Sermon du vendredi 30 mars 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Jabir Bin ‘Abdullah, un compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), était le fils d’Abdullah bin ‘Amr Bin Haram. J’avais évoqué ce dernier quelques vendredis de cela : après son martyre Allah lui avait demandé quel était son souhait. ‘Abdullah bin Haram répondit : « Ô Allah ! Je souhaite que Tu m’envoies une fois encore sur Terre afin que je tombe de nouveau en martyr dans Ta voie. » Étant donné que son souhait était contraire à la pratique d’Allah, Celui-ci refusa de l’exaucer et lui demanda d’en formuler un autre. Ce récit met en exergue son sens du sacrifice et le traitement extraordinaire qu’Allah lui a réservé. Jabir Bin ‘Abdullah était le fils de cet illustre compagnon : il avait prêté le serment d’allégeance lors de la deuxième bai’ah d’Aqabah. ‘Abdullah bin Haram avait dit à son fils qu’après son martyre il devait rembourser son créancier juif des revenus de la vente des récoltes de son verger. Selon les récits, Jabir Bin ‘Abdullah remboursa la dette.

Selon la tradition de l’époque, d’aucuns hypothéquaient leurs vergers et leurs champs. Jabir Bin ‘Abdullah empruntait de l’argent afin de combler ses dépenses. Selon un récit, au moment de rembourser sa dette, il informa son [créancier] juif que la récolte n’était pas bonne ou qu’il y avait une possibilité qu’elle soit maigre et lui demanda un échelonnement du remboursement de la dette jusqu’à la prochaine récolte. Le créancier ayant refusé d’accorder quelque facilité, Jabir Bin ‘Abdullah se présenta tout inquiet au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ou peut-être que celui-ci sut à propos de ses difficultés. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) intercéda vainement auprès du juif en sa faveur. Or le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) fit montre d’une grande compassion à l'égard de Jabir Bin ‘Abdullah afin qu’il puisse rembourser sa dette. Selon le récit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pria en sa faveur et Allah lui accorda Sa grâce.

Selon certains, cet incident concerne la dette qu’Abdullah bin ‘Amr bin Haram, le père de Jabir Bin ‘Abdullah, lui avait demandé de rembourser. En tout cas la récolte fut maigre cette année-là et il lui fut difficile de rembourser la dette. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) eut vent de ses soucis. Or, le récit du recueil Sahih Bukhari laisse entendre que cet incident eut lieu plus tard mais en tout cas, ce récit démontre la compassion du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à l'égard de son compagnon et le miracle de l’exaucement de sa prière.

Jabir Bin ‘Abdullah relate : « J’empruntais de l’argent à un juif de Médine et je lui remboursai à chaque nouvelle récolte de mon verger situé sur la route du puits nommé Roumah. La récolte fut maigre une année et elle n’était pas entièrement prête. Comme à l’accoutumée le juif se présenta au moment de la récolte avant que je fasse la cueillette : il refusa de m'accorder une année de délai. Il souhaitait peut-être faire me déposséder de mon jardin. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) eut vent de l’affaire, il décida de rencontrer le juif avec ses compagnons afin de lui demander un délai supplémentaire en faveur de Jabir. Ils se présentèrent dans le verger et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) parla au juif  qui répondit : « O Aboul Qasim ! Je ne lui accorderai aucun délai. »

Suite à la réaction du juif, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) fit un tour entre les dattiers et réitéra sa demande auprès du juif, qui refusa. Je cueillis quelques dattes et les présentai au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui en consomma et me demanda : « Où se trouve le lieu où tu te reposes ? Places-y un tapis pour moi afin que je puisse m’allonger. » J’exécutai ses ordres. Il s’allongea là-bas et lorsqu’il se réveilla, je lui présentai de nouveau une poignée de dattes. Il en mangea quelques-unes, se mit debout et plaida de nouveau auprès du juif qui refusa. Il fit de nouveau une ronde entre les dattiers et me demanda ensuite de cueillir les dattes et de rembourser le créancier. J’entamai la cueillette tandis que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se tenait entre les dattiers. Je remboursai toute la dette du juif et il m’en resta quelques dattes. Quand j’informai le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de la bonne nouvelle, il déclara : « Je témoigne que je suis le prophète d’Allah ! »

C'est-à-dire : « ce miracle et cet incident extraordinaire eurent lieu parce que Dieu exauce mes prières et qu’Il bénit mes œuvres. »

Cet incident met en lumière la compassion du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et l’exaucement de ses prières ainsi que le souci des compagnons quant au remboursement de leurs dettes. Cet état d’esprit est la distinction d’un véritable croyant. Or, nous constatons dans notre société que d’aucuns ne s’en soucient guère en dépit du fait de se proclamer ahmadis. Ils renvoient à plus tard le remboursement de leurs dettes pendant des années et on en vient aux procès. Nous devons être vigilants à cet égard et nous souvenir du conseil du Messie Promis (a.s.), qui nous demande d’appliquer l’exemple des compagnons après lui avoir prêté allégeance. C’est ainsi que l’on pourra établir la belle société que le Mahdi et Messie visait à fonder.

Jabir Bin ‘Abdullah relate un autre récit sur le remboursement des dettes. Selon d’autres rapports, ‘Umar se présenta dans le verger et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) demanda à Jabir de lui raconter tout l’incident. Il répondit : « Ce n’était pas la peine. Quand vous avez fait une première tournée dans le verger j’étais convaincu que la dette serait remboursée intégralement. Quand vous avez fait le deuxième tour j’en étais davantage convaincu.

Jabir relate un autre récit sur l’importance du remboursement des dettes. Il y avait un compagnon qui devait deux dinars avant de décéder. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) refusa de diriger sa prière funéraire, avant qu’un autre compagnon ne se porte garant pour le remboursement de sa dette. Sur ce le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dirigea sa prière funéraire. Le lendemain il demanda au garant s’il avait déjà remboursé la dette. Ceci démontre l’importance de rembourser des dettes et à quel point l’on doit s’en inquiéter.

Jabir relate aussi que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara : « Quand un croyant décède, son patrimoine appartient à ses proches. Si un croyant endetté lègue des biens à ses proches après son décès et que son patrimoine ne suffit pas pour rembourser la dette ou qu’il laisse des enfants sans soutien, l’état doit prendre la responsabilité du remboursement de la dette et l’aide aux orphelins. L’Islam met beaucoup d’accent sur la tutelle des orphelins et sur leur soutien financier. C’est pour cette raison que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré que cette responsabilité incombe à l’état. Il existe ces deux récits différents sur les dettes : d’une part, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) refusa de diriger la prière funéraire de celui qui devait deux dinars et à une autre occasion il affirme que cette responsabilité m’incombe ou incombe à l’état.

Dans le premier cas, il informe ceux qui s’endettent pour rien que le [remboursement] d’une dette est très important et que les proches du défunt doivent s’en acquitter. D’autre part le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) impose sur l'état islamique la tutelle des orphelins et le remboursement de la dette du décédé si l’héritage qu’il lègue ne suffit pas pour le faire. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) enjoint à l’état islamique de prendre soin de ses citoyens. Mais malheureusement, ce sont dans les pays islamiques que les droits des citoyens sont [aujourd’hui] les plus lésés.

L’on trouve mention d’un autre récit de la compassion du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à l’égard de Jabir bin ‘Abdullah. Un Ansari visita un jour Jabir et lui demanda de relater un incident à propos du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Jabir bin ‘Abdullah raconta : « J’accompagnai le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors d’un voyage. (Le rapporteur a oublié s’il s’agissait d’une expédition militaire ou lors d’un pèlerinage de ‘Oumrah.) Quand nous étions dans la direction de Médine, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara : « Ceux qui veulent rentrer chez eux rapidement peuvent le faire. » En entendant cela, nous nous sommes empressés. Je voyageai sur un chameau d’un kaki uni et les autres étaient derrière moi. Quand mon chameau refusa d’avancer malgré mon insistance le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) me dit : « Tiens-toi fermement ! » et il lui donna un coup de fouet qui le fit partir à vive allure. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) me demanda [par la suite] si j’étais prêt à vendre ce chameau ; je répondis à l’affirmative. A Médine, j’accompagnai le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et les autres compagnons à l’intérieur de la mosquée, j’attachai le chameau au sol devant la mosquée et j’informai le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qu’il lui appartenait. Il sortit, fit le tour du chameau et déclara : « Ce chameau nous appartient. » Et il m’envoya plusieurs pièces d’or et me demanda si je l’avais reçu. Ayant répondu à l’affirmative le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ajouta : « Garde les pièces d’or et le chameau t’appartient. »

Dans sa compassion le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui retourna le chameau et lui laissa la somme offerte. La raison se trouve peut-être dans un autre récit où il est dit que le chameau était utilisé pour porter de l’eau par l'oncle et les proches de Jabir. Peut-être qu’ils avaient objecté à la vente du chameau du fait qu’ils ne pourraient plus chercher de l’eau avec. En tout cas, ce fut là une marque de la bienveillance du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à l’égard de ses compagnons et des enfants de ceux qui avaient consenti à de grands sacrifices.

Qu’Allah exalte le statut de ces compagnons et qu’il nous permette de perpétuer leurs bonnes œuvres.

Après ce court sermon je voudrais évoquer deux membres sincères de la communauté [qui nous ont quittés.] Le premier est M. Bilal Idlibi de la Syrie qui a été grièvement blessé dans un accident de voiture : il est décédé dans la nuit du 17 mars 2018 à une heure et demie des suites d’un arrêt cardiaque. Inna lillahi wa inna ilaihi Raji‘oune. Bilal Idlibi est né en 1978 et à l’âge de 17 ans son ami le Dr Mousallam Aldroubi lui a trouvé un travail dans sa compagnie, où il a connu la Jama’at et les ahmadis. Il a fait la bai’ah après quelque temps. Le Dr Mousallam raconte : « Depuis 2010, en Syrie, nous avons commencé à prier dans les maisons de différents ahmadis. Quand nous sommes retournés de Qadian, j’ai commencé à prier dans la maison de Bilal avec les autres. Il m’a accueilli chez lui chaleureusement en raison du fait qu’il avait embrassé l’Ahmadiyya grâce à moi : il était très ému à cet égard. Il était d’ailleurs imbu d’un grand sens de l’hospitalité. »

Le président de la Jama’at écrit : « Bilal Idlibi avait un magasin de vêtements sportif et en fournissait à tout frère qui en avait besoin. S’il n’en n’avait pas dans son magasin, il en achetait ailleurs pour les offrir à autrui. Il était imbu d’un grand sens de l’honneur. Il ne tolérait pas le fait qu’un ahmadi n’ait pas de quoi se vêtir. Si quelqu’un était en difficulté, il tentait au mieux de combler ses besoins. Il était très attentif à l’égard de ses enfants et il les avait inscrits dans les meilleures écoles. Deux jours avant son décès nous avons prié dans sa maison. Le secrétaire des finances a commenté que le défunt avait versé toutes ses cotisations dans les fonds d’Al-Wasiyyah, de Tahrik-i-Jadid et de Waqf-i-Jadid. Il avait déjà inclus dans le fonds d’Al-Wasiyyah un terrain qu’il venait d’acheter. Il était toujours à jour dans ses cotisations. Le défunt était empli d’abnégation, régulier dans ses actes d’adoration, proche du Califat et écoutait tous les sermons. Quand je présentais le résumé du sermon du Calife une semaine après, Bilal Idlibi était en larmes. Il disait toujours : « Le Calife est en train de parler à propos de moi. »

Bilal Idlibi laisse derrière lui un fils de onze ans et une fille de douze ans. Son frère aîné qui réside en Allemagne est ahmadi. Mais deux frères et une sœur ne sont pas ahmadis et sont aussi très hostiles [contre la Communauté]. Au moment des funéraires, Allah a fait en sorte que le frère demande aux ahmadis de diriger la prière dans leur mosquée. Par la grâce d’Allah beaucoup de monde a prié derrière l’imam ahmadi lors de la prière funéraire.

Madame Salima Mir Saheba, ancienne Sadr de la Lajna Imaillah de Karachi et épouse d’Abdul Qadir Dar est décédée le 17 mars 2018 à l’âge de 90 ans. Son père, Mir Ilahi Baksh était un compagnon du Messie Promis (a.s.) originaire de Sheikh Pur, du district du Gujrat. Il prêta le serment d’allégeance en 1904. Maryam Begum Sahiba, la mère de la défunte, avait fait ses études à la Madrasatul-Khawatin de Qadian. L’enseignement du Coran était une de ses distinctions. Salima Mir Saheba s’était mariée en 1946 et s’était établie à Karachi après la partition de l’Inde. En 1961, ils sont partis en Iran où vivaient déjà trois ou quatre familles ahmadies : ils y ont organisé les réunions et les prières du vendredi. Le mari de la défunte est décédé en 1964 et celle-ci est partie vivre avec Mir Amanullah, son frère, à Karachi. Là-bas elle s’est occupé de ses huit enfants, a fait sa licence et a commencé à travailler pour le bureau de la Lajna – elle répondait au courrier – et ensuite elle a occupé plusieurs postes au sein de la Lajna.

Le comité organisateur (Muntazima Comittee) a été instauré en 1981 et le troisième Calife a choisi la défunte comme présidente. La défunte raconte : « Quand le Calife m’a nommée à ce poste, j’étais comme en trance face à l’importance de la responsabilité. D’une part je devais obéissance au Calife et d’autre part je constatais mon dénuement et l'ampleur de la tâche. J’ai commencé à supplier Dieu ardemment. Je me suis mise à pied d’œuvre : j’ai convoqué une réunion du comité central et j’ai visité plusieurs branches. J’ai encouragé tout le monde à faire montre d’obéissance, à s’attacher à l'organisation, à adopter les valeurs de l’islam, à mener un Jihad contre les innovations et à éviter entièrement toute critique malveillante à l’endroit de la Jama’at. »

C’est là une habitude ancrée chez les femmes, mais elle se répand aussi chez un nombre important d’hommes.

La défunte découragea toute attaque malveillante à l’endroit de la Jama’at, encouragea l’istighfar et écrivit au troisième Calife.

Elle relate : « Par la grâce d’Allah la Lajna de la Jama’at de Karachi a commencé à progresser. » La défunte avait commencé à travailler pour la Lajna en 1961, ensuite en Iran et au Pakistan. Quand elle fut de nouveau attachée à la Lajna de Karachi après avoir servi à la Lajna Centrale, le quatrième Calife la nomma Sadr de la Lajna de Karachi. Elle occupa ce poste de 1986 jusqu’en 1997.

La Lajna de Karachi a publié 60 ouvrages et deux magazines lors de sa présidence au cours de laquelle elle a lancé aussi des classes pour encourager la prédication. Le quatrième Calife en était très content ; il l’a félicité en ces termes : « Vous êtes en train d’accomplir un travail remarquable. Vos œuvres suscitent dans mon cœur des prières à votre égard. Qu’Allah vous accorde une longue vie pleine de santé, qu’Il bénisse votre joie et qu’Il accorde la meilleure des récompenses ici-bas et dans l’Au-delà à vos aides.

En de nombreuses occasions le quatrième ainsi que le troisième Califes ont loué les œuvres de la défunte. Dans une lettre, le quatrième Calife lui a écrit ceci : « J’ai reçu votre rapport au sujet de la Lajna Imaillah de Karachi. Du tréfonds de mon cœur j’honore vos sentiments et votre sincérité. Je demanderai toujours à mon Seigneur le bien en votre faveur. Je L’implore pour qu’Il fasse revenir, avec encore plus de gloire, ces jours qui me sont si chers. »

Salma Mir Saheba est devenue veuve à l’âge de trente-six ans. Selon sa fille, elle n’a jamais fait montre d’impatience ou d’ingratitude dans ses propos. Elle remerciait Allah l’Exalté tout le temps et elle avait tout le temps des pensées positives. Elle souhaitait que ses enfants fassent montre des mêmes qualités. Une de ses filles raconte : « Mon mari était dans la phase terminale de sa maladie. Le recueil de Malfouzât du Messie Promis (a.s.) était la première chose que ma mère m’a offerte en disant : « Après la mort de ton père, j’ai passé le restant de mes jours avec ces écrits et j’ai tout laissé entre les mains d’Allah. L’amour pour Dieu doit l’emporter sur toute autre affection. » Les médecins, raconte la fille, m’ont demandé de signer un formulaire durant les derniers instants de mon mari. Je n’ai pas pu me maîtriser et j’ai éclaté en sanglots. J’étais dans une douleur atroce et ma mère qui était présente m’a entendue. Avant de quitter l’hôpital je me suis arrêtée devant elle ; ma mère m’a dit sur un ton sévère : « Es-tu ma fille ? Ma fille ne peut pas être aussi désespérée. Pourquoi as-tu pleuré si bruyamment ? La vraie patience est celle démontrée au premier instant quand frappe un malheur. Avec le temps, tout le monde arrive à être patient. Ton mari était quelque chose que Dieu t’avait confié. Il lui appartenait et Il l’a repris. »

Après avoir eu quatre filles, la défunte eut son premier fils qui est décédé après quelque temps. Elle a fait preuve d’une grande patience. « Il était une charge confiée par Allah et Il l’a repris. » Elle se consacrait constamment à la prière. Elle conseillait tout le temps ses enfants à ne pas sortir du giron du Califat. Elle était très respectueuse du port du voile ; là où elle voyait des lacunes à ce propos elle conseillait autrui avec beaucoup de patience afin de ne pas causer offense.

Une de ses filles relate : « Quand notre sœur cadette a reçu sa proposition du mariage, le jeune homme a demandé à la voir avant d'entamer les discussions. Nous avons dit à notre mère que la fille pourrait porter un simple voile sur la tête au lieu de se couvrir [le visage] avec un niqab. Ma mère a répondu : « Qu’on n’accepte ou non la proposition, elle ne se fera pas sans le niqab. »

Une de ses petites-filles devait passer l’épreuve de conduite à Londres. La défunte l’accompagna étant donné que le moniteur de l'auto-école était un homme. « Je ne te laisserai pas partir toute seule avec un homme », lui a-t-elle dit. Certains ont fait des blagues à ce sujet, mais elle ne s'en est pas souciée.

La Lajna a publié un recueil des instructions des Califes sur le port du voile ou du niqab sous le titre « Fleurs pour celles qui portent le voile. » La défunte disait souvent que celles désirant des fleurs doivent se vêtir modestement. Celles qui portent le voile recevront des fleurs.

Une de ses petites-filles déclare : « Avant mon mariage, la défunte a souligné les conseils prodigués par Nawab Mubaraka Saheba à une nouvelle mariée et me les a envoyés en me préconisant de les lire souvent. »

Elle ajoute : « La défunte n’appréciait pas que les femmes célibataires restent jusque tard dans la nuit dans les soirées. Lorsque nous étions au lycée, et qu’il y avait des soirées organisées chez nos amies ; elle nous y accompagnait. »

De nos jours, de nombreuses filles me demandent mon avis au sujet de passer la nuit dans des soirées ou d’y dormir sur place. Cela est une mauvaise pratique, et nos filles doivent s’en prémunir.

Elle continue : « Lorsque nous manquions la prière de Fajr, elle ne nous adressait pas la parole durant la journée. C’était une grande punition de sa part. » Une fois, elle était de passage aux États-Unis, à Chicago, et elle fut invitée à un événement où une femme avait mis de la musique et s’était levée pour danser. Elle vint par derrière et l’agrippa et lui dit : « Arrête cette musique, ne sais-tu pas comment on appelle celles qui dansent ? »

Elle a élevé une fille chrétienne ; elle lui a enseigné des supplications et les bonnes manières. La fille disait qu’elle était déjà devenue à moitié ahmadie.

Amtul Bari Nasir Saheb écrit : « Allah l’Exalté a grandement aidé les Lajnas de Karachi par l’intermédiaire de Salima Mir Sahiba. Elle a certes quitté ce monde, mais les membres dont elle a fait l’éducation sont en train de servir dans le monde entier, et ainsi elles garderont en vie son nom et son œuvre. »

Son nom est synonyme d’œuvres exemplaires. Elle faisait preuve de responsabilité et elle aimait former les autres.

Elle ne souhaitait guère se faire une renommée : elle désirait tout simplement que toutes les femmes travaillant sous elle soient bien formées. Touts les fois que des livres ont été publiés, elle a encouragé son équipe [à en bénéficier].

La défunte était souvent amenée à voyager vers la fin de sa vie. Mais afin que le travail de la Jama’at n’en soit pas affecté elle avait formulé une demande auprès du centre afin de se faire remplacer par une autre présidente. Elle a organisé une très belle réunion et elle lui a mis un collier de fleurs. Ensuite elle a placé Madame Bhatti Saheba sur le siège présidentiel, et a fait un discours très émouvant au sujet des services qu’elle a rendus ; elle a mis également l’emphase sur l’obéissance. « Elle s’est libérée avec dignité de ses responsabilités, » dit-elle. Elle ajoute : « Quel bonheur que ce genre de passation de pouvoir existe ! »

Parfois lorsque des personnes sont démises de leurs fonctions dans la Jama’at ou lorsque l’affectation à un poste leur est refusée, elles soulèvent de nombreuses objections. Il s’agit d’une leçon pour elles. Si elles sont affectées à un poste, elles doivent en remercier Dieu, mais même si elles ne le sont pas, elles doivent également L’en remercier, et elles doivent chercher d’autres moyens de servir la Jama’at. Il n’est pas nécessaire d’être affecté à un poste pour contribuer.

Ensuite, elle ajoute : « Elle œuvrait avec grande intelligence et discrétion dans son travail. Lorsqu’on lui faisait part de quelque chose de personnel nous n’avions jamais peur que cela fuite. Elle était une excellente confidente. »

Amatul-Bari Nasir Saheba ajoute qu’elle ignorait comment la défunte faisait pour garder tous les secrets de tout le monde. Il s’agit d’une grande qualité qui se perd de nos jours même chez les hommes.

Amatul Noor Saheba écrit de Karachi : « Salima Mir Saheba était une femme très aimante, désintéressée, très humble, qui mettait de côté sa personne et faisait l’éloge du travail des autres. C’était une femme très joviale. En plus d’un beau visage, Dieu lui avait également accordé un beau et doux cœur. » Elle ajoute : « Lorsque j’ai été nommée présidente, j’ai fait mention du fait que la région était très étendue, et que je n’avais pas beaucoup d’expérience, ni n’étais-je véhiculée. Elle me dit : ‘Ce n’est pas grave : ma fille habite tout près de chez toi ; dès que tu en auras besoin, si tu dois faire des visites, fais-lui en part et elle mettra un véhicule à ta disposition. Ou informe-moi en j’enverrai ma voiture, ne t’en fais pas.’ Elle était très humble, travaillant main dans la main avec les bénévoles.

Une secrétaire de l’Isha’at de Karachi écrit : « J’ai eu l’opportunité de travailler avec Salima Mir Saheba depuis 1986. Je l’ai trouvée très modeste, soucieuse des pauvres et très humble. Lorsqu’une grande bénévole de la communauté s’était éloignée, elle s’était enquise à son sujet et avait appris qu’elle était très malade, et qu’elle possédait de nombreuses reliques de la Jama’at.

Avec les supplications du quatrième Calife et conformément à ses directives, elle l’a contactée avec beaucoup de sagesse, mais avant que quelque chose ne puisse être fait, la dame a rendu l’âme. On a demandé à l’une proche que si elle possédait des reliques la Jama’at était prête à y mettre le prix car ces objets faisaient partie de l’histoire de la Communauté. C’était des objets bénis appartenant au Messie Promis (a.s.). Nous avons pu récupérer un coffre qui comportait des lettres du Messie Promis (a.s.) et des écrits du premier Calife. Le coffre aussi était historique et elle l’a pris avec beaucoup sagesse. Les femmes ahmadies qui s’étaient éloignées ont été soignées par cette dernière.

Toutes les personnes qui m’ont écrit ont fait mention du fait qu’elle était très digne, très patiente, qu’elle était dotée de grandes qualités morales, et était très attachée aux bonnes actions, enjoignant les gens à persévérer dans cette voie. Elle était toujours attachée au Califat. Qu’il s’agisse de ses proches ou des étrangers, elle prodiguait des conseils à tout le monde de la même manière. Elle n’accordait aucun traitement préférentiel à ses filles ; elle leur prodiguait également des conseils. La défunte avait une grande confiance en Allah. Elle se contentait toujours de la volonté divine. Qu’Allah le Très-Haut exalte son rang et qu’Il permette à ses fils et à ses filles de perpétuer ses bonnes œuvres. Après la prière du vendredi, je dirigerai ces deux prières funéraires en l’absence des dépouilles.


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