. »

Il ne faut pas uniquement éviter de blesser autrui par sa langue. Se faire valoir, la vanité et l’ostentation éloignent aussi de la vertu et de la Taqwa. Il nous sied donc de nous analyser à cet égard.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Allah nous a enseigné la prière « C’est Toi seul que nous adorons. » L’homme pourrait en effet se fier entièrement à ses aptitudes et s’éloigner de Dieu. C’est pour cette raison qu’Allah nous enseigne la prière « C’est Toi seul dont nous implorons le secours. » Cela signifie qu’il ne faut point se leurrer et croire que l’on arrive à rendre culte à Dieu grâce à ses aptitudes. Certainement non. Sans l’aide de Dieu, tant qu’Il n’en accorde pas l’occasion et la capacité, l’on ne pourra rien accomplir. La prière n’a pas été ainsi formulée « C’est Toi seul que j’adore ou c’est de Toi seul que j’implore l’aide » car en ce cas l’on accordera prééminence au Nafs (moi) et cela est contraire à la Taqwa. La Taqwa embrasse l’homme dans son intégralité : sa langue peut lui en éloigner. »

C’est-à-dire que la Taqwa est essentielle en chaque chose. La langue peut éloigner l’homme de la Taqwa, le pousser à être arrogant et à engendrer des penchants orgueilleux. « La langue transforme les œuvres secrètes en œuvres ostentatoires et engendre d’innombrables excès. Dans un hadith [le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] donne la garantie du Paradis à celui qui préserve de tout écart le membre se trouvant sous son nombril ainsi que sa langue. Consommer ce qui est interdit n’est pas aussi nuisible que le mensonge. Que d’aucuns ne croient pas pour autant que manger des aliments interdits est une bonne chose : absolument pas ! Je voulais dire par là qu’il est une chose de consommer le porc parce qu’on y est obligé, mais annoncer que sa consommation est autorisée signifie s’éloigner de l’Islam. De cette manière l’homme rend licite ce qui est rendu illicite par Dieu. Il est donc clair qu’une langue débridée est très dangereuse et un croyant pieux contrôle sa langue pour que celle-ci ne profère pas de propos contraires à la Taqwa. Maîtrisez donc vos langues ! Qu’elles ne vous gouvernent pas ; et ne prononcez pas de futilités. »

En jeûnant, l’on se consacre davantage au souvenir d’Allah : c’est du moins le cas pour beaucoup. Tout en ayant augmenté le souvenir d’Allah, il faudra diminuer les paroles inutiles. Il faudra faire des efforts en ce sens afin que l’on puisse atteindre les objectifs du jeûne et de la Taqwa.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Nous devons à tout instant évaluer le progrès que nous avons accompli dans la Taqwa et la pureté. Le Coran est la norme à suivre [dans ce domaine.]. Un des signes des Mouttaqin aux yeux de Dieu est qu’Il les préserve des turpitudes de ce monde et Dieu devient Lui-même leur Pourvoyeur. Il dit à cet effet :

وَمَنْ يَتَّقِ اللَّهَ يَجْعَلْ لَهُ مَخْرَجًا - وَيَرْزُقْهُ مِنْ حَيْثُ لَا يَحْتَسِبُ

« …et celui qui craint Allāh – Il ménagera une issue pour lui, et Il pourvoira à ses besoins d’où il ne s’y attend pas. » (Le Saint Coran, chapitre 65, versets 3 et 4).

Un des signes du Mouttaqi est que Dieu le préserve des pratiques viles. »

C'est-à-dire qu’Allah pourvoi à ses besoins et il n’entretient pas des désirs futiles. Il ne pense même pas à ce propos. C’est là un autre signe de la Taqwa. C’est ainsi qu’Allah traite les Mouttaqin.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « À titre d’exemple le commerçant croit qu’il ne pourra faire fortune sans avoir recours à la tromperie et se dit contraint de devoir mentir. Mais c’est là une chimère. Allah devient en personne le Protecteur du Mouttaqi et le préserve de ces situations qui le contraignent à avoir recours aux mensonges. Sachez aussi que Dieu délaisse celui qui L’abandonne. Si Dieu le Gracieux abandonne quelqu’un, certainement Satan sera son compagnon. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute ensuite : « Ne croyez pas que Dieu est faible. Il est très puissant. Si vous placez votre confiance en Lui, Il vous accordera certainement Son soutien tout comme Il l’affirme : 

وَمَنْ يَتَوَكَّلْ عَلَى اللَّهِ فَهُوَ حَسْبُهُ

C’est-à-dire qu’Allah suffit à celui qui place sa confiance en Lui. Or, ceux qui ont été adressés ici étaient d’ores et déjà des croyants. Tous leurs soucis ne concernaient que la foi. Ils avaient placé entre les mains de Dieu leurs affaires mondaines. C’est la raison pour laquelle Allah promet qu’Il est avec eux. Parmi les bénédictions de la Taqwa est qu’Allah libère le Mouttaqi de ces difficultés qui entravent les tâches religieuses. »

D’aucuns disent que leurs difficultés matérielles les empêchent de servir la religion. Si l’on possède la véritable Taqwa Allah Lui-même résoudra ces difficultés matérielles et l’on aura l’occasion de servir la foi. Le Messie Promis (a.s.) explique qu’il existe deux types de bonnes œuvres ; et il explique aussi le traitement qu’Allah réserve à ceux qui font le bien.

« Les bonnes œuvres sont classées en deux catégories : les actions obligatoires et celles qui sont facultatives. Les obligations comprennent le remboursement des dettes et faire le bien suite à une faveur reçue. »

Retourner une faveur pour une autre reçue est une obligation. Cela n’est point une vertu en soi : c’est le droit qui revient au bienfaiteur.

« Toute bonne œuvre a aussi un aspect facultatif : c'est-à-dire retourner plus que ce que l’on a reçu. Cela permet de perfectionner l’œuvre obligatoire et la mène à son apogée. Il est dit dans un hadith que les œuvres obligatoires des Amis d’Allah sont perfectionnées par des œuvres facultatives. Notamment ils font plus d’aumône en sus de la Zakat. Dieu est l’Ami de ceux qui agissent ainsi : Il devient leurs mains et leurs pieds, et leurs langues. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Quand l’on se débarrasse des passions du moi et de tout égocentrisme et que l’on conforme sa conduite au dessein divin, aucune action n’est illicite : elles sont toutes conformes au souhait de Dieu. On connaît des afflictions quand les actions sont contraires aux desseins divins : ceux qui les commettent suivent leurs instincts. À titre d’exemple commettre, sous le coup de la colère, une action qui finit par un procès. Si l’on se décide à conformer chacune de ses actions aux ordres du livre divin, sans nul doute celui-ci le guidera, tout comme il dit :

وَلَا رَطْبٍ وَلَا يَابِسٍ إِلَّا فِي كِتَابٍ مُبِينٍ

C'est-à-dire, « …pas une graine dans les ténèbres de la terre, ni rien d’humide ni de sec qui ne soit consigné dans un Livre clair. »

Le Coran a expliqué toute vertu et tout mal. Celui qui suivra ses conseils sera à l’abri.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Si nous souhaitons demander conseil au livre divin, il nous conseillera certainement. »

On rencontre des difficultés dans les œuvres terrestres quand on ne conforme pas sa conduite aux commandements divins. Quand on enfreindra les commandements du Coran l’on sera en effet confronté à des problèmes. Toutefois, l’on doit savoir qu’Allah éprouve aussi les vertueux pour des questions d’ordre religieux. Le Messie Promis (a.s.) affirme d'ailleurs que les prophètes sont ceux qui sont les plus éprouvés à cet égard.

On est confronté à des difficultés matérielles quand on réfléchit sous un angle matérialiste. On se proclame croyant mais l’on ne tente pas de suivre les commandements du Coran. C’est là qu’on est confronté à des ennuis et l’on est éprouvé.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Celui qui est esclave de ses émotions sera toujours perdant. »

Ce point a été éclairci davantage : celui qui agit sous l'emprise de ses émotions dans les affaires de ce monde sera perdant.

« Souvent il en paie le prix, dit le Messie Promis (a.s.). Or, Allah affirme que le Wali qui conforme ses propos et ses œuvres à Ses commandements renonce à sa personne. Celui qui n’effacera pas sa personne sera loin de Dieu. Mais si son renoncement de soi est conforme aux exigences divines sa foi est sans bornes. Allah affirme à son propos : Celui qui combat Mon ami, Me combat. » Lorsque l’Ami de Dieu est confronté à l’hostilité dans le cadre de ses actes de piété, Allah en personne lui accorde Son aide et anéantit ses ennemis.

« Regardez combien le statut du Mouttaqi est élevé : les acquis d’un tel homme sont énormes. Imaginez l’aide qu’Allah accordera à celui qu’Il aime au point où contrarier cet homme revient à contrarier Dieu. »

Ensuite nous conseillant de mener une vie faite d'humilité le Messie Promis (a.s.) affirme : « Il est très important pour les Ahl at-Taqwa (les personnes pieuses) de passer leur vie dans l’humilité et la soumission. Ceci est une branche de Taqwa par laquelle nous pouvons nous débarrasser de la colère injustifiée. Le dernier stade, qui s’avère être le plus crucial pour les gens pieux et honnêtes, est d’éviter la colère. L’arrogance et la vanité proviennent de la colère ; et, inversement, la colère est quelques fois une conséquence de l’arrogance et de la vanité. La colère est engendrée lorsque l’homme donne préséance à son nafs (ego) sur celui de l’autre […] Je ne désire point que les membres de ma Jama’at se considèrent les uns les autres inférieurs ou supérieurs, qu’ils soient hautains ou méprisants envers autrui. Dieu sait qui est grand ou petit. Pareilles pensées sentent le dédain et j’ai peur que ce mépris, à l’instar d’une graine, ne pousse et n’engendre la destruction de son auteur.  Certains traitent avec grande courtoisie les grands de ce monde. Mais grand est celui qui écoute en toute humilité les paroles de l’humble et qui accorde de l’importance à ses propos et qui ne blesse pas ses sentiments. Dieu affirme à ce sujet :

وَلَا تَلْمِزُوا أَنْفُسَكُمْ وَلَا تَنَابَزُوا بِالْأَلْقَابِ بِئْسَ الِاسْمُ الْفُسُوقُ بَعْدَ الْإِيمَانِ وَمَنْ لَمْ يَتُبْ فَأُولَئِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ

« Et ne vous diffamez pas les uns les autres, et ne vous donnez pas entre vous des sobriquets par sarcasme. C’est en effet très vilain de se faire une mauvaise réputation après avoir professé la croyance ; et ceux qui ne se repentent pas sont du nombre des injustes. » (Le Saint Coran, chapitre 49, verset 12)

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Ne vous appelez pas par des sobriquets, il s’agit de l’œuvre des fieffés pécheurs. Celui qui méprise l’autre ne mourra pas avant d’avoir été frappé lui-même du mal dont il l’accuse. Ne méprisez pas vos frères. Étant donné que vous vous désaltérez tous à la même source, comment savoir qui en boira davantage ? Le plus honorable n’est pas défini selon les principes de ce monde : le plus grand aux yeux d’Allah est celui qui Le craint le plus.

إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِنْدَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ

Certainement aux yeux d’Allah le plus honorable est celui qui est le plus Mouttaqi. Certainement Allah a connaissance de toute chose et est au courant de tout. »

Allah a connaissance de toute chose. Il sait si une personne fait preuve d’une Taqwa superficielle ou sincère. Étant donné l’omniscience divine nous devons avec grande appréhension et en accomplissant notre introspection, essayer de marcher sur la voie de la Taqwa, en accord avec le commandement d’Allah l’Exalté.

En expliquant les états d’esprit d’un Mouttaqi et du mécréant face au succès, le Messie Promis (a.s.) déclare :

« Gardez toujours ce principe à l’esprit que le devoir du croyant est de faire preuve d’humilité face au succès, et d’en remercier Dieu. »

C’est-à-dire de l’attribuer à Allah le Très-Haut.

« Il Le remercie pour tout, pour lui avoir fait part de Sa grâce. Ainsi avance-t-il, et il reste ferme face à toute adversité, et ainsi progresse-t-il dans sa foi. En apparence la réussite d’un hindou ressemble à celle d’un croyant, mais sachez que la réussite d’un mécréant le mène à l’égarement, alors que la réussite d’un croyant lui ouvre les portes des bénédictions. La réussite du mécréant le mène à sa perte en raison du fait qu’il ne se tourne pas vers Dieu, et élève au rang de divinité son effort, son intelligence et ses compétences. Le croyant, par contre, se tourne vers Dieu, et renforce ainsi sa relation avec Lui ; grâce à cette entreprise, après chacune de ses réussites une nouvelle relation s’établit avec Dieu, et des changements opèrent en lui.

إِنَّ اللَّهَ مَعَ الَّذِينَ اتَّقَوْا

Dieu est avec ceux qui sont pieux. Il faut également savoir que le terme Taqwa a été utilisé à de maintes reprises dans le Saint Coran. Son sens dépend du premier mot. La préposition مع utilisée avant Taqwa signifie : celui qui accorde préséance à Dieu, Dieu lui donnera préséance en retour, et Il le protège dans ce monde de toutes formes d’humiliation. Je considère que la seule voie qui puisse préserver l’homme de toutes formes d’humiliation et de violence est celle de la piété. En marchant sur celle-ci l’on ne manquera de rien. Les réussites du croyant le font évoluer ; elles ne le font pas stagner. »

Ensuite il ajoute : « Les livres rapportent de nombreuses histoires au sujet de personnes qui initialement étaient extrêmement attachées au monde. Mais en réponse de l’acceptation de leurs supplications, leur situation changea radicalement. Pour cette raison il ne faut pas avoir une quelconque fierté quant à l’acceptation de nos supplications ou de nos réussites, mais il faut avoir beaucoup d’estime pour la grâce divine ainsi que pour ses récompenses. »

C’est de par Sa grâce qu’Allah a accepté les supplications. Au lieu de se réjouir de cela, et d’en être fier, il faut contempler les grâces divines.

Il ajoute : « La règle veut que lorsqu’on se contrôle après une réussite, on acquière une nouvelle vie dont il faut tirer profit : il faut progresser dans la connaissance de Dieu. »

Lorsque nous obtenons une réussite ou lorsque nos supplications sont acceptées, il faut que cela nous rapproche de Dieu, afin que nous le reconnaissions davantage.

« La chose élevée qui sera la plus utile est cette Ma’rifah (perception divine). On l’acquiert en passant en revue les grâces divines. Personne ne peut empêcher la grâce divine de se manifester.

Or, la misère est à l’origine de difficultés. C’est pour cette raison que dans les hadiths il est rapporté que la misère altère ou obscurcit le visage. La misère éloigne parfois l’homme de la religion. »

Il ajoute : « J’ai vu personnellement des personnes qui sont devenues athées en raison de leur pauvreté. Mais peu importe l’adversité, le croyant ne se détourne jamais de Dieu, et en la mettant sur le compte de ses propres fautes il implore Sa Miséricorde et Sa Grâce. Lorsque cette période d’adversité passe et que ses supplications se concrétisent, il n’oublie pas cette période d’adversité, mais il la garde en mémoire. Donc si vous croyez rencontrer Dieu un jour, suivez la voie de la Taqwa. Béni est celui qui fait preuve de piété dans les moments de réussite et de joie ; infortuné est celui qui, ayant trébuché, ne se prosterne pas devant Lui. »

Le Messie Promis (a.s.) continue : « Allah l’Exalté vient en aide à celui qui fait preuve de piété. La Taqwa réfère au fait de se préserver du mal. Les Mohsinin sont ceux qui en sus de se prémunir du mal, font des actions pieuses. Le Coran aussi :

لِلَّذِينَ أَحْسَنُوا الْحُسْنَى

C'est-à-dire, ils accomplissent des actions pieuses en les embellissant. »

Le Messie Promis (a.s.) fait l’exégèse du verset :

إِنَّ اللَّهَ مَعَ الَّذِينَ اتَّقَوْا وَالَّذِينَ هُمْ مُحْسِنُونَ

Il déclare : « J’ai reçu à maintes reprises ce verset en révélation :

إِنَّ اللَّهَ مَعَ الَّذِينَ اتَّقَوْا وَالَّذِينَ هُمْ مُحْسِنُونَ

Je l’ai reçue de si nombreuses fois que je ne peux les compter : Dieu seul sait, peut être même 2000 fois. Le but en est que les membres sachent qu’il ne faut pas simplement se contenter de faire partie de cette communauté, ni ne faut-il simplement se contenter de sa foi. On ne pourra être récipiendaire de l’aide divine qu’à condition de faire preuve d’une véritable Taqwa, et si on alimente cela d’actions pieuses. »

L’une des traductions du verset cité est : Certainement Allah est avec ceux qui font preuve de piété, et qui octroient des faveurs aux autres.

Le Messie Promis (a.s.) continue : « On ne pourra être récipiendaire de l’aide divine qu’à condition de faire preuve d’une véritable Taqwa, et si on alimente cela d’actions pieuses.

إِنَّ اللَّهَ مَعَ الَّذِينَ اتَّقَوْا وَالَّذِينَ هُمْ مُحْسِنُونَ

Allah établit un registre journalier des actes de l’humanité. L’on doit également tenir un journal quotidien répertoriant ses actes, et l’on doit analyser jusqu’où il a œuvré en ce qui concerne les actes de bonté. Deux journées consécutives d’un croyant ne doivent pas se ressembler. La personne dont deux journées consécutives sont identiques, en termes de progression dans la vertu, est en perte. Celui qui croit fermement en Dieu ne sera jamais délaissé. Au contraire, à cause de cette même personne des centaines de milliers peuvent être sauvées. »

Illustrant cela à l’aide d’un exemple, le Messie Promis (a.s.) déclare : « Un ami d’Allah (un saint) voyageait dans un bateau, lorsqu’une tempête survint en mer. Le bateau était sur le point de sombrer, mais il fut sauvé grâce à ses supplications. Lors de sa supplication il reçut la révélation que tout le monde fut sauvé grâce à lui. »

Il ajoute : « Ces excellences ne s’obtiennent pas par de simples paroles : cela requiert des efforts. Allah m’a également promis qu’Il protégera tous ceux qui résident dans ma maison. Mais cette promesse est conditionnée par le respect des règles de la Taqwa. »

Le Messie Promis (a.s.) a également expliqué que pour que ses supplications soient acceptées, il est nécessaire que nous soyons à la hauteur requise pour l’acceptation de ses supplications. C’est uniquement à cette condition que ses prières seront agréées. Cela requiert aussi la Taqwa.

Qu’Allah nous permette durant ce mois de Ramadan de jeûner, d’accomplir nos actes d’adoration et de remplir nos autres devoirs eu égard à la Taqwa. Que ce mois soit béni pour nous dans tous ses aspects. Qu’il le soit pour la communauté et pour les musulmans. Il faut prier spécialement pour le monde. Qu’Allah par Sa grâce aide aussi la Jama’at au Pakistan : la situation s’aggrave de jour en jour. Il faut que tout en honorant les étiquettes du jeûne, nous respections les exigences de la Taqwa. Il faut que nous tournions notre attention vers les supplications. Qu’Allah accorde Sa miséricorde aux musulmans : qu’Il guide leurs leaders et leurs savants, afin qu’ils puissent accepter l’Imam de cette époque.

Chaque jour des nouvelles annoncent les risques imminents d’une guerre. Les grandes puissances sont en train de se diriger très rapidement vers l’affrontement. On ne voit pas comment elle peut désormais être évitée. Qu’Allah protège particulièrement les musulmans et les ahmadis des conséquences néfastes de ces guerres et l’humanité dans son ensemble. S’il existe aux yeux d’Allah une lueur d’espoir pour leur réforme, qu’Il l’effectue et qu’Il fasse en sorte qu’ils puissent Le reconnaître. Qu’Allah produise les conditions leur permettant de reconnaître Son existence et ainsi de se protéger de leur destruction.


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