Sermon du vendredi prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, chef spirituel de la Communauté Islamique Ahmadiyya Internationale, le 23 mai 2014, à la mosquée Baitul-Futuh, au Royaume-Uni.

Et aucune âme ne peut mourir sauf avec la permission d’Allāh — un décret dont le terme est fixé. Et celui qui désire la récompense d’ici-bas, Nous lui en donnerons. Et celui qui désire la récompense de l’au-delà, Nous lui en donnerons. Et certainement Nous récompenserons ceux qui sont reconnaissants. Il y a eu bien des Prophètes aux côtés desquels se sont battus de nombreux hommes saints. Ils ne faiblirent nullement malgré tout ce qui leur arriva dans la voie d’Allāh. Leur courage ne mollit point et ils ne cédèrent pas devant l’ennemi. Et Allāh aime les constants. Et ils n’eurent que cette parole: « Notre Seigneur, pardonne-nous nos erreurs et nos excès de conduite, affermis nos pas, et aide-nous contre le peuple mécréant. » Allāh leur donna donc la récompense d’ici-bas ainsi qu’une excellente récompense de l’au-delà; et Allāh aime ceux qui font le bien. (Le Saint Coran, chapitre 3, versets 146 à 149)

Ne pense pas que ceux qui ont péri pour la cause d’Allāh soient morts. Non, ils sont vivants, en la présence de leur Seigneur et reçoivent des présents, se réjouissant de ce qu’Allāh leur a donné de Sa générosité et se réjouissant aussi pour ceux qu’ils ont laissés derrière et qui ne les ont pasencore rejoints, parce qu’ils n’auront ni crainte ni regrets. Ils se réjouissent des grâces d’Allāh et de Sa munificence, ainsi du fait qu’Allāh ne permet pas que soit perdue la récompense des croyants. (Le Saint Coran, chapitre 3, versets 170 à 172)

Parmi les faveurs divines octroyées à la djama’at du Messie Promis (a.s.) il s’y trouve des fidèles qui saisissent l’essence de leur engagement ainsi que le sens réel de leurs sacrifices, des personnes qui sont autant d’exemples uniques en notre temps.

Qu’il soit question de sacrifices financiers pour la cause divine ou de sacrifices temps ou d’honneur, c’est au sein de la djama’at Ahmadiyya que l’on en trouvera d’excellents exemples. S’il est question d’offrir sa vie au service de l’Islam, des fidèles par groupes entiers se présentent pour cette cause. Si l’on désire trouver de vrais exemples de sacrifices de vie sachez que l’histoire de la djama’at Ahmadiyya en regorge.

Ainsi Dieu a fondé la djama’at Ahmadiyya afin d’offrir des modèles de tout sacrifice conforme à Ses ordres et pour Sa cause. Il a accordé au Messie Promis (a.s.) des suivants qui comprennent, en grande majorité, le sens réel des sacrifices de biens, de vie, de temps et d’honneur et qui sont, à tout instant, prêts à consentir à ces sacrifices.

Mais il en est aussi certains qui, dans leur ignorance, énoncent des propos qui ne font pas honneur à un croyant, des propos qui peuvent avoir un effet démesuré sur ceux qui manquent une bonne formation spirituelle ou de maturité.

Certains, dans leurs lettres, disent que cette période d’épreuves n’a que trop duré. Il n’aurait pas été malvenu [de me demander de] prier qu’Allah fasse que nous puissions voir des jours meilleurs, car lorsque les épreuves et difficultés atteignent un seuil critique le Prophète ainsi que les croyants implorent : « Quand viendra l’aide d’Allah ». Mais il ne sied pas à un croyant de faire des allusions à des relations et des moyens mondains.

A titre d’exemple quelqu’un m’a conseillé que nous devons faire plus afin d’informer le monde sur la persécution que subit la djama’at Ahmadiyya au Pakistan et que la MTA doit contribuer davantage dans cette campagne. Nous devons aussi avoir recours à d’autres moyens et manifester contre ces persécutions. Cette lettre laissait supposer que nous devrions aussi protester avec vigueur, sortir dans les rues et lancer des slogans à l’instar des gens de ce monde : peut-être dans ce cas les états qui nous persécutent nous accorderont nos droits. C’est là que cette période d’épreuves et de difficultés connaîtra sa fin.

Celui qui m’a écrit cette lettre à raconter ce qui suit : « Mon ami chiite m’a dit que si sa communauté subissait le même sort que la djama’at Ahmadiyya, ils auraient protesté dans les rues et auraient eu recours à tous les moyens à leur disposition. Les ahmadis ne protestent pas, c’est pourquoi cette période d’épreuves et de persécutions dure aussi longtemps. »

Souvenez-vous de ce premier point : si nous revendiquons appartenir à une djama’at divine sachons que celles-ci ne place pas leur confiance dans les pouvoirs de ce monde ou en ces manifestations. Le soutien des gens d’ici-bas n’a aucun rôle à jouer dans le progrès de ces communautés divines. Sachez d’ailleurs que l’aide accordé par les gens d’ici-bas n’est jamais inconditionnel et n’est pas dénué d’arrière-pensées. Pour le mériter il faudra se soumettre [à eux] d’une manière ou d’une autre, chose qu’aucun véritable croyant ne pourra endurer. Quand les croyants s’exclament : « Quand viendra l’aide d’Allah ? » c’est là une supplication qu’ils adressent à Dieu.

Quand face à chaque épreuve nous nous prosternerons devant Lui, quémandant Ses faveurs et Son soutien, d’autres voies offrant le progrès s’ouvriront à nous.

Aujourd’hui tous les ahmadis là où ils se trouvent dans le monde sont témoins que ces épreuves ouvrent la voie vers le progrès et que nous sommes en train de parcourir de nouvelles étapes. Il ne faut point se soucier si la persécution n’a que trop duré dans un pays : il faut au contraire se concentrer sur ces faveurs divines qui ne cessent de prendre de l’ampleur.

J’accepte certes la suggestion qu’il faut avoir recours aux moyens de ce monde, car cela n’est point interdit, au contraire nous avons reçu l’ordre de le faire. Par la grâce de Dieu, nous y avons déjà recours dans le respect des limites prescrites. Nous informons les autres quant aux persécutions que subissent la djama’at ajoutant que si aujourd’hui le monde ne s’unit pas pour mettre fin à ces exactions celles-ci prendront de l’ampleur et ne concernera pas uniquement la communauté Ahmadiyya. Personne ne sera plus en sécurité et d’ailleurs ces troubles ont déjà pris de l’ampleur. Mais en dépit de tous ces efforts nous ne plaçons pas notre confiance en une puissance quelconque ni en aucune organisation de défense des droits de l’homme : notre confiance, nous la plaçons en Dieu.

J’ai souligné l’importance de ce sujet dans mes précédents sermons, notamment que c’est vers Dieu que nous devons nous tourner si nous voulons voir les résultats escomptés. Voilà comment il sied à un croyant d’agir.

Les gens de ce monde protestent, manifestent, participent dans des émeutes, répliquent à l’injustice commise à leur encontre en commettant d’autres injustices. Ils agissent ainsi parce qu’aucune promesse divine ne leur a été faite : la victoire finale ne leur a pas été promise.

Dieu nous a promis qu’en dépit de toutes ces exactions, de l’injustice commise par les Etats à notre encontre, de l’abus perpétré avec les bénédictions de ces derniers par leurs représentants, nous serons, quant à nous, récipiendaires des faveurs conférées aux croyants ici-bas et de l’Au-delà.

Vos sacrifices ne seront pas vains, la victoire finale vous est destinée et la prière est la formule la plus efficace pour la mériter. Autant l’on se consacrera à la prière autant ces difficultés connaîtront une fin rapide. Autant l’on se tournera vers l’Ami Caché (Dieu) pour se prémunir des assauts de l’ennemi autant Dieu se dévoilera avec plus d’empressement, afin de montrer Ses signes extraordinaires, insha Allah.

Ainsi il y a une différence marquante entre notre manière de penser et celle des gens de ce monde. Nous avons quant à nous prêter allégeance à l’Imam de l’époque, celui à qui Dieu a promis victoires et triomphes, dont nous sommes les témoins. Les autres quant à eux n’ont pas reçu pareilles promesses. Quant aux chiites ou les autres, ils n’ont pas, selon mon constat, atteint leurs objectifs suite à leurs manifestations. Par contre nous voyons partout des émeutes, des incendies, des actions qui ne font qu’attiser davantage ces troubles.

Comme je l’ai souligné l’injustice répondra à l’injustice : nous n’y aurons pas recours quant à nous. Je vous présente ici un exemple de la manière d’agir des gens de ce monde : ils viendront à votre secours uniquement quand c’est dans leur intérêt, ou tenant en compte leurs considérations [politiques]. Quelques jours de cela un journal d’ici a publié un article [accusant] les musulmans [vivant en Occident] d’être déloyaux envers l’Etat, d’où la raison de les expulser des pays occidentaux. Notre département « presse et communication » a répliqué en soulignant que cette accusation est infondée, que l’Islam enjoint le respect des lois du pays ainsi que l’amour pour sa patrie. Le journal a répondu qu’étant donné que les autres musulmans ne suivent point ces consignes il nous faut leur prodiguer ces conseils. Nous avons accepté la suggestion, leur demandant de bien vouloir publier nos conseils. Mais quand nous [leur avons envoyé notre article] en respectant toutes leurs conditions, l’éditeur ou les membres du conseil ont refusé de le publier, prétextant qu’ils ont reçu d’autres articles et promettant de publier le nôtre à une date hypothétique.

Ils ne cherchaient-là que des prétextes, car en réalité ils n’avaient pas le courage de déplaire aux autres musulmans en raison de leur hostilité envers les ahmadis. Ils ne désirent point respecter les exigences de la justice et nourrissent une peur des musulmans, peur qui s’accroît davantage quand ils voient la réaction violente de certains d’entre eux.

Quand je conseille à la grande majorité des leaders [de ce monde] ainsi qu’aux [représentants] de la presse qu’ils doivent être justes et éviter une politique de deux poids deux mesures afin d’établir la paix, la majorité d’entre eux avouent leurs manquements.

Certains affirment mêmes qu’ils ne pourront admettre au grand jour leurs [véritables] objectifs. Ils avouent qu’ils se posent en défenseurs de la justice en public mais qu’en réalité ils ont des motifs intéressés. Voilà l’état de ceux à qui nous désirons avoir recours ou que certains [d’entre nous] proposent que nous ayons recours.

L’on ne peut placer sa confiance en ceux qui jouent un double jeu : ils n’ont pas le pouvoir de dissiper ces épreuves. Ce journal évoqué plus haut ne voulait même pas publier un article qui prône l’amour de sa patrie : il n’était point question de controverse ou de polémique pour qu’ils aient autant d’appréhensions. Ceux qui nous conseillent d’avoir recours à pareils individus doivent réfléchir à deux fois à ce sujet : comment pourrons-nous leur faire confiance ?

Si tout ahmadi comprend l’importance de la confiance en Dieu et s’il calque ses œuvres en fonction, les malheurs des ahmadis s’évanouiront grâce à la prière insha Allah. L’autre condition est de respecter les exigences de la prière.

Souvenez-vous aussi que ces persécutions ne datent pas d’hier, qu’elles soient perpétrées au Pakistan ou ailleurs, qu’elles le soient par des individus ou par l’Etat au nom de la loi. Elles n’ont pas débuté quelques décennies de cela. Ces persécutions datent du moment où Hadrat Mirza Ghulam Ahmad (a.s) s’est proclamé Messie Promis et quand a fondé sa djama’at.

Cette persécution s’était aggravée au point où le Messie Promis (a.s.) pensait abandonner Qadian, son village natal et le fief de sa famille depuis fort longtemps. Ainsi il n’était même plus en sécurité chez lui.

Allons encore plus loin [dans l’histoire] et voyons ce qu’a enduré le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Toute sa vie durant il a subi la cruauté et la brutalité de ses ennemis. Son épouse bien-aimée était parmi les femmes les plus riches de La Mecque et possédait des vingtaines d’esclaves. Mais elle a vécu dans une grande privation après avoir embrassé l’Islam. A un âge avancé elle a été expulsée de sa demeure et contrainte de survivre dans un ravin dans des conditions pénibles, où on manquait de nourriture, d’eau et de logement pour s’abriter. Ce sont ces privations qui ont causé sa mort : cette situation elle l’a endurée pour l’Islam et pour une noble cause : avec l’espoir que ces sacrifices seront accompagnés de la promesse de l’aide divine qui surviendra tôt ou tard.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a lui aussi souffert personnellement. Il a été persécuté à la Mecque pendant treize. Il a été assailli à coup de flèches, de bâtons, de pierres et par tous les moyens imaginables. On a essayé de le faire souffrir par mille et une façon. Non seulement a-t-il enduré toutes ces avanies avec courage, non seulement a-t-il enduré l’ultime sacrifice de ses proches, bien-aimés et compagnons, mais quand on lui a demandé de maudire [les persécuteurs des musulmans] il a prié pour que ces derniers soient guidés.

Un jour il a été lui-même assailli de pierres et ensanglanté de la tête jusqu’au pieds : c’était d’ailleurs le jour le plus douloureux de sa vie selon ses propres dires. Quand Dieu lui a demandé s’il voulait qu’Il détruise ceux [qui l’avaient ainsi supplicié], le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a refusé, car, disait-il, il se peut que naissent parmi ses persécuteurs ceux qui embrasseront la vérité et qui, par ce faire, embelliront leur vie ici-bas et dans l’Au-delà.

Son émigration à Médine a été suivie de toute une série de batailles initiées par ses ennemis. Ainsi d’une part il y a ces longs récits de persécutions et d’autre part il y a ces exemples incomparables de patience, d’endurance, et de compassion laissés par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Certes il devait endurer tout cela, car il devait servir de modèle dans tous les domaines de la vie : mais ses compagnons ont aussi laissé leurs exemples de sacrifices. [Ils ont enduré tout cela] parce qu’ils avaient en ligne de mire les promesses divines et les préceptes d’Allah.

Etant donné que le Messie Promis (a.s.) est le reflet du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) il a informé ses suivants que lui et sa djama’at subiront ces persécutions et ces exactions. [Il leur a prédit] l’avènement d’une période difficile. Il a dit à cet effet : « Ma voie n’est point parsemée de fleurs, il faudra traverser sur des épines. »

Le Messie Promis (a.s.) n’a trompé personne à ce propos. Toute personne qui embrasse l’Ahmadiyya est bien au courant des souffrances qu’elle doit endurer. Parfois j’interroge des nouveaux convertis [à ce propos] afin de jauger s’ils savent qu’en embrassant l’Ahmadiyya ils s’invitent à suivre une voie difficile. Quelques jours auparavant lors d’une session avec les nouveaux convertis du Royaume-Uni j’ai questionné un nouveau ahmadi d’origine pakistanaise à ce propos. Il m’a répondu qu’il a embrassé l’Ahmadiyya en toute connaissance de cause et qu’il était prêt à endurer toute épreuve. Certaines femmes ont préféré abandonner leurs demeures que de sacrifier leur foi. Ils agissent ainsi parce qu’ils ont compris qu’ils doivent préférer la foi à ce monde. Ils ont compris que la vie et la mort se trouvent entre les mains d’Allah et bienheureux est celui qui est persévérant pour Sa cause.

Dieu leur fait mériter le paradis dans les deux mondes. Ce ne sont pas là des paroles en l’air. L’histoire de la djama’at Ahmadiyya regorge de ces événements qui offrent autant d’exemples de sacrifices qui nous laissent bouche bée. Il en est ainsi, comme je l’ai dit, parce que le Messie Promis (a.s.) nous en avait informé au préalable. Et il a ajouté que face à ces persécutions vous ne devez pas fléchir moindrement dans votre foi.

Souvenez-vous que si vous êtes persévérants Dieu vous promet des faveurs ici-bas et de l’Au-delà : Il en fait mention dans le Saint Coran à plusieurs endroits, notamment dans les versets que j’ai cité au tout début.

La vie et la mort sont le lot de chacun et étant donné qu’elles se trouvent entre les mains d’Allah, l’ennemi pourra tout au plus nous effrayer en brandissant le spectre de la mort. Mais pourquoi s’en soucier, car si le trépas survient dans la voie de Dieu [elle apportera] dans son sillage la bonne nouvelle de la récompense.

L’histoire de l’Islam nous apprend que lorsque Khalid Bin Walid gisait sur son lit de mort, un ami qui vint le rencontrer, le vit en larmes. Celui-ci croyant peut-être que Khalid le brave avait peur de mourir lui demanda : « Khalid mon ami ! A maintes reprises tu t’es retrouvé entouré d’ennemis et tu as fait preuve d’un courage prodigieux. Pourquoi craindre la mort maintenant ? »

Hadrat Khalid lui répondit : « Soulève donc ma chemise et vois que chaque centimètre de mon corps est recouvert de blessures. Parcours aussi mes jambes et tu y verras la même chose à chaque centimètre. Je n’ai point peur de mourir, je pleure parce que j’ai toujours désiré le (statut de) martyr et mes blessures en sont témoins. Mais hélas, je ne l’ai pas mérité et c’est sur mon lit que je rends mon âme. Je me demande si je n’en ai pas été privé en raison de mes méfaits et si je me suis attiré la colère de Dieu. »

Voilà le stade et les sentiments de ceux qui se sont sacrifiés ou qui aspiraient à se sacrifier pour la cause d’Allah. Mais Allah a aussi donné la bonne nouvelle du paradis à pareils vaillants guerriers.

Afin de comprendre l’esprit de sacrifice nous avons un exemple qui nous vient de l’époque du Messie Promis (a.s.) : c’est celui de Sahibzada Abdul Latif Shaheed. Le roi [de l’Afghanistan] lui conjura de répudier le Messie Promis (a.s.), promettant de le laisser en vie en retour. Mais Sahibzada Abdul Latif Shaheed répliqua : « Si aujourd’hui Dieu m’offre une mort qui me fera mériter Ses faveurs pourquoi devrais-je les refuser pour ce monde ? Votre offre est aussi insensée que le commerce que vous me proposez. »

Voilà la réaction qui sied aux croyants et que Dieu décrit en ces termes :

فَمَاوَهَنُوا لِمَا أَصَابَهُمْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَمَا ضَعُفُوا وَمَا اسْتَكَانُوا وَاللَّهُ يُحِبُّ الصَّابِرِينَ

« Ils ne faiblirent nullement malgré tout ce qui leur arriva dans la voie d’Allāh. Leur courage ne mollit point et ils ne cédèrent pas devant l’ennemi. Et Allāh aime les constants. »

C’est cela qui tourmente tant nos ennemis : pourquoi, disent-ils, ces ahmadis ne faiblissent point ? Pourquoi, en dépit de nos persécutions, ils ne se prosternent point devant nous. » Ils ignorent que les vrais ahmadis ont à tout instant leurs regards fixés sur Dieu et qu’ils ne souhaitent que Son plaisir. Dieu nous demande aussi de Le supplier à tout instant afin qu’Il nous accorde la constance, car c’est Lui qui renforce la foi.

Ce monde veut tout faire pour mettre à mal votre foi, et [Dieu] nous enseigne la prière suivante afin de nous en prémunir :

رَبَّنَا اغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا وَإِسْرَافَنَا فِي أَمْرِنَا وَثَبِّتْ أَقْدَامَنَا وَانْصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ

« Notre Seigneur, pardonne-nous nos erreurs et nos excès de conduite, affermis nos pas, et aide-nous contre le peuple mécréant. »

Ainsi d’une part Dieu nous a enseigné cette prière afin que nous nous tournions vers Lui et d’autre part Il nous informe que les succès dépendront de nos supplications.

Ensuite dans la deuxième partie de la Sourate Al-Imran l’on trouve mention de paroles réconfortantes qui renforcent davantage la foi. Allah affirme [que les martyrs] ne sont pas morts mais bels et bien vivants. Amwatan signifie « mort » ; les autres sens sont : « celui qui n’a pas été vengé », « celui qui ne laisse derrière lui personne pour compléter ses objectifs » et « celui qui est désespéré et triste ».

Mais ceux qui meurent pour la cause d’Allah ne tombent pas dans ces catégories : ils sont bels et bien vivants. En somme Allah venge les martyrs et ceux qui succèdent ces derniers ne sont point faibles, et il y aura toujours ceux qui aspireront au martyre.

Ces martyrs jouiront d’un haut rang auprès de Dieu et ils auront des provisions qui leur plairont. Leur décès ne sera pas accompagné de tristesse mais de joie. Dans l’Au-delà ils se réjouiront du fait que leur sacrifices feront naître ceux qui aspireront à des sacrifices et que cela entraînera la victoire finale sur l’ennemi.

Ainsi, ces sacrifices, ces épreuves, et ces adversités temporaires sont là pour accentuer la vitesse de notre progrès et non pas pour faire engendrer le désespoir.

Allah affirme à cet effet :

إِنَّ الَّذِينَ قَالُوا رَبُّنَا اللَّهُ ثُمَّ اسْتَقَامُوا تَتَنَزَّلُ عَلَيْهِمُ الْمَلَائِكَةُ أَلَّا تَخَافُوا وَلَا تَحْزَنُوا وَأَبْشِرُوا بِالْجَنَّةِ الَّتِي كُنْتُمْ تُوعَدُونَ

« Quant à ceux qui disent : « Notre Seigneur est Allāh, » et qui ensuite restent constants, les anges descendent sur eux, en disant : « Ne craignez pas, et ne vous désolez pas ; mais réjouissez-vous de la rencontre du Jardin qui vous a été promis.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute à cet effet : « Ceux qui disent que notre Seigneur est Allah et qui se détournent des faux dieux et qui sont constants, c’est-à-dire qu’ils font preuve de persévérance quand frappe les épreuves et l’adversité, des anges descendent sur eux, affirmant : « Ne craignez point, et ne soyez point tristes, soyez contents car vous mériterez la joie qui vous est promise. Nous sommes vos amis ici-bas et dans l’Au-delà.

Ces paroles indiquent que la constance attire le plaisir de Dieu. C’est une vérité que la constance est supérieure à toutes les excellences. La constance parfaite s’exprime lorsqu’on se retrouve entouré de malheurs et que, pour la cause de Dieu, sa vie et son honneur sont en péril, et que l’on ne reçoit aucune parole réconfortante, à tel point que Dieu Lui-même, à titre d’épreuve, cesse d’accorder des visions réconfortantes, des rêves et des révélations, et qu’Il vous abandonne dans une peur terrible. [La constance exige] en ces moments de faire preuve de courage, et de ne point reculer comme un lâche, et faire preuve d’une fidélité inébranlable, d’une sincérité et de persévérance sans faille. Face à ces épreuves il faut embrasser de gaîté de cœur toute humiliation, se satisfaire de la mort et ne pas attendre le soutien d’un ami quelconque. Voilà comment prouver sa persévérance. »

Il incombe ainsi à chacun d’entre nous de faire naître [en lui] ces qualités : mais sans la grâce divine cette tâche sera impossible. Celui qui sera prêt à consentir à tout sacrifice ne sera point abandonner par Dieu ; ce dernier Le soutien avec une vigueur plus grande et lui donne la bonne nouvelle des [deux] paradis. C’est pour cela qu’Il lui a enseigné la prière pour mériter la constance et pour remporter la victoire sur l’ennemi. Notre souhait est qu’Allah exauce ces prières et qu’Il ouvre les portes de ces triomphes tant et si bien que l’ennemi se retrouvera sans issue. Insha Allah la victoire finale promise au Messie Promis (a.s.) se réalisera certainement et le triomphe final sera le nôtre.

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Nous avons un autre frère qui a rejoint la liste de ceux qui ont consenti à ces sacrifices et qui a reçu la bonne nouvelle du paradis de la part de Dieu. Il s’agit de Mukarram Khalil Ahmad fils de Mokarram Fatih Mohammad de Bhuwiwal, de la province de Sheikhupura. Il est tombé en martyr le 16 mai dernier. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons.

Le 13 mai 2014 il y a eu une altercation entre les ahmadis et les ennemis de la djama’at en raison de l’enlèvement d’autocollants anti-ahmadis. Cela a donné le prétexte aux ennemis de la djama’at de manifester contre la communauté dans les rues de Bhuwiwal. Leurs haut-parleurs crachaient des propos inflammatoires à l’encontre de la djama’at, ils ont bloqué la circulation et ont demandé à la police d’intervenir. Sur ce la police a intenté une procédure à l’encontre de quatre ahmadis, dont Mubashir Ahmad Saheb, Ghulam Ahmad Saheb, Khalil Ahmad Saheb, et Ehsan Ahmad Saheb. Khalil Ahmad Saheb et certains de ses proches ont été arrêtés.

Les accusés hormis Khalil Ahmad Saheb avaient été libérés sous caution. Les procédures pour faire libérer le défunt étaient en cours, quand le 16 mai 2014, à midi et quart un jeune prénommé Salim, d’un village voisin, s’est présenté à la prison. Il y est entré en prétextant qu’il avait de la nourriture à offrir [aux prisonniers] et il a demandé à voir Khalil Saheb.

Après avoir reçu l’information qu’il voulait, il a fait sortir un pistolet et a tiré sur le visage de Khalil Saheb. Celui-ci a été grièvement blessé ; l’assassin a tenté de tirer sur les autres ahmadis mais son pistolet s’est enrayé.

La police a arrêté le criminel et a fait sortir Khalil Saheb du cachot. Mais ce dernier avait déjà rendu l’âme en martyre. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Certes ils ont arrêté le coupable, mais là-bas tout se fait au vu et au su des représentants de l’état et de la police. Et ce jeune que les mollahs ont rendu aveugle dans sa haine de l’Ahmadiyya clamait qu’il avait, suite à son action, il avait mérité le paradis. Tandis que Dieu et Son Prophète (s.a.w.) affirment que celui qui tuent ceux qui récitent la Kalima méritent l’enfer.

A la fin de son sermon Sa Sainteté le Calife a aussi dirigé la prière funéraire de Maulawi Ahsan Illahi et celle de Madame Nasreen Butt Sahiba du Royaume-Uni.

Qu’Allah accorde Son pardon aux défunts et qu’Il exalte leur statut dans l’Au-delà. Amine.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du résumé de ce sermon)