Sermon du vendredi 26 décembre 2014, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul Futuh à Londres.

Aujourd’hui par la grâce d’Allah débute la Jalsa Salana à Qadian ainsi que d’autres pays. D’ailleurs ce sermon fait partie du programme de la Jalsa dans certains pays d’Afrique qui partagent le même fuseau horaire [que le Royaume-Uni]. Il fut un temps où la Jalsa n’avait lieu qu’à Qadian : après la partition de l’Inde elle fut aussi organisée au Pakistan. Mais la mention de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.) par les ahmadis était si insoutenable pour les ennemis de l’Ahmadiyya et l’état pakistanais que ce dernier a passé une loi afin d’en empêcher la djama’at Ahmadiyya. C’est ainsi que dans l’application de cette loi on a interdit la tenue de ces Jalsa Salana au Pakistan : dans leur prétention ces infâmes pensaient pouvoir empêcher les ahmadis de mentionner Allah et son Prophète (s.a.w.). Ces ennemis de l’Ahmadiyya ignorent que leurs lois peuvent assujettir les corps mais pas les cœurs.

En dépit de cette torture morale, des pertes financières, des sacrifices de vie qu’ils font subir aux ahmadis, les ennemis de l’Ahmadiyya ne peuvent enlever l’amour de Dieu de nos cœurs. Apparemment ces ennemis sont nos frères dans la foi mais leur amour pour la kalimah (déclaration de foi) est fort étrange : au lieu de se réjouir du fait qu’il y a parmi les musulmans une communauté qui non seulement se dit prête à tout sacrifice pour la kalimah mais qui a prouvé d’ores et déjà que cet amour pour la kalimah est ancré dans les cœurs de leurs enfants, ils usent de tout moyen – licite et illicite – afin de les empêcher de d’affirmer leur foi en Dieu et en Son Prophète (s.a.w.). Toute personne imbue de justice affirmera que les torts que font subir les ennemis de l’Ahmadiyya aux ahmadis ne sont point de l’hostilité envers l’Ahmadiyya mais envers l’Islam.

J’ai évoqué les ahmadis du Pakistan ainsi que les Jalsa de ce pays en référence à la Jalsa de Qadian. Tous les ans le mois de décembre ravive dans les cœurs des ahmadis du Pakistan d’intenses émotions. Qu’Allah fasse que leur peine aient l’approbation d’Allah et qu’ils s’attirent les faveurs divines, que ces dernières réduisent à néant toute hostilité, toute contrainte et toute difficulté et que les ahmadis du Pakistan puissent, eux aussi, profiter des faveurs dont jouissent les autres ahmadis du monde.

Les ennemis de l’Ahmadiyya, soutenus par les gouvernements successifs [du Pakistan], ont cru pouvoir arrêter le progrès de la djama’at en imposant ces restrictions dans ce pays. Mais quel en fut le résultat ? Durant ces jours la djama’at Ahmadiyya est en train d’organiser la Jalsa dans différents pays. D’ailleurs au cours de l’année, dépendant de leurs circonstances, les djama’at des autres pays organisent elles aussi la Jalsa. Ainsi cette rencontre lancée pour la première fois par le Messie Promis (a.s.) est maintenant d’envergure internationale. Certes la Jalsa se tenait aussi dans certains pays quand elle se tenait à Rabwah : mais aujourd’hui elle a pris de l’ampleur et est organisée dans d’autres pays encore.

Mis à part les ahmadis, les chefs d’états de nombreux pays, les suivants des autres religions, voire d’honnêtes gens parmi les autres musulmans affirment, que la Jalsa Salana présente au monde les véritables valeurs de l’Islam. Ceci est indéniable : le monde est en train de les connaître par l’entremise de la djama’at Ahmadiyya. C’est là un décret divin, que le Messie Promis (a.s.) a annoncé en des paroles claires. Il affirme : « Ne considérez pas cette Jalsa comme une simple rencontre organisée par des hommes. Elle a pour but de soutenir la diffusion de la vérité et pour établir la gloire de l’Islam dans le monde, car le savoir que vont acquérir tous ceux qui y participeront apportera une révolution dans leur connaissance et leur conduite. Cette révolution dévoilera toute sa splendeur dans le monde et lui présentera la beauté des préceptes islamiques, prouvant que l’Islam est la parfaite religion, celle qui est supérieure à autre. Ces paroles s’accompliront car cela ne dépendra pas des efforts humains : ces œuvres seront aussi soutenues par Dieu. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « …la pierre angulaire de cette communauté a été placée par la main de Dieu, des nations ont été préparées et elles viendront s’y joindre prochainement. C’est là l’œuvre du Dieu tout puissant pour qui aucune chose n’est impossible. Très bientôt cette religion sera débarrassée des adeptes du naturalisme, de ceux qui lui attribuent des lacunes, de ceux qui se complaisent dans le doute, de ceux qui nient les miracles, de ceux qui se vautrent dans l’impureté, de ceux qui ont des influences néfastes, de ceux qui attribuent au Coran des récits qui le contredisent. Dieu établira sur terre une voie pour cette communauté du juste milieu. C’est la voie montrée par le Saint Coran, celle que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a indiquée à ses compagnons. C’est la même direction suivie par les Siddiquine, les Shuhada et les Swalihine. Cette parole s’accomplira certainement. Que celui qui peut entendre y prête oreille. Bénis soient ceux pour qui la voie droite a été ouverte. »

Certainement les Jalsa transforment le caractère de ceux qui y participent : d’ailleurs il doit en être ainsi. Ces rencontres ont lieu dans nombre de pays et différentes nations y participent, qu’elles soient d’Afrique, de l’Extrême-Orient, d’Europe, des Amériques ou des pays arabes. Dieu a réalisé les paroles du Messie Promis (a.s.) et Lui a accordé son soutien : des nations se préparent pour venir se joindre à sa communauté.

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[Des individus issus de] différentes nations ont prêté allégeance au Messie Promis (a.s.) annonçant ainsi l’accomplissement de cette prophétie. D’ailleurs 31 nations sont aujourd’hui représentées à la Jalsa de Qadian : il s’y trouve des délégués d’Afrique, d’Asie, des pays Arabes, des Amériques, de l’Europe, de l’Australie, de l’Extrême Orient et des îles lointaines. En interdisant la tenue de la Jalsa dans un pays l’ennemi croyait avoir frappé d’un coup fatal la djama’at Ahmadiyya : mais il est stupide et ne comprend pas celui qui s’était proclamé l’Imam de l’époque, Messie et Mahdi affirmait que c’est Dieu Lui-même qui avait fondée cette communauté. Si l’ennemi se croit téméraire, qu’il s’oppose à Dieu. Mais qu’il sache que le Messie Promis (a.s.) est le bien-aimé d’Allah et qu’il jouit du soutien spécial de Celui-ci. D’ailleurs pourquoi n’en serait-il pas ainsi, étant donné que Dieu lui-même l’avait envoyé afin d’établir Sa grandeur dans le monde ? Avant de s’en prendre au Messie Promis (a.s.) il faudra réfléchir sur l’annonce qu’il a faite dans le couplet suivant :

« Ô toi qui me veux du mal ! Réfléchis bien avant de t’attaquer à moi ! »

Nos adversaires doivent aussi se rappeller que les souffrances temporaires qu’ils font endurer aux membres de la djama’at ne causeront aucune perte à celle-ci. En s’en prenant à quelques individus ils ne pourront point nuire à cette djama’at qui jouit du soutien de Dieu et qui a été établie par Celui-ci. Même si tous les Etats du monde se liguaient afin d’anéantir l’Ahmadiyya ils ne pourront point le faire, insha Allah. Car cette djama’at a pour vocation de rétablir, dans son état originel, la parfaite religion de Dieu, en présentant ses véritables enseignements, en l’ayant débarrassé de tout excès et de toute carence, en la présentant tel que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’avait apportée. Le Messie Promis (a.s.) affirme aussi qu’aucune puissance au monde ne pourra détruire à sa communauté :

« Qui peut arrêter l’œuvre qui vise à prouver la grandeur de Dieu et les bénédictions de Son Prophète (s.a.w.) ? Qui peut déraciner l’arbre planté par la main d’Allah et protégé par Ses anges ? Si ma communauté était le fruit d’intentions mercantiles elle aurait disparu depuis fort longtemps. Elle est certainement de Dieu : c’est là une certitude. Même si le monde entier s’oppose à elle, elle progressera, grandira et sera sous la protection des anges. Même si le monde entier m’abandonne et que personne ne me porte secours, cette communauté progressera : telle est ma conviction. »

C’est là une affirmation empreinte de fermeté et de force est dont Dieu est témoin. Serait-il possible que l’ennemi puisse, par ses moyens, détruire cette communauté ? Cependant nous devons aussi saisir [l’ampleur de] nos responsabilités. Nous appartenons à la djama’at Ahmadiyya et nous organisons aussi la Jalsa : il sied aussi de se rappeler que la communauté établie par le Messie Promis (a.s.) n’en est pas une d’ordinaire. La Jalsa Salana n’est pas une rencontre ordinaire. Un ahmadi n’est pas une personne ordinaire : il porte sur ses épaules de lourdes responsabilités. Le Messie Promis (a.s.) annonce que si les faibles l’abandonnent, voire si le monde entier le rejette, Dieu ne l’abandonnera pas. C’est là la promesse divine. Un ahmadi doit – s’il veut profiter du soutien de Dieu – apporter en sa personne la révolution que souhaitait le Messie Promis (a.s.) pour ses suivants.

Il ne suffit point de participer à ces Jalsa Salana : il est aussi important d’accomplir son introspection et de se joindre à ceux qui profitent des prières du Messie Promis (a.s.).

Ceux qui vont à la Jalsa me demandent de prier afin qu’ils méritent les prières du Messie Promis (a.s.) en faveur de ceux qui y participent. Mais suffit-il de se présenter à la Jalsa pour mériter ces prières ? Suffit-il, pour cela, d’écouter des discours pendant 3 ou 4 heures, de lancer quelques slogans pour ensuite rentrer chez soi ? Certainement non. L’analyse de conscience est un exercice essentiel : cette ferveur qu’engendre ces discours et cette atmosphère spirituelle est-elle temporaire ou permanente ? Si l’on était animé de ces sentiments au cours de la Jalsa, l’on doit, après chaque session, promettre d’user de toutes ses aptitudes pour apporter en soi la révolution que souhaitent Allah et Son Prophète (s.a.w.) et le Messie Promis (a.s.). C’est ainsi que l’on méritera à tout jamais les prières du Messie Promis (a.s.). Sinon nous serions en train d’annoncer que nous resterons les bras croisés, que nous ne répondrons pas à l’appel de Dieu, mais que nous devons certainement hériter des prières du Messie Promis (a.s.). Profitez donc de l’atmosphère de la Jalsa afin d’augurer en vos personnes cette révolution spirituelle. Supplications et efforts sont deux éléments essentiels pour mériter les prières du Messie Promis (a.s.) et pour profiter des faveurs divines.

Allah nous demande de respecter Ses ordres. Nous connaissons tous ces commandements : ils sont consignés dans le Coran de la première page jusqu’à la dernière. Allah, de par Sa grâce, nous a permis d’accepter l’Imam de l’époque, qui nous a expliqué en profondeur les sens et l’importance de ses commandements. Nous n’avons aucune échappatoire.

Dans le contexte de la Jalsa, le Messie Promis (a.s.) nous exige de nous acquitter de nos devoirs [envers Dieu] et envers autrui. Après avoir attiré l’attention des participants quant à l’importance de la Taqwa et de la pureté, il a évoqué les espoirs qu’il avait en ses disciples. Il désirait qu’ils fassent preuve de compassion à l’égard de leurs frères, qu’ils éprouvent une affection mutuelle, qu’il y ait entre eux de la fraternité, qu’ils fassent preuve d’humilité, qu’ils soient prêts à se sacrifier les uns pour les autres et qu’ils soient de grands exemples de droiture, qu’ils ne soient point malveillants et durs envers autrui.

Ainsi il est important pour chacun d’accomplir son analyse de conscience : sommes-nous des exemples dans le domaine de ces excellences morales. Sommes nous en train de consentir à des sacrifices pour les autres ? Avons-nous atteint le niveau requis dans l’humilité évoquée dans le Coran et pratiquée par les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ? Sommes-nous à la hauteur des attentes du Messie Promis (a.s.) dans ce domaine ? S’il n’en est pas ainsi nous n’aurions rien accompli pour profiter des prières du Messie Promis (a.s.) ou pour mériter les faveurs divines : il serait vain de caresser de pareils espoirs. Si ceux présents à la Jalsa désirent réellement profiter des prières du Messie Promis (a.s.) en leur faveur, ils doivent ressentir l’ardent désir qu’avait celui-ci à leur égard : ce conseil s’applique en particulier à ceux qui se trouvent à Qadian, dans le village du Messie Promis (a.s.).

Dans la vie courante ceux sont les enfants qui sont les plus obéissants à leur égard parents et qui leur rendent de plus grands services qui profitent le plus des prières de ces derniers.

Nous allons profiter au mieux de la relation que nous entretenons avec le Messie Promis (a.s.) quand nous la renfoncerons. Le trésor de ses prières est intarissable : chanceux sont ceux d’entre nous qui en profiteront. Je vous présente ici bas des dires du Messie Promis (a.s.) dans lesquels il évoque ses attentes concernant sa djama’at.

Il dit : « Si les membres de notre djama’at désirent former une communauté ils doivent s’inviter la mort, éviter tout penchant et tout but égoïste, préférer Dieu à toute chose. Nombre d’actes ostentatoires et abjects conduisent l’homme à la destruction.

Evitez aussi la colère : tout étranger que vous rencontrerez vous examinera de près, il scrutera vos manières, vos habitudes, votre constance, votre respect des commandements divins. Si vous n’êtes point exemplaires dans ces domaines, vous l’égarer. Souvenez-vous de ces conseils.

Le Saint Coran affirme :

مَنْ قَتَلَ نَفْسًا بِغَيْرِ نَفْسٍ أَوْ فَسَادٍ فِي الْأَرْضِ فَكَأَنَّمَا قَتَلَ النَّاسَ جَمِيعًا

quiconque tuera une personne – qui n’a pas tué une autre ou qui n’a pas fomenté le désordre sur la terre – ce sera comme s’il avait tué l’humanité toute entière. J’ajoute, quant à moi, que celui qui n’éprouve pas de la sympathie pour son frère n’en a aucune pour l’humanité. N’ayez point pour cette vie une telle passion au point de perdre votre foi. Dieu désire faire de cette djama’at un exemple […] Je le dis en toute vérité : la foi et le monde ne peuvent coexister. Certes le monde peut être au service de la foi, mais il ne peut point être le partenaire de cette dernière. Celui qui est proche de Dieu n’a jamais eu à mendier des miettes aux autres : Allah éprouve de la compassion même pour ses enfants. Celui qui adhère à ma djama’at est celui qui préfère la foi à ce monde, tout comme l’exige le serment d’allégeance. Allah accordera de la force à celui qui, tout en respectant cette promesse, tentera de se rapprocher de Lui. »

Le Messie Promis (a.s.) a aussi souligné que les membres de sa djama’at ne doivent pas se contenter de simples paroles : ils doivent respecter les véritables exigences de la bai’ah. Ils doivent apporter en leurs personnes des changements purs. Il dit à cet effet : « Vous ne pourrez plaire à Dieu en vous contentant de maîtriser ces sujets qui ont trait aux controverses. Si vous n’apportez pas vous ces changements purs il n’y aura point de différence entre vous et les autres. Oeuvrez en ce sens. Suppliez Dieu au cours de vos Salat. Faites de l’aumône et usez d’autres moyens : soyez de ceux qui font des efforts pour la cause de Dieu. »

C’était là quelques conseils, parmi tant d’autres, prodigués par le Messie Promis (a.s.) pour le progrès moral et spirituel de sa djama’at. Nous devons, tout en les ayant à l’esprit, nous évertuer à nous distinguer des autres, car sans ce faire nous ne pourrons atteindre le but de la bai’ah. Le Messie Promis (a.s.) soutient que l’on ne pourra plaire à Dieu en se contentant d’accroitre sa connaissance, de maitriser ces thèmes qui ont trait aux polémiques ou de clouer le bec de l’ennemi. Certes il est important d’accroitre sa connaissance, cependant il est tout aussi important de progresser dans sa conduite et de se réformer afin de plaire à Dieu. Il est important de traduire dans la pratique les ordres de Dieu et de faire partie de ceux qui s’évertuent à rencontrer Dieu en sacrifiant leur ego. Ceux sont des personnes qui quémandent l’aide de Dieu dans leurs supplications et Salat. Ils font de l’aumône et usent de tout moyen afin de plaire à Dieu. Constatant leur engouement Allah affirme « …Nous les guiderons assurément vers Nous. »

Pour mériter la proximité de Dieu il faudra faire de efforts en premier. Il est tout aussi important de faire des efforts afin de mériter les prières des Amis de Dieu. Ces Jalsa nous offrent l’environnement propice afin de profiter de ces prières. Nous devons, lors de notre participation, accomplir notre analyse de conscience et nous évertuer à mieux respecter nos devoirs envers Dieu et envers autrui, afin que nous puissions, au plus vite, parcourir les voies qui mènent à Dieu. Qu’Allah nous en accorde l’opportunité.

A ceux qui participent à la Jalsa de Qadian je leur rappelle que le Messie Promis (a.s.) leur a demandé d’apporter leurs couchages en raison du froid. Ceux qui habitent d’autres régions de l’Inde, voire ceux du Pakistan, doivent respecter cette consigne dans la mesure du possible. Certes les organisateurs fournissent des lits mais cela n’est pas suffisant. Ceux qui viennent d’autres régions de l’Inde ne doivent pas s’attendre à recevoir toutes les aménités. Ceux qui viennent de l’extérieur doivent eux aussi apporter des vêtements chauds, car il fait froid à Qadian. Ils doivent prendre des précautions au lieu de s’attendre à avoir des lits ou de chambres chauds. Ils doivent se coucher en portant des vêtements chauds et ils ne doivent pas se plaindre qu’ils n’ont pas eu de chambre chauffés ou des couvertures épaisses. D’ailleurs il ne fait plus aussi froid que dans le passé. Le changement climatique a eu de l’effet : certes il y a beaucoup de brume mais la température ne baisse pas autant qu’auparavant. Dans le passé des invités venaient aussi à Qadian au prix de grands sacrifices. Le but premier est de profiter de l’atmosphère spirituelle de la Jalsa, de réformer sa conduite afin de s’attirer les faveurs divines.

Peut-être que ceux d’Europe sentiront le froid, car leurs maisons sont chauffées dans leurs pays d’origine. Peut-être qu’ils ou certaines personnes aisées du Pakistan demanderont des chauffages, des vêtements chauds ou des chambres chauffées. Qu’ils se contentent de ce que les organisateurs leur fourniront et qu’ils en remercient Dieu. Les différentes djama’at doivent aussi informer leurs délégués et les préparer, afin qu’ils soient au courant de la situation et qu’il n’y aient pas de doléances de leur part. Mais les différentes djama’at envoient, avec beaucoup de retard, la liste de leurs délégués. Il y a beaucoup de négligence à cet effet. Les Amirs des djama’at doivent fournir au centre tous les détails [des invités] exigés, sinon ces derniers se retrouveront en difficultés à Qadian.

D’aucuns demandent qu’on les loge dans tel ou tel endroit. Pareilles demandes de leur part sont inappropriées. Les invités sont tout au plus au nombre de 20000 et les organisateurs font de leur mieux pour leur accorder des logis appropriés et ils font de très bons arrangements. Mais si d’aucuns seront incommodés en raison de leurs maladies, de leur âge ou pour tout autre raison, il serait mieux pour eux d’éviter d’entreprendre ce voyage. Participer à la Jalsa et profiter de son atmosphère exige peines et sacrifices. En dépit du fait que l’hospitalité du Messie Promis (a.s.) à l’égard de ses invités [durant les jours ordinaires] était hors norme, il avait enjoint que tout le monde devait recevoir le même traitement durant la Jalsa : d’où la raison d’éviter de faire des demandes particulières au cours des Jalsa, là où elles sont organisées.

Par la grâce de Dieu on a construit nombre de logements à Qadian : ceci est en accord à l’ordre émis par Dieu dans la révélation faite au Messie Promis (a.s.) : « Elargis ta maison. » Tous les ans ceux qui visitent Qadian en font le constat : Allah ne cesse d’élargir ces logements et les responsables font de leur mieux pour offrir tous les conforts nécessaires [à leur invités]. Cependant des lacunes subsistent lors de ces grandes rencontres. Ces invités qui ont pour habitude de faire des demandes aux organisateurs doivent, même s’ils sont incommodés, coopérer avec ces derniers. Ils doivent au contraire se réjouir du fait qu’ils ont pu visiter le hameau du Messie Promis (a.s.) et chercher à en tirer les plus de bénédictions possibles. Pour se faire au lieu de chercher leur confort matériel ils doivent tenter d’être à la hauteur des attentes du Messie Promis (a.s.).

Par la grâce d’Allah, à l’exception de quelques cas, la plupart de ceux qui participent à la Jalsa sont des exemples de sincérité et de fidélité : qu’ils soient de la Russie, des Etats-Unis, de l’Europe. Quand, ils m’écrivent après leur retour de Qadian, leurs propos sont parées d’une spiritualité des plus sublimes. D’ailleurs ceux qui se plaignent ne sont qu’une infirme minorité et ils sont en majorité des anciens ahmadis. A ceux-là, qui sont sous l’emprise de ce monde, je leur dis de regarder les excellences et la sincérité des nouveaux venus. Au lieu de chercher les choses de ce monde, tout ceux qui participent à la Jalsa doivent s’immerger dans cet environnement spirituel, doivent passer leur temps dans la prière. Priez pour votre foi et votre spiritualité ; priez aussi pour le progrès de la djama’at, pour votre lien avec le Califat. Priez aussi que vous puissiez être à la hauteur des attentes qu’avait le Messie Promis (a.s.) en sa djama’at. Les croyants s’entre aident grâce à leurs prières. Celui qui prie pour le Calife, pour ses coreligionnaires méritera les faveurs divines. Insha Allah.

Et l’on méritera ainsi les prières faites par le Messie Promis (a.s.) en faveur de sa djama’at. Priez aussi pour que la Jalsa se termine bien et que tous les complots de l’ennemi retournent contre lui. Consacrez chaque moment de la journée et de la nuit au souvenir de Dieu : et c’est là que vous atteindrez le but de la Jalsa. Qu’Allah nous en accorde l’occasion à nous tous. Qu’Allah nous fasse voir le jour où nous lierons le monde au Messie Promis (a.s.) et quand nous allons le réunir sous la bannière du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Après les prières je dirigerai la prière funéraire en absence d’un ancien missionnaire Mokarram Shamsher Sookia Saheb qui est décédé le 24 décembre dernier à l’Ile Maurice. Inna lillahi wa inna ilaihi rajioune. Il est né en mai 1933 à l’Ile Maurice. Son père, Abdus Sattar Sookia, a servi en tant que président de la djama’at pour de nombreuses années. Son grand-père était Abdul Manaf Sookia et avait fait la bai’ah par l’entremise de Sufi Ghulam Mohammad Saheb (r.a.). En 1952, Mokarram Shamsher Sookia Saheb a passé ses examens de Senior School Certificate de la Cambridge University. En 1953 il a commencé à travailler dans le service civil.

En 1962, quand il travaillait en tant qu’inspecteur au bureau des impôts, il était parti en vacances à Qadian et à Rabwah. Il désirait depuis fort longtemps dédier sa vie. A Rabwah ce désir fut si intense et il a tellement aimé l’environnement de Rabwah qu’il a envoyé sa lettre de démission et il a dédié sa vie et il s’est enrôlé à la Jamia, le 6 novembre 1962. Il a complété ses études en 1966 et est retourné à l’Ile Maurice où il a été affecté dans un premier temps. Il s’est marié avec Saidah Sookia Saheba, la fille d’Al Haj Azim Sooltangos, un des premiers ahmadis de l’Ile Maurice.

Mokarram Shamsher Sookia Saheb a été affecté à l’Ile Maurice. De juillet 1967 à septembre 1977 il a travaillé en Côte d’Ivoire comme missionnaire. Il a passé quelques temps à Rabwah et en mars 1978 il est retourné en Côte d’Ivoire. En août 1981 il a été transféré au Bénin où il a travaillé jusqu’en avril 1987. En 1987 il a pris sa retraite mais il a servi au sein de la djama’at en différentes qualités. Il a travaillé sur la traduction des sermons du Calife et sur d’autres travaux littéraires. Il avait servi en Afrique dans des conditions très difficiles en faisant preuve d’une grande patience. Au Bénin il a construit une mosquée au nom de ses parents.

Il a eu l’occasion de travailler à l’Ile Maurice, à l’île Rodrigues, à Madagascar, aux îles Comores, et à l’Ile de la Réunion. Au cours de son séjour à l’Ile Maurice il a travaillé d’arrache pied sur la traduction des livres et des ouvrages de la djama’at ; il a pu traduire de nombreux ouvrages en langues française, dont l’Arche de Noé, le livre écrit par le Messie Promis (a.s.). Il traduisait et enregistrait les sermons du 4e Calife pour les envoyer dans les pays francophones. Il a traduit le Coran en langue créole. Il a travaillé sur la révision et la correction de la nouvelle version du Coran en langue française. Il a écrit un court ouvrage sur la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). C’était une personne d’une grande abnégation, simple, exempte de toute ostentation. Il était d’une grande humilité. Cette qualité le caractérisait depuis le début. Je me souviens de lui lorsqu’il était étudiant à Rabwah : nous travaillions ensemble pendant la Jalsa. Il était d’une très grande humilité.

Il était d’une grande courtoisie à l’égard de tout le monde ; c’était une personne très joviale et de bonne humeur. Quelques mois avant son décès il a offert environs 4500 Euro pour la construction d’une mosquée en Côte d’Ivoire, sans que personn ne le sache. Un ahmadi avait besoin d’argent, quand personne de sa famille ne lui est venu en aide, et que Mokarram Shamsher Sookia Saheb lui a remit, en secret, la somme dont il avait besoin. Il avait une grande affection pour ses professeurs de Rabwah et il était très amical. Qu’Allah exalte son statut et lui accorde son pardon. Après la prière de Jummah je vais diriger sa prière funéraire.


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