Sa Sainteté le Calife a cité les versets suivant de la sourate Al-Buruj au tout début de son sermon :

« Par le ciel ayant des constellations d’étoiles. Et par le Jour Promis, et par le témoin et celui pour qui le témoignage a été porté. Détruits soient les Gens des Fossés ! Allumeurs du feu plein de combustible ! Lorsqu’ils étaient assis tout autour, et ils ont été témoins de ce qu’ils firent aux croyants. Et ils ne les haïssaient que parce qu’ils croyaient en Allāh, le Puissant, le Très-Louable, à Qui appartient le royaume des cieux et de la terre ; et Allāh est Témoin de toutes choses. En vérité, ceux qui persécutent les croyants et les croyantes, et ensuite ne s’en repentent pas, il y a sûrement pour eux le châtiment de l’Enfer, et pour eux est le châtiment du feu. En vérité, pour ceux qui croient et font de bonnes œuvres, il y a des Jardins sous lesquels coulent des ruisseaux. C’est là le grand triomphe. » (Le Saint Coran, chapitre 85, versets 1 à 12)

Les versets que je viens de citer brossent un portrait de la mésaventure qu’ont connue les ahmadis de Gujranwala [au Pakistan]. Ces paroles divines sont autant de preuves qui attestent de la véracité de l’Ahmadiyya et du Messie Promis (a.s.). Si les musulmans imbus de justice méditent sur ces versets de la sourate Al-Buruj, ils saisiront la réalité derrière la persécution que subissent les ahmadis entre les mains de leurs Ulémas, de leurs leaders, de leurs politiques et de leurs gouvernements. [Ces musulmans] accepteront le Messie Promis (a.s.) et n'appuieront point cette persécution perpétrée par ces infâmes et leurs suppôts. Cependant pour comprendre la parole de Dieu il est tout de même nécessaire [d’accepter] Son envoyé. Or ceux-là refusent catégoriquement d’écouter ses propos et leur cruauté ne cesse de prendre de l’ampleur.

Les « constellations » évoquées [dans le premier verset] sont les douze étoiles / planètes que nous présentent l’astronomie. Au sens métaphorique, elles symbolisent ces étoiles spirituelles qui jouissent d’une certaine importance dans l’histoire de l’Islam. Il s’agit des douze Mujjaddine (réformateurs) qui ont brillé, pour quelques temps, dans le ciel de l’Islam après le couché du soleil (le départ du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)). Les hadiths ainsi que les ulémas du passé en ont fait la mention.

Or, il est fort étrange que les musulmans acceptent ceux qui, au cours de ces douze siècles, ont été envoyés par Dieu afin d’extirper l’Islam des ténèbres, pour ensuite rejeter celui qui est apparu au treizième siècle en accord à la promesse faite [dans le verset où il est dit] « et par le Jour Promis ».

Pour ce qui est des premiers, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’était contenté d’annoncer qu’il y aurait des réformateurs au cours de chaque siècle. Quant au Promis [des Derniers Temps] Dieu en fait une mention spéciale et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a prédit plusieurs signes clairs [qui apparaîtront] en sa faveur, dont les éclipses du soleil et de la lune. Mais les musulmans [d’aujourd’hui] rejettent ce Promis. D’ailleurs, après que le Hadrat Mirza Ghulam Ahmad(a.s.) se soit proclamé Messie Promis, ici et là, d’aucuns soutiennent avec vigueur que l’on point besoin d’un réformateur aujourd’hui. La raison derrière pareilles affirmations est que les mollahs et les ulémas [ont peur de] perdre leurs chaires ainsi que le vernis de leur « savoir » et de leur « discernement ».

Evoquant son avènement le Messie Promis (a.s.) dit : « Il est un fait étrange – chose que je considère être un signe divin – que je fut récipiendaire de la révélation divine en l’an 1290 de l’Hégire précisément. »

Quelques temps après, il s’est proclamé être le Messie Promis et des signes célestes et terrestres sont apparus en sa faveur. Les détails à ce propos sont évoqués dans la littérature de la djama’at et les écrits du Messie Promis (a.s.). Je ne vais point m’appesantir à ce propos aujourd’hui, suffit-il de dire que le soutien de Dieu en sa faveur témoigne que nous vivons à l’époque du Messie Promis.

Selon Dieu, la renaissance de l’Islam aura lieu à l’époque du Messie Promis : cependant ceux qui porteront foi en lui devront [aussi] consentir à de grands sacrifices. Il est dit [dans la Sourate Al-Buruj] « détruits soient les Gens des Fossés ! Allumeurs du feu plein de combustible ! Lorsqu’ils étaient assis tout autour, et ils ont été témoins de ce qu’ils firent aux croyants. » Ces versets brossent un portrait de ces ennemis : ils seront assis autour d’un feu allumé par leurs mains, cependant ils connaîtront une mauvaise fin. Les croyants, quant à eux, subiront une longue période d'oppression et de cruelles persécutions.

En évoquant ce point le Messie Promis (a.s.) nous fait comprendre que le progrès de l’Islam exigera de notre part la rançon de la mort. Ces versets nous informent que des feux nourris de combustibles seront allumés contre nous. On ne cessera de les alimenter et ceux qui l’attiseront s’assoiront tout autour pour voir le spectacle, en ayant cerné les croyants de tranchées. Dieu promet cependant que ces persécuteurs sont voués à la destruction, [quoiqu’ils] seront là à surveiller ce feu afin que personne n’en sorte.

Lors [de la tragédie de Gujranwala] au Pakistan la police était présente sur place et regardait le spectacle ; elle n’est pas venue en aide [aux ahmadis], au contraire elle soutenait ces atrocités.

Ces persécuteurs ne se contentent pas d’allumer ces feux : ils se délectent du supplice des croyants. Ce n’est point là un fait du passé : ce sont autant de prophéties qui nous informent que les ennemis des croyants allumeront et surveilleront ces flammes. C’est là une autre preuve que nous sommes en train de suivre la voie de la vérité et que nous sommes parmi les croyants. Les ennemis, quant à eux, sont de ceux qui allument ces feux et qui se réjouissent d’avoir accompli, à leurs yeux, une œuvre louable.

Quand j’évoquerai plus bas les détails concernant les martyres vous constaterez que tout ceci s’est réalisé à la lettre ; les odieux assaillants ont enfermé 11 femmes et enfants ahmadis dans une chambre, allumé des feux et bloqué les portes. Ils se sont ensuite moqués d’eux en faisant des saluts de la main par les fenêtres et en lançant des slogans. Les images et les vidéos de l’incident nous montrent les visages de ces infâmes, visages qui annoncent que leur effronterie avait outrepassé toutes les limites.

Deux jours après cet incident, un mollah de la région a réuni une foule pour lui dire que ce qui s’est passé à Gujranwala était peu de chose. « Promettez-moi que nous ferons plus et que vous serez avec moi » a-t-il dit à la foule. Ainsi il serait vain d’espérer qu’après avoir tué des femmes et des enfants innocents ils en ressentiront quelque remord. Ces infâmes, dénués de toute pudeur, osent annoncer sur Twitter que les ahmadis méritaient pareil traitement. Innalillahi Wa Inna Ilaihi Rajioune. Malheureusement, l’on est en train de perpétrer toutes ces abjections au nom de Dieu et de Son Prophète.

« Lorsqu’ils étaient assis tout autour… », signifie qu’ils surveilleront en permanence [ces feux], qu’ils tenteront de tourmenter, pendant longtemps, les croyants. Ces campagnes de mensonges, de tromperie et de persécution dureront longtemps, car les ennemis ne cesseront de naître et d’attiser cette hostilité. Cependant cet état des choses arrivera à la fin décrétée par Dieu : au final ils seront consumés par le feu qu’ils ont allumé.

Leurs ulémas savent pertinemment bien qu’ils ont recours à la fausseté. Hormis le mensonge et le fait de citer à tort et à travers les écrits du Messie Promis (a.s.), ils n’ont aucun autre argument pour contrer les déclarations de celui-ci. Leur hostilité les a aveuglés : ils ne cesseront point et inciteront les populations à allumer ces feux. Ils tenteront de brûler les croyants en allumant des feux réels : parfois ils réussiront, parfois non.

Aujourd’hui dans chaque ville, ils placardent des affiches remplies de mensonges colportés sur les ahmadis dans chaque rue du Pakistan, sur tous les édifices, voire sur les murs de la cour suprême. Ils attribuent des mensonges éhontés au Messie Promis (a.s.) et aux croyances des ahmadis, attisant ainsi [la haine] des autres [à leur encontre]. Le Messie Promis (a.s.) réconforte en ces termes ses disciples : « Ne croyez pas que Dieu vous abandonnera ; vous êtes cette graine semée de Sa main ; et Il a dit qu’elle se transformera en un grand arbre qui répandra ses branches dans toutes les directions. Béni soit celui qui croit dans la Parole de Dieu et qui ne craint pas les épreuves dans Sa voie… »

Certes les membres de la djama’at vont devoir consentir à ces sacrifices. Mais l’arbre de la djama’at qui a été plantée par la main de Dieu, grandira, fleurira et portera ses fruits, insha Allah. Ceux qui attisent ces flammes seront consumés par elles ou Dieu les détruira par quelque autre moyen que ce soit.

La prophétie « Détruits soient les Gens des Fossés ! » s’est réalisée à maintes reprises en faveur de la djama’at Ahmadiyya, dans la foulée des cruautés qu’elle a subies. Ces gens ne cesseront de commettre ces exactions. Mais l’arbre de l’Ahmadiyya ne cessera de grandir par la grâce de Dieu. Les 125 ans d’histoire de la djama’at Ahmadiyya et ses progrès actuels devraient suffire pour leur faire comprendre que ceci n’est point l’œuvre de l’homme mais celle de Dieu. S’ingérer dans les affaires de Dieu et tenter de les entraver leur attireront la colère divine. Ils savent pertinemment bien qu’ils se fourvoient et que ni le Coran ni les paroles du Prophète ne sont en leur faveur.

J’ai cité dans le passé les incidents qui ont conduit à la conversion des compagnons du Messie Promis (a.s.) et des gens de notre époque et j’avais dit que ces soi-disant ulémas leur disaient de ne point prendre pour référence le Coran quand ils parlent avec les Ahmadis, sinon ces derniers prouveront la mort de Jésus, leur définition de la Khatm-un-Nubuwwah ainsi que la véracité du Messie Promis (a.s.).

Aujourd’hui les mollahs interdisent aux autres musulmans d'écouter les ahmadis ou de leur parler, car ils savent très bien qu’ils sont à court d’arguments. Ils sont certes entêtés et obstinés ; et ils peuvent, dans leur obstination, donner mille sens de leur choix à un seul terme. En raison de leur fourvoiement et leurs opinions erronés ils ont fait des populations musulmanes des imbéciles. Et ils osent perpétrer ou faire perpétrer ces exactions, parce que dans leur prétention, ils disent que la majorité est avec eux.

Quelques jours de cela un mollah est apparu sur la chaîne nationale de l’état [pakistanais], et sans citer les ahmadis, il a tenté de calmer la population en condamnant [ces exactions à l’encontre des ahmadis.] Mais il ne cessait d’insister sur le fait que la minorité [c’est-à-dire les ahmadis] ne doit pas blesser les sentiments de la majorité. Aussi ils sont à la fois les assassins, les accusateurs, les juges et les bourreaux des ahmadis. Etant donné que les mollahs ont de l’influence dans les rues, les politiques quant à eux pensent que leur seule parade c’est d’être hostiles à l’égard des ahmadis. C’est pour cette raison aussi que l’état fait cause commune avec les mollahs ; mais ils ignorent le sort que Dieu leur réserve.

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Il dit à ce propos : « En vérité, ceux qui persécutent les croyants et les croyantes, et ensuite ne s’en repentent pas, il y a sûrement pour eux le châtiment de l’Enfer, et pour eux est le châtiment du feu. » Ces gens allument des feux ouvertement et en secret afin qu’ils puissent tourmenter par tous les moyens possibles les croyants.

Ils affirment que les ahmadis n’acceptent pas le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) comme dernier prophète et qu’ils portent atteinte à son honneur, (que Dieu nous en préserve !). Ces accusations nous meurtrissent le cœur, car les ahmadis, là où ils se trouvent, se consacrent matin et soir à répondre à toute attaque lancée contre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), et ils sont toujours les premiers à le faire. A nos yeux plutôt mourir que d’entendre la moindre calomnie à l’encontre de la personne du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Voilà ce que nous enseigne le Messie Promis (a.s.). Allah est bien au courant de nos œuvres et de ce que recèle nos cœurs ; Il sait très bien qu’il n’y a point de contradictions entre les deux. Serait-Il, en dépit de l’hostilité du monde entier, en train de faire progresser la communauté d’un imposteur ? Il sait que c’est Sa djama’at et qu’Il lui ouvrira les portes du progrès.

Il affirme qu’Il n’accordera point de répit à ceux qui tourmentent les croyants en brûlant leurs maisons, leurs personnes, en leur attribuant des mensonges et en meurtrissant leurs cœurs, ces croyants qui matin et soir œuvrent pour l’établissement de l’unicité de Dieu, de Sa gloire et de celle de Son Prophète (s.a.w.). Les persécuteurs des croyants finiront en enfer à moins qu’ils ne se repentent.

Leur châtiment sera à la fois externe et interne. Ils brûlent de jalousie en voyant les progrès accomplis par la djama’at Ahmadiyya. Pourquoi, se demandent-ils, en dépit de nos persécutions, les ahmadis sont-ils fermes dans leur foi ? Pourquoi femmes et enfants, jeunes et vieux n’ont-ils point peur de nous ? Pourquoi regardent-t-ils notre oppression dans le blanc des yeux, sans broncher ?

Lors des troubles de 1974 [au Pakistan] les ahmadis de Gujranwala avaient consenti à de grands sacrifices et ont servi d’exemples. Aujourd’hui, encore une fois, ils nous offrent leurs exemples de sacrifice : une fillette de 7 mois, sa sœur de huit ans et leur grand-mère ont présenté l’offrande de leur vie. Les infâmes extrémistes ont aussi privé la vie à un être qui n’était pas encore de ce monde et qui allait naître 2 mois après.

Dieu réconforte en ces termes les croyants qui consentent à ces sacrifices : « En vérité, pour ceux qui croient et font de bonnes œuvres, il y a des Jardins sous lesquels coulent des ruisseaux. C’est là le grand triomphe. » L’ennemi a allumé le feu et l’a empêché de s’éteindre : lors de la tragédie de Gujranwala ils ont interdit l’accès aux pompiers, les agressant à coup de pierres, afin qu’ils n’éteignent pas les incendies. Ils ont aussi empêché les ambulanciers de prendre les blessés. Dieu affirme qu’Il a préparé pour les persécutés des jardins dont les branches se touchent, dont les ombres sont rafraîchissantes, sous lesquels coulent des ruisseaux, d’où ils pourront se désaltérer à leur souhait. L’ennemi a tenté de les brûler par le feu : mais au Paradis même la chaleur du soleil ne les touchera point. L’ennemi a tenté d’étouffer des enfants innocents, des femmes malades avec de la fumée, ils les ont privés d’eau afin qu’ils meurent d’asphyxie ; Allah affirme quant à Lui qu’ils seront au grand air, ils auront à leur souhait de l’eau douce pour se rafraîchir et le corps et le gosier.

Dans le passé, nous nous sommes prosternés devant Dieu, et nous le ferons aujourd’hui encore. Ces versets répondent aussi à la dame de l’Allemagne qui m’a écrit à propos d’une révélation qu’avait reçue le Messie Promis (a.s.) et qui se lit ainsi : « Ne m’effrayez pas par le feu. Le feu est mon serviteur, voire le serviteur de mes serviteurs. » Quoique la dame en question n’a pas fait d’autres commentaires, elle semblait demander pourquoi pareille tragédie après cette prophétie ?

Il nous sied tout d’abord de renforcer notre foi. Dieu, dans ces versets, nous a averti de la possibilité de pareilles tragédies. Ces versets sont très explicites et dans la révélation il est dit que nous n’aurons point peur du feu. Certainement l’ennemi allumera des incendies, mais il n’atteindra point son objectif, qui est de détourner les ahmadis de l’Ahmadiyya. Sans nul doute, le feu n’affectera point la foi du véritable croyant, au contraire, il lui ouvrira les portes du progrès. Les pertes subis par les croyants suite à ces incendies se transformeront en engrais qui ouvriront, à [notre grand] étonnement, les portes du progrès et de la renommée de la djama’at. Et dans nombre de cas l’ennemi a échoué dans ses tentatives.

Ces enfants innocents qui ont donné leurs vies iront de facto au paradis ; leur sacrifice leur a fait mériter davantage l’amour divin. Dans la révélation qu’avait reçue le Messie Promis (a.s.), il n’a pas été dit que le feu est un signe en faveur des ahmadis ou que c’est un châtiment pour les autres, ou que les ahmadis en seront à l’abri. Le sens de cette prophétie est que nous n’aurons point peur du feu. A l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) le châtiment des Kuffar était sous forme de batailles ; ils n’ont pas été frappés d’autres punitions. Musulmans et mécréants sont tombés lors de ces batailles : les kuffar ont fini en enfer et les martyrs musulmans ont reçu, quant à eux, la promesse qu’ils seront en vie et qu’ils recevront leur provisions de la part de Dieu.

Nos martyrs sont en train de marcher dans les jardins du Paradis de Dieu. Ce fut peut-être la première fois dans l’histoire de l’Ahmadiyya qu’il n’y a eu que des femmes parmi les martyrs [lors d’un seul incident]. Les sacrifices de ces innocentes les rapprocheront du Paradis et ne seront certainement pas en vain. Je dois aussi ajouter ici qu’elles ne sont pas mortes de brûlures mais par asphyxie. Les infâmes assaillants n’ont cessé d’alimenter ces feux avec du mobilier qu’ils ne pouvaient ou ne voulaient pas piller. Ils ont tout de même volé des objets de valeur.

Parmi les martyres se trouvent Mme Bushra Begum, âgée de 55 ans et épouse de feu Mokarram Munir Ahmad Sahib, ainsi que Hira Tabassum et Kainat Tabassum, âgées de 6 ans et 8 mois respectivement, toutes deux les filles de Muhammad Buta Sahib. Inna lillahi wa inna ilaihi rajioune.

Le 27 juillet les ennemis de la Communauté ont entouré les maisons des ahmadis du quartier Kachi Pump, à Gujranwala. Ce jour-là, après l’Iftar, Mohammad Ahmad, le fils de Mme Bushra Begum, était parti prendre des médicaments dans une clinique du quartier. Là-bas, il a vu une altercation entre son cousin Waqas Ahmad et certains individus, qui alléguaient qu’un jeune ahmadi avait posté sur sa page Facebook une photo « blasphématoire » de la Kaaba, (qu’Allah nous en préserve !). Les ahmadis ont répliqué que jamais aucun des leurs n’oserait faire pareille chose, mais la dispute a dégénérée. Il était tout à fait évident qu’il s’agissait là d’une machination bien préparée. Les extrémistes s’en sont pris aux ahmadis à coups de bouteilles brisées. Voyant que la situation était critique, Mohammad Ahmad a appelé au téléphone son frère, Mohammad Buta ainsi que son oncle, Khalil Ahmad. Ils ont tout deux tenté de calmer la situation ; Khalil Ahmad en est reparti, quant à lui, avec des blessures. L’affaire s’est calmée pour quelques temps mais peu de temps après le médecin à qui appartenait la clinique devant laquelle s’est passé tout l’incident a téléphoné à Mohammad Buta et Fazal Ahmad pour leur informer qu’une foule en furie s’est massée et qu’elle a l’intention de s’en prendre aux ahmadis. La corporation des commerçants du quartier a demandé à ses membres de fermer leurs magasins et de se réunir ; celui qui ne ferme pas son magasin, disait-elle, serait responsable de ses pertes. Ainsi comme on le voit tout avait été préparé à l’avance.

Dix huit famille ahmadis habitent dans le quartier ; après l’alerte quinze d’entre elles avaient évacuées leurs maisons. Celles de Mohammad Buta, du président de la djama’at et de son frère étaient encore présentes chez elles quand les manifestants s’en sont pris vers vingt heures trente à leurs demeures. Ils ont commencé à lancer des slogans, à tirer sur les maisons et à enfoncer les portes. La police a menti dans ses rapports en disant qu’il y a eu échange de tirs des deux côtés. Seuls les ennemis ont eu recours aux armes à feu.

Il y a nombre de chiites qui habitent dans le quartier ; quoiqu’ils auraient pu dire auparavant ils ont aidé les assaillants, voire ils ont participé pleinement [dans cette attaque]. Après l’incident, le président de la djama’at a téléphoné à l’haut gradé de la police du quartier qui lui a répondu qu’il était sur les lieux et qu’il était en pourparler avec les assaillants. Il n’en était point ainsi : les extrémistes avaient de nouveau lancé leurs attaques : armés et à coup de marteaux et de piques, ils avaient démolis portes et murs. Une foule furieuse les avait aussi rejoints. Ils ont détruit le compteur d’électricité et coupé les câbles électriques. En voyant la situation critique, la famille du président de la djama’at et celle de son frère ont trouvé refuge dans la maison d’un voisin non-ahmadi en passant par le toit de leurs maisons. La famille de Mohammad Buta et celle de son frère s’étaient quant à eux réfugiés dans une chambre à l’étage de leur maison. Peu de temps après les assaillants y sont parvenus : il s’y trouvaient onze femmes et enfants. Ils ont tenté en vain de briser la porte ; n’ayant pas réussi ils ont appliqué de la colle dans la serrure afin que l’on ne puisse l’ouvrir de l’intérieur. Ayant brisé les vitres des fenêtres, ils ont ensuite mis le feu à des objets en plastique devant la porte et les fenêtres. La fumée nocive qui se dégageait à pénétrer dans la chambre et les infâmes se sont moqués de ceux et celles qui s’y trouvaient en leur faisant des saluts de la main. M me Bushra Begum Sahiba et ses deux petites-filles sont décédées par asphyxie. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons.

La foule était si déchaînée qu’elle a repoussé les secouristes qui venaient en aide aux blessés, ainsi que les pompiers qui venaient éteindre le feu. Ils ne cessaient de mettre le feu aux autres maisons et dansaient dans les rues. La police était là et regardait le spectacle sans bouger le petit doigt et ne faisait rien pour arrêter la foule en furie. Les médias sont apparus beaucoup plus tard sur la scène pour rapporter les faits. Le premier ministre du Pendjab, M. Shehbaz Sharif en a fait mention après que les extrémistes avaient terminé leur basse besogne.

Mokarram Mian Shahab-ud-Din, le grand-père de Mme Bushra Begum, était le premier ahmadi de la famille de cette dernière. Il avait embrassé l’Ahmadiyya à l’époque du deuxième Calife. L’époux de la martyre est décédé environs six mois auparavant. Hira Tabassum et Kainat Tabassum, toutes deux tombées en martyres, étaient les petites filles de Mme Bushra Begum. Cette dernière était régulière dans ses prières quotidiennes, dans la prière tahajjud et la lecture du Saint Coran. C’était une dame d’un caractère noble, d’une grande sympathie à l’égard d’autrui et avait un très grand sens de l’hospitalité. Quotidiennement elle nourrissait des animaux ; quoiqu’elle n’occupait aucun poste de responsabilité au sein de la djama’at, elle était toujours prête à servir la communauté. Quand elle a rendu l’âme elle portait des bagues en or et des boucles d’oreilles, et avait aussi une somme d’argent dans les mains ; elle pensait peut être qu’elle en aurait besoin. Lors de son transfert pour l’autopsie, les odieux personnages lui ont pris ce qu’elle portait ; la veille elle avait offert de l’iftari [aux voisins] du quartier et c’était la petite Hira Tabassum qui était partie de maison en maison pour en distribuer.

Mohammad Buta Saheb, qui a perdu sa mère et ses deux filles, avait vécu en Arabie Saoudite pour ensuite retourner au Pakistan. Il tenait une station service qui travaillait bien par la grâce d’Allah. Son frère, Fazal Ahmad, a un business de location de générateurs, un business qui marchait très bien et qui lui avait attiré la jalousie des gens de là-bas.

L’Amir Saheb de Gujranwala déclare que les membres de la famille des martyres sont des gens très bien, qu’ils avait un très grand sens de l’honneur pour la djama’at. Ils avaient un centre de prière et contribuaient dans tous les fonds de la djama’at.

Mme Bushra Begum laisse derrière elle trois fils et deux filles. Les deux fillettes qui sont tombées en martyres laissent derrière elles leurs parents ainsi que leur frère Ata-Ul-Wasi, âgé de cinq ans et une sœur d’un an.

Mohtarama Hamira Fazal Saheba et ses trois enfants, Atiyatul Basir, Thamra Munib, et Talha Ansar, âgés de 3 ans, 1 ans et 1 mois respectivement ont aussi été blessés. La sœur de Muhammad Buta, Mme Mubashira Jari, qui était à 7 mois de sa grossesse, a fait fausse couche. Elle est dans un état critique suite à l’inhalation des fumées toxiques. Elle a été transférée à Rabwah pour être opérée.

Parmi les blessés se trouvent Munir Ahmad, 33 ans, qui a été tabassé par les assaillants, Khalil Ahmad qui a été frappé à coup de bouteilles. Muhammad Anwar s’est brûlé quand il est venu en aide aux blessés. L’épouse de Muhammad Buta, Ruqayya Begum et ses deux enfants ont inhalé des fumées toxiques : ils sont toujours sous traitement.

Les membres des dix-huit familles qui habitent dans le quartier sont tous apparentés. Ils se trouvent à présent à Rabwah. Les assaillants ont incendié et pillé 6 maisons : celles de Mohammad Afzal, d’Ashraf Saheb, de Butta Saheb, de Salim Saheb, de Khalil Saheb, de Feroz Din Saheb. Les mobiliers appartenant à Bashir Saheb et Mubashir Saheb ont été incendiés. En sus de cela les magasins de cinq ahmadis ont été mis à sac et incendiés ; le centre de prière, les copies du Saint Coran et les livres qui s’y trouvaient on aussi été mis en feu.

Voilà en somme l’œuvre de ces infâmes : Allah affirme que s’ils ne s’en repentent pas ils mériteront le châtiment de l’Enfer, ainsi que le châtiment du feu. Qu’Allah attrape promptement les leaders de la mécréance ainsi ceux qui étaient les plus zélés à allumer ces feux. Qu’Allah exalte le statut des martyres. Qu’Il accorde patience et courage aux parents et au frère et à la sœur des deux fillettes innocentes. Qu’Il accorde aussi un prompt rétablissement aux blessés et qu’Il comble, de par Sa grâce, leurs pertes financières. Après la prière de Jummah, je dirigerai la prière funéraire des défuntes.


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