Résumé du sermon du vendredi prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, chef spirituel de la Communauté Islamique Ahmadiyya Internationale, le 27 juin 2014, au Royaume-Uni.

Avant même de s’être proclamé envoyé de Dieu, le Messie Promis (a.s.) avait reçu la révélation suivante :

« Des hommes récipiendaires de nos révélations viendront à ton aide. » En 1907 la phrase suivante a été révélée en conjonction avec la précédente : « Ils viendront vers toi de toutes parts. » Ces révélations n’ont cessé de se réaliser jusqu’aujourd’hui dans toute leur splendeur sous une forme ou une autre. De nombreuses personnes de régions différentes sont parties rencontrer le Messie Promis (a.s.) et après lui d’autres ont rendu visite et ont offert leurs services au Califat. Dieu ne se contente pas de tourner ces cœurs vers le Messie Promis (a.s.) afin qu’ils soutiennent sa cause ; Il fait aussi naître en eux une ardeur et un dévouement qui les poussent à [servir la communauté] et à parachever sa mission. [Ces serviteurs] sacrifient tout pour cette cause et deviennent les aides puissants du Messie Promis (a.s.) et les bras droits du Calife. D’aucuns, respectant une injonction coranique, se sont mis à la quête de la connaissance religieuse pour ensuite transmettre à leurs compatriotes le message de la vérité. Ils sont originaires de contrées reculées où le système postal était si rudimentaire dans les années soixante et soixante-dix que les lettres ne parvenaient à leurs destinataires qu’après six mois.

Ceux originaires de ces lointains pays sont partis au centre de la communauté [à Rabwah] pour étancher leur soif de connaissance religieuse : ils ont ensuite consacré leur vie au service de la foi et ont respecté leur engagement fidèlement, étant prêts à consentir à tout sacrifice afin de parachever la mission du Messie Promis (a.s.). Ceci prouve à la fois la véracité du Messie Promis (a.s.) ainsi que celle du Califat de la djama’at Ahmadiyya, car on continue jusqu’à présent à consentir à ces sacrifices. Cela prouve aussi la noblesse de caractère de ces personnes ; c’est en raison de cette distinction qu’elles sont récipiendaires des faveurs divines et qu’elles sont autant d’étoiles brillantes dans [Son] ciel.

J’évoquerai aujourd’hui un fidèle serviteur de la communauté, Mokarram Abdul Wahhab Adam, qui avait quitté l’Afrique afin de poursuivre ses études théologiques au Pakistan et qui était un aide puissant du Califat. Il s’était déterminé à user de toutes ses aptitudes afin de servir la foi. Il est arrivé au Pakistan quand on commençait à peine à construire Rabwah.

Notre frère bien-aimé, ce dévoué soldat du Califat, obéissait au doigt et à l’œil et de gaieté de cœur à toute directive du Calife. Il était de tout temps avide de respecter tout ordre du Calife aussi petit soit-il, voire chacun de ses désirs.

Ayant travaillé au Ghana pendant 8 ans, j’en ai fait le constat : sa relation avec le Califat était telle que je viens de la décrire. Et après mon élection comme Calife son obéissance et sa fidélité envers le Califat n’ont pas baissé d’un cran.

Abdul Wahhab Saheb est décédé quelques jours de cela : Inna lillahi Wa Inna Ilaihi Rajeoune. Il était au Royaume-Uni depuis plus d'un an et était retourné au Ghana vers la fin du mois de février. Les services de ce serviteur s’étendent sur plus de cinquante ans. Il est très difficile en peu de temps d’évoquer l’étendu de ses œuvres, sa personnalité et sa fidélité. Je compte cependant vous présenter quelques aspects notables de sa personnalité.

Le père d’Abdul Wahhab Saheb s’appelait Souleymane K. Adam et sa mère Ayesha Akua Woro. Ils avaient tous deux embrassé l’Ahmadiyya et Abdul Wahhab Saheb est donc né ahmadi. Le père du défunt travaillait en tant que Moallim avec Basharat Ahmad Bashir qui était à l’époque l’Amir ou le Missionnaire de la djama’at du Ghana. Wahhab Saheb avait perdu son père dans sa petite enfance et sa mère raconte que son époux nourrissait l’ardent désir que son fils soit missionnaire. Pour ce faire sa mère l’a envoyé en compagnie de Basharat Bashir Saheb à Rabwah. Ce n’est que récemment qu’Abdul Wahhab Saheb a vu pour la première fois la photo de son père.

Abdul Wahhab Saheb est né dans le village Brofoyedru, dans la région Ashanti en décembre 1938 et après avoir complété ses études à l’Ahmadiyya Secondary School de Kumasi, il a dédié sa vie et il est parti pour Rabwah en 1952 pour ses études. En 1960 il a eu son diplôme de Shahid et une fois de retour au Ghana il a travaillé dans différentes régions en tant que missionnaire, avant d’être affecté comme principal de la Jamia-tul-Mubashirine de Saltpond. Les missionnaires à l’époque avaient pour seuls logements des huttes en terre battus et pour se laver ils devaient se contenter de quelques tapis suspendus et d’un sceau.

Wahhab Saheb était parti adolescent au Pakistan pour suivre sa formation à la Jamia Ahmadiyya de Rabwah. Un autre jeune ghanéen du nom de Saleh Saheb l’avait accompagné : ils ont tous deux travaillé d’arrache pied pour leur études. Cependant, Saleh Saheb est tombé malade en 1957 et a été renvoyé au Ghana où il est décédé en 1958 à l’âge de 19 ans. Wahhab Saheb a poursuivi ses études et il est sorti de la Jamia en tant que missionnaire. Ceci a inspiré de nombreux autres jeunes Ghanéens à prendre cette filière et maintenant il se trouve au Ghana une Jamia internationale qui accueille les étudiants de l’Afrique toute entière.

Wahhab Saheb disait que l’électricité et l’eau potable étaient inexistantes à Rabwah. Le toit de leur logement était en terre cuite et fuyait quand il pleuvait et il y avaient des flaques d’eau dans le parquet, faite elle aussi de terre. Des fois leurs malles flottaient dans l’eau.

Par la suite la Jamia a été transféré à Ahmad Nagar et il y avait une résidence pour les étudiants étrangers parmi lesquels se trouvaient un Anglais, Abdus Shakoor Kanz de l’Allemagne, deux Américains, un Trinidadien, Ousmane Chou Saheb et bien d’autres. Seuls deux ou trois de ceux-là ont complété leurs études à la Jamia.

Abdul Wahhab Saheb raconte qu’une année l’étude de la logique et la jurisprudence en langue ourdou lui a paru très difficile. Les examens étaient proches et il se savait que faire. Amri Abidi de la Tanzanie, qui étudiait aussi à la Jamia, lui a suggéré de solliciter des prières de Maulana Rajiki Saheb. Après avoir prier pour eux ce dernier leur a raconté qu’il a vu en vision le Messie Promis (a.s.) qui passait sa main sur leurs têtes. Selon son interprétation ils connaîtront le succès par l’entremise des bénédictions du Messie Promis (a.s.). Wahhab Saheb relate à ce sujet : « Je n’ai eu aucune peine à étudier ces deux sujets et l’examen était facile ; et cette année-là j'ai fini le premier de ma classe. »

Wahhab Saheb avait reçu de nombreuses distinctions : il a été le premier missionnaire central d’origine africaine. Il a été le premier ghanéen à servir en tant qu’Amir et missionnaire en charge du Ghana. Il a été le premier Ahmadi d’origine africaine à servir en tant Amir Maqami à Rabwah en l’absence du Calife de l’époque. Il a été le premier missionnaire d’Afrique à servir en Europe. Il a également représenté le centre dans les pays suivants : le Canada, l’Allemagne, le Bénin, le Mali, la Côte-d’Ivoire, le Nigeria, le Burkina Faso, le Libéria, la Sierra Leone et la Jamaïque.

Wahhab Saheb a aussi créé une fondation caritative au nom de sa mère. La djama’at du Ghana a accompli de grands progrès lors de son mandat. Il existe à présent plus de quatre cent écoles au Ghana gérés par la djama’at et sept grands hôpitaux et deux cliniques spécialisés dans l’homéopathie. Le défunt a aussi fait placer des panneaux d’affichage annonçant l’avènement du Messie Promis (a.s.) avec la photo de celui-ci sur deux grandes routes du Ghana.

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Wahhab Saheb a également reçu de nombreux prix notamment celui d’ambassadeur de la paix décerné par la Fédération internationale pour la paix mondiale. Le gouvernement du Ghana lui a attribué le prix du « Compagnon de la Volta » en reconnaissance à son travail dans le domaine de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et de la paix. En 2007 l’Université de Cape Coast du Ghana lui a décerné un doctorat honorifique. Ce sont là autant de bénédictions qui résultent d’un dévouement sincère. Dieu lui a permis de servir la foi et lui a aussi offert ces honneurs ici-bas. S’il ne s’était pas dédié, personne n’aurait su qui était Abdul Wahhab Adam.

Le défunt a aussi occupé de nombreux postes dans différentes organisations. Il a été membre du Centre pour le développement démocratique au Ghana, le vice-président du Ghana Integrity Initiative, membre du Conseil national pour la paix, co-fondateur et président national du Conseil de religions et le membre de la Commission de la réconciliation nationale.
Lors de son affectation à Londres, quand la djama’at passait par des moments difficiles au Pakistan en 1974, Wahhab Saheb avait travaillé jour et nuit avec l’Imam de la mosquée Fazl afin de relayer des informations à la presse et aux médias. Il a été l’adjoint du rédacteur en chef de la Muslim Herald en 1973 où il a lancé deux nouvelles colonnes intitulées London Diary et « Questions / réponses ».

Le vice-président du Ghana, Son Excellence Amissah-Arthur a rendu hommage à Wahhab Saheb, affirmant qu’il était un grand leader de sa nation et qu’il ne sera jamais oublié. L’ancien président du Ghana, M. John Kufuor a indiqué que le défunt était un grand chef religieux et national. Dr Mustapha Ahmad, un membre du Parlement et ministre d’Etat a déclaré que le Ghana a perdu un fils illustre. L’archevêque d’Accra a ajouté que le défunt était un grand serviteur de l’humanité. L’évêque de l’Église méthodiste a affirmé que Wahhab Saheb, un homme de paix s’est présenté à Dieu, et que le Conseil de paix suivra pour toujours les principes qu’il a énoncés. Le vice-président de la Commission musulmane du Ghana a déclaré que la communauté musulmane ghanéenne a perdu un de ses grands piliers.

Le fils de Wahhab Saheb raconte que son père était d’une grande sincérité et fidélité à l’égard du Califat et qu’il écrivait au Calife pour tout. Une semaine avant son décès, son médecin lui a recommandé de se faire hospitaliser. Wahhab Saheb a répondu qu’il devait d’abord obtenir la permission du Calife. Le défunt était un travailleur acharné. Des fois il commençait à travailler après la prière d’al-Fajr et ne s’arrêtait que pour les prières et pour ses repas.

Il écrivait au Calife de ses propres mains et en langue ourdou. Il avait une personnalité très agréable et même durant ses derniers jours alors que son entourage savait que sa santé déclinait, il disait toujours qu’il se sentait mieux qu’avant.

D’aucuns croyaient peut-être Wahhab Saheb ignorait qu’il avait un cancer du pancréas. Il était bel et bien au courant et se soumettait toujours à Dieu disant qu’Il allait soit lui accorder sa santé ou le prendre, si tel était sa destinée. Quand le médecin lui a informé à propos de son cancer il  lui a souri lui disant : « J’ai un Dieu ainsi qu’un Calife qui prie pour nous. Si Dieu m’a destiné la mort je serais satisfait de mon sort. » Le médecin était fort ému par ses propos.

Le sens de l’hospitalité était une autre de ses vertus : il servait ses invités de ses mains même quand il était malade. Le défunt était aussi un modèle pour les autres missionnaires. L’Amir Saheb du Mali rapporte qu’il a vu la hutte en terre au Burkina Faso dans laquelle avait vécu Wahhab Adam Saheb lors de son séjour là-bas. C’est grâce à ses efforts que la djama’at a été enregistrée au Burkina Faso en 1986. Quand les cyclistes burkinabés avaient effectué leur périple jusqu’au Ghana lors de la commémoration du centenaire du Califat, Abdul Wahhab Saheb avait parcouru un voyage de plus de 400 kilomètres pour venir les accueillir à Tamale.

La patience était une autre des grandes vertus de Wahhab Saheb. Son gendre a été tué aux Etats-Unis le jour d’une remise de prix à la Jamia du Ghana. Tout au long de la cérémonie, qui a duré trois ou quatre heures, Wahhab Saheb n’a rien laissé transparaître de cet événement tragique. Ce n’est qu’après qu’il a en informé les autres.

Moi-même, ajoute Sa Sainteté le Calife, j’avais passé environs 8 ans au Ghana et j’avais séjourné chez Wahhab Saheb. Celui-ci prenait un soin particulier à préparer des repas pakistanais pas seulement pour moi mais aussi pour tous les autres invités pakistanais.

Une autre qualité que j’ai vue chez le défunt était sa régularité dans les prières Nawafil et Tahajjud. Une fois après un long voyage difficile nous sommes arrivés à Tamale tard dans la soirée : après avoir dîné vers 23h30, nous sommes partis nous coucher vers minuit. Quand je me suis réveillé vers 01h30 j’ai vu Wahhab Saheb en prière dans la cour de la mosquée. Il avait peut être dormi à peine une demi-heure.

Une fois un missionnaire s’était adressé à Abdul Wahhab Saheb sur un ton irrespectueux face à des non-ahmadis en ma présence. Wahhab Saheb n’a pas réagi : il lui a tout simplement dit au contrevenant en ourdou qu’il aurait dû se retenir devant les non-ahmadis, car ses propos ternissait l’honneur de la djama’at. J’étais en colère contre l’attitude du missionnaire mais Wahhab Saheb était seulement préoccupé par l’image de la Jama’at. Quoique étant l’Amir il aurait pu prendre une sanction contre ce missionnaire, cependant il n’a rien fait.

L’Etat ghanéen a offert des obsèques nationales à Abdul Wahhab Adam Saheb. Sa dépouille et ses prières funéraires ont eu lieu au Palais présidentiel et son cortège funèbre était accompagné d’une escorte de la police, de l’armée et des forces paramilitaires. Ainsi il a reçu tous les honneurs de l’état. D’ailleurs la chaîne nationale ghanéenne a diffusé en direct toute la cérémonie. Le défunt laisse derrière lui son épouse quatre fils et trois filles. Qu’Allah leur accorde Sa protection et qu’Il fasse qu’ils soient toujours liés au Califat. Qu’Allah exalte le statut du défunt et qu’Il lui accorde aussi une place parmi ses choisis.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du résumé de ce sermon)